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mercredi 18 septembre 2019

Décrocheurs: un juge de Lyon légitime la désobéissance civique

L'urgence climatique est un "motif légitime" de désobéissance civile, décide un juge seul

La "république des juges" s'impose à la république démocratique
Opération médiatique de décrochage à Saint-Sébastien-sur-Loire,
 le 4 mars 2019


Le juge - unique et militant - du tribunal de Grande Instance de Lyon a exaucé Me Thomas Fourrey, l’avocat des 'décrocheurs' de Lyonce 16 septembre. La relaxe "serait une décision courageuse. Vous avez le choix", avait-il lancé au magistrat dans sa plaidoirie  en conclusion de leur procès, le 2 septembre. 

Une "décision historique" pour le collectif Action non violente-COP21 (ANV-COP21), un mouvement "citoyen" non-violent qui s'oppose aux projets et aux politiques contribuant, selon lui, au dérèglement climatique et qui recourt principalement à des actions de désobéissance civile. Ce commentaire ne surprend donc personne, d'autant moins que  deux de ses militants écologistes sont en cause pour avoir volé la photo officielle de Macron, le 21 février dernier dans la mairie du IIe arrondissement de la ville de Lyon, initiant une vaste campagne, toujours en cours à travers le paysde décrochages de portraits présidentiels. 

L'arbitrage du juge lyonnais - seul, mais tout puissant - a surpris du fait de son long alignement d'arguments en faveur de l'"état de nécessité" et du "motif légitime" de ces actions de désobéissance civile face à ce qu'il considère être  - sous la pression médiatique des écolos catastrophistes - un "danger grave, actuel et imminent" que constitue le changement climatique, entre réchauffement et refroidissement.

Les activistes exultent. "C’est une très très bonne surprise: on avait un petit espoir que ça arriverait comme très peu de fois dans l’histoire, avoue l’une des prévenus, connaissant le juge, Fanny Delahalle, auprès du journal Libération. C’est une vraie victoire aussi, car ce jugement, ce sont 8 pages de motivations qui montrent que le juge a tout compris aux objectifs de nos actions, il reconnaît que l’Etat n’est pas à la hauteur des enjeux.
"Je ne m’attendais pas à une relaxe, encore moins relaxe avec 'état de nécessité', c'est la cerise sur le gâteau", commente, quant à lui, Pierre Goinvic pour franceinfo. Le juge "reconnaît que nous n'avions plus d'autres moyens de nous exprimer et que nous sommes légitimes à désobéir, se félicite auprès de franceinfo Fanny Delahalle. Aujourd’hui, un juge a voulu aller dans le bon sens de l'histoire et on le remercie."

Accusés de "vol en réunion"
, un délit passible de cinq ans de prison et de 75.000 euros d’amende, les trentenaires Fanny Delahalle, chargée de projets, et Pierre Goinvic, éducateur, avaient redit, lors de l’audience du 2 septembre, leur détermination face à "l’urgence gravissime" de mettre en œuvre des politiques publiques à même d’enrayer le "chaos" à venir.

Le  juge assène ses vérités partisanes 

"Le dérèglement climatique est un fait constant [n'est-ce pas plutôt un phénomène cyclique?] qui affecte gravement l’avenir de l’humanité [projection hasardeuse] en provoquant des cataclysmes naturels [comme en relate constamment l'Histoire] dont les pays les plus pauvres n’auront pas les moyens de se prémunir [idéologie marxisante] et en attisant les conflits violents entre les peuples [catastrophisme], mais aussi l’avenir de la flore et de la faune en modifiant leurs conditions de vie sans accorder aux espèces le temps d’adaptation requis pour évoluer", souligne le jugement du 16 septembre de ce pseudo-scientifique bardé de toutes les certitudes du moment.

Ce juge politique n'hésite d'ailleurs pas à chiffrer les manquements de la France, pourtant "engagée sur le plan international et sur le plan interne" en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la consommation énergétique, et de développement des énergies renouvelables.

"Enlèvement sans autorisation"

Pierre Goinvic et Fanny Delahalle étaient jugés pour vol en réunion

Tout en reconnaissant 
 dans sa décision la réalité du vol d’un objet "d’une valeur fortement symbolique", le juge estime "en même temps" que le décrochage du 21 février par une vingtaine de militants lyonnais (parmi lesquels seuls Fanny Delahalle et Pierre Goinvic ont été identifiés par l’enquête policière, essentiellement sur la base d’échanges sur les réseaux sociaux) a été un geste "manifestement pacifique", représentant un "trouble à l’ordre public très modéré", sur son échelle personnelle de la douleur républicaine.

