POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est video. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est video. Afficher tous les articles

mercredi 26 février 2020

GriveauxGate : Branco se trahit dans une video, selon Paris Match 

Paris Match aurait mis à nu la "face sombre" de "l'étrange avocat"...

Le magazine people du groupe Lagardère se vante d'avoir mené l'enquête


la "face sombre" de "l'étrange avocat"...

à partir d'un monologue filmé de dix-sept minutes, posté le 27 juillet 2019, où Juan Branco s’en prenait directement à Benjamin Griveaux. Paris Match en saurait plus long que la police!  

Les journalistes d'investigation de Match, Sophie des Déserts, Emilie Lanez et François de Labarre disent avoir percé à jour Juan Branco, l'avocat qui "se pose" en meilleur opposant du "système". La vidéo "éclaire sur la haine que porte Juan Branco envers Benjamin Griveaux", assurent-ils en préambule, conditionnant le lecteur en faveur de l'ancien candidat LREM à la mairie de Paris, avant de produire ll moindre début de preuve. 
A l’époque de sa publication, avant qu'il ne la mette en non répertoriée sur You Tube, des dizaines de milliers de personnes l’avaient vue et même commentée.

"La mise en scène est bien sûr extrêmement choisie," commente le choeur des trois journalistes. "Juan Branco se filme face caméra, le visage dans la pénombre. La voix est lasse, loin de la verve qu’on lui connaît": le jeune homme n'a rien pour lui... Il détaille d’abord les attaques dont "il affirme" être la cible. Ainsi, il revient sur les dégradations "commises" sur le ministère du secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre Benjamin Griveaux, le 5 janvier 2019, lors du huitième samedi de contestation des gilets jaunes à Paris. Les caméras de surveillance du ministère de la rue de Grenelle avaient identifié Branco sur les lieux et, dans la foulee,  un signalement avait été opéré par une députée En Marche! auprès du Procureur de la république.

Le voir nu (lui aussi), "dans sa laideur"

"Dès début janvier, il y a eu cette offensive concertée (…) Une tentative de m’attribuer l’attaque au fenwick d’un couard et d’un lâche, un certain Benjamin Griveaux sur lequel j’avais enquêté et face auquel (...) je m’étais trouvé lorsque son ministère avait vu sa porte (être) défoncée au fenwick par des manifestants qui réclamaient à ce porte-parole du gouvernement de la France le droit à être écoutés, et refusé qu’il puisse au nom de notre pays insulter ceux qui tentaient de s’exprimer.

Plus loin, dans la même vidéo, il déclare : "La Macronie n’attend qu’une chose, de tout rafler lors des municipales. J’ai volontairement laissé fuiter l’idée qu’une candidature pourrait intervenir et que l’enfant chéri de la Macronie, un certain Benjamin Griveaux, pourrait de ce fait chuter. Car il ne s’agirait pas tant de vaincre que de l’écraser en lui renvoyant sa morgue, son mépris, son incompétence et son inanité. En le forçant à une confrontation qui, au-delà des petits jeux oligarchiques, auxquels se prête avec tant d’entrain Anne Hidalgo, forcerait à le voir nu, dans sa laideur."

Alors, les "diaboliques" de Paris Match ont-ils rempli leur contrat ou vous ont-ils mené(e) en bateau ?

Trois euros jetés par la fenêtre: la haine est avant tout celle de Paris Match qui ne démontre rien mais déverse son fiel.

Le piège, c'est de se laisser tromper sur la marchandise.





mardi 28 mai 2019

La sous-ministre Schiappa "réveillée" à son domicile, convaincue de mensonges par des Gilets jaunes

Une vidéo de Gilets jaunes démontre l'affabulation de Marlène Schiappa chahutée devant son domicile ?

Des bobards de Schiappa, ça ferait mauvais genre...


Mytho ou parano ? Etait-elle à son domicile au moment des faits qu'elle rapporte ?


Lundi 27 mai 2019, à 8h17, la secrétaire d’Etat chargée de l’égalité entre les genres et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, a posté un statut sur Facebook, dans lequel elle dramatise "les événements de la nuit de vendredi à samedi qui sont allés beaucoup trop loin dans l’inhumanité". Crime contre l'humanité ?  
Y a- t-il eu "attaque", façon Castaner, comme à la Pitié-Salpétière? Intrusion ?

Trois jours après les faits, Marlène Schiappa a raconté que des manifestants avaient terrorisé sa famille vendredi 24 mai pendant la nuit, en faisant exploser des pétards et en la menaçant de mort devant la porte de sa maison au Mans. Des Gilets jaunes contredisent la version de la blogueuse du gouvernement.

Est-elle témoin directe ?
"Peu avant une heure du matin, nous [Marlène Schiappa, présente ou absente ?], son mari, ses deux filles et une amie de sa cadette] avons été violemment [sic] tirés du lit [on croirait une action physique] par une quarantaine de gilets jaunes furieux qui ont déboulé devant chez nous [à son domicile du Mans] sous nos fenêtres en hurlant des slogans agressifs, des menaces de mort, en jetant des pétards vers la maison avec des outils, sifflets, cornes de brunes, etc."
L’agression [selon Libération] de la secrétaire d’Etat a été reprise par la presse française, qui présente principalement la version de la féministe radicale. 

Par chance, une dépêche AFP, partagée par Libération, révèle l’existence d’une vidéo diffusée vendredi sur Facebook - mais très peu reprise par la presse institutionnelle - et décrit : 
"On voit un groupe de "gilets jaunes", déambulant de nuit dans les rues du Mans, s’arrêter devant le domicile de Marlène Schiappa, au bout de deux heures. "Debout là-dedans !", lance un homme, tandis que des pétards explosent et que des klaxons retentissent. "Collabo! Schiappa démission !", lancent plusieurs personnes, tandis qu’une femme crie "sors de là, salope !" Un homme sort de la maison et parle avec les manifestants avant de rentrer à nouveau [pléonasme] chez lui. La scène, sans violence, dure environ 3 minutes."
La vidéo à laquelle fait référence l’Agence de presse française a été diffusée en direct par la page Facebook Direct 21 INFO officiel, vendredi 24 mai, à partir de 22h04. Le live, qui n’est aujourd’hui plus accessible, durait 3 heures et 8 minutes. Il affichait plus de 42.000 vues et 1.400 partages dans de nombreux groupes de Gilets jaunes avant sa disparition mardi en fin de matinée. Plusieurs Gilets jaunes le relayaient en mentionnant "la soi-disant" ou "la fausse agression de Schiappa".

