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dimanche 11 août 2019

Financement de campagne : l'accusateur de Sarkozy serait "protégé" par le juge Tournaire

Les indulgences de la presse pour le juge militant


Le JDD ou Valeurs actuelles évoquent une "protection" du témoin à charge par le juge Tournaire 

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Un juge que l'on disait remarquable d'intégrité et de ... discrétion
"Selon les informations du JDD, le juge Tournaire aurait protégé le bras droit de Kadhafi, accusateur de Nicolas Sarkozy dans l’affaire libyenne," écrit Le Point, lundi 11. Le magazine commente mollement, bien que l'honneur d'un homme soit en cause et celui d'un président français: "C’est une révélation qui pourrait faire grand bruit sur le présumé financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Valeurs actuelles dépayse pareillement le complot, titrant : "Affaire libyenne : l'accusateur de Sarkozy protégé par le juge Tournaire ?

Les soupçons véhiculés par la presse ont coûté à Sarkozy sa réélection.
Mais, pour cette presse d'investigation qui a hurlé avec les loups sans pour autant investiguer, la "révélation" du jour "pourrait faire grand bruit" !... Et de glisser, avec des réticences exprimées au conditionnel et comme un fait anodin, et que "les juges chargés de l'enquête auraient en effet passé un accord avec Abdallah Senoussi, chef des services de renseignement et beau-frère du colonel Kadhafi, pour obtenir ses déclarations à charge contre Nicolas Sarkozy, lequel est harcélé par le juge d’instruction marseillais au pôle financier du tribunal de Grande instance de Paris. C'est ce même homme qui, après avoir placé Sarkozy sur écoute, a renvoyé l’ancien président de la République devant le tribunal correctionnel (dossier Bygmalion) ; le même qui est intervenu dans le contentieux de Bernard Tapie avec le Crédit lyonnais ; le même qui instruit les affaires du couple Fillon (costumes et emplois fictifs): si ce n'est pas de l'amour, c'est de la rage car, le moins que l'on puisse dire, c'est que ce  myope et taiseux [un cas pathologique qui va - au-delà des trotskistes - jusqu'à dissimuler sa date de naissance sur sa fiche Wikipedia] est dédié à la droite, corps et âme (si jamais). Selon le livre de Davet et Lhomme sur Hollande, c'est "un type qui parle bas, agit fort. Un dur." Ignoraient-ils que ce "dur" est en vérité un méchant sans scrupules ?

Tout aussi anodin, le fait que l'ensemble de la justice aurait monté ce complot.
"En échange, l’accusateur de l’ex-président de la République aurait été protégé par la justice française", toute la justice, donc, c'est-à-dire le Parquet, le ministère de la Justice et les gouvernements des présidents de gauche qui l'ont suivi, Hollande et Macron.

Le juge Serge Tournaire a fait le déplacement de Tripoli le 5 février dernier pour "interroger" l'intéressé, dixit le JDD 

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Condamné à mort et emprisonné en Libye depuis la chute de Kadhafi, le chef des services du renseignement, Abdallah al-Senoussi, ci-contre à gauche, aurait bien exposé [?] cet arrangement dans une seconde version d’un procès verbal. "Le conseil de Senoussi insiste sur le fait que son client n'est pas impliqué [dans les] actes reprochés à M. Sarkozy, et M. le juge d'instruction [Tournaire] de lui expliquer que les autorités françaises n'ont aucun lien avec les actes de M. ­Senoussi et que celui-ci n'aura pas de comptes à rendre à ce propos", relaye le JDD.

En faisant preuve de clémence [ou complicité] envers Senoussi, le juge Tournaire pourrait ainsi être affaibli [sic] dans ce dossier, selon VA. 
Le juge aurait accepté [ou imposé] que l'audition de Senoussi se fasse sans enregistrement ni photo [pour plus de transparence et de légalité?]

Le Journal du dimanche souligne quant à lui que cet accord ne figure pas dans les correspondances entre le juge et le Quai d'Orsay [Jean-Yves Le Drian, ancien ministre de Hollande] ou le personnel du ministère de la Justice [pour ne pas mettre en cause Nicole Belloubet]. 
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Le 14 juillet dernier, le Journal du dimanche publiait déjà le témoignage d'El-Mahfoud Ladib, qui fut proche de l'intermédiaire Ziad Takieddine pendant huit mois, en 2012. VA écrivit : "un ancien proche de Ziad Takieddine fournit des éléments qui semblent dédouaner Nicolas Sarkozy dans cette nébuleuse affaire." Des propos qui donnaient corps à la thèse d'une machination fomentée contre l'ancien président français dans l'affaire du financement libyen [supposé] de sa campagne présidentielle de 2007.

mardi 28 mai 2019

La sous-ministre Schiappa "réveillée" à son domicile, convaincue de mensonges par des Gilets jaunes

Une vidéo de Gilets jaunes démontre l'affabulation de Marlène Schiappa chahutée devant son domicile ?

