POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est juge d'instruction. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est juge d'instruction. Afficher tous les articles

mardi 11 juillet 2017

Affaire Grégory : l'ex-juge Lambert retrouvé mort à son domicile

Quelle est la part de responsabilité de la presse et de la justice ?

Il a été le premier juge d'instruction dans l'affaire Grégory qui vient d'être relancée, plus de trente ans plus tard

L'ancien magistrat Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort 
mardi soir à son domicile dans la Sarthe, non loin du centre ville du Mans. L’information est confirmée par des "sources proches du dossier". De sources concordantes, la mort peut être "consécutive à un suicide". Alertés par une voisine en début de soirée, elle-même alertée par l'épouse absente du défunt, les secours auraient découvert son corps "avec un sac plastique" noué sur la tête à l’aide d’un foulard. L’ancien juge d’instruction avait 65 ans. 

La police judiciaire d’Angers a été saisie et le parquet du Mans a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances de la mort. Selon les premiers éléments de l’enquête, aucune trace d’effraction ou de lutte n’a été relevée dans son appartement. Le procureur de la République du Mans était sur place en fin de journée, a-t-on appris du Parquet. 

Résultat de recherche d'images pour "juge Maurice Simon"
Surnommé "le petit juge", Jean-Michel Lambert, avait 32 ans le 16 octobre 1984, lorsque  le cadavre du petit Grégory, quatre ans, a été retrouvé ligoté dans la Vologne. Le jeune trentenaire était affecté à son premier poste, mais était pourtant seul juge d’instruction à Epinal (Vosges). Harcelé par la presse, il avait longtemps été désigné comme l’un des responsables du fiasco judiciaire de l’une des énigmes criminelles les plus marquantes en France, avant de retomber dans l’anonymat des prétoires et de se consacrer à l’écriture. 

Le 11 juillet, jour du suicide présumé, la chaîne BFM TV a justement révélé des extraits des carnets personnels du juge Maurice Simon, le magistrat qui avait repris de zéro l’affaire Grégory en 1987, après que le juge Lambert a été dessaisi du dossier à sa demande en 1986"J'avais des accès de boulimie; je voyais se profiler une dépression, expliqua l'ancien magistrat, dessaisi du dossier Grégory.
Il ne reviendra jamais à l'instruction. Envoyé en 1988 comme juge du siège à Bourg-en Bresse, dans l'Ain, il fut nommé en 2003 au tribunal de grande instance du Mans, où il terminera sa carrière.


Le juge Simon tient des propos accablants à l'encontre de son cadet

Résultat de recherche d'images pour "juge Maurice Simon"Alors que les journalistes ou les policiers se montrent solidaires de leurs collègues, ce juge est cinglant. "On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes […] ou le désordre intellectuel du juge Lambert. Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur", écrit cet aîné du juge Lambert après les accusations et les pressions contre Christine Villemin, la mère du petit Grégory.  

En juillet 1985, le juge Lambert avait en effet opéré un spectaculaire revirement, portant ses soupçons sur la mère du garçonnet qui sera totalement innocentée en 1993 au terme d’un non-lieu retentissant pour "absence totale de charges", formule inédite aux accents d’excuse et d’aveu d’erreur judiciaire. 

Le quotidien Libération avait provoqué une auto-critique du juge Lambert

Laurence Lacour, journaliste qui a couvert l'affaire pour la radio Europe 1 et en a tiré un livre, "Le Bûcher des innocents", l'accabla : "Il ne maîtrisait pas la procédure. Certains de ses actes ont eu des conséquences irréparables".

En 2014peu avant qu'il ne presse sa retraite, le Petit Juge avait été amené à reconnaître des erreurs de procédure. "Je n’ai pas accordé au départ toute l’attention que j’aurais dû à ce dossier. J’étais le seul juge d’instruction d’Epinal. J’ai fini l’année avec 229 dossiers. Grégory portait le numéro 180." 

"
Je n'étais pas trop jeune, mais débordé. J'avais des centaines de dossiers à traiter. Au début, je n'ai pas pu accorder toute l'attention qu'elle méritait à cette affaire", assurait-il dans un entretien à l'AFP en 2014.
"C’est une affaire qui m’a accompagné tout au long de ma carrière et de ma vie", disait-il la même année à BFMTV, expliquant y penser avec "révolte".
"Une autre dimension a été très importante:
la pression médiatique. Avoir travaillé sous haute tension comme je le dis dans mon livre, ça ne m’a pas empêché de faire mon travail le mieux possible", ajoutait-il.

A l’époque, il disait que "le diable" était dans cette affaire, rappelle l'AFP, avec l'intention de lui faire à nouveau du tort, trente ans plus tard.
 
Pourquoi un tel acharnement de la presse et de la justice ?

