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samedi 25 avril 2020

Covid-19 : échec de l’essai clinique de l’antiviral Remdesivir

Que reste-t-il aux malades, à part l'hydroxychloroquine prescrite par le Pr Raoult?

Ras-le-bol des protocoles qui tuent : allégez-les et passez à l'action !

Des heures de file d'attente devant l'IHU de Marseille pour se faire dépister
Ces résultats décevants interviennent au moment où la clique du "conseil scientifique" fait barrage à la bi-thérapie du professeur de Marseille, que de nombreux chercheurs continuent de tâtonner et que les Etats planchent sur des scénarios de déconfinement, jusqu'ici ubuesques. 

De essais sont en cours sur de nombreux médicaments, partout dans le monde, et la nouvelle de leur échec sur le remdesivir est un coup dur pour la communauté scientifique, selon la presse, mais bien davantage pour les malades et leurs familles.

Le président Macron a rencontré Didier Raoult ce 9 avril, rendant encore un peu plus ambiguë la position de l'Etat à l'égard de la chloroquine. 
"Une visite surprise et à l'abri des regards", nous dit La Provence. A "l'abri des regards", certes, notamment des objectifs des photographes de presse, mais une visite rapportée par tous les media et après des semaines d’atermoiement au sommet de l'Etat. Au-delà des airs qu'ils se donnent, le locataire de l'Elysée n'a cessé de balancer, incapable de prendre une décision qui ne soit pas une sanction. Soucieux de ne jamais être pris en défaut, il se retranche derrière  l'avis d'une commission du Haut Conseil de la Santé publique: le "gouvernement travaille" à des décisions qui sont "sur la table" et, "clairement", il est "en capacité" de relever le "challenge", mais "on voit bien" que tout est trop "compliqué" pour eux.
La chloroquine revient de loin, notamment parce que le milieu médical parisien, et plus spécifiquement Yves Lévy, mari de l'ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, entretenait des rapports conflictuels avec son principal promoteur dans l’Hexagone. L’inauguration du nouvel IHU de Marseille en mars 2018 s’est par ailleurs fait hors la présence ministérielle d’Agnès Buzyn. Lorsqu'elle était en poste, la ministre a toujours ignoré l'infectiologue. "J'ai demandé des rendez-vous, on m'a répondu que la ministre n'avait pas le temps", nous racontait-il d’ailleurs récemment. C'est dans ce contexte qu’arrivent, à la fin du mois de janvier, les premiers ressortissants français venus de la région de Wuhan, à Carry-le-Rouet, dans les Bouches-du-Rhône. Facilement sécurisable, le centre de vacances d'accueil est - cyniquement - sélectionné par le ministère en raison, notamment, de sa proximité avec l’IHU de Marseille, que dirige Raoult.
Le professeur vient de se porter volontaire, avec ses équipes. Il y voit l’occasion d’appliquer sa méthodologie de mise en "quarantaine biologique", avec tests PCR - pour Polymerase Chain Reaction, qui reposent sur l’analyse génétique et se réfèrent au génome du virus - à cinq jours d'intervalle. Sa requête est soutenue par Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, lui aussi infectiologue, il y a longtemps, et devenu homme politique entré dans la haute-fonction publique qui n'a pas vu un seul malade depuis des lustres...

Moins d’un mois plus tard, quand le professeur publie ses premiers comptes-rendus, évoquant dès le 25 février les “effets prometteurs” de la chloroquine, un article des “Décodeurs” du Monde (propriété des macroniens Niel et Pigasse) juge aussitôt "trompeur" le titre d’une de ses vidéos et ses
déclarations sont qualifiées d’"infox" par la ministre de la Santé dont les services tweetent: "Aucune étude rigoureuse, publiée dans une revue internationale à comité de lecture indépendant, ne démontre l’efficacité de la chloroquine (Nivaquine) pour lutter contre l’infection au coronavirus chez l’être humain."
plus les jours passent, plus la vision du protocole du professeur Raoult s’impose dans une partie de l’opinion comme une solution immédiate à l’épidémie du coronavirus. Les articles insistant sur le profil "atypique" du scientifique se multiplient. Mais des personnalités politiques, comme
le maire de Nice Christian Estrosi ou encore la députée des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer, testés positifs au coronavirus, annoncent avoir essayé le protocole marseillais et être les preuves vivantes de son efficacité.
Un décret rectifié: informations contradictoires les 26 et 27 mars