Des bobards de Schiappa, ça ferait mauvais genre...


Mytho ou parano ? Etait-elle à son domicile au moment des faits qu'elle rapporte ?


Lundi 27 mai 2019, à 8h17, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les genres et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, a posté un statut sur Facebook, dans lequel elle dramatise "les événements de la nuit de vendredi à samedi qui sont allés beaucoup trop loin dans l’inhumanité". Crime contre l'humanité ?  
Y a- t-il eu "attaque", façon Castaner, comme à la Pitié-Salpétière? Intrusion ?

Trois jours après les faits, Marlène Schiappa a raconté que des manifestants avaient terrorisé sa famille vendredi 24 mai pendant la nuit, en faisant exploser des pétards et en la menaçant de mort devant la porte de sa maison au Mans. Des Gilets jaunes contredisent la version de la blogueuse du gouvernement.

Est-elle témoin directe ?
"Peu avant une heure du matin, nous [Marlène Schiappa, présente ou absente ?], son mari, ses deux filles et une amie de sa cadette] avons été violemment [sic] tirés du lit [on croirait une action physique] par une quarantaine de gilets jaunes furieux qui ont déboulé devant chez nous [à son domicile du Mans] sous nos fenêtres en hurlant des slogans agressifs, des menaces de mort, en jetant des pétards vers la maison avec des outils, sifflets, cornes de brunes, etc."
L’agression [selon Libération] de la secrétaire d’Etat a été reprise par la presse française, qui présente principalement la version de la féministe radicale. 

Par chance, une dépêche AFP, partagée par Libération, révèle l’existence d’une vidéo diffusée vendredi sur Facebook - mais très peu reprise par la presse institutionnelle - et décrit : 
"On voit un groupe de "gilets jaunes", déambulant de nuit dans les rues du Mans, s’arrêter devant le domicile de Marlène Schiappa, au bout de deux heures. "Debout là-dedans !", lance un homme, tandis que des pétards explosent et que des klaxons retentissent. "Collabo! Schiappa démission !", lancent plusieurs personnes, tandis qu’une femme crie "sors de là, salope !" Un homme sort de la maison et parle avec les manifestants avant de rentrer à nouveau [pléonasme] chez lui. La scène, sans violence, dure environ 3 minutes."
La vidéo à laquelle fait référence l’Agence de presse française a été diffusée en direct par la page Facebook Direct 21 INFO officiel, vendredi 24 mai, à partir de 22h04. Le live, qui n’est aujourd’hui plus accessible, durait 3 heures et 8 minutes. Il affichait plus de 42.000 vues et 1.400 partages dans de nombreux groupes de Gilets jaunes avant sa disparition mardi en fin de matinée. Plusieurs Gilets jaunes le relayaient en mentionnant "la soi-disant" ou "la fausse agression de Schiappa".

Un Gilet jaune filme en direct sur Facebook le tapage devant la maison de Marlène Schiappa

De manière générale, le live Facebook montrait une cinquantaine de Gilets jaunes prendre part à une manifestation "pas déclarée", selon les propos de l’auteur de la vidéo, et déambulant dans les rues du Mans. Au cours des trois heures de direct, on peut entendre le groupe scander des slogans anti-Macron ou révolutionnaires, chanter à maintes reprises l’hymne des Gilets jaunes ("On est là, on est là ! Même si Macron ne le veut pas, nous on est là !") ou appeler les habitants de la ville à les rejoindre. 
Plusieurs fois aussi, et pas seulement devant la maison de Marlène Schiappa, des hommes vont allumer des pétards et des fusées d’artifices dans les rues du Mans, coller des affiches et taguer à l’aide d’une bombe blanche les mots "Gilets Jaunes" sur le bitume.

Conformément à ce qu’indiquait l'AFP dans sa dépêche, la scène - qui n'était pas préméditée - devant la maison de la secrétaire d’Etat n’a duré que trois minutes vers 00h23. 
Invitée des Grandes Gueules sur RMC lundi 27 mai, Marlène Schiappa avait estimé: "Je crois qu’ils sont restés un peu plus d’un quart d’heure, mais c’est toujours difficile à dire dans ces moments-là, parce que vous êtes sous le coup de la surprise."

"On est là !", "Salope !", "Schiappa démission !"
Remontant une des nombreuses rues du Mans, dont le maire est le socialiste Sébastien Le Foll, le groupe s’arrête devant une maison et s’efforce de faire un maximum de bruit, puisque le président reste sourd aux revendications sociales. 

