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mardi 25 février 2020

La dernière bulle de Macron humilie le Cameroun

"M. Macron, le Cameroun n'est pas un Dom-Tom", réplique Yaoundé 

Macron promet de faire pression sur son homologue camerounais sur la question des droits de l'homme.

Son arrogance enflamme la toile en Afrique.
Ils étaient plusieurs centaines à manifester le 24 février 2020 devant l’ambassade de France à Yaoundé, brandissant des drapeaux camerounais et des pancartes hostiles au président français Emmanuel Macron.
Monsieur Macron, le Cameroun n'est pas un Dom-Tom (département français d'Outre-mer). Monsieur Macron, mêle-toi de tes oignons (Sur les pancartes des manifestants camerounais)
"Nous sommes ici pour protester aux propos de Macron, parce qu’il a manqué de respect à notre président. Nous ne sommes pas une province de la France. Le Cameroun est un Etat souverain, indépendant depuis 1960", explique Souley Aboubakar, président d’une association de jeunes partisans de Paul Biya, à l’origine de ce rassemblement.

Cette légitime colère a été déclenchée par les propos tenus par un Macron en crise de supériorité colonialiste face à un Camerounais qui l’avait interpellé, le 22 février à Paris, sur la violation des droits de l’Homme dans son pays, en marge d’une visite au Salon de l’agriculture. Le président français lui a promis de mettre "le maximum de pression sur le président Paul Biya pour que cessent des violences intolérables au Cameroun".

Le 14 février, des hommes armés portant des uniformes de l’armée et certains masqués avaient attaqué le village de Ntumbo en zone anglophone faisant de nombreuses victimes parmi lesquelles des enfants, dont neuf âgés de moins de cinq ans. L’armée camerounaise a évoqué "un malheureux accident " au cours d’échanges de tirs entre forces de sécurité et rebelles sécessionnistes. L’ONU a demandé une enquête indépendante et impartiale. Paris avait déjà condamné ces violences et demandé que "les responsables répondent de leurs actes".

Dès le 23 février, le gouvernement camerounais assurait qu’il voulait "rester maître de son destin". La présidence camerounaise est revenue à la charge lundi 24 février, elle s’est offusquée de "propos surprenants".

Le président est comptable de son action devant le seul peuple camerounais souverain et non devant un dirigeant étranger, fut-ce un ami. 

Il n'a pas besoin de pression extérieureFerdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général à la présidence (communiqué de la présidence de la République)
Depuis la publication sur les réseaux sociaux de la vidéo de l’échange entre Macron et le Camerounais connu sous le pseudo de Calibro Calibri, nombre d'internautes ont salué le courage de ce citoyen africain. Ce n’est pas de sa faute si le Cameroun se vend mal sur le plan international, peut-on lire sur le site d’information Camer.be

"S’est-on jamais préoccupé de savoir combien l’image et la notoriété du Cameroun sont écornées à l’international par des détournements systématiques et séculaires des deniers publics, de la corruption généralisée à ciel ouvert, du musèlement des partis politiques ? " Le Cameroun n’a qu’à s’en prendre à lui-même, il doit redorer son blason et retrouver sa place dans le concert des nations, écrit Camer.be

Pour le site d’information Cameroonvoice, "c’est le Macron profond qui a parlé. Celui qui avait promis un autre destin aux jeunes Africains", plaide la rédaction du site .

"Une communication paternaliste et infantilisante"

Mais la majorité des internautes africains se sont déchaînés contre "le ton discourtois" de cet échange jugé "indigne" à l’égard de leur président. Dans la vidéo qui circule sur les réseaux sociaux, Macron a aussi révélé avoir déjà fait pression sur le président Paul Biya pour obtenir la libération de son principal opposant Maurice Kamto.

"Après, on va nous demander de respecter les présidents africains. Suite à cette fanfaronnade de Macron, si Biya était autre chose qu’un laquais, l’ambassadeur de France au Cameroun aurait déjà été convoqué et l’ambassadeur du Cameroun en France rappelé" : rien de tout ça n’a été fait, s’insurge une internaute.

"C’est une communication paternaliste et infantilisante", analyse le politologue camerounais Mathias Eric Owona Nguini sur le site de RFI. Alors que la presse camerounaise dénonce "une conversation surréaliste". Certains n’hésitent pas à pointer "une mise en scène pure et simple, pour ternir l’image du président camerounais".

Macron a bien cherché cette explosion de colère. 

Dans son échange avec l’acteur camerounais qui sollicitait son intervention, le président français avait tenu à lui expliquer que la France a un rôle compliqué en Afrique.
"Quand la France dit que tel dirigeant n’a pas été démocratiquement élu, les Africains nous disent : 'De quoi vous mêlez-vous' ?...Moi, je mets la pression sur chacun et je travaille avec l’Union africaine" pour le faire, a-t-il insisté avant de rappeler qu’il ne revient pas à la France de faire la démocratie au Cameroun à la place des citoyens de ce pays.