Juge Simon
Ce juge était un opposant à la peine de mort mais, ait exceptionnel dans le milieu, il se disait "anarchiste de droite, attaché aux valeurs de la famille et du travail, et à son pays". Une tare indélébile, encore aujourd'hui.

Après avoir publié en 1987 un livre sur l'affaire Grégory, "Le Petit Juge", il avait écrit des romans. 

Dans "Scrupules", une modeste famille d’Auvergne frappée par un terrible fait divers affronte des journalistes sans vergogne.

"Un monde sans vérité" parle d’un juge d’instruction et d’analyses ADN. 

"Je suis catastrophé, c’est infiniment triste", a confié l’avocat des époux Villemin, Me Thierry Moser, réagissant à l'annonce du décès de l'ex-juge Lambert. "Je garderai de lui le souvenir d’un homme qui a été confronté à un dossier difficile, qu’il n’a pas su maîtriser et qui a été pris dans un vertige irrépressible". 
"Quelles que soient les causes de ce qui semble être un suicide, je n’ai aucune animosité envers lui. Je critique les conclusions qu’il a tirées de son instruction mais je ne critiquerai jamais l’homme", a poursuivi Me Moser, qui défend depuis le décès de Grégory, le 16 octobre 1984, les intérêts des parents de l’enfant, Jean-Marie et Christine Villemin.
Qui, Maître Moser, vise-t-il, en revanche ?

lundi 2 novembre 2015

Air Cocaîne: la juge fait arrêter les pilotes par les gendarmes et scandalise Me Dupont-Moretti

L'avocat de la défense dénonce les "petits abus de droit" de la justice

Lundi à l'aube, les pilotes français 
Pascal Fauret et Bruno Odos, en Dominique
qui ont fui la justice de la Républicaine dominicaine afin "d'échapper à une lourde condamnation pour trafic de drogue", rapporte l'AFP, mais pour être jugés équitablement, selon les autres, ont été "acheminés", selon l'AFP, mais "conduits", selon les autres, par les gendarmes chez la juge marseillaise chargée de l'enquête qui a donné l'ordre de leur humiliation.

Ce comportement de la juge de Marseille interpelle. Au micro de LCI, Me Eric Dupont-Moretti, l'un des avocats des pilotes, s'est dit "scandalisé" du traitement infligé en France aux pilotes qui ont fui après avoir été condamnés à 20 ans et assignés à résidence en République dominicaine. Plutôt que de les convoquer, la juge marseillaise qui instruit l'enquête française sur l'affaire Air cocaïne a fait interpeller les deux hommes à leur domicile où ils se tenaient pourtant à la disposition de la justice. Les gendarmes sont venus les chercher lundi matin, ont révélé des sources proches du dossier.
VOIR et ENTENDRE l'état de la situation politico-judiciaire : 

Les gendarmes se sont présentés aux domiciles de Pascal Fauret, 55 ans, dans la banlieue de Lyon, et de Bruno Odos, 56 ans, en Isère, selon ces sources. Ils escortaient les pilotes dans le cadre de la mise en oeuvre d'un mandat d'amener de la part de la juge d'instruction.

VOIR et ENTENDRE Me Dupond-Moretti laisser éclater son "indignation sur LCI:


En France, on n'extrade pas, mais on embarque...

"C'est une initiative personnelle, il faut arrêter de fantasmer"

Me Eric Dupont-Moretti a grondé mardi, lors d'un point presse avec l'un des deux pilotes français, Pascal Fauret. "Mon réflexe, c'est de retourner dans mon pays", a expliqué ce dernier.
"Fatigué", il "essaie de réaliser qu'[il] est rentré" en France. Au lendemain de la révélation de sa fuite rocambolesque de la République dominicaine, Pascal Fauret s'est exprimé devant la presse mardi. Mais"pas question" alors d'évoquer "les modalités du départ ou l'évasion, comme vous l'appelez", a prévenu Me Eric Dupont-Moretti, qui assistait l'un des deux pilotes français de cette affaire dite Air Cocaïne. "Vous imaginez bien qu'elle [l'évasion] n'a pas été faite seule. En France, elle ne constitue pas une infraction", a rappelé l'avocat, avant d'ajouter plus tard que la fuite n'a pas été organisée par "une équipe de barbouzards qui aurait été financée par l'Etat français". "Il faut arrêter de fantasmer, c'est une initiative personnelle", a-t-il insisté.
VOIR et ENTENDRE la colère de Me Jean Reinhart, interrogé par TF1 la semaine dernière :

"Cette décision, je l'ai prise à titre personnelle après le verdict du 15 août"
qui l'a condamné à 20 ans de prison pour trafic de drogue - dont ils se disent innocents - avec son collègue Bruno Odos et deux autres ressortissants français, explique Pascal Fauret. "A partir du moment où on a affaire à une justice qui ne mène pas d'enquête et qui nous condamne parce qu'on est Français et pas de bons Chrétiens", la seule solution était de fuir. Le pilote raconte avoir été "enfermé 15 jours dans un cachot", puis dans un centre de haute sécurité. "On m'a rasé la tête", se souvient-il, rappelant qu'il était venu en République dominicaine "pour [son] travail".

