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mardi 13 octobre 2020

Val-d’Oise : suspectée d’escroquerie à la Sécu, l’adjointe au maire perd ses délégations

La comparution d’Honorine Ngo Djoba ébranle la commune de Saint-Prix, limitrophe d'EaubonneErmont ou Saint-Leu-la-Forêt. 

En attendant la décision du tribunal correctionnel de Pontoise, le conseil municipal envisage le retrait de sa fonction d’adjointe.

Honorine Ngo Djob.LP/DR
Saint-Prix. Honorine Ngo Djob, adjointe au maire, 
chargée des seniors, de la santé et de l'accessibilité 

L'annonce de la comparution d'Honorine Ngo Djob devant le tribunal correctionnel de Pontoise le 30 septembre dernier a ébranlé la commune. Réélue dans la majorité de Céline Villecourt (DLF) après un premier mandat sous Jean-Pierre Enjalbert, la deuxième adjointe chargée des seniors, de la santé et de l'accessibilité, est soupçonnée, avec l'infirmière qui a repris sa patientèle, d'escroquerie à la Sécurité sociale entre 2015 et 2017. Une enquête de la Sûreté départementale a estimé le préjudice à environ 500.000 euros.

Dans cette ville sans histoires, les faits reprochés à Honorine Ngo Djob, cadre de santé à Enghien-les-Bains âgée de 56 ans, ont stupéfait: les élus disent avoir découvert le scandale dans la presse.

Les soupçons portent sur l'activité professionnelle de l'élue

« On est tombés des nues, confirme l'ancien maire (DLF) et désormais conseiller municipal de la majorité Jean-Pierre Enjalbert. L'article décrit une personne à l'opposé de celle qu'on connaît. On n'a jamais senti d'intéressement de sa part. »

Et le médecin, qui lui avait confié la délégation de la petite enfance lors de son dernier mandat, de décrire « une élue irréprochable, présente et empathique envers les gens ». « Elle ne nous a pas prévenus de ses difficultés, c'est la seule chose qu'on peut lui reprocher. Nous ne sommes pas juges. Mais les élus ont un devoir de probité et d'exemplarité », ajoute-t-il.

Contactée, la maire (Debout La France), Céline Villecourt, qui s'était exprimée une première fois à travers un communiqué sur les réseaux sociaux, est sur la même longueur d'onde que son prédécesseur. « Elle a toujours été exemplaire en tant qu'élue et elle a été très présente durant la période de crise sanitaire », confie-t-elle.

Une décision sera prise le 15 octobre

Cette affaire « ne concerne que la vie privée et professionnelle » d'Honorine Ngo Djob, elle « rejaillit sur chacun d'entre nous », déplore l'élue, qui a rapidement décidé d'engager une procédure de retrait des délégations et de signature par arrêté. Elle est gérante de deux sociétés civiles immobilières sur la petite commune.

« On n'est ni juge ni avocat? mais c'était normal de prendre cette décision, poursuit Céline Villecourt. Mon rôle est de continuer à travailler sereinement. Cette procédure va nous permettre de poursuivre collectivement l'action publique que nous menons avec transparence, force et détermination dans l'intérêt des habitants depuis notre élection. »

Le maintien à la fonction d'adjointe d'Honorine Ngo Djob, qui a également dû démissionner de son poste de vice-présidente du CCAS de Saint-Prix, sera quant à lui soumis au vote du prochain conseil municipal le jeudi 15 octobre.

Mais, même privée de ses délégations et de sa fonction, Honorine Ngo Djob, qui conteste les accusations d'escroquerie, pourra continuer de siéger en attendant la décision du tribunal le 13 décembre prochain.  
Elle encourt deux ans d'inéligibilité en plus des deux ans de prison, dont un an avec sursis, des 15 000 € d'amende et de l'interdiction définitive d'exercer la profession d'infirmière requis par la procureure.

jeudi 21 mars 2019

Affaires Benalla: le Sénat saisit aussi la justice des cas de proches de Macron

Les affaires Benalla ne s'essoufflent pas...

Nouveau coup de tonnerre sur Benalla et ses protecteurs

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Hémicycle de la Chambre haute
Le Sénat s'est résolu jeudi à saisir la justice de trois hauts responsables de la présidence, outre le cas de l'ancien collaborateur de l'Elysée, mis en cause dans le rapport accablant de sa commission d'enquête.