Un Gilet jaune filme en direct sur Facebook le tapage devant la maison de Marlène Schiappa

De manière générale, le live Facebook montrait une cinquantaine de Gilets jaunes prendre part à une manifestation "pas déclarée", selon les propos de l’auteur de la vidéo, et déambulant dans les rues du Mans. Au cours des trois heures de direct, on peut entendre le groupe scander des slogans anti-Macron ou révolutionnaires, chanter à maintes reprises l’hymne des Gilets jaunes ("On est là, on est là ! Même si Macron ne le veut pas, nous on est là !") ou appeler les habitants de la ville à les rejoindre. 
Plusieurs fois aussi, et pas seulement devant la maison de Marlène Schiappa, des hommes vont allumer des pétards et des fusées d’artifices dans les rues du Mans, coller des affiches et taguer à l’aide d’une bombe blanche les mots "Gilets Jaunes" sur le bitume.

Conformément à ce qu’indiquait l'AFP dans sa dépêche, la scène - qui n'était pas préméditée - devant la maison de la secrétaire d’Etat n’a duré que trois minutes vers 00h23. 
Invitée des Grandes Gueules sur RMC lundi 27 mai, Marlène Schiappa avait estimé: "Je crois qu’ils sont restés un peu plus d’un quart d’heure, mais c’est toujours difficile à dire dans ces moments-là, parce que vous êtes sous le coup de la surprise."

"On est là !", "Salope !", "Schiappa démission !"
Remontant une des nombreuses rues du Mans, dont le maire est le socialiste Sébastien Le Foll, le groupe s’arrête devant une maison et s’efforce de faire un maximum de bruit, puisque le président reste sourd aux revendications sociales. 

Sur la vidéo, on entend surtout le vidéaste répondre aux commentaires du live Facebook et un homme faire des bruits de klaxon avec une petite trompette. Un homme crie "Debout là-dedans", tandis que des pétards éclatent devant la porte d’entrée. Un autre va coller une affiche sur la porte. Des manifestants crient tour à tour "Le Mans debout, soulève-toi !", "On va chercher les impôts !", "Enfoirés", "Collabos", "Et la rue, elle est à qui ? Elle est à nous", "ahou, ahou, ahou !". On distingue la voix d’une femme criant à plusieurs reprises les insultes sexistes : "Salope !" (suivi des rires des manifestants), "Sors de là, salope !".

L’auteur du direct va finalement identifier le lieu : "Nous sommes devant la maison de Schiappa", commente-t-il, tandis que les manifestants d'extrême gauche scandent "Anti, anticapitaliste, aha" et chantent "on est là!". 

Un homme sort de la maison, mais ses propos sont inaudibles sur la vidéo, car couverts par les bruits de trompette et les chants du groupe. L’homme lève ironiquement les deux pouces en l’air et rentre finalement chez lui, après être sorti durant une trentaine de secondes.

Le cinéaste amateur le présente comme le mari de Marlène Schiappa. Les Gilets jaunes continuent de chanter. Des pétards sont de nouveaux jetés devant la maison. D’autres scandent "Ne nous regardez pas, rejoignez-nous". La même femme crie "Grosse salope !", puis un homme hurle énervé "capitalistes". 

Le groupe se remet en marche, environ 40 secondes après que le mari a claqué la porte de la maison, et trois minutes après l’arrêt des Gilets jaunes devant la maison. En partant, on peut entendre l’attroupement crier : "Castaner en prison. Macron démission. Schiappa démission."

VOIR et ENTENDRE
la video du Gilet jaune:
Le vidéaste déclare alors "Voilà, le monsieur que vous avez vu, c’est son mari. Elle n’était pas là." 
Quelques secondes plus tard, alors que le groupe continue sa marche, il indique que les manifestants "ont décidé de faire les maisons des élus de La République en marche (LREM) de la Sarthe. Enfin, ceux qui sont au Mans !". 
Un visionnage de l’intégralité du live montre que seule la maison de Marlène Schiappa a été dérangée sur les trois heures de vidéo.
Certaines accusations de Marlène Schiappa sont inaudibles sur la vidéo des Gilets jaunes

Lors de son intervention en terrain ami dans 'les Grandes Gueules', émission de RMC (groupe Altice de Patrick Drahi, comme BFMTV), animée par les journalistes Alain Marschall et Olivier Truchot, la secrétaire d’Etat a fait le récit d’une "quarantaine de Gilets jaunes en furie, sous nos fenêtres, en train de jeter des pétards sur la maison, de crier des insultes, des menaces de mort, des slogans, de taper sur les portes et fenêtres. Ils avaient également tagué, dégradé la porte, collé des affiches, de façon extrêmement violente, qui ont évidemment tiré les enfants du lit, qui étaient en pleurs et en cri, face à ces menaces extrêmement violentes, d’une violence inouïe et d’une surprise inouïe aussi". 
Invitée à donner des exemples d’insultes, la menteuse paranoïaque cite : "Schiappa, on est venu pour te crever", "c’est ton dernier jour". "Il y avait au milieu de ça des "Macron démission", "Castaner démission", "Schiappa démission", des chants…"

VOIR et ENTENDRE le témoignage réaliste de celle dont on pense qu'elle n'était pas présente sur les lieux au moment des faits :

Si la vidéo consultée montre bien des Gilets jaunes faire un baroufe de tous les diables devant la maison de Marlène Schiappa, notamment en jetant des pétards, en scandant des slogans, on ne voit aucune trace de tags ni de coups sur la porte, mais uniquement une personne qui va coller une affiche dessus.

Schiappa n'hésite pas à calomnier

Dans sa première version postée Facebook, Marlène Schiappa évoquait uniquement qu’"après avoir tagué les environs et la chaussée, ils ont dégradé la porte en collant une affiche anticapitaliste / antipolice / antiordre." L’affiche collée sur la porte de la secrétaire d’Etat n’a pas été filmée de près, cependant à un autre moment du live, on peut voir plusieurs affiches collées dans les rues du Mans, dont une ressemblant à celle du domicile de Marlène Schiappa.
Concernant les insultes, Marlène Schiappa insiste sur des menaces de mort. 
Or, si on entend très clairement des insultes sexistes et les chants de Gilets jaunes, en revanche, la vidéo du manifestant Gilet jaune ne confirme à aucun moment la moindre menace de mort. Il est possible qu’ils aient été couverts par les bruits de trompette ou les chants. Il est encore plus probable que Schiappa a fait un faux témoignage.

