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samedi 25 avril 2020

Covid-19 : échec de l’essai clinique de l’antiviral Remdesivir

Que reste-t-il aux malades, à part l'hydroxychloroquine prescrite par le Pr Raoult?

Ras-le-bol des protocoles qui tuent : allégez-les et passez à l'action !

Des heures de file d'attente devant l'IHU de Marseille pour se faire dépister
Ces résultats décevants interviennent au moment où la clique du "conseil scientifique" fait barrage à la bi-thérapie du professeur de Marseille, que de nombreux chercheurs continuent de tâtonner et que les Etats planchent sur des scénarios de déconfinement, jusqu'ici ubuesques. 

De essais sont en cours sur de nombreux médicaments, partout dans le monde, et la nouvelle de leur échec sur le remdesivir est un coup dur pour la communauté scientifique, selon la presse, mais bien davantage pour les malades et leurs familles.

Le président Macron a rencontré Didier Raoult ce 9 avril, rendant encore un peu plus ambiguë la position de l'Etat à l'égard de la chloroquine. 
"Une visite surprise et à l'abri des regards", nous dit La Provence. A "l'abri des regards", certes, notamment des objectifs des photographes de presse, mais une visite rapportée par tous les media et après des semaines d’atermoiement au sommet de l'Etat. Au-delà des airs qu'ils se donnent, le locataire de l'Elysée n'a cessé de balancer, incapable de prendre une décision qui ne soit pas une sanction. Soucieux de ne jamais être pris en défaut, il se retranche derrière  l'avis d'une commission du Haut Conseil de la Santé publique: le "gouvernement travaille" à des décisions qui sont "sur la table" et, "clairement", il est "en capacité" de relever le "challenge", mais "on voit bien" que tout est trop "compliqué" pour eux.
La chloroquine revient de loin, notamment parce que le milieu médical parisien, et plus spécifiquement Yves Lévy, mari de l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, entretenait des rapports conflictuels avec son principal promoteur dans l’Hexagone. L’inauguration du nouvel IHU de Marseille en mars 2018 s’est par ailleurs fait hors la présence ministérielle d’Agnès Buzyn. Lorsqu'elle était en poste, la ministre a toujours ignoré l'infectiologue. "J'ai demandé des rendez-vous, on m'a répondu que la ministre n'avait pas le temps", nous racontait-il d’ailleurs récemment. C'est dans ce contexte qu’arrivent, à la fin du mois de janvier, les premiers ressortissants français venus de la région de Wuhan, à Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône. Facilement sécurisable, le centre de vacances d'accueil est - cyniquement - sélectionné par le ministère en raison, notamment, de sa proximité avec l’IHU de Marseille, que dirige Raoult.
Le professeur vient de se porter volontaire, avec ses équipes. Il y voit l’occasion d’appliquer sa méthodologie de mise en "quarantaine biologique", avec tests PCR - pour Polymerase Chain Reaction, qui reposent sur l’analyse génétique et se réfèrent au génome du virus - à cinq jours d'intervalle. Sa requête est soutenue par Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, lui aussi infectiologue, il y a longtemps, et devenu homme politique entré dans la haute-fonction publique qui n'a pas vu un seul malade depuis des lustres...

Moins d’un mois plus tard, quand le professeur publie ses premiers comptes-rendus, évoquant dès le 25 février les “effets prometteurs” de la chloroquine, un article des “Décodeurs” du Monde (propriété des macroniens Niel et Pigasse) juge aussitôt "trompeur" le titre d’une de ses vidéos et ses
déclarations sont qualifiées d’"infox" par la ministre de la Santé dont les services tweetent: "Aucune étude rigoureuse, publiée dans une revue internationale à comité de lecture indépendant, ne démontre l’efficacité de la chloroquine (Nivaquine) pour lutter contre l’infection au coronavirus chez l’être humain."
plus les jours passent, plus la vision du protocole du professeur Raoult s’impose dans une partie de l’opinion comme une solution immédiate à l’épidémie du coronavirus. Les articles insistant sur le profil "atypique" du scientifique se multiplient. Mais des personnalités politiques, comme
le maire de Nice Christian Estrosi ou encore la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, testés positifs au coronavirus, annoncent avoir essayé le protocole marseillais et être les preuves vivantes de son efficacité.
Un décret rectifié: informations contradictoires les 26 et 27 mars

Le HCSP met à jour ses recommandations thérapeutiques | Santé Magazine
Mais le 23 mars, le Haut Conseil de la santé publique monte au créneau et impose le décret encadrant actuellement sa prescription. 
"Le Haut Conseil de santé publique recommande de ne pas utiliser de chloroquine en l'absence de recommandation, à l'exception de formes graves, hospitalières, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte”, indique ce jour-là le nouveau ministre, Olivier Véran, un médecin. Incompréhensible position pour les partisans du protocole marseillais, qui défendent de l'utiliser dès les premiers symptômes.

Le 26 mars, surprise : la limitation aux "formes graves" a tout bonnement disparu du décret encadrant l’utilisation de la chloroquine pour traiter le Covid-19. Dans les colonnes du Journal Officiel, le texte prévoit en effet que "l'hydroxychloroquine et l'association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits aux patients atteints par le Covid-19." Autrement dit, bien que les médecins généralistes ne soient toujours pas autorisés à prescrire ce traitement, le gouvernement semble avoir fait un grand pas en avant sur la piste de la chloroquine. Didier Raoult, qui a désormais l'oreille du ministère, formule même ses remerciements dans un tweet à Olivier Véran, comme si les choses étaient actées : "Dans le cadre de l'urgence sanitaire, l'hydroxychloroquine peut être prescrite en traitement du COVID-19. Merci à Olivier Véran pour son écoute."

Patatras ! Dès le lendemain, un décret rectifié réintroduit une restriction à certains cas graves : "Ces prescriptions interviennent, après décision collégiale, dans le respect des recommandations du Haut Conseil de la santé publique (Christian Chidiac, ci-contre) et, en particulier, de l'indication pour les patients atteints de pneumonie oxygéno-requérante ou d'une défaillance d'organe". "Ce rectificatif avait vocation à expliciter le contenu de l’avis du Haut Conseil de la santé publique, pour une meilleure lisibilité du texte pour les praticiens et les citoyens," raconte, par écrit, le ministère de la Santé.