Le juge s'aligne sur les arguments de la défense.
Lors de l'audience du 2 septembre, il a soutenu la thèse des écologistes radicaux que les objectifs affichés par la France ne seront pas atteints dans trois domaines : le budget carbone d'émissions annuelles de gaz à effet de serre, la part d'énergies renouvelables et la consommation finale d'énergie. C'est en cela que le juge considère qu'il s'agit là d'un "défaut de respect par l'Etat d'objectifs pouvant être perçus comme minimaux dans un domaine vital"

De parti-pris, le juge fait état de ses opinions politiques personnelles
"Dans l'esprit de citoyens profondément investis dans une cause particulière servant l'intérêt général, le décrochage et l'enlèvement sans autorisation de ce portrait dans un but voué exclusivement à la défense de cette cause, qui n'a été précédé ou accompagné d'aucune autre forme d'acte répréhensible, loin de se résumer à une simple atteinte à l'objet matériel, doit être interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le Président de la République et le peuple"

Et le juge non élu de livrer son sentiment sur "le mode d’expression des citoyens en pays démocratique
 [qui] ne peut se réduire aux suffrages exprimés lors des échéances électorales, mais doit inventer d’autres formes de participation dans le cadre d’un devoir de vigilance critique". Ainsi ce juge s'accorde-t-il clairement l'étoffe d'un législateur en lieu et place des élus du peuple. 

Le magistrat banalise le vol 
en "enlèvement sans autorisation" devant être "interprété comme le substitut nécessaire du dialogue impraticable entre le président de la République et le peuple". ANV-COP 21 ne pouvait rêver d'un meilleur porte-parole...
Le juge lyonnais - anti-capitaliste ? - justifie la non-restitution de l'objet volé par les militants. Il  le  décrit ainsi : un "objet […] de valeur de remplacement négligeable, sans valeur de placement financier et inaliénable". En conclusion, le magistrat prononce donc la relaxe des deux prévenus poursuivis pour vol en réunion. 

"Notre action s’adresse avant tout à la population française, pour qu’elle réalise le vrai décalage entre les discours et les actes, estime Fanny Delahalle, en prosélyte. Nous avons le devoir de faire quelque chose face au gouvernement. Nous espérons que de plus en plus de gens vont se mettre à marcher dans la rue.
Estimant que le vol "ne règle en rien le dérèglement climatique", le Parquet lyonnais a fait appel de cette relaxe : le ministère avait requis une amende de 500 euros et avec sursis.

"C'est une petite graine dans les rouages de la société"

Les décrocheurs Pierre Goinvic (chemise noire) et Fanny Delahalle (chemisier blanc), le 2 septembre 2019 à Lyon (Rhône).

Mais "vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà (Pascal) : la justice est imprévisible et inégalitaire.
Le 13 septembre, le tribunal de Grande Instance d’Orléans a déclaré coupables trois autres décrocheurs d’ANV-COP21, dont les actions vont donner lieu, à ce jour, à 18 procès.
Pour Fanny Delahalle, le jugement lyonnais doit faire date, c'est-à-dire, faire jurisprudence et s'imposer aux autres juges des tribunaux partout en France : "Soit l’Etat est à la hauteur de l’enjeu, soit il continue la répression et à aller dans le mauvais sens de l’histoire" Cette dernière notion qui fait référence à l’idée que l’humanité progresse. L’Histoire n’est plus une succession de phases qui se répétera indéfiniment: elle est le processus par lequel l’humanité va vers un "mieux ", celui que l'Homme devra au progrès scientifique et technique. 

En juin, le tribunal correctionnel de Strasbourg avait relaxé trois " décrocheurs", mais pour une autre raison : le maire avait donné son accord à cette action et le tribunal avait considéré qu'il n'y avait pas d'élément intentionnel. En revanche, six militants poursuivis pour les mêmes faits ont été condamnés à des amendes en juin à Bourg-en-Bresse (Ain). Douze autres procès de décrocheurs sont prévus jusqu'à septembre 2020.

Il suffit d'un juge rouge-Vert et le mode d'action choisi est étiqueté à caractère "manifestement pacifique" et de "nature à causer un trouble à l'ordre public très modéré". Une première dans les procès des "décrocheurs" du président de la République.