Les cas Benalla, Vincent Crase et Patrick Strzoda, directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, sont transmis pour suspicion de faux témoignage devant la Commission d'enquête sénatoriale, un délit passible de cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, ont précisé des membres du bureau.

La Chambre haute a également décidé de transmettre au Parquet les déclarations d'autres collaborateurs d'Emmanuel Macron, dont son bras droit Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, chef du groupe de sécurité de la présidence, selon ces sources. A partir des "incohérences" et "contradictions" relevées par la commission d'enquête, qui a rendu le 20 février un rapport d'enquête accablant, il reviendra au Parquet de voir quelles suites donner.

L'Elysée dans un profond embarras
Le Palais présidentiel n'a pas de commentaire à faire à chaud. "Dès lors que nous souhaiterons faire une réaction, nous vous la communiquerons", a esquivé la présidence, condescendante.

Si le signalement de ces cas à la justice ne vaut pas condamnation, le Sénat émet néanmoins des convictions fortes, que la majorité présidentielle et ses affidés soupçonnent de complot, inspiré du contexte de défiance de l'opinion publique vis-à-vis des politiques et d'un rapport de force provoqué par l'Elysée du fait de sa volonté de réforme institutionnelle visant, plutôt que le très contesté CESE, jugé coûteux bien qu'inutile, la chambre haute présidée par Gérard Larcher (Les Républicains) que Macron menace d'amputation au LBD 40  du nombre de ses membres. 

Engagement rempli de Larcher : "On ne dira que le droit, rien que le droit, tout le droit" 

"L'institution a tenu son rang et son rôle", s'est félicité de son côté le sénateur PS Victorin Lurel, tandis que la sénatrice EELV Esther Benbassa s'enthousiasmait sur Twitter "Vive un Parlement libre et indépendant! " 

Avant cette réunion du Bureau, les sorts de MM. Benalla et Crase semblaient déjà scellés: le président de la commission d'enquête Philippe Bas (LR) et les co-rapporteurs Muriel Jourda (LR) et Jean-Pierre Sueur (PS) lui avaient demandé "de saisir le ministère public" de leurs déclarations sous serment, "susceptibles de donner lieu à des poursuites pour faux témoignage".

Quant aux autres proches de l'Elysée auditionnés, le secrétaire général de l'Elysée Alexis Kohler, le directeur de cabinet Patrick Strzoda, et le chef du groupe de sécurité de la présidence, le général Lionel Lavergneils étaient également nommément mis en cause. Loin de les exonérer de leur devoir de respect des institutions et des élus, leur proximité avec Emmanuel Macron , confère à ces personnalités politiques des obligations particulières qui ne laissent aucune place au parjure.

Le Bureau du Sénat compte 26 membres qui se prononcent à main levée, dont Gérard Larcher: 10 LR, 6 PS, 5 centristes, 2 RDSE (à majorité radicale), 1 LREM, 1 CRCE (à majorité communiste) et 1 Indépendant. 

Les sénateurs ont joué pleinement leur rôle de contrôle, sous le regard des Français.
Les chefs de file des Républicains, Bruno Retailleau, et des socialistes, Patrick Kanner, ancien ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports dans le deuxième gouvernement de Hollande, étaient favorables à ce que le Bureau transmette à la justice, y compris les cas des collaborateurs de l'Elysée.

Les centristes étaient évident foireux.  Vincent Capo-Canellas, membre FED du Bureau et proche de Jean-Christophe Lagarde, invitait à "ne pas instrumentaliser le Sénat pour régler des comptes avec Emmanuel Macron", s'interrogeant : "il peut y avoir des omissions, des inexactitudes, mais est-ce qu'il y a faux-témoignage au sens pénal ?", avait plaidé ce politicien qui ne connaît rien d'autre que le monde politique.

Eric Bocquet, seul représentant du CRCE au Bureau, avait estimé que s'il refusait de transmettre ces dossiers à la justice, "le Sénat se ferait hara-kiri". "Ça voudrait dire derrière conciliabules, copinages".

