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jeudi 31 octobre 2019

Gardes à vue du président LREM de la Région Guadeloupe et de sa vice-présidente

Soupçons de détournement de fonds publics en janvier, gardes-à-vue levées en octobre 

Les gardes à vue du président LREM de la Région, Ary Chalus, et de sa vice-présidente juppéiste, Marie-Luce Penchard, ont été levées

Ary Chalus et Marie-Luce Penchard, respectivement président et vice-présidente de la région Guadeloupe, ici le 29 juin 2018 à Matignon.
Convoqués dans les locaux de la police judiciaire aux Abymes mercredi matinAry Chalus, un ex-socialiste RRDP, membre du GUSR qui apporta son soutien à Macron dès le premier tour de la présidentielle de mai 2017 et Marie-Luce Penchard, maire de Basse-Terre, s'étaient vus notifier leurs gardes-à-vue le 30 octobre 2019 à 8h50 (13h50 heure de Paris), a indiqué le procureur de la République de Basse-Terre, Jean-Luc Lennon, lequel a annoncé leurs levées, le jour même en fin d'après-midi. Elle peut être de 24 heures et de 48 heures maximum.
A. Chalus, tombeur de Victorin Lurel, ministre des Outre-Mer de Hollande, est membre du bureau exécutif de LREM.
Ancienne ministre de l'Outremer dans les gouvernements Fillon, 
M.-L. Penchard a soutenu Alain Juppé à la primaire présidentielle des Républicains de 2016. Elle est la fille de Lucette Michaux-Chevry, 90 ans, ancienne ministre de Jacques Chirac et ancienne présidente de la collectivité d'agglomération Grand Sud Caraïbe (Guadeloupe).
L'enquête porte sur des soupçons de détournement de fonds publics
Résultat de recherche d'images pour "Macron à Saint-Martin"
L'affaire concerne l'embauche de l'ancien directeur financier de la collectivité de Saint-Martin, où Macron s'est rendu il y a un an,  en octobre 2018, quasiment jour pour jour, et où plusieurs clichés le montrent faisant une nouba torride avec des délinquants aux gestes explicitement obscènes, dont  un doigt d'honneur (ci-dessous) qui a circulé partout à travers le monde.
En Afrique, le geste de l'index et de l'auriculaire
faisant les cornes appelle une malédiction

L'embauche controversée du successeur de Jean-Paul Fischer concerne l'actuel directeur général de la SEM Patrimoniale en Guadeloupe, Pascal Averne. Ces gardes-à-vue intervenaient un peu moins de 15 jours après la perquisition du domicile, à Saint-François, de Pascal Averne, et surtout son placement en garde à vue dans les locaux de la DIPJ (direction interrégionale de la police judiciaire). Il est ressorti libre.

En effet, entre janvier 2015 et le 30 avril 2018, Pascal Averne a occupé les fonctions de directeur de cabinet de Mme Penchard à la mairie de Basse-Terre et d'inspecteur général des services au Conseil régional de Guadeloupe. "Deux emplois à temps plein cumulés (...) sauf à établir que l’un des deux était fictif", écrivait Guadeloupe la 1ère en mars dans cette affaire de faits présumés de détournements de fonds publics et de concussion (le fait pour un élu ou une personne chargée d'une mission de service public de percevoir des fonds indus).

Averne se tient ci-dessus à la droite de l'Edouard,
le 4 novembre 2017
Ce cumulard de deux emplois à temps plein percevait, d'une part, un traitement mensuel de 8.000 euros en sa qualité de directeur de cabinet de Marie-Luce Penchard à la mairie de Basse-Terre, et d'autre part, un salaire de 4 000 euros par mois en tant que collaborateur au sein du cabinet du président Chalus, entre juillet 2016 et avril 2018. Le hic ? L'absence d'heures de travail effectives sur ses feuilles de paie…
Mais, entre janvier 2015 et avril 2018, A. Chalus et M.-L. Penchard, elle-même cumularde à la mairie et à la région,  se sont ralliés à la majorité présidentielle, ce qui semble arranger leur situation commune.

"C'est le chevauchement de ces recrutement qui interpelle", souligne M. Lennon, ainsi que "les modalités des recrutement."
L'enquête se poursuit, car il faut "mener des analyses notamment sur la reconstitution de carrière de M. Averne, car l'enquête porte uniquement sur le volet du double emploi et la double rémunération par les collectivités", a précisé le procureur.

mardi 12 mai 2015

Au pouvoir comme dans l'opposition pour dénoncer, Hollande parle des "nouveaux négriers" au lieu d'agir

A Pointe-à-Pitre, le socialiste fait un parallèle entre la traite négrière et l'esclavage moderne

L
e chef de l’Etat est allé 
aux Antilles dénoncer les "nouveaux négriers" de... Méditerranée
 Gigantesque bâtiment long de 240 mètres,
voulu par Victorin Lurel, ancien ministre
L'occasion de l'inauguration du mémorial ACTe était-elle le moment le mieux choisi pour commenter les abandons aux portes de l’Europe de rafiots chargés de migrants ?
Même s'il est facile d'exalter le devoir de mémoire dans des discours à chaque fois plus historiques les uns que les autres, ce week-end, François Hollande s'est à nouveau laissé aller sur le combat qu'"il faut" et qu'"on doit" mener, en tous les cas les autres, contre l’esclavage.

