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mardi 23 août 2016

Duflot déclare sa volonté d'être candidate à la présidentielle... et aux législatives 2017

Combien de ses ex-ministres en travers du chemin de Hollande, président sortant ?

Elle s'est cherché des parrainages

En ne se présentant pas, Nicolas Hulot a laissé la voie libre à l'ancienne ministre du Logement.
L'hypothèse d'une candidature de Nicolas Hulot à la présidentielle de 2017 suscitait plus d'enthousiasme que celle de Cécile Duflot, écologiste rouge et répressive. Le renoncement de son collègue modéré d'EELV a créé un appel d'air et, bien que détestée dans et hors de son milieu, elle  est pourtant entrée dans la course. "Il n'y a aucune urgence" à se décider maintenant", assurait-il fin juin au micro de RTL.

A 11 mois de l'élection, alors qu'elle n'atteignait pas 3% des intentions de vote, l'ancienne ministre du Logement, a lancé le lundi 27 juin un site internet pour obtenir soutien financier et parrainages à sa candidature écologiste.  Le site internet portait sa signature et apparaissait d'entrée de jeu comme son jouet, d'autant qu'elle s'était auto-désignée responsable éditoriale. "Je souhaite que l'écologie soit majoritaire. Moi je vais lancer un site internet parce que je veux que ces idées et ce projet soient représentés. Tout le monde se positionne sur des questions personnelles, moi je veux faire campagne pour l'écologie. Je serai peut-être candidate ou peut-être pas, mais je veux faire campagne pour l'écologie parce que ces valeurs-là ces idées-là on doit les défendre aujourd'hui," avait-elle expliqué au micro de France Inter.

"Vous êtes pour l'écologie ? Alors dites-le," exhortait l'ancienne ministre de Jean-Marc Ayrault, désormais farouche opposante à Manuel Valls, qui veut créer une "dynamique collective". Sans se dévoiler, elle lança un appel à des chèques en blanc.  "Dans notre système électoral, la participation à la présidentielle est conditionnée par l'obtention de 500 parrainages d'élu-e-s. En pratique, les maires sont les plus nombreux.Si vous en connaissez un ou une qui pourraient parrainer une candidature écologiste, indiquez-le nous !" lançait-elle. "On verra s'il y a des centaines, des milliers, des centaines de milliers de gens qui ont envie que l'écologie soit présente dans le débat de l'année qui vient" avait-elle fait valoir sur France Inter. 

Cécile Duflot peut-elle se pousser et nuire à Hollande ? Une hypothèse seulement valable en cas d'absence de Nicolas Hulot, derrière lequel elle annoncé qu'elle se rangerait. Selon une motion votée fin 2015, les élus locaux écologistes devront s'engager à parrainer le ou la candidate qui sera désigné(e) par le parti pour l'élection présidentielle, afin de réduire les difficultés liées à la quête des 500 parrainages.

L'écologie, vecteur de ses ambitions personnelles

Avec son compagnon, Xavier Cantat,
frère de Bertrand Cantat
Désormais officiellement candidate à la candidature à la présidentielle depuis le 20 août, Cécile Duflot est prête à faire le don de sa plantureuse personne, avec cette particularité que,
par conviction pour ses chances de réussite, elle est également candidate aux législatives. Ce dimanche, elle rappelait vouloir également concourir pour... les législatives ! Un acte de candidature déjà posé en février et auquel elle ne renonce pas malgré ses ambitions élyséennes. Elle veut inverser le calendrier électoral avec des législatives précédant la présidentielle.  C'est dire que sa participation à la primaire est un test grandeur nature de sa capacité de nuisance.  Une double candidature qui s'inscrit dans sa volonté de transfert du pouvoir réel de la présidence de la République au Parlement. En d'autres termes, le transfert du chaos d'EELV à l'Etat: la VIe République ! 
Outre "le retour au calendrier électoral dans lequel les législatives précèdent la présidentielle", un septennat "non renouvelable".

Les difficultés chroniques du parti écologiste à percer, élection après élection, l'ont convaincue que 
Les camarades MG. Buffet (communiste),
M. Aubry (frondeuse socialiste) et
 Cécile Duflot 
(écologiste radicale)
le système électoral de la Ve République ne laisse que peu de chances aux partis sans impact sur l'électorat. C'est pourquoi, les groupes politiques subalternes décrètent que  "la Ve République est épuisée" et que "le présidentialisme est en train de tuer la démocratie"
Cécile Duflot veut passer à la... "démocratie augmentée". En clair, l'ancienne patronne d'EELV milite pour "l’instauration d’une proportionnelle qui permette de dégager une majorité (ce que le système majoritaire ne parvient déjà que trop bien à faire, pour le bien de la stabilité politique du pays) et de construire une coalition de projets". 
Cécile Duflot et Eva Joly,
la tendresse
Or, la construction de coalitions de gouvernement  soulève souvent  de gros problèmes et rend le pays ingouvernable: il  suffit d'avoir une culture historique et politique qui remontant seulement aux années 50 et au désordre institutionnel. 
Elle veut également "une constituante pour l’Europe". C'est ainsi qu'elle justifie sa candidature.