Sur la vidéo, on entend surtout le vidéaste répondre aux commentaires du live Facebook et un homme faire des bruits de klaxon avec une petite trompette. Un homme crie "Debout là-dedans", tandis que des pétards éclatent devant la porte d’entrée. Un autre va coller une affiche sur la porte. Des manifestants crient tour à tour "Le Mans debout, soulève-toi !", "On va chercher les impôts !", "Enfoirés", "Collabos", "Et la rue, elle est à qui ? Elle est à nous", "ahou, ahou, ahou !". On distingue la voix d’une femme criant à plusieurs reprises les insultes sexistes : "Salope !" (suivi des rires des manifestants), "Sors de là, salope !".

L’auteur du direct va finalement identifier le lieu : "Nous sommes devant la maison de Schiappa", commente-t-il, tandis que les manifestants d'extrême gauche scandent "Anti, anticapitaliste, aha" et chantent "on est là!". 

Un homme sort de la maison, mais ses propos sont inaudibles sur la vidéo, car couverts par les bruits de trompette et les chants du groupe. L’homme lève ironiquement les deux pouces en l’air et rentre finalement chez lui, après être sorti durant une trentaine de secondes.

Le cinéaste amateur le présente comme le mari de Marlène Schiappa. Les Gilets jaunes continuent de chanter. Des pétards sont de nouveaux jetés devant la maison. D’autres scandent "Ne nous regardez pas, rejoignez-nous". La même femme crie "Grosse salope !", puis un homme hurle énervé "capitalistes". 

Le groupe se remet en marche, environ 40 secondes après que le mari a claqué la porte de la maison, et trois minutes après l’arrêt des Gilets jaunes devant la maison. En partant, on peut entendre l’attroupement crier : "Castaner en prison. Macron démission. Schiappa démission."

VOIR et ENTENDRE
la video du Gilet jaune:
Le vidéaste déclare alors "Voilà, le monsieur que vous avez vu, c’est son mari. Elle n’était pas là." 
Quelques secondes plus tard, alors que le groupe continue sa marche, il indique que les manifestants "ont décidé de faire les maisons des élus de La République en marche (LREM) de la Sarthe. Enfin, ceux qui sont au Mans !". 
Un visionnage de l’intégralité du live montre que seule la maison de Marlène Schiappa a été dérangée sur les trois heures de vidéo.
Certaines accusations de Marlène Schiappa sont inaudibles sur la vidéo des Gilets jaunes

Lors de son intervention en terrain ami dans 'les Grandes Gueules', émission de RMC (groupe Altice de Patrick Drahi, comme BFMTV), animée par les journalistes Alain Marschall et Olivier Truchot, la secrétaire d’Etat a fait le récit d’une "quarantaine de Gilets jaunes en furie, sous nos fenêtres, en train de jeter des pétards sur la maison, de crier des insultes, des menaces de mort, des slogans, de taper sur les portes et fenêtres. Ils avaient également tagué, dégradé la porte, collé des affiches, de façon extrêmement violente, qui ont évidemment tiré les enfants du lit, qui étaient en pleurs et en cri, face à ces menaces extrêmement violentes, d’une violence inouïe et d’une surprise inouïe aussi". 
Invitée à donner des exemples d’insultes, la menteuse paranoïaque cite : "Schiappa, on est venu pour te crever", "c’est ton dernier jour". "Il y avait au milieu de ça des "Macron démission", "Castaner démission", "Schiappa démission", des chants…"

VOIR et ENTENDRE le témoignage réaliste de celle dont on pense qu'elle n'était pas présente sur les lieux au moment des faits :

Si la vidéo consultée montre bien des Gilets jaunes faire un baroufe de tous les diables devant la maison de Marlène Schiappa, notamment en jetant des pétards, en scandant des slogans, on ne voit aucune trace de tags ni de coups sur la porte, mais uniquement une personne qui va coller une affiche dessus.

Schiappa n'hésite pas à calomnier

Dans sa première version postée Facebook, Marlène Schiappa évoquait uniquement qu’"après avoir tagué les environs et la chaussée, ils ont dégradé la porte en collant une affiche anticapitaliste / antipolice / antiordre." L’affiche collée sur la porte de la secrétaire d’Etat n’a pas été filmée de près, cependant à un autre moment du live, on peut voir plusieurs affiches collées dans les rues du Mans, dont une ressemblant à celle du domicile de Marlène Schiappa.
Concernant les insultes, Marlène Schiappa insiste sur des menaces de mort. 
Or, si on entend très clairement des insultes sexistes et les chants de Gilets jaunes, en revanche, la vidéo du manifestant Gilet jaune ne confirme à aucun moment la moindre menace de mort. Il est possible qu’ils aient été couverts par les bruits de trompette ou les chants. Il est encore plus probable que Schiappa a fait un faux témoignage.