Le Mémorial ACTe qu’il a inauguré dimanche matin à Pointe-à-Pitre est tourné vers le passé plutôt que vers ces formes modernes d'esclavage
En présence de nombreuses délégations caribéennes et africaines, il  a estimé qu'il "permettra […] de dire au monde que ce combat pour la dignité humaine n’est pas achevé". Il a évoqué "de nouveaux négriers [qui] monnayent des cargaisons humaines. En Méditerranée, des passeurs criminels remplissent des bateaux d’êtres humains. Des terroristes en Syrie, en Irak ou au Nigeria capturent des innocents pour les vendre ou les posséder et […] s’inventent des prétextes religieux pour justifier leurs crimes". Liste à laquelle il ajoute au passage l’exploitation des enfants soldats. Le mémorial, plus grand centre au monde du souvenir de la traite des noirs et l’esclavage, "doit [!] permettre de connaître le passé, mais aussi de lever une force pour que nous puissions, ici, avoir une mission de développement", a tenté d'expliquer François Hollande en des termes d'une obscure clarté qu'il devra préciser en Haïti.


Le Président a essuyé des critiques de tous bords 

Les indépendantistes ont boycotté la cérémonie.
Au leader syndical Elie Domota, le Président lance un appel au rassemblement. "Cette mémoire ne doit pas être vindicative. Elle doit être rassembleuse et nous amener à lutter contre les formes, hélas, nouvelles d’esclavage." Mais un proche tacle aussitôt les incohérences des contradicteurs: "le mémorial va dans le sens de la réconciliation et donc ça ne plaît pas aux indépendantistes, alors même que certains sont dans le comité scientifique du musée", polémique-t-il en faveur du métropolitain. 

La repentance d’Etat ne gênerait pas François Hollande, mais il n'a pas les moyens de verser les réparations qui lui sont réclamées pour la colonisation et l’esclavage. Certains réclament 21 milliards d’euros, mais "si ce sujet se règle, ils n’ont plus de cause", estime le même expert ès Antilles anonyme.

La France va s’acquitter de la dette de Haïti, a annoncé François Hollande. Appelée la "rançon de l’indépendance", elle est aujourd’hui évaluée à 17 milliards d’euros. Si avisés soient-ils, les décrypteurs sont dans le flou. On ignorait toujours dimanche après-midi si cela signifie à nouveau verser cette somme aux autorités haïtiennes ou si'il s'agit de ce qui a déjà été affecté. 
Ce qui est clair, en revanche, c'est que les Antilles françaises se sont faites bananer sur la question des réparations.

VOIR et ENTENDRE l'inauguration à laquelle la population n'a pas été conviée 

"Le débat sur les réparations, je le sais, n’est pas épuisé. Je reprends à mon compte les mots d’Aimé Césaire quant à la nature irréparable du crime", a-t-il lâché dans son discours d’inauguration, faisant naître un fort sentiment de colère, jusque parmi ceux qui ne lui demandaient rien. 

VOIR et ENTENDRE Lilian Thuram défendre évidemment la réalisation, alors que le reste de la population est sceptique sur l'affectation de tous ces millions qui auraient pu améliorer le quotidien de ses contemporains:
L'ancien footballeur n'est vraiment représentatif que de lui-même, avide d'égards et d'honneurs.

Le parallèle présidentiel avec l’esclavage moderne a eu le don d’énerver Christiane Taubira.  
L'indépendantiste E. Domota,
poing levé,
et l'autonomiste Taubira,
 future ministre de Hollande
La garde des Sceaux, qui est dans les valises de Hollande pendant toute la tournée caribéenne, qui vient d’écrire un livre sur l’esclavage et qui rappelle devant tous les micros et caméras que l’esclavage historique est un système d’Etat "codifié et régulé". "On doit combattre l’esclavage aujourd’hui, mais la confusion est mauvaise conseillère et en plus elle est l’apanage des imbéciles", a-t-elle balancé, méprisante comme à son ordinaire, samedi en Martinique. La mégère s'est toutefois laissée apprivoiser avant de se prendre une volée de bois vert de l’Elysée. Oui, "il y a encore de l’esclavage dans le monde, et il doit être combattu avec la même détermination", a finalement estimé l'ex-indépendantiste et autonomiste aujourd'hui ministre des anciens colons. "Simplement, ce n’est pas le même, venant de groupes terroristes ou mafieux", a-t-elle maintenu, à juste titre.

Le coût de l’ensemble architectural au centre d'une polémique
Officiellement, on l'estime à 83 millions d’euros. Après avoir rendu déposé une gerbe de fleurs devant le monument en "Sang Chaînes, Cent Chaînes, Sans Chaîne" au centre de Pointe-à-Pitre, François Hollande a coupé le ruban tricolore devant l’entrée du mémorial, un magnifique bâtiment fait de façades de verre et de métal enchevêtré, aux faux airs de Mucem marseillais, construit sur le site d’une ancienne usine sucrière Darboussier. "Les critiques, ça fait partie du jeu, relativise Josée, venue attendre François Hollande sur la place de la Victoire. Aujourd’hui, c’est la reconnaissance de dix ans de lutte pour imposer ce projet. Mettre de l’argent dans la mémoire c’est aussi important que dans l’avenir."

Samedi soir, après sa rencontre avec les élus et un dîner républicain, François Hollande s’est offert une visite nocturne de détente, au calme de l’immense bâtiment avec le président de la région Victorin Lurel, le président du Sénégal, Macky Sall, et la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie, Michaëlle Jean.

Six ministres ont déserté Paris et leurs ministères pour la Caraïbe: la ministre de la justice, Christiane Taubira; la ministre des Outre-mer, George Pau-Langevin; la ministre de l'écologie, Ségolène Royal; la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, Harlem Désir, secrétaire d'État né à Paris chargé des affaires européennes, Annick Girardin, secrétaire d'État chargée du de la Francophonie dans ce département français, ainsi que le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone. Sans doute pour ménager les victimes de l'austérité que  leur ont imposé les errements des gouvernements Ayrault et Valls
Combien d'avions et de CO2 l'exécutif a-t-il consommé d'île en île, avec des délégations différentes de l'une à l'autre, et à quel coût?

samedi 9 mai 2015

Hollande confond campagne électorale, voyage officiel et vacances aux Caraïbes

Mélange de l'utile à l'agréable ou conflit d'intérêts?