"Mon réflexe, c'est de retourner dans mon pays" pour "m'exprimer" devant la justice française, affirme-t-il. Me Dupont-Moretti l'a d'ailleurs rappelé : "Il était important que cette évasion de cette justice dominicaine se fasse au grand jour, c'est pour ça que vous êtes ici. Mais pour signifier aussi au juge marseillais que ces hommes ne sont pas en fuite, ils sont à la disposition de la justice [de leur pays]. Il suffit d'une date pour que nous nous rendions à la convocation", a affirmé l'avocat, ajoutant qu'il n'était pas nécessaire de délivrer un mandat d'arrêt. "Ils respirent un peu avec leur famille (...). Ils sont partis et ils ont bien fait de le faire".

Une exfiltration rocambolesque

Les deux hommes étaient les pilotes d'un Falcon 50 intercepté en mars 2013 à l'aéroport de Punta Cana avec 680 kg de cocaïne à son bord. Ils ont été condamnés mi-août à Saint-Domingue à 20 ans de prison mais avaient été laissés libres en attendant leur procès en appel.
Des proches ont alors organisé dans le plus grand secret une opération d'exfiltration rocambolesque, par bateau, puis par avion, et ils ont réussi à regagner la France fin octobre, assurant toutefois s'en remettre à la justice française pour prouver leur innocence. Ils attendaient depuis d'être entendus par la juge marseillaise qui enquête depuis février 2013 sur un vaste trafic de drogue transatlantique.
VOIR et ENTENDRE pourquoi les deux pilotes n'avaient pas le droit de retourner en France:




VOIR et ENTENDRE 
le témoignage de l'expert aérien qui a aidé les deux pilotes à s'enfuir:
 

VOIR et VOIR  ET ENTENDRE
l'amertume des deux Français restés en République dominicaine:


VOIR et ENTENDRE
la version publique allégée de BFMTV:
La République dominicaine se "prépare à lancer" un mandat d'arrêt international contre les deux pilotes français.

lundi 10 août 2015

Terroristes de Tarnac: le Parquet déjuge la magistrate

Le Parquet maintient que le sabotage de lignes SNCF relève du "terrorisme"
Le Parquet de Paris a fait appel de l'abandon de la qualification "d'entreprise terroriste"
Famille bourgeoise et études supérieures
dans le dossier Tarnac, village de Corrèze (département du député François Hollande), où des activistes se retrouvaient.décidée par la juge d'instruction en charge du dossier.

Le Parquet de Paris conteste l'ordonnance du juge d'instruction qui a décidé de renvoyer en correctionnelle huit militants libertaires, dont Julien CoupatLe ministère public demandait que la circonstance aggravante d'"entreprise terroriste" soit retenue à l'encontre de trois militants, dont Julien Coupat (ci-contre) et sa compagne, Yildune Lévy (ci-dessous). Le dossier des huit membres du groupe Tarnac, soupçonnés d'avoir saboté des lignes TGV en 2008, va être examiné par la chambre de l'instruction.



Une jeunesse propre sur elle
Les parties au procès s'écharpent depuis le début sur la qualification à retenir des actes reprochés aux prévenus, à savoir le sabotage de plusieurs lignes SNCF. La défense fonde son argumentation sur le manque de preuves, selon elle, contestant notamment la légalité de moyens de surveillance mis en oeuvre par la DCRI, au domicile de Julien Coupat dès le 15 août 2008, et à l'épicerie de Tarnac, via un dispositif artisanal découvert en avril 2008. Ces éléments avaient conduit juge d'instruction en charge du dossier, à abandonner la qualification d'entreprise terroriste. Jeanne Duyé lui a préféré celle "d'association de malfaiteurs", dans une ordonnance rendue vendredi.

Un appel "en toute logique" 
Type de littérature d'extrême gauche

"La juge d'instruction ne nous a pas suivi, c'est pourquoi nous faisons appel, comme nous en avons le droit." Le Parquet de Paris estime donc que son appel a été interjeté "en toute logique". "Nous nous étions exprimés lors des réquisitions pour que la qualification d'entreprise terroriste soit retenue dans le cadre du renvoi.
Le Parquet maintient que les éléments versés dans le dossier à l'encontre des prévenus relèvent bien du terrorisme, c'est-à-dire "d'actions commises en vue de porter atteinte à l'ordre public par l'intimidation ou la terreur". 
Il rappelle également que la Cour d'Appel de Paris a validé en octobre 2010 l'intégralité de l'enquête, la chambre de l'instruction rejetant à l'époque la demande formée par la défense pour faire invalider les pièces relatives au placement sous surveillance des prévenus. 

Une instrumentalisation politique ?