RFI

✔@RFI

Au #SalonAgriculture le président français #Macron a été interpellé par un visiteur sur la situation au #Cameroun.
► Il a dénoncé des violations des droits de l’homme «intolérables»
► Il appellera le président camerounais Paul #Biya
Ecoutez cet échange #RFImatin

11:37 - 24 févr. 2020


mardi 11 juin 2019

Retour de Syrie en France d'un djihadiste polygame, ses deux épouses et leurs neuf enfants

La Turquie assure notre avenir terroriste en nous faisant le cadeau empoisonné de douze islamistes de Syrie

Et, parce qu'ils nous aiment, les Turcs sifflent notre hymne national

Résultat de recherche d'images pour "retour de djihadiste"Un djihadiste et ses deux compagnes ont été placés en garde à vue, mardi matin, et leurs neuf enfants mineurs ont été confiés à l’aide sociale par le parquet de Bobigny (Seine-Saint-Denis)après avoir été transférés de Turquie

Les trois adultes, un homme de 35 ans et ses deux femmes, dont l’une âgée de 36 ans, sont pris en charge par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Leurs enfants ont été placés .

Un cas d’expulsion "régulier" : combien d'autres encore ?

Cette opération, distincte des rapatriements au cas par cas d’enfants en provenance du Kurdistan syrien, s’inscrit dans le cadre des expulsions régulières des djihadistes par la Turquie. Fin mai 2019, les autorités françaises avaient enregistré le retour de 277 revenants.

"Celui qui s’incline devant des règles établies par l’ennemi ne vaincra jamais" (Léon Trotski – Leur morale et la nôtre)

Il n’est pas un jour où media et politiciens ne s’interrogent sur ce que la France pourrait bien faire des criminels français qui ont choisi de servir l’Etat islamique . Les uns voudraient que les détenus de la Syrie soient jugés sur place, tandis que les autres accepteraient leur retour en France dans le but de les juger, les emprisonner et de les remettre un jour ou l’autre dans le circuit… au prétexte que le coût de leur entretien deviendrait insupportable et en feignant de croire qu'ils sont revenus à la raison, contrits et désireux de s'amender !

Il y a aussi les femmes voilées, encombrées d'une marmaille désirée ou produite pour le service armé, sans le moindre remords de leur sinistre participation à ce génocide, qui tentent d’émouvoir – un bébé dans chaque bras – les vertueux humanistes, éternels idiots du village des "droits de l’homme"… La télévision populiste n'hésite pas à nous présenter les mamies éplorées !

Dans un 'manifeste des intellectuels français pour la résistance à l’abandon de l’Algérie française' (soutenu par le maréchal Alphonse Juin) et paru le dans le contexte du conflit algérien, on pouvait lire  : "C’est une des formes les plus lâches de la trahison que d’empoisonner, jour après jour, la conscience de la France". Qu'avons-nous appris depuis? Macron en est conscient, lui qui ressort sans cesse son projet de loi sur la GPA, sans la mener à son terme - il est seulement favorable à la reconnaissance à l'état civil de la filiation des enfants nés à l'étranger de GPA  -, rien que pour faire se dresser une partie de la population contre l'autre et tirer les marrons du feu. En suscitant la polémique en France, le cynique distrait la population pendant qu'il fait passer ses textes par ordonnances, ni vu ni connu...

Comment gérer ce sujet sensible ? 

Résultat de recherche d'images pour "retour de djihadiste"
Près de 2.000 Français radicalisés ont combattu en Syrie et en Irak sous le drapeau de Daesh depuis 2014. 450 seraient morts et 300 seraient déjà revenus en France. Et les autres ? Que fait-on d’eux, dès lors que nos prisons sont surpeuplées ?… Les juger sur le lieu de leurs forfaits ? Il faudrait pour cela que Syriens et Irakiens en acceptent la responsabilité, sachant que les méprisants militants droits de l'hommistes les jugent incapables de rendre une justice équitable… sachant que s’ils les condamnaient à mort, la France s’opposerait à leur exécution. Sur ce point, le 27 février 2019, sur BFM TV, la garde des Sceaux Nicole Belloubet, a rappelé la position française : "Il y a une limite. Notre pays n’accepte pas la peine de mort. Si tel est le cas, nous interviendrions pour demander que cette peine ne soit pas exécutée. C’est une condition sine qua non". Le problème reste donc entier dans la mesure où ni la Syrie, ni l’Irak, ni les Kurdes ne sont en mesure de gérer indéfiniment ces prisonniers qui, par la force des choses, recouvreront très vite leur liberté… Mais sommes-nous mieux équipés pour les assumer ?

Or, il existe une troisième voie qui les mettrait en paix avec leurs consciences : l’exécution de ces djihadistes, sur le sol qu'ils ont choisi, au cours d'une opération militaire. La belle mort.
Durant ces années, dans le cadre de la coalition internationale et au péril de leurs vies, nos forces spéciales se sont efforcéEs de traquer les criminels, de les localiser et de les éliminer. C'est un total mépris d'Etat qu'ignorer le sacrifice des militaires en service commandé et de ramener en France ceux et celles qui ont combattu leur pays. Dès lors, si le droit international a permis de les tuer durant ce conflit, pourquoi accorder aujourd’hui la vie sauve à des fanatiques religieux et racistes prêts à reprendre, bientôt, leurs actions terroristes, cette fois à l'intérieur.

Seulement, voilà ! Les démocrates sont en situation de faiblesse. Comme l’a souligné notre ministre : "Notre pays n’accepte pas la peine de mort"…  
Lors de son entretien sur BFM TV, Nicole Belloubet a rappelé - non sans mépris des justices proche-orientales -  son obligation d’assurer aux djihadistes français "un minimum de droits à un procès équitable. Nous veillons à ce que les droits de la défense soient assurés"… et de rappeler que "les Français concernés bénéficient de la protection consulaire". Les maires d'opposition qui ne passeront pas sous les fourches caudines de Macron avant les prochaines municipales seront déclarés "ennemis" de Macron, a menacé le belliqueux Gilles Boyer, mais nos déserteurs islamistes sont ses amis...