Il y aurait nécessité de lier ces deux élections, selon l'ancienne ministre du Logement. "Si c’est dans la présidentielle que se cristallise la politique, c’est au Parlement que doit s’exercer le pouvoir." Dans le courrier adressé aux adhérents d'EELV le 20 août et dans lequel elle officialise sa candidature, Cécile Duflot développe :
Le "parlementarisme" n'est pas une innovation: les Français en ont fait les frais. Mais Duflot maintient que cette question du rôle du parlement est centrale. Et, une fois encore nous ne devons pas oublier que l’élection présidentielle et les élections législatives qui suivront participent d’une même séquence politique. Ma candidature s’inscrit aussi dans cette logique : créer des passerelles entre les deux campagnes pour s’inscrire avec force dans le cycle qui s’annonce. La présidentielle ne doit pas aspirer toutes les énergies du mouvement au détriment des régions et des élections législatives.
Évoquant dans le JDD un "quinquennat raté pour l'écologie", Cécile Duflot ne veut pas "céder au renoncement" qu'elle dit avoir "vu de l'intérieur", dans une référence à peine voilée au départ d'Emmanuelle Cosse pour le gouvernement et aux nombreuses autres défections au sein d'Europe Écologie-Les Verts. 

Duflot évoque un "chemin" à prendre, "pas à pas." "Il faudra un jour un parlement écologiste, un président de la République écologiste", maintient la députée de Paris. Autrement dit un régime écologiste totalitaire. Dans un parti passé maître dans l'art de saborder ses têtes d'affiche, la voie de l'écologie ne sera pas un long fleuve tranquille.

mardi 16 août 2016

Primaire 2017: le frondeur Benoît Hamon se lance dans la course socialiste à l'Elysée

Devançant Montebourg, l’ex-ministre éphémère de l’Education nationale s'est officiellement déclaré candidat à la primaire du PS

"Oui, je suis candidat à l’élection présidentielle".
 
Le socialiste Benoît Hamon a officialisé, ce mardi, sa candidature à l’élection présidentielle au JT de 20 heures de France 2. Lors d'un entretien réservé au journal communiste l'Humanité, il avait déclaré, le 3 septembre 2015: "Oui. S’il devait y avoir une primaire à gauche, je n’exclus pas d’y participer", devançant ainsi le projet de primaires à gauche.

En crise de la cinquantaine, l’ex-ministre
, pendant quatre mois,  de l’Education nationale - le seul poste qu'il ait occupé en pleine responsabilité, après avoir été ministre délégué à l'Economie sociale - , s'était fait harakiri après avoir dénoncé le virage social-libéral pris par le gouvernement Valls. Suite à ses prises de positions contestatrices contraires à la ligne du gouvernement, avec Arnaud Montebourg, il avait été chassé de l'exécutif.

Si le détail de son programme n’a pas encore été évoqué, Hamon en a présenté l'ébauche à l’antenne : réduire le temps de travail, instaurer un revenu universel, booster l’économie sociale et solidaire et plus généralement, l’économie alternative. Et l'ouverture aux étrangers des droits de vote et de candidature aux élections locales.

Casser la Ve pour une VIe République

"Il faut changer le modèle de développement", a-t-il jugé. Avant d’ajouter qu’il souhaite mettre en place une "sixième république", estimant que la "cinquième est une machine à trahir". "Les électeurs sont sans voix entre les deux scrutins présidentiels. La meilleure preuve est la manière dont la loi Travail leur a été imposée, alors qu’ils n’en veulent pas".

"Pourquoi ne pas faire liste commune avec Arnaud Montebourg ?", lui aussi parti de l’équipe des ministres, suite à ses désaccords avec le gouvernement, demande Julian Bugier. Benoît Hamon répond à moitié à la question, évoquant un rapprochement possible dans un second temps.

Le journaliste l’interroge enfin sur la primaire socialiste : "Avez-vous des garanties; êtes-vous sûr qu’elle se tiendra ?". "Je souhaite que cette primaire ait lieu", commence par déclarer Hamon, avant d’ajouter : "Mais je suis candidat à l’élection présidentielle".