Le HCSP met à jour ses recommandations thérapeutiques | Santé Magazine
Mais le 23 mars, le Haut Conseil de la santé publique monte au créneau et impose le décret encadrant actuellement sa prescription. 
"Le Haut Conseil de santé publique recommande de ne pas utiliser de chloroquine en l'absence de recommandation, à l'exception de formes graves, hospitalières, sur décision collégiale des médecins et sous surveillance médicale stricte”, indique ce jour-là le nouveau ministre, Olivier Véran, un médecin. Incompréhensible position pour les partisans du protocole marseillais, qui défendent de l'utiliser dès les premiers symptômes.

Le 26 mars, surprise : la limitation aux "formes graves" a tout bonnement disparu du décret encadrant l’utilisation de la chloroquine pour traiter le Covid-19. Dans les colonnes du Journal Officiel, le texte prévoit en effet que "l'hydroxychloroquine et l'association lopinavir/ritonavir peuvent être prescrits aux patients atteints par le Covid-19." Autrement dit, bien que les médecins généralistes ne soient toujours pas autorisés à prescrire ce traitement, le gouvernement semble avoir fait un grand pas en avant sur la piste de la chloroquine. Didier Raoult, qui a désormais l'oreille du ministère, formule même ses remerciements dans un tweet à Olivier Véran, comme si les choses étaient actées : "Dans le cadre de l'urgence sanitaire, l'hydroxychloroquine peut être prescrite en traitement du COVID-19. Merci à Olivier Véran pour son écoute."

Patatras ! Dès le lendemain, un décret rectifié réintroduit une restriction à certains cas graves : "Ces prescriptions interviennent, après décision collégiale, dans le respect des recommandations du Haut Conseil de la santé publique (Christian Chidiac, ci-contre) et, en particulier, de l'indication pour les patients atteints de pneumonie oxygéno-requérante ou d'une défaillance d'organe". "Ce rectificatif avait vocation à expliciter le contenu de l’avis du Haut Conseil de la santé publique, pour une meilleure lisibilité du texte pour les praticiens et les citoyens," raconte, par écrit, le ministère de la Santé.

Si elle a le mérite de coller à la position initiale du Haut Conseil de la Santé publique, cette reculade suscite l’indignation de certains médecins, comme l’ancien ministre de la Santé Philippe Douste-Blazy, par ailleurs membre à titre bénévole du conseil d'administration de l'IHU de Marseille, où travaille le professeur Raoult, une sommité internationale: "Le décret [scélérat] réserve l'hydroxychloroquine aux cas de pneumopathie avec détresse respiratoire. Mais ce sont justement les cas pour lesquels ce traitement n'est pas efficace. Car en phase de réanimation, la charge virale baisse. On le sait depuis le début", explique-t-il. La décision est passée par le président de ladite commission, Christian Chidiac, qui refuse de communiquer.

COVID-19 – Recours du SMAER : Le gouvernement, le Haut Conseil de ...
Les hésitations en série de l'Elysée ont donc fini par déboucher sur un décret contesté du gouvernement en date du 26 mars, au troisième mois de la pandémie, autorisant le recours à la molécule - en bi-thérapie et sur prescription médicale - pour les formes graves de Covid-19 en hospitalisation, alors que les défenseurs du protocole marseillais expliquent qu'il faut, au contraire, l’utiliser dès les premiers symptômes, pour éviter justement ces formes graves. Et la désormais fameuse hydroxychloroquine est toujours en attente du feu vert de la commission spécialisée "maladies infectieuses et maladies émergentes" du Haut Conseil de la Santé publique, dont les liens d'intérêts de son président Christian Chidiac avec le laboratoire pharmaceutique Gilead interpellent.

Or, les essais menés par le laboratoire Gilead viennent d'échouer


Sur la chloroquine, le Haut Conseil de santé publique et l'OMS ...
L’antiviral remdesivir du laboratoire américain Gilead Sciences a échoué à améliorer l’état de malades de Covid-19, selon les résultats d’un des premiers essais cliniques sur le médicament en Chine, a rapporté jeudi le Financial Times.