Enfin, aussi bien sur les Grandes Gueules que sur Facebook, la ministre a évoqué l’intervention de son mari qui aurait fait reculer les manifestants, parce qu’il est un homme, précise la sous-ministre des genres. 
Elle écrit : "Mon mari est sorti pour entamer un dialogue, rejeté au profit de la persistance de l’action violente, mais sa simple présence les a fait reculer. Oui, tant qu’ils pensaient que c’était juste une femme et des enfants à terroriser, ça allait…"
La vidéo filmée par les Gilets jaunes ne permet pas d’entendre les propos du mari. On peut voir que la tentative de dialogue n’a duré qu’une trentaine de secondes avant qu’il ne fasse demi-tour face à des manifestants chantants "On est là !", ce que Marlène Schiappa qualifie d’action violente. Les Gilets jaunes quittent le devant de la maison une quarantaine de secondes plus tard, mais ils expriment des doutes, comme l’évoquait le vidéaste, sur la présence de Marlène Schiappa au Mans ce soir-là. Dans la même vidéo, un homme va même se demander si la maison n’est pas habitée par une autre personne, qui aurait été dérangée à sa place.

Marlène Schiappa a porté plainte

La secrétaire d’Etat a annoncé qu’elle allait porter plainte. Sur le plateau de RMC, elle indiquait déjà que : "La police est arrivée, quand ils venaient juste de partir. Mais une grande partie d’entre eux ont été identifiés. Ils étaient déjà connus des services de police. Et oui, il y a une plainte qui est en cours, parce que je crois que là on franchit une ligne rouge."

A l’inverse, les Gilets jaunes estiment que la diffusion de la vidéo permet de débusquer une deuxième "Pitié-Salpêtrière", évoquant ainsi la supposée "attaque" par les Gilets jaunes de l’hôpital parisien, dénoncée par Christophe Castaner, avant que les vidéos ne prouvent également le contraire...

Le procureur de la République Fabrice Bélargent "confirme qu’une plainte a été déposée hier après-midi par madame Schiappa, par l’intermédiaire de sa cheffe de Cabinet, pour des faits de menaces de mort. Une enquête est actuellement en cours par la Sûreté départementale." 

Concernant les antécédents des manifestants, le procureur élude, indiquant qu'il n'a pas de "commentaire à faire" et qu'il lui "appartient d’identifier le ou les auteurs d’infractions afin d’individualiser les responsabilités. Il n’existe en effet pas en droit pénal de responsabilité collective. Dans ce cadre, nous sommes au début des investigations et nous nous attachons à caractériser la ou les infractions commises et identifier la ou les personnes susceptibles d’être poursuivies à raison des infractions établies."

Un nouvel "attentat de l'Observatoire", affaire montée de toutes pièces par Mitterrand en octobre 1959. A son tour, 
Schiappa aura-t-elle un destin national ?

vendredi 2 novembre 2018

Professeure menacée d'une arme à Créteil : deux autres lycéens présentés à un juge

Plan d'action contre les violences en milieu scolaire ou gesticulation médiatique ?

Interpellés et présentés à un juge des enfants - bien qu'ils aient plus de 16 ans

Le doigt d'honneur est-il poursuivi ?
Une association féministe
a-t-elle porté plainte ?
Les deux élèves du lycée Edouard-Branly à Créteil (Val-de Marne) se sont rendus coupables (présumés, malgré les photos) de menaces sur l'enseignante braquée avec une arme factice dans ce lycée mi-octobre par un élève de 15 ans qui a déjà été mis en examen, a-t-on appris jeudi auprès du Parquet.

L'un des deux scolaires est celui qui avait enregistré et diffusé sur les réseaux sociaux la vidéo, qui avait suscité l'indignation. Agé de 17 ans, il a été interpellé à son domicile mardi, puis présenté à un juge au tribunal de Créteil mercredi, avant d'être remis en liberté.

Le deuxième agité, également déféré, est lui poursuivi pour avoir rediffusé la vidéo, a précisé la source. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire avec l'obligation d'un suivi éducatif. 

Un troisième "sauvageon", soupçonné d'avoir interpellé l'enseignante pour qu'elle note "présent" l'élève qui l'avait braquée, avait été interpellé mardi et remis en liberté à l'issue de sa garde à vue.

Des interpellations sans mises en examen

Le doigt d'honneur à Macron
est-il bien passé ?
Devenu exemplaire ?
L'élève qui avait tenu sa professeure en joue en plein cours a certes été mis en examen le 21 octobre pour "violences aggravées" et remis en liberté avec des mesures de contraintes provisoires. Il a interdiction d'entrer en contact avec l'enseignante, ne peut plus séjourner dans le Val-de-Marne, mais doit poursuivre sa scolarité. Une mesure d'évaluation éducative a été ordonnée. Il sera jugé ultérieurement par le juge des enfants.

Mais un autre adolescent de 16 ans, suspecté de complicité (?) pour avoir introduit l'arme factice dans l'établissement, avait lui aussi été interpellé, puis remis en liberté sans poursuites, l'arme de la vidéo s'avérant être un pistolet à billes. Interpellé pour avoir introduit l'arme, mais relâché au motif que l'arme n'était pas létale : pourquoi, alors, une interpellation, puisque que, depuis la première interpellation, le Parquet savait l'arme factice ?

Cette vidéo, filmée le 18 octobre dans ce lycée de Créteil, a suscité l'indignation jusqu'au sommet de l'Etat et conduit le gouvernement à annoncer un "plan d'actions" contre la violence dans les établissements scolaires, qui doit être présenté d'ici la mi-décembre.

dimanche 29 juillet 2018

1er-Mai : 'Libération' sort une vidéo confirmant l'interventionnisme de Benalla et son acolyte

Feuilletonnage de l'affaire Benalla-Macron

Le journal Libération révèle une vidéo dans laquelle on voit la triade Benalla-Crase-Mizerski participer au service d'ordre trois heures avant les incidents de la place de la Contrescarpe. 

Alexandre Benalla et Vincent Crase, en intervention le 1er mai 2018 dans le Jardin des Plantes, à Paris.