Dans ce cas, comment venir à bout de ces monstres qui mettent à profit les faiblesses du système démocratique et nos idéaux humanistes et qui se reproduisent sans retenue malgré le contexte de guerre qui menace d'abord les enfants en bas âge qu'il nous faut maintenant traiter avec bienveillance ? Alors que les media ont montré leurs crimes (souvent floutés pour protéger les âmes sensibles), quelle part d'humanité peut-on encore déceler chez ces "humanoïdes"  robotisés par un islam cruel et conquérant, dès lors qu'ils sont capables de se faire photographier en exhibant la tête de leurs victimes innocentes en guise de trophée ? 

Serait-il juste et équitable qu'il viennent occuper un univers carcéral surpeuplé en prenant des places dans les prisons françaises 5 étoiles avec portables, soirées récréatives et "parloirs intimes", véritables studios sexuels, de crainte d'en faire des monstres  ? 
Nos enfants doivent-ils payer pour les bons sentiments de leurs parents ?


samedi 16 février 2019

Après l'Europe, l'ONU montre du doigt la France de Macron et son usage "disproportionné» de la force par la police

Macron place la France au ban des nations démocratiques

Les Français et leur police ne méritent pas l'opprobre international

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Le mur de Trump entre le Mexique et les USA, contre l'immigration et la drogue, ce n'est encore rien, comparé à la fracture sociale créée par la politique de Macron ou son bilan en hospitalisations, interpellations, condamnations et emprisonnements. 
Dans une résolution votée jeudi, les députés européens d'abord ont "dénoncé le recours à des interventions violentes et disproportionnées de la part des autorités publiques lors de protestations et de manifestations pacifiques", , tout en évitant d'appeler à l'interdiction formelle des lanceurs de balles de défense (LBD), mis en cause dans les manifestations des Gilets jaunes. 

Puis est tombée une condamnation internationale

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Tous s'inquiètent du "nombre élevé d'interpellations et de gardes à vue, des fouilles et confiscations de matériel de manifestants, ainsi que des blessures graves causées par un usage disproportionné d'armes dites "non-létales", telles que les grenades de désencerclement (offensives) et les lanceurs de balles de défense ou "Flashballs'.

"Les autorités devraient repenser leurs politiques en matière de maintien de l'ordre pour garantir l'exercice des libertés," ajoutent-ils

Les experts pointent également sur le risque de "sévères restrictions à la liberté de manifester" que pourrait causer la loi anticasseurs. Cette dernière permet aux préfets de prononcer des interdictions de manifester, un point pourtant validé par l'Assemblée nationale le 30 janvier dernier. Les députés godillots se trouvent ainsi blâmés par la société internationale.

Le recours du LBD par les forces de l'ordre fait d'ailleurs l'objet d'une vive polémique en France

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Le 5 février 2019,
l'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi anti-casseurs par 387 votes pour (241 LREM et Jean-Christophe Lagarde), 92 contre (dont Charles de Courson, Olivier Falorni, Sylvia Pinel, François Pupponi ou Philippe Vigier, 2 LR, 1 MoDem, 16 PCF, 17 LFI et les 7 députés du RN) et 74 abstentions (M'jid El Guerrab, Yannick Favennec Becot, ou Emmanuelle Ménard, 4 LR, 4 MoDem et 13 UDI). 
Le texte devra être examiné au Sénat, en deuxième lecture, le 12 mars.
Les 50 abstentionnistes de LREM sont Eric Alauzet, Delphine Bagarry, Didier Baichère, Barbara Bessot Ballot, Eric Bothorel, Anne-France Brunet, Emilie Cariou, Jean-François Cesarini, Annie Chapelier, Fannette Charvier, Philippe Chassaing, Mireille Clapot, Yolaine de Courson, Yves Daniel, Stella Dupont, Paula Forteza, Albane Gaillot, Florence Granjus, Christine Hennion, Pierre Henriet, Caroline Janvier, Hubert Julien-Laferriere, Stéphanie Kerbarh, Loïc Kervran, Sonia Krimi, Aina Kuric, Fabrice Le Vigoureux, Marion Lenne, Marie-Ange Magne, Jacques Maire, Jean François Mbaye, Sandrine Mörch, Cécile Muschotti, Delphine O, Matthieu Orphelin, Claire Pitollat, Barbara Pompili, Hugues Renson, Cécile Rilhac, Laurianne Rossi, Nathalie Sarles, Denis Sommer, Sira Sylla, Aurélien Taché, Alain Tourret, Frédérique Tuffnell, Laurence Vanceunebrock-Mialon, Patrick Vignal, Martine Wonner et Jean-Marc Zulesi.
Début janvier, le Conseil d'Etat a rejeté les demandes, émanant de la CGT et de la Ligue des droits de l'homme (LDH), de suspension de leur usage. Les juges ont estimé que le risque de violence rendait "nécessaire de permettre aux forces de l'ordre de recourir à ces armes". Mais pour tenter de répondre aux inquiétudes, Christophe Castaner a annoncé le 22 janvier que les forces de sécurité qui les utilisaient seraient désormais équipées de caméras-piétons. Selon le ministre de l'Intérieur, elles devront être "systématiquement" activées "en conditions normales",  mais pas "en cas d'agression" des forces de l'ordre. En décembre, le gouvernement avait toutefois passé commande à la Suisse de plus de 1.200 unités de LBD...

