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jeudi 2 mai 2019

1er mai à la Pitié-Salpêtrière : les mensonges des autorités confirmés par une nouvelle vidéo

La version officielle est une dramatisation politicienne malsaine
"A la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital," avait grondé Castaner

Image associéeLe ministre de l'Intérieur Christophe Castaner est désormais accusé de "mensonge", un an après l'affaire Benalla, ancrant dans les esprits la notion de mensonge permanent au sommet de l'Etat

Dans les deux cas, des documents et des témoignages contredisent en effet les allégations macroniennes qui désignent à la vindicte populaire les deux bêtes noires du gouvernement, gilets jaunes et black bloc.
"Ici, à la Pitié-Salpêtrière, on a attaqué un hôpital. On a agressé son personnel soignant. Et on a blessé un policier mobilisé pour le protéger. Indéfectible soutien à nos forces de l’ordre : elles sont la fierté de la République", a ainsi tweeté le premier flic de France. "Nos forces de l'ordre sont intervenues pour sauver le service de réanimation", a même insisté le ministre devant la presse.
Or, tous les éléments réunis dès le lendemain des faits indiquent que l'intrusion n'a rien de commun avec l'ampleur décrite par les histrions au pouvoir. Les infirmiers et urgentistes de La Pitié-Salpêtrière tentent d'empêcher l'accès à des manifestants à leur service
Si un petit groupe de manifestants a effectivement pénétré dans l'hôpital, il n'est pas entré dans le service de réanimation de public, les vidéos et témoignages rassemblés, ainsi que le bilan des dégâts, en font fois et contredisent la version d'un raid.

Dans la chaîne officielle des accusateurs,
citons un médecin, le professeur Mathieu Raux, qui accuse les "réfugiés" d'un vol de "l'ensemble du matériel informatique du service":

Résumons : le professeur Mathieu Raux de la Pitié-Salpêtrière atteste que l'ensemble du système informatique d'un service a été vandalisé, mais ce serait tout de même une fake news de dire que des manifestants s'en sont pris à cet hôpital ? Ce pays va mal.https://t.co/rZIqOEd5yr
on trouve aussi la directrice de l'hôpital, Marie-Anne Ruder, qui n'a pas mieux à faire que de formuler son faux-témoignage à l'antenne de RTL:
Puis Martin Hirsch, patron de l'AP-HP : 

Et d'ajouter :

La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a été plus circonspecte.

L'AFP transforme des tentatives en actes délictueux. 
"Plusieurs personnes ont tenté de pénétrer, via une passerelle, au sein du service de réanimation chirurgicale. Une cinquantaine d'entre elles étaient montée sur cette passerelle, selon des témoins [qui ne sont pas identifiés !]. Le secret des sources autorisent aux journalistes toutes les manipulations...

Un interne de l'hôpital infirme les accusations d'attaque, selon Castaner :

L'AFP colle toujours à la thèse officielle, évoquant "la confusion [qui] règne toujours au lendemain de l'intrusion d'individus dans l'enceinte de l'hôpital parisien. Edouard Philippe s'est élevé contre un acte "totalement irresponsable", et l'agence de presse n'hésite pas à dénoncer "des membres de l'opposition [qui] accusent le gouvernement d'instrumentaliser l'incident".

Pour quelles raisons des individus ont-ils pénétré dans l'enceinte de l'hôpital de la Pitié Salpêtrière? 
L'enquête déterminera s'il y a eu volonté d'envahissement d'un hôpital ou nécessité pour des manifestants "nassés" de chercher refuge contre les forces de l'ordre et leurs grenades lacrymogènes. 
Ce qui est avéré par l'AP-HP, c'est que l'accusation de vols d'ordinateurs à l'intérieur de l'hôpital est pure diabolisation visant à donner des manifestants l'image de délinquants. Or, "à ce stade aucun lien ne peut être fait" avec l'intrusion de manifestants lors du défilé du 1er mai, a commenté la direction de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dirigée par Martin Hirsch.
Suite à la dénonciation par Castaner d'une "attaque" de l'hôpital, Jean-Luc Mélenchon accuse le ministre de l'Intérieur de "mensonge". 

