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lundi 14 octobre 2019

Kaïs Saïed, élu président en Tunisie, sans conteste

L'arrivée au pouvoir de ce traditionaliste  soulève des interrogations sur l'avenir du pays

Ce juriste prône une révolution institutionnelle, un conservatisme moral et religieux et un souverainisme diplomatique.
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Kaïs Saïed, surnommé 'Robocop', du fait de
son allure ascétique, son élocution monocorde et ses traits figés
 
La mobilisation massive de la jeunesse de Tunisie relance le chantier tunisien de la "révolution" qui s’était dilué ces dernières années. La leçon à retenir de l’élection présidentielle du dimanche 13 octobre c'est que la victoire écrasante de Kaïs Saïed est une réplique sismique du fameux 'printemps tunisien' de 2011. Selon des estimations encore provisoires, cet enseignant sexagénaire en droit constitutionnel, en faveur duquel une jeunesse en quête de changement s’est massivement mobilisée, recueillerait entre 72 % et 77 % des suffrages exprimés

La Tunisie moderne construite par le président Bourguiba est-elle menacée ?
Et donc aussi les avancées permises par son action politique (1957-1987), dont le développement de l'éducation, la réduction des inégalités entre hommes et femmes, le développement économique et une politique étrangère équilibrée. 

Plus de huit ans après la chute du régime fort de Zine El-Abidine Ben Ali, (sur)pris par la montée de l'islamisme dans la vague des "printemps arabes", la Tunisie porte à sa tête un chef d’Etat qui prétend réactiver le message de 2011, et son populisme : "pouvoir au peuple", justice sociale, moralisation de la vie publique,... Mais aussi renforcement de l'emprise de l'islam.

Dans cette accession au pouvoir, certains voit une victoire démocratique d'un pays arrivé à maturité. La séquence électorale que le pays vient de connaître – les élections législatives (6 octobre) s’ajoutant aux deux tours du scrutin présidentiel (15 septembre et 13 octobre) – s’est déroulée pacifiquement, sans trouble à l’ordre public ni fraude notable. Des débats télévisés ont opposé les candidats comme dans n’importe quelle vieille démocratie occidentale.

Mais d'autres n'occultent pas l’arrestation de Nabil Karoui pour des soupçons d'"évasion fiscale" et de "blanchiment d’argent" présumés, le 23 août, à la veille du premier tour de la présidentielle. Or, ce  magnat de la télévision était qualifié pour le second tour, et il a – de fait – été empêché de mener campagne jusqu’à sa libération, mercredi 9 septembre. Sa participation au dernier duel télévisé face à Kaïs Saïed n’a apparemment pas convaincu l’électorat, mais le candidat - encombré de ses casseroles - a-t-il eu le temps de s'y préparer ? L’écart final de 45 à 50 points entre les deux hommes peut s'expliquer par ses tracas judiciaires, et aussi surprendre, puisque Karoui apparaissait dès janvier en bonne place dans les sondages. 

L’installation de Kaïs Saïed au palais présidentiel à Carthage pourrait perturber le pays, jusqu'au-delà de ses frontières

Partisan du renversement de la pyramide des pouvoirs, au profit de "conseils locaux" et au détriment de l’échelon central, K. Saïed appelle à se "libérer" de " concepts classiques", parmi lesquels il range les partis politiques et la démocratie représentative. Un tel projet, s’il devait être mis à exécution, annonce bien des tensions. La crainte majeure serait qu'il instaure la primauté de la charia.

L'homme inquiète pour son conservatisme moral et religieux assumé et revendiqué. 
Invoquant l’opinion majoritaire, il ne cache pas son hostilité à la dépénalisation de l’homosexualité et son opposition à l’égalité homme-femme dans l’héritage

Ces convictions rétrogrades vont de pair avec
la présence centrale qu’occupera le parti islamo-conservateur Ennahda au Parlement, vont désormais placer la frange la plus progressiste – mais minoritaire – de la société civile tunisienne sur la touche. D'autant qu'avec 52 sièges, le parti islamo-conservateur présidé par Rached Ghannouchi devance la formation Qalb Tounès, du candidat à la présidentielle Nabil Karoui, qui récolte 38 sièges.

Enfin, le souverainisme de Kaïs Saïed, puisé aux sources du nationalisme arabe – il tient toute relation avec Israël pour un acte de "haute trahison" –, ne manquera pas de tendre les relations entre la Tunisie et ses partenaires occidentaux. 

L’Europe va devoir composer avec ce recul de la démocratie au Maghreb
qu’elle n'avait peut-être pas anticipé. Kaïs Saïed n’est assurément pas le meilleur président tunisien que l'Union européenne fantasmait. Les Européens n'avait pas davantage prévu que les Tunisiens pouvaient basculer dans la révolution institutionnelle et le rigorisme religieux ultra conservateur.