L’ancien ministre qui avait refusé avec fracas de participer à un gouvernement Valls – après avoir pourtant œuvré au départ de Jean-Marc Ayrault de Matignon – avance aussi ses pions en coulisses. 
Ses proches ont déposé, le 22 juillet,  les statuts de son association "Les Amis de Benoît Hamon" à la préfecture des Hauts-de-Seine, avec pour objectif de "recueillir les fonds destinés au seul financement du parti politique Association Alpis", qui lui permettrait de faire campagne.

dimanche 22 mai 2016

Les gauches du PS règlent des comptes avec Hollande

Hollande, cible d'un complot des gauches de la gauche du PS?

Jean-Luc Mélenchon et d'autres ne désespèrent pas de faire aboutir une motion de censure

"Le 49-3, ce n'est pas fini", assure Mélenchon à qui veut bien l'entendre, fort de l'action jusqu'au-boutiste de la CGT et François Hollande doit prendre au sérieux ce scénario qui retentirait comme le tonnerre dans l'opinion parce qu'initiée par les gauches de la gauche à l'Assemblée, en cas de nouveau recours au 49-3 sur la loi El-Khomri.  Celle-ci doit revenir en deuxième lecture devant l'Assemblée, après améliorations par les sénateurs et l'ancien socialiste et ex-candidat du Front de gauche à l'élection présidentielle demeure persuadé que le vote d'une motion de censure, déposée par des députés des gauches de la gauche et des frondeurs, et adoptée avec la complicité de la droite, est un objectif accessible. A l’Elysée, François Hollande suit le dossier attentivement.

Ce n'est pas tant Macron et ses ambitions qui l'inquiètent, que l'adoption d'une motion  de gauche provoquée par  un nécessaire nouveau recours à l'article 49-3 sur la Loi Travail.  A compter du 15 juin, nous serons en effet à un an des élections législatives qui feront suite à la présidentielle dont le second tour aura lieu début mai de l'an prochain. C'est alors que se percuteront le problème de François Hollande et les opportunités qu'évalue Jean-Luc Mélenchon. 
A tout moment, le président de la République peut dissoudre l'Assemblée nationale comme l'y autorise la Constitution. Soit pour donner aux Français l'occasion d'harmoniser la majorité parlementaire à une nouvelle majorité présidentielle, comme Mitterrand en 1981 et 1988). Soit pour tenter de se donner une chance de conserver la majorité avant l'échéance prévue, prenant les Français de court (c'est l'exemple de Chirac en 1997). Soit dans le but de sortir d'une crise politique nationale (expérience de de Gaulle après mai 1968). Soit parce que le gouvernement vient d'être renversé par l'Assemblée nationale, ce dernier cas de figure ne s'étant présenté qu'une fois depuis l'entrée en vigueur de la Ve République, en 1962: Pompidou renversé, de Gaulle avait dissous. Mais c'était de Gaulle, au temps de sa légitimité indiscutée, régulièrement entretenue par référendum. 
Or, cette faculté de dissoudre est limitée: le président ne peut dissoudre dans l'année qui suit une dissolution. Ce qui signifie qu'en cas de motion de censure, imposée le 15 juin, il ne serait plus ensuite possible de dissoudre avant un an. Le tout avec une élection présidentielle entre ces deux dates. En clair, passé la mi-juin 2016, l'adoption d'une motion de censure, pour cause de recours à l'article 49-3 engagé sur la loi El-Khomri, limiterait la marge de manoeuvre à venir de Hollande. Un nouveau vote de motion de censure plongerait le président Hollande dans une crise de régime, parce que contraint de renoncer, à quelques mois de l'élection présidentielle, à la dissolution. Une dissolution enclencherait un désordre politique ingérable, institutionnel et politique, qu'il serait impossible de maîtriser. 

Peut-on sérieusement imaginer des législatives anticipées à quelques mois d'une élection présidentielle?
 
Et une cohabitation? Et une victoire de Hollande à la présidentielle? 
Un délai d'un an entre deux dissolutions est un scénario catastrophe pour l'activité économique et administrative du pays, figé dans l'attente. Après le vote d'une motion de censure de trop, Hollande ne serait plus en capacité constitutionnelle de dissoudre. 
Mais le président hésiterait-il à faire du chantage au chaos institutionnel, lui qui use et abuse du terrorisme et de tire sur la ficelle de l'état d'urgence ? On voit mal Hollande en fin de quinquennat prendre des gants avec la Ve République et la réduire à une IVe pour mieux imposer la VIe à son successeur. 