Si elle a le mérite de coller à la position initiale du Haut Conseil de la Santé publique, cette reculade suscite l’indignation de certains médecins, comme l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, par ailleurs membre à titre bénévole du conseil d'administration de l'IHU de Marseille, où travaille le professeur Raoult, une sommité internationale: "Le décret [scélérat] réserve l'hydroxychloroquine aux cas de pneumopathie avec détresse respiratoire. Mais ce sont justement les cas pour lesquels ce traitement n'est pas efficace. Car en phase de réanimation, la charge virale baisse. On le sait depuis le début", explique-t-il. La décision est passée par le président de ladite commission, Christian Chidiac, qui refuse de communiquer.

COVID-19 – Recours du SMAER : Le gouvernement, le Haut Conseil de ...
Les hésitations en série de l'Elysée ont donc fini par déboucher sur un décret contesté du gouvernement en date du 26 mars, au troisième mois de la pandémie, autorisant le recours à la molécule - en bi-thérapie et sur prescription médicale - pour les formes graves de Covid-19 en hospitalisation, alors que les défenseurs du protocole marseillais expliquent qu'il faut, au contraire, l’utiliser dès les premiers symptômes, pour éviter justement ces formes graves. Et la désormais fameuse hydroxychloroquine est toujours en attente du feu vert de la commission spécialisée "maladies infectieuses et maladies émergentes" du Haut Conseil de la Santé publique, dont les liens d'intérêts de son président Christian Chidiac avec le laboratoire pharmaceutique Gilead interpellent.

Or, les essais menés par le laboratoire Gilead viennent d'échouer


Sur la chloroquine, le Haut Conseil de santé publique et l'OMS ...
L’antiviral remdesivir du laboratoire américain Gilead Sciences a échoué à améliorer l’état de malades de Covid-19, selon les résultats d’un des premiers essais cliniques sur le médicament en Chine, a rapporté jeudi le Financial Times.

Un résumé des résultats de l’essai clinique a été publié sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), sans même attendre qu'il soit retiré, d’après le quotidien britannique.

Cet échec de la communauté scientifique ruine les espoirs des populations menacées de contamination par le virus tueur qui, partout dans le monde, fondaient beaucoup d’espoir sur cet antiviral en attendant un vaccin contre le Covid-19, pas avant l’année prochaine ou la suivante.



Restent les liens d'intérêts suspects entre le Pr. Chidiac et le laboratoire Gilead...

Haut Conseil de la santé publiqueIl est chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'Hôpital de la Croix-Rousse (Lyon).

Yves Lévy, lui aussi, est membre du Haut Conseil de la santé publique (CSRE, Commission spécialisée risques liés à l’environnement).

Mais reste la bi-thérapie du professeur Raoult, à la condition qu'elle soit prescrite dans le respect du protocole défini par ses équipes de l'IHU de Marseille.

Reste aussi le décret gouvernemental nuisible, voire criminel.


vendredi 17 avril 2020

Le laboratoire franco-chinois de Wuhan est-il responsable de la pandémie de coronavirus ?

Le laboratoire P4 de Wuhan suscite  fantasmes et spéculations

La France n'assume plus sa participation à sa création

La cellule 'investigation' de Radio France livre la version officielle.

Vue du laboratoire P4 de Wuhan (Chine centrale). © AFP - Hector Retamal 
Voulu et construit avec l’aide de la France, le laboratoire de virologie P4 de Wuhan qui fait aujourd’hui l’objet de beaucoup de spéculations a peu à peu échappé au contrôle des scientifiques français. Selon la cellule investigation Radio France, un vaccin contre le Covid-19 y a récemment été testé.

Avec ses 11 millions d'habitants, on dit de Wuhan que c’est la plus française des villes de Chine. On y trouve un musée de l'Urbanisme français et une gare TGV dont le toit évoque un oiseau migrateur. Anne isabelle Sigros, qui était cheffe de chantier pour l'agence d’architecture AREP, s’en souvient : "On était dans des marais et des champs. On a planté la gare-la, et aujourd’hui la ville l’a rejointe." Sur la rive Nord, on trouve encore des traces de la concession française, non loin du désormais célèbre marché couvert aux poissons de Huanan. Sur l’autre rive, les avenues rectilignes, qui filent vers l'aéroport, aboutissent à une zone industrielle où prospèrent une centaine d'entreprises françaises, parmi lesquelles Peugeot-Dongfeng, Renault, Eurocopter, Schneider Electric, L'Oréal ou encore Pernod-Ricard...

Une coopération prometteuse

Dans les années 2000, la coopération franco-chinoise à Wuhan se poursuit dans le domaine médical. En 2003, le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère frappe la Chine. Le pays a besoin d’aide. Le président Jiang Zemin, dont le mandat s'achève, est un ami du Docteur Chen Zhu. Ce Shanghaien francophile a été formé à l'Hôpital Saint-Louis, dans les services d’un proche de Jacques Chirac, le professeur Degos. Lorsque Hu Jin Tao succède à Jiang Zemin, Jean-Pierre Raffarin va rencontrer le médecin. Puis, en octobre 2004, lors d’un voyage à Pékin, Jacques Chirac scelle une alliance avec son homologue chinois.

Les deux pays décident de s’associer pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes. Ce partenariat semble d’autant plus nécessaire qu'un autre virus, celui de la grippe aviaire, le H5N1, vient frapper la Chine.

L’idée du P4 prend forme

De là va naître l’idée de construire à Wuhan, en collaboration avec la France, un laboratoire de type P4. Autrement dit, de très haute sécurité biologique pour l'étude de virus pathogènes inconnus pour lesquels on n'a pas de vaccin. Il existe une trentaine de ces structures dans le monde, dont certaines sont labélisées par l'Organisation Mondiale de la Santé. Mais le projet provoque des résistances. D’abord, des experts français en guerre bactériologiques se montrent réticents. Nous sommes dans l’après 11 septembre. Le SGDSN (Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale) redoute qu’un P4 puisse se transformer en arsenal biologique.

A cela s’ajoute un autre grief de la part de la France. La Chine refuse de lui préciser ce que sont devenus les laboratoires mobiles de biologie P3 qui avaient été financés par le gouvernement Raffarin après l'épidémie de SRAS. "Les Français ont été un peu refroidis par le manque de transparence des Chinois" explique Antoine Izambard, auteur du livre « Les liaisons dangereuses ». "Leurs explications sont restées opaques sur l'utilisation qu'ils pouvaient faire de ces P3. Certains dans l'administration française pensaient donc que la Chine ferait surement un usage similaire du P4. Cela suscitait énormément de craintes."