Ni la gauche française et ses think tanks aveuglés d'idéologie, ni Macron, plein de ses certitudes et son ministre à côté de la plaque, Le Drian, n'ont vu venir l'islamisme, bien que la mouvance des Frères musulmans ait été légalisée, il y a neuf ans (le 1er mars 2011) par le gouvernement d'union nationale de Mohamed Ghannouchi, instauré après la révolution.

mercredi 15 août 2018

Aquarius : les droites françaises invitent la Tunisie à ouvrir ses ports

L'accueil des clandestins africains n'est pas la responsabilité exclusive des Européens

L'irresponsable 'SOS Méditerranée' prend des migrants à bord de l'Aquarius, sans assurer le suivi

La Tunisie doit cesser d'être une plaque tournante de migration vers l'UE et assumer ses responsabilités de voisin de la Libye
Ses 141 migrants ne savaient pas où ces "humanitaires" les débarqueraient. En France, les acteurs politiques de droite réclament une politique et une stratégie responsables avant  l'ouverture d'un des ports du pays.

Les Républicains (LR) et le Rassemblement national (RN, ex-FN) ont plaidé pour que la Tunisie, du fait de sa proximité géographique apporte une contribution naturelle à l'effort européen, en ouvrant ses ports. Ils estiment en effet la France ne peut pas éternellement réceptionner les livraisons de l'Aquarius et créer "un appel d'air".

Ne pas "encourager le jeu des passeurs" 

Il existe des passeurs de tout poil, notamment animés par l'appât du gain pour les uns, mais par une idéologie subversive de déstabilisation des démocraties  libérales, pour les autres.

Image associéeLes Républicains sont favorables à une position de fermeté vis-à-vis de ces situations" car "nous ne pouvons pas créer un nouvel appel d'air", a réagi un des porte-parole de LR, Gilles Platret, 55 ans, sur franceinfo. Accueillir ces migrants "sous le coup de l'émotion ne ferait qu'encourager [cette immigration] et faire le jeu des passeurs", a ajouté le maire de Chalon-sur-Saône, 
plaidant pour que l'Aquarius, que l'Italie et Malte - constamment sollicités- résistent  à leur accueil, se dirige vers les côtes tunisiennes. 

Il a jugé que "ce n'est pas à la France seule de régler ce problème" mais "à l'Europe de le faire dans les liens qu'elle doit avoir avec l'Afrique".

Notre déficit public et notre croissance en berne ne plaident pas en faveur de l'accueil de clandestins africains 

Alors qu'une seule de nos universités apparaît au classement de Shanghaï 2018 et que l'OCDE pointe déjà les disparités scolaires et les compétences de notre jeunesse," la France doit prendre ses responsabilités en n'accueillant pas l'Aquarius", a également estimé le porte-parole du RN Jordan Bardella, 23 ans, ex-secrétaire départemental du FN de Seine-Saint-Denis, sur LCI, en rappelant qu'une majorité de Français s'était dit opposée à l'accueil du navire en France en juin, dans un sondage. "Nous n'avons pas les moyens" de les accueillir.

"Si on applique le droit de la mer, c'est aux ports tunisiens" de le faire, a ajouté ce conseiller régional d'Ile-de-France. 
Il a aussi de nouveau dénoncé "les ONG (qui font) le jeu des passeurs qui font de la traite d'êtres humains", et "violent le droit maritime".

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Les événements de Sisco et le débat sur le burkini dans l’île
ont mis à mal le vivre ensemble et la pratique de l’islam en Corse
Quant à la proposition réitérée du président de l'Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni, d'ouvrir un port corse au bateau, Jordan Bardella rappelle à cet avocat nationaliste qui s'est fait connaître par la défense d'activistes du FLNC en lutte armée avec la République française "que les Corses ne souhaitent pas que leur île devienne le Lampedusa français" et que les "ratonnades" corses sont une réalité qu'il ne peut ignorer.

samedi 13 janvier 2018

Tunisie : les événements, du départ de Ben Ali en janvier 2011 jusqu'aux récentes manifestations sociales

Les islamistes sont-ils derrière l'agitation sociale en Tunisie ?

Janvier 2018: trois jours de fronde en Tunisie


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Sept ans après la révolution contre la dictature et la corruption, la Tunisie connaît de nouveaux soubresauts liés à une contestation sociale toujours marquée par les mêmes slogans de "travail, liberté, dignité", nombre de Tunisiens s'impatientant de voir un jour leurs conditions de vie s'améliorer au rythme espéré.
Cette semaine, exploitant l'entrée en vigueur début janvier d'un budget d'austérité, les islamistes ont orchestré un mouvement de contestation qui aurait pu mal tourner. 