L'opposition de droite, de Sarkozy à Juppé, en passant par Dupont-Aignan, laisserait-elle la statue François Hollande s'écraser ? Elle s'est toujours refusée à conclure une quelconque alliance objective avec Mélenchon, comme le FN de Marine Le Pen avec les gauches de la gauche, bien qu'ils aient recueilli nombre de leurs migrants politiques et syndicaux. Pourrait-elle laisser passer la chance de censurer le gouvernement, alors que le risque de dissolution est réduit à néant ? Le pays pourra-t-il attendre que l'Etat-PS se fracasse ou la rue précipitera-t-elle ce quinquennat vers sa fin ? Les gauches de la gauche rêvent-elles de se reconstruire sur les ruines du PS, comme le PS qui tente de se perfuser au sang anémié des écolos après qu'ils ont fait eux-mêmes imploser leur parti, Europe Ecologie-les Verts. Se hâter vers le chaos  pour en finir au plus vite et dans l'intérêt de la nation avec un PS dénaturé par le  social-libéralisme.
 
Les radicaux, Mélenchon, Duflot et aujourd'hui Montebourg, candidat par défaut de bien des frondeurs socialistes, répugneraient-ils à une défaite historique consentie de grande ampleur en 2017 qui permettrait à la gauche de se reconstruire pour  2022, sur le modèle idéologique porté par Jeremy Corbyn au Royaume-Uni. Il a toutefois manqué deux députés pour atteindre les 58 signatures nécessaires au dépôt d'une motion de censure des gauches, avec la complicité des amis de Martine Aubry pourtant présentée comme la grande prêtresse de la fronde socialiste...

Mélenchon ne renonce pas à convaincre des socialistes légitimistes Il continue de proclamer que "Ce n'est pas fini le 49-3 !" Et voilà pourquoi, aussi, Montebourg pourrait inciter ses troupes à appuyer sur le bouton rouge de la force de frappe lors du vote d'une motion de censure. 

La question de l'intérêt de la droite ne se pose même pas, puisque Hollande est en déséquilibre au bord du précipice. De promesses en reculades et de coups de poker en coups de force, le pouvoir peut précipiter sa propre chute.
L'exécutif démontre chaque jour que le PS au pouvoir est synonyme de désordre et de fractures et qu'il est  irrécupérable.  François Hollande n'a plus de majorité. De même que Marine Le Pen (!), il ne peut plus remporter seul l'élection présidentielle. Une primaire à gauche contribuerait à un déballage nauséabond et ferait des ravages difficilement surmontables avant longtemps, comme l'hémorragie de militants et d'élus qu'elle ne manquerait pas d'entraîner. La primaire de la droite et du centre s'expose à un écueil comparable de moindre ampleur, espère-t-on, dans de meilleures conditions. 
La tentation d'une dissolution provoquée par la droite n'est pas pressante, puisque, sans s'exposer à la critique, il peut laisser le temps accomplir son oeuvre, le quinquennat marchant vers son auto-destruction, un jour en brandissant la menace ou la force et, le lendemain, manifestant sa faiblesse et don errance, d'autant que le risque de voir Hollande passer devant le candidat LR au premier tour de l'élection présidentielle et moindre que celui de ne pas être au second. 
Face à l'adoption d'une motion de censure pour cause de 49-3, il n'est pas une solution qui serait susceptible d'offrir une bouée  efficace au capitaine de pédalo. Reste la carte Emmanuel Macron, mais les gauches du PS n'en seraient que plus exaspérées. Mais alors qui ? 

lundi 5 octobre 2015

Rapport sur les institutions: "hors sujet", selon le président du Sénat

Entre tiède et... nul et non avenu !

"Je ne donne pas de note, mais un jugement : hors sujet !" 

Enceinte du Sénat
"Nos réponses, pour le reste, sont radicalement différentes", si je partage l'observation de base - la perte de la confiance des citoyens dans les politiques - estime le président du Sénat, dans un entretien avec le Journal du Dimanche (JDD).

"Claude Bartolone pense que la réponse est institutionnelle. Je pense que la crise est responsable de ce divorce, et qu'il faut d'abord répondre aux angoisses des Français : l'emploi, la crise d'identité, les questions de sécurité", ajoute Gérard Larcher (LR).

Selon G. Larcher, "cette défiance naît également de la perte de crédit de la parole politique due aux excès des promesses de campagnes électorales qui se heurtent au mur des réalités, à commencer par la promesse non tenue de François Hollande d'inverser la courbe du chômage".

Le rapport modestement intitulé "Refaire la démocratie"

Le fruit des réflexions du groupe de travail sur "l'avenir des institutions", lancé à l'automne 2014 par le président de l'Assemblée, Claude Bartolone (PS), qui l'a lui-même co-présidé avec l'historien Michel Winock, a été présenté vendredi.