Ce 1er-Mai, Benalla, Crase et Mizerski prennent part à une précédente interpellation, les deux premiers se comportant comme des policiers qu'ils ne sont pas, bien avant la scène désormais fatale de la place de la Contrescarpe.

De nouveaux témoignages, ainsi qu’une vidéo, que révèle ci-dessous Libération, permettent de découvrir que trois heures avant et à un autre endroit de la manifestation, au Jardin des Plantes (Paris Ve), Alexandre Benalla, alors adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron et Vincent Crase, salarié du parti présidentiel La République en marche, LREM, sont impliqués dans l’interpellation d’un autre manifestant, sous l'oeil de Philippe Mizerski, commissaire à la direction de l'ordre public et de la circulation. 
Résultat de recherche d'images pour "philippe mizerski"
Ce dernier était encore présent sur la place de la Contrescarpe, à Paris : il était chargé d'accompagner Alexandre Benalla au cours de son "observation". On voit Mizerski habillé en civil sur les vidéos. Il n'intervient pas lorsque Alexandre Benalla et Vincent Crase s'en prennent aux deux manifestants. D'après les conclusions de l'IGPN,
il "ne concevait pas de faire la moindre observation à celui qui était, à ses yeux, un personnage de première importance". Benalla, caïd de la bande, est porteur du macaron de l'Elysée. Sa victime, le manifestant appelé Romain, sera finalement arrêté et placé en garde à vue pour "violences contre personnes dépositaires de l’autorité publique avec arme", puis relâché après quarante-huit heures, sans poursuite judiciaire. Quant à la présence de Vincent Crase, elle n’a pour l’instant pas été "justifiée" autrement que par sa proximité avec Benalla.

Des images de cette scène, capturée par le téléphone d’une amie de l’interpellé, ont été supprimées au moment de l’arrestation par un fonctionnaire menaçant. La vidéo a été récupérée sur la carte mémoire du téléphone grâce à un logiciel dédié. Selon nos informations, deux nouvelles plaintes ont été adressées ce jeudi au parquet de Paris, pour «violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique en réunion», «usurpation de signes réservés à l’autorité publique aggravé par le fait qu’ils facilitent la commission d’un délit», «usurpation de fonctions», «atteinte à la liberté», «dégradation de biens», et «introduction frauduleuse dans un système de traitement de données». Déposées contre X, ces plaintes ciblent néanmoins Vincent Crase, Alexandre Benalla et le major de la préfecture, Philippe Mizerski, chargé théoriquement de les encadrer.

La séquence est extraite d’une vidéo de six minutes et se termine brusquement au moment de l’interpellation. Elle commence lorsqu'un petit groupe de manifestants est assemblé près de policiers en tenue dans le Jardin des plantes où ils contrôlent et relâchent l’un des manifestants. Une jeune femme de 24 ans, fonctionnaire au ministère de la Justice et militante communiste, dit alors avoir commencé à filmer "parce qu’un policier a bousculé un manifestant". Les forces de l’ordre sont nombreuses, se mettent en ligne et repoussent les quelques militants, contraints de suivre la direction indiquée.

"Les gens essayaient de partir par tous les moyens. Il y avait beaucoup de gaz lacrymogène, on voulait traverser le parc pour partir à l’opposé de la manifestation", raconte aujourd’hui un camarade de 23 ans, étudiant en sciences politiques à l’université Paris-1. Sur la vidéo, la femme dramatise sa prise de vue en déclarant : "Ils nous suivent encore [les policiers]; je n’ose pas éteindre ma caméra". Malgré ses craintes, elle continue de filmer, tandis que la ligne de forces de l’ordre avance dans leur dos. Un policier leur indique une nouvelle fois la direction à suivre pour sortir du Jardin.

C’est alors qu'au détour d'un petit chemin, les manifestants tombent une minute plus tard nez à nez avec Alexandre Benalla, Vincent Crase et le major Mizerski. Noémie filme toujours et commente aujourd’hui : «A ce moment-là, j’ai le téléphone dans la main au niveau de mon torse.»Au premier plan, Vincent Crase, arborant un brassard «police», ordonne aux militants de quitter le Jardin des plantes par une sortie. Juste derrière lui, figurent Benalla et le major Mizerski. La vidéo ne permet pas de voir si Benalla est lui aussi porteur d’un brassard à cet instant. "On vient de nous dire qu’il fallait qu’on sorte rue Buffon", "faut se mettre d’accord", leur lancent les manifestants, pensant être face à des "policiers de la BAC".

Autoritaire, Vincent Crase rétorque : "Vous allez là-bas!". Au même moment, à l’arrière-plan, on entend : "Elle filme, elle filme !" L’un des manifestants répond tout de suite : "Elle a le droit de filmer." Puis les images deviennent floues. La jeune femme hurle, la séquence se coupe. L'étudiant, qui commençait à s’éloigner, réagit : "Je vois que N. est ceinturée d’une façon très violente. Je ne sais pas quoi faire, je vais vers eux, je pose mes bras sur la personne qui ceinture N. et quelqu’un derrière moi me fait une balayette et me menotte." Sous le choc, l'étudiant ne se souvient plus qui le met au sol : "J’avais la face contre le sable, je n’ai pas vu la suite."

La vidéaste poursuit : "Je me suis fait plaquer contre l’arbre le plus proche avec le téléphone dans la main. J’ai les deux bras écartés et mon corps tape l’arbre." En état de choc à ce moment, elle n’est pas en mesure d’identifier la personne qui la plaque. Un peu en retrait, Elias, 22 ans, surveillant dans un lycée parisien et militant communiste lui aussi, assiste à la scène comme témoin. Il dit aujourd’hui se souvenir très bien que "la personne qui saute sur N. avait les cheveux rasés". Une description qui pourrait donc correspondre à Vincent Crase.

La scène se poursuit et, manifestement, l’existence de la vidéo inquiète leurs interlocuteurs. N. se souvient qu’on lui hurle alors distinctement : "Eteins [la vidéo] ! Eteins !" Quelqu’un lui demande ensuite sa carte d’identité, s’éloigne de 10 à 15 mètres, et la regarde longuement. "Je me souviens qu’à côté, un manifestant avait mal, il saignait, mais on m’a dit "regarde ailleurs", raconte N. , encore très choquée. Ce n’est d’ailleurs qu’à ce moment-là que je réalise que R. [son camarade étudiant] aussi est interpellé."