En toute logique également, Marie Dosé et William Bourdon, avocats des prévenus, considèrent que l'ordonnance de la juge d'instruction "est un camouflet difficilement supportable pour le Parquet, qui reste dans une logique qui n'a rien de juridique, mais qui est une logique d'entêtement idéologique". 

L'opposition et sa presse avaient politisé l'enquête. 

Le gouvernement et la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, avaient même été accusés de l'instrumentaliser en insistant sur son caractère terroriste lors d'une vague de sabotages révolutionnaires de caténaires en plusieurs points du réseau. L'internationale communiste révolutionnaire créa des comités de soutien en France et à l'étranger et une manifestation de soutien rassembla des militants extrémistes le 31 janvier 2009 à Paris (photo ci-dessus).
Julien Coupat, situationniste de 33 ans à l'époque et doctrinaire apparenté à l'ultra-gauche, et Yildune Lévy, 31 ans (à ce jour), ont bien reconnu leur présence à Dhuisy (Seine-et-Marne)  dans la nuit du 7 au 8 novembre 2008 aux abords de la voie ferrée où passe le TGV Est. Pour regarder passer les trains ?

En revanche, ils ont toujours nié avoir participé à la pose d'un fer à béton, retrouvé plus tard sur la caténaire. Tordu en forme de crochet, il avait causé d'importants dégâts matériels au premier TGV du matin, et fortement perturbé le trafic. 

Outre les faits de Dhuisy, le Parquet imputait à Julien Coupat, qui a effectué un peu plus de six mois de détention provisoire jusqu'en mai 2009, une participation à un autre sabotage du TGV Est, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2008 à Vigny (Moselle). Le Parquet de Paris a également fait appel d'un non lieu partiel prononcé par le juge pour ce volet  de l'affaire. Il considère que "ces faits sont constitués", a-t-on précisé à Reuters de même source.Le dossier Tarnac est désormais renvoyé devant la chambre de l'instruction.

Un numéro de duettistes

Dans un premier temps
, la juge a déqualifié la charge de terrorisme, en sorte que
la Cour d'Appel cautionne sa décision qui vide le dossier de l'essentiel.

Dans un second temps, le tribunal correctionnel prend le relais et finit le travail en jugeant  - avec les apparences du respect du droit - que les ex-terroristes ne sont que des étudiants attardés et des intellectuels inconscients ayant agi sans intention de nuire.


Au final, Christiane Taubira ne sera pas mécontente du tour joué à l'opinion. La comédie de justice aura bien été une mascarade.


 

vendredi 22 mai 2015

Procès d'Outreau : l'ex-juge Fabrice Burgaud va-t-il assumer ses erreurs ?

La commission d'enquête parlementaire dans ses petits souliers...

L'ancien juge d'instruction Fabrice Burgaud a tenté de défendre son instruction de l'affaire Outreau



Dès l'origine protégé par sa corporation, l'auteur du fiasco judiciaire d'Outreau bénéficie à nouveau d'un régime spécial. Pour sa défense, vendredi à Rennes, le magistrat est apparu une nouvelle fois,   mais à l'écran. Il n'a pas souhaité affronter les regards à la barre du procès d'un des 13 acquittés d'Outreau, Daniel Legrand, accusé de faits de pédophilie non jugés, commis avant ses 18 ans.

et homme protégé, aujourd'hui âgé de 43 ans, est l'ancien juge d'instruction de Saint-Omer. Au quatrième jour du procès de Daniel Legrand fils, qui comparaît devant la cour d'Assises de Rennes (Ille-et-Vilaine) pour des viols présumés commis lorsqu'il était mineur, le juge Fabrice Burgaud, en charge du dossier à l'époque, s'est expliqué une nouvelle fois devant le tribunal ce vendredi, par visioconférence depuis... Paris.  

Une déposition longue de 45 minutes
Le juge reconnaît avoir eu "des doutes sur la participation" de Daniel Legrand fils et même s'être demandé "s'il n'était pas victime plutôt qu'auteur". Mais, 15 ans après le début de l'affaire, il défend toujours son instruction, même si, pour la deuxième fois, il a admis  plusieurs faiblesses dans son travail. 

Il rappelle qu'avant de se rétracter, Daniel Legrand fils, alors âgé de 20 ans à peine, "a avoué les faits à trois reprises", sans "aucune pression" de sa part, précise-t-il. 

Et il ajoute que Legrand donnait "des détails précis." Daniel Legrand "disait les enfants hurlaient, les enfants criaient." Il donnait des "détails précis", qui ne pouvaient provenir d'informations publiées par la presse: ne pouvaient-elles pas être simplement celles d'un spectateur, sans être acteur nécessairement. L'ancien juge d'instruction se justifie en affirmant que "quand des gens inventent des faits, ils ne donnent pas des détails de crédibilité." Pour lui, "il avait l'air sincère." Autre circonstance troublante, d'après Fabrice Burgaud, "au moment de ses aveux, il s'est excusé spontanément auprès des victimes pour le mal qui leur a fait."