Enfin, aussi bien sur les Grandes Gueules que sur Facebook, la ministre a évoqué l’intervention de son mari qui aurait fait reculer les manifestants, parce qu’il est un homme, précise la sous-ministre des genres. 
Elle écrit : "Mon mari est sorti pour entamer un dialogue, rejeté au profit de la persistance de l’action violente, mais sa simple présence les a fait reculer. Oui, tant qu’ils pensaient que c’était juste une femme et des enfants à terroriser, ça allait…"
La vidéo filmée par les Gilets jaunes ne permet pas d’entendre les propos du mari. On peut voir que la tentative de dialogue n’a duré qu’une trentaine de secondes avant qu’il ne fasse demi-tour face à des manifestants chantants "On est là !", ce que Marlène Schiappa qualifie d’action violente. Les Gilets jaunes quittent le devant de la maison une quarantaine de secondes plus tard, mais ils expriment des doutes, comme l’évoquait le vidéaste, sur la présence de Marlène Schiappa au Mans ce soir-là. Dans la même vidéo, un homme va même se demander si la maison n’est pas habitée par une autre personne, qui aurait été dérangée à sa place.

Marlène Schiappa a porté plainte

La secrétaire d’Etat a annoncé qu’elle allait porter plainte. Sur le plateau de RMC, elle indiquait déjà que : "La police est arrivée, quand ils venaient juste de partir. Mais une grande partie d’entre eux ont été identifiés. Ils étaient déjà connus des services de police. Et oui, il y a une plainte qui est en cours, parce que je crois que là on franchit une ligne rouge."

A l’inverse, les Gilets jaunes estiment que la diffusion de la vidéo permet de débusquer une deuxième "Pitié-Salpêtrière", évoquant ainsi la supposée "attaque" par les Gilets jaunes de l’hôpital parisien, dénoncée par Christophe Castaner, avant que les vidéos ne prouvent également le contraire...

Le procureur de la République Fabrice Bélargent "confirme qu’une plainte a été déposée hier après-midi par madame Schiappa, par l’intermédiaire de sa cheffe de Cabinet, pour des faits de menaces de mort. Une enquête est actuellement en cours par la Sûreté départementale." 

Concernant les antécédents des manifestants, le procureur élude, indiquant qu'il n'a pas de "commentaire à faire" et qu'il lui "appartient d’identifier le ou les auteurs d’infractions afin d’individualiser les responsabilités. Il n’existe en effet pas en droit pénal de responsabilité collective. Dans ce cadre, nous sommes au début des investigations et nous nous attachons à caractériser la ou les infractions commises et identifier la ou les personnes susceptibles d’être poursuivies à raison des infractions établies."

Un nouvel "attentat de l'Observatoire", affaire montée de toutes pièces par Mitterrand en octobre 1959. A son tour, 
Schiappa aura-t-elle un destin national ?

mercredi 27 mars 2019

Anticor ne lâche pas le numéro 2 de l'Elysée, accusé de conflits d'intérêts

L'honneur de l'entourage du président Macron une nouvelle fois entâché

La président Macron assume-t-il le parjure de plusieurs hommes de confiance de son entourage?


Le Bureau du Sénat a déjà entériné la demande de sa Commission d'enquête pour une saisine de la Justice sur les "probables faux témoignages" sous serment de trois autres membres de l'entourage du Président Macron (Alexis Kohler, Patrick Strzoda et le général Lionel Lavergnedans l'affaire Alexandre Benalla et Vincent Crase, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler est de nouveau sous pression avec une nouvelle plainte d'Anticor sur ses liens familiaux controversés avec l'armateur italo-suisse MSC, 2e plus grand armateur de porte-conteneurs du monde et numéro quatre international des croisières.

L'association anti-corruption a en effet adressé une troisième plainte au Parquet national financier (PNF), qui enquête depuis un an sur des soupçons de conflit d'intérêts entre les postes d'Alexis Kohler dans la fonction publique et ses liens avec le groupe fondé et dirigé par des cousins de sa mère, la famille Aponte.

Le bras droit d'Emmanuel Macron est cette fois accusé de "faux et usage de faux" et d'"omission substantielle de ses intérêts", en l'occurrence d'avoir dissimulé deux faits dans différentes déclarations sur l'honneur: ses liens familiaux avec l'armateur et le fait d'avoir été impliqué, comme fonctionnaire, dans des décisions concernant MSC, selon la plainte rédigée le 18 mars.

Deux de ces déclarations avaient été adressées en 2014 et 2016 à la commission de déontologie de la fonction publique, lorsque le haut-fonctionnaire avait souhaité travailler pour l'armateur.
La première fois, la commission s'y était opposée: "M. Kohler a, en qualité de représentant de l'Etat au conseil d'administration de la société STX France [les chantiers de Saint-Nazaire, dont MSC était le principal client], participé en février 2012, à une délibération du conseil autorisant la conclusion d'un contrat d'achat d'un paquebot par la société MSC", concluait son avis du 10 juillet 2014 cité par la plainte. Emmanuel Macron est pourtant déjà secrétaire général adjoint de Hollande à l'Elysée.
Mais deux ans plus tard, la commission rendait un avis favorable, le 6 octobre 2016. Macron venait alors juste de démissionner du ministère de l'Economie et de l'Industrie, un mois plus tôt, fin août 2016.