Visite de cinq îles au soleil en... cinq jours 

Hollande aime les riches
de Saint-Bath, de loin
Les UV pour Valls, mais les tropiques pour Hollande. Le président s'est éloigné de Paris pendant les vacances du grand pont du 8 mai pour faire une tournée de dans la Caraïbe commencée vendredi à Saint-Barthélémy et Saint-Martin, deux petites îles antillaises un peu oubliées où aucun locataire dilettante de l'Elysée n'avait osé venir depuis au moins quinze ans. "Merci d'être ici (...) Merci d'avoir attendu si longtemps", a lancé le président de la République à peine posé sur l'aérodrome de Saint Barthélémy, confetti de 21 km2, peuplé de 9.000 habitants.
La 
précédente visite présidentielle est celle d'un président vivant, Valéry Giscard d'Estaing, en 1980, avant la venue de François Hollande. Et l'accueil a été à la hauteur, même si "Saint-Barth", "l'île des milliardaires" au tourisme de luxe, n'a donné que 17% de ses voix à François Hollande en 2012. "Vive la France. On est en France ici !", ont lancé des enfants des écoles rassemblés sur son passage, après une Marseillaise chantée à tue-tête par une jeune chorale devant le monument aux morts. Christiane Taubira a-t-elle consenti à entonner l'hymne national et parmi des riches ? "On n'est pas pas toujours d'accord avec vous mais vous êtes formidable", aurait lancé une habitante anonyme, si on veut bien croire l'AFP....

Un échange de bons procédés: des sourires contre des millions
Les Segollande en vacances
au frais de Marianne
La presse n'a entendu que des mots gentils d'encouragement... "Bravo!", "continuez!" "courage!", à Saint-Martin, île binationale franco-néerlandaise où il posait le pied quinze ans après Jacques Chirac en 2000, François Hollande a fait une cure de calinothérapie comme il n'en connaît plus depuis des mois en métropole. "Il est enfin entré dans un halo d'amour, ça fait du bien", s'étonnait la ministre de l'Outre-Mer, George-Pau Langevin, Guadeloupéenne soumise à l'ISF, comme Victorin Lurel, et ils se comptent pourtant sur les doigts de la main... "Sur ces terres éloignées l'accueil est toujours généreux", constatait l'ex-compagne du président, la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, dans cette collectivité de 40.000 habitants qui ont voté à 51,5% Hollande en 2012. Les Ségollande ne prenaient pas de risques: que du bon temps...

En retour, François-le-généreux s'est efforcé de combler les attentes de ces deux collectivités devenues en 2007 des collectivités territoriales d'outre-mer (COM), émancipées de la Guadeloupe. Le chef-de-l'Etat-qui-paie a ainsi proposé à Saint-Barthélémy, un "compromis" pour régler un contentieux fiscal entre l'Etat et l'île, né d'une situation inédite de dotation négative -d'un montant de 40 millions d'euros- depuis le changement de statut. Selon ce "compromis", l'île ne rembourserait que "la moitie de sa dette, soit un effort de 20 millions d'euros" pour la métropole"L'autonomie, ça ne veut pas dire que la solidarité nationale a disparu", a de lui-même rassuré François Hollande, déterminé à être le bienfaiteur des îliens avec l'argent commun. 
Devant les élus de Saint-Martin, le président-candidat aux frais de la princesse a énuméré une série d'annonces: adaptation des règles concernant le RSA, qui plombe les finances de la collectivité, renforcement du contrôle de l'immigration et du nombre de gendarmes mobiles, création d'une chambre détachée du tribunal de Grande instance de Basse-Terre...


2017 vaut bien ce déplacement record du quinquennat
Un catalogue que le bienheureux a conclu sur une remarque désopilante sur son inconscience: "Si le ministre des Finances était là, il commencerait à s'inquiéter de mes propos !" Si ses promesses sont officiellement des "propos", les badauds risquent d'être déçus.


La tournée de cinq jours de Hollande dans la Caraïbe se caractérise par un bric-à-brac incohérent  : proximité avec les Français, grands thèmes internationaux (la mémoire de l'esclavage, le climat) et diplomatie à bon compte avec une visite historique à Cuba, lundi. La levée de l'embargo a été décidée par le président américain, mais le coucou français s'est précipité pour lui griller la politesse, misant sur ce manque de savoir-vivre pour rebondir.


A la Martinique, François Hollande préside samedi un sommet régional sur le climat, en prévision de la COP 21 en décembre à Paris. 



Dimanche en Guadeloupeil inaugurera un grand centre de mémoire sur l'esclavage, en présence des représentants de la Caraïbe, ainsi que de plusieurs présidents africains. Hollande laissera 6 millions sur son passage, valables pour la Martinique et la Guadeloupe, au profit des pêcheurs des Antilles, ainsi que de sa popularité.



Il passera deux des cinq jours à l'étranger

Dans la foulée, il ira les lundi 11 et mardi 12 mai à Cuba où il sera le premier président français à se rendre en visite officielle depuis plus d'un siècle.
Il fera un arrêt symbolique en République de Haiti. En janvier 2010, l’ouest de la " Perle des Antilles" a pourtant été ravagée par un violent tremblement de terre qui a tué environ 200.000 personnes, doublé d'une épidémie de choléra qui, à elle seule, a fait 6.500 morts. Les États-Unis y avaient dépêché 16.000 militaires, l’Union européenne, 1.500.

Pentecôte dans l'hémisphère sud ? 
Wallis-et-Futuna ou Tahiti...

dimanche 12 mai 2013

Outre-mer: Taubira prône une "politique foncière" en faveur des descendants d'esclaves

Mais, au travail de la terre, le CRAN préfère l'argent 

Aux "artisans de la mémoire" Hollande avait adressé ses salutations
Où est Cricri Taubira ?