Une nouvelle vidéo, filmée depuis l'intérieur du service, a depuis été publiée jeudi 2 mai dans l'après-midi.
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Les "attaquants" ne sont visiblement pas agressifs
La vidéo montre des manifestants fuir soudainement vers des soignants, installés sur la passerelle, alors que des policiers entrent sur le site. Le personnel de l'hôpital se replie en quelques secondes dans le bâtiment et s'emploient à plusieurs pour bloquer la porte d'accès à leur service. Les premiers manifestants, sur une vingtaine au total (entre dix et cinquante, selon d'autres versions), arrivent déjà sur la passerelle et tirent sur la poignée pour entrer. Parmi eux, quelques Gilets jaunes, certains âgés, mais aucun personne encagoulée, ni masquée. Au bout d'une minute, des policiers arrivent sur la passerelle et commencent à les évacuer dans le calme.

"Monsieur Castaner doit démissionner", estime Adrien Quatennens
Jeudi soir sur Europe 1, le député La France insoumise du Nord a demandé à Christophe Castaner de "partir sans délai".

Des mauvais traitements, voire des brutalités policières, et l'urgence de se protéger ?






lundi 7 janvier 2019

Mélenchon ironise sur l'intrusion de "gilets jaunes" dans le ministère de Griveaux

Celui qui s'est fait perquisitionner a-t-il reçu le soutien de la classe politique ?

Alors que la protection de son ministère était négligée par les forces de l'ordre en sous-effectifs en dehors des bâtiments institutionnels - Elysée, Matignon, Assemblée nationale, etc - malgré l''impopularité de Griveaux, 

le secrétaire d'Etat auprès du premier ministre a eu l'entrée de ses bureaux vandalisée.

Egalement porte-parole du gouvernement, il  a reproché à Jean-Luc Mélenchon de ne pas avoir condamné l'intrusion dans son ministère et les violences lors de l'acte 8 des "gilets jaunes".

Griveaux a fait part de sa colère sur France Inter, face au déficit de sympathie qu'il a enregistré de la part de l'opposition lors de ces exactions, samedi, pour l'acte 8 des "gilets jaunes". Des manifestants ont forcé la porte du bâtiment à l'aide d'un chariot-élévateur. 

Par tweet, Mélenchon a raillé le ministre et ses reproches. 

"Griveaux veut plus de respect pour la porte d'un ministère que Belloubet n'en eu pour celle de chez moi. Sa porte est sacrée ? La République, c'est sa porte ?", a écrit le leader d'extrême gauche, LFI, faisant référence aux perquisitions menées chez lui et au siège du parti de gauche, le 16 octobre 2018. Il avait à cette occasion déclaré "ma personne est sacrée" et "la République, c'est moi !". Le député parachuté sur les Bouches-du-Rhône termine son message par un clin d'œil moqueur. 

Benjamin Griveaux a dénoncé "une capitalisation morale et intellectuelle" de l'opposition. "Aucun patron d'aucun parti d'opposition n'a eu de réaction suite à l'intrusion dans mon ministère et suite aux violences sur les mairies de Rennes, sur les préfectures", a-t-il grincé sur France Inter. 

Le porte-parole du gouvernement accuse Mélenchon "d'instrumentaliser politiquement la colère des gens". 
Il "a quitté le champ républicain", a asséné l'agitateur gouvernemental.

vendredi 14 décembre 2018

Gilets jaunes: l'instrumentalisation de l'attentat de Strasbourg par le gouvernement est-elle impensable ?