Le seul précédent de saisine du Parquet pour faux témoignage devant une commission d'enquête parlementaire est récent: en 2016, le pneumologue Michel Aubier - qui avait dirigé l'unité Inserm U700 (1997-2006), comme Yves Lévy, le second mari de la ministre de la Santé de Macron, Agnès Buzyn, qui prétendait se faire reconduire à la tête de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale - avait été condamné pour n'avoir pas déclaré, en 2015, à la Haute Autorité de Santé qu'il était également médecin conseil de l'entreprise Total ainsi qu'avoir témoigné sous serment à la Commission d'enquête sénatoriale sur les impacts financiers et pneumologiques de la pollution de l'air qu'il n'avait aucun lien avec les acteurs économiques du secteur..

Quand "il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark", dans celui de Macron, il y a télescopage de l'actualité.
Mercredi soir, Alexandre Benalla a eu droit à de nouvelles mises en examen concernant d'autres faits de violences en marge de la manifestation parisienne du 1er-Mai et aussi pour l'épisode du selfie le montrant avec une arme. 
Imaginez que l'Elysée lui ait remis une autorisation de port d'un LBD 40... 
LBD à eau, bien sûr !  


jeudi 28 décembre 2017

Discrimination entre chômeurs : "rien de choquant" pour Macron, quand l'opposition s'indigne

Le fêtard du château de Chambord prône la "rigueur"...

Macron se prépare à renforcer le contrôle des inscrits à Pôle Emploi.

Emmanuel Macron a aussitôt réagi depuis son lieu de vacances de Bagnères-de-Bigorre  (Hautes-Pyrénées), où il coule des jours heureux en vacances de neige à La Mongie, à l'indignation suscitée par la suspicion à l'encontre de certains chômeurs et au durcissement des contrôles qui les cibleront, avec la volonté hypocrite de les "responsabiliser". "Il n'y a rien de choquant, a-t-il jugé, le mercredi 27 décembre, avant de se retrancher derrière l'exemple étranger: "C'est ce que font tous les pays qui nous entourent et je crois qu'il y a un fort consensus autour de ça", a justifié le chef de l'État au micro de LCI. Une série d'assertions qui pouvaient donc attendre son retour au travail ?
A noter que les pays voisins qui se situe sous la barre des 7% de chômage sont la République Tchèque où il est estimé à 2,9%, l'Islande (2,8%), Malte (4,2%), la Pologne (4,7%), la Roumanie (5,1%), le Luxembourg (6%) mais surtout le Royaume-Uni (4,2%) et l'Allemagne. Cette dernière affiche l'un des taux les plus bas de l'Union Européenne, avec 3,6% de chômage sur le mois d'août. Mais il faut préciser que ces deux pays pratiquent massivement l'intérim.
La France arrive également derrière la Slovaquie, la Lituanie, dont le taux est évalué à 7,5% et la Belgique, qui présente 7,3% de chômeurs, et qui font partie des nations dont la France veut se rapprocher sur le long-terme.
En vacances dans la station pyrénéennes, le chef de l'État a encore tenté de se justifier en rappelant que "ce sont les engagements de campagne qui sont tenus" et sont censés encourager le retour à l’emploi, la mesure est déjà promise à une  controverse durable… L'exécutif veut multiplier par cinq les effectifs des services de Pôle emploi dédiés à cette traque.

A la tombée de la nuit et sous la neige,
Macron a même trouvé un journaliste pour recueillir sa parole jupitérienne :


Comme un vulgaire député LREM 
(repéré par le député socialiste Arnaud Mouillard), Damien Adam, un cadre de 28 ans au Crédit agricole (SA de banques régionales coopératives et mutualistes) , qui dénonça ceux qui "partent en vacances aux Bahamas grâce à l'assurance chômage",
Paris Normandie du 7/11/2017
Macron assume le lancement de la traque des chômeurs réfractaires au travail. 
"Nous souhaitons que les demandeurs d'emploi se disent que la nation leur fait confiance à condition de respecter les règles", poursuit le néo-député de Seine-Maritime, visiblement très inspiré par le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner. Ce dernier avait déjà jugé à la mi-octobre que "la liberté, ce n'est pas de bénéficier des allocations-chômage pour partir deux ans en vacances". Une sortie qui avait révélé la mentalité du parti présidentiel.
Or, sur un an, il n'a pas baissé de manière significative

"Il y a une indemnisation, mais
il faut s'assurer que chacune et chacun recherche bien l'emploi qui peut être offert, a asséné Emmanuel Macron. Et que lorsque l'emploi correspond à ses compétences, il le prend". "S'il n'y a pas de rigueur, on ne peut pas faire avancer le pays", a-t-il ajouté alors que sa volonté de discrimination était rappelée par le Canard enchaîné  dans son numéro daté du mercredi 27 décembre, à partir d'un document de travail - une note interne du directeur de cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud - qui aurait fuité dans sa boîte aux lettres, sur le durcissement du contrôle des chômeurs.