Le 7 janvier, dans le centre de Tunis, près du ministère de l'Intérieur, de jeunes activistes se sont rassemblés sur l'avenue Bourguiba pour exiger notamment l'annulation de l'augmentation des prix. "Ni peur, ni terreur, la rue appartient au peuple", scandaient ces jeunes, lorsque des policiers dispersèrent le rassemblement, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. 

-La ville de Tebourba, proche de Tunis, a été secouée par plusieurs nuits de heurts cette semaine entre des jeunes protestataires et les forces de sécurité, tout comme plusieurs autres villes, où quelque 800 personnes auraient été arrêtées.

A Kasserine, quelques dizaines d'individus ont incendié des pneus et ont jeté des pierres sur des agents de sécurité, qui répliquent par des gaz lacrymogènes. 

A Sidi Bouzid, après une manifestation pacifique, des routes furent brièvement bloquées par des pierres et des pneus. 

Lors d'une nouvelle nuit de troubles, le 9 janvier, plus de 200 personnes auraient été arrêtées et des dizaines blessées. 
A Sidi Bouzid encore, des manifestants coupèrent des routes, jetèrent des pierres, et la police répliqua à coups de gaz lacrymogènes. Des incidents eurent lieu à Kasserine, Gafsa, Jedaida et dans plusieurs quartiers populaires de Tunis.

Selon le ministère de la Défense, l'armée a été déployée autour de banques, bureaux de poste et autres bâtiments gouvernementaux sensibles dans les principales villes du pays. Le puissant syndicat UGTT, condamne "la violence et le pillage", appelant à "protester de manière pacifique". Principale centrale syndicale de Tunisie, avec 750 000 adhérents, l'UGTT tente de reconquérir sa domination: en effet, depuis la révolution de 2011, l'UGTT est en rivalité avec la Confédération générale tunisienne du travail et l'Organisation tunisienne du travail. Elle serait donc tentée par une radicalisation.


Le 10 janvier, des heurts nocturnes furent rapportés à Siliana, Kasserine, Thala et Sidi Bouzid. Des échauffourées gagnèrent plusieurs quartiers de Tunis et reprirent à Tebourba. Les dessertes ferroviaires furent annulées dans certaines zones après qu'un train eût été attaqué en banlieue sud de Tunis. Le Premier ministre Youssef Chahed condamna les actes de "vandalisme" qui, selon lui, "servent les intérêts des réseaux de corruption pour affaiblir l'Etat". Il pointe du doigt le Front populaire, un parti de gauche opposé au budget.

Le 11 janvier, à Siliana, des dizaines de jeunes jettent des pierres sur des agents des forces de sécurité qui ripostent par des tirs de gaz lacrymogènes. En revanche, la situation reste calme à Kasserine, Thala et à Sidi Bouzid, ainsi qu'à Tebourba. Le Front populaire appelle le Premier ministre à "trouver des solutions pour les jeunes tunisiens", estimant que "les manifestations pacifiques font partie de l'équation démocratique".

Le 12 janvier, l'ONG Amnesty International interféra de manière partisane en demandant aux forces de sécurité de "ne pas employer une force excessive" et l'accusant "de recourir à des manoeuvres d'intimidation contre les manifestants pacifiques", selon elle. 


Quelques centaines de personnes manifestèrent à Tunis et à Sfax (centre) pour protester contre le budget d'austérité et réclamer sa révision en adressant un "carton jaune" au gouvernement.

Manifestation à Tunis, le 9 janvier. Photo FETHI BELAID / AFP.

Le 13 janvier, le président tunisien Béji Caïd Essebsi devait rencontrer ce samedi les partis au pouvoir, les syndicats et le patronat pour discuter des moyens de sortir de la crise. Ce mouvement de protestation aurait été déclenché par l'adoption d'un budget 2018 qui a augmenté les impôts et créé des taxes grignotant un pouvoir d'achat déjà éprouvé par une importante inflation. Pour la politologue tunisienne Olfa Lamloum, "ces mobilisations sociales révèlent une colère, portée par les mêmes qui s'étaient mobilisés en 2011 et n'ont rien obtenu comme droits économiques et sociaux".

Il faut dire que cette "politologue" est privée de son passeport tunisien depuis 1999 en raison de son opposition au régime, sous couvert d'un engagement en faveur des droits de l’homme en Tunisie. Elle est néanmoins chargée de cours à l'Université Paris X à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, et a bénéficié d'un décret de naturalisation le 21 décembre 2004 émis par la préfecture de ...Seine-Saint-Denis, sous le gouvernement Raffarin, Dominique de Villepin étant ministre de l'Intérieur. Lors de la cérémonie citoyenne, elle assista à l'exclusion de cinq femmes couvertes d'un foulard qui refusaient de retirer leur voile ou leur bandana. Elle portera alors l'affaire sur la place publique et publia un communiqué.
La révolution tunisienne avait démarré avec l'immolation par le feu, le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, justement, une ville déshérité dans l'arrière pays et sous l'emprise islamiste, d'un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi. Un mouvement de protestation contre le chômage et la vie chère avait suivi, marqué par des émeutes sanglantes qui s'étaient rapidement propagées à tout le pays. Sous la pression des événements, le président Zine el Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, avait cédé le pouvoir le 14 janvier 2011.