Le document sur la réforme des institutions vise à restaurer le lien entre les Français et leurs représentants.
Il recommande 
- un maximum de trois mandats successifs pour les parlementaires, 
- une proportionnelle aux législatives, 

Mais pas de VIe République.
"Favorable au septennat non renouvelable parce que je pense que cela permet de faire des réformes sans préoccupations électoralistes", le président du Sénat est "convaincu" que "ce n'est pas l'urgence". 
Il est aussi "favorable à la réduction du nombre de parlementaires mais, attention : il faut sortir du seul critère démographique. Les départements ruraux peu peuplés doivent être mieux représentés".

Quant au "rôle du sénat", il permet "la représentation des territoires, le dialogue avec l'Assemblée nationale et la stabilité institutionnelle". Une grande démocratie ne peut pas changer de Constitution au gré des alternances politiques ou des changements de président. Il faut qu'il y ait un stabilisateur des pulsions politiques. Et le stabilisateur, c'est nous", réaffirme Gérard. Larcher.


jeudi 4 décembre 2014

Parlementarisme: la gauche instrumentalise la cause palestinienne

Reconnaissance de la Palestine : pour la LDJ, les députés sont des "nazis"

Les députés doivent-ils décider de tout, à la place du Président élu au suffrage universel ? 
La majorité présidentielle a adopté une résolution clivante de l'Assemblée en faveur de  la reconnaissance de l'Etat palestinien par 339 votes pour et 151 contre, mardi 2 décembre. Ce vote des députés français, dont étaient exclus les sénateurs et qui n'a aucun valeur contraignante sur le gouvernement, a provoqué de nombreuses réactions. La quasi-totalité des élus de gauche - les socialistes, les écologistes, le Front de gauche, une partie des radicaux de gauche dans leur grande majorité- a voté pour le texte, tandis que la grande majorité de l'UMP et de l'UDI a voté contre. On dénombre, en outre, 16 abstentions, alors que 68 députés n'ont pas pris part au scrutin. 
Ainsi, cette opération politicienne aura-telle rassemblé la gauche -du parti communiste aux frondeurs socialistes- qui s'oppose à l'exécutif, alors qu'au moment de la rentrée parlementaire 2014, 63% des Français souhaitaient une dissolution de l'Assemblée nationale, selon un sondage de l'institut 0doxa paru mercredi 27 août dans "Le Parisien/Aujourd'hui en France".

"La résolution, c'est pour expliquer. La loi, c'est pour agir" (président Accoyer). Et celle-ci avait pour principale vertu d'afficher un instant de rassemblement de la gauche française, à défaut de recoller les morceaux d'une Palestine éclatée entre le Fatah (Mouvement de Libération de la Palestine, membre de l'Internationale socialiste) de Mahmoud Abbas et le Hamas (Mouvement de résistance islamique ), des brigades armées et terroristes, principalement actif à Gaza. 

Il n'appartient pas au Parlement, mais à l'exécutif seul, de se positionner sur le sujet. Certains opposants à la résolution sur la reconnaissance de l'Etat palestinien le rappellent, mais la presse vulgarisatrice omet de préciser que si elle n'est pas contraignante comme une loi ou un décret, c'est qu'elle n'est qu'une possibilité offerte aux députés (et sénateurs, qui en l'occurrence n'ont pas éprouvé la même impérieuse nécessité!) d' "exprimer un avis sur une question de leur choix et dans certaines limites".  Les partisans du retour au parlementarisme leur opposent un besoin de renforcement des pouvoirs du Parlement. Mais la constitution tranche le débat que ces derniers tentent d'ouvrir: "Ne peuvent être à l'ordre du jour les propositions de résolution dont le gouvernement estime que leur adoption ou leur rejet serait de nature à mettre en cause sa responsabilité ou qu'elles contiennent des injonctions à son égard". 
Or, l'usage a fait que les doléances des députés se sont toujours adressées principalement aux institutions européennes, avec pour seules exceptions les résolutions demandant la création d'une commission d'enquête parlementaire ou une modification du règlement de l'Assembléen et n'avaient pas jusqu'ici respecté la séparation des pouvoirs en n'interférant pas avec la sphère régalienne, dont la justice, la diplomatie et la défense.

C’est "au chef de l’Etat, qui est le chef des armées et de la diplomatie, de prendre position" sur une question de politique étrangère, et non à l’Assemblée nationale, a fait valoir  l’UMP Christian Jacob pour justifier son intention de ne pas voter la résolution.
La résolution du PS qui énonce que "l’Assemblée nationale […] invite le gouvernement français à reconnaître l’État de Palestine", est en effet tout simplement hors sujet.  La diplomatie n'est pas de leur compétence, bien qu'elle souhaite se mêler de tout, avec le soutien des parlementaristes qui travaillent sans relâche à l'affaiblissement du pouvoir du président. Et le président Hollande, qualifié de "gauche molle", s'y est prêté. En participant au renforcement des pouvoirs du Parlement, le patron du groupe socialiste, Bruno Le Roux, tout godillot qu'il soit, a contribué à l'effritement de la puissance régalienne. 

