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lundi 5 août 2019

Election à la présidence de LR: Christian Jacob, déterminé à refuser des alliances avec LREM aux municipales

Le candidat à la présidence du principal parti de droite affiche sa fermeté

Le chef de file des députés LR  prévient qu’il n’est "pas question de nouer des accords avec LREM" pour les municipales de mars 2020

Christian Jacob, à gauche, et Eric Ciotti, à droite, ci-dessus
"Les choses sont très claires : nous serons candidats partout sous nos couleurs ", prévient le favori pour l’élection à la présidence du parti en octobre, dans un entretien au Journal du dimanche.

"La composition des listes municipales aura un impact direct sur les sénatoriales. Il n’est donc pas question de laisser se nouer des accords cachés avec LREM qui contribueraient à faire battre nos candidats aux sénatoriales", insiste le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. 
"En revanche, nous avons une tradition d’accords avec les partis de centre droit. Il n’y a pas de raison qu’elle ne perdure pas", réaffirme Christian Jacob, élu de Seine-et-Marne.

Le cas de Marseille ne se pose plus, mais Nice reste une épine

Ces dernières semaines, des acteurs locaux LR, tel le maire sortant de Marseille, Jean-Claude Gaudin, ont, un temps, plaidé pour une alliance avec le parti présidentiel au premier tour des municipales, mais c'était toutefois quand le populiste Mélenchon (LFI) pouvait encore espérer mettre la main sur la capitale régionale.

Interrogé sur le cas de Nice, où les LR, le juppéiste Macron-compatible Christian Estrosi, et l'orthodoxe Eric Ciotti, sont en compétition interne, Christian Jacob explique que "ce sujet sera posé dans le cadre de la Commission nationale d’investiture". "Il existe à Nice une tension locale que je n’ignore pas. Si Jean Leonetti n’est pas parvenu à une solution d’ici là et si je suis élu, je prendrai mes responsabilités dans les jours qui suivront mon élection", promet-il.

lundi 24 juin 2019

Municipales : Marseille n'a-t-elle d'autre voie de salut qu'une alliance LR-LREM face au RN ?

"Ce n'est pas le rôle du président" de choisir les candidats, selon Macron. Mais alors qu'y faisait-il hier ?

Sa priorité est "le projet" qui sera porté pour la deuxième ville de France
, a assuré le président 
 
Emmanuel Macron et Jean-Claude Gaudin au Pharo en 2018Interrogé sur les municipales en marge d'un déplacement dans les quartiers Nord de Marseille, il a raconté que le choix des candidats n'entre pas dans son "rôle?".
"Ce qui m'importe, c'est que les projets les plus ambitieux pour Marseille sortent, puis après les responsables politiques prendront leurs responsabilités et les partis désigneront des candidats. Ce n'est pas le rôle du président de la République", a déclaré Macron, lors d'une visite dans un Pôle Emploi. L'un de Marseille, juste par hasard...

Mais il est ensuite sorti du bois.
"Ce qui m'intéresse d'abord, c'est l'avenir de Marseille, qui est la deuxième ville de France. Je considère que l'Etat a aussi quelque chose à voir avec cette ville dans le sens où la France ne peut pas réussir si Marseille ne réussit pas", a-t-il argumenté.

La succession de Gaudin aiguise les appétits

La précampagne pour les municipales a débuté à Marseille, dont le maire LR Jean-Claude Gaudin ne briguera pas de nouveau mandat, après un mandat historique 25 ans à la tête de la ville, et où la majorité présidentielle n'a pas encore défini de stratégie.

L'ombre portée du Rassemblement national sur la ville en effraie plus d'un. Depuis les résultats des européennes, où le RN est arrivé largement en tête (26,3%), devant LREM (20,6%), EELV (13,7%) et LR (8,3%), l'idée d'une union de la droite et de LREM a circulé, défendue notamment par Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal, présidente LR de la métropole et du département des Bouches-du-Rhône, et possible candidate commune. Probablement en échange de la Métropole qui irait à LREM, une entente politicienne qui n'oriente encore pas vers le "monde nouveau" annoncé par Macron