Un dialogue s'engage entre extrémistes de gauche et de droite. 

Celui qui est parti avec la carte d’identité est de retour. Un nouvel échange vif débute : "On n’a pas le droit de manifester en France le 1er mai ?" s’emporte la plaignante. Réponse de son interlocuteur, selon son récit : "Non, t’as qu’à aller au Venezuela ou à Cuba," lance le pseudo-policier. 

La jeune femme, "terrorisée", garde les mains en l’air depuis de longues minutes. Son interlocuteur la menace pour récupérer la vidéo, assure-t-elle : "Donne-moi ton téléphone, sinon on t’embarque." N., hors d’elle : "Vous n’avez pas le droit de faire ça." Selon la militante, l’homme examine alors les photos et les vidéos, et en supprime plusieurs. Puis lui rend l’appareil et ordonne aux jeunes gens de "dégager". "Est-ce que je peux savoir votre numéro de matricule", s’énerve la rebelle qui se fait passer pour craintive. Toujours selon la militante, l’homme répond "007". Le soir, la jeune femme saura comment récupérer la vidéo effacée.

Libération contacte les avocats (à moins que ce soit l'inverse) et les deux plaignants s’indignent. Nadja Diaz, conseil de l'étudiant, condamne "la garde à vue éprouvante de [son] client pour des faits particulièrement graves qu’il n’a pas commis. Il attend que la lumière soit faite sur le rôle joué par ceux, désormais bien connus, qui n’avaient manifestement pas autorité pour intervenir d’une quelconque manière dans son arrestation.

Quant à l’avocat de N.,  à la même adresse et également spécialisé en droit social, maître Grégory Saint Michel pointe la responsabilité directe des autorités : "La préfecture de police, le ministère de l’Intérieur, la présidence de la République savaient que ce jour-là, messieurs Benalla, Crase, et Mizerski avaient commis des exactions. Ont-ils poussé leurs investigations plus loin pour connaître leur folle journée ? Ont-ils préféré se cantonner aux faits dénoncés de la Contrescarpe pour se contenter d’une petite mise à pied, non appliquée au demeurant ?
A l'heure de la publication, Vincent Crase et l’avocat d’Alexandre Benalla, de leur côté, n’ont pas répondu aux sollicitations du journal.,


L'avocat de Benalla critique la nouvelle vidéo dévoilée par "Libération": "On ne voit rien" 

Maître Laurent-Franck Lienard est un avocat de flics : spécialiste du droit des armes et de la défense des forces de l'ordre, il a en effet toujours eu une "très forte vocation policière" depuis qu'il est devenu devenu avocat faute de réussir au concours de commissaire. "Ce n’est plus un avocat de flics, c’est un avocat de faux flics !", telle est la plaisanterie qui lui colle au train de Me Lienard, incontournable allié des poulets, depuis qu'il assure la défense d’Alexandre Benalla, ex-proche d’Emmanuel Macron qui conserve son estime au barbouze.
Comment l’un des meilleurs avocats de flics de France s’est-il retrouvé à représenter le "bodyguard", mis en examen notamment pour "port public et sans droit d’insignes réglementés" ? Avocat des gendarmes ayant interpellé Adama Traoré, avant qu’il ne décède, ou du brigadier-chef, dont un tir de grenade de désencerclement a touché gravement un photographe lors d’une manifestation contre la loi Travail, ce conseil de 52 ans ne voit aucune contradiction, à défendre un "faux flic", pas même un goût amer d’ironie. Et de ressortir les fondamentaux, pour sa défense : "Ce n’est pas parce qu’on défend quelqu’un qu’on endosse la responsabilité de ses actes." Ce n'est pas non plus parce que Benalla tombe, que Macron est entraîné dans sa chute.

Liénard n'est pas de ceux qui découvrent les méthodes de Benalla.
L’avocat établi à Pontoise connaît bien Alexandre Benalla, rencontré par le biais d’amis communs il y a quelques années. "Un mec bien", "un gars brillant", selon lui. La première apparition de Benalla lui avait fait forte impression : "un charisme exceptionnel" ou une "moralité" impressionnante?  : "C’était étonnant à son jeune âge d’être déjà à ce niveau-là." 
En 2016, c’est d’ailleurs Laurent-Franck Lienard qui avait assisté le jeune homme devant le tribunal correctionnel de Nanterre, alors que ce gendre idéal était accusé de violences volontaires datant du 30 août 2015. L'Express fait en effet état d'une plainte déposée à Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine. Or, Alexandre Benalla a été relaxé de ces poursuites, bien que sa victime ait eu droit à une incapacité totale de travail supérieure à huit jours". Ce franc-maçon conserve donc un casier vierge jusqu'à ce jour.  

Ce qui est aujourd'hui reproché à Benalla ? "Un acte vigoureux, mais pas violent. Alexandre Benalla a fait du tort aux forces de l’ordre, mais il a cru intervenir légitimement", estime le conseil. L’affaire ? "Un non-événement" prenant des proportions "délirantes", raconte Liénard sur tous les plateaux de radio et télévision.

Le positionnement de Liénard interpelle. Côté flic, on trouve "un peu déplacé et confus ce mélange des genres", chuchote un fonctionnaire en uniforme. D'ailleurs, sur sa page Facebook, Lienard a reçu des dizaines de commentaires d’agents mécontents. "Cette affaire a jeté le discrédit sur l’ensemble de la profession. Ce choix surprenant aura peut-être des conséquences sur l’image qu’il a dans nos rangs", convient David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). Plus cash, Daniel Merchat, ex-commissaire aux RG et avocat de limiers au Barreau de Seine-Saint-Denis, dit : "Benalla est un personnage vilipendé par les forces de l’ordre. Si je prenais ce dossier, je perdrais 90% de mes clients !". D’habitude, Laurent-Franck Lienard plaide pour de vrais flics. "J’ai sauvé des centaines de carrières", se targue Lenard, annonçant fièrement '2.000 affaires' au compteur. 