"Les années ont passé et les citoyens sont toujours frustrés des droits pour lesquels ils s'étaient mobilisés", estime dans un récent rapportune ONG tunisienne, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES).
Cette organisation (2001) qui se dit non gouvernementale, neutre, indépendante de tout parti politique et de toute institution religieuse, a néanmoins pour but de "contribuer à la mise en oeuvre des droits économiques, sociaux et environnementaux en Tunisie, en soutenant les mouvements sociaux, en construisant le débat public sur la question du modèle de développement et en portant des alternatives grâce à son Observatoire social tunisien et à ses sections locales à travers le pays (dont 2 centres d’écoute et d’orientation pour les femmes à Kairouan et Monastir), et organise des manifestations, comme ce fut le cas le le 10 décembre 2017 devant l'ARP (Assemblée des Représentants du Peuple ), à l’occasion de la célébration de la journée mondiale des droits de l’Homme. Ce 'forum' est présidé par Messaoud Romdhani, élu au mois de septembre 2017  à la tête du FTDES et qui entama en janvier 2017 une grève de la faim illimitée, pour dénoncer la suppression de toute rétribution depuis sa nomination à la mi-avril 2011 comme membre de l'instance de Ben Achour, Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique.Le pays a gardé "le même modèle économique, avec les mêmes problèmes" qu'avant la révolution, polémique le président du FTDES, Messaoud Romdhani. "La situation ne cesse donc d'empirer". En dépit d'avancées démocratiques, "le chômage, la misère et les inégalités sociales et régionales se sont aggravées", assure le FTDES.
L'économie tunisienne a été durement affectée par l'instabilité consécutive à la révolution qui devait garantir des avancées sociales, et le tourisme, un secteur-clé, a souffert des attentats djihadistes qui ont frappé le pays en 2015, dans le sillage de cette révolution

L'Etat, en difficultés financières, s'est tourné vers le Fonds monétaire international. 
Le FMI lui a accordé en 2016 des crédits de 2,4 milliards d'euros sur quatre ans, à condition qu'il réduise ses déficits budgétaires et commerciaux. Le taux de croissance devrait dépasser les 2% en 2017, mais le chômage des jeunes reste très élevé, dépassant les 35%, selon l'Organisation internationale du travail.
Le taux de scolarisation a lui régressé à 96%. Chaque année depuis 2011, 10.000 enfants abandonnent l'école primaire et 100.000 jeunes quittent collège ou lycée sans diplôme, souligne le FTDES. Et ces jeunes aspirent à migrer vers l'Europe francophone.


Preuve du désenchantement croissant, l'émigration clandestine a atteint à l'automne un pic jamais vu depuis 2011.

Lancée par l’opposition de gauche, la fronde s’affranchit peu à peu de toute étiquette politique et on retrouve le mode opératoire islamiste. Leur campagne vise la hausse des prix consécutive à l’augmentation de nombreuses taxes (TVA, droits de douane…). Plus généralement, les islamistes instrumentalisent le ras-le-bol général, dans un contexte économique particulièrement morose. Ainsi, de lundi à jeudi, de jeunes protestataires ont jeté pierres ou cocktails Molotov sur les forces de l'ordre qui ont riposté par des gaz lacrymogènes. 

Un protestataire de 45 ans est mort à Tebourba. Vendredi, quelques centaines de personnes ont manifesté dans le calme à Tunis et à Sfax (centre) contre les mesures d'austérité. Ils ont brandi des "cartons jaunes" en guide d'avertissement au gouvernement à l'appel du mouvement "Fech Nestannew" ("Qu'est-ce qu'on attend"), instigateur de l'impatience populaire et initiateur de la contestation contre la hausse des prix.

La Tunisie continue néanmoins tant bien que mal à construire sa démocratie. Les premières élections municipales de l'après révolution, maintes fois reportées et attendues de longue date pour consolider la transition démocratique, ont été programmées pour mai 2018. Les élections législatives et présidentielle sont prévues en 2019.