Deux Macron à Marseille, en deux semaines. 
Brigitte Macron avec le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, le 14 juin. A gauche, Martine Vassal, présidente de la métropole d'Aix-Marseille et du département des Bouches-du-Rhône.
Martine Vassal se tient au second rang
Déjà en visite -controversée - à la mi-juin, Brigitte Macron a déjeuné avec les hommes forts de la région, Gaudin et Vassal. Elle avait encouragé ce scénario, d'autant que, du côté de la majorité présidentielle, Marseille, fief historique de la droite, est un bastion jugé imprenable. Lors de cette visite "privée", mais très médiatisée, l’épouse du président s’était ainsi affichée avec Jean-Philippe Agresti, potentiel candidat LREM à la mairie de Marseille, et dans le quartier du député LREM Saïd Ahamada, candidat déclaré à l’investiture, mais qui n’était pas convié à ce show.

Au niveau local, les militants ont refusé toute alliance dès le premier tour avec la droite, plaidant pour "une liste centrale du centre droit au centre gauche, très ouverte à la société civile". C'est aussi la position du seul candidat ouvertement déclaré à l'investiture LREM, le député Saïd Ahamada. D'autres candidats, notamment l'universitaire Jean-Philippe Agresti, proche du couple Macron, pourraient se déclarer. L'un et l'autre font ainsi en sorte que le candidat RN ait toutes les chances d'arriver en tête au premier tour, en sorte de constituer un front anti-RN au second.
A défaut du régional Castaner, grillé sur la zone, l’épouse du président a préféré déjeuner avec Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal, potentielle candidate de la droite, qui ont appelé publiquement à une alliance avec le parti présidentiel. Alliance refusée par les militants de LREM et Saïd Ahamada, mais loin d’être écartée par la direction du parti.
Cette visite de la sexagénaire à Marseille semble avoir créé tant de crispations qu’elle a nécessité une mise au point du chef du parti présidentiel, Stanislas Guérini, ce vendredi. "Pour les municipales, [Brigitte Macron] n’a aucun rôle particulier et ne souhaite pas en avoir, a-t-il susurré au micro de LCI. A chaque fois qu’elle a fait des déplacements, c’est parce qu’elle avait pris des engagements, elle avait promis d’y venir." Une bonne preuve !
« On en fait des tonnes »
Lors du déjeuner avec Brigitte Macron, le maire LR lui aurait exprimé le voeu que le président vienne à Marseille ce lundi, ce que rien, ni personne n'a prouvé. Elle n’était d'ailleurs même pas mentionnée dans la note envoyée aux rédactions mercredi soir pour annoncer la tenue du sommet. Les craintes de l'Elysée restent vives en effet que le président s'y fasse siffler.
Marseille détient le record des villes visitées par Macron, la quatrième fois en seulement deux ans. "On en fait des tonnes; cette visite dans le cadre du Sommet est prévue de longue date, et dans mon agenda depuis des mois", banalise Bertrand Mas-Fraissinetmédecin anesthésiste-réanimateur de 44 ans, à Cassis, référent du mouvement de LREM dans les Bouches-du-Rhône et successeur de Corinne Versini.
Membre socialiste de la commission nationale santé (2010-2015), secrétaire fédéral du PS des Bouches-du-Rhône à la santé (2013-2015), il a fait partie de l’équipe et rédige le programme santé de Patrick Mennucci, candidat de la majorité présidentielle à la Mairie de Marseille (2013-2014).
Mais l'anesthésiste avoue : "Oui, il vient aussi pour prendre le pouls, et tous les pouls, en écoutant le maire, les militants, les élus de LREM… pour à la fin se faire une opinion et trancher.Marseille représente un véritable enjeu pour le parti de la majorité pour les prochaines municipales. "La voix du président de la République sera prépondérante dans le choix de la stratégie et de l’incarnation de notre mouvement à Marseille, affirme Bertrand Mas-Fraissinet. Je n’ai pas de doute qu’il s’implique dans la stratégie de cette grande ville." Il leur reste, pour commencer, à accorder leurs violons...
"Cela me semble improbable qu’il affiche un quelconque soutien à un candidat lors de cette visite, estime Alexandre Louis, députée LREM de Marseille. Ce n’est pas au rôle du président de soutenir un candidat"...
Vendredi, les entourages de plusieurs participants voulaient croire que ce déjeuner à l'issue du "Sommet des deux rives", un rendez-vous diplomatique réunissant plusieurs pays du pourtour méditerranéen et organisé dans la ville, serait consacré aux questions de coopération en Méditerranée, mais d'autres n'excluaient pas d'aborder, entre la poire et le fromage,  le sujet des municipales avec le chef de l'Etat.

jeudi 15 novembre 2018

Marseille : l'opposition veut rebondir sur le drame des effondrements d'immeubles

L'opposition n'a respecté aucun délai de décence après la mort de huit personnes dans le quartier ancien de Marseille

Marche de la colère ou manifestation de la honte ?