Quand Macron avait quitté Bercy, l'énarque était devenu directeur financier de la filiale croisières du groupe familial. Il quitta ces nouvelles fonctions au bout de quelques mois pour rejoindre l'Elysée à l'élection d'Emmanuel Macron, en mai 2017.

Lors de ces processus, les liens familiaux d'A. Kohler avec l'armateur n'avaient jamais été mentionnés.

Anticor en déduit que Kohler a omis de les mentionner dans trois déclarations d'intérêts qu'il a dû remettre à la Haute autorité pour la transparence (HATVP), en vertu de la "loi Cahuzac" de 2013. "En ciblant cette fois ces omissions de déclarations, on remonte peu à peu aux racines d'un système qui a sa logique", a commenté l'avocat d'Anticor, Me Jean-Baptiste Soufron. Selon cette loi, une telle omission est punie au maximum de trois ans de prison et de 45.000 euros d'amende.

En mai 2018, le PNF a ouvert une enquête sur cette affaire après de premières révélations de Mediapart pour "vérifier si les règles relatives à la mise en disponibilité des agents publics ont bien été respectées" lorsque M. Kohler a rejoint l'armateur en 2016.

Dans la foulée, Anticor avait déposé une première plainte contre le bras droit du président, en qualifiant les faits de "prise illégale d'intérêt", "trafic d'influence" et "corruption passive". L'association avait complété sa plainte par un deuxième courrier le 8 août, au lendemain de nouvelles révélations de Mediapart.

Il s'agissait cette fois de procès-verbaux du conseil de surveillance du "Grand Port maritime du Havre" (GPMH), où Alexis Kohler siégeait de 2010 à 2012 comme représentant de l'Agence des participations de l'Etat (APE) aux côtés du maire du Havre, l'actuel premier ministre Edouard Philippe.

Le numéro deux de l'Elysée a affirmé s'être "toujours déporté" [s'être écarté des débats] quand il a eu à connaître comme haut-fonctionnaire des dossiers impliquant MSC. 
Ces documents attestent cependant qu'en septembre 2010 et 2011, il a pris la parole et voté en faveur de contrats à venir entre GPMH et Terminal Normandie MSC (TNMSC), filiale française de l'armateur et acteur majeur de l'extension du port alors en cours.
Or, cet automne, la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) a refusé à Mediapart le droit d'obtenir la déclaration d'intérêts de M. Kohler lors de sa nomination au port du Havre.
Selon le site, la Brigade de la répression de la délinquance économique (BRDE, division de la la police judiciaire parisienne, PJ) n'est pas parvenue non plus à obtenir cette déclaration, malgré des perquisitions au port du Havre ou au ministère de François de Rugy, Transition écologique et solidaire.

jeudi 21 mars 2019

Affaires Benalla: le Sénat saisit aussi la justice des cas de proches de Macron

Les affaires Benalla ne s'essoufflent pas...

Nouveau coup de tonnerre sur Benalla et ses protecteurs

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Hémicycle de la Chambre haute
Le Sénat s'est résolu jeudi à saisir la justice de trois hauts responsables de la présidence, outre le cas de l'ancien collaborateur de l'Elysée, mis en cause dans le rapport accablant de sa commission d'enquête.

Les cas Benalla, Vincent Crase et Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, sont transmis pour suspicion de faux témoignage devant la Commission d'enquête sénatoriale, un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, ont précisé des membres du bureau.

La Chambre haute a également décidé de transmettre au Parquet les déclarations d'autres collaborateurs d'Emmanuel Macron, dont son bras droit Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence, selon ces sources. A partir des "incohérences" et "contradictions" relevées par la commission d'enquête, qui a rendu le 20 février un rapport d'enquête accablant, il reviendra au Parquet de voir quelles suites donner.

L'Elysée dans un profond embarras
Le Palais présidentiel n'a pas de commentaire à faire à chaud. "Dès lors que nous souhaiterons faire une réaction, nous vous la communiquerons", a esquivé la présidence, condescendante.

Si le signalement de ces cas à la justice ne vaut pas condamnation, le Sénat émet néanmoins des convictions fortes, que la majorité présidentielle et ses affidés soupçonnent de complot, inspiré du contexte de défiance de l'opinion publique vis-à-vis des politiques et d'un rapport de force provoqué par l'Elysée du fait de sa volonté de réforme institutionnelle visant, plutôt que le très contesté CESE, jugé coûteux bien qu'inutile, la chambre haute présidée par Gérard Larcher (Les Républicains) que Macron menace d'amputation au LBD 40  du nombre de ses membres. 