Les travaux démarrent

Mais peu à peu, ces réserves vont être levées. Et en 2004, un accord signé par Michel Barnier, ministre la Santé de Jacques Chirac, lance le projet du P4 chinois. Il reste à trouver un lieu. Puisque Shanghai est trop peuplée, ce laboratoire sera installé en périphérie de Wuhan. En 2008, un comité de pilotage est créé. Il sera dirigé par un Français, le Lyonnais Alain Mérieux, et le docteur Chen Zhu. En 2010, l'administration Sarkozy annonce à l'OMS que les travaux commencent.

Une quinzaine de PME françaises très spécialisées prêtent alors leur concours pour construire le laboratoire. "Ces labos P4 c'est vraiment de la technologie de top niveau, comparables à celle des sous-marins nucléaires français pour ce qui est de l'étanchéité de certaines pièces" précise encore Antoine Izambard. Mais ce seront des entreprises chinoises qui assureront l’essentiel de la construction, ce qui n’est pas toujours du goût des Français. Technip par exemple, refusera de certifier le bâtiment.

Le 31 janvier 2015 le chantier se termine enfin. Dans son livre, Antoine Izambard décrit un endroit austère. "Au bout d’une route à 6 voies", écrit-il, on trouve "un immense immeuble en briques rouges en construction, (destiné à accueillir 250 chercheurs en résidence), un autre hautement sécurisé que l'on prendrait pour une prison (un bunker de 4 étages avec 4 labos étanches), et un dernier blanc et rectangulaire sur lequel est écrit « Wuhan Institute of Virology."

Les Chinois reprennent le contrôle

En 2015, Alain Mérieux quitte la coprésidence de la Commission mixte qui supervisait le projet. A l’époque, il raconte au micro de Radio France à Pékin : "J'abandonne la coprésidence du P4 qui est un outil très chinois. Il leur appartient, même s’il a été développé avec l’assistance technique de la France." Mais il ne s’agit pas pour autant de couper tous liens. "Entre le P4 de Lyon et le P4 de Wuhan" précise-t-il, "nous voulons établir une coopération étroite. En Chine, il y a beaucoup d'animaux, l'aviculture, les problèmes de cochons, qui eux-mêmes sont des transporteurs de virus. Il est impensable que la Chine n'ait pas un laboratoire de haute sécurité pour isoler des germes nouveaux dont beaucoup sont d'étiologie inconnue."

Une collaboration en trompe l’œil

Le 23 février 2017, l'ex premier ministre Bernard Cazeneuve et la ministre de la Santé Marisol Touraine, annoncent que 50 chercheurs français viendront en résidence au P4 de Wuhan pendant 5 ans. La France s’engage alors à lui apporter une expertise technique, ainsi que des formations pour améliorer le niveau de biosécurité du laboratoire, et à lancer un programme de recherche commun. Mais les chercheurs français ne viendront jamais. Pour Marisol Touraine, "c'est dommage dans la mesure où on avait lancé le projet avec l'espoir qu'il apporterait de la connaissance partagée. On ne pouvait pas évidemment anticiper l'épidémie actuelle. Mais en février 2017, on misait sur les espoirs de cette coopération."

Quoi qu’il en soit, la mise en exploitation du labo a lieu en janvier 2018. Elle coïncide avec la première visite d'Etat d’Emmanuel Macron à Pékin.

Mais dès le début un doute s’installe sur sa fiabilité. Selon le Washington Post, en janvier 2018, des membres de l’ambassade américaine visitent les locaux et alertent Washington de l’insuffisance des mesures de sécurité prises dans un lieu où l’on étudie les coronavirus issus de chauves-souris.

Autre déconvenue : la coopération franco-chinoise espérée entre le P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon Bron et celui de Wuhan ne démarrera jamais vraiment. Alain Mérieux lui-même le confirme à la cellule investigation de Radio France : "On peut dire sans dévoiler un secret d'Etat que, depuis 2016, il n'y a pas eu de réunion du Comité franco-chinois sur les maladies infectieuses", reconnait-il. Contrairement aux promesses initiales, les Chinois travaillent donc sans regard extérieur de chercheurs français. "Le laboratoire est loin de tourner à plein régime", précise encore Antoine Izambard. "Ils ont construit un immense immeuble qui doit accueillir 250 chercheurs, mais ils ne sont pas encore là. En temps normal, il n'y a que quelques chercheurs chinois de l’Institut de virologie de Wuhan qui mènent des recherches sur des animaux en lien avec trois maladies, Ebola, la fièvre hémorragique Congo Crimée, et le NIPAH" (un virus véhiculé par les porcs et les chauves-souris).

Trou dans la raquette des investigateurs de Radio France 
Radio France ne mentionne à aucun moment que le mari de la ministre de la Santé de Macron est impliqué dans le P4 de Wuhan

D'où l'accusation instantanée de 'fake news'...
Yves Lévy a abandonné sa blouse de médecin pour
la livrée grise du serviteur de l'Etat

Pourtant, lorsque Bernard Cazeneuve, dans le cadre de son voyage officiel en Chine du 20 au 23 février 2017, se rend à Wuhan le 23 février, il est accompagné d’une délégation dont fait partie Mme Marisol Touraine (ministre des Affaires sociales et de la Santé), M. Mathias Feckl (secrétaire d’Etat au Commerce extérieur), M. Yves Levy (PDG de l’INSERM, président de l’alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé et co-président français du comité chargé du suivi de la mise en œuvre de l’accord intergouvernemental de coopération en matière de prévention et de lutte contre les maladies infectieuses de 2004), ainsi que M Hervé Raoul (directeur du laboratoire P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon)
Outre que la France, en application d’accords franco-chinois relatifs à ce laboratoire, a financé le P4 à hauteur de 1 million d’euros pendant 5 ans,
Yves Lévy a été directement impliqué dans le projet en qualité de PDG de l'INSERM entre 2014 et 2018.
Une nouvelle occasion manquée

Avant la crise du Covid-19, une autre collaboration a semblé vouloir prendre forme. En 2019, le Président chinois Xi Jinping demande à l'un des vice-présidents du comité permanent de l'Assemblée populaire, d’imaginer ce que pourrait être un bouclier sanitaire pour la province du Yunnan. Là-bas, de nombreux hommes côtoient les animaux sauvages. De cette promiscuité naît un risque d’apparition de nouveaux virus transmissibles à l’homme. "C'est un grand pays qui a pas mal bouleversé ses écosystèmes avec cultures et élevages gigantesques" confirme Gilles Salvat, docteur vétérinaire et directeur général de la recherche à l'ANSES. "C'est vrai que c'est une source de virus à cause des interactions animaux sauvages et domestiques sur un pays continent avec tous les climats."