L'usage fait de ce portrait exhibé renversé, tête en bas, dans des manifestations publiques sur le climat obéit "à un motif légitime" et, d'ajouter malicieusement, que le fait que la mairie du 2e arrondissement de Lyon (dans une ville gérée par Gérard Collomb, l'ancien ministre de l'Intérieur de Macron) ne se soit pas constituée partie civile jette "un doute sur sa volonté de récupérer son bien".
Le juge encourage la rebellion : "Cela donne envie de continuer"...
La médiatisation de ce procès a amené l'ancienne ministre Cécile Duflot (Oxfam France) a intervenir comme témoin. Depuis le début des décrochages de portraits du président de la République, 18 procès ont été intentés aux militants écologistes. Cinq jugements ont déjà été rendus, pour une seule relaxe.
Engagé dans la désobéissance civile depuis quatre ans, Pierre Goinvic y voit la confirmation de son choix. "Ça donne envie de continuer à défendre cette philosophie non violente". "Cela donne beaucoup d'énergie avant les marches pour le climat prévues ce week-end", abonde Fanny Delahalle. Contacté, le maire du 2e arrondissement de Lyon, Denis Broliquier, n'a pas souhaité commenter ce jugement.

Au niveau national, Cécile Marchand, porte-parole d'ANV-COP21, espère que "les jugements des prochains procès percevront également le tournant historique que nous sommes en train de vivre et reconnaîtront que ce type d’action est nécessaire pour lancer l’alerte et rappeler au gouvernement qu’il faillit à protéger la population face à la menace climatique".

Qu'est-ce que l'"état de nécessité" invoqué par le juge pour légitimer les décrochages
Rarement retenue, cette notion juridique consiste à autoriser une action illégale pour empêcher la réalisation d'un dommage plus grave, mais dans des circonstances exceptionnelles où les pouvoirs publics doivent momentanément s'affranchir de la légalité ordinaire : l'article 16 de la Constitution évoque la théorie jurisprudentielle des circonstances comme l'état d'urgence... La probabilité d'un danger ne permet pas, à elle seule, d'invoquer l'état de nécessité : le danger ne doit pas résulter d'une faute antérieure de la personne , son imminence est nécessaire et l'acte condamnable en situation ordinaire doit aussi être proportionné au danger.. Cette notion juridique est d'ordinaire réservée aux prévenus en état de grande précarité, tel le vol de nourriture par une maman désargentée, par exemple pour nourrir ses enfants affamés.

Le Parquet, qui avait requis à leur encontre une amende de 500 €, fait appel.
"En plein débat sur l'indépendance des magistrats, en voilà un qui n'a pas hésité à prendre ses responsabilités", fanfaronne Me Thomas Fourrey, l'avocat pénaliste des militants qui avait soulevé l'état de nécessité.  "C'est une première et un très bon signal pour nous", s'est félicitée une porte-parole de ANV-COP21. 

Les "décrocheurs" de portraits ne méritent pas d’être "encouragés", décrète une ministre

Elisabeth Borne condamne le juge militant

La ministre de la Transition écologique réagissait à l’annonce de la relaxe, lundi à Lyon, de deux "décrocheurs" d’un portrait de son idole 

 Décrocher un portrait d’Emmanuel Macron, une action jugée "légitime" par le tribunal de Lyon


"Des comportements inciviques ne méritent pas d’être encouragés", a estimé Elisabeth Borne mardi matin, suite à la relaxe lundi à Lyon de deux "décrocheurs" d’un portrait d’Emmanuel Macron. Les deux militants, un homme et une femme âgés de 32 et 33 ans, avaient décroché le portrait du président de la République dans la mairie du 2e arrondissement de Lyon en février dernier pour dénoncer la politique gouvernementale en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Ils étaient poursuivis pour vol en réunion.

Dans sa décision, le juge a reconnu que le vol de "l’objet d’une valeur fortement symbolique" était bien matérialisé. Mais il a aussi exprimé un jugement personnel, selon lequel la réalité du dérèglement climatique "affecte gravement l’avenir de l’humanité", ce qui ouvre la porte à une possible légitimation "d’autres formes de participation" des citoyens, "dans le cadre d’un devoir de vigilance critique"
"Je pense que franchement des comportements inciviques ne méritent pas d’être encouragés par des décisions de ce type", a réagi sur France 2 Elisabeth Borne évoquant "un cas isolé".