L'opposition face à une campagne de presse pour sa dénonciation de l'instrumentalisation gouvernementale de l'attentat de Strasbourg

Jeudi, Nicolas Dupont-Aignan a taclé le gouvernement pour son "instrumentalisation" de l'attentat islamiste de Strasbourg 

Le président de Debout la France a accusé le gouvernement d'"instrumentaliser" l'attentat de Strasbourg pour "essayer de faire taire" les 'gilets jaunes', qu'il a toutefois appelés à "rester" manifester en province samedi.
"J'ai toujours dit aux gilets jaunes, avant même l'attentat: évitez les manifestations à Paris, restez dans vos mobilisations de province calmes, pacifiques", a rappelé Nicolas Dupont-Aignan sur LCI.

Mais la crise des gilets jaunes et l'attentat de Strasbourg n'ont "aucun rapport" et "je n'instrumentaliserai pas, comme le gouvernement, cet horrible attentat pour essayer de faire taire un peuple qui n'en peut plus de la manière dont il est gouverné et saigné".
"On ne va pas interdire la liberté d'expression dans notre pays parce que l'Etat est incapable d'assurer la sécurité face des djihadistes", a-t-il ajouté, appelant plutôt à répondre aux manifestants avec de "vraies mesures de pouvoir d'achat".

Il a en outre indiqué qu'il votera la motion de censure portée par les députés socialistes, communistes et insoumis - qui totalisent 62 voix, loin de la majorité des 577 députés, et n'ont donc aucune chance de faire tomber le gouvernement.

Le nouveau patron du PS accuse de désinformation le nouveau chef de bande LREM à l'Assemblée

Surprenant des propos mensongers, Olivier Faure a interrompu le duplex du président du groupe LREM avec LCP.
Au micro de LCP, le président du groupe LREM au palais Bourbon revenait sur les propos du patron du PS à la tribune, Olivier Faure, qui a estimé que la majorité aurait été "bien inspirée" de reporter le débat en raison de l'attentat de Strasbourg. Particulièrement offensif, le député socialiste avait ainsi lancé: "vous avez fait le choix cynique d'utiliser le drame pour mieux cacher la crise".

Souhaitant réagir, Gilles Le Gendre s'est vu tendre un micro par ... LCI. Et il a ouvert son entretien en polémiquant hors la présence d'Olivier Faure qui, selon lui, aurait "une fâcheuse tendance à perdre son calme" et en estimant que le groupe PS est "très divisé" sur la stratégie du chef du parti. Sauf que, à ce moment précis, l'intéressé passait à proximité et a décidé de s'inviter dans ce duplex. "Il ne faut pas mentir Gilles", lui a lancé Olivier Faure.

Comme le montre l'échange isolé par LCP (ci-dessous), s'en suit un dialogue de sourds au cours duquel les deux chiffonniers règlent leurs comptes.


Fin de l'histoire? Non. La joute s'est poursuivie sur Twitter. "Voilà son sens de la démocratie : traiter en public le président Richard Ferrand de minable, et méconnaître sciemment le règlement de l'Assemblée", a lancé Gilles Le Gendre. Réponse illico du chef de file socialiste: "Oui Gilles Le Gendre, il est minable de prétendre que nous sommes divisés pour justifier vos choix. Comme il n'est pas glorieux de ne pas reconnaître que quand je vous en ai parlé, vous étiez aussi d'avis de reporter le débat de quelques jours par simple décence".

Le gouvernement instrumentalise contre les gilets jaunes l’émotion populaire créée par l'attentat islamiste de Strasbourg


La fusillade visant le marché de Noël de Strasbourg, ce mardi, a fait trois victimes et treize blessés. Cet acte barbare perpétré par un islamiste franco-algérien est instrumentalisé par le gouvernement pour "appeler les lycéens et les gilets jaunes à mettre un terme à leur mobilisation". Prétexte sécuritaire, non-respect des familles des victimes, responsabilisation indirecte des gilets jaunes, accusation de complotisme, tout est bon pour en finir avec les opposants au régime autoritaire de Macron. Depuis que le terroriste a été abattu, hier soir, suite à un signalement citoyen, la tuerie a été revendiquée par l'Etat islamique.