Le 10 mai est institué Journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage. 
Vendredi 10 mai, le chef de l'Etat devait donc faire des phrases sur le sujet et cela devait suffire à réparer symboliquement, comme chaque année, les horreurs de la traite négrière à laquelle la France , comme d'autres puissances européennes a participé du milieu du XVIIe à la fin du XIXe siècle, en déportant plus d'un million d'Africains.
En mai 2012, la député de Guyane, Christiane Taubira, auteur de la loi du 10 mai qui instaure cette journée commémorative depuis 2006, estima que la présence du président fraichement élu, François Hollande, est plus qu'un symbole : "Je pense que la présence, debout, du président de la République, donne toute la dimension solennelle d'un président de la République élu, pas encore en fonction, et qui par sa présence a montré à quel point il respectait ce moment de mémoire national ". Aujourd'hui ministre Garde des Sceaux, elle est absente à cette commémoration: elle a autre chose en tête....

Les belles paroles ne coûtant rien, ce vendredi 10 mai 2013, le chef de l'Etat a souhaité "marquer une nouvelle fois son intérêt pour la mémoire de l'esclavage", après son discours au cimetière des esclaves de Saint-Louis, à La Réunion, le 1er avril 2012, pendant la campagne présidentielle, puis sa visite de la Maison des esclaves de l'île de Gorée, au Sénégal, le 12 octobre 2012.
Mais c'est essentiellement sur la "dimension pédagogique" de la cérémonie du 10 mai qu'a insisté Hollande en inaugurant l'exposition "Les échos de la mémoire", conçue par l'artiste guadeloupéen Luc Saint-Eloy, au jardin du Luxembourg. Il parla abondamment des "artisans de la mémoire", assurant qu'il souhaite leur donner un "avenir", notamment en impliquant l'Etat dans le financement de certains projets, comme le "Mémorial ACTe", projet initié par l'ex-président de Région de la Guadeloupe (20004-2012), Victorin Lurel, et consacré au souvenir de la traite et de l'esclavage. Ce dernier doit ouvrir en 2015 sur le site de l'ancienne usine sucrière Darboussier, à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe.

Mais son désir de mémoire de l'esclavage est troublé par l'appel à des réparations financières

Depuis plusieurs mois et bien que son combat soit loin de faire l'unanimité, le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) émet des demandes de réparation financière pour des descendants d'esclaves. Or, le président socialiste est catégorique: "L'histoire ne s'efface pas. On ne la gomme pas. Elle ne peut faire l'objet de transactions au terme d'une comptabilité qui serait en tout point impossible à établir".

Christiane Taubira "n'a jamais souhaité s'inscrire" dans le débat sur les demandes de "compensation financière" de l'esclavage



Elle prône en revanche une "politique foncière" pour les descendants d'esclaves en outremer. Evoquant les discriminations et le racisme qui sont "les survivances de cette violence", la ministre de la Justice affirme que "nous sommes tous comptables des injustices qui s'entretiennent et se reproduisent, parce qu'elles sont enracinées dans cette période d'esclavage et de colonisation", dans un entretien au JDD paru dimanche.
"Je sais qu'il y a des demandes de compensation financière, mais c'est un débat dans lequel je n'ai jamais souhaité m'inscrire", ajoute-t-elle, précisant qu'elle maintient, "à cet égard, une position constante depuis une quinzaine d'années". 

Le  CRAN fait l'unanimité contre lui, mais a annoncé vendredi qu'il assigne en justice la Caisse des dépôts (CDC), l'accusant d'avoir tiré profit de la traite négrière.


En revanche, la garde des Sceaux évoque la "confiscation des terres" dans les territoires d'outre-mer qui "fait que, d'une façon générale, les descendants d'esclaves n'ont guère accès au foncier". "Il faudrait donc envisager, sans ouvrir de guerre civile, des remembrements fonciers, des politiques foncières. Il y a des choses à mettre en place sans expropriation, en expliquant très clairement quel est le sens d'une action publique qui consisterait à acheter des terres", affirme Christiane Taubira.
"En Guyane, l'État avait accaparé le foncier, donc là, c'est plus facile. Aux Antilles, c'est surtout les descendants des "maîtres" qui ont conservé les terres donc cela reste plus délicat à mettre en oeuvre", reconnaît-elle.

Tata Christiane compte-elle cultiver ses nouvelles terres au prochain remaniement ministériel ?
Ce serait un conflit d'intérêts, non ?

mardi 11 décembre 2012

Combien de Blancs pour une Taubira respectueuse ?

Taubira : "Monsieur Buisson ne compte pas !" 

Le mépris ne grandit pas la Garde des Sceaux (1,50m)

Taubira, future garde des Sceaux,
 serrée contre Elie Domota,
syndicaliste guadeloupéen extrémiste,
porte-parole du LKP

Invité mardi matin d’Europe 1, Patrick Buisson a dénoncé un mensonge de la ministre de la Justice Christiane Taubira dans l'affaire des sondages de l'Elysée.
"Elle a menti quand elle a dit qu'elle n'était plus encore membre de l'association [Anticor]". "Nous apporterons la preuve de ce mensonge", a-t-il ajouté. 

Tous les Français ne comptent pas également pour la ministre de Hollande 

Au sortir de l’Assemblée nationale, la ministre de la Justice a répondu à l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, en des termes irrespectueux de la personne humaine, relayés par Public Sénat. "Monsieur Buisson ne compte pas !", a lancé la sexagénaire.


Personne de (très) petite taille

Anticor est une association française fondée en 2002, que parraine Taubira et qui ambitionne de combattre la corruption et de réhabiliter la politique.