Un résumé des résultats de l’essai clinique a été publié sur le site de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), sans même attendre qu'il soit retiré, d’après le quotidien britannique.

Cet échec de la communauté scientifique ruine les espoirs des populations menacées de contamination par le virus tueur qui, partout dans le monde, fondaient beaucoup d’espoir sur cet antiviral en attendant un vaccin contre le Covid-19, pas avant l’année prochaine ou la suivante.



Restent les liens d'intérêts suspects entre le Pr. Chidiac et le laboratoire Gilead...

Haut Conseil de la santé publiqueIl est chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'Hôpital de la Croix-Rousse (Lyon).

Yves Lévy, lui aussi, est membre du Haut Conseil de la santé publique (CSRE, Commission spécialisée risques liés à l’environnement).

Mais reste la bi-thérapie du professeur Raoult, à la condition qu'elle soit prescrite dans le respect du protocole défini par ses équipes de l'IHU de Marseille.

Reste aussi le décret gouvernemental nuisible, voire criminel.


vendredi 17 avril 2020

Le laboratoire franco-chinois de Wuhan est-il responsable de la pandémie de coronavirus ?

Le laboratoire P4 de Wuhan suscite  fantasmes et spéculations

La France n'assume plus sa participation à sa création

La cellule 'investigation' de Radio France livre la version officielle.

Vue du laboratoire P4 de Wuhan (Chine centrale). © AFP - Hector Retamal 
Voulu et construit avec l’aide de la France, le laboratoire de virologie P4 de Wuhan qui fait aujourd’hui l’objet de beaucoup de spéculations a peu à peu échappé au contrôle des scientifiques français. Selon la cellule investigation Radio France, un vaccin contre le Covid-19 y a récemment été testé.

Avec ses 11 millions d'habitants, on dit de Wuhan que c’est la plus française des villes de Chine. On y trouve un musée de l'Urbanisme français et une gare TGV dont le toit évoque un oiseau migrateur. Anne isabelle Sigros, qui était cheffe de chantier pour l'agence d’architecture AREP, s’en souvient : "On était dans des marais et des champs. On a planté la gare-la, et aujourd’hui la ville l’a rejointe." Sur la rive Nord, on trouve encore des traces de la concession française, non loin du désormais célèbre marché couvert aux poissons de Huanan. Sur l’autre rive, les avenues rectilignes, qui filent vers l'aéroport, aboutissent à une zone industrielle où prospèrent une centaine d'entreprises françaises, parmi lesquelles Peugeot-Dongfeng, Renault, Eurocopter, Schneider Electric, L'Oréal ou encore Pernod-Ricard...

Une coopération prometteuse

Dans les années 2000, la coopération franco-chinoise à Wuhan se poursuit dans le domaine médical. En 2003, le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère frappe la Chine. Le pays a besoin d’aide. Le président Jiang Zemin, dont le mandat s'achève, est un ami du Docteur Chen Zhu. Ce Shanghaien francophile a été formé à l'Hôpital Saint-Louis, dans les services d’un proche de Jacques Chirac, le professeur Degos. Lorsque Hu Jin Tao succède à Jiang Zemin, Jean-Pierre Raffarin va rencontrer le médecin. Puis, en octobre 2004, lors d’un voyage à Pékin, Jacques Chirac scelle une alliance avec son homologue chinois.

Les deux pays décident de s’associer pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes. Ce partenariat semble d’autant plus nécessaire qu'un autre virus, celui de la grippe aviaire, le H5N1, vient frapper la Chine.

L’idée du P4 prend forme

De là va naître l’idée de construire à Wuhan, en collaboration avec la France, un laboratoire de type P4. Autrement dit, de très haute sécurité biologique pour l'étude de virus pathogènes inconnus pour lesquels on n'a pas de vaccin. Il existe une trentaine de ces structures dans le monde, dont certaines sont labélisées par l'Organisation Mondiale de la Santé. Mais le projet provoque des résistances. D’abord, des experts français en guerre bactériologiques se montrent réticents. Nous sommes dans l’après 11 septembre. Le SGDSN (Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale) redoute qu’un P4 puisse se transformer en arsenal biologique.