Convaincu, sans avoir montré la photo de Legrand aux enfants

A l'issue de sa participation, viennent les questions de la Cour. Le juge Burgaud qui fut sévèrement critiqué par la commission d'enquête parlementaire en 2006, avant en quelque sorte de le "relaxer" finalement, reçut  un blâme en 2009, mais fut promu auditeur auprès de la cour de Cassation

C'est le président qui l'interroge en premier. Il le questionne notamment sur le fait qu'à aucun moment, les policiers n'ont montré les albums photos avec Daniel Legrand aux enfants Delay.
Il pointe aussi le fait que, dans la plupart des cas, les albums photos qui étaient présentés aux personnes interrogées, victimes ou agresseurs présumés, ne comprenaient que des personnes impliquées dans le dossier. Elles n'étaient pas mélangées avec des personnes étrangères aux faits, comme cela se pratique d'ordinaire dans les enquêtes de police pour déceler les déclarations fantaisistes. Fabrice Burgaud en rejette la faute sur les services de police, avant d'admettre qu'il aurait été "plus souhaitable" de panacher. 

La question se pose aussi de savoir si le juge est vraiment celui qui a donné le nom de Daniel Legrand à Myriam Badaoui, la mère incestueuse condamnée et qui a livré plusieurs noms-dont celui de Daniel Legrand- avant de se rétracter aux premiers procès? Une nouvelle fois, Burgaud assure que non. Parole d'un magistrat contre celle d'une condamnée...

Burgaud peine à se justifier

Autre négligence relevée : "Daniel Legrand fils est mis en examen sans période de faits", souligne le président, Philippe Dary. "Comment peut-on se défendre face à des accusations qui ne sont pas marquées dans le temps," s'est interrogé le président. "Il aurait été préférable de préciser des périodes...", admet le juge Fabrice Burgaud : "Je pense que ce n'était pas possible par rapport aux auditions qu'on faisait..."

Sous le feu des critiques, il se retranche derrière "le peu d'expérience qui était la (s)ienne", bien qu'il ait accepté l'affaire malgré son jeune âge. Quand il a pris en charge l'affaire, Fabrice Burgaud n'avait pas la trentaine. Devant la commission parlementaire, le jeune juge avait déjà joué de cet argument de la jeunesse: il n'avait alors pas huit mois d'expérience. 

Jeudi,  l'un des enfants reconnus victimes, Cherif Delay, 25 ans, a chargé Daniel Legrand dans une déclaration très confuse. Pour la première fois, l'aîné des enfants Delay a désigné Daniel Legrand comme agresseur, mais aussi comme victime de viols. Son beau-père, Thierry Delay, qui l'a en fait adopté, a été condamné à 20 ans de réclusion pour viols, notamment sur ses frères et lui.

S'il comparaît pour la période où il était âgé de 16 à 18 ans, Daniel Legrand avait en revanche été acquitté, avec 12 autres des accusés d'Outreau, des accusations de viols postérieurs à sa majorité.


mardi 7 avril 2015

La loi sur le Renseignement, "arme redoutable entre de mauvaises mains", prévient le juge Marc Trévidic

L'inconscience des apprentis sorciers socialistes fait prendre un risque aux Français

Actuellement soutenue par les godillots PS de l'Assemblée,  la loi sur le renseignement est dénoncée par le juge antiterroriste Trévidic 

"Quand une loi me paraît dangereuse, je suis inquiet," lance le spécialiste au micro d'Yves Calvi sur RTL. Cette loi sur le renseignement vise à donner un cadre légal aux multiples interceptions, notamment les appels, les SMS, les mails. Une surveillance avec l’aval du premier ministre qui prévoirait également la mise en place de "boîtes noires", espionnant les données de connexion de tous les internautes. 

"Il y a une absence totale de contrôle dans cette loi", met en garde le juge.

Attaché aux libertés individuelles,
 le juge dénonce cette loi qui constitue une "arme redoutable," si elle est mise entre de "mauvaises mains." Avec cette loi, lgouvernement socialiste accorde une totale liberté d'action à l'Etat et, par voie de conséquence, la totale privation de protection des citoyens. En s'attaquant aux libertés individuelles des Français, la majorité socialiste est sur le point de porter atteinte aux droits de l'homme. 
"C'est une loi qui peut être utilisée à mauvaise escient," 
insiste celui qui a travaillé aux affaires terroristes les plus sensibles.
Ce juge a notamment été chargé d'instruire l'affaire des moines de Tibhirine, tués en Algérie en 1996, ou celle de l'attentat de Karachi en 2002. Un poste qu'il estime "très lourd à porter".