Une campagne d'affichage choc en l'honneur des Gilets jaunes mutilés 
 :

Et sur le mur de la honte: 

lundi 1 février 2016

Qui vient dîner ce soir avec Raul Castro à l'invitation de Hollande ?

Raul Castro à Paris: l'improbable liste des invités conviés ce soir à l'Elysée
Le frère du dictature cubain arrive dans une France en "état d'exception"
Un dîner qui va rester sur l'estomac du travailleur cubain

Hollande a invité en visite officielle à Paris le chef d'Etat cubain Raul Castro. 
Ce lundi, pour parler des droits de l'homme à Cuba, le président socialiste a organisé un dîner à l'Elysée en l'honneur du frère du dictateur cubain. En fait, ce concept idéologique et toute allusion au socialisme totalitaire sont exclus du menu et proscrits en présence de Manuel Valls: ne sont autorisées que les signatures de contrats.

François Hollande et Raul Castro signeront plusieurs accords, notamment sur la dette cubaine: la France a  accepté d'annuler progressivement le versement des intérêts de retard accumulés depuis 30 ans. Un cadeau à plusieurs centaines de millions de dollars bienvenu à Cuba qui n'est pourtant plus soumis à un embargo américain, mais alors que Hollande creuse chaque jour la dette publique que règleront les jeunes français qu'il dit être sa priorité des priorités !...

Hollande refait du Mitterrand
C'est la première fois depuis 21 ans qu'un dictateur cubain arrive en visite officielle en France, depuis François Mitterrand qui avait reçu Fidel Castro en mars 1995. 

Cette visite, annoncée le 19 janvier, marquera "une nouvelle étape dans le renforcement des relations entre les deux pays, après la visite d'État du président [français à Cuba] le 10 mai dernier", avait alors souligné la présidence française. François Hollande avait été "le premier chef d'État occidental à se rendre à Cuba depuis plus de 50 ans", avait ajouté l'Elysée. La visite du socialiste français avait eu lieu après l'annonce du dégel des relations entre Cuba et les États-Unis, fin 2014: les deux présidents américain et cubain ont échangé une poignée de mains au sommet des Amériques à Panama en avril 2014 et Hollande a fait le déplacement de Cuba en mai...
Au moment de ce dégel des relations internationales avec Cuba, l'Union européenne et les Etats-Unis décidaient de sanctions économiques à l'encontre de la Russie. A La Havane, le président français avait plaidé pour la levée de l'embargo économique américain contre Cuba, qui avait "tant nui", avait-il dit, au développement de l'île depuis 1962, mais était très en pointe, à l'inverse, dans l'offensive contre Poutine et les russophones en Ukraine.

Mais ce n'est pas en revanche la première fois que Hollande invite une dictature à l'Elysée. Hollande a déroulé le tapis rouge pour Hassan Rohani, président de la République islamique d'Iran, en période d'"état d'urgence" anti-terroriste, cette initiative souligne la cohérence de la ligne tenue par Manuel Valls. A noter qu'il n'a pas créé le ministère de la femme promis comme candidat à la présidence et que Marisol-des-Droits-des-femmes a bien dû lui en toucher un mot, en sorte qu'il répare, d'ici la fin de son mandat... 
En attendant les visites de responsables européens de haut rang se multiplient alors que la levée des sanctions, attendue à partir de début 2016, doit rouvrir les vannes des investissements étrangers en Iran, pays de près de 80 millions d'habitants aux riches ressources pétrolières et gazières.

Le président François Hollande a reçu le président gabonais, Ali Bongo Ondimba le 5 juillet 2012, lors d'une visite en France, au grand dam d'opposants gabonais à Paris et d'associations qui réclament la fin de la "Françafrique". Le Français David Chinaud, du Parti de gauche, a décrit le Gabon comme "le noyau dur de la Françafrique, avec son pétrole et ses mines d'uranium qui intéressent tant la France pour son indépendance énergétique". Il a souhaité "une annonce forte de François Hollande pour un changement de politique". La réponse a échappé à Manuel Valls sur France 2 dans une émission "On n'est pas couché" de janvier 2016, lorsque le premier ministre de Hollande lâcha qu’Ali Bongo n’avait pas été élu démocratiquement "au sens où on l’entend," provoquant de vives réactions au Gabon.
François Hollande devait recevoir successivement trois présidents africains dans la même semaine. Avant de rencontrer le président Sall du Sénégal, Hollande avait reçu le Guinéen Alpha Condé. Or, en juillet 2011, l'ONG Reporters sans frontières avait publié un rapport dans lequel elle demandait à Alpha Condé "d'affirmer publiquement son attachement à la liberté de la presse et au respect du pluralisme des media", tandis que la France l'appelait à ne pas entraver la liberté de la presse et à organiser des élections législatives dans les meilleurs délais.