Les portraits des huit victimes ont accompagné le cortège jusqu'à la mairie.

La récupération de la colère populaire n'a pas traîné ! Des centaines de manifestants ont défilé entre la rue d'Aubagne à Noailles, où a eu lieu le drame, et l'hôtel de ville. 
Les oppositions profitent de la mort de huit personnes dans l’effondrement de deux immeubles la semaine dernière dans ce quartier aux rues étroites et d'accès difficile qui surplombe l'entrée du Vieux-Port.

Les manifestants ont réclamé la démission du maire, Jean-Claude Gaudin, dont ils mettent en cause la responsabilité, plutôt que celle du député LREM de la 7e circonscription, où se trouve le 1er arrondissement, Saïd Ahamada, un Comorien, comme nombre d'habitants de ce quartier cosmopolite et commerçant en alimentation (le 'ventre de Marseille') et produits orientaux ou africains (artisanat, tissus,…), notamment dans la rue d'Aubagne concernée par les effondrements, et élu du VIIIe secteur de Marseille, auprès de la sénatrice socialiste Samia Ghali, repris par le PCF en 2017 et où se trouvent les locaux de l'union départementale Force ouvrière.

La manifestation s’est terminée sous les gaz des CRS, venus protéger la mairie

Aux cris de "Gaudin démission, Gaudin assassin", le cortège est parti de la Canebière en direction de la mairie. 


Jeunes, vieux, noirs, blancs, mais de couleurs politiques entre le noir et le rouge, en passant par le rose, des habitants sincères et des  partisans politiques ont marché derrière le portrait des huit victimes.
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Le tweet tendancieux d'un journaliste "illettré" de 20 Minutes:

Ce même journaliste, comme d'autres, critique les actions de la Mairie, quoi qu'elle fasse.
Les travaux place Jean Jaurès se poursuivent. / © PHOTOPQR/LA PROVENCE/MAXPPP

Dès que la Ville décida la rénovation de la Plaine, l'opposition dénonça l'ampleur et la durée des travaux, deux ans et demi, sur les 25.000 m² de la plus importante place de Marseille. Les manifestants de Noailles étaient-ils déjà opposés aussi à la palissade en béton qui va sécuriser la place Jean-Jaurès à Marseille en travaux ? 
Mi-octobre, la coupe d'arbres sur cette place avait mobilisé l'opposition. Quelques jours plus tard, dans un dossier de presse, la Soleam, expliqua que 46 arbres morts, abîmés ou blessés - donc dangereux pour la population- avait été coupés. L’expertise et le diagnostic ayant révélé qu’ils étaient en amorce de dépérissement ou dans un état empêchant toute transplantation. Le journal communiste de la région, La Marseillaise, titra : "Marseille : La Plaine, c'est tout un quartier qu'on veut punir..."
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Référence à la 'Commune de Paris', période insurrectionnelle
marquée par la 'Semaine sanglante' du 21 au 28 mai 1871
Quand les premiers blocs de sécurisation du périmètre sont arrivés, pour mettre un terme au mécontentement suscité par le début des travaux de requalification entamés mi-octobre, des militants ont pointé "un mur de la honte" et, à plusieurs reprises, se sont affrontés au chantier de transplantation des arbres et aux CRS. Ils ont aussi les frais engagés : 340.000 euros, c'est trop cher pour la sécurité des habitants de ce quartier... qui englobe le Cours Julien (et ses fameuses terrasses de bars et brasseries), l'église Notre Dame du Mont et la place ...Jean Jaurès, à la confluence des 1er, 5e et 6e arrondissements.



mercredi 14 novembre 2018

Immeubles effondrés à Marseille : un député LREM instrumentalise la tragédie

Alors que Macron n'a pas fait le déplacement, Saïd Ahamada fait de la polémique politicienne 

L'ampleur du problème de logement insalubre à Marseille était connu des autorités, note le député LREM des Bouches-du-Rhône, Saïd Ahamada, qui a bien dû poser une question au gouvernement (QAG) dans ce sens, intervention qui est passée inaperçue... 