Sa ligne jaune ? "Je ne défends pas de délinquants, ni de délinquants en uniforme." Pas de vols de portable, pas de passages à tabac. Il y a donc un début à tout... D'autant que, depuis plus de dix ans, Laurent-Franck Lienard est lui aussi réserviste dans la gendarmerie.

vendredi 27 juillet 2018

Benalla, le protégé de Macron, donne sa version du scandale d'Etat qui ébranle le président

L'individu a choisi d'accorder un entretien au journal Le Monde qui diffusa l'affaire

Prière de lire "décembre 2016". Merci pour le signalement et votre indulgence

L'homme par qui le scandale arrive : son histoire et ses incohérences


Neuf jours après la révélation du passage à tabac, par ses soins, de militants d'extrême gauchele 1er mai à Paris et de son statut très particulier à l'ElyséeAlexandre Benalla livre son récit. Le journal Le Monde précise qu'il ne lui a pas donné ses déclarations à relire, ce qui lui autorise des contestations et des rétropédalages, comme aux responsables auditionnés par la Commission des lois de l'Assemblée siégeant en tant que commission d'enquête.

Parmi ses principales déclarations, voici celles qui contredisent notamment le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et le directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC) Alain Gibelin en commission.



Benalla nie toute responsabilité morale


L’ex-protégé de l’Elysée passe sous silence les violences consignées sur plusieurs vidéos. Il admet avoir "commis une faute". "Moi, je n’ai pas le sentiment d’avoir trahi le président de la République; j’ai le sentiment d’avoir fait une grosse bêtise. Et d’avoir commis une faute. Mais cette faute, elle est plus d’un point de vue politique: je n’aurais jamais dû aller sur cette manifestation en tant qu’"observateur"; puis j’aurais peut-être dû rester en retrait", commente-t-il à propos des faits de violence sur un manifestant le 1er mai et pour lesquels il est mis en examen.

Sur le port d’armes

L’ex-collaborateur de l’Elysée explique avoir essuyé un refus d'une première demande de port d’armes par le ministère de l’Intérieur en 2016, année durant laquelle il est au service du candidat Macron, lequel a quitté le service de Hollande comme ministre de l'Economie, le 30 août 2016. "Il y a deux cents personnes qui bossent au QG [de campagne], représentant une "cible molle", comment les protéger de la menace terroriste ou même d’un fou ? Donc on fait la demande d’acquérir et détenir des armes dans le QG." Benalla a-t-il porté son arme en dehors du QG du candidat?

Une autorisation finalement obtenue par la préfecture de police mais valable "dans le QG uniquement"
Une fois à l’Elysée, "considérant que ma fonction est exposée, ON m’autorise à acquérir un Glock et à le détenir dans l’exercice de ma mission" [Le pistolet semi-automatique Glock 34 Gen4 MOS Docter Sight II cal.9x19 vaut plus de 1200 euros]
Quant à la question de sa légitimité à porter une arme, souvent soulevée par les parlementaires de la commission d'enquête et notamment contestée par Frédéric Auréal, le chef du Service de la protection (SDLP), Benalla argue : "Je suis inscrit dans un club de tir depuis des années et je suis un réserviste de la gendarmerie [Sébastien Lecornu en est-il toujours garant ?]. Il n’y a pas d’amateurisme là-dedans, au contraire. Et si le préfet de police a accordé l’autorisation, c’est qu’il estimait bien qu’il y avait une menace." [Savait-il d'où venait la menace ?]


Sur son salaire, nourri, logé et voiture avec chauffeur


Jusqu’à présent, le directeur de cabinet du Président, Patrick Strzoda, s’est toujours refusé à dévoiler le salaire d’Alexandre Benalla au prétexte notamment qu' "on touche au cœur de l’organisation" ! [Les salaires seraient 'secret défense' ?] Dans le Monde, l’intéressé, moins frileux, parle d’un "contrat sur toute la durée du mandat, donc cinq ans, rémunéré 6.000 euros net, c’est le salaire de tous les chargés de mission". Or, au service de Macron, Benalla n'est jamais en rien considéré comme un chargé de mission ordinaire...


Sur son emprise

Lors des auditions, démarrées lundi pour faire la lumière sur les violences du 1er mai, de nombreux députés et sénateurs ont soulevé l’ambiguïté des fonctions occupées par A. Benalla, souvent décrit comme commandant occulte (avec le grade de lieutenant colonel) avec des prérogatives de sécurité. Lui précise : "Je dois m’occuper des affaires privées du président de la République, parce qu’il a une vie à côté de ses fonctions, avec Brigitte Macron, celle d’un Français normal. Il va au théâtre, au restaurant, part en vacances… Je suis toujours présent, avec le groupement de sécurité de la présidence de la République (GSPR) et le service privé du Président."


Au retour des Bleus à Roissy, lundi 16 juillet, alors que Benalla fait l'objet d'une réduction du champs de ses activités, la sécurité est assurée par les gendarmes. De nouvelles informations révèlent qu'Alexandre Benalla est alors présent sur place et a semblé vouloir prendre le dessus sur le dispositif. "Vous me manquez de respect !", a-t-il lancé à un gendarme, qui lui demande alors qui il est. Alexandre Benalla a alors montré son signe indiquant qu'il appartient à l'Elysée. Le gendarme lui a dû lui rappeler que seule l'autorité préfectorale lui dicte ce qu'il doit faire. Les gendarmes ont fait remonter les faits à leur hiérarchie.

Sur ses relations avec le GSPR



Interrogé mardi par la commission d’enquête du Sénat, Yves Lefebvre, le secrétaire général d’Unité-SGP, avait expliqué : "Monsieur Benalla faisait régner la terreur au sein du GSPR. Il allait jusqu’à l’insulte à l’égard des gradés et gardiens de la paix."
Alexandre Benalla confirme dans son entretien avec Le Monde que ses relations avec les membres du groupement de sécurité de la présidence de la République (GSPR) étaient loin d’être apaisées. "Des frictions, oui, mais sous forme de non-dits."

Le journal Le Figaro rapporte des frictions avec les services officiels de sécurité du président. Benalla règle ses comptes avec le Groupement de sécurité de la présidence de la République (GSPR) et avec le Service de la protection (SDLP).
Le GSPR, composé de policiers et de gendarmes, est le responsable officiel de la sécurité du président. C'est à lui seul que revient cette mission, et «personne d'autre», rappelle Alain Le Caro, fondateur de ce service bien particulier. «Ça ne peut pas se partager. C'est lui qui définit avec les autorités, et notamment les préfets, les mesures générales à prendre lors des déplacements.» Un rôle qui semble parfois se recouper avec les missions de «coordination» que l'Elysée avait attribuées à Alexandre Benalla. Une situation qui semble avoir créé certaines tensions au Palais. L'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron juge ainsi que «le GSPR, c'est l'enfant terrible de l'Élysée».