A cela s’ajoute un autre grief de la part de la France. La Chine refuse de lui préciser ce que sont devenus les laboratoires mobiles de biologie P3 qui avaient été financés par le gouvernement Raffarin après l'épidémie de SRAS. "Les Français ont été un peu refroidis par le manque de transparence des Chinois" explique Antoine Izambard, auteur du livre « Les liaisons dangereuses ». "Leurs explications sont restées opaques sur l'utilisation qu'ils pouvaient faire de ces P3. Certains dans l'administration française pensaient donc que la Chine ferait surement un usage similaire du P4. Cela suscitait énormément de craintes."

Les travaux démarrent

Mais peu à peu, ces réserves vont être levées. Et en 2004, un accord signé par Michel Barnier, ministre la Santé de Jacques Chirac, lance le projet du P4 chinois. Il reste à trouver un lieu. Puisque Shanghai est trop peuplée, ce laboratoire sera installé en périphérie de Wuhan. En 2008, un comité de pilotage est créé. Il sera dirigé par un Français, le Lyonnais Alain Mérieux, et le docteur Chen Zhu. En 2010, l'administration Sarkozy annonce à l'OMS que les travaux commencent.

Une quinzaine de PME françaises très spécialisées prêtent alors leur concours pour construire le laboratoire. "Ces labos P4 c'est vraiment de la technologie de top niveau, comparables à celle des sous-marins nucléaires français pour ce qui est de l'étanchéité de certaines pièces" précise encore Antoine Izambard. Mais ce seront des entreprises chinoises qui assureront l’essentiel de la construction, ce qui n’est pas toujours du goût des Français. Technip par exemple, refusera de certifier le bâtiment.

Le 31 janvier 2015 le chantier se termine enfin. Dans son livre, Antoine Izambard décrit un endroit austère. "Au bout d’une route à 6 voies", écrit-il, on trouve "un immense immeuble en briques rouges en construction, (destiné à accueillir 250 chercheurs en résidence), un autre hautement sécurisé que l'on prendrait pour une prison (un bunker de 4 étages avec 4 labos étanches), et un dernier blanc et rectangulaire sur lequel est écrit « Wuhan Institute of Virology."

Les Chinois reprennent le contrôle

En 2015, Alain Mérieux quitte la coprésidence de la Commission mixte qui supervisait le projet. A l’époque, il raconte au micro de Radio France à Pékin : "J'abandonne la coprésidence du P4 qui est un outil très chinois. Il leur appartient, même s’il a été développé avec l’assistance technique de la France." Mais il ne s’agit pas pour autant de couper tous liens. "Entre le P4 de Lyon et le P4 de Wuhan" précise-t-il, "nous voulons établir une coopération étroite. En Chine, il y a beaucoup d'animaux, l'aviculture, les problèmes de cochons, qui eux-mêmes sont des transporteurs de virus. Il est impensable que la Chine n'ait pas un laboratoire de haute sécurité pour isoler des germes nouveaux dont beaucoup sont d'étiologie inconnue."

Une collaboration en trompe l’œil

Le 23 février 2017, l'ex premier ministre Bernard Cazeneuve et la ministre de la Santé Marisol Touraine, annoncent que 50 chercheurs français viendront en résidence au P4 de Wuhan pendant 5 ans. La France s’engage alors à lui apporter une expertise technique, ainsi que des formations pour améliorer le niveau de biosécurité du laboratoire, et à lancer un programme de recherche commun. Mais les chercheurs français ne viendront jamais. Pour Marisol Touraine, "c'est dommage dans la mesure où on avait lancé le projet avec l'espoir qu'il apporterait de la connaissance partagée. On ne pouvait pas évidemment anticiper l'épidémie actuelle. Mais en février 2017, on misait sur les espoirs de cette coopération."

Quoi qu’il en soit, la mise en exploitation du labo a lieu en janvier 2018. Elle coïncide avec la première visite d'Etat d’Emmanuel Macron à Pékin.

Mais dès le début un doute s’installe sur sa fiabilité. Selon le Washington Post, en janvier 2018, des membres de l’ambassade américaine visitent les locaux et alertent Washington de l’insuffisance des mesures de sécurité prises dans un lieu où l’on étudie les coronavirus issus de chauves-souris.