"Le juge n’encourage pas la désobéissance civile", d'après Cécile Duflot

Marche des portraits, lors du G7 de Biarritz


Mais l’ancienne ministre du Logement de Hollande, l'écologiste radicale Cécile Duflot considère que le juge "n’encourage pas la désobéissance civile". "Il dit que la réalité du dérèglement climatique est avérée et que le gouvernement a pris des engagements qu’il ne tient pas", a  affirmé cette militante EELV, mardi sur Franceinfo. Il "a été très courageux, cette décision restera dans l’Histoire", a ajouté l'actuelle directrice d’Oxfam France qui, lors de l’audience début septembre à Lyon,avait défendu  "un acte citoyen au sens le plus noble du terme".
"Il y a trois choses très importantes dans ce jugement, c’est la reconnaissance de l’inaction climatique et du péril réel ; le fait, quand on est citoyen, qu’on puisse légitimement, interpeller le pouvoir exécutif et le président de la République d’une autre manière que par les élections ; et cette décision de relaxe". 
Le Parquet, c'est-à-dire le gouvernement, a déjà annoncé avoir fait appel de la décision.

lundi 1 juillet 2019

Macron et Castaner font "gazer" des manifestants écologistes à Paris

Les bloqueurs pacifistes du Pont de Sully ont vécu l'escalade de la répression policière sous Macron

Des activistes écologistes brutalement délogés par les CRS à Paris

Ils scandaient "La police avec nous; on fait ça pour vos enfants !"

Résultat de recherche d'images pour "pont Sully Paris Extinction"Mais le message n’a pas été entendu du QG de la préfecture de police des forces de l’ordre. Sous un soleil de plomb, partagé par des Gilets jaunes, des militants verts du collectif 'Extinction Rebellion' ont organisé une manifestation sur le pont de Sully, situé dans le 5e arrondissement de Paris, vers midi. Des dizaines d'activistes se sont assis sur le bitume pour exiger du gouvernement la reconnaissance de l'urgence climatique, le zéro émission de gaz à effet de serre d’ici 2025, l’arrêt de la destruction des écosystèmes et la création d'assemblées citoyennes.


Mais, très vite, la situation a commencé à se tendre.
Greta Thunberg et Marion Cotillard font partie des personnes à interpeller la police française suite à ces images "insoutenables"

Les CRS ont appliqué la procédure en demandant aux "pastègues" (vert dehors, mais rouge dedans), sans espoir d'être entendus, de partir avant d’employer la méthode forte. Sur les images, filmées par des journalistes présents sur les lieux, les forces de l’ordre sont vues vidant des bombes de gaz lacrymogène à bout portant sur les militants assis et les bras entrelacés, en chaîne humaine, selon les consignes. 

Les plus radicaux ont été délogés manu militari. 
"On est non-violents, pourquoi vous nous gazez ?", se plaignaient les activistes 'briéfés' avant le départ des nombreux groupuscules vers le point de rassemblement (initialement prévu secrètement sur le Pont au Change, lequel conduit du Palais de Justice à la Bourse, via le théâtre du Châtelet). 
"Ce n’est pas votre boulot de faire mal aux gens", clamaient les vertueux écologistes. 

Résultat de recherche d'images pour "pont Sully Paris Extinction"
Le journaliste indépendant Clément Lanota a publié une vidéo dans laquelle on voit les quelque 150 manifestants d' 'Extinction Rebellion' (d'autres sources n'hésitant pas à en dénombrer 300) - un mouvement de désobéissance civile pacifiste, selon Le Monde - assis agrippés les uns aux autres, se faire pousser, se faire ôter leurs lunettes de soleil et gazer à quelques centimètres du visage.

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La gauche radicale n'a pas manqué d'instrumentaliser ces méthodes disproportionnés de maintien de l'ordre 
Clément Lanot est un journaliste indépendant français passé par France 2. Il dénonce des atteintes aux droits de l'homme (prisons, écologie ou Gilets jaunes,...)
La journaliste Pauline Bock est une britannique travaillant pour le Newstatesman (intello-bobo, favori des étudiants gauchistes), mais aussi The Guardian, the NYT, the New Yorker, ou Télérama (groupe Le Monde).

Au vu des images, nombreux sont les récupérateurs indignés 

Comme l’ex-ministre du Logement de Hollande, mais qui n'a jamais voulu de l'Ecologie, bien qu'elle ait été secrétaire générale d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), Cécile Duflot qui a tweeté depuis sa niche à ...Oxfam : "France 2019 allégorie : 44,3 degrés, record absolu de température battu, en juin..! mais pendant ce temps les militants pour le climat sont maltraités, sur les passoires énergétiques c’est “on verra en... 2023” et le Président fanfaronne au G20....". Amorce-t-elle un retour sur le bitume politique ?