Dans un rapport jeudi, le centre d'analyse des conflits ICG - une organisation multinationale bien évidemment indépendante et sans but lucratif de plus de 80 employés répartis sur cinq continents... - qui analyse et produit des connaissances de terrain sur les conflits dans le seul but vertueux de les prévenir et de les résoudre, mais qui est soupçonnée de les créer - a justement souligné que la défiance entre les principaux partis de la coalition gouvernementale entraverait la mise en place des instances constitutionnelles. Ce centre a appelé à la création d'une Haute cour constitutionnelle avant les scrutins de 2018 et 2019.




mercredi 14 décembre 2016

Dans le corps de garde de Matignon, les féministes tiennent le manche

Cécile Duflot n'a pas la langue dans sa poche

Un échange de SMS, disons "savoureux", entre Cécile Duflot et son ancien camarade d'EELV, François de Rugy 

L'"investigation" est menée par Le Canard enchaîné dans un numéro de décembre 2015. Une petite semaine à peine après les incertitudes exprimées par Manuel Valls sur l'ardeur du "zizi" d'Emmanuel Macron, son ministre de l'Economie, une ambiance de vestiaire règne toujours dans les cercles politiques. Sans langue de bois...

Le Canard enchaîné fait des gorges chaudes d'un échange "entre hommes", comme sait les polir Cécile Duflot, cette fois avec son ex-camarade d'EELV François de Rugy, mis sur la place publique par le jounaliste Samir Tounsi dans son livre "Le petit dico politique de la relève". Voyons le contexte.
En mai 2015, la lune de miel entre Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon s'est terminée en queue de poisson.
Dans une tribune publiée mardi 19 mai par Libération, l’ancienne ministre écologiste a pris la plume pour dire au cofondateur du Parti de gauche tout le mal qu’elle pense de son dernier ouvrage sur l’Allemagne, Le Hareng de Bismarck. En femme libérée qui entend parler "franchement", la poissarde verte a eu vite fait de monter le 'thon'. "Jean-Luc, ton Hareng, me reste en travers de la gorge", régurgita Madame Cécile. 

Le 20 mai 2015, interrogé sur cette rupture entre le candidat à la présidentielle et la refoulée d'EELV, de Rugy avait eu cette curiosité grivoise peu de mise dans la noblesse de robe : "L'idylle a été de courte durée. Je ne sais pas si le mariage a été consommé d'ailleurs, comme on dit en langue bien de chez nous."

Ce à quoi la gourgandine aurait eu un renvoi de SMS sentant fort la moule : "Tu veux savoir si je l'ai sucé ? C'est ça ?"On ne sait pas quelle a été la réaction de François Goullet de Rugy et s'il a regretté son audace. Glissons.

Derniers sursauts de vie dans l'asphyxie socialiste du parlement

A la chambre basse, les élus sont particulièrement frustrés.
En mars 2016, lors de la séance de questions au gouvernement, un député balança en plein hémicycle une remarque aussi fine que du gros rouge qui tâche. Le député Les Républicains Patrice Verchère élu du Beaujolais rebondit sur un lapsus de la ministre du Travail comme sur un lit à ressorts.  

Interrogée par la députée Marie-Louise Fort,
la ministre Myriam El Khomri, mère-porteuse de la loi Travail de Valls, a culbuté sur un mot de son intervention. Alors qu'elle parlait des ratés de communication ayant accompagné la présentation du projet de loi, elle a dit : "J'ai mené un cycle de négociations bilatérales sur toute la partie relative au temps de travail et sur le compte personnel d’activité. Je le conçois tout à fait : cette séquence a été un peu difficile. Mais prendre quinze minutes… pardon, quinze jours… témoigne d’une gouvernance ouverte soucieuse de revoir avec l’ensemble des partenaires sociaux l’intégralité de la démarche menée." 
Sur le banc du gouvernement, les femmes qui savent de quoi elles parlent, comme sa collègue Najat Vallaud-Belkacem, mère de deux enfants d'un coup, échangèrent un regard et ne se privèrent d'un sourire égrillard. Patrice Verchère a donc cru venue l'heure de la détente et lâcha : "Quinze minutes douche comprise !"

Les voyeurs de la presse jouissent un peu fort avec ceux qui en disent plus qu'ils n'en font. Peu avant, le journal satirique prompt à condamner la presse  de caniveau révélait déjà une allusion salace de Manuel Valls à l'épouse retraitée du trentenaire Emmanuel Macron.
Le 10 novembre, au micro d'Europe 1, le ministre de l'Economie avait fait part de ses craintes sur la croissance de la France pour 2016, redoutant qu'elle ne soit "atone". Une communication pas du tout du goût du chef du gouvernement qui, croisant son ministre dans les couloirs de l'Assemblée Nationale à la sortie des questions au gouvernement, lui aurait lancé : "Et ton zizi ? Il est atone ?" Une attaque sous la ceinture à laquelle Macron aurait répondu, sans se démonter : "Heureusement qu'il n'est comme la courbe du taux de croissance".

VOIR et ENTENDRE
un vigoureux agriculteur épingler le "trouillard" Manuel Valls, traité de "petit zizi"  au Salon de l'Agriculture 2015:

Mais voici l'épisode entier, 
quand Valls se mesure aux agriculteurs et quand la presse militante ne coupe pas - si petit soit-il - le morceau de bravoure :

Une obsession chez Manuel Valls qui appelle le président tunisien "Mon Zizi" !