Autre déconvenue : la coopération franco-chinoise espérée entre le P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon Bron et celui de Wuhan ne démarrera jamais vraiment. Alain Mérieux lui-même le confirme à la cellule investigation de Radio France : "On peut dire sans dévoiler un secret d'Etat que, depuis 2016, il n'y a pas eu de réunion du Comité franco-chinois sur les maladies infectieuses", reconnait-il. Contrairement aux promesses initiales, les Chinois travaillent donc sans regard extérieur de chercheurs français. "Le laboratoire est loin de tourner à plein régime", précise encore Antoine Izambard. "Ils ont construit un immense immeuble qui doit accueillir 250 chercheurs, mais ils ne sont pas encore là. En temps normal, il n'y a que quelques chercheurs chinois de l’Institut de virologie de Wuhan qui mènent des recherches sur des animaux en lien avec trois maladies, Ebola, la fièvre hémorragique Congo Crimée, et le NIPAH" (un virus véhiculé par les porcs et les chauves-souris).

Trou dans la raquette des investigateurs de Radio France 
Radio France ne mentionne à aucun moment que le mari de la ministre de la Santé de Macron est impliqué dans le P4 de Wuhan

D'où l'accusation instantanée de 'fake news'...
Yves Lévy a abandonné sa blouse de médecin pour
la livrée grise du serviteur de l'Etat

Pourtant, lorsque Bernard Cazeneuve, dans le cadre de son voyage officiel en Chine du 20 au 23 février 2017, se rend à Wuhan le 23 février, il est accompagné d’une délégation dont fait partie Mme Marisol Touraine (ministre des Affaires sociales et de la Santé), M. Mathias Feckl (secrétaire d’Etat au Commerce extérieur), M. Yves Levy (PDG de l’INSERM, président de l’alliance nationale pour les sciences de la vie et de la santé et co-président français du comité chargé du suivi de la mise en œuvre de l’accord intergouvernemental de coopération en matière de prévention et de lutte contre les maladies infectieuses de 2004), ainsi que M Hervé Raoul (directeur du laboratoire P4 Jean Mérieux-Inserm de Lyon)
Outre que la France, en application d’accords franco-chinois relatifs à ce laboratoire, a financé le P4 à hauteur de 1 million d’euros pendant 5 ans,
Yves Lévy a été directement impliqué dans le projet en qualité de PDG de l'INSERM entre 2014 et 2018.
Une nouvelle occasion manquée

Avant la crise du Covid-19, une autre collaboration a semblé vouloir prendre forme. En 2019, le Président chinois Xi Jinping demande à l'un des vice-présidents du comité permanent de l'Assemblée populaire, d’imaginer ce que pourrait être un bouclier sanitaire pour la province du Yunnan. Là-bas, de nombreux hommes côtoient les animaux sauvages. De cette promiscuité naît un risque d’apparition de nouveaux virus transmissibles à l’homme. "C'est un grand pays qui a pas mal bouleversé ses écosystèmes avec cultures et élevages gigantesques" confirme Gilles Salvat, docteur vétérinaire et directeur général de la recherche à l'ANSES. "C'est vrai que c'est une source de virus à cause des interactions animaux sauvages et domestiques sur un pays continent avec tous les climats."

Créer un centre de surveillance sur la grande région pourrait donc permettre de prévenir le développement de nouveaux virus, de type coronavirus par exemple. Une fois de plus, c'est le Docteur Chen Zhu qui porte ce projet. Il en parle à son ami Alain Mérieux. Ce dernier l’évoque avec Philippe Etienne qui est alors conseiller diplomatique du Président Macron. Selon un media chinois en ligne, China-info.com, un projet prend forme. Il consiste à créer un réseau sentinelle qui réunirait les Instituts Pasteur France, avec des antennes de la fondation Mérieux au Laos, au Cambodge, et au Bangladesh. Mais une fois de plus, l’enthousiasme sera de courte durée. Le 24 mars, Xi Xinping, Emmanuel Macron et leurs épouses dînent à la Villa Kerylos, sur la côte d’Azur. Le lendemain le communiqué final ne fait aucune mention de ce projet. Il ne sera pas non plus évoqué lors du voyage officiel en Chine d'Emmanuel Macron en novembre 2019. Il est vrai qu’un autre sujet sensible focalise l’attention. La peste porcine est arrivée en France, et les éleveurs font pression pour pouvoir continuer à exporter en Chine. Le bouclier sanitaire sera donc remisé à plus tard…