Elle est présidée par l'ex-juge Eric Alphen, son co-fondateur, qui se présenta aux législatives de 2002 et fit des vagues à gauche. Parachuté, le candidat chevènementiste réclama d'emblée le retrait de Stéphane Pocrain, l'un de ces nombreux candidats Verts soutenus par le PS. Olivier Thomas, le patron du PS de l'Essonne, conseille à l'ex-juge d' "apprendre les règles de la politique ". 

Mauvais départ, pour "réhabiliter la politique"...
D'autant qu'au rayon des turpitudes, Pocrain, en janvier 2008, fut condamné par le Tribunal correctionnel de Paris à deux mois de prison avec sursis pour violences sur son ex-concubine Anne-Charlotte Keller, militante socialiste devenue adjointe au maire socialiste de Paris XXe, ainsi qu'à 3 000 euros de dommages et intérêts.Lien PaSiDupes - "Un Verts pas tendre du tout: Pocrain tabassait sa concubine :
ses violences conjugales lui valent le ...sursis."


En mai 2007, l’ancien porte-parole des Verts adhère au PS, après avoir soutenu Désirdavenir Royal durant la campagne électorale de 2007.

Malgré son parcours et se fiant à sa couleur de peau, il ne répugnera pourtant pas à Eva Joly, la candidate altermondialiste des Verts (EELV), de le choisir un temps comme conseiller en communication.

En janvier 2012, Pocrain fut reconnu coupable d'abandon de famille en raison du non-paiement, durant plusieurs mois, de la pension alimentaire due à la mère d'un de ses enfants.

Et si Anticor, Taubira, Alphen et Joly réhabilitaient un peu la politique à gauche, pour commencer ?

jeudi 19 janvier 2012

Hollande reconnaît que tout n'est plus possible comme avant la crise de la dette

Angoissé, Hollande est obsédé par le projet Aubry et le bilan Sarkozy


Rares plans larges
au cours de la visite-éclair du
candidat PS aux Antilles
qui a suscité peu d'intérêt dans la population


Depuis les Antilles,
le candidat PS prend ses distances avec les agences de notation

Pire qu'une agence de notation: l'électeur
Sous le soleil des Antilles, François Hollande se sent lui aussi placé sous surveillance. En pleine crise financière, et alors que la France vient de perdre son triple A, le candidat socialiste prend un soin méticuleux à éviter "toute image qui pourrait donner l'impression d'une espèce de moment de détente…"

"On voit bien qu'on est observés" , confie le suspicieux. "Et puis les Français ne sont pas dans la fête," croit-il bon d'ajouter. Le candidat qui pense être capable de monter un projet en s'inscrivant simplement en négatif du bilan du Président sortant se croit pourtant attentivement observé par l'UMP, qui n'a qu'à attendre chacun de ses faux pas et reculades.

L'équipe du candidat socialiste a même soupçonné la maire UMP de Basse-Terre, Lucette Michaux-Chevry, d'avoir coupé l'alimentation électrique du gymnase où il tenait un meeting... Si -comme on l'espère- il ne croit pas à tout ce qu'il dit, les media rebondissent en revanche sur toutes ses idées saugrenues.
Ainsi ne leur vient-il pas à l'esprit que les indépendantistes ont pu vouloir lui dire leur façon de penser ?

Plutôt que de prendre le risque d'apparaître dans une ambiance festive, François Hollande a même préféré annuler une visite prévue dimanche dans une association carnavalesque. Dès l'atterrissage, samedi, son porte-parole Bruno Le Roux avait prévenu: "Il va garder son costume pendant trois jours." C'est donc en veste et cravate, la mine grave et le ton cérémonieux, qu'Hollande a traversé la Guadeloupe.
L'obsession du ridicule le pousse ainsi à refuser le port du casque de sécurité dans ses visites-éclairs d'usines.


Marges de manœuvre rétrécie

Il était venu assurer les habitants de l'outremer de l'attachement que leur porte la République, mais il n'a évidemment pas échappé à la question du triple A. La dégradation de la note française est aussi une mauvaise nouvelle pour lui. Ne serait-ce que parce que s'il gagne en mai 2012, comme le lui promettent les sondages, ses marges de manœuvre s'en trouveront rétrécies.
"Nous avions déjà intégré l'ensemble de ces paramètres" assure-t-il en rappelant que "depuis la publication du projet du PS, il y a déjà eu des changements importants du contexte économique". À Paris, Michel Sapin, chargé du programme du candidat, prépare le terrain et l'a assuré: "Le projet sera adapté à la situation extrêmement grave de la France."

La dégratation d'un A par une seule des trois agences de notation n'aura pas plus d'impact sur le contenu du programme qu'il annonce pour fin janvier que sur la politique du gouvernement. Mais, dans ses discours aux Guadeloupéens, Hollande laisse transparaître son angoisse, transmet sa peur et met en garde: "Tout ne sera pas possible, admet-il aujourd'hui. Il y aura nécessairement un renchérissement du coût du service de la dette. Et donc une réduction des marges de manœuvre financières.
Mais il a pour mission de rassurer et de promettre sa protection: "Je ne me mets pas dans les mains des agences de notation (…) Je n'ai jamais dit qu'il fallait conserver le triple A à tout prix pour ensuite être obligé de constater sa perte."


Une grande réforme fiscale

Hollande rêve de remporter la présidentielle pour gagner un peu en sérénité et mise tout sur le début de son éventuel quinquennat piour "redonner confiance".
Un peu à la manière de Nicolas Sarkozy en 2007, François Hollande espère que son élection créera un choc de confiance susceptible de provoquer le retour de la croissance. «Nous allons faire, dès les premières semaines, les grands textes, les grandes mesures qui nous permettront d'être efficaces», explique-t-il. Puis, dans une allusion à la soirée du ­Fouquet's du 6 mai 2007, il prévient: «Quand on ne réussit pas le début, on ne peut pas réussir la fin.»