Créer un centre de surveillance sur la grande région pourrait donc permettre de prévenir le développement de nouveaux virus, de type coronavirus par exemple. Une fois de plus, c'est le Docteur Chen Zhu qui porte ce projet. Il en parle à son ami Alain Mérieux. Ce dernier l’évoque avec Philippe Etienne qui est alors conseiller diplomatique du Président Macron. Selon un media chinois en ligne, China-info.com, un projet prend forme. Il consiste à créer un réseau sentinelle qui réunirait les Instituts Pasteur France, avec des antennes de la fondation Mérieux au Laos, au Cambodge, et au Bangladesh. Mais une fois de plus, l’enthousiasme sera de courte durée. Le 24 mars, Xi Xinping, Emmanuel Macron et leurs épouses dînent à la Villa Kerylos, sur la côte d’Azur. Le lendemain le communiqué final ne fait aucune mention de ce projet. Il ne sera pas non plus évoqué lors du voyage officiel en Chine d'Emmanuel Macron en novembre 2019. Il est vrai qu’un autre sujet sensible focalise l’attention. La peste porcine est arrivée en France, et les éleveurs font pression pour pouvoir continuer à exporter en Chine. Le bouclier sanitaire sera donc remisé à plus tard…

Un essai de vaccin sur des humains

Le P4 de Wuhan ne sera cependant pas resté inactif lors de l’apparition du Covid-19. C’est là que, selon deux sources fiables, bien que non confirmées par les autorités chinoises, à la fin décembre 2019, le professeur Shi Zhengli a identifié le nouveau coronavirus à partir d’échantillons prélevés sur cinq malades des hôpitaux municipaux de Wuhan. Le 3 janvier, le séquençage complet de son génome commence dans un autre laboratoire, le P3 de la Clinique Centrale de santé publique de Shanghai, qui le partagera ensuite avec d’autres pays. Dans le même temps, le P4 de Wuhan travaille sur un singe cobaye infecté, dans le but d’obtenir un sérum. "Les Chinois sont de bons candidats pour produire un vaccin," estime Gilles Salvat. "Ils ont des étudiants dans le monde entier. Ils ont 40 chercheurs sur un sujet quand nous on en a deux. Leur puissance de feu est redoutable en matière d'innovation et de biologie."

Officiellement le P4 ferme le 23 janvier, lorsque le confinement est prononcé à Wuhan. Mais selon plusieurs sources françaises et chinoises contactées par la cellule investigation de Radio France, à la mi-mars, un essai de vaccin a eu lieu en partenariat avec une société de biotechnologie chinoise. Selon nos informations, un virus a d’abord été inoculé à des singes, avant d’être inactivé puis injecté à des personnels volontaires de l’institut dont dépend le laboratoire. "Les premiers inoculés sont des volontaires et ça s'est bien passé" nous a confirmé le Docteur Zhao YAN qui codirige l'Hôpital Zhongnan de Wuhan : "Il y a des médecins qui participent. Je sais qu'il y a eu une première série d'un petit nombre, et une deuxième série d'essais est en cours sur un nombre relativement important." Selon Frédéric Tangy de l’institut pasteur, cependant, pour ce type de vaccin à virus inactivé, "il y a un risque d'exacerbation de la maladie. C’est une catastrophe. C’est la pire des choses à faire."

Le P4 dans la course mondiale

Le P4 est donc engagé dans une course au vaccin, tout comme le sont d’autres pays. Le 16 mars la société américaine Moderna de Cambridge dirigée par le Français Stéphane Bancel, annonce elle aussi qu’elle a commencé un essai clinique à Seattle sur 45 patients sains. Sanofi travaille également avec une équipe militaire américaine.
Quant à l’institut Pasteur, il doit démarrer en juillet un essai clinique sur des volontaires avec un vaccin dérivé de celui de la rougeole. Mais là encore, la prudence doit rester de mise, puisqu’il faut trois phases d'essais concluants, avec un pourcentage important de guérisons sur plus de 60 à 70% de patients d’origine et d’âges différents, avant d’approuver un vaccin.


lundi 6 avril 2020

Mais où est donc soudain passée la conseillère santé de Macron ?

La protectrice des "vieux" et des Ehpad auprès de Macron a déserté au milieu de la bataille

Au moment où l’OMS déclare "l’urgence de santé publique de portée internationale," la conseillère santé du président de la République, Marie Fontanel, fait ses cartons, le 31 janvier. Elle n’a été remplacée qu’un mois plus tard. 

Cette débandade interpelle à nouveau sur la capacité de l'Elysée à gérer la crise sanitaire, au moment où la menace pandémique se profilait déjà.

Le motif officiel de son abandon de poste est la campagne LREM de son strasbourgeois de mari, le socialiste  Alain Fontanel. 
Le couple avait une bonne chance de mettre la main sur la mairie de la capitale alsacienne. La presse macronienne le présentait comme le "grand favori" du scrutin et le "dauphin naturel" du maire PS sortant, Roland Ries. BVA le situait néanmoins aux coude à coude avec EELV.
Son épouse a-t-elle lâché la proie pour l'ombre, sachant que la victoire n'était pas assurée, puisque desservi par le mouvement de contestation de la réforme des retraites", à laquelle l'épouse est associée. Il sera d'ailleurs devancé de huit points par les Ecologistes au premier tour, ne devançant LR que de 1,5 points.

Enarque, spécialiste des questions sociales comme membre de l’IGAS (niche dorée pour serviteurs hors d'usage du pouvoir), elle fut durant toute la première moitié du quinquennat l'experte en questions de santé du président Macron et Madame "personnes âgées", accessoirement, puisqu'elle cumulait la protection sociale, la lutte contre les inégalités, la dépendance et le handicap.
Marie Fontanel, 43 ans, connaît bien Emmanuel Macron, puisqu'ils sont tous les deux issus de la promotion Léopold-Sedar-Senghor (2004) de l'ENA. Elle a également été membre du comité d'experts qui a travaillé sur le programme du candidat En Marche!, sur les questions de santé également.
Marie Fontanel est mariée au premier adjoint PS au maire socialiste de Strasbourg, Alain Fontanel.
Des coïncidences troublantes

A la Une | Marie Fontanel, conseillère du président, à L'ElyséeC'est une ancienne n°2 de l’ARS Grand Est, d'où est partie l'épidémie de Covid 19... Marie Fontanel (ci-contre) a quitté la Présidence de la République le 22 janvier dernier.  On attend maintenant avec impatience le nom de son remplaçant : celui ou celle qui, dans les mois qui viennent, devrait être au cœur des arbitrages d’une loi Grand Age.