Engagement rempli de Larcher : "On ne dira que le droit, rien que le droit, tout le droit" 

"L'institution a tenu son rang et son rôle", s'est félicité de son côté le sénateur PS Victorin Lurel, tandis que la sénatrice EELV Esther Benbassa s'enthousiasmait sur Twitter "Vive un Parlement libre et indépendant! " 

Avant cette réunion du Bureau, les sorts de MM. Benalla et Crase semblaient déjà scellés: le président de la commission d'enquête Philippe Bas (LR) et les co-rapporteurs Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (PS) lui avaient demandé "de saisir le ministère public" de leurs déclarations sous serment, "susceptibles de donner lieu à des poursuites pour faux témoignage".

Quant aux autres proches de l'Elysée auditionnés, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, le directeur de cabinet Patrick Strzoda, et le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergneils étaient également nommément mis en cause. Loin de les exonérer de leur devoir de respect des institutions et des élus, leur proximité avec Emmanuel Macron , confère à ces personnalités politiques des obligations particulières qui ne laissent aucune place au parjure.

Le Bureau du Sénat compte 26 membres qui se prononcent à main levée, dont Gérard Larcher: 10 LR, 6 PS, 5 centristes, 2 RDSE (à majorité radicale), 1 LREM, 1 CRCE (à majorité communiste) et 1 Indépendant. 

Les sénateurs ont joué pleinement leur rôle de contrôle, sous le regard des Français.
Les chefs de file des Républicains, Bruno Retailleau, et des socialistes, Patrick Kanner, ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports dans le deuxième gouvernement de Hollande, étaient favorables à ce que le Bureau transmette à la justice, y compris les cas des collaborateurs de l'Elysée.

Les centristes étaient évident foireux.  Vincent Capo-Canellas, membre FED du Bureau et proche de Jean-Christophe Lagarde, invitait à "ne pas instrumentaliser le Sénat pour régler des comptes avec Emmanuel Macron", s'interrogeant : "il peut y avoir des omissions, des inexactitudes, mais est-ce qu'il y a faux-témoignage au sens pénal ?", avait plaidé ce politicien qui ne connaît rien d'autre que le monde politique.

Eric Bocquet, seul représentant du CRCE au Bureau, avait estimé que s'il refusait de transmettre ces dossiers à la justice, "le Sénat se ferait hara-kiri". "Ça voudrait dire derrière conciliabules, copinages".

Le seul précédent de saisine du Parquet pour faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire est récent: en 2016, le pneumologue Michel Aubier - qui avait dirigé l'unité Inserm U700 (1997-2006), comme Yves Lévy, le second mari de la ministre de la Santé de Macron, Agnès Buzyn, qui prétendait se faire reconduire à la tête de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale - avait été condamné pour n'avoir pas déclaré, en 2015, à la Haute Autorité de Santé qu'il était également médecin conseil de l'entreprise Total ainsi qu'avoir témoigné sous serment à la Commission d'enquête sénatoriale sur les impacts financiers et pneumologiques de la pollution de l'air qu'il n'avait aucun lien avec les acteurs économiques du secteur..

Quand "il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark", dans celui de Macron, il y a télescopage de l'actualité.
Mercredi soir, Alexandre Benalla a eu droit à de nouvelles mises en examen concernant d'autres faits de violences en marge de la manifestation parisienne du 1er-Mai et aussi pour l'épisode du selfie le montrant avec une arme. 
Imaginez que l'Elysée lui ait remis une autorisation de port d'un LBD 40... 
LBD à eau, bien sûr !  


mercredi 20 février 2019

Des poursuites judiciaires contre Benalla et Crase pour "faux témoignage", demandés par la Commission d'enquête sénatoriale

La commission d'enquête du Sénat révèle des "faux témoignages" (et parjures) des deux comparses, parrainnés par Sébastien Lecornu

Mise en cause de l'entourage direct du chef de l'Etat

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Parjure ?
"Il n'y aurait pas eu d'affaire Benalla si une sanction appropriée avait été prise le 2 mai par le licenciement de l'intéressé et l'information du procureur au titre de l'article 40 du code de procédure pénal," souligne Philippe Le Bas, le président de la commission d'enquête du Sénat sur l'affaire Benalla, lors la conférence de presse, réunie depuis 8 heures à huis clos, ce mercredi matin. La commission demande des poursuites contre Benalla et Crase pour "faux témoignage".

La commission sénatoriale pointe, par ailleurs, la cause : une série de "dysfonctionnements majeurs au sein des services de l'Etat". qui ont pu "affecter" la sécurité du président et "les intérêts" du pays. 
Les caïds de l'Elysée, Crase et Benalla
La commission évoque notamment "des pouvoirs excessifs laissés à un collaborateur inexpérimenté" dans le domaine de la sécurité du président, et "un sérieux manque de précaution dans la prévention des conflits d'intérêts de certains collaborateurs", en référence au contrat négocié avec un oligarque russe par Alexandre Benalla et Vincent Crase.