Pour réussir son début, s'il est élu, Hollande promet notamment une grande réforme fiscale pour réorganiser la distribution des richesses et séduire son aile gauche. "Nous allons demander plus à ceux qui ont plus pour donner plus à ceux qui ont moins", tranche-t-il. Sans plus de détails. Il préfère éluder les demandes de précisions sur ses propositions. Lorsque la presse locale l'interroge sur la question de "l'indexation", il se montre assez flou dans sa réponse. "Le mieux est de traiter ces questions avec calme, méthode et concertation", esquive cet adepte de la langue de bois.

Dans ces moments de grande solitude de l'économiste, c'est dans l'antisarkozysme qu'il tente de trouver refuge.
Samedi soir, en meeting, il avait ainsi pointé la responsabilité du chef de l'État dans la perte du triple A. "Ce n'est pas la France qui a été dégradée. C'est une politique, c'est une stratégie, c'est une équipe, c'est un gouvernement, c'est un président", avait-il polémiqué devant un millier de militants. C'est ce qu'ils attendent et c'est tout ce qu'il a à leur offrir !

lundi 16 janvier 2012

Aux Antilles, Hollande se présente en "candidat de l'espérance lucide"

François Hollande contourne le carnaval, mais se jette des fleurs


Le candidat PS cherche l'inspiration à la Martinique

Au deuxième jour de sa tournée aux Antilles, le candidat socialiste est parti à la découverte des habitants.
"Tchimbe red, na moli !" ("Tenez bon !"). Sur la jetée de Fort-de-France où le soleil vient de se coucher, François Hollande serre la main de quelques badauds du dimanche.
"Que faites-vous pour le chômage ?", lui demande-t-on sur son passage.
"Mettez-nous en confiance !" "Voilà, c'est le mot", récupère la "gauche molle".
"Je suis le candidat, aujourd'hui, de l'espérance lucide", a-t-il estimé lors d'un meeting à Fort-de-France, reprenant des mots d'Aimé Césaire. Le poète et homme politique martiniquais disait ainsi : "Je suis du côté de l'espérance mais d'une espérance conquise, d'une espérance lucide".


La veille en Guadeloupe, il avait annulé une rencontre avec une association carnavalesque, pour ne pas prêter le flanc à la critique et au sarcasme: dans l'attente d'un projet, sa campagne aurait besoin de dignité, mais aussi de sobriété en ces temps de crise dans des départements d'Outre-mer touchés de plein fouet par le chômage, la violence et la vie chère.



Flamby a la zouk dans la peau
mes ses attitudes trahissent ses propos

Hollande avait choisi deux jours au soleil des Antilles pour évoquer "le souci d'être en phase avec ce qui peut tourmenter le pays, qui n'a pas envie nécessairement qu'on se donne en spectacle".

"Une campagne, ce n'est pas seulement des promesses et des embrassades", a-t-il assuré sur la défensive. "Ce sont des engagements qui doivent être tenus et une population qui doit être respectée". Et le candidat socialiste qui s'inscrit en négatif du président sortant tergiverse toujours dans la mise au point de son projet...

Avant son meeting du soir au parc culturel Aimé Césaire, le candidat-poète a déposé une gerbe sur la stèle à la mémoire des 152 Français, Martiniquais pour la plupart, morts dans le crash d'un avion de la West Caribbean le 16 août 2005 au Venezuela.


François Hollande a bataillé à distance avec Nicolas Sarkozy

Au cours de sa visite-éclair à la fois aux Antilles et en Guyane en deux jours, le négatif socialiste s'est encore démarqué du Président, qui a annoncé son intention de s'adresser prochainement aux Français pour leur tenir "un discours de courage et de vérité".
"Moi, JE ne me suis jamais fixé un objectif par rapport à une agence, je n'ai jamais dit qu'il fallait conserver le triple A à tout prix pour ensuite être obligé de constater sa perte", a-t-il lancé de loin au chef de l'Etat après la dégradation de l'agence Standard and Poor's survenue vendredi soir.

"Nous avons un adversaire dans cette campagne. Ce n'est pas la droite, c'est le capitalisme financier", a-t-il ensuite lancé à l'adresse de sa gauche radicale lors de son meeting.
"Hollande président", a repris la foule, qui a aussi scandé le slogan du candidat "Le changement, c'est maintenant", et l'a encouragé avec des "en nou allé" ("Allons-y")

Face à la montée de l'extrême droite dans les sondages, François Hollande a joué la peur en invitant les outre-mer, qui représentent environ 1,7 million d'électeurs, à se mobiliser dès le premier tour pour "ne plus revivre un 21 avril 2002, jamais".
Les candidats Chevènement et Bayrou ont dû avoir les oreilles qui leur sifflaient...

S'il n'a pas fait de propositions, François Hollande a remué les lèvres. Il s'est contenté d'opposer son désir de "remettre les outre-mer au coeur de la République", à "la relation entre Nicolas Sarkozy et l'outre-mer, qui oscille entre mépris et condescendance", selon Harlem Désir, le numéro deux PS - proche de la Ch'tite Aubry - qui escorte le candidat dans ce voyage.

"Nous ne sommes pas dans la quémande de quoi que ce soit, nous avons une dignité de peuple", a lancé le député Serge Lechtimy. "Je ne suis pas un 'outre-mérien', un 'domien', je suis Martiniquais".

"Je propose la république unie, plurielle, multiculturelle et donc respectueuse des identités et des différences", lui a répondu François Hollande, en référence à Aimé Césaire, qui se plaisait à dire "liberté égalité fraternité mais surtout, identité".

François Hollande est attendu lundi en Guyane pour une visite de quelques heures, avant de rentrer en métropole.

vendredi 28 janvier 2011

Ingérences du NPA et d'Europe-Ecologie en Tunisie

Besancenot et Eva Joly sont-ils indispensables aux Tunisiens?