Des acteurs et actrices nantis s'affichent aussi. 
Ainsi, sur Instagram, le samedi 29 juin, l'ambassadrice pour la maison de couture Dior, détenue par l'homme d'affaires multi-millionnaire Bernard Arnault (LVMH) Marion Cotillard a-t-elle laissé exploser sa colère...  

lundi 9 avril 2018

Après Duflot à Oxfam, Segolène Royal se recycle

Politicienne sans offre, elle crée son propre emploi

Un tremplin qui fait douter de la sincérité de l'ancienne ministre assurant avoir abandonné la politique 

Comme l'altermondialiste Duflot, elle ouvre un "nouveau chapitre de (son) engagement politique". Dans un entretien du lundi 9 avril au  Figaro, Ségolène Royal annonce le lancement d'une ONG, consacrée à l'environnement et à la lutte contre le réchauffement climatique. Cette organisation qu'elle baptise "Désir d'avenir pour la planète" rappelle Désir d'avenir, l'association qui était dédiée à sa malencontreuse candidature à la présidentielle de 2007, sanctionnée par une défaite écrasante de six points, un recul nostalgique de douze années vers le passé.

"Je lance une plateforme d'ingénierie de compétences (...) pour rassembler des synergies autour de projets" liés notamment aux énergies renouvelables, explique l'ex-ministre de l'Ecologie. 
"Ça faisait longtemps que je voulais créer une structure dynamique de type start-up qui rassemble les énergies", affirme l'actuelle ambassadrice pour les pôles et envoyée spéciale pour la mise en oeuvre de l'Alliance solaire internationale. "J'ai la modestie de croire que ma réputation de sérieux et d'efficacité [des exemples ?] mobilisera des partenariats financiers et technique", dit encore Ségolène Royal.
On comprend que sa 'start-up' est donc une coquille vide. 

Une pompe-à-fric ?
Mais pour l'ex-candidate à l'Elysée, il ne s'agit plus d'enjeu électoral, assure-t-elle actuellement, alors que le Parti socialiste vient de consacrer l'élection d'Olivier Faure à sa tête. 

"Je ne veux plus de confrontations électorales, assure-t-elle, tant elle a accumulé d'échecs. Je ne m'intéresse plus à la vie des partis et je ne rentre plus dans les cases. Même si je ne sais pas ce que l'avenir me réserve"... Quelle confiance lui accorder ?

"Je pourrais rentrer dans une entreprise privée, j'ai beaucoup de propositions, prétend-elle, sans pouvoir nommer la première. Mais je ne veux pas que tout ce potentiel de savoir-faire accumulé pendant des années se perde, sic, n'hésite pas à déclarer l'ancienne candidate à tout, victorieuse nulle part. C'est un nouveau chapitre de mon engagement politique, qui est conforme à mes valeurs."

L'ONG serait parrainée par l'astro-physicien Hubert Reeves, 85 ans, le médecin Jean-Louis Etienne, 71 ans (premier homme à atteindre le pôle Nord en solitaire en 1986, et en Antarctique) et le photographe Sebastiao Salgado, 74 ans, selon S. Royal.
Sebastiaosalgado2006.jpg
On voit Salgado, ci-contre à gauche, au côté de Lula da Silva, ancien président du Brésil et poursuivi pour détournement de fonds publics pour financer une campagne de promotion politique en 2004, ainsi que d'avoir "dirigé le système" de corruption et de blanchiment d'argent mis au jour dans le cadre du scandale Petrobras, touchant l’entreprise pétrolière publique et les géants brésiliens du BTP.
Lula se dit victime d’un complot des "élites". 
En 2018, il est condamné en appel à 12 ans de prison pour corruption dans l'affaire Petrobras. En janvier 2017, ses partisans avaient dénoncé une persécution politique. En avril 2018, le Parti des Travailleurs défend un socialisme bureaucratique et autoritaire du type qui prévalut dans les pays soviétiques d’Europe de l’Est. Il viennent de le soustraire par la force à la justice de son pays, mais il assure qu'il va se rendre.

mercredi 14 décembre 2016

Dans le corps de garde de Matignon, les féministes tiennent le manche

Cécile Duflot n'a pas la langue dans sa poche

Un échange de SMS, disons "savoureux", entre Cécile Duflot et son ancien camarade d'EELV, François de Rugy 

L'"investigation" est menée par Le Canard enchaîné dans un numéro de décembre 2015. Une petite semaine à peine après les incertitudes exprimées par Manuel Valls sur l'ardeur du "zizi" d'Emmanuel Macron, son ministre de l'Economie, une ambiance de vestiaire règne toujours dans les cercles politiques. Sans langue de bois...