"Mettre des règles ne veut pas dire qu'il y a une suspicion derrière chacun", estime le président, inquiet de l'impopularité de son projet. Il pense justifier la "rigueur" de ces nouvelles mesures par son s'inscription dans un plan d'ensemble pour l'emploi, lequel prend une tonalité coercitive préoccupante. 

Il va donc distribuer l'argent du contribuable pour la formation des tireurs au flanc !
"On va investir 15 milliards d'euros pour former les Françaises et les Français qui sont au chômage parfois depuis plusieurs années et qui n'arrivent pas à retrouver un emploi", a-t-il soutenu.

Dans un entretien avec le quotidien espagnol El Mundo mercredi, Emmanuel Macron a estimé que
l'assouplissement du Code du travail permettrait d'enregistrer des "résultats significatifs" sur la baisse du chômage", au bout de 18 à 24 mois".

Violence des réactions à l'extrême gauche
Ils nous font le coup tous les (deux) ans  : un marronnier ?
"On a un gouvernement de fainéants qui préfère s'attaquer aux chômeurs" plutôt qu'au chômage, a lancé mercredi 27 décembre sur franceinfo le député La France insoumise (LFI) du Nord, Adrien Quatennens, en réaction aux propos du président Macron qui a affirmé que le contrôle des chômeurs est "normal" et qu'il n'y a "rien de choquant".  
"C'est absurde de vouloir accroître les contrôles sans penser à la relance de l'activité", a ajouté cet ex-conseiller clientèle-entreprises pour EDF à Lille. 
"La réalité du chômage, le gouvernement ne s'y attaque pas", estime Adrien Quatennens. "Le chômage tue directement 14.000 personnes par an en France. La réalité du chômage, c'est des familles qui se paupérisent, des échecs scolaires, des inégalités qui se reconduisent. On a un gouvernement qui laisse croire que la responsabilité première du chômage, c'est celles et ceux qui abusent." Selon le député, "plus de 98% des offres de Pôle emploi trouvent preneur."

Adrien Quatennens estime que le gouvernement "culpabilise les chômeurs" tout en appelant "sans cesse à faire le pari de la confiance dans des politiques libérales comme les ordonnances ou cette politique qui vise à libérer prétendument le capital pour relancer l'activité. Cela ne marche pas." 
Pour le député, "la grande majorité des personnes qui sont en souffrance et en recherche d'emploi, sont en recherche active." Le vrai problème du chômage en France, "c'est un problème de manque d'activité", explique encore Adrien Quatennens. "Il faut créer de l'emploi. C'est absurde de vouloir accroître les contrôles sans penser à la relance de l'activité."

Les syndicats montent au créneau

"L’objectif des équipes de contrôle, ce n’est pas seulement de radier, c’est aussi de remotiver, remettre en selle des demandeurs d’emploi qui perdent pied, souligne Michel Breuvart, cadre du syndicat SNU-FSU de Pôle Emploi. Si les nouveaux contrôles ont la même démarche, ça peut s’entendre. Si la finalité est de radier, on ne sera pas d’accord. Il y a un fantasme autour des offres d’emploi rejetées, alimenté par ces employeurs qui recherchent en vain le mouton à cinq pattes, très qualifié, pas cher et souple sur les horaires. La réalité, c’est que 92% des offres sont des contrats de moins de six mois".


Libération mentionne l'indignation du FN sans le citer

L'Express re-twitte le PS

"Sans surprise", selon l'hebdo, " le Parti socialiste et la France insoumise sont au premier rang de la contestation. Le PS demande au président de la République et au Premier ministre de ne pas laisser à Pierre Gattaz le rôle de conseiller social de l'exécutif" : 


"Le chômeur est un suspect"
"La start-up de l'Élysée est diaboliquement créative en cette fin d'année : elle trie et expulse à tour de bras les migrants et promet pour 2018 de mieux contrôler et mieux punir les chômeurs #Thatcher #Malveillance #indignité", a violemment dénoncé l'amer Benoît Hamon, candidat laminé à la présidentielle, qui a quitté le PS pour fonder son officine, le mouvement Génération.s.