Besancenot rêve du Grand soir depuis 22 ans

Le meneur trotskiste a eu beau manifester sans cesse dans les rues de Paris entre République et Nation et se rendre aux Antilles à la mi-février 2009, le porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) n'avait jamais vécu une révolution. Il devra se contenter d'une révolte, et encore aura-t-elle lieu à l'étranger, car ses efforts en Guadeloupe aux côtés du LKP et en Martinique sont restés vains.

L'activiste Olivier Besancenot fait de la récupération révolutionnaire

Deux ans plus tard, il est arrivé à Tunis, à l'aube du 25 janvier dernier. A l'aéroport, une dizaine de militants politiques d'extrême gauche ou d'opposants l'attendaient, de même que des journalistes engagés tunisiens.

Dans l'opposition médiatico-politique, on trouve le correspondant de la chaîne satellitaire Al-hiwar Ettounsi, Fahem Boukedous, qui a été condamné en juillet 2010 par le tribunal d'appel de Gafsa (sud) à quatre ans de prison ferme pour « diffusion d'information de nature à troubler l'ordre public ». Il souffre aujourd'hui, selon lui, d'insuffisance respiratoire et d'infection dans les poumons. Or, il est hospitalisé depuis le 3 juillet à Sousse, à l'Université de laquelle précisément Moncef Marzouki fut professeur en médecine. Ce dernier est justement responsable de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH) et candidat à la succession de Ben Ali.
Lien PaSiDupes

Besancenot, pour y "soutenir le processus révolutionnaire"

Le plus célèbre des postiers à temps très partiel de France a fait un voyage de deux jours à Tunis,
le temps de rencontrer des militants, des associations de femmes ou de jeunes diplômés chômeurs, annonçait-on. Mais le NPA a admis "des rencontres sont prévues avec Hamma Hammami, dirigeant du PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie), des dirigeants de la Ligue de gauche travailliste, des syndicalistes des postes et télécommunications, et des associations des droits de l'Homme".

Le petit Che de La Poste a été impressionné
par une atmosphère « hallucinante ». Il a vibré à l'« effervescence » et à l'« ébullition ».
Il n'est pourtant pas resté davantage: il a mieux à faire en France. Il est en effet sollicité par la révolte au sein même du NPA et par « une restructuration qui m'attend avec une assemblée générale dès jeudi matin: dans mon bureau de poste, ils suppriment 15 tournées sur 60, je ne vais pas faire ce plaisir à mon petit patron.» Le syndicaliste conservera-t-il son poste, au détriment d'un autre postier ? ...

Des Français qui font du tort à la France

Le révolutionnaire français a fustigé la France à l'étranger

Besancenot appelle de ses voeu une 'révolution contagieuse'
« En France, on aurait bien besoin d'une bonne vieille révolution sociale et démocratique, contre nos propres dictatures, la finance et le capitalisme.» D'un sourire, le porte-parole du NPA conclut : « Comme place de la Casbah, trois jours devant l'Elysée avec des marches qui viennent de partout : ça aurait de la gueule, non ?»
Un mouvement, dit-il, qui n'a pas été aidé par la France, sa « complicité » avec le régime du président déchu Ben Ali, et l'« impérialisme économique » des entreprises françaises...

VOIR et ENTENDRE
la propagande trotskiste de Besancenot
:


Une autre recycleuse, Eva Joly (Europe Ecologie-Les Verts), lui collait au train, puisqu'elle a débarqué le mercredi 26, escortée de Hélène Flautre, membre de la commission des Affaires Etrangères du Parlement européen, jusqu'au 28 janvier 2011.

Le jeu sulfureux de la presse hexagonale d'opposition

Libération écrivait le 10/01/11: "Après plusieurs semaines de silence, la France s'est décidée ce lundi à déplorer les violences en Tunisie, et a appelé à l'apaisement." (lien Libération), en juillet dernier,

Mais, le 07/07/2010, Libération avait pourtant admis que le gouvernement français n'est pas indifférent, citant le Quai d'Orsay: il "a rappelé que la France est attachée 'à la liberté d'expression en Tunisie'.[...] Nous nous attachons à recueillir des informations sur la situation de Fahem Boukadous, que nous suivons avec la plus grande attention », a déclaré lors d'un point-presse le porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero, en réponse à une question sur sa condamnation. (lien PaSIDupes) (lien Libération)

lundi 11 janvier 2010

Guyane et Martinique: non franc et massif des électeurs à une autonomie accrue

Oui à la Pwofitasyon ?

Dimanche 10 janvier, les départements et territoires d'outre-mer n'ont pas choisi de s'affranchir de la tutelle de l'Etat et de la République: les électeurs de Guyane et de Martinique ont dit clairement non par référendum à la demande d'une majorité de leurs élus locaux de l'autonomie accrue de leurs départements.
Les électeurs étaient invités à dire s'ils souhaitaient un passage de leur département (et région) d'outre-mer, soumis aux mêmes règles juridiques que la métropole, à l'article 74 de la Constitution, qui en aurait fait une collectivité d'outre-mer pouvant bénéficier d'une autonomie accrue.

=> Résultats annoncés lundi 11 janvier par le ministère de l'outre-mer:
  • 69,8% de « non » en Guyane, pour une une participation moyenne de 48,16%,
  • 78,9% de « non », en Martinique, avec une participation de 55,35%.

    => Le 24 janvier, Guyanais et Martiniquais auront à se prononcer sur la mise en place éventuelle d'une collectivité unique, à la place du conseil général et du conseil régional de leurs régions mono-départementales, demeurant régie par l'article 73 de la Constitution.

    Réactions politiques

    - La mauvaise foi de Christiane Taubira (députée DVG) :
    "Je pense que les arguments pour le 73, il n'y en a pas. Le tour de passe-passe a été de faire croire que la seconde consultation (celle du 24 janvier, ndlr) était une alternative à la première. Il y en a qui ont peut-être trouvé que la marche du 74 était trop haute. Mais on leur à fait croire que le 24 janvier accoucherait d'un article 73 renforcé. Renforcé par rien du tout. Il n'y avait pas de contenu, je comprends le désarroi du citoyen. On lui demandait : faites le pari de."