Face à la poussée parlementariste, Pierre Lellouche (UMP), spécialiste des questions diplomatiques, a défendu les prérogatives du présidentA la tribune, vendredi, lors des débats sur le texte, il a défendu "l’esprit de nos institutions qui consacre […] ce que l’on appelait jadis le "domaine réservé" du Président de la République". Il a interpellé ses confrères sur la question de savoir si "le Parlement français a vocation à "se faire périodiquement plaisir" – comme le fait le Parlement européen – en multipliant les "vœux" sur toutes sortes de sujets"
Même le PRG Roger-Gérard Schwartzenberg, dans un discours tournant tout naturellement au cours de droit constitutionnel a appelé à "respecter la séparation des pouvoirs et la répartition des compétences entre le législatif et l’exécutif, à savoir le chef de l’État, chargé de diriger la politique étrangère" : "C’est à l’exécutif qu’il appartient de décider de la diplomatie française". Il faut aussi préciser à Laure Equy, la petite journaliste de Libération qui choisit ses experts en fonction de la psittacose du microcosme dont elle est la porte-parole, que l'avis de R.-G. Schwartzenberg vaut bien le sien, puisqu'il est professeur émérite de droit public à l'université Panthéon-Assas, et qu'il a, quant à lui, le respect des institutions. 
Concéder que "certes, la Constitution accorde une prérogative au président de la République sur les sujets de politiques étrangère" et ne pas en tirer les conséquences qui s'imposent, en dit long sur l'état de déliquescence dans lequel la presse hollandienne plonge l'esprit républ icain. On ne doit pas affaiblir le président élu au suffrage universel en prétextant qu'une majorité parlementaire aléatoire pourrait engager l'avenir au motif qu'elle saurait mieux à un moment donné.

Le Parlement a reçu la faculté d’exprimer un avis solennel, mais "une résolution n’est pas un engagement législatif, elle n’interfère pas sur la fabrique de la loi". C’est Jacques Chaban-Delmasqui avait explicité le "domaine réservé" du président de la Ve République, en 1959 devant le congrès de l’UNR : "
Le secteur présidentiel comprend l’Algérie, sans oublier le Sahara, la Communauté franco-africaine, la défense et les affaires étrangères", avait-il rappelé, alors qu'il était pourtant président de l’Assemblée nationale.

Le Sénat et l’Assemblée nationale sont bien dotés de commissions des affaires étrangères et de groupes d’amitié destinés à resserrer les liens diplomatiques, mais le Parlement n'a pas la direction de la politique étrangère. Des chefs d’Etat et de gouvernement sont régulièrement reçus dans l’hémicycle de l’Assemblée, mais la courtoisie et l'amitié ne créent pas le droit. En cas d’intervention des forces armées, l’Assemblée a bien son mot à dire, mais ses pouvoirs sont limités, dans le respect des prérogatives du président et de l'équilibre des pouvoirs. S’il décide d’engager les forces armées à l’étranger, le gouvernement doit en informer le Parlement, lors d’un débat sans vote. Et si l’intervention dure plus de quatre mois, le Parlement doit donner son feu vert à une prolongation. C’est d’ailleurs ce dont débattront les députés le 13 janvier prochain, quatre mois après le début des frappes aériennes françaises en Irak. Ce qui a peu à voir avec la Palestine.



La Ligue de défense juive a donc vivement réagi à l'interférence des députés de gauche 

Y voyant une agression par importation en France du conflit israëlo-palestinien, elle a qualifié de "nazis" les députés qui ont voté l'adoption mardi de la résolution sur la reconnaisse de l'Etat palestinien.
339 députés nazis en France viennent de voter pour la reconnaissance de la Palestine (150 contre). L'Etat Nazislamiste est reconnu !
— LDJ Paris (@LDJ_France) December 2, 2014
Le vote de ces 339 députés français partisans "va éloigner les possibilités d’arriver à un accord" de paix, a également réagi mardi dans un communiqué l’ambassade d’Israël en France. Ce vote "envoie un message erroné aux leaders et aux peuples de la région", a ajouté l’ambassade dans ce communiqué, publié peu après l’adoption de la résolution invitant le gouvernement à reconnaître l’Etat palestinien.