Benalla explique que ses fonctions l'obligeaient à être «toujours présent» pour «s'occuper des affaires privées du président». Et ce, aux côtés du GSPR. Sauf que les hommes qui le composent «ne sont pas du tout dans l'organisation. Eux ne prennent en compte que la sécurité. Par exemple, si le président va au théâtre, moi je vais tenir compte de la tranquillité du couple présidentiel, de l'image du président.»
Une proximité qui entraîne parfois des frictions, «sous forme de non-dits». Au Monde, Benalla explique: «Moi, j'ai toujours fait les choses, non pas pour ma personne, mais dans l'intérêt du président. Mais il y a des gens qui sont formatés d'une autre façon. On fait le sale boulot. Et on s'expose forcément. Et quand on s'expose face à ce type de personnes, ils vous disent “oui” avec un sourire, mais ils n'oublient pas… Je ne fais pas partie du club. Je le ressens mais je dois en faire abstraction, car la seule chose qui compte c'est que le président soit bien.»

Celui qui n'est pas du sérail juge ainsi qu'il y a des «incohérences» qui sont «complètement incroyables» dans l'organisation de la sécurité présidentielle. «Si demain il y a une cohabitation, vous avez la sécurité qui est sous la main du ministre de l'intérieur», tacle-t-il.

Il n'oublie pas dans ces critiques le Service de la protection (SDLP, commandé par Frédéric Aureal, chef du Service de la protection de la police nationale), qui chapeaute le GSPR. Il explique que le SLDP «n'a pas accès aux déplacements du président de la République, c'est leur rêve; ils nous appellent dix fois par jour pour être dans l'avion avec le président. Ils n'ont qu'un pouvoir de nuisance qu'ils savent mettre en œuvre si vous ne leur donnez pas ce qu'ils veulent, le SDLP.»
Si Benalla n'est pas tendre avec la sécurité présidentielle, c'est aussi qu'il pense qu'il leur doit sa chute. Il estime que la réorganisation en cours de la sécurité du président n'a pas plu à certaines personnes «autour» de Gérard Collomb. «Des politiques et des policiers, précise-t-il. On avait bien avancé [dans le projet], mais on avait en face un ministère de l'Intérieur qui refusait de participer à l'élaboration de cela.»
Sur son logement


Alexandre Benalla confirme avoir fait une demande de logement de «80 mètres carrés», et non 300 mètres carrés comme l’avait prétendu l’Express, attribué le 8 ou 9 juillet "par nécessité absolue de service". Le président Macron et l'intéressé assurent que Benalla n'a jamais occupé l'appartement de luxe du Quai Branly (occupé en son temps par Miterrad, sa maîtresse et leur fille) et pour cause: il était encore en cours de rénovation au moment où éclata le Benallagate.


Sur l'intrusion de Benalla dans le bus des Bleus


Au retour de l’équipe de France, après leur victoire en finale de la Coupe du monde, Alexandre Benalla était présent dans le bus qui a parcouru les Champs-Elysées avant de rejoindre l’Elysée. «J’ai monté les réunions préparatoires mais je n’ai pas donné l’ordre d’accélérer le rythme du bus ! Je suis juste là pour informer l’Elysée s’il y a un problème. Et je ne m’occupe pas des bagages des joueurs !," contrairement à ce qu’avait assuré initialement Christophe Castaner.

Sur les règlements de compte


Il n'est pas exclu que LFI et certains policiers aient monté cette affaire pour se débarrasser de Benalla. Mais, en attendant plus d'éléments, restons-en aux éléments officiels actuels.


Après avoir souligné les nombreuses rivalités entre services de sécurité du Président, le service de la protection de la personne (SDLP), Alexandre Benalla explique : "On a essayé de m’atteindre, de me "tuer", et c’était l’opportunité aussi d’atteindre le président de la République. Les faits, je les assume, je ne suis pas dans la théorie du complot, c’est la réalité. Sur ce qui s’est passé après, je suis beaucoup plus réservé. Il y avait en premier une volonté d’atteindre le président de la République, c’est sûr et certain. Et je suis le maillon faible, je le reconnais. Et en même temps, il y a énormément de gens qui se frottent les mains en se disant "ça y est, on s’est débarrassé de lui, il ne va plus nous emmerder, c’est fini". Les gens qui ont sorti cette information sont d’un niveau important." Il cible ici l’entourage du ministre de l’Intérieur, mais sans désigner Gérard Collomb soi-même.


Sur le 1er mai

Dans l’entretien, Alexandre Benalla assure ne pas avoir demandé à être observateur mais bien d’avoir été "invité", en tant qu’observateur à la manifestation du 1er mai, par le chef d’état-major à la préfecture de police, Laurent Simonin.
Mais, Benalla est contredit par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, qui a affirmé lors de son audition qu’
Alexandre Benalla lui avait demandé son accord pour aller sur la manifestation. "Contrairement à ce que dit le préfet de police de Paris Michel Delpuech", qui a dénoncé mercredi "des dérives individuelles sur fond de copinage malsain". "Je n’ai jamais pris une bière ou mangé au restaurant avec Laurent Simonin", affirme Alexandre Benalla qui a pourtant pu le rencontrer ou avoir recours à un intermédiaire.

Au sujet de son équipement, il détaille : "L’officier de liaison de l’Elysée vient deux jours avant la manifestation avec un sac qu’il me remet, avec un casque, un ceinturon en cuir, un masque à gaz, un brassard police et une cote bleue marquée police et un grade de capitaine dessus. L’équipement reste dans mon bureau. 
Puis, j’ai un kit oreillette et le porte radio. On me procure ensuite des rangers et une radio. Je n’y connais rien, déjà je suis surpris." Benalla a pourtant d'abord appartenu à la "réserve opérationnelle", comme sergent, puis à la "protection citoyenne" (gendarmerie), avec le grade de lieutenant-colonel, à 26 ans. 
Un matériel que n’est pas censé recevoir un observateur et que Michel Delpuech a affirmé ne pas avoir autorisé. Alexandre Benalla précise que c’est UN policier qui lui a ordonné de mettre le brassard.