Agnès Buzyn a révélé avoir alerté Macron et Philippe dès le mois de janvier de la gravité de la crise sanitaire qui se profilait . Sans effets : ni commande massive de masques et de gel hydroalcoolique de protection, ni de créations de lits d'hôpitaux en début de semaine quant à 
"Je pense que j’ai vu la première ce qui se passait en Chine, déclara-t-elle au Monde  : le 20 décembre, un blog anglophone détaillait des pneumopathies étranges. J’ai alerté le directeur général de la santé. Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir", a confié au quotidien du soir celle qui, en janvier, était encore ministre de la Santé.Quant à Marie Fontanel, sachant que le second tour ne pourrait avoir lieu, elle quitte l'Elysée avant la tempête pour faire campagne dans une élection dont elle sait qu'elle n'aura pas lieu...
Ces gens ne raisonnent vraiment pas comme nous !

mardi 31 mars 2020

Essai clinique de quatre traitements, dont l'hydroxychloroquine, en cours en Europe

A l'écart des assauts menés contre le Pr Raoult, Florence Ader dirige un essai clinique crucial

Cet étude coordonnée par... l'INSERM doit tester quatre protocoles, dont celui à base d'hydroxychloroquine, sur 3200 patients en Europe

20minutes - vous allez en parler en format webapp!Au travail à l'abri des querelles faites au professeur Raoult, la professeure Florence Ader pilote à Lyon un essai clinique visant à trouver un traitement contre le Covid19. Elle est depuis un mois à la tâche au coeur d'un "projet fou", loin de son quotidien habituel d'infectiologue-pneumologue.

D'emblée, elle élude les questions polémiques autour de l'efficacité de la chloroquine (associée à un antibiotique, avec des risques faibles de troubles du rythme cardiaque, insiste le professeur Philippe Gabriel Steg, co-président du comité de pilotage spécial Covid au sein de l'AP-HP) proposée par le Pr Didier Raoult et plébiscitée par la population de la région de Marseille. "Il faut s'extraire du buzz et privilégier les démarches de recherche médicale", coupe sagement la chercheuse lyonnaise. La Pr Ader est une des rares femmes présentes dans le débat médical actuel et, à la différence de sa consoeur Karine Lacombe, choisit la discrétion face à certains porte-parole politisés qui tentent de décrédibiliser le chercheur marseillais en faisant circuler des rumeurs complotistes ou alarmistes, quand des acteurs politiques sur le retour, tel Daniel Cohn-Bendit ne tombent pas dans les insultes. Lien PaSiDupes"Qu’il ferme sa gueule," lance le trublion Daniel Cohn-Bendit au Professeur Raoult

Directrice du programme européen REACTing, un consortium multidisciplinaire rassemblant des équipes et laboratoires d’excellence, dont les travaux sont coordonnés par l'INSERM et ses partenaires d’Aviesan (Alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé, laquelle a travaillé sur les épidémies de grippe H5N1 et H1N1, SRAS, Mers-Co, Chikungunya, Ebola et Zika), Florence Ader préfère donc parler de la "prouesse" que le service public français a, selon elle, réussi à réaliser avec Discovery, un essai clinique coordonné par l'Inserm qui doit tester quatre traitements, dont l'hydroxychloroquine, sur 3.200 patients en Europe, dont au moins 800 en France. Uniquement des patients hospitalisés et gravement atteints. "C'est l'une des grandes leçons de la crise d'Ebola de 2014. Le seul et unique essai randomisé avait été mis en place trop tard, avec seulement 72 patients", explique-t-elle. Notons que le mari Buzyn, Yves Levy, a dirigé l' Aviesan de 2014 à 2018 et l'Inserm (2014-2018 également)...
L'Hexagone est le premier pays européen à avoir mis sur pied et lancé un tel essai. Son budget : quelques millions d'euros, financé par la Direction générale de l'offre de soins du ministère de la Santé. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) doit aussi lancer son grand essai, "Solidarity", mais il en est encore à la phase préparatoire.

Le professeur Ader, face à l'exigence malgré l'urgence

L'essai clinique Discovery a commencé il y aune semaine. 
Il inclut à ce jour 123 des 800 patients dans sept centres hospitaliers. Chaque participant se voit allouer soit l'un des quatre traitements testés, soit des soins standard, de manière aléatoire, après une randomisation numérique (méthode de répartition fondée sur le hasard).

Sont testés : le remdesivir (antiviral conçu initialement pour Ebola), le lopinavir en combinaison avec le ritonavir (des anti-VIH), la même combinaison mais associée à l'interféron bêta pour tenter de baisser le processus inflammatoire et l'hydroxychloroquine (cousin de la chloroquine, mais présentant moins de risque de toxicité, cet anti-paludéen a l'avantage d'être connu et bon marché). 

"Nous n'avons pour l'heure aucune confirmation de la réalité de l'efficacité de ces traitements," insiste Florence Ader. "Nous n'avons que des données disparates sur ces molécules. On a des données in vitro pour certaines, pas pour d'autres; des données sur des modèles animaux pour certaines, mais pas pour toutes, d'autres données sur des petites séries de patients, pas pour d'autres".

D'où pour elle l'importance de ne faire "aucune concession" et assurer le même niveau d'exigence malgré l'urgence d'une pandémie qui a déjà tué quelque 30.000 personnes dans le monde, selon un bilan établi par la presse. "Plus les résultats seront significatifs et méthodologiquement robustes, plus le niveau de preuves sera élevé et plus on rendra service aux gens", souligne Florence Ader.

Aucune échéance précise

Cet essai est mené avec toute la rapidité et l'adaptabilité nécessaires au contexteassure cette chercheuse, même s'il est lourd. La Pr Ader est entourée d'une vingtaine de personnes qui travaillent d'arrache-pied. D'abord une cheffe de projet qui gère la très lourde logistique depuis un centre dans le sud.