Les partisans du texte se félicitent de son adoption

Les Palestiniens ont aussitôt appelé le gouvernement à  traduire la résolution en acte. Le ministre palestinien des Affaires étrangères Riyad al-Malki a "remercié le Parlement et le peuple français" après cette manifestation à forte portée symbolique par laquelle les députés français invitent le gouvernement -qui a autorisé ce débat suivi d'un vote- à reconnaître l’Etat de PalestineLa présidence palestinienne a, elle, salué une "décision courageuse (...) qui relance l’avenir de la paix en Palestine et dans la région, dans l’intérêt de la solution à deux Etats avec l’instauration d’un Etat indépendant de Palestine dans les frontières de 1967 et avec Jérusalem-Est pour capitale".
Hanane Achraoui, une dirigeante de l’OLP (Organisation - politique et paramilitaire - de libération de la Palestine, composée de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah), n'a pas tardé à appeler dans un communiqué "le gouvernement français à traduire le vote de son Parlement en acte". 
De son côté, le Hamas islamiste, qui refuse de céder le pouvoir à l’Autorité palestinienne à Gaza, a estimé que ce texte "reflète les appels à travers le monde à donner aux Palestiniens leurs droits", selon  son porte-parole à Gaza.

L'extrême gauche française se réjouit
En France, Pierre Laurent, le secrétaire national du PCF, a longuement déclaré : "Les communistes se félicitent du pas franchi par les députés français, un pas qui était attendu d’eux par tous les pacifistes qui veulent la réussite d’une solution à deux États. C’est la voix du droit qui l’a emporté (...) La France a de grandes responsabilités de par sa position de membre permanent du Conseil de sécurité. En appuyant la demande de l’autorité palestinienne, la France peut retrouver un rôle positif sur la scène internationale. Le temps n’est plus aux tergiversations (...) Le moment est venu, monsieur François Hollande, pour une paix juste et durable au Proche-Orient. La reconnaissance de l’État de Palestine, c’est maintenant !"
Du côté trotskiste du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), on pavoise aussi, en entretenant les hostilités: "Ne boudons pas notre plaisir : comme lors de l’admission de la Palestine à l’ONU, comme "État non-membre", en novembre 2012, les mines déconfites des partisans de l’État d’Israël, qui constatent que ce dernier n’est pas intouchable, sont pour le moins réjouissantes. Mais ne nous y trompons pas (...) L’urgence de l’heure n’est pas à la reconnaissance d’un État qui n’existe pas, mais bel et bien au boycott total d’Israël et aux sanctions contre un État qui jouit d’une lamentable impunité internationale».

"J'aurais amendé la résolution sur la Palestine"

S'il avait été député PS,
Julien Dray n'aurait "pas voté telle quelle la résolution sur la reconnaissance de la Palestine" proposée par les parlementaires socialistes, avec l'accord du président Hollande. "Je pense qu'elle est déséquilibrée. Il manque une formule sur la sécurité de l'Etat d'Israël", estime-t-il. "Dans ce conflit, il n'y a pas les gentils et les méchants. Il ne faut pas avoir de vision manichéenne."

VOIR et ENTENDRE toutefois le point de vue de Julien Dray (PS) sur les atteintes antisémitistes qui se multiplient en France et les pressions de la gauche extrême pour la reconnaissande de la Palestine :



dimanche 23 novembre 2014

Mélenchon inspire une mauvaise opinion chez deux Français sur trois

26% des personnes interrogées ont même une "très mauvaise opinion" de Jean-Luc Mélenchon

40% ont une "plutôt mauvaise" opinion, 28% une "plutôt bonne" et 5% une "très bonne"


Parmi les qualificatifs proposés (!), les plus souvent choisis pour le définir sont "impulsif": 78% trouvent qu'il s'applique "plutôt bien" à lui, "agressif" (68%), "qui a des convictions profondes" (67%) et "populiste" (67%). 
Les deux tiers des Français (66%) ont de lui une mauvaise opinion, selon un sondage Odoxa publié dimanche dans Le Parisien/Aujourd'hui en France. 
Mais 62% seraient favorables à une VIème République, dont ils n'ont pas idée qu'elle serait un retour au chaos de la IVe et c'est pourquoi elle est l'une des idées forces de l'ancien candidat de l'extrême gauche à la présidentielle. 

C'est Martine Aubry qui incarnerait "le mieux les idées de gauche"

Interrogés sur l'éventuelle "mise en place d'une VIe République donnant davantage de pouvoirs au parlement et moins de pouvoirs au président"62% des sondés sont des nostalgiques de la IVe République, des Français de moins de 50 ans, trop jeunes pour savoir, ou ignorants, qui s'y déclarent favorables, contre 37% opposés (1% sans opinion, à nouveau).