Le Canard enchaîné fait des gorges chaudes d'un échange "entre hommes", comme sait les polir Cécile Duflot, cette fois avec son ex-camarade d'EELV François de Rugy, mis sur la place publique par le jounaliste Samir Tounsi dans son livre "Le petit dico politique de la relève". Voyons le contexte.
En mai 2015, la lune de miel entre Cécile Duflot et Jean-Luc Mélenchon s'est terminée en queue de poisson.
Dans une tribune publiée mardi 19 mai par Libération, l’ancienne ministre écologiste a pris la plume pour dire au cofondateur du Parti de gauche tout le mal qu’elle pense de son dernier ouvrage sur l’Allemagne, Le Hareng de Bismarck. En femme libérée qui entend parler "franchement", la poissarde verte a eu vite fait de monter le 'thon'. "Jean-Luc, ton Hareng, me reste en travers de la gorge", régurgita Madame Cécile. 

Le 20 mai 2015, interrogé sur cette rupture entre le candidat à la présidentielle et la refoulée d'EELV, de Rugy avait eu cette curiosité grivoise peu de mise dans la noblesse de robe : "L'idylle a été de courte durée. Je ne sais pas si le mariage a été consommé d'ailleurs, comme on dit en langue bien de chez nous."

Ce à quoi la gourgandine aurait eu un renvoi de SMS sentant fort la moule : "Tu veux savoir si je l'ai sucé ? C'est ça ?"On ne sait pas quelle a été la réaction de François Goullet de Rugy et s'il a regretté son audace. Glissons.

Derniers sursauts de vie dans l'asphyxie socialiste du parlement

A la chambre basse, les élus sont particulièrement frustrés.
En mars 2016, lors de la séance de questions au gouvernement, un député balança en plein hémicycle une remarque aussi fine que du gros rouge qui tâche. Le député Les Républicains Patrice Verchère élu du Beaujolais rebondit sur un lapsus de la ministre du Travail comme sur un lit à ressorts.  

Interrogée par la députée Marie-Louise Fort,
la ministre Myriam El Khomri, mère-porteuse de la loi Travail de Valls, a culbuté sur un mot de son intervention. Alors qu'elle parlait des ratés de communication ayant accompagné la présentation du projet de loi, elle a dit : "J'ai mené un cycle de négociations bilatérales sur toute la partie relative au temps de travail et sur le compte personnel d’activité. Je le conçois tout à fait : cette séquence a été un peu difficile. Mais prendre quinze minutes… pardon, quinze jours… témoigne d’une gouvernance ouverte soucieuse de revoir avec l’ensemble des partenaires sociaux l’intégralité de la démarche menée." 
Sur le banc du gouvernement, les femmes qui savent de quoi elles parlent, comme sa collègue Najat Vallaud-Belkacem, mère de deux enfants d'un coup, échangèrent un regard et ne se privèrent d'un sourire égrillard. Patrice Verchère a donc cru venue l'heure de la détente et lâcha : "Quinze minutes douche comprise !"

Les voyeurs de la presse jouissent un peu fort avec ceux qui en disent plus qu'ils n'en font. Peu avant, le journal satirique prompt à condamner la presse  de caniveau révélait déjà une allusion salace de Manuel Valls à l'épouse retraitée du trentenaire Emmanuel Macron.
Le 10 novembre, au micro d'Europe 1, le ministre de l'Economie avait fait part de ses craintes sur la croissance de la France pour 2016, redoutant qu'elle ne soit "atone". Une communication pas du tout du goût du chef du gouvernement qui, croisant son ministre dans les couloirs de l'Assemblée Nationale à la sortie des questions au gouvernement, lui aurait lancé : "Et ton zizi ? Il est atone ?" Une attaque sous la ceinture à laquelle Macron aurait répondu, sans se démonter : "Heureusement qu'il n'est comme la courbe du taux de croissance".

VOIR et ENTENDRE
un vigoureux agriculteur épingler le "trouillard" Manuel Valls, traité de "petit zizi"  au Salon de l'Agriculture 2015:

Mais voici l'épisode entier, 
quand Valls se mesure aux agriculteurs et quand la presse militante ne coupe pas - si petit soit-il - le morceau de bravoure :

Une obsession chez Manuel Valls qui appelle le président tunisien "Mon Zizi" !