Résultat de recherche d'images pour "Saïd Ahamada"

Ancien militant MoDem, puis candidat EELV lors des élections législatives de 2012 à Mayotte, avant d'être socialiste, ce macronien de la dernière heure se rappelle aujourd'hui qu'il est pourtant co-président du Groupe d'études villes et banlieues à l'Assemblée... Or, la lutte contre les rodéos motorisés, c'est bien, et la lutte contre la pollution du transport maritime et la promotion des carburants marins alternatifs, c'est mieux, à condition de faire des propositions réalistes de court terme plutôt que de taxer à tour de bras, mais la lutte contre la vétusté des immeubles de sa propre circonscription devrait être une urgence personnelle depuis un an et demi qu'il est élu.
Lorsqu'il a posé une QAG le 7 novembre 2017, c'était au ministre de la cohésion des territoires (Jacques Mézard): "je voudrais vous parler de territoires de notre pays où 42 % de la population connaît la pauvreté, où 25 % de cette population est au chômage et où, dans une ville comme Marseille, trente personnes sont mortes sous les balles l'année dernière. Ces territoires, vous l'avez compris, sont les quartiers prioritaires de la politique de la ville." Belle question populiste, mais qui ignore le sujet qui lui tient tout à coup à coeur... A cette date, le poste de secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Cohésion des territoires avait été supprimé depuis Emmanuelle Cosse ! Il ne fut rétabli qu'en octobre 2018.
"A la place de Jean-Claude Gaudin, j'aurais démissionné," a affirmé ce premier député issu de l'immigration comoriennemercredi 14 novembre, sur France info. 

La chaîne de radio de service public donnait la parole à ce député de la majorité présidentielle, alors que, le même jour, une marche de récupération de la colère est organisée mercredi soir à Marseille, 9 jours après l'effondrement de 3 immeubles vétustes dans le quartier de Noailles, qui a fait 8 morts. 

"Monsieur Jean-Claude Gaudin est un grand garçon; je le laisse prendre les décisions qu'il estime nécessaires le concernant. Au-delà de sa démission, ce qui m'intéresse, c'est de savoir si les Marseillais sont protégés ou pas", a lâché l'élu. 

Le député récupère la "colère" légitime des familles des victimes après le drame de Marseille, "parce que des personnes sont mortes ["ont perdu la vie" !] , mais surtout parce ce que tout cela était prévisible, assure - après coup - celui qui est pourtant leur député. Ma vraie inquiétude, c'est de savoir quelles sont les mesures qui sont prises pour faire en sorte que ce drame ne se reproduise pas, sachant qu'on a des cas similaires disséminés dans toute la ville, mais surtout dans le centre-ville, le troisième arrondissement et les quartiers nord où je suis élu", a-t-il affirmé. 

Une équipe d'experts appartenant au Centre scientifique technique du bâtiment (CSTB) est chargée d'analyser la situation à Marseille. Une reprise en main de l'Etat que le député voit comme une sorte de mise sous tutelle : "Il y a eu une carence", donc "l'Etat vient à la rescousse. Il faudra que très rapidement les autorités de mairie, de la métropole se mettent en branle pour être à la hauteur de la situation", a estimé Saïd Ahamada.

lundi 24 septembre 2018

"Avec Macron, ça risque de très mal finir", prévient Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy, influenceur politique de haute volée 

L'ancien chef de l'Etat déplore qu'Emmanuel Macron soit "entouré de gens inexpérimentés"

L'ex-président de la République a toujours un avis éclairé sur l'actualité politique, mais le quadra saura-t-il écouter son aîné qui l'a mis en garde dans Le Figaro, ce dimanche 23 septembre ? "La politique, c'est la vie, mais ce n'est pas ce que vous croyez", explique Nicolas Sarkozy qui s'intéresse notamment à l'actualité internationale. 