Sur le terrain, des centaines de techniciens, d'attachés de recherche, de médecins d'essai clinique collectent les données. Et à charge de l'équipe de méthodologie de l'Inserm de les exploiter. Les premières évaluations de patients vont commencer après 15 jours de traitement, dans une semaine environ. On pourra notamment estimer si leur état clinique s'est amélioré, s'ils ont toléré le traitement.

samedi 28 mars 2020

Coronavirus et hydroxychloroquine : Le Monde se consacre à la défense du couple Buzyn-Lévy

Les Décodeurs accusent leurs accusateurs 

Les fact-checkers du journal de Xavier Niel et Matthieu Pigasse ciblent et jugent des "publications mensongères"

Buzyn-Lévy, un couple serein
Des messages accusent l’ancienne ministre de la santé et son mari, l’ex-directeur de l’Inserm, d’avoir saboté le travail de Didier Raoult et empêché le recours à l'hydroxychloroquinepossible médicament de lutte contre le Covid-19 et la pandémie. La journaliste Assma Maad mène l'opération de déminage du scandale d'Etat du siècle. Elle est aussi la signature de "Tiphaine Auzière et la CFDT, Sébastien Auzière et l’IFOP : les intox visent aussi les enfants de Brigitte Macron" ou de "Non, Brigitte Macron ne gagne pas 450 000 euros par an". Voici le plaidoyer des partisans, assorti de commentaires: 

"Si tous ces faits sont confirmés, nous allons vers un des plus grands scandales d’Etat que la France ait connus." Sur les réseaux sociaux, des partisans de Didier Raoult, défenseur de l’hydroxychloroquine comme remède à l’épidémie de Covid-19, sont convaincus que si les résultats de son essai clinique ont été froidement accueillis par la communauté scientifique, la "caste médiatique" n’y est pas pour rien [deuxième jugement péremptoire (après l'accusation de mensonge, en titre, avant même le début de l'ombre d'une preuve]. Selon eux [qu'on ne se méprenne pas!], les coupables sont tout trouvés [ironie à visée de décrédibilisation, dès le préambule] : l’ancienne ministre de la santé [Santé?], Agnès Buzyn, et son mari, l’ex-directeur de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), Yves Lévy [on peut aussi fournir des éléments d'appréciation qui sont des faits : elle est l'ex-épouse d'un fils de Simone Veil, dont elle a plusieurs enfants; il était conseiller spécial pour la santé au cabinet de la ministre socialiste de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, dont le suppléant aux élections législatives de 2012 était Olivier Véran, successeur de Buzyn au ministère ].

Des messages partagés des centaines de milliers de fois accusent la candidate à la Mairie de Paris  [et ersatz de Benjamin Griveaux, candidat LREM de Macron, disqualifié par ses sex-tapes de harcèlement sexuel] et son époux d’avoir torpillé les travaux de Didier Raoult et de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection qu’il dirige à Marseille. Le tout [condescendant?] sur fond de soupçons de conflits d’intérêts. Parmi la multitude de publications, nous en avons sélectionné deux [sur quels critères? la démonstration ne risque-t-elle pas d'être biaisée à la base?], extrêmement [expression de rancoeur] virales sur Facebook.

[A l'inverse,
la macronie et sa presse se mobilisent pour diffamer le chercheur : video]
Cabale et chasse aux infox

Ce que disent les rumeurs
 
[qualification partisane de l'information non officielle]

Dans un premier texte [références?], il est notamment écrit [qui l'auteur?] qu’Yves Lévy aurait inauguré [le document s'exprime-t-il au conditionnel?] le laboratoire P4 de Wuhan "d’où le virus est sorti", que celui-ci était en conflit avec Didier Raoult et qu’il a refusé des labels à son établissement, l’IHU de Marseille.

Le deuxième texte [même remarque sur la fiabilité des assertions du Monde] vise à son tour Yves Lévy, mais également Agnès Buzyn qui, "au mois de janvier, a classé la chloroquine, expérimentée par Didier Raoult, dans la catégorie des substances vénéneuses".

Ces publications ont un but : prouver que Didier Raoult a trouvé avec la chloroquine (il s’agit en réalité [qui dit le contraire?] de l’hydroxychloroquine, un de ses dérivés) le remède pour lutter contre le nouveau coronavirus, et que le couple Yves Lévy-Agnès Buzyn aurait agi pour le décrédibiliser. Encore faut-il le prouver [observation valable pour tous... Assma Maad passe à l'offensive à visage découvert]. Ici, les techniques sont bien connues [suggestion de complot, vs déni]: mêler de vraies informations avec des faits détournés, voire inventés. Les peurs et incertitudes engendrées par cette épidémie assurent à ces diatribes un succès certain [on a tout: méthode incriminée, motivations suspectes et mensonges: on attend toujours les preuves].

Yves Lévy était-il en conflit avec Didier Raoult, au point de "retirer leur label aux nouvelles unités de l’IHU de Marseille en 2018" ? Les Décodeurs est maintenant dans la peau d'Yves Lévy]

PLUTÔT VRAI
Yves Lévy est un médecin reconnu [D. Raoult est-il un professeur internationalement écouté?], spécialiste dans le domaine du VIH [rapport? On parle en fait de virus extrêmement différents et Mme Maad suggère une similitude avec les porteurs du sida: il suffisait d'évoquer sa compétence en virologie ]. En 2014, il a pris la tête de l’Inserm [en fait, il y est nommé par décret du président Hollande en Conseil des ministres]. Cette institution est placée sous la cotutelle des ministères de la santé et de la recherche [Mme Fiorasso]. Lorsque sa femme, Agnès Buzyn, a été nommée ministre de la santé en mai 2017, des soupçons de conflits d’intérêts ont émergé. Dès la prise de fonctions de cette dernière [sous la pression de la "rumeur" et des media], un décret avait été pris pour retirer au ministère de la santé la cotutelle de l’Inserm. Mais la situation a continué à créer l’embarras, poussant M. Lévy à retirer en 2018 sa candidature pour un second mandat. [l'anguille sous roche macronienne était délogée]

Entre Didier Raoult et Yves Lévy, il y a bien eu un différend. L’infectiologue marseillais a été l’un des premiers à dénoncer un possible conflit d’intérêts entre l’Inserm et le ministère de la santé. Il s’est aussi montré très critique envers l’institution, comme l’explique le journaliste Hervé Vaudoit, auteur de L’IHU Méditérranée Infection. Le défi de la recherche et de la médecine intégrées (éd. Michel Lafon, 2018) : "Avec des articles (…) pour déplorer que l’Inserm ait, depuis trente ans, fait sortir la recherche médicale des hôpitaux universitaires, il pouvait difficilement espérer le soutien indéfectible d’Yves Lévy."