Le PCF dénonce, lui, ce "macronisme" pour qui "le chômeur est un suspect qui doit être étroitement surveillé": promesse de goulag ?  "A en croire E. Macron et le gouvernement, après une 'liberté' donnée au patronat via la casse du code du travail, la réforme sur l'assurance-chômage devait 'rééquilibrer' les choses, avec davantage de 'sécurité' pour les salariés", ironise Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF. 

Du côté de LFI (La France insoumise de Mélenchon), le député de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière - le même qui squattait un logement social de la Ville de Paris - récuse
une manoeuvre pour "rayer" des chômeurs de Pôle emploi et "pouvoir dire après 'regardez, grâce à nous, le chômage a reculé'". "Actuellement, un chômeur sur deux ne touche pas d'indemnités. Par ailleurs, ce que l'on appelle l'indemnité chômage, ce sont des cotisations. Personne n'a rien volé, les gens ont cotisé pour avoir droit à ça", a-t-il assuré ce jeudi sur RTL. A supposé que les bénéficiaires aient effectivement cotisé...

Le Front national dénonce lui aussi cette discrimination. Son porte-parole, Jordan Bardella, rejette une
"suspicion généralisée" sur "des victimes du chômage de masse", plaidant à la place pour "un ciblage des fraudeurs notoires". 

Dans un communiqué, le président des Patriotes, Florian Philippot, dénonce enfin une "tentative de culpabilisation" des chômeurs et "une manoeuvre cynique et populiste du gouvernement qui cherche à monter les petits contre les petits."

Un premier bilan des contrôles effectués par Pôle emploi a été dévoilé début novembre : 86 % des chômeurs inscrits s’acquittaient convenablement de leurs obligations, les 14 % restants ayant été radiés en cours de route: de quoi faire baisser ponctuellement les statistiques du chômage en novembre... Parmi ces derniers, seuls 40 % étaient indemnisés, 23 % relevant du régime de solidarité et 36 % ne touchant rien. D'où la question non traitée du travail au noir. 
Au final, de quoi relativiser un phénomène parfois évoqué en termes fantaisistes.

jeudi 12 octobre 2017

Hulot se donne jusqu'à décembre pour convaincre, ou quitter le gouvernement

Le ministre d'Etat ne se sent ni crédible, ni respecté à sa place

"Je ne veux pas m'exprimer sur NDDL, car je vais encore me faire engueuler"
, se plaint l'ex-animateur télé.

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Hulot craint de se faire  encore "engueuler"
Personnellement défavorable au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le ministre de la Transition écologique pourrait quitter le gouvernement en décembre, date à laquelle les médiateurs nommés par l'exécutif trancheront sur les suites à donner à ce dossier.  Il l'a laissé entendre, ce jeudi matin sur France Inter.

Sa fondation et ses réseaux posent problème 

Questionné sur le sujet de l'aéroport Ayrault à Nantes, sur la zone humide de Notre-Dame-des-Landes,
 Nicolas Hulot a commencé par dire : "Je ne veux pas m'exprimer sur Notre-Dame-Des-Landes car je vais encore me faire engueuler, on va me dire 'tu n'es pas neutre' !". 

Et de poursuivre sur son engagement passé : "On connaît ma position. D'ici fin décembre, j'ai tellement de choses à faire et puis j'assumerai mes responsabilités quand la décision sera prise". 
VOIR et ENTENDRE  la confidence de son ras-le-bol :


"Au jour d'aujourd'hui, je me sens très utile et puis,
en décembre, vous me reposez la question", a suggéré le ministre d'Etat, sourire en coin.

Ce que Léa Salamé n'évoque pas avec le ministre déprimé

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our gérer le dossier Notre-Dame-des-Landes sur six mois, le gouvernement a nommé le 1er juin trois médiateurs reçus à Matignon
par le premier ministre Édouard Philippe et la ministre des Transports Elisabeth Borne,  car Hulot est clairement opposé au projet d'aéroport et convaincu de l'existence "d'autres alternatives".