L'ancien chef de l'Etat (2007-2012) s'inquiète de voir "l'Occident en danger" au profit de l'Est, estimant qu' "à force d'être délaissé, Poutine se tourne vers la Chine"

Il désapprouve également le Brexit, jugeant "scandaleux qu'on ait laissé partir les Anglais". Mais, encore une fois, ce n'est pas ce qui le fera revenir sur le devant de la scène politique. N'a-t-il pas en effet refusé en juin dernier la proposition du président des Républicains (LR), Laurent Wauquiez, de se porter candidat à la présidence de la Commission européenne ?

"Pourquoi voulez-vous que je rompe avec une partie de ma vie et de mes amis ?"

L'ancien ministre de l'Intérieur préfère le rôle de "Sage". Dans ses bureaux parisiens de la rue de Miromesnil, il reçoit des "anciens ministres, ex-conseillers, maires et députés, conseillers régionaux et sénateurs, ténors de la droite" et même le président du Sénat, Gérard Larcher, révèle Le Figaro. S'agit-il, comme l'espère un fidèle soutien, "d'entretenir ses soutiens et de s'assurer qu'au-delà d'une envie personnelle de peser, il serait soutenu, si jamais, dans des circonstances exceptionnelles, il y avait une demande"? "Vous ne pouvez pas avoir consacré autant d'énergie à la politique et ne pas vous tenir au courant", souligne un proche, assurant qu'il ne s'agit en aucun cas d'une stratégie de reconquête. 


"J'ai tellement aimé la politique, ça m'a donné tant de satisfaction. Ça a été une partie de ma vie. Pourquoi voulez-vous que je rompe avec une partie de ma vie et de mes amis ? Les sentiments, ça existe", explique de son côté Nicolas Sarkozy, à l'issue d'un déjeuner entre élus LR, avec notamment le maire de la cité phocéenne Jean-Claude Gaudin et le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Renaud Muselier. "C'est de ne pas voir mes amis qui serait suspect. Il n'y a aucune raison que je me coupe d'eux. Mais ce n'est pas pour cela que je me projette politiquement", insiste-t-il. 

L'ancien président de la République reste par ailleurs très proche du ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, qui a été exclu des Républicains en raison de son ralliement à Emmanuel Macron. Alors que beaucoup au sein de LR dénoncent sa "trahison", il tempère : "On ne peut pas refuser d'être ministre du Budget à son âge", sourit-il.

Les précieux conseils de Sarkozy

Nicolas Sarkozy observe que l'actuel locataire de l'Elysée est "entouré de gens inexpérimentés". "Avec Macron, ça risque de très mal finir", a-t-il même lâché devant des élus. Des propos que tenaient déjà l'époux de Carla Bruni en octobre dernier

Ces funestes prédictions sont-elles susceptibles d'interpeller Jupiter ? 
Les conseillers inexpérimentés de Macron lui réclament régulièrement des conseils, révèle Le Figaro. "On veut faire comme vous", confieraient certains membres de la garde rapprochée du président à Nicolas Sarkozy. 

Ce ne sont pas les seuls. Selon le quotidien, l'entourage de François Hollande a demandé l'an dernier conseil à ses équipes pour savoir s'il faut se rendre au dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) en tant qu'ex-président.

mercredi 21 février 2018

Les hôpitaux de Marseille ont obtenu une aide d'urgence de 9 millions d'euros

Les hôpitaux de Marseille auront les moyens de rattraper le retard accumulé

Jean-Claude Gaudin, 
Renaud Muselier et Martine Vassal 
ont pu faire l'annonce après une entrevue avec la ministre de la Santé

"La ministre nous a confirmé que le gouvernement portera une attention toute particulière à l'APHM (...). Elle nous a annoncé que nous sommes en droit d'attendre le montant maximum possible", ont annoncé dans un communiqué commun le sénateur-maire de Marseille,  le président du Conseil régional et  la présidente du département, tous Les Républicains. 
L'AP-HM, troisième groupe hospitalier de France, compte parmi les établissements les plus endettés de l'Hexagone et mise sur un plan de modernisation cofinancé par l'Etat.
Fin janvier, ce projet avait été déclaré éligible par le Comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins (Copermo), ce qui ouvre, selon l'Agence régionale de santé (ARS), "la perspective de reconfigurer et de rénover d'ici 2024 l'ensemble des services d'hospitalisation et de consultation des hôpitaux de la Timone, de la Conception et de Nord".
 