Le conflit s’est cristallisé autour des statuts et labels [et de ce q'ils impliquent] de l’IHU de Marseille [financé par l'ANR, notamment dotée par l'Etat]. Ces instituts hospitalo-universitaires bénéficiaient, depuis leur création en 2010, d’un statut de fondation de coopération scientifique, qui leur accordait une large autonomie et liberté de recherche. Or Yves Lévy plaidait pour l’abandon de ce statut, selon le journaliste Hervé Vaudoit [Les Décodeurs le met en cause, sinon il écrirait "précise H. Vaudoit"]. Quand Mme Buzyn a annoncé [sans colère aucune, s'agissant d'elle] vouloir changer ce statut en septembre 2017 [peut-on préciser le motif, au cas où?], l’annonce a provoqué la colère de M. Raoult, qui s’en est ému [euphémisme moqueur] dans la presse. Matignon a été contraint d’intervenir.

Autre motif de courroux [indignation?], en 2018 [A. Buzyn est ministre depuis mai 2017], l’Inserm et le CNRS [sous tutelle de qui ?] ont retiré leur label aux unités de recherche de l’IHU de Marseille. Une conséquence de cette bataille engagée entre les deux hommes, selon le camp Raoult [à juste titre?]. L’Inserm explique au Monde que cette décision n’émanait pas d’Yves Lévy seul [toute la nuance est dans le mot "seul"!]:

"Les projets d’unités de recherche sont évalués par le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, puis par les instances d’évaluation de l’Inserm : commissions scientifiques spécialisées et conseil scientifique. Ces dernières émettent un avis sur lequel la direction de l’Inserm se base pour accepter ou non la création ou le renouvellement de l’unité avec un label Inserm. La décision a été prise à la suite du processus décrit." ["selon" l'Inserm ou "selon" Le Monde?]

En outre, la même année, un autre organisme de recherche, le CNRS, a également retiré son label aux unités de l’IHU dirigé par M. Raoult. Or, le CNRS [à la différence de l'Inserm] n’a jamais été dirigé par M. Lévy [Et par qui alors ? Il est placé sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation et du ministère... des Solidarités et de la Santé]
Au final, la question sans réponse des Décodeurs était plutôt de savoir si le professeur Raoult et son IHU ont été menacés d'étouffement par le couple Lévy-Buzyn.  La démonstration du Monde plaide en faveur de "VRAI"

Yves Lévy a-t-il participé à l’inauguration du laboratoire P4 à Wuhan "d’où le virus est sorti" ?

A NUANCER [!]
Un laboratoire P4 est un établissement de haut confinement consacré à l’étude des micro-organismes "pathogènes de classe 4", c’est-à-dire très dangereux. En Chine, ce centre de recherche, sis à Wuhan [aucun rapport avec la propagation du Covid-19?], a été conçu en coopération avec la France, au lendemain de l’épidémie de syndrome respiratoire aigu sévère de 2003.
Un accord entre les deux pays a été signé en 2004, afin de développer la prévention et la lutte contre les maladies infectieuses émergentes. Le projet a été mené en collaboration avec le laboratoire P4 Inserm Jean-Mérieux à Lyon. L’inauguration s’est déroulée le 23 février 2017 en présence du premier ministre d’alors, Bernard Cazeneuve, et d’Yves Lévy, qui faisait partie de la délégation française.

Jusque-là [on aime cet aveu du bout des lèvres !], les publications Facebook disent vrai. Mais elles tombent dans le complotisme [sic] lorsqu’il est écrit que le nouveau coronavirus serait né dans ce centre de recherche chinois [Les Décodeurs apporte-il la preuve du contraire?], situé à Wuhan, la ville où est apparu le SARS-CoV-2. Les chercheurs du laboratoire P4 de Wuhan ont démenti cette fausse information [est-ce encore une preuve?]: "Ces rumeurs ont gravement nui à nos chercheurs, en première ligne, et sérieusement perturbé notre mission de recherche pour combattre l’épidémie." [citation qui n'apporte rien sur le fondement de la "rumeur"]

L’Inserm précise d’ailleurs [connivence d'Etat ?] que "les coronavirus sont des agents pathogènes de classe 3 et pas de classe 4 : il n’y a donc pas de nécessité de les étudier dans un laboratoire P4" [donc le coronavirus n'a pas muté ??]. Les travaux se poursuivent toujours pour déterminer avec certitude l’origine de ce nouveau virus [Les Décodeurs assure en revanche que le lien n'existe pas]. Mais comme l’indique [Le Monde indique ici de quel côté il se situe] l’Institut Pasteur, il est très probablement d’origine animale [une probabilité n'est qu'une hypothèse scientifique?]Ensemble "à nuancer", pour ne pas dire "faux".

Agnes Buzyn a-t-elle classé la chloroquine dans les substances vénéneuses le 13 janvier, "alors que l’épidémie se répandait en Chine"?

L’ancienne ministre de la santé est accusée [tournure passive complotiste qui dissimule les identités des accusateurs et prudence journalistique] d’avoir barré volontairement l’accès à l’hydroxychloroquine, "alors que cela fait cinquante ans qu’elle est en vente libre". Les auteurs de ce message [que ne le cite-t-on encore pas?] s’interrogent : "Comment ne pas voir aussi le conflit d’intérêts avec la décision d’Agnès Buzyn qui, au mois de janvier, a classé la chloroquine, expérimentée par Didier Raoult, dans la catégorie des substances vénéneuses ?"

FAUX
Un arrêté a bien été pris le 13 janvier [par qui? Merci la tournure passive !] afin de modifier la liste des substances vénéneuses, des substances aux principes actifs dangereux pour la santé [pour quel motif avoué ??]. L’hydroxychloroquine est depuis en effet "classée sur la liste II". Vendue sous la marque Plaquenil, le médicament est délivré désormais obligatoirement sur ordonnance.