Parmi les trois médiateurs nommés figure l'ancien commandant de bord chez Air France et ancien directeur du musée de l'Air et de l'Espace du Bourget
Gérard Feldzer. A 73 ans, ce proche de Nicolas Hulot est connu du grand public pour ses nombreuses interventions dans les media en tant que consultant (BFMTV, notamment) pour l'aéronautique et les transports, et qui a été conseiller régional sous l'étiquette EELV.

Michel Badré, ingénieur général des Ponts, des eaux et des forêts, est membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese)
au titre de la protection de la nature et de l'environnement. Il y a été désigné par l'association Humanité et Biodiversité (affiliée à la fédération France nature environnement (FNE), ainsi qu'au comité français de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), et membre du Conseil National du Développement Durable et du Grenelle Environnement, ainsi que du Conseil économique, social et environnemental : la boucle est bouclée), où il occupe les fonctions d'administrateur bénévole.

Anne Boquet, 65 ans, est ancienne préfète de la région Bourgogne
 (hors cadre en 2011...) et inspectrice générale des Finances (avril 2015) en service extraordinaire.

Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait refusé "d'écarter" le résultat de la consultation publique contestée de juin, qui a débouché sur un avis favorable au projet, 
Résultat de recherche d'images pour "Macron a NDDL"
mais, en même temps, le candidat Macron s'était aussi montré ouvert à la modernisation de l'actuel aéroport Nantes-Atlantique. "Aujourd'hui, on ne lancerait pas un projet du type de Notre-Dame-des-Landes", avait-il aussi dit.

samedi 12 août 2017

Après cent jours, une large majorité des Français se dit mécontente de l'action de Macron

Emmanuel Macron ne fait déjà plus que 36% de Français satisfaits de son action

C'est 10% de moins que François Hollande à la même époque,  de cent jours après son élection, 

«Ce que retiennent les Français, c'est qu'ils auront moins d'APL, que le tabac passe à 10 euros, que la CSG va augmenter», estime l'Ifop.selon un nouveau sondage publié vendredi 11 août.

A peine plus d'un Français sur trois (36%) est encore satisfait de l'action d'Emmanuel Macron comme président de la République, selon un sondage Ifop pour Le Figaro.
Son prédécesseur François Hollande réunissait encore 46% de satisfaits.

Près de deux tiers des personnes interrogées (64%) se disent mécontentes du chef de l'Etat.

19% de ses concitoyens se disent "très mécontents", selon cette enquête. Quelques jours après son élection, le 7 mai dernier, 62% des Français se disaient satisfaits d'Emmanuel Macron, selon une précédente enquête de l'Ifop. 
Au premier tour, il n'avait toutefois rassemblé que 24% des suffrages exprimés.

Cent jours après - mardi 15 août 2017 -, la suspicion prévaut dans l'opinion et seules 23% des personnes interrogées veulent croire que les choses sont en train de changer "plutôt en bien" en France, contre 39% d'un avis contraire et 38% pour qui "elles ne changent pas".

Macron déplaît finalement à toutes et tous

Le président provoque des sentiments fortement contrastés, mêlant les motifs de confiance et de rejet chez les mêmes. 
Les Français restent tout aussi dubitatifs sur la tenue des engagements pris par le candidat Macron durant la campagne présidentielle. Si 45% pensent que le chef de l'Etat tient ses engagements, 55% sont d'un avis contraire.

Ainsi 55% des Français croient pouvoir être satisfaits de la toute nouvelle loi de moralisation de la vie publique. Les affaires qui frappent le parti du président n'ont pas encore produit leur effet sur l'opinion qui n'entend parler que des JO de Paris en 2024 et de Rihanna ou de Neymar. 

Mais si la revalorisation de l'allocation adulte handicapé et du minimum vieillesse dès 2018 est la mesure de ce début de quinquennat la plus populiste et la plus plébiscitée (71%), à l'inverse, la moins appréciée (26%) est  la baisse annoncée de l'aide personnalisée au logement (APL) de cinq euros par mois, dont ne bénéficieront plus 2,6 millions de foyers, dont 800.000 étudiants, dès le 1er octobre 2017. L'UNEF a publié une pétition en ligne contre cette économie de 20 milliards d'euros pour les caisses de l'État.