Le gouvernement a affecté une aide d'urgence de 9 millions d'euros à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, ont-ils annoncé mardi.
L'ARS Paca a pris la décision d'allouer, à titre exceptionnel, une dotation de 7,5 millions d'euros destinée à financer une première phase d'investissement prioritaire.

Les élus marseillais ont également insisté auprès d'Agnès Buzyn sur "l'inégalité existante quant à l'indemnité de résidence, qui est appliquée pour Lyon et Paris, mais pas pour Marseille". L'AP-HM verse chaque année 8,5 millions d'euros à ses agents pour les aider à se loger, mais l'Etat ne remboursait pas cette prime aux CHU de Marseille, à la différence  des CHU de Paris et de Lyon, villes socialistes.

Les syndicats évoquent des craintes de suppressions de personnels comme condition de la réalisation de ce plan de modernisation, mais Renaud Muselier, Martine Vassal et Jean-Claude Gaudin se sont félicités de ce déblocage d'une situation inégalitaire voulue par les instances socialistes et se sont réjouis de surcroît que la ministre ait "donné son accord de principe pour une visite à Marseille".

samedi 27 janvier 2018

Marseille : la guerre de succession à Jean-Claude Gaudin est ouverte

Les prétendants ont tiré les couteaux

Les rôles ne sont pas encore distribués : Mélenchon, Castaner, Ghali, Muselier ? 

Image associéeLa gauche se positionne, mais la droite a déjà sorti les couteaux, comme en témoignent les violentes attaques portées par Renaud Muselier contre un "mauvais maire" qui a fait "deux mandat de trop".

Résultat de recherche d'images pour "marseille terrasses du port"L'ancien premier adjoint de Jean-Claude Gaudin a surpris. La charge du président LR de la région PACA, héritier impatient passé à la révolte contre le "père" sur une chaîne nationale, Public Sénat, mercredi
Résultat de recherche d'images pour "Marseille  Gaudin"
"L'animal dégourdi piqua son homme au bras. 
Quant à vous, j'ose vous prédire 
Qu'il vous arrivera quelque chose de pire."
(Le Berger et le Roi, La Fontaine)
Muselier charge  un grand sénateur-maire vieillissant qui laissera, selon lui, une ville dans un état "catastrophique" : Renaud Muselier a choisi le moment malheureux de sa présentation des voeux à la presse, jeudi, pour décocher de nouvelles flèches contre son ex-mentor.
"Je ne veux pas, sous prétexte que j'appartiens à la même famille politique, me taire sur la multitude de dysfonctionnements qui entraînent doucement la ville vers un désastre permanent", assène l'ingrat. "Un des défauts du maire de Marseille est de ne pas préparer un successeur pour son œuvre", accuse-t-il, paradoxalement.

Gaudin a donné le signal du lâcher d'ambitieux

Image associée
Vingt-deux ans après son arrivée à l'hôtel de ville, Jean-Claude Gaudin a prévenu à plusieurs reprises qu'il ne se représentera  pas en 2020, provoquant ainsi l'émergence d'un dauphin : successivement, ses premiers adjoints Renaud Muselier, Roland Blum et Dominique Tian, Yves Moraine, le patron du groupe LR à la mairie, ou Bruno Gilles, sénateur LR, ont cru que leur destin allait se jouer.

Les Terrasses du Port, centre commercial
Mais R. Muselier et Y. Moraine ont perdu des élections, D. Tian a essuyé une condamnation judiciaire et Gilles fait face à des problèmes de santé: les prétendants sont en position de faiblesse et le maire sortant n'en est pas attristé. Lundi, lors de ses voeux à la presse, Gaudin a lâché :  "chaque fois qu'on m'a désigné un successeur, celui-là n'y arrive pas," un petit commentaire soulignant que le maire reste le maître des horloges

Image associée
Le Silo, revisité en salle de spectacles
Dernière hypothèse en date, alimentée par La Provence, qui soutient la majorité présidentielle : celle du patron de la République en Marche (LREM) Christophe Castaner, dont la candidature serait vue d'un bon oeil à l'hôtel de ville. Le journal régional évite toutefois de rappeler que le parachuté socialiste de Forcalquier s'est fait éliminer par les Provençaux dès le premier tour des Régionales. Jean-Claude Gaudin n'a pas à se défendre de le soutenir, sa candidature est vouée à l'échec, d'autant que Castaner a choisi de faire carrière à Paris, plutôt qu'en PACA, sacrifiant au passage son épouse restée au pays