Le très exposé juge du Parquet de Paris a confié la difficulté d'exercer ses fonctions 
Juge d'instruction au pôle antiterrorisme du tribunal de Grande Instance de Paris, Marc Trévidic avoue d'ailleurs être "soulagé de partir," comme le prévoit la loi, après dix ans d'exercice: "C'est tellement politique comme domaine qu'un juge n'y trouve pas forcément son intérêt"
A bientôt 50 ans, Marc Trévidic exercera à compter de mai 2016 ses nouvelles fonctions en tant que vice-président du Tribunal d'Instance de Lille.

mercredi 18 février 2015

Carlton: condamnation des Français; mais relaxe pour DSK...

Que les avocats arrêtent un peu de dire n'importe quoi !

"Ce dossier a transformé 66 millions de Français en voyeurs", accuse Me Malka

blog -DSK-regard parti en couille
Comme Monsieur Tout-le-Monde Dominique Strauss-Kahn a trois avocats et ils ont plaidé la relaxe de leur client Quand Me Frédérique Baulieu parle de débauche, elle vise les moyens disproportionnés mis en oeuvre par la justice pour prouver que Dominique Strauss-Kahn est un proxénète. 
Des moyens détournés du vrai sujet de fond, la dissimulation, et s'agissant d'un homme politique, c'est une faute de la République contre la démocratie. DSK n'était-il pas le chouchou des militants du PS et le candidat potentiel du Parti socialiste à la présidentielle, avant sa méchante affaire de sexe aux Etats-Unis et la promotion d'un ersatz, le générique François Hollande.

Me Baulieu est l'une des trois avocats de DSK pour le procès de l'affaire dite de l'hôtel Carlton de Lille

Lundi, les quatre ex-prostituées - ou "libertines", selon la sémantique du présumé innocent de tout - s'étaient constituées parties civiles mais, malgré tous les avatars subis, ont finalement préféré le retrait en renonçant à demander réparation à l'ancien directeur général du FMI. 

Comme prévu, le procureur de Lille a requis mardi sa "relaxe pure et simple", estimant que rien, ni dans la procédure, ni à l'audience, ne permettrait de pénétrer la voie de la condamnation. La défense a joué son rôle en feignant de se battre comme s'il existait encore des charges et des victimes: elle sait que, depuis le départ, le tribunal n'est pas libre de sa décision et que les plaidoiries font partie du show. C'est à cette femme avocate qu'est dévolue la lourde tâche de stériliser le dossier des miasmes qui souvent indisposent les juges. "Cela suffit, les anathèmes", gronde-t-elle, indignée, après avoir dénoncé, pince (à sein) sans rire, cette fameuse... "débauche de moyens". Sa colère s'abat, notamment, sur Me Daoud, conseil du mouvement Le Nid, luttant contre les causes et les conséquences de la prostitution et partie civile, qui avait déclaré: "Vous relaxerez peut-être DSK, mais beaucoup ne seront pas dupes". "Que signifie cette phrase?, attaque la dame à bavette, plus sourcilleuse de la forme que des turpitudes de son client. Que Dominique Strauss-Kahn est un menteur, un tricheur, un salaud de la pire espèce puisqu'il s'en sort!" accuse-t-elle, mi-consciente, mi-courroucée, faisant les questions et les réponses.

Icone piégée par un statut qui la dépasse, Jade se fait fouetter
La partie fine est délicate: il s'agit de faire litière des accusations portées jusqu'à l'audience par Jade et Mounia. Après avoir feint de saluer la vertu des "libertines", comme on dit entre gens bien élevés, Me Baulieu s'y vautre, sans le risque que courrait un collègue homme : "J'ai pour Jade une certaine estime, car j'aime les gens qui se battent, et beaucoup de colère pour ce qu'on lui a fait subir à l'instruction", attaque la très libérale avocate, aussi habile manipulatrice du paradoxe que du sex toy (peut-être).
Et de passer méthodiquement au destructeur de documents les déclarations successives d'une "femme de mauvaise vie"qui, forcément, selon les bien-pensants de droite comme de gauche, "réécrit l'histoire, réinvente tout", selon une maîtresse de la défense qui a toutes les indulgences pour le macho, pervers mais sincère et juste un peu libidineux. Sans jamais prononcer le terme de menteuse, car Jade "a été obligée d'agir ainsi, on en a fait LA prostituée. Ce n'est pas à elle qu'il faut en vouloir, lance maintenant l'amatrice de poncifs, mais à ceux qui l'ont érigée en symbole". 

Et l'avocate de déplacer le dossier sur le terrrain de la prostitution en général et de fantasmer, outre l'innocence de ces dames, l'exploitation de la femme, sans désir ni plaisir, "pur" objet sexuel piégé par une étiquette qui la recouvrirait des cuissardes en cuir au 'gag ball' en silicone. Sa démonstration juridique tend aussi à battre en brèche l'hypothèse d'une garçonnière parisienne de DSK destinée à encourager la prostitution.Cette extravagante hypothèse avait été balayée à l'audience en moins de 10 minutes, comme s'il valait mieux ne pas y séjourner. 