Selon le sondeur, on atteint là les limites de la ligne "en même temps" qui fit le succès d'Emmanuel Macron. 
"Le fil rouge de sa campagne, c'était la transformation du pays à travers un ensemble d'avantages et d'inconvénients. Or, en trois mois, on ne change pas structurellement un pays. Et si une mesure phare du début de quinquennat d'Emmanuel Macron comme le vote de la loi de moralisation de la vie publique, peut faire illusion sur 55% des Français interrogés, elle ne change en rien la réalité de leur vie quotidienne. Ils savent en revanche quel impact aura sur eux le projet de réforme du Code du travail et ils ne sont que 31% à faire confiance en l'avenir avec Macron.

Les Français sont partagés pour faire "plutôt confiance" (44%) au chef de l'Etat que l'inverse pour "réduire la dette et le déficit public"

Sur l'ensemble des autres sujets, ils sont toutefois clairement et majoritairement à ne pas lui faire confiance
pour "lutter efficacement contre le terrorisme" (35% confiance, 50% pas confiance), "faire reculer le chômage" (30%, contre 56%) 
ou "lutter efficacement contre l'immigration clandestine" (23%, contre 60%).

Ce que retiennent les Français, c'est qu'
ils auront moins d'APL, plus de dépense électrique, que le tabac passe à 10 euros, que la CSG va augmenter. Aujourd'hui et maintenant. Ils attendent toujours que la réforme du système du logement soit entreprise "ou que les cotisations baissent demain." Et ce d'autant moins que l'exécutif peine à expliquer la cohérence de son projet.

Jérôme Fourquet, le directeur du pôle opinion de l'Ifop, tire un bilan plutôt alarmant des cent jours d'Emmanuel Macron, qui ne semble plus bénéficier de "la magie de sa campagne". Si on compare sa cote de confiance à celle de ses prédécesseurs, les sujets de préoccupation sont perceptibles. 

mardi 5 mai 2015

La censure constitutionnelle attend la loi renseignement, selon Fillon

Une loi liberticide peut-elle être votée, puis déclarée constitutionnelle et républicaine ?

Fillon croit en un sursaut républicain

Le Conseil constitutionnel ne peut pas laisser passer le projet de loi sur le Renseignement dans son état actuel, assure l'ancien Premier ministre UMP François Fillon mardi.
L'élu de Paris a dit avoir "une réserve" sur "ce qu'on appelle les moyens exceptionnels de renseignement, l'algorithme qui permet de détecter les comportements anormaux?" a-t-il nuancé sur RTL. 

Sera-t-il "utilisé uniquement contre le terrorisme, la prolifération nucléarisé et les atteintes vitales à la sûreté de l'Etat", s'est inquiété de savoir Fillon, à propos de ce texte soumis mardi en première lecture au vote des députés.

"Moi je pense que la rédaction du texte aujourd'hui est trop large", a poursuivi l'ancien chef de gouvernement. 

"Ma conviction, c'est que le Conseil constitutionnel ne peut pas laisser la rédaction telle qu'elle est"

Fillon sera-t-il suivi par les Sages ?
Fillon se décharge de toute responsabilité sur les Sages. "Je suis confiant sur sa décision", "en conséquence, je voterai ce texte, parce que je ne veux pas priver mon pays des moyens de la lutte contre le terrorisme". L'ambiguïté de ce positionnement demanderait des développements...

François Fillon a insisté sur sa détermination à saisir les juges du Palais-Royal avant même que le président François Hollande n'annonce qu'il lui transmettra le projet législatif. Il attend de voir quelle sera la question du chef de l'Etat.

Un homme de gouvernement peut-il constamment s'en remettre aux autres -les Sages et Hollande-  pour toutes les décisions les plus graves et singulièrement les libertés individuelles ? Fillon fait du Hollande avant l'heure, mais alors pourquoi en changer?