Notons aussi la première visite d’État que le président mexicain, Enrique Peña Nieto, réserva à la France, à l'occasion du 14 juillet 2015, après des années de froid, du fait du cas Florence Cassez.
Certains partis politiques (Parti Communiste Français, Parti mexicain Morena, Mouvement de Régénération Nationale) et des organisations non gouvernementales (ONG) ont exprimé leurs colères face à cette visite. Vendredi dernier, le PCF a dit son « indignation » face à l’accueil de ce dirigeant car le recevoir implique le
"mépris vis-à-vis de tous ceux qui se battent contre le règne de l’impunité, de la corruption et de la violence". Les ONG (ACAT, Amnesty International France, collectif Paris-Ayorzinapa) ont notamment dénoncé les tortures « généralisées » pratiquées par les militaires et policiers mexicains (tortures dénoncées dès septembre dernier par rapporteur spécial de l'ONU sur la torture, Juan Méndez) tout en rappelant la disparition de 43 étudiants de l'Ecole Normale Rurale de Ayotzinapa, livrés par la police locale à un groupe criminel en septembre 2014. L’ONG Reporter Sans Frontières (RSF) a adressé une lettre au président mexicain pour lui demander "d’endiguer la violence contre les journalistes". 
En juin, Hollande avait aussi reçu Michelle Bachelet, présidente socialiste du Chili.

L'incroyable mixture des honorables invités

Quelques surprises et une "erreur administrative".  
Pour la première visite officielle d'un chef d'Etat cubain à Paris depuis 21 ans, mais Raul Castro risque d'avaler de travers. Certains des convives sont déjà connus, mais les hôtes de Hollande sont surtout des présences improbables sous les ors de la Républiques.

Jean Luc Mélenchon, le grossier co-président du Parti de Gauche, et farouche défenseur de la révolution cubaine, s'est rendu au dîner d'Etat de l'Elysee. Il avait pourtanttaclé le président de la République, qui semble ne pas lui en avoir tenu rigueur: "Hollande, c'est le bubble gum que le Che consommait", a-t-il  récemment affirmé sur France 2.
 
Le DJ David Guetta, qui préparerait un concert à Cuba et à qui est prêté une liaison amoureuse avec une mannequin cubaine de 22 ans Jessica Ledon, que séparent 26 années et qui n'était pas née quand le DJ juif sépharade épousa la franco-camerounaise Cathy Guetta, mère de ses deux enfants, sera aussi au nombre des invités. David Guetta est le demi-frère de Bernard, journaliste chroniqueur à France Inter et proche d'Olivier Todd.

La chanteuse et actrice Nathalie Cardone, née il y a 48 ans d'une mère espagnole, a aussi reçu son invitation, sans qu'on sache à quel titre: peut-être parce qu'elle a un fils d'Axel Bauer, remarié à Suzanne Combo, la Sue du groupe... Pravda, et dont le père, Franck Bauer, a été l'un des speakers de Radio Londres. En fait, malgré leur impérissable 'La chica de Cuba", Chico & The Gypsies étaient trop nombreux et la chanteuse leur a été préférée pour son interprétation de Hasta siempre, une chanson en hommage à Che Guevara en... 1997.

Le Parisien classe en catégorie "culturelle" l'actrice belge Virginie Efira qui est elle aussi attendue pour relever, sans doute, le niveau du dîner de l'Elysée. L'actrice et animatrice est en effet très active dans le festival du film français de la Havane.

Le réalisateur Costa Gavras, un militant communiste franco-grec, auteur des films Z (réquisitoire contre la dictature des colonels instaurée en avril 1967 en Grèce, 1969) et L'Aveu (évocation de la Révolution russe et de la Seconde Guerre mondiale, 1970), qui levèrent le voile sur les horreurs du stalinisme. Mais, suite à l’écroulement du mur de Berlin en 1989 et à la dislocation de l’Union soviétique et des autres pays se réclamant du socialisme, Costa-Gavras, qui assure dénoncer tous les totalitarismes, s'est reconverti dans le socialisme bolivarien. Cuba est membre de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) depuis la Déclaration c-signée par le Vénézuélien Hugo Chávez et le Cubain Fidel Castro, en décembre 2004 à La Havane.

Le sextuple champion de monde de boxe Jean-Marc Mormeck, originaire de Pointe-à-Pitre, apportera la touche sportive à ce dîner marqué par son hétéroclisme.

La soprano afro-américaine Barbara Hendricks, une Suédoise, a reçu le prix Jean-Pierre Bloch de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) des mains du président François Hollande en 2015. L'actuel président de la LICRA est l'avocat de Karim Benzema, maître Alain Jakubowicz, élu le 31 janvier 2010, pour trois ans... Elle avait été élevée au rang de chevalier de la Légion d'honneur par François Mitterrand. Mais elle a dû subir la présence de Pierre Laurent à son côté: c'est dire que la conversation a dû être riche ! 

Du côté gouvernemental, la parité sera respectée !
Laurent Fabius et son secrétariat d'Etat chargé du Commerce extérieur, Matthias Fekl, successeur de Thomas Thévenoud et proche de Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, et Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes, et qui paie l'Impôt sur la fortune (ISF)...

L'immanquable bourde: l'invitation des filles de la criminelle Jacqueline Sauvage 
En revanche, le bras cassé de l'Elysée a fait sa bulle coutumière, qualifiée d'"une erreur administrative", en invitant les trois filles et les deux avocates de Jacqueline Sauvage, récente bénéficiaire d'une réduction de peine pour le meurtre de son mari : la dérive de présomption de légitime défense est un instant endiguée... Ces dames se sont finalement vues réfusées autour de la table du dictateur et la parité est sauve !...

lundi 13 juillet 2015

Défilé du 14-Juillet: l'invitation du président mexicain dérange les démocrates

Hollande n'a pas trouvé mieux pour l'accompagner ?