Me Baulieu nie donc tout en bloc,
martelant - pour convaincre ? - que son client ignorait que certaines des jeunes participantes soumises aux ébats collectifs pouvaient être des prostituées, révélant ainsi une haute idée de la femme car, sans doute, toutes sont des cochonnes libertines. Et quand bien même il l'eût su, il n'aurait été qu'un client et non un proxénète, n'ayant rien fait pour favoriser, encourager leur condition, et encore moins pour en tirer avantage. D'aucune façon. Leur reconnaissance serait immense. De même que, si on suit ce raisonnement, DSK serait un simple consommateur, puisque l'ex-patron du Fonds Monétaire International ignore à l'évidence que tout se monnaye, et dans le pire des cas, un odieux profiteur socialiste qui honore des filles de basse extraction... Des quémandeuses de bienfaits et de liquide versé par des proches de DSK, à l'insu du bonhomme, tant il est vrai que Dominique Strauss-Kahn, outre qu'il est un grand sentimental, est un petit ingénu éloigné des contingences matérielles: les femmes, pense-t-il, le recherchant uniquement pour sa verdeur de sexagénaire adipeux et pour son appétit encore aiguisable, mais réclamant une expertise stimulante, attentive et soutenue.

"On le poursuit, car c'est un homme... puissant," risque, sans rire, l'avocate 
L'intention est de combattre l'idée que la justice puisse avoir des faiblesses pour un homme d'entregent et de réseaux comme Strauss-Kahn. "Le droit a été tordu, détourné de sa finalité, ainsi que les faits, assure Maîtresse Frédérique Baulieu au terme d'une session sans temps mort. Mais la tentative est cousue de fil blanc.
"Je suis fière de défendre Dominique Strauss-Kahn, car il a tenu face aux vents mauvais. Sa relaxe sera juste, elle sera belle." La sodomie remplit l'avocate de fierté, comme si tenir, à 66 ans, à force d'artifices et de persévérance, était un exploit.
 
Me Richard Malka prend le relais pour le dernier coup de reins

On comprend vite qu'il est chargé de faire diversion en détournant le procès du sujet. "Ce dossier a transformé 66 millions de Français en voyeurs", tonne le déviant, pointant "trois années de violation du secret de l'instruction, d'étalage de ce qu'il y a de plus intime et de plus mystérieux dans la vie d'un homme". Par ailleurs grand spécialiste du droit de la presse et pourtant ardent défenseur de la liberté d'expression, l'avocat s'en prend aux moralistes qui ont joué les passagers clandestins de la procédure, au premier rang desquels il place, sans jamais les nommer, les juges d'instruction, tous des vicieux.

Or, le droit français ne juge pas de la moralité des accusés et, si la ficelle est donc un peu grosse, rien ne fait peur au sodomite. Il s'en prend aussi aux parties civiles qui voudraient faire "le procès de la société. Mais ici, on fait le procès des hommes, sur la base de lois qui ont été votées" (allusion à un projet de texte visant à pénaliser les clients de prostituées examiné par le Sénat). 

Me Malka, qui n'est pas davantage jugé sur la moralité de ses méthodes, reproche le mot "omerta", qui sous-entend l'existence d'un réseau mafieux, et balise l'ordonnance de renvoi. Il souligne que Jade, en parlant à DSK lors de la phase d'instruction, l'appelait souvent "Monsieur Machin". "Cela n'est pas anodin, analyse l'avocat. Cela permet de transformer une personne humaine en croquemitaine", à moins que Malka néglige une interprétation moins sujette à caution et qui manifeste tout le mépris qu'inspire le personnage. Il en profite pour s'indigner aussi que l'ordonnance ne fasse "de la notoriété et de la position sociale de DSK un élément de l'infraction". "On le poursuit car c'est un homme puissant", raconte-t-il, et il est exact que le statut exceptionnel du prévenu, de même que son comportement supposé au lit, ont été retenus à charge par les juges.
Ce qui, à la vérité, n'est pas retenu, c'est le statut politique de cet homme puissant. Selon les sondages de 2006, Dominique Strauss-Kahn aurait été le mieux placé pour gagner l'Elysée. Les Français -et donc les juges- étaient intéressés de savoir ce qui occupe son esprit, plutôt que sous la ceinture: la crise économique et financière internationale qui se profilait, la courbe du chômage ou celles des femmes qui passent?

Ce que les électeurs doivent savoir avant, c'est que leur candidat n'est pas un dissimulateur, pour le fisc, façon Cahuzac, pour la médecine, façon Mitterrand ou pour la sincérité, façon Strauss-Kahn. Car la sexualité pathologique du candidat socialiste de 2007 était connue de son entourage, lequel lui aurait demandé de promettre de se soigner: or, il aurait promis sans donner suite. 
Au lieu de se faire aider, Dominique Strauss-Kahn a visiblement mis en place un réseau d'écrans, de filtres et de paravents à son activité débridée. D'où les intermédiaires et le cloisonnement de son organisation de type mafieux.