A-t-il toute sa tête ?

L'ancien locataire de Matignon est un hyperthyroïdien 
Il est de notoriété publique que, Manuel Valls, actuel candidat à la primaire socialiste, est sujet à une transpiration excessive qui le pousse à retirer sa veste (en se donnant des airs de manager américain !), 
des tremblements de mains (voir ci-dessous la main de manu à l'Assemblée nationale):

une perte de poids malgré un appétit normal ou même accru 
et de la nervosité accompagnées de sautes d'humeur :


De grands malades ?


Aujourd’hui,
les candidats à la présidence et le président en fonction n’ont aucune obligation en matière de santé. Comme tous les salariés, ils devraient pourtant passer régulièrement des visites médicales.
Les bulletins de santé de François Mitterrand étaient tous mensongers. Après son accident vasculaire cérébral, Jacques Chirac évoquait un petit "pépin".

Aux États-Unis, en revanche, mis à part le cas alarmant de la candidate Hillary Clinton frappée par un mal étrange en cours de campagne, le président et les candidats rendent des comptes extrêmement précis sur leur état de santé. John McCain, candidat en 2008, avait communiqué 1.100 pages d’analyses médicales. Barack Obama a rendu public son bilan de cholestérol et les antécédents cancéreux de ses parents et de ses grands-parents. Il n’y a pas de loi les y obligeant, mais c’est une pratique communément admise."

Afficher l'image d'origineUn collège de médecins devrait pouvoir examiner le président de la République tous les six mois ou une fois par an. Ces médecins auraient pour obligation de remettre un rapport au président du Conseil constitutionnel s’ils détectaient une maladie grave, mentale ou physique, qui empêcherait le président d’exercer sa fonction. L'état de santé mentale doit être évoqué.
Or, dès à présent, Manuel Valls présente des symptômes inquiétants de plusieurs pathologies. Sans traitement, la maladie entraîne spontanément des complications cardiaques et psychiques (délire confusionnel, dépression).


lundi 31 octobre 2016

Après la Tunisie, le Maroc menacé de "printemps arabe"

Les Frères musulmans au pouvoir refont le coup de l'indignation et de l'injustice

Instrumentalisation de la mort atroce d'un vendeur de poisson

La mort tragique d'un vendeur de poissons,
Protestataires brandissant un drapeau berbère
"violemment broyé" (selon France Info) par une benne à ordures, a suscité une vague d'indignation et de manifestations au Maroc. Mouhcine Fikri, un marchand de poissons d'une trentaine d'années, est décédé vendredi soir à Al-Hoceima, dans le Rif, happé par une benne à ordures alors qu'il tentait apparemment de s'opposer à la saisie et à la destruction de sa marchandise par des agents de la ville. 
Les circonstances effroyables de sa mort - opportunément filmée sur un téléphone portable et diffusée sur internet - ont choqué la population. Une photo de la victime inanimée, la tête et un bras dépassant du mécanisme de compactage, a été largement diffusée sur les réseaux sociaux, qui ont relayé des appels à manifester dans tout le pays. 

Dimanche, des milliers de personnes ont participé aux funérailles du jeune homme

Rendant hommage au "martyr Mouhcine", ils ont marché pendant plusieurs heures dans le calme du centre-ville d'Al-Hoceima jusqu'à la localité d'Imzouren, où la dépouille a été inhumée. Le soir même, une "marée humaine" a envahi le centre-ville d'Al-Hoceima. "Criminels, assassins", scandaient notamment les milliers de manifestants, "Arrêtez la hogra (l'arbitraire)", ou encore "Ecoute makhzen (palais royal), on n'humilie pas le peuple du Rif !"
Le rassemblement, au fort accent identitaire berbère et revendiquant l'héritage rebelle de la région, s'est déroulé jusqu'à 21h30 (heure locale) sans incident. Des manifestations de moindre ampleur ont eu lieu dans plusieurs autres villes du Rif, mais aussi -fait peu ordinaire- à Casablanca, Marrakech et Rabat, où plus d'un millier de personnes ont défilé au cri de "Nous sommes tous Mouhcine !", brandissant la photo de la victime ou une pancarte provocatrice "Bienvenue à la COP22, ici on broie les gens"

Actuellement en Tanzanie, au terme d'une tournée diplomatique en Afrique de l'Est, le roi Mohammed VI a dépêché dimanche à Al-Hoceima son ministre de l'Intérieur Mohammed Hassad qui est venu "présenter les condoléances et la compassion du souverain à la famille du défunt". Le roi a donné des instructions "pour qu'une enquête minutieuse et approfondie soit diligentée (...)", alors que l'Intérieur avait déjà annoncé l'ouverture d'une enquête, conjointement avec le Parquet local, au lendemain du drame. 
Les circonstances du drames ne laissent rien au hasard
Le roi est à l'étranger et le drame susceptible de créer de l'émotion populaire autour de la victime: un modeste travailleur et un citoyen réfractaire, de surcroît, dans une région