Le maire promet d'être derrière "le candidat de (sa) liste et de (ses) amis" 

Image associée
Rocade L2 Marseille : 10,5 km de voies rapides et autoroutes 
pour désengorger le centre-ville
Après s'être  ironiquement déclaré "reconnaissant" à l'égard de Castaner qui s'est retiré en 2015 entre les deux tours des régionales pour barrer la route au FN, Gaudin n'est pas disposé à aider au retour des socialistes à Marseille, fussent-ils déguisés en centristes.

Qui sera le favori du maire ? En fin tacticien, Gaudin entretient le mystère. 
Gaudin, qui s'est pleinement dédié à sa ville, admet que la présidente LR du conseil départemental Martine Vassal a "toutes les qualités" pour lui succéder à la présidence de la métropole Aix-Marseille, mais il ne cite aucun nom pour la mairie: "Il y a au conseil municipal plusieurs personnalités, hommes ou femmes, qui ont les qualités nécessaires pour être maire. D'ici 2020, nous avons le temps de nous mettre d'accord"...

Gaudin attend que ses adversaires s'alignent.
Image associée
Les Docks, ré-aménagés
en bureaux et
lieux de convivialité
Plusieurs têtes s'exposent sur la ligne de crête.

Renaud Muselier ? "Je suis président de la région jusqu'en 2021 et je compte bien le rester. C'est clair." Mais flou, aussi... "Je déteste l'immobilisme. Marseille mérite mieux", ajoute l'ex-dauphin.

Christophe Castaner ? Aujourd'hui, à 52 ans, "la question ne se pose pas", esquive l'ancien maire socialiste de Forcalquier, passé à LREM, de passage dans la cité phocéenne pour l'inauguration de la permanence d'une députée de son parti, le 19 janvier. Mais, dans deux ans - quand Macron aura renouvelé son entourage à mi-mandat, s'il tient sa promesse - ... "oui, évidemment, Marseille ne se refuse pas", reconnaît aussi ce joueur de poker, bachelier à l'âge de 20 ans (à la faveur du rattrapage) et pourtant ex-membre de cabinets de maires, puis de ministériels, au hasard de leurs ascensions politiques : directeur de cabinet de Tony Dreyfus, alors maire du 10e arrondissement de Paris, puis conseiller ...technique de la ministre de la ...Culture, Catherine Trautmann, en 1997 (virée du gouvernement Jospin en 2000), avant qu'elle en fasse son chef de cabinet en 1998 et assure sa promotion comme chef de cabinet de Michel Sapin, alors ministre de la Fonction publique et de la Réforme de l'État, en ...2000, justement.

Jean-Luc Mélenchon ? Bien qu'il ait toujours officiellement écarté l'idée d'être candidat à la mairie de Marseille - il aura 69 ans en 2020 - , le député LFI des Bouches-du-Rhône tisse sa toile dans la ville. "Le dernier dont on parle, c'est Castaner, et après, on vient me voir, moi, tous les jours. On me dit: 'alors ?' ", s'est-il pris à fantasmer, le 19 janvier, lors de sa cérémonie de voeux à Marseille. "Alors, rien du tout: c'est moi qui décide et personne ne va me tordre le bras", affirme-t-il, insistant sur la nécessité de faire "d'abord" un programme avant de se demander qui va "marcher devant".

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Futur centre commercial Vélodrome-Prado
Samia Ghali ? La sénatrice PS des quartiers Nord, candidate malheureuse à la primaire PS lors des municipales de 2014, est, quant à elle, passablement compromise. Elle ne redoute pourtant de rien et se montre la plus directe: elle "n'exclut pas du tout d'être candidate", avoue-t-elle sur RMC mardi. "Je serai toujours candidate pour faire avancer", se la joue-t-elle. Pourquoi pas aussi le socialiste Patrick Mennucci qui, en octobre 2013, la traita d'Arabe" !... 