Sur ses méfaits, il avoue son sentiment de toute puissance : "Ce qui se passe dans ma tête, c’est "si on reste là à rien faire, on va être isolés, et en plus, il faut donner un coup de main, on ne va pas laisser faire des délinquants ", jeter des projectiles sur un CRS, c’est violences volontaires, c’est un délit puni d’emprisonnement, c’est très clair dans ma tête. Et la faute que je commets à ce moment-là, c’est d’y aller. Et de laisser de côté mes fonctions à l’Elysée." Il minimise : "C’est la faute pour laquelle je suis puni ensuite, ce n’est pas parce que j’ai commis un délit, c’est parce que j’ai fait une faute politique, d’image."

Une deuxième vidéo, publiée par Libération, révèle pourtant le sadisme d’Alexandre Benalla envers un manifestant. 

"Il le saisit, le relève, lui donne plusieurs coups, le jette à terre avant de lui adresser un violent coup de pied", comme le décrit le journaliste Ismaël Halissat. Benalla affirme au Monde qu'il ne lui a porté "aucun coup" et ce proche de Macron va même plus loin dans la contre-façon de la vérité : "Je passe ma main gauche sous son aisselle, et la deuxième au niveau de son cou, et j’essaie de le lever pour l’emmener vers le major Mizerski et un autre policier. C’est exactement le même geste que j’ai fait à Emmanuel Macron quand il a pris un œuf au Salon de l’agriculture : il n’a pas déposé plainte pour violence et il n’a eu mal au cou plus que ça le lendemain !" Le montage vidéo ci-dessus oblige à prendre les propos de Benalla avec des pincettes...

Sur Gérard Collomb, otage des services de police

Au retour de la manifestation du 1er mai, Alexandre Benalla explique être entré à la salle de commandant où se trouvait le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb qui n'est pas tout à fait sûr d'avoir jamais croisé l’ex-intime de Macron et qui affirme - sous serment - ne pas connaître ses fonctions. Il avait pourtant donné une accolade Benalla dans cette fameuse salle : "J’ai sans doute salué, comme j’ai salué tout le monde lorsque je suis arrivé dans ce poste de commandement, cette personne. […] Je ne sais pas si c’est votre habitude mais moi j’ai l’habitude d’être urbain», avait rétorqué le ministre d'Etat face aux parlementaires. Benalla et Collomb sont frères en franc-maçonnerie.

Une version contredite par Benalla : "Gérard Collomb est présent, avec le préfet de police de Paris, avec le DOPC Alain Gibelin, le cabinet du ministre et celui du préfet. Je me mets dans un coin. Ils sont en train de faire une présentation à Collomb. Quand il sort, il vient me voir et me serre la main : "Ça va ? Qu’est-ce que tu fais là ?" Et d’enfoncer le clou : "Il sait que je travaille à la présidence de la République. Je peux le croiser deux, trois, quatre fois par semaine sur des déplacements ou quand il vient à la présidence."

Dans cet entretien, Alexandre Benalla n’épargne pas non plus, Alain Gibelin, le directeur de l’ordre public et de la circulation (DOPC). Celui qui a été auditionné lundi par la commission d’enquête de l’Assemblée (et une deuxième fois jeudi 26 juillet par la commission de l’Assemblée), avait assuré être "dans la totale ignorance de la présence de Monsieur Benalla sur le terrain" le 1er mai.
Mais Benalla dément : "Ce n’est pas vrai. On a déjeuné quelques jours avant avec le général Bio-Farina. C’était une réunion de travail à propos des policiers qui font la sécurité autour du palais. A la fin de ce déjeuner, il m’a demandé si je venais toujours le 1er mai et si j’avais reçu l’équipement que je devais recevoir." "Alain Gibelin s’en veut de ne pas avoir prévenu le préfet de police", avance-t-il. "Il y a des gens qui pensent à leur carrière et qui se défaussent", enfonce-t-il.

Il passe un peu vite sur le rôle du général Eric Bio-Farina

Colonel, puis général de brigade depuis le 1er mai 2017, il est commandant militaire de l'Elysée, mais contredit l'Elysée. Il est très clair devant la Commission: mis en cause, tout comme Alexandre Benalla pour son rôle le 1er mai, Vincent Crase, employé de LREM, n'a "absolument pas" été autorisé à accompagner la police en tant qu'observateur lors des manifestations.
Une version qui, comme vous pouvez le voir dans la dernière vidéo ci-dessus, va à l'encontre de celle de l'Elysée. Le 19 juillet, le porte-parole du Palais, Bruno Roger-Petit, expliquait dans une courte allocution que la présence d'Alexandre Benalla place de la Contrescarpe était due à sa qualité d'observateur lors de cette journée... tout comme le gendarme réserviste Vincent Crase.
Même assurance d'Eric Bio-Farina à propos des rapports entre la préfecture de Paris et Alexandre Benalla. D'après le militaire, Alain Gibelin a rencontré le chargé de mission avant le 1er mai, afin notamment de discuter du matériel dont il disposerait. Un témoignage en contradiction flagrante avec le témoignage d'Alain Gibelin la veille, devant la même commission des lois.Au temps de Hollande à l'Elysée, le colonel Bio-Farina s'était déjà impliqué lors de soupçons , de fouilles dans les archives informatiques du cabinet Sarkozy, pendant la campagne présidentielle de 2012: lien PaSiDupes


Sur la vidéo du 1er mai

Vincent Crase et trois hauts gradés de la police soupçonnés d’avoir transmis au conseiller de l’Elysée des images de vidéosurveillance des violences ont été mis en examen. Benalla tente de se justifier : "Je ne l’ai pas demandé. Après la publication de l’article du Monde sur Internet, je reçois un appel vers 22 heures de quelqu’un à la préfecture de police, dont je ne citerai pas le nom : "Alexandre, on a la vidéo du gars et de la fille en train de jeter des projectiles sur les CRS. Est-ce que tu la veux pour te défendre ?" Bien sûr que ça m’intéresse, si on peut prouver que les gens en face ne sont pas de simples passants mais des casseurs. Je ne sais pas d’où viennent ces images. Je suis en train de dîner dans un restaurant près du Palais et quelqu’un vient me donner un CD. Il n’y a rien écrit dessus, ni "préfecture de police", ni "vidéosurveillance". Ce CD, je ne le regarde pas et je le remets à l’Elysée à un conseiller communication.

Bilan provisoire dressé par Macron: 
"On est bien, les gens sont heureux" !...