Hollande s'affiche avec un tortionnaire dirigeant un pays corrompu
 
Le président Hollande avait rendu publique son invitation en avril 2014, lors de sa visite d’Etat au Mexique, un premier faux pasTous les ans, un pays est l’invité d’honneur du 14-Juillet, la Fête nationale française.  Cette année c’est Enrique Peña Nieto, président constitutionnel du Mexique, et son armée, qui participeront au défilé. Ce qui est bien loin de plaire à tout le monde.

Ce sera aux forces armées mexicaines de défiler en premier, même si cette année les commémorations se feront en l’honneur des 7.000 militaires français mobilisés de façon permanente pendant les attentats de janvier et des opérations extérieures (Barhane au Mali, Sangaris en Centrafrique et Chammal en Irak).

Des actes qui "ne peuvent rester impunis"

Néanmoins, la participation du Mexique a cette célébration n’est pas du goût de tous : l’association chrétienne Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) et la peine de mort, regroupant protestants, catholiques et orthodoxes, soutenue par Amnesty International France (AIF) et le Collectif Paris-Ayotzinapa, a publié un communiqué où ils appellent "le président Hollande à placer les Droits de l’homme au cœur de sa rencontre avec Enrique Peña Nieto ". Ils évoquent de "très nombreuses victimes de torture et de disparition forcée ces dernières années", "faits graves qui engagent la responsabilité du président mexicain". Ces associations cherchent à interpeller François Hollande pour qu’il "fasse respecter les droits de l’homme au Mexique et dans l’enquête concernant les 43 étudiants disparus le 26 septembre 2014".

Geneviève Garrigos, présidente d’Amnesty International France, souligne que "les disparitions forcées, la torture et les détentions arbitraires constituent des pratiques répandues parmi les forces de sécurité et de police mexicaines. François Hollande doit rappeler à son invité que ces actes ne peuvent rester impunis, alors que la France célébrera sa fête nationale." 
Entre 2010 et fin 2013, la Commission nationale des droits de l’homme mexicaine a reçu plus de 7.000 plaintes pour torture et autres mauvais traitements. De plus, le Mexique comptabilise 46.000 disparus depuis quatre ans.

Une pétition contre cette invitation a également été remise à l’Elysée par cle Collectif Paris-Ayotzinapa, après la visite des proches des 43 disparus. Plusieurs associations, collectifs, universitaires, artistes et figures politiques du Mexique, de France, dont José Bové, et d’autres pays dénoncent la présence de cet invité d’honneur. 
Requête compliquée au regard des relations entre la France et le Mexique : en 2014, les échanges commerciaux entre Paris et Mexico avaient marqué un record de 4,2 milliards d’euros et la gendarmerie française a participé l’année dernière à la formation d’un corps de gendarmerie mexicaine.

L'homme est dirigeant du Parti Révolutionnaire Institutionnel, l'une des principales forces politiques du Mexique et...membre  de plein droit de l'Internationale socialiste.

Après Paris, Marseille

La présence du président mexicain se déroulera sur plusieurs jours: François Hollande se rendra également à Marseille le mercredi 15, pour accompagner Enrique Peña Nieto et sa femme. Les opposants et les militants des droits de l'Homme seront tenus à distance pour la visite de la chaîne de montage des Super Puma d’Airbus Helicopters, Survol du Parc national des Calanques en hélicoptère, visite du navire école Le Cuauhtémoc, oblitération des timbres des Postes mexicaine et française célébrant le souvenir de Gilberto Bosques au MuCem et dîner officiel. Les deux pays avaient déjà discuté d’un achat éventuel d’une dizaine d’hélicoptères ce qui avait entraîné la construction d’une usine d’assemblage d’Airbus de 12.000m² dans l’état du Queretaro.

A cause de Vigipirate, le défilé du 14 juillet sera raccourci
Comme le veut la tradition, après les honneurs rendus au Président de la République et l’animation d’ouverture, le défilé débutera par un show aérien par l’Armée de l’air, suivi du défilé des troupes à pieds, qui rassemblera près de 3.750 participants. 241 chevaux de la Garde républicaine clôtureront le défilé. La cérémonie sera toutefois amputée de près de 300 hommes et d’un quart des véhicules. Un défilé " réduit, mais pas au rabais," assure le général Hervé Charpentier, gouverneur militaire de Paris.

lundi 29 juin 2015

Scandale de la NSA: l'incroyable mauvaise foi de Valls

Valls réclame la création d'un "code du renseignement" qu'il vient de faire voter une loi pour mettre n'importe qui sur écoutes.

Le cerveau droit du Premier ministre oublie ce que le gauche a fait
 
La mauvaise foi de Manuel Valls n'est jamais en panne. Constamment dans la déclaration d'intention et l'illusion de l'action, le Premier ministre s'est de nouveau déclaré colère et cette fois de la révélation par WikiLeaks d'informations -au demeurant anodines- prouvant la mise sur écoutes de trois présidents français (François Hollande, Nicolas Sarkozy et Jacques Chirac) par l'agence de sécurité américaine, la NSA. Cette diffusion est déjà malveillante en soi, mais l'existence d'écoutes l'est autrement plus.
 