A-t-il toute sa tête ?

L'ancien locataire de Matignon est un hyperthyroïdien 
Il est de notoriété publique que, Manuel Valls, actuel candidat à la primaire socialiste, est sujet à une transpiration excessive qui le pousse à retirer sa veste (en se donnant des airs de manager américain !), 
des tremblements de mains (voir ci-dessous la main de manu à l'Assemblée nationale):

une perte de poids malgré un appétit normal ou même accru 
et de la nervosité accompagnées de sautes d'humeur :


De grands malades ?


Aujourd’hui,
les candidats à la présidence et le président en fonction n’ont aucune obligation en matière de santé. Comme tous les salariés, ils devraient pourtant passer régulièrement des visites médicales.
Les bulletins de santé de François Mitterrand étaient tous mensongers. Après son accident vasculaire cérébral, Jacques Chirac évoquait un petit "pépin".

Aux États-Unis, en revanche, mis à part le cas alarmant de la candidate Hillary Clinton frappée par un mal étrange en cours de campagne, le président et les candidats rendent des comptes extrêmement précis sur leur état de santé. John McCain, candidat en 2008, avait communiqué 1.100 pages d’analyses médicales. Barack Obama a rendu public son bilan de cholestérol et les antécédents cancéreux de ses parents et de ses grands-parents. Il n’y a pas de loi les y obligeant, mais c’est une pratique communément admise."

Afficher l'image d'origineUn collège de médecins devrait pouvoir examiner le président de la République tous les six mois ou une fois par an. Ces médecins auraient pour obligation de remettre un rapport au président du Conseil constitutionnel s’ils détectaient une maladie grave, mentale ou physique, qui empêcherait le président d’exercer sa fonction. L'état de santé mentale doit être évoqué.
Or, dès à présent, Manuel Valls présente des symptômes inquiétants de plusieurs pathologies. Sans traitement, la maladie entraîne spontanément des complications cardiaques et psychiques (délire confusionnel, dépression).


mardi 23 août 2016

Duflot déclare sa volonté d'être candidate à la présidentielle... et aux législatives 2017

Combien de ses ex-ministres en travers du chemin de Hollande, président sortant ?

Elle s'est cherché des parrainages

En ne se présentant pas, Nicolas Hulot a laissé la voie libre à l'ancienne ministre du Logement.
L'hypothèse d'une candidature de Nicolas Hulot à la présidentielle de 2017 suscitait plus d'enthousiasme que celle de Cécile Duflot, écologiste rouge et répressive. Le renoncement de son collègue modéré d'EELV a créé un appel d'air et, bien que détestée dans et hors de son milieu, elle  est pourtant entrée dans la course. "Il n'y a aucune urgence" à se décider maintenant", assurait-il fin juin au micro de RTL.

A 11 mois de l'élection, alors qu'elle n'atteignait pas 3% des intentions de vote, l'ancienne ministre du Logement, a lancé le lundi 27 juin un site internet pour obtenir soutien financier et parrainages à sa candidature écologiste.  Le site internet portait sa signature et apparaissait d'entrée de jeu comme son jouet, d'autant qu'elle s'était auto-désignée responsable éditoriale. "Je souhaite que l'écologie soit majoritaire. Moi je vais lancer un site internet parce que je veux que ces idées et ce projet soient représentés. Tout le monde se positionne sur des questions personnelles, moi je veux faire campagne pour l'écologie. Je serai peut-être candidate ou peut-être pas, mais je veux faire campagne pour l'écologie parce que ces valeurs-là ces idées-là on doit les défendre aujourd'hui," avait-elle expliqué au micro de France Inter.

"Vous êtes pour l'écologie ? Alors dites-le," exhortait l'ancienne ministre de Jean-Marc Ayrault, désormais farouche opposante à Manuel Valls, qui veut créer une "dynamique collective". Sans se dévoiler, elle lança un appel à des chèques en blanc.  "Dans notre système électoral, la participation à la présidentielle est conditionnée par l'obtention de 500 parrainages d'élu-e-s. En pratique, les maires sont les plus nombreux.Si vous en connaissez un ou une qui pourraient parrainer une candidature écologiste, indiquez-le nous !" lançait-elle. "On verra s'il y a des centaines, des milliers, des centaines de milliers de gens qui ont envie que l'écologie soit présente dans le débat de l'année qui vient" avait-elle fait valoir sur France Inter. 