Un essai de vaccin sur des humains

Le P4 de Wuhan ne sera cependant pas resté inactif lors de l’apparition du Covid-19. C’est là que, selon deux sources fiables, bien que non confirmées par les autorités chinoises, à la fin décembre 2019, le professeur Shi Zhengli a identifié le nouveau coronavirus à partir d’échantillons prélevés sur cinq malades des hôpitaux municipaux de Wuhan. Le 3 janvier, le séquençage complet de son génome commence dans un autre laboratoire, le P3 de la Clinique Centrale de santé publique de Shanghai, qui le partagera ensuite avec d’autres pays. Dans le même temps, le P4 de Wuhan travaille sur un singe cobaye infecté, dans le but d’obtenir un sérum. "Les Chinois sont de bons candidats pour produire un vaccin," estime Gilles Salvat. "Ils ont des étudiants dans le monde entier. Ils ont 40 chercheurs sur un sujet quand nous on en a deux. Leur puissance de feu est redoutable en matière d'innovation et de biologie."

Officiellement le P4 ferme le 23 janvier, lorsque le confinement est prononcé à Wuhan. Mais selon plusieurs sources françaises et chinoises contactées par la cellule investigation de Radio France, à la mi-mars, un essai de vaccin a eu lieu en partenariat avec une société de biotechnologie chinoise. Selon nos informations, un virus a d’abord été inoculé à des singes, avant d’être inactivé puis injecté à des personnels volontaires de l’institut dont dépend le laboratoire. "Les premiers inoculés sont des volontaires et ça s'est bien passé" nous a confirmé le Docteur Zhao YAN qui codirige l'Hôpital Zhongnan de Wuhan : "Il y a des médecins qui participent. Je sais qu'il y a eu une première série d'un petit nombre, et une deuxième série d'essais est en cours sur un nombre relativement important." Selon Frédéric Tangy de l’institut pasteur, cependant, pour ce type de vaccin à virus inactivé, "il y a un risque d'exacerbation de la maladie. C’est une catastrophe. C’est la pire des choses à faire."

Le P4 dans la course mondiale

Le P4 est donc engagé dans une course au vaccin, tout comme le sont d’autres pays. Le 16 mars la société américaine Moderna de Cambridge dirigée par le Français Stéphane Bancel, annonce elle aussi qu’elle a commencé un essai clinique à Seattle sur 45 patients sains. Sanofi travaille également avec une équipe militaire américaine.
Quant à l’institut Pasteur, il doit démarrer en juillet un essai clinique sur des volontaires avec un vaccin dérivé de celui de la rougeole. Mais là encore, la prudence doit rester de mise, puisqu’il faut trois phases d'essais concluants, avec un pourcentage important de guérisons sur plus de 60 à 70% de patients d’origine et d’âges différents, avant d’approuver un vaccin.


jeudi 21 mars 2019

Affaires Benalla: le Sénat saisit aussi la justice des cas de proches de Macron

Les affaires Benalla ne s'essoufflent pas...

Nouveau coup de tonnerre sur Benalla et ses protecteurs

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Hémicycle de la Chambre haute
Le Sénat s'est résolu jeudi à saisir la justice de trois hauts responsables de la présidence, outre le cas de l'ancien collaborateur de l'Elysée, mis en cause dans le rapport accablant de sa commission d'enquête.

Les cas Benalla, Vincent Crase et Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, sont transmis pour suspicion de faux témoignage devant la Commission d'enquête sénatoriale, un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, ont précisé des membres du bureau.

La Chambre haute a également décidé de transmettre au Parquet les déclarations d'autres collaborateurs d'Emmanuel Macron, dont son bras droit Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence, selon ces sources. A partir des "incohérences" et "contradictions" relevées par la commission d'enquête, qui a rendu le 20 février un rapport d'enquête accablant, il reviendra au Parquet de voir quelles suites donner.

L'Elysée dans un profond embarras
Le Palais présidentiel n'a pas de commentaire à faire à chaud. "Dès lors que nous souhaiterons faire une réaction, nous vous la communiquerons", a esquivé la présidence, condescendante.