Soucieux de paraître réactif, Valls a aussitôt réclamé la création d'un "code de bonne conduite" entre pays "alliés". "Les États-Unis doivent tout faire pour réparer" les dégâts liés aux révélations, a-t-il ajouté, insistant moins sur le principe des écoutes que sur l'indélicatesse des révélations. 
Le premier ministre y ajoute ensuite l'émotion qui plaît tant aux habitués des comptoirs de cafés, disant ressentir "émotion et colère face à ces pratiques inacceptables émanant d'un pays ami". Si vous attendiez le signal pour verser une larme, c'est maintenant.
Alors que François Hollande est face à un problème connu  -et non résolu- de surveillance, son premier ministre fait de la communication politique...

Cette réaction est particulièrement démagogique
D'une part, la France sait au moins depuis 2013 que ses dirigeants sont massivement sur écoutes, et que la grande oreille est à Washington : les révélations d'Edward Snowden, ainsi que le repérage d'une station d'écoutes sur le toit de l'ambassade américaine à Paris ne laissaient guère de doutes. 

Mais surtout
le gouvernement vient de faire voter une loi sur le renseignement qui contient des mesures permettant à la France de se comporter comme une barbouze, du moment qu'elle n'espionne pas (trop) ses citoyens sur son territoire national.

Un "code du renseignement" déjà proposé... contre la France

Le "code du renseignement" que Manuel Valls appelle de ses voeux a déjà été proposé par le Conseil de l'Europe en avril dernier, en réaction notamment à la nouvelle loi du gouvernement Valls, jugée dangereuse. "Le risque est très grand que l'on aboutisse à une surveillance non ciblée, touchant l'ensemble de la population" française, avait alors confié au Point Nils Muiznieks, le commissaire aux Droits de l'homme du Conseil de l'Europe - l'organisation paneuropéenne installée à Strasbourg (à ne pas confondre avec l'Union européenne) - représente 820 millions de citoyens.. Lorsque nous donnons carte blanche à nos services de renseignements, nous faisons exactement ce que veulent les terroristes : nous dénaturons nos valeurs", avait ajouté l'ancien ministre letton, docteur en sciences politiques.

Certes, la nouvelle loi sur le renseignement n'est pas un "Patriot Act" français, elle ne permet donc pas d'aller aussi loin que l'ex-loi d'exception américaine. Et elle résout d'importants problèmes opérationnels et juridiques rencontrés par les agents français. Mais cette loi française ouvre la porte à la surveillance massive en considérant chaque internaute et donc chaque citoyen comme un suspect dont la vie privée peut être allègrement violée. Or, la surveillance de masse est inefficace et dangereuse pour la démocratie.

Les "boîtes noires" que l'État pourra installer chez les opérateurs télécoms sont l'une des raisons qui font que la loi fédère ses opposants : les institutionnels (la CNIL, le Conseil national du numérique, la Commission nationale consultative des droits de l'homme, le Syndicat de la magistrature, l'ordre des avocats de Paris, etc.), les ONG (Reporters sans frontières, La Quadrature du Net, Amnesty International, Human Rights Watch, etc.) ou encore le secteur de l'économie numérique dans sa quasi-totalité (Google, Microsoft, Facebook, Yahoo!, Skype, Dailymotion, Deezer, etc.) s'opposent fermement au texte.

En réaction, Valls fait de la psychologie politique, oppose l'émotion et la colère !... Sa gouvernance est régie par les circonstances, ses influences biochimiques et ses humeurs.

mardi 12 mai 2015

Au pouvoir comme dans l'opposition pour dénoncer, Hollande parle des "nouveaux négriers" au lieu d'agir

A Pointe-à-Pitre, le socialiste fait un parallèle entre la traite négrière et l'esclavage moderne

L
e chef de l’Etat est allé 
aux Antilles dénoncer les "nouveaux négriers" de... Méditerranée
 Gigantesque bâtiment long de 240 mètres,
voulu par Victorin Lurel, ancien ministre
L'occasion de l'inauguration du mémorial ACTe était-elle le moment le mieux choisi pour commenter les abandons aux portes de l’Europe de rafiots chargés de migrants ?
Même s'il est facile d'exalter le devoir de mémoire dans des discours à chaque fois plus historiques les uns que les autres, ce week-end, François Hollande s'est à nouveau laissé aller sur le combat qu'"il faut" et qu'"on doit" mener, en tous les cas les autres, contre l’esclavage.

Le Mémorial ACTe qu’il a inauguré dimanche matin à Pointe-à-Pitre est tourné vers le passé plutôt que vers ces formes modernes d'esclavage
En présence de nombreuses délégations caribéennes et africaines, il  a estimé qu'il "permettra […] de dire au monde que ce combat pour la dignité humaine n’est pas achevé". Il a évoqué "de nouveaux négriers [qui] monnayent des cargaisons humaines. En Méditerranée, des passeurs criminels remplissent des bateaux d’êtres humains. Des terroristes en Syrie, en Irak ou au Nigeria capturent des innocents pour les vendre ou les posséder et […] s’inventent des prétextes religieux pour justifier leurs crimes". Liste à laquelle il ajoute au passage l’exploitation des enfants soldats. Le mémorial, plus grand centre au monde du souvenir de la traite des noirs et l’esclavage, "doit [!] permettre de connaître le passé, mais aussi de lever une force pour que nous puissions, ici, avoir une mission de développement", a tenté d'expliquer François Hollande en des termes d'une obscure clarté qu'il devra préciser en Haïti.