Faut-il que l'opposition compte plutôt sur la gauche radicale?
L'extrême gauche exprime une opposition catégorique à ce projet de loi. S'il est vrai que les démocraties occidentales doivent se protéger du terrorisme, qu'il soit d'inspiration islamiste ou révolutionnaire, il convient d'adapter les lois existantes et de les appliquer. Mais les risques de dérive totalitaire consentis par Hollande sont réels. La presse -qui se tient en retrait mais craint en fait pour la pérennité de la protection du secret de ses sources- agit en sous-main contre le projet défendu par un Urvoas sournois et prêt à tout au service du pouvoir socialiste. 
Le changement avec Hollande, c'est que le Parti socialiste est désormais favorable à 
- une suspicion généralisée,
- un fichage large et durable (droit à l'oubli ?),
- la vie privée des internautes contrôlée par une boîte noire,
- un premier ministre seul maître à bord, etc
Cliquer sur l'infographie pour l'agrandir
Mais où est la droite républicaine? 
En misant sur les nécessaires avancées pour la sauvegarde de la démocratie contre les attaques terroristes, ne joue-t-elle pas avec le feu qui menace les libertés, notamment sans contrôle du juge "indépendant", par simple décision administrative, c'est-à-dire du gouvernement, quel qu'il soit, Valls aujourd'hui, mais Marine Le Pen à l'avenir, alors que se profile précisément la menace FN en 2017 ?
L'extrême gauche ne sous-évalue pas le danger. 
La Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, Reporters sans Frontière, le Syndicat de la Magistrature (SM), Le Syndicat des Avocats de France, le Centre d’Études sur la Citoyenneté, l’Information et les Libertés (CECIL), La Quadrature du Net, etc. sont sans ambiguïté hostiles au projet de Valls de placer notre société sous surveillance policière.

VOIR et ENTENDRE
la mise en garde de 
Tristan Nitot, membre du Conseil national du numérique (CNN,  2013-2016) contre la surveillance de masse que Hollande veut mettre en place:


mercredi 30 juillet 2014

Le Parquet fait opposition à l'aménagement de la peine de Jérôme Kerviel

Taubira juge Kerviel éligible à la réinsertion en prison

La ministre s'est-elle convertie à la prison comme voie d'amendement ?
L'ancien trader de la Société Générale, Jérôme Kerviel, espérait pouvoir effectuer le solde de sa peine sous bracelet électronique.
Mais le Parquet d'Evry a décidé de faire appelde la décision du juge d'application des peines qui lui a donné satisfaction mardi, ce n'est pas le cas du parquet qui a décidé de faire appel de cette décision, selon une source judiciaire. Kerviel reste donc en prison. 

L'appel étant suspensif, le trader devra respecter les délais et attendre une nouvelle décision des juges avant de bénéficier d'un assouplissement de peine. 

Me David Koubbi avait anticipé un peu vite le jour où Jérôme Kerviel "sortira dans le cadre d'un aménagement de peine avec un bracelet électronique, avec des heures de sortie qui lui (permettraient) d'aller travailler et de rentrer à son domicile le soir", a expliqué son avocat. Il pourra "travailler dans une société normale", il aura une "activité normale", un "appartement normal". "Il aspire à continuer son combat judiciaire jusqu'à ce que la vérité l'emporte", commente son conseil.

Remises de peine

En mars, Jérôme Kerviel avait été condamné à 5 ans d'emprisonnement dont 3 ferme pour avoir causé une perte de 4,9 milliards d'euros aux clients de la Société générale.
Mais une fois déduite la détention provisoire de 41 jours en 2008, ainsi que les remises de peine automatiques prévues par la loi, la durée prévisible de sa détention n'était plus que de deux ans et quatre mois environ, avec une date de sortie envisageable en septembre 2016. 

En juillet 2015, soit à la moitié de sa peine, la loi l'autorisait à solliciter, comme tout condamné, une libération conditionnelle. Les avocats de Jérôme Kerviel, 37 ans, se sont appuyés sur les dispositions de l'article 723-7 du code de procédure pénale, qui prévoit qu'une mesure d'aménagement de peine "peut être exécutée un an avant" la mi-peine.

Kerviel est incarcéré de Nice à la maison d'arrêt de Fleury Mérogis

Ici, avec Mélenchon
Deux demandes de grâce ont été adressées au président François Hollande. La première signée de Mgr Di Falco, évêque de Gap et d'Embrun et la seconde vient de Roland Agret, président de l'association Action Justice.

Mediapart met en cause le juge d'instruction 
Les zones d'ombres soulevées par l'enquête de Martine Orange dans Mediapart du mois dernier sur les dysfonctionnements de l'institution judiciaire et les révélations de nouveaux témoins, auraient semé un doute et certains réclament une révision du procès.

Bizarrement,
une suspicion sur l'enquête qui vise Nicolas Sarkozy suscite en revanche une levée de boucliers de la profession.