Mais Agnès Buzyn n’a pas agi en pleine épidémie de Covid-19 [la belle affaire! Elle a simplement été mue par l'hostilité du milieu médical parisien contre le Marseillais, ce qui  justifie les accusations à l'encontre du couple et de leur cercle de confrères]. Cette décision n’a pas été prise en début d’année, mais quelques mois avant [ce calendrier ne change rien à la réalité de la cabale anti-Raoult]. L’Agence nationale de sécurité sanitaire avait donné son feu vert à cette nouvelle classification le 12 novembre, quelques semaines avant l’apparition du nouveau coronavirus [L'ANSES est placée sous la tutelle des ministères de la Santé, de l'Agriculture, de l'Environnement, du Travail et de la Consommation].
[Au total, rien ne permet donc au Monde de juger fausse l'accusation d'un ciblage de la chloroquine par le couple Lévy-Buzyn: bien au  contraire, les intervenants sont en lien de dépendance avec le ministère de la Santé].

Agnès Buzyn a-t-elle déclaré que "ce serait une hécatombe, et qu’il n’y avait pas de remède" ?

FAUX
"Il y a quelques semaines, Agnès Buzyn a dit avoir su que ce serait une hécatombe, et qu’il n’y avait pas de remède", lit-on sur les réseaux sociaux [coup de grâce: ils ne répondent à aucune contrainte des autorités et des chapelles, à la différence des organes de presse subventionnés]. Cette phrase n’a jamais [sic] été prononcée telle quelle [italiques de l'auteur] par l’ancienne ministre. Il s’agit d’une interprétation de ses "regrets" [et du mot "tsunami" qu'elle a prononcé] rapportés dans un article du Monde publié le 17 mars. Celle qui avait quitté [été exfiltrée] son ministère pour être candidate [de substitution] à la Mairie de Paris, après le retrait [à dire vrai, une démission] de Benjamin Griveaux, avait confié, deux jours après le premier tour des municipales : "Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous."



Dans un billet publié par Marianne le 18 mars, un avocat a commenté ses déclarations en employant le terme d’hécatombe : "On peut déduire de ses propos le caractère criminel du comportement des décideurs publics dont c’était la responsabilité de prendre toutes les mesures permettant d’affronter la catastrophe et d’éviter une hécatombe." Ce texte a été très relayé sur Facebook, et repris dans d’autres messages. Contactée par Le Monde, l’équipe d’Agnès Buzyn a indiqué que cette dernière avait "repris son activité de médecin le temps de la crise", et que "la campagne est suspendue ainsi que toute activité de communication liée".
Puisque Mme Saad lit Marianne, ce passage du même article (18 mars 2020) n'a pu lui échapper et nous rappelons à ses lecteurs d'autres des propos de la ministre, ci-dessous]

Il n’existe toujours pas de "remède" [agréé] contre le nouveau coronavirus [la nuance, c'est que sa prescription n'est pas interdite]. Le traitement à base d’hydroxychloroquine, préconisé par Didier Raoult dans son essai clinique, divise encore. Actuellement, le Haut Conseil de santé publique recommande de ne l’utiliser que dans les cas sévères de Covid-19, à l’hôpital et avec l’avis des médecins.

Plus d’une centaine d’études sont en cours ou en passe d’être lancés dans le monde pour trouver un traitement contre le Covid-19. Un essai européen de grande envergure coordonné par l’Inserm, Discovery, a démarré le 22 mars. Les résultats préliminaires devraient être connus d’ici environ deux semaines.
["Hécatombe" ou "tsunami", rien qui autorise Le Monde à accuser qui que ce soit de mensonge.]

Non, "Le Monde" n’a pas qualifié de «'fake news' les recherches du professeur Raoult sur la chloroquine
Le 16 février, le professeur Didier Raoult diffusait une vidéo sur YouTube et sur le site de l’institut qui l’emploie (l’IHU Méditerranée Infection) dans laquelle il expliquait l’état de ses recherches et l’espoir qu’il mettait dans un traitement à base de chloroquine contre le coronavirus.

Cette vidéo était intitulée "Coronavirus : fin de partie". Nous avons qualifié ce titre de « trompeur » et l’avons signalé comme tel à Facebook, avec qui nous avons noué un partenariat de lutte contre les fausses informations. A aucun moment nous n’avons parlé de « fake news » comme le prétend M. Raoult aujourd’hui.

L’article que nous avons écrit relatait les recherches de M. Raoult (qui estimait alors "que le coronavirus était l’infection la plus facile à traiter") [précisons -puisque Le Monde s'en garde -  que le professeur évoquait le Covid-2, tout en enjoignant à nos lecteurs d’avoir « une lecture prudente de cette annonce ». Cette évaluation n’a pas abouti à une quelconque censure de la vidéo de M. Raoult, mais à une simple mise en garde à l’attention des utilisateurs de Facebook avant qu’ils décident de la visionner.

Le professeur Raoult s’est ému [il est très émotif ?] du fait que nous ayons signalé sa vidéo – et en l’occurrence son titre – par la voix du chargé de communication de l’IHU Méditerranée Infection. Ce dernier a cependant convenu que le titre d’origine pouvait poser problème, et l’a remplacé par un autre, plus mesuré. Cette rectification nous a amenés à retirer notre avertissement sur la vidéo.

Plus largement [sic] Didier Raoult a relativisé à plusieurs reprises aux mois de janvier et février 2020 la portée de l’épidémie en cours : "Ce virus n’est pas si méchant", déclarait-il notamment au JDD début février. [Il évoquait la pandémie causée par le coronavirus SARS-CoV-2 (SRAS) - 7 cas et un décès en France - en 2002-2003 et syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS) à partir de 2012) - niveaux 3 ou 4 de dangerosité et moins de 100 décès pour moins de 1.000 cas - qui n'a donc pas eu la virulence du Covid-19].

[Vendredi 17 janvier, Macron s'est fait repérer au théâtre des Bouffes du Nord de son ami Jean-Marc Dumontet et le spectateur qui a relayé sa présence a été placé en garde à vue dans la nuit pour "outrage" et "participation à un groupement formé en vue de commettre des violences ou des dégradations" : le président avait dû se faire exfiltrer avec son épouse]. 
[Si le président ne croyait pas au risque d'épidémie et faisait le matamore, le chercheur marseillais, quant à lui, avait confiance aux vertus de la hydroxychloroquine] 

Assma Maad [qui n'est pas responsable des couleurs, ni de la video, des tweets ou capture]...
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Le professeur est le co-fondateur de l'institut "qui l'emploie" !...