L’indignation et l’émotion sont légitimes. Ce qui l’est moins, c’est que le gouvernement les utilise à des fins politiciennes pour tenter d’étouffer la prochaine journée de manifestation des gilets jaunes, ce samedi 15 décembre. Dès le lendemain de l'attentat, le gouvernement a multiplié les injonctions à stopper la mobilisation des gilets jaunes et de la jeunesse.

Christophe Rouget, secrétaire général adjoint des cadres de la sécurité intérieure, a ainsi lancé un appel aux "lycéens et les gilets jaunes à mettre un terme à leur mobilisation pendant le temps" de la recherche du suspect (alors) en fuite. Les pressions ne portent plus seulement sur le prétexte, déjà sécuritaire, de "faire le jeu des casseurs", comme ce fut déjà le cas samedi 8 décembre. Elles visent à justifier par avance la répression. Les manifestants se trouvent désormais pointés comme responsables de toutes les violences de rue sur le territoire. Et la presse en profite pour citer des statistiques officielles mêlant indistinctement les victimes de part et d'autre, donc des Gilets jaunes, comme ce jeune homme tué à un carrefour d'Avignon, fauché par un conducteur polonais. 
Christophe Rouget regrette que "les policiers étaient déjà mobilisés avec les gilets jaunes et les lycéens". Ils l'étaient particulièrement à Lyon, dont le maire est l'ancien ministre de l'Intérieur de Macron et où on n'a pas eu à déplorer d'incidents, à la différence de Bordeaux ou Marseille. 
Le ministère de l’Intérieur diffuse en effet l'élément de langage d'un épuisement des forces de l'ordre, alors que son demi-ministre, Castaner, est actuellement interpellé sur sa maîtrise de l'événement, notamment son degré de vigilance et le niveau de sécurité adoptés. 

Dans Le Parisien, une fuite très peu accidentelle des services de police précise même que "les CRS du marché du Noël avaient été déplacés sur les manifs de lycéens". Ainsi les manifestants, "gilets jaunes et lycéens", sont-ils désormais accusés de faire le lit du terrorisme.

Dans ce contexte, rien d’étonnant, selon Le Parisien, à ce que les "thèses complotistes pleuvent dans les groupes de gilets jaunes". Le Parisien déplace même le problème. Il n'est plus question en effet de l'accusation de récupération quand le journal estime que "rendre le gouvernement responsable de cette fusillade n’a, bien sûr, rien de crédible, et ne repose sur aucun fait tangible". En effet, mais pas plus que de soupçonner les gilets jaunes et lycéens d'une quelconque part de responsabilité dans la tuerie de Strasbourg...

Cette instrumentalisation politique est "attestée par les multiples déclarations des membres du gouvernement et des membres du ministère de l’Intérieur".  Elle est bien en marche, insiste donc Le Parisien. "Il y a eu un événement dramatique à Strasbourg […] Je pense que le mouvement doit cesser", a déclaré la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, sur la même ligne que Castaner.

"Par simple décence, il ne faut pas que les gilets jaunes manifestant samedi" a renchéri le journaliste Jean-Michel Aphatie sur Europe 1, laquelle radio appartient à Lagardère SCA ( Elle, Paris Match, Télé 7 jours, Le Journal du dimanche), comme Le Parisien est détenu par le groupe Les Echos, filiale du groupe LVMH dirigé par l'homme d'affaires Bernard Arnault. Preuve - s'il était besoin - de la totale indépendance de ce dernier groupe, il bénéficie de subventions de l'Etat français. La pression est autant politique que médiatique : c’est la bataille de l’opinion que le gouvernement souhaite désormais gagner - avec le soutien de ses supplétifs nantis - en récupérant l'attentat de Strasbourg.