Les circonstances exactes de la mort de Mouhcine Fikri restent à établir. Le ministre Hassad s'est dit "déterminé à établir les circonstances exactes du drame et à en punir les responsables"
La victime s'était rendue coupable d'incivilité en refusant d'obtempérer à un barrage de police. Le réfractaire avait ensuite été intercepté, avec dans sa voiture "une quantité importante d'espadon, une espèce interdite à la pêche", a récapitulé le ministre, au grand dam probable des associations écologistes. "Décision a été prise de détruire la marchandise illégale. Toutes les questions se posent après ça", a-t-il expliqué. 
"Personne n'avait le droit de le traiter ainsi", a déploré le ministre Hassad. "On ne peut pas accepter que des responsables agissent dans la précipitation, sous la colère, ou dans des conditions qui ne respectent pas le droits des gens", a-t-il souligné, promettant les conclusions de l'enquête d'ici "quelques jours". 

La ville côtière d'Al-Hoceima, comptant environ 55.000 habitants, fut le cœur de la révolte contre le colonisateur espagnol dans les années 1920, puis le théâtre d'une insurrection populaire en 1958. 
Longtemps délaissée sous le règne de Hassan II, la région du Rif a une réputation de frondeuse et entretient des relations difficiles avec le pouvoir central. Elle fut aussi l'un des principaux foyers de la contestation lors du mouvement du 20-Février, la version marocaine des Printemps arabes en 2011. Un scénario particulièrement délicat pour les autorités alors que s'ouvre dans une semaine à Marrakech la conférence internationale sur le climat, la COP22, dont Rabat entend faire une vitrine internationale.

Réplique des printemps arabes en Tunisie, Lybie et Egypte

En Tunisie, le suicide d'un vendeur de légumes ambulant, un chômeur de vingt-six ans, qui s'est immolé par le feu en décembre 2010
devant le siège du gouvernorat de Sidi Bouzid est à l'origine d'une suite de manifestations insurrectionnelles de deux mois, la Révolution tunisienne des habitants de la région de Sidi Bouzid, pauvre et surtout agricole, où le taux de chômage est élevé. La colère se propagea à l'ensemble du pays.
Le président Ben Ali, en fonction depuis 23 ans, intervint trois fois sur la chaîne publique de télévision, tour à tour menaçant les fauteurs de troubles de terribles sanctions et mettant en cause les media étrangers d'attiser le feu, puis promettant du changement et notamment la liberté d'expression, un libre accès à l'Internet et de ne plus se représenter en 2014. Malgré cela, les manifestants réclamèrent toujours son départ et il s'enfuit vers l'Arabie saoudite, la France lui ayant refusé l'asile.
Dans les jours qui suivirent le départ de Ben Ali, les milices répandirent la terreur sur la capitale et un gouvernement d'union nationale fut créé. Un mandat d'arrêt international est lancé par la nouvelle justice tunisienne contre le général Ben Ali et son épouse.

Le 12 février, on annonce que des milliers de Tunisiens fuient la Tunisie vers l'Union européenne, via l'île italienne de Lampedusa.
L'état d'urgence humanitaire fut décrété en Italie. Le 27 février, après de nouvelles manifestations violentes et la démission du premier ministre tunisien, Mohamed Ghannouchi qui s'était auto-proclamé en charge de l'intérim présidentiel, l'ancien ministre de Bourguiba, Béji Caïd Essebsi, accéda au pouvoir.

Effet domino ?
 Dix jours plus tard, la révolution tunisienne s'est propagée à d'autres pays arabes. On peut citer des troubles en Libye, Égypte, au Yémen, la Jordanie, Algérie, Soudan, Oman, la Mauritanie, Syrie. Et Maroc.
Au Maroc, lors de son accession au trône en 1999, le roi Mohammed VI avait promis une série de réformes démocratisant la monarchie. Il a lancé une évolution du statut des femmes et un débat sur les années de plomb. Cependant, le processus de démocratisation du régime est demeuré bloqué selon le Mouvement du 20 février qui remet en cause le fonctionnement du régime en revendiquant des réformes constitutionnelles. De jeunes Marocains, encouragés par la vague contestataire du début 2011, lancèrent sur les réseaux sociaux plusieurs appels à manifester, le premier le 30 janvier. Peu suivis, ils sont renouvelés pour le 20 février 2011 et qualifiés de "journée de la dignité".Or, depuis 2011, le chef du gouvernement marocain est Benkiran, membre du Parti de la justice et du développement, considéré au Maroc comme intégriste dont l'objectif avoué est de " décliner une lecture politique de l'islam". Les observateurs y voient un parti opposé à l'occidentalisation des mœurs marocaines dans le but de garder et renforcer son emprise sur la société marocaine et lui même, en 2016, qualifiant de "gauchisants" ceux qui importent au Maroc des idées et des pratiques politiques "élaborées en Occident": l'islam serait ainsi l'unique alternative au libéralisme. Le parti a dû cependant adopter un ton beaucoup moins véhément après les attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, perpétrés par la mouvance terroriste. Le parti travailla alors à se construire une image de respectabilité et à se rendre fréquentable. Les prochains jours diront ce qu'il en est. Il se considère comme proche du part islamiste  au pouvoir depuis 2002 en Turquie, l'AKP, parti qui prêche pour une Realpolitik s'appuyant sur une culture du compromis.
Il reste que le PJD possède en son sein une aile religieuse, le MUR (Mouvement Unicité et réforme), qui prône un islam très rigoriste en pratiquant la daawa, technique de prosélytisme religieux auprès des non-musulmans, dans les universités ou les lieux publics...