Le Président a essuyé des critiques de tous bords 

Les indépendantistes ont boycotté la cérémonie.
Au leader syndical Elie Domota, le Président lance un appel au rassemblement. "Cette mémoire ne doit pas être vindicative. Elle doit être rassembleuse et nous amener à lutter contre les formes, hélas, nouvelles d’esclavage." Mais un proche tacle aussitôt les incohérences des contradicteurs: "le mémorial va dans le sens de la réconciliation et donc ça ne plaît pas aux indépendantistes, alors même que certains sont dans le comité scientifique du musée", polémique-t-il en faveur du métropolitain. 

La repentance d’Etat ne gênerait pas François Hollande, mais il n'a pas les moyens de verser les réparations qui lui sont réclamées pour la colonisation et l’esclavage. Certains réclament 21 milliards d’euros, mais "si ce sujet se règle, ils n’ont plus de cause", estime le même expert ès Antilles anonyme.

La France va s’acquitter de la dette de Haïti, a annoncé François Hollande. Appelée la "rançon de l’indépendance", elle est aujourd’hui évaluée à 17 milliards d’euros. Si avisés soient-ils, les décrypteurs sont dans le flou. On ignorait toujours dimanche après-midi si cela signifie à nouveau verser cette somme aux autorités haïtiennes ou si'il s'agit de ce qui a déjà été affecté. 
Ce qui est clair, en revanche, c'est que les Antilles françaises se sont faites bananer sur la question des réparations.

VOIR et ENTENDRE l'inauguration à laquelle la population n'a pas été conviée 

"Le débat sur les réparations, je le sais, n’est pas épuisé. Je reprends à mon compte les mots d’Aimé Césaire quant à la nature irréparable du crime", a-t-il lâché dans son discours d’inauguration, faisant naître un fort sentiment de colère, jusque parmi ceux qui ne lui demandaient rien. 

VOIR et ENTENDRE Lilian Thuram défendre évidemment la réalisation, alors que le reste de la population est sceptique sur l'affectation de tous ces millions qui auraient pu améliorer le quotidien de ses contemporains:
L'ancien footballeur n'est vraiment représentatif que de lui-même, avide d'égards et d'honneurs.

Le parallèle présidentiel avec l’esclavage moderne a eu le don d’énerver Christiane Taubira.  
L'indépendantiste E. Domota,
poing levé,
et l'autonomiste Taubira,
 future ministre de Hollande
La garde des Sceaux, qui est dans les valises de Hollande pendant toute la tournée caribéenne, qui vient d’écrire un livre sur l’esclavage et qui rappelle devant tous les micros et caméras que l’esclavage historique est un système d’Etat "codifié et régulé". "On doit combattre l’esclavage aujourd’hui, mais la confusion est mauvaise conseillère et en plus elle est l’apanage des imbéciles", a-t-elle balancé, méprisante comme à son ordinaire, samedi en Martinique. La mégère s'est toutefois laissée apprivoiser avant de se prendre une volée de bois vert de l’Elysée. Oui, "il y a encore de l’esclavage dans le monde, et il doit être combattu avec la même détermination", a finalement estimé l'ex-indépendantiste et autonomiste aujourd'hui ministre des anciens colons. "Simplement, ce n’est pas le même, venant de groupes terroristes ou mafieux", a-t-elle maintenu, à juste titre.

Le coût de l’ensemble architectural au centre d'une polémique
Officiellement, on l'estime à 83 millions d’euros. Après avoir rendu déposé une gerbe de fleurs devant le monument en "Sang Chaînes, Cent Chaînes, Sans Chaîne" au centre de Pointe-à-Pitre, François Hollande a coupé le ruban tricolore devant l’entrée du mémorial, un magnifique bâtiment fait de façades de verre et de métal enchevêtré, aux faux airs de Mucem marseillais, construit sur le site d’une ancienne usine sucrière Darboussier. "Les critiques, ça fait partie du jeu, relativise Josée, venue attendre François Hollande sur la place de la Victoire. Aujourd’hui, c’est la reconnaissance de dix ans de lutte pour imposer ce projet. Mettre de l’argent dans la mémoire c’est aussi important que dans l’avenir."

Samedi soir, après sa rencontre avec les élus et un dîner républicain, François Hollande s’est offert une visite nocturne de détente, au calme de l’immense bâtiment avec le président de la région Victorin Lurel, le président du Sénégal, Macky Sall, et la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Michaëlle Jean.

Six ministres ont déserté Paris et leurs ministères pour la Caraïbe: la ministre de la justice, Christiane Taubira; la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin; la ministre de l'écologie, Ségolène Royal; la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, Harlem Désir, secrétaire d'État né à Paris chargé des affaires européennes, Annick Girardin, secrétaire d'État chargée du de la Francophonie dans ce département français, ainsi que le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone. Sans doute pour ménager les victimes de l'austérité que  leur ont imposé les errements des gouvernements Ayrault et Valls
Combien d'avions et de CO2 l'exécutif a-t-il consommé d'île en île, avec des délégations différentes de l'une à l'autre, et à quel coût?