Or, les propositions du président, lundi soir, ont tenté de désamorcer la mobilisation des gilets jaunes, sans pour l’instant obtenir les effets escomptés : selon l’enquête Odoxa pour le Figaro, 59% des sondés n’ont pas été convaincus par le président et ils sont toujours 64%, imperméables au matraquage médiatique, continuent de soutenir la mobilisation des Gilets Jaunes, selon le sondage Opinion Ways pour LCI. Ce qui, du point de vue du gouvernement, reste largement insuffisant, eu égard aux efforts de manipulation de l'opinion, même sur la forme. Autre marque de pressions improductives, en dépit du climat de terreur instauré par Edouard Philippe et Christophe Castaner, le nombre de manifestants n’a pas décliné ce 8 décembre (environ 130.000 selon le ministère de l’Intérieur, soit autant que le 1er décembre, avec davantage de dégâts en rapport de l'exaspération des 'Gaulois réfractaires' attachés à la préservation de leur pouvoir d'achat.

De la même manière que de nombreux manifestants se sont mis à genoux en soutien et en solidarité aux lycéens de Mantes-La-Jolie, ce n’est pas au gouvernement d'imposer la manière dont on rend hommage aux victimes du terroriste islamiste de Strasbourg.

Face à un gouvernement aux abois, prêt à aller jusqu’à instrumentaliser l’émotion et l’indignation populaire pour en finir avec le soulèvement des gilets jaunes et contrecarrer toute convergence des luttes avec la mobilisation lycéenne, la seule riposte, c’est l'amplification des mobilisations par le maintien, d'une part, des manifestations et grèves CGT déjà prévues le vendredi 14 décembre et, d'autre part, de l’acte V prévu le lendemain, samedi 15.

Cette instrumentalisation de l’émotion populaire n’est qu’en définitive l’expression d’un Jupiter en fin de règne. Macron a reculé face à la rue pour la première fois de son quinquennat. Ce dont il a peur, c’est que les luttes continuent et qu'elles convergent dans un "tous ensemble".

dimanche 2 décembre 2018

Gilets jaunes : les syndicats avaient cautionné le rassemblement du 1er décembre qui a tourné à l'émeute

Après leur rencontre avec Edouard Philippe, les syndicats dépités avaient appelé la population à se joindre au rassemblement

La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à grossir les rangs de la manifestation prévue le samedi 1er à Paris 

Appel  de la CGT, avec mots d'ordre particuliers (image) 
Comme d’autres, les organisations syndicales ont été reçues, vendredi 30 novembre, par le premier ministre, Edouard Philippe, dans le cadre de la préparation de la concertation décentralisée que l’exécutif accepte sous la pression de mettre en place. Et comme d’autres, elles sont reparties déçues de ce rendez-vous censé apporter un élément de réponse au sujet controversé de la sur-fiscalité sur les carburants, élargi au pouvoir d’achat défendu par mouvement des 'gilets jaunes'.

"On a redit qu’il fallait des mesures concrètes. On ne rentre pas dans un processus s’il n’y a pas de marge de manœuvre pour des mesures réelles pour les travailleurs", a expliqué, pour la CFDT, Laurent Berger, le secrétaire général de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), à sa sortie de Matignon. Il est pourtant celui qui se montre le plus ouvert à cette idée de dialogue au plus près du terrain entre associations, corps intermédiaires, élus, Etat et protestataires dont il a lui-même proposé l’idée. Mais "à une seule condition", a-t-il prévenu, sur la défensive, "que ça ne soit pas un jeu de dupes".

Ses homologues sont plus réticents. 
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"Les grand-messes qui associent tout le monde, ce n’est pas trop ma tasse de thé. J’ai peur qu’on noie le poisson dans l’eau", considère Yves Veyrier, le nouveau secrétaire général de Force ouvrière (FO), ci-contre, à gauche, qui ne pouvait être présent vendredi. 

Le président de la Confédération française de l’encadrement - Confédération générale des cadres (CFE-CGC),

François Hommeril, est aussi critique (ci-contre, à droite): "Je ne suis jamais contre discuter, mais on est comme les médecins de Molière : on va se retrouver autour du corps malade de la société française pour parler de la taille du bouton ou de la marque du thermomètre. Si c’est ça, ça n’a aucun intérêt. Ça doit se faire sur la politique économique du gouvernement avec laquelle nous sommes en total désaccord."