Le suicide du vendeur ambulant fin 2010 en Tunisie est souvent considéré comme l'un des éléments déclencheurs des Printemps arabes. En pointe dans les manifestations de 2011, l'Association marocaine des droits humains (AMDH) a "dénoncé" le rôle de l'Etat qui "foule aux pieds la dignité des citoyens" et mis en garde contre "une possible répétition" du mouvement du 20-Février. 

mercredi 18 mars 2015

Tunisie: une attaque terroriste contre un musée fait plusieurs morts, dont des étrangers

Le "printemps arabe" conduit-il la Tunisie au chaos?

Au moins huit personnes, dont sept étrangers, ont été tuées dans une attaque armée contre le musée du Bardo à Tunis
 ce mercredi

"Une attaque terroriste (a visé) le musée du Bardo", a affirmé le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui sur la radio Mosaïque FM, en évoquant "deux éléments terroristes ou plus, armés de Kalachnikov".

Touristes apeurés
au musée du Bardo, Tunis

Alors qu'il est hors de Paris et qu'une "prise d'otages" est en cours, le Premier ministre français Manuel Valls s'est empressé de faire condamner l'attaque "avec la plus grande fermeté", des termes automatiques en ces circonstances"Il y a une prise d'otages, sans aucun doute des touristes touchés, tués", a indiqué Valls lors d'une conférence de presse à Bruxelles.

Mais il en profite hélas pour tirer avantage de cette "attaque terroriste"
Il ramène en effet le drame aux attentats de Paris à qu'il n'a pas su anticiper bien que perpétrés par des djihadistes Français, estimant que les événements en cours à Tunis "illustrent cruellement les menaces auxquelles nous sommes tous confrontés en Europe, en Méditerranée, dans le monde"
Alors que la prise d'otages n'a pas encore trouvé son dénouement, cette récupération globalisante est indécente, en ce qu'elle tend à minimiser la responsabilité de l'exécutif et de sa diplomatie dans la déstabilisation du Maghreb et du Proche-Orient

"Il y a huit victimes", "sept étrangers" et un Tunisien

Une centaine de touristes se trouvaient dans le musée lorsque les terroristes ont lancé leur attaque, selon le porte-parole tunisien qui précise que "la majorité des touristes a été évacuée".

Mohamed Ali Aroui n'a pas confirmé les propos que lui prêtent plusieurs media et que suggère Valls dans son parallèle avec le terrorisme islamiste en France, selon lesquels il s'agirait d'une prise d'otages. 

Mais "il y a des informations selon lesquelles il y a encore des touristes" à l'intérieur, a-t-il ajouté. "Les unités anti-terroristes sont entrées dans le musée", a-t-il affirmé, en précisant que le quartier est bouclé. D'importants renforts policiers sont sur place.
Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, ancien ambassadeur de Tunisie en France sous Bourguiba et chef du parti Nidaa Tounes, partisan d'un islam tolérant, va s'adresser aux Tunisiens, a indiqué le porte-parole de la présidence, Moez Sinaoui. Le Premier ministre Habib Essid, ancien secrétaire d'État à l'Agriculture sous la présidence de Ben Ali, a de son côté réuni les ministres de l'Intérieur et de la Défense.

Le musée est mitoyen du Parlement tunisienles travaux des commissions parlementaires ont été suspendus après les tirs. Les députés ont reçu l'ordre de se rassembler dans le hall de l'assemblée, rapporte  Monia Brahim, élue du parti islamiste Ennahda, deuxième parti (27,79 %), après Nidaa Tounes (37,56 %).

La Tunisie fait face depuis la révolution de janvier 2011 à l'essor d'une mouvance djihadiste armée.
Une soixantaine de policiers et militaires ont été tués dans des heurts armés notamment près de la frontière algérienne où un groupe armé lié à al-Qaïda est menaçant.