    - Chantal Berthelot
    (députée DVG) s'interroge:
    "C'est un résultat négatif qui pose question. D'autant plus que l'écart est énorme. Il ne faut pas minimiser ce qui s'est passé même s'il faudra prendre le temps d'analyser les choses. Il faut respecter le résultat. Je retiens deux choses : la faible mobilisation des électeurs et l'écart qui, c'est vrai, m'impressionne. Au-delà de la déception d'une défaite, il y a cet écart important. C'est une double interpellation."

    -
    Axel Urgin (PS) a estimé que "Ce choix traduit l'attachement des Guyanais et des Martiniquais à un statut qui soit proche de celui des collectivités de Métropole, réaffirmant ainsi le lien étroit qui les unit à la République".

    -Brice Hortefeux (Ministre de l'Intérieur) et Marie-Luce Penchard (ministre de l'Outremer) ont jugé qu'"avec ces résultats, les électeurs ont souhaité clore pour longtemps" le débat sur une autonomie accrue. Ils les ont appelés "à rester mobilisés pour exprimer leur choix définitif".

    Deux votes pour un triple désaveu

    Une claque pour les agitateurs autonomistes
  • Les demandes des élus locaux qui avaient rendu ces consultations nécessaires ont ainsi été désavouées par la population de ces deux départements d'outre-mer français (DOM).
  • En Guadeloupe, autre DOM, le fonctionnaire Elie Domota et le LKP ( Liyannaj Kont Pwofitasyon, ou LKP -"Collectif contre l'exploitation outrancière"- tentaient précisément de relancer la contestation avec une manifestation organisée opportunément samedi à Pointe-à-Pitre par ce collectif révolutionnaire.
    Mais seulement 7.500 personnes, dont "2.000 suivant le groupe carnavalesque Akyio", ont manifesté, selon la préfecture, et "plus de 20.000 voire 25.000", selon Elie Domota, meneur du collectif LKP, mais "plus de 10 000", selon RFO.
    Depuis, Elie Domota a mis de l'eau dans son rhum et révisé à la baisse ses ambitions de grève générale pour le 20 janvier, évoquant seulement une "mobilisation". Il cherche néanmoins à maintenir la pression pour "mobiliser pendant la période du Carnaval" de manière à "faire une confusion".

    Ces résultats traduisent un sentiment de défiance des populations à l'égard des élus locaux et vis-à-vis d'un système institutionnel qui renvoie à une loi organique ultérieure le contenu exact d'éventuels nouveaux statuts. En Guyane, les quatre parlementaires, dont les présidents du conseil régional et du conseil général, tous de gauche, qui avaient appelé à voter oui, ont démontré leur coupure avec la base.

    -> Ainsi, Axel Urgin, le secrétaire national du PS à l'Outre-mer a "pris acte" lundi matin des résultats des referendums statutaires en Guyane et en Martinique, "qui par leur ampleur sont incontestables".

    -> Christiane Taubira (PRG, apparentée au groupe Socialiste, radical, citoyen et divers gauche) fut membre de l'équipe de campagne de Sa Cynique Majesté Royal candidate de la Présidentielle, en qualité de « déléguée à l'expression républicaine »...

    Les retombées sur les Régionales de mars prochain

    A court terme, les résultats des consultations démocratiques de dimanche auront des conséquences importantes sur les élections régionales.

  • En Guyane, Antoine Karam (1950), le président du Conseil Régional de la Guyane depuis 1992 et membre du Parti socialiste guyanais, ne se représente pas. Le candidat PS à la Région désigné par la primaire sera d'ailleurs Léon Jean-Baptiste-Edouard.
    Le maire de Cayenne Rodolphe Alexandre (ex Parti socialiste Guyanais), grand gagnant du non des Guyanais à une autonomie accrue pour leur département, a estimé lundi que "c'est la victoire de la démocratie, de la majorité silencieuse".

  • En Guadeloupe, Victorin Lurel (sortant), qui sera tête de liste élue par les militants et officialisée par le PS pour les élections régionales des 14 et 21 mars 2010, aura donc face à lui, outre les deux listes UMP (Jalton et Marc) et celle de Laurent Bernier (dissident UMP), une liste Verts et une liste PCG/LKP/Indépendantistes. Mais Lurel avait appelé à voter Oui à une autonomie accrue...
  • En Martinique, le président du Conseil Régional, Alfred Marie-Jeanne, (Mouvement indépendantiste) avait appelé à voter oui... Et le candidat PS n'est toujours pas désigné. Les candidats vont-ils se bousculer ?...

    Sur le fond
    , la fracture entre les partisans d'une autonomie accrue et la population est béante.

    Les partisans d'une autonomie accrue ne sont manifestement pas parvenus à convaincre les électeurs
    des vertus d'une plus grande autonomie pour assurer plus efficacement le développement local et satisfaire leurs besoins quotidiens (transports, logement, emploi, coût de la vie...).
    Une bonne partie de la campagne s'est faite sur la peur de la perte d'acquis sociaux, notamment en Martinique, à la population vieillissante, alors que ce qui relève de la protection sociale devait continuer à demeurer de la compétence de l'Etat.
    Se sont exprimées aussi des craintes sur les importants fonds européens dont bénéficient aujourd'hui les deux DOM, "régions ultrapériphériques" de l'UE, et une peur de "largage" par la métropole, malgré les assurances données par Nicolas Sarkozy sur ce point.

    L' « exploitation outrancière » de l'Etat et de l'Union Européenne a eu gain de cause, mais
    à l'inverse de la propagande du LKP ! ...