Le gouvernement jugé "hors sol"

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La Confédération générale du travail (CGT) est hostile. "On veut des réponses immédiates et pas des comités Théodule, explique Fabrice Angei, ci-contre en noir, membre du bureau confédéral de la centrale de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Le gouvernement ne peut pas jouer la montre jusqu’à ce que le mouvement s’épuise. Il ne prend pas la mesure de ce qui se passe dans le pays. Il est hors sol et le montre." Pour lui, "seule la mobilisation peut le contraindre à changer son fusil d’épaule". La CGT a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à venir, samedi, grossir une manifestation prévue de longue date à Paris contre le chômage et pour le pouvoir d’achat.


Les syndicats en ont aussi profité pour pousser leurs revendications. 
Comme le président de l'UDI et la député LREM, Brigitte Bourguignon, ou les présidents de région, FO a réclamé un "moratoire" sur la hausse des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier. 
Avec la CFDT, elle a aussi demandé la généralisation de la prime pour les transports pour les salariés contraints de prendre leur voiture pour aller au travail. 

A la différence de Philippe Portier, CFDT, qui estime qu’Edouard Philippe s’est montré "ouvert", Michel Beaugas, FO, souligne que "le premier ministre n’a pris aucun engagement" sur le sujet. 

Entre rétablissement de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et suppression de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les retraités, la question de la revalorisation des salaires a également été très présente. Mais, déplore M. Beaugas, "le premier ministre a rappelé qu’il ne faut pas augmenter le coût du travail". Une fin de non-recevoir, selon lui. 

Ces derniers jours, plusieurs confédérations ont regretté l’absence de "coup de pouce" sur le SMIC. Le salaire minimal sera seulement revalorisé de façon automatique au 1er janvier, comme c’est le cas depuis années, a déclaré E. Philippe mardi.

Au-delà du fond, la forme a aussi dérangé. 
D’ordinaire, ce type d’annonce survient après qu’un avis consultatif a été donné par une instance réunissant les partenaires sociaux. Au moment où l’exécutif veut signifier qu’il ne dédaigne pas les corps intermédiaires, comme cela lui a été reproché, c’est au mieux "maladroit" de la part du premier ministre, pointe M. Veyrier. "Cela montre la réalité du mépris que le gouvernement a envers les acteurs sociaux", estime pour sa part M. Angei.

S'il est reproché au mouvement des "gilets jaunes" de ne pas être structuré, voire trop divers, et d'être un interlocuteur insaisissable, que dire des syndicats qui avancent en rangs dispersés malgré leurs cotisations, leur presse et leurs subventions ?

Qui a appelé à se joindre au rassemblement du 1er décembre ?
Outre l'association lycéenne UNL, proche de l'UNEF, FO Transports (FO-UNCP), troisième syndicat du secteur, a appelé à rejoindre le mouvement, contrairement à la CFDT Transports, majoritaire. 

De son côté, la CGT avait appelé les "gilets jaunes" à manifester le 1er décembre.
Sortant de sa réserve, la CGT cherche à reprendre la main sur le combat pour les «attentes sociales» des Français. Mardi, la première organisation syndicale a appelé "tous les citoyens, les salariés actifs et retraités" à manifester le 1er décembre en vue d'exiger "des réponses immédiates et précises" du gouvernement et du patronat sur les thématiques de pouvoir d'achat. L'organisation formule des revendications précises: elle exige notamment une hausse du SMIC à 1800 euros, une prise en charge des transports par les employeurs, une TVA réduite à 5,5% pour les "produits de première nécessité", ainsi qu'une "fiscalité juste, tenant compte des revenus".
Dans son entreprise de récupération du mouvement citoyen, la CGT critique également la politique fiscale sur les carburants, et considère, à l'instar d'autres personnalités comme l'ancienne ministre socialiste de l'Environnement Ségolène Royal, que le gouvernement ..."instrumentalise les enjeux environnementaux" dans le cadre de sa politique fiscale.
Benjamin Cochin, porte-parole du mouvement à Toulouse, s'est dit "heureux que les corps intermédiaires bâillonnés depuis 18 mois sortent du bois; ça nous fait plaisir mais on ne veut pas voir les drapeaux et les pancartes FO (...) Les organisations syndicales sont les bienvenues, mais il ne faut pas se tromper :  les "gilets jaunes" veulent eux-aussi discuter avec le gouvernement", a-t-il déclaré.