Me Malka brandit maintenant une manchette du Monde qui mentionne: "Proxénétisme: les procès-verbaux qui accusent DSK", pour dénoncer un "mirage juridique" complaisamment entretenu par la presse dite sérieuse. Quand on tape, sur Google, DSK+matériel (dans un SMS de DSK, ce mot était employé pour masquer l'exploitation de "femmes": à noter qu'elles étaient soi-disant consentantes et qu'il s'agissait donc bien de ne pas se faire découvrir), on tombe sur 493.000 entrées !" Il oppose à ce torrent de boue l'édifiant curriculum vitae de DSK - emporté par son parti-pris vénal et son impudeur, l'avocat n'est pas loin de brosser un portrait de son client en sauveur de l'humanité -, et lance: "Ce n'est pas parce qu'on a rendu de grands services à son pays qu'on a le droit d'être traité plus mal que n'importe qui". Suit le raisonnement qui peut... 

Ironique et léger, Me Malka raille les parties civiles qui décrivent favorablement les "clubs libertins" - en clair, des boîtes à partouzes- pour les opposer aux "boucheries" des soirées avec DSK: "On vous raconte n'importe quoi! Une club libertin, ce serait un champ de pâquerettes doux et tendre où l'on viendrait tranquillement bavarder ?" Me Malka n'est pas de ces bisounours. 
Il note au passage que, selon une étude Ifop, quelque 4 millions de Français seraient clients de ces établissements, ce qui, pour la défense, replacerait la pantagruélique sexualité de DSK dans une statistique rassurante. A cela près que si un pro comme DSK peut tenir tête à 4 millions d'amateurs occasionnels, il lui serait resté peu de temps à consacrer aux affaires de l'Etat, le seul sujet qui importe aux Français, n'en déplaise à l'embrouilleur qui fait le reproche aux juges d'instruction, aux journalistes et aux Français de se délecter du sujet.

Pour conclure, la parole est donnée à Me Henri Leclerc


Agé de 80 ans, Henri Leclerc n'est pas atteint par la limite d'âge, ni moqué comme Michel Rocard (34), et
il n'est pas davantage soupçonné de conflit d'intérêts mais son passé a un prix qui n'est pas à la portée de toutes les bourses. Me Leclerc est à nouveau sorti de sa retraite pour servir les intérêts de DSK par sa seule présence, mais aussi pour les caméras, tout en voulant régler des comptes avec les journaux. L'origine de sa rancune est autre, mais il prend du plaisir à dénoncer les journaux qui ont fait des ventes sur l'exposition de la vie privée de son client. 
Commandeur de la Légion d'honneur, l'octogénaire ose au micro le mot tabou du procès: "Une sodomie bien traitée, c'est plus vendeur qu'une déclaration d'innocence". Contre les bien-pensants faussement (?) révulsés et vilainement émoustillés (?) par les détails salaces, il montre du doigt : "Qu'est-ce que c'est que ces cris d'indignation, ces sourires pincés, ces rires gras dans les soirées mondaines? Pas trop de leçons, s'il vous plaît". Par chance, les soirées mondaines ne sont pas le quotidien des chômeurs et des mal-logés dont semble préoccupée Martine Aubry qu'il soutint dans sa campagne pour les primaires socialistes en vue de l'élection présidentielle de 2012. Il est en revanche le conseil du journal socialo-bobo Libération ou le fut déjà de Dominique Strauss-Kahn dans l'affaire de moeurs dont Tristane Banon l'accusa pour tentative de viol en 2006, affaire qui rebondit en 2011 quand Dominique Strauss-Kahn est accusé d'agression sexuelle aux États-Unis. 

"Les juges avaient dans leur placard une caricature de DSK, chacun l'appréciera comme il l'entend, dénonce l'avocat drapé de probité. Aujourd'hui, il ne reste rien de ce dossier, il est à terre, juge-t-il. Au tribunal qu'il interpelle, il lance: "Votre décision ne réparera pas tous les dégâts. Jade et Mounia ont été détruites à l'instruction, l'expert psychologue l'a dit (c'est dire !). Mais votre décision est fondamentale pour notre justice. Il est important qu'on sache que, malgré les dérapages, elle reste debout, loyale, contradictoire. Ma pauvre vieille justice, que je sers depuis 60 ans, toute cabossée et toute mal foutue, mais qui existe. Relaxez Dominique Strauss-Kahn, et ce sera justice". 

La justice est-elle libre et indépendante quand un accusé sort de sa manche un vénérable vieillard, qui plus est ancien président de la Ligue française pour la défense des droits de l'homme et du citoyen ?