Cécile Duflot peut-elle se pousser et nuire à Hollande ? Une hypothèse seulement valable en cas d'absence de Nicolas Hulot, derrière lequel elle annoncé qu'elle se rangerait. Selon une motion votée fin 2015, les élus locaux écologistes devront s'engager à parrainer le ou la candidate qui sera désigné(e) par le parti pour l'élection présidentielle, afin de réduire les difficultés liées à la quête des 500 parrainages.

L'écologie, vecteur de ses ambitions personnelles

Avec son compagnon, Xavier Cantat,
frère de Bertrand Cantat
Désormais officiellement candidate à la candidature à la présidentielle depuis le 20 août, Cécile Duflot est prête à faire le don de sa plantureuse personne, avec cette particularité que,
par conviction pour ses chances de réussite, elle est également candidate aux législatives. Ce dimanche, elle rappelait vouloir également concourir pour... les législatives ! Un acte de candidature déjà posé en février et auquel elle ne renonce pas malgré ses ambitions élyséennes. Elle veut inverser le calendrier électoral avec des législatives précédant la présidentielle.  C'est dire que sa participation à la primaire est un test grandeur nature de sa capacité de nuisance.  Une double candidature qui s'inscrit dans sa volonté de transfert du pouvoir réel de la présidence de la République au Parlement. En d'autres termes, le transfert du chaos d'EELV à l'Etat: la VIe République ! 
Outre "le retour au calendrier électoral dans lequel les législatives précèdent la présidentielle", un septennat "non renouvelable".

Les difficultés chroniques du parti écologiste à percer, élection après élection, l'ont convaincue que 
Les camarades MG. Buffet (communiste),
M. Aubry (frondeuse socialiste) et
 Cécile Duflot 
(écologiste radicale)
le système électoral de la Ve République ne laisse que peu de chances aux partis sans impact sur l'électorat. C'est pourquoi, les groupes politiques subalternes décrètent que  "la Ve République est épuisée" et que "le présidentialisme est en train de tuer la démocratie"
Cécile Duflot veut passer à la... "démocratie augmentée". En clair, l'ancienne patronne d'EELV milite pour "l’instauration d’une proportionnelle qui permette de dégager une majorité (ce que le système majoritaire ne parvient déjà que trop bien à faire, pour le bien de la stabilité politique du pays) et de construire une coalition de projets". 
Cécile Duflot et Eva Joly,
la tendresse
Or, la construction de coalitions de gouvernement  soulève souvent  de gros problèmes et rend le pays ingouvernable: il  suffit d'avoir une culture historique et politique qui remontant seulement aux années 50 et au désordre institutionnel. 
Elle veut également "une constituante pour l’Europe". C'est ainsi qu'elle justifie sa candidature.

Il y aurait nécessité de lier ces deux élections, selon l'ancienne ministre du Logement. "Si c’est dans la présidentielle que se cristallise la politique, c’est au Parlement que doit s’exercer le pouvoir." Dans le courrier adressé aux adhérents d'EELV le 20 août et dans lequel elle officialise sa candidature, Cécile Duflot développe :
Le "parlementarisme" n'est pas une innovation: les Français en ont fait les frais. Mais Duflot maintient que cette question du rôle du parlement est centrale. Et, une fois encore nous ne devons pas oublier que l’élection présidentielle et les élections législatives qui suivront participent d’une même séquence politique. Ma candidature s’inscrit aussi dans cette logique : créer des passerelles entre les deux campagnes pour s’inscrire avec force dans le cycle qui s’annonce. La présidentielle ne doit pas aspirer toutes les énergies du mouvement au détriment des régions et des élections législatives.
Évoquant dans le JDD un "quinquennat raté pour l'écologie", Cécile Duflot ne veut pas "céder au renoncement" qu'elle dit avoir "vu de l'intérieur", dans une référence à peine voilée au départ d'Emmanuelle Cosse pour le gouvernement et aux nombreuses autres défections au sein d'Europe Écologie-Les Verts. 

Duflot évoque un "chemin" à prendre, "pas à pas." "Il faudra un jour un parlement écologiste, un président de la République écologiste", maintient la députée de Paris. Autrement dit un régime écologiste totalitaire. Dans un parti passé maître dans l'art de saborder ses têtes d'affiche, la voie de l'écologie ne sera pas un long fleuve tranquille.