mercredi 14 novembre 2018

Immeubles effondrés à Marseille : un député LREM instrumentalise la tragédie

Alors que Macron n'a pas fait le déplacement, Saïd Ahamada fait de la polémique politicienne 

L'ampleur du problème de logement insalubre à Marseille était connu des autorités, note le député LREM des Bouches-du-Rhône, Saïd Ahamada, qui a bien dû poser une question au gouvernement (QAG) dans ce sens, intervention qui est passée inaperçue... 

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Ancien militant MoDem, puis candidat EELV lors des élections législatives de 2012 à Mayotte, avant d'être socialiste, ce macronien de la dernière heure se rappelle aujourd'hui qu'il est pourtant co-président du Groupe d'études villes et banlieues à l'Assemblée... Or, la lutte contre les rodéos motorisés, c'est bien, et la lutte contre la pollution du transport maritime et la promotion des carburants marins alternatifs, c'est mieux, à condition de faire des propositions réalistes de court terme plutôt que de taxer à tour de bras, mais la lutte contre la vétusté des immeubles de sa propre circonscription devrait être une urgence personnelle depuis un an et demi qu'il est élu.
Lorsqu'il a posé une QAG le 7 novembre 2017, c'était au ministre de la cohésion des territoires (Jacques Mézard): "je voudrais vous parler de territoires de notre pays où 42 % de la population connaît la pauvreté, où 25 % de cette population est au chômage et où, dans une ville comme Marseille, trente personnes sont mortes sous les balles l'année dernière. Ces territoires, vous l'avez compris, sont les quartiers prioritaires de la politique de la ville." Belle question populiste, mais qui ignore le sujet qui lui tient tout à coup à coeur... A cette date, le poste de secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires avait été supprimé depuis Emmanuelle Cosse ! Il ne fut rétabli qu'en octobre 2018.
"A la place de Jean-Claude Gaudin, j'aurais démissionné," a affirmé ce premier député issu de l'immigration comoriennemercredi 14 novembre, sur France info. 

La chaîne de radio de service public donnait la parole à ce député de la majorité présidentielle, alors que, le même jour, une marche de récupération de la colère est organisée mercredi soir à Marseille, 9 jours après l'effondrement de 3 immeubles vétustes dans le quartier de Noailles, qui a fait 8 morts. 

"Monsieur Jean-Claude Gaudin est un grand garçon; je le laisse prendre les décisions qu'il estime nécessaires le concernant. Au-delà de sa démission, ce qui m'intéresse, c'est de savoir si les Marseillais sont protégés ou pas", a lâché l'élu. 

Le député récupère la "colère" légitime des familles des victimes après le drame de Marseille, "parce que des personnes sont mortes ["ont perdu la vie" !] , mais surtout parce ce que tout cela était prévisible, assure - après coup - celui qui est pourtant leur député. Ma vraie inquiétude, c'est de savoir quelles sont les mesures qui sont prises pour faire en sorte que ce drame ne se reproduise pas, sachant qu'on a des cas similaires disséminés dans toute la ville, mais surtout dans le centre-ville, le troisième arrondissement et les quartiers nord où je suis élu", a-t-il affirmé. 

Une équipe d'experts appartenant au Centre scientifique technique du bâtiment (CSTB) est chargée d'analyser la situation à Marseille. Une reprise en main de l'Etat que le député voit comme une sorte de mise sous tutelle : "Il y a eu une carence", donc "l'Etat vient à la rescousse. Il faudra que très rapidement les autorités de mairie, de la métropole se mettent en branle pour être à la hauteur de la situation", a estimé Saïd Ahamada.