Un seul s'est d'ores et déjà déclaré officiellement candidat à la succession de Jean-Claude Gaudin: le sénateur FN Stéphane Ravier, qui rêve ouvertement d'un coup d'éclat, même si la barre paraît haute.

dimanche 22 octobre 2017

Grève des ordures à Marseille: la société Derichebourg dénonce des violences

Les grévistes nient et jurent de leur bonne foi

La collecte des ordures à Marseille est "régulièrement perturbée par l'intervention de grévistes et d'individus extérieurs à l'entreprise"

Les Marseillais, pris en otage de la guerre syndicale des ordures. 
port-marseille-euromedActeur international majeur sur le plan des services aux entreprises et à l'environnement (propreté et recyclage, énergie, aéronautique, intérim et recrutement), la société Derichebourg, dont le banquier socialiste Matthieu Pigasse - Groupe Le Monde et du Huffington Post - est l'un des administrateurs, et dont 200 salariés sont en grève depuis 12 jours, met les autonomes en cause, dimanche

Derichebourg dénonce des gens "violents, menaçants, entravant les voies de circulation à l'aide de véhicules et scooters". 

Le groupe pointe du doigt "des représentants de sociétés concurrentes". 
"Depuis jeudi matin, ils empêchent la reprise du travail des salariés qui le souhaitent, usant de pressions et menaces, alors même que des avancées significatives dans les négociations avaient été réalisées par toutes les parties prenantes", explique-t-il.
Poubelles à Marseille: la société Derichebourg dénonce des violences, les syndicats démentent
Le préfet assure-t-il la sécurité sanitaire de la population ? 
Kamel Djeffel, secrétaire national de la Confédération autonome du travail (CAT, dont le logo est un soleil jaune), porte-parole des grévistes, récuse ces accusations. "C'est regrettable. On va dire qu'il s'agit d'une maladresse de communication", a-t-il déclaré.
La CAT est une petite organisation syndicale qui, en 1947, refusa de rejoindre la CGT-FO, très pesamment implantée à Marseille.
Après 12 jours de grève des éboueurs de la société Derichebourg

mucem-euromed-marseille-ricciotti-esplanade-J4
Le MUCEM, au premier plan, à gauche, et le fort St Jean, à droite,
avec la Major,  cathédrale de Marseille, à l'arrière plan 
Les poubelles débordaient toujours dimanche matin dans trois arrondissements de Marseille, situés à l'extrémité ouest de l'arc portuaire, 
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le 2e (Arenc, quartier industriel qui se transforme en grand pôle tertiaire, avec son centre commercial, Les Terrasses du Port; Les Grands Carmes, dont la Rue de la République devenue artère commerçante; l'Hôtel de Ville et la Joliette, au coeur du centre d'affaires appelé Euroméditerranée et point d'arrivée des croisiéristes), 
le 15e (qui se classe au 13e rang parmi les 16 arrondissements de Marseille en terme de revenu fiscal médian par ménage) et le 16e (au 9e rang sur les 16).

"Samedi soir à 22H00, nous avons pris l'engagement de ne pas bloquer les intérimaires qui font le travail des grévistes", a indiqué le représentant de la CAT.


Mardi pourtant, la tension était retombée autour du ramassage des poubelles dans la cité phocéenne
Jeudi, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin (LR) avait déploré  que "près de 2.800 tonnes d'ordures restaient encore à collecter".

Président de la métropole Aix-Marseille-Provence chargée des déchets, J.-C. Gaudin avait demandé à Derichebourg "de mettre tous les moyens en œuvre pour remplir ses obligations contractuelles, y compris, si nécessaire, en recourant à des agents intérimaires".
"Les Marseillais attendent un retour rapide à un service normal et ne doivent pas subir plus longtemps une situation d'insalubrité qui n'a que trop duré", concluait le maire.

Les grévistes avaient accepté de débloquer des centres de transfert, permettant aux éboueurs non grévistes et d'autres arrondissements d'y vider leurs bennes.

Puisque "le conflit a pris une telle ampleur, les négociations ne se feront pas sans la présence de la Direccte" (direction régionale du travail), réplique Kamel Djeffel du côté des grévistes de la CAT. Il assure que les salariés "font preuve de bonne foi en laissant les intérimaires ramasser les ordures alors que c'est illégal, c'est un délit d'entrave à la grève".

Le délit sanitaire est-il supérieur ?