Devoir de mémoire
Le régime politique que préconise la gauche radicale consisterait à rétablir l'instabilité gouvernementale chronique qu'a connue la IVe République. Caractérisée par un parlementarisme favorisant les combinaisons partisanes, l'impuissance du Parlement et l'incapacité des pouvoirs publics à résoudre les conflits extérieurs (en Algérie, par exemple), la Quatrième République est morte de mort lente. Ainsi, Henri Queuille a-t-il établi le record de stabilité avec 13 mois (du 11-09-1948 au 06-10-1949). Mais Léon Blum est resté 1 mois au pouvoir (du 16-12-1946 au 16-01-1947) et Pierre Pflimlin 16 jours (du 12-05-1958 au 28-05-1958)... Et Christian Pineau ? 1 jour, en février 1955 !

63% s'imaginent qu'en matière économique et sociale, les idées de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont "éloignées" (36% "plutôt éloignées" et 27% "très éloignées") contre 36% qui les considèrent "proches" (31% "plutôt" et 5% "très"). 1% sont sans opinion.

Pour 27% d'entre eux, Jean-Luc Mélenchon est la personnalité qui "incarne le mieux les idées de gauche", derrière Martine Aubry (40%) et devant Manuel Valls (24%) et Cécile Duflot (7%). 2% ne choisissent aucune de ces quatre personnalités.

Sondage réalisé par internet les 20 et 21 novembre auprès d'un échantillon de 1.012, représentatif de la population française adulte (méthode des quotas).

lundi 8 avril 2013

5 mai: Eva Joly fera front commun avec Mélenchon contre Hollande

Eva Joly et Europe Ecologie-les Verts se radicalisent

"J'irai manifester le 5 mai avec Jean-Luc Mélenchon"

Joly Eva et Duflot Cécile

La candidate des Verts a fustigé le scandale de l'affaire Cahuzac lundi matin sur BFMTV et "les mesures insuffisantes" qui ne permettent pas aujourd'hui de lutter véritablement contre la fraude fiscale.

Appel au "vent de révolte" dans la rue le 5 mai

"Je serai dans la rue et
je pense que beaucoup de militants EELV seront aussi dans la rue", a-t-elle expliqué, s'associant à l'initiative lancée vendredi par Jean-Luc Mélenchonmais refusant toutefois de se prononcer sur la présence ou non des ministres Cécile Duflot et Pascal Canfin

Une annonce saluée d'un tweet par Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche.

"Nous voulons un vrai combat pour lutter contre la fraude fiscale", a-t-elle asséné.
Et d'énumérer les mesures prioritaires à prendre: "la fin du cumul des mandats tout de suite, une autre loi sur la finance et que la France demande à l'Europe l'obligation pour l'ensemble des établissements financiers de la planète de transmettre les informations sur leurs comptes", comme le prévoit notamment la loi Facta américaine ("Foreign account tax compliance act").

Hollande et Ayrault, d'une "naïveté coupable"

Interrogée sur le rôle de François Hollande et Jean-Marc Ayrault dans cette affaire, Eva Joly a dénoncé "une naïveté coupable". "Tout était sur la table. Ils ont été d'une naïveté coupable", a-t-elle fustigé à l'intention de l'exécutif.

Quant à Pierre Moscovici, Eva Joly a jugé qu'il y avait "un mélange des genres très gênant". "Il a mis le gouvernement dans une situation impossible. Je pense qu'il a utilisé les moyens de l'administration et que cela a créé un conflit d'intérêts qui n'aurait pas du être. S'il a couvert sciemment son ministre délégué, il doit démissionner. Je pense que nous finirons par tout savoir."


"Que les ministres publient leur déclaration de patrimoine"

Interrogée sur la contestation qui gronde et la crise de régime liée à l'affaire Cahuzac, Eva Joly a estimé qu'il est sans doute temps de tourner une page. "On ne peut pas solliciter le suffrage de ses concitoyens et avoir des casseroles", a-t-elle tranché, évoquant une Ve république à bout de souffle.

Plusieurs ministres, notamment Vincent Peillon et Arnaud Montebourg, appellent une VIe république de leurs voeux.
Ils devraient logiquement se joindre aux ministres EELV, C. Duflot et P. Canfin, qui ont porté la candidature de la magistrate à la présidentielle de 2012...

Et d'appeler de ses voeux une "opération mains propres" à la française. 
Enfin, rappelant que plusieurs ministres et élus avaient déjà diffusé publiquement leur déclaration de patrimoine, à l'image de Cécile Duflot, Laurent Wauquiez ou encore Marie-Arlette Carlotti, Eva Joly a réclamé que tous les ministres suivent leur exemple.


Comme si Laurent Fabius et Pierre Moscovici n'avaeint pas déjà assez de soucis sans ça...
En effet, ils seraient à des titres divers impliqués dans l'affaire Cahuzac et l'exil fiscal.