Si le signalement de ces cas à la justice ne vaut pas condamnation, le Sénat émet néanmoins des convictions fortes, que la majorité présidentielle et ses affidés soupçonnent de complot, inspiré du contexte de défiance de l'opinion publique vis-à-vis des politiques et d'un rapport de force provoqué par l'Elysée du fait de sa volonté de réforme institutionnelle visant, plutôt que le très contesté CESE, jugé coûteux bien qu'inutile, la chambre haute présidée par Gérard Larcher (Les Républicains) que Macron menace d'amputation au LBD 40  du nombre de ses membres. 

Engagement rempli de Larcher : "On ne dira que le droit, rien que le droit, tout le droit" 

"L'institution a tenu son rang et son rôle", s'est félicité de son côté le sénateur PS Victorin Lurel, tandis que la sénatrice EELV Esther Benbassa s'enthousiasmait sur Twitter "Vive un Parlement libre et indépendant! " 

Avant cette réunion du Bureau, les sorts de MM. Benalla et Crase semblaient déjà scellés: le président de la commission d'enquête Philippe Bas (LR) et les co-rapporteurs Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (PS) lui avaient demandé "de saisir le ministère public" de leurs déclarations sous serment, "susceptibles de donner lieu à des poursuites pour faux témoignage".

Quant aux autres proches de l'Elysée auditionnés, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, le directeur de cabinet Patrick Strzoda, et le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergneils étaient également nommément mis en cause. Loin de les exonérer de leur devoir de respect des institutions et des élus, leur proximité avec Emmanuel Macron , confère à ces personnalités politiques des obligations particulières qui ne laissent aucune place au parjure.

Le Bureau du Sénat compte 26 membres qui se prononcent à main levée, dont Gérard Larcher: 10 LR, 6 PS, 5 centristes, 2 RDSE (à majorité radicale), 1 LREM, 1 CRCE (à majorité communiste) et 1 Indépendant. 

Les sénateurs ont joué pleinement leur rôle de contrôle, sous le regard des Français.
Les chefs de file des Républicains, Bruno Retailleau, et des socialistes, Patrick Kanner, ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports dans le deuxième gouvernement de Hollande, étaient favorables à ce que le Bureau transmette à la justice, y compris les cas des collaborateurs de l'Elysée.

Les centristes étaient évident foireux.  Vincent Capo-Canellas, membre FED du Bureau et proche de Jean-Christophe Lagarde, invitait à "ne pas instrumentaliser le Sénat pour régler des comptes avec Emmanuel Macron", s'interrogeant : "il peut y avoir des omissions, des inexactitudes, mais est-ce qu'il y a faux-témoignage au sens pénal ?", avait plaidé ce politicien qui ne connaît rien d'autre que le monde politique.

Eric Bocquet, seul représentant du CRCE au Bureau, avait estimé que s'il refusait de transmettre ces dossiers à la justice, "le Sénat se ferait hara-kiri". "Ça voudrait dire derrière conciliabules, copinages".

Le seul précédent de saisine du Parquet pour faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire est récent: en 2016, le pneumologue Michel Aubier - qui avait dirigé l'unité Inserm U700 (1997-2006), comme Yves Lévy, le second mari de la ministre de la Santé de Macron, Agnès Buzyn, qui prétendait se faire reconduire à la tête de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale - avait été condamné pour n'avoir pas déclaré, en 2015, à la Haute Autorité de Santé qu'il était également médecin conseil de l'entreprise Total ainsi qu'avoir témoigné sous serment à la Commission d'enquête sénatoriale sur les impacts financiers et pneumologiques de la pollution de l'air qu'il n'avait aucun lien avec les acteurs économiques du secteur..

Quand "il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark", dans celui de Macron, il y a télescopage de l'actualité.
Mercredi soir, Alexandre Benalla a eu droit à de nouvelles mises en examen concernant d'autres faits de violences en marge de la manifestation parisienne du 1er-Mai et aussi pour l'épisode du selfie le montrant avec une arme. 
Imaginez que l'Elysée lui ait remis une autorisation de port d'un LBD 40... 
LBD à eau, bien sûr !