La protection du chef de l’Etat et de son entourage familial coûte près de 8 millions d’euros par an. Il convient d'ajouter à ce montant, les coûts supplémentaires pour l’utilisation des véhicules de la présidence par le GSPR (dirigé par le colonel Lionel Lavergne), ainsi que, les déplacements des policiers avant un voyage présidentiel en France ou à l’étranger pour effectuer un repérage et préparer son arrivée.
Le GSPR est composé d’une soixantaine d’agents, des femmes et des hommes très expérimentés. Ces agents sont recrutés au sein du Service de la Protection (SDLP) qui est une unité de la Police nationale et de la Force Sécurité Protection (FSP), elle-même composante du Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN).

La commission formule 13 préconisations

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Equipé d’un casque à visière des forces de l’ordre, Alexandre Benalla, 
chargé de la sécurité du chef de l’Etat, s’en est pris à un homme à terre, 
place de la Contrescarpe, le 1er mai 2018,
sous la responsabilité de Philippe Mizerski, au centre,
officier de la Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC)
 à la Préfecture de police de Paris (PP) dirigée par G. Collomb
Parmi elles, celle de "mettre fin à l'expérience des collaborateurs officieux du président de la République", dans son rapport rendu public mercredi. 

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La commission présidée par Philippe Bas (LR) suggère aussi de "conditionner le recrutement des collaborateurs" du président à "une enquête administrative préalable" (ci-contre François-Xavier Lauch, son ex-chef de cabinet, depuis élevé, à 37 ans, au rang de "préfet chargé d’une mission de service public relevant du gouvernement") pour "s'assurer de la compatibilité de leur comportement" avec leurs missions futures. 

Outre ce renforcement de la "transparence", la commission veut améliorer les garanties pour "un haut niveau de sécurité" du président et "renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement".

dimanche 21 octobre 2018

Affaire Benalla : le certificat médical du manifestant brutalisé a été antidaté

Les médecins qui délivrent des certificats médicaux de complaisance, ça existe donc ?

La gentille médecin aurait accepté d'antidater un certificat

Le document daté du 11 mai aurait en réalité été établi au mois de juillet, en toute conscience, alors que la révélation du scandale des violences commises par Benalla avait paru dans les media.

C'est un document favorable à l'Elysée comme à son salarié. Le certificat médical remis à la justice par le couple de manifestants qui a déclaré avoir été blessé par Alexandre Benalla, le 1er mai 2018, serait un faux, selon les informations du dimanche 21 octobre, publiées par le JDD, propriété du Groupe Lagardère Active: info ou intox, Paris Match, Public ou Europe1, appartenant au même propriétaire, n'émettront aucun soupçon de manipulation de l'enquête.

Le médecin qui a rédigé le document aurait avoué aux policiers l'avoir antidaté, poursuit l'hebdomadaire. Objectif ? "Laisser croire que l'examen du jeune homme, Georgios Delikaris, suivait de peu son interpellation musclée par l'ex-garde du corps de Macron, durant les incidents du 1er mai à Paris", écrit le JDD.

L'objectif est de donner à croire que l'examen de Georgios Delikaris avait été effectué quelques jours après son interpellation musclée par l'ex-garde du corps de l'Elysée et filmée place de la Contrescarpe à Paris et donc d'étayer la thèse de câlins administrés par Benalla.

Le médecin assume contre sa déontologie professionnelle, mais pour "raison d'Etat" ?

Selon ce document établi par un généraliste de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine) et daté du 11 mai, le médecin diagnostiquait "une cervicalgie", signalait "des traces de coups sur la poitrine et une raideur cervicale". Le 22 juillet, l'ancien intime du président Emmanuel Macron avait été mis en examen pour "violences en réunion n'ayant pas entraîné d'incapacité temporaire de travail" (ITT), sur la base des images le montrant en train de rudoyer un couple en marge d'une manifestation du 1er-Mai place de la Contrescarpe à Paris. Qualification qu'il fallait démonter : la révélation du media de Lagardère y contribue...
Hervé Gattegno, directeur de la rédaction du JDD, est -il capable de cette forfaiture ? Il a révélé plusieurs scandales, notamment politico-financiers, mais singulièrement visant la gauche (l’implication de Roland Dumas dans l’affaire Elf), la publication des carnets du général Philippe Rondot ou encore le témoignage de l’ancien directeur de cabinet de Kadhafi, Bechir Saleh.Dans le cadre de l’affaire Bettencourt, ce dernier a divulgué des enregistrements du majordome de la milliardaire, Pascal Bonnefoy, que la justice retiendra comme élément à charge contre plusieurs membres de l’entourage de Liliane Bettencourt. Poursuivi pour "atteinte à l'intimité de la vie privée", il a été relaxé le 12 janvier 2016 par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Le médecin peut donc compter sur la reconnaissance de la justice macronienne.
Le 25 juillet, l'avocat de Georgios Delikaris et de sa compagne écrivait à la juge d'instruction pour se constituer partie civile en leurs noms et réclamer et aggravation des charges pesant sur Alexandre Benalla. L'avocat insistait alors sur "une violence grave et excessive de M. Benalla, à l'encontre de M. Delikaris", s'appuyant sur le certificat médical, soit des "constations effectuées le 11 mai, dix jours après la commission des faits poursuivis". Il avait produit à cet effet le document du médecin généraliste traitant de Georgios Delikaris, qui évaluait à six jours les ITT (interruption temporaire de travail) du jeune extrémiste.

"Je reconnais mon erreur," avoue - sereine - la généraliste

Pourtant, cette femme-médecin a affirmé aux enquêteurs ne pas avoir délivré de certificat médical le 11 mai. Mais elle fait état d'une seconde visite. "Il est venu me voir le 23 juillet en m'expliquant qu'il était impliqué dans l'affaire Benalla et que son avocat lui demandait un certificat médical. (...) Je le reçois rapidement dans l'après-midi et je lui fais le certificat que vous avez", se souvient-elle, selon des propos rapportés par le JDD. Concernant "les traces de coups sur la poitrine", maintenant elle évoque plutôt "des égratignures"

Un certificat médical sans examen, sur simple déclaration ?
"Le patient déclare avoir été victime d'une agression le 1er mai avec coups et blessures et traumatise crânien". Selon son orientation politique, cela peut suffire ! "Il me dit avoir pris plusieurs coups (pieds et matraques)", écrit le médecin dans ce certificat semblant relater un examen effectué le 11 mai, mais établi en réalité après les révélations du Monde du 18 juillet. 
"Je n'aurai jamais dû rédiger ça à la va-vite, c'était un lundi et une grosse journée pour moi. Je n'ai pas pris conscience de l'ampleur médiatique autour de mon patient. Je reconnais mon erreur", a-t-elle fait ajouter sur son procès-verbal. 

Une deuxième visite médicale, le 14 mai
Concernant les anti-inflammatoires que prenait Georgios Delikaris, présentés par l'avocat comme prescrits "face à la persistance des douleurs" dont Alexandre Benalla était le responsable, ils auraient, selon le témoignage du médecin, été prescrits le 14 mai, alors que le patient s'était présenté à son cabinet pour des douleurs au dos. Celui-ci n'établissait alors aucun lien avec les événements du 1er mai et affirmait s'être bloqué le dos la veille, précise le médecin. Sur l'arrêt de travail de six jours fourni par le médecin, il serait effectivement écrit, selon le JDD : "s'est bloqué le dos depuis hier en prenant sa douche"...


Parties civiles dans ce dossier, le couple a été auditionnés le 19 septembre par les juges d'instructions. Devant les magistrats, ils ont reconnu des jets de projectiles - une carafe d'eau et un cendrier - vers sur les CRS, à l'origine de leurs interpellations musclées. Placés en garde à vue pour ces faits, le 2 octobre, ils sont convoqués au tribunal correctionnel pour être jugés pour "violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique".

Outre les violences en réunion, Alexandre Benalla est aussi mis en examen pour "immixtion dans l'exercice d'une fonction publique", "port public et sans droit d'insignes réglementés", "recel de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "recel de violation du secret professionnel". Il a été interrogé pour la première fois sur le fond par les juges d'instruction le 5 octobre au tribunal de Paris.

Aucune de ces déclarations multiples et contradictoires des victimes n'est faite sous la foi du serment et passible . Les deux activistes n’avaient pas menti à la police sur leur identité, contrairement à ce qu’avait affirmé le préfet de police Michel Delpuech, directeur de la direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), lors de son audition le 23 juillet.
Quant à Laurent Simonin, chef d’état-major à la Préfecture de police, il avait assuré (dans des textos adressés à Alexandre Benalla) que le jeune homme avait "donné un nom bidon… celui d’un basketteur de Salonique". 

En cas de soupçon de faux témoignage, le Parquet peut être saisi par "un président de la commission ou, lorsque le rapport de la commission a été publié, à la requête du bureau de l’assemblée intéressée", comme le prévoit l’article 6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires. Le témoin est alors passible de "cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende", comme le prévoit l’article 434-13 du Code pénal.

Les deux activistes sont en revanche tranquilles et la généraliste n'a pas grand chose à craindre de l'Ordre des médecins.
Toutefois, une première sanction pour faux témoignage est tombée en 2017, à l'encontre du pneumologue Michel Aubier, condamné à six mois de prison avec sursis et 50.000 euros d’amende, pour avoir caché aux sénateurs qu’il était payé depuis 1997 par Total, lors d’une audition parlementaire en 2015. "C’est un jugement historique et symboliquement fort. Pour la première fois en France, la justice avait condamné une personne pour "faux témoignage" devant la représentation nationale.