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vendredi 19 juin 2020

Le Conseil constitutionnel censure la loi Avia censurant la haine sur internet

Les députés ont-ils voté n'importe quoi ?... 

Dénonçant "une atteinte à la liberté d’expression", les Sages en ont invalidé les deux mesures phares
 
Jeudi, les Sages ont vidé de sa substance le texte défendu par la députée (LREM) de Paris, Laetitia Avia 
 
La haine serait-elle du côté de la députée LREM ?

Texte «liberticide», «remède pire encore que le mal» pour ses détracteurs et maintenant pour les gardiens de la Contitution, la loi Avia contre la haine en ligne, qui avait été adoptée mi-mai par l’Assemblée nationale, est donc inconstitutionnelle. Saisi par plus de soixante sénateurs Les Républicains, le Conseil constitutionnel, dans une décision rendue publique ce jeudi, a largement censuré le dispositif clé, infligeant un coup d’arrêt à l’ensemble du projet de loi. «Il n’y a quasiment que le titre qui est constitutionnel, a ironisé Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, sur Twitter. Cette censure est un désaveu pour tous ceux qui font profession de bien-pensance et qui ne cessent de faire la morale aux Français». 
 
C’est aussi une «grande victoire» pour la démocratie, avant que de l'être pour les opérateurs de plateformes internet comme Facebook, Twitter ou YouTube: les Sages ont censuré la mesure phare, qui imposait aux «opérateurs de retirer sous 24 heures des contenus à caractère haineux ou sexuel diffusés en ligne». 
Le Conseil a considéré que certaines dispositions pouvaient déjà «inciter les opérateurs de plateforme en ligne à retirer les contenus qui leur sont signalés, qu’ils soient ou non manifestement illicites», et a jugé «particulièrement bref» et exigeant le délai de 24 heures imposé à certains opérateurs, «sous peine de sanction pénale», pour «retirer ou rendre inaccessibles des contenus manifestement illicites en raison de leur caractère haineux ou sexuel».
 
«La liberté d’expression et de communication est d’autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés», a-t-il rappelé. Il considère que «le législateur a porté à la liberté d’expression et de communication une atteinte qui n’est pas adaptée, nécessaire et proportionnée au but poursuivi». 

Le Conseil constitutionnel a également censuré la disposition prévoyant un retrait en une heure pour les contenus terroristes ou pédopornographiques en cas de notification par les autorités publiques. Ces deux censures entraînent mécaniquement celle d’autres articles du texte destinés à accompagner la mise en œuvre de ces obligations de retrait. 

«Une demande forte des victimes» 
Visant à lutter contre la cyber-haine sous toutes ses formes (racisme, antisémitisme, homophobie, etc.) et contre la pédopornographie, le texte avait suscité de nombreuses réserves, notamment du Conseil national du numérique, de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, ou encore de la Quadrature du Net, qui défend les libertés individuelles dans le monde du numérique. La version finalisée avait été votée le 13 mai.
 
Dénonçant une menace pour la liberté d’expression, qui s’ajoutait à la déjà polémique loi contre les «fake news», adoptée fin 2018, ou à «Désinfox coronavirus», cet espace sur le site du gouvernement validant des articles de presse , les élus LR, comme l’extrême gauche et l’extrême droite, s’étaient prononcés contre ce texte au Parlement. Dès le 18 mai, le Conseil constitutionnel avait été saisi.
 
Mais pour Laetitia Avia, députée de Paris, «il ne s’agit pas de renoncer à ce combat». 
«Cette décision du Conseil Constitutionnel doit pouvoir constituer une feuille de route pour améliorer un dispositif que nous savions inédit et donc perfectible», ose même la présidente du bureau exécutif et porte-parole de LREM. La crise sanitaire et l’usage intensifié des réseaux sociaux ont entraîné «une augmentation de 56% des contenus haineux, selon le rapport France Digitale de mai 2020», rappelle-t-elle 

«Alors que, partout dans le monde, des millions de personnes se mobilisent contre les discriminations, cette loi venait répondre à une demande forte des victimes, assure-t-elle dans un communiqué, avouant implicitement son instrumentalisation par les anti-racistes racisés, ensemble, avec les députés de la majorité, le gouvernement et de nombreuses associations, nous nous sommes engagés dans un combat de longue haleine contre les discours de haine sur internet. 

Un combat qu’il faudra poursuivre demain notamment grâce à la création de deux nouvelles instances: l’Observatoire de la haine en ligne et le parquet judiciaire spécialisé. Un combat qu’il faut porter avec exigence et détermination, y compris à l’échelle européenne».
  

lundi 11 mai 2020

Déconfinement: la loi de prolongation de l'état d'urgence sanitaire n'a pas été promulguée à temps

Le "maître des horloges" n'a pas prévu que le Conseil constitutionnel ne travaille pas le dimanche...

La loi de prorogation de l’état d’urgence sanitaire n’a pas été promulguée à temps pour le déconfinement


Contre-temps : le Conseil constitutionnel rendra son avis lundi. 
Défaillant, le gamin de l'Elysée fait appel à la "responsabilité des Français" pour respecter des règles qui n'ont pas force de loi sur la limitation des déplacements et l’utilisation des transports en commun.

Depuis minuit ce lundi, la France s'est libérée après cinquante-cinq jours de confinement strict sur l’ensemble du territoire : elle autorise à nouveau certains déplacements et la réouverture de la plupart des commerces. Mais la reprise de l’activité n'est que partielle et les appels à la prudence se sont multipliés, avec plusieurs craintes: outre le risque d'infection qui perdure, la possibilité d'une seconde vague de contamination.
A ces peurs, les stagiaires prétentieux de l'exécutif ajoutent un raté de taille: la prorogation de  loi d’état d’urgence sanitaire du 10 mai au 10 juillet n’a pas été promulguée à temps.

L'exécutif est encore une fois la risée du monde et sa bavure apporte de l'eau au moulin de ses opposants politiques qui ne s'attendaient pas à autant de négligence prolongée - elle aussi - en quatrième année d'exercice du pouvoir: Macron n'a pas laissé le temps au conseil constitutionnel de valider sa loi d’extension de l'état d’urgence sanitaire. Dans un communiqué commun, l’Elysée et Matignon expliquent que le Conseil constitutionnel, saisi par Macron notamment, ne rendra finalement son avis que lundi sur cette loi d’urgence adoptée samedi par le Parlement. Sous réserve de cet aval, l’entrée en vigueur de deux dispositions phares est repoussé à lundi soir : la limitation des déplacements à 100 km et l’attestation obligatoire dans les transports en commun.

Même un "cerveau reptilien" de macronien peut entrevoir l'engagement de sa responsabilité et le risque de poursuites pénales

De nombreux citoyens de bonne foi pourraient parcourir des centaines de kilomètres et l’exécutif fait piteusement appel "au sens de la responsabilité des Français", et rappelle qu'il était "en tout état de cause prévu que les nouvelles mesures devaient faire l’objet d’une période de tolérance"... Selon le projet de loi voté par le Parlement et entrant en vigueur à 00h00 ce lundi matin, le défaut de présentation de l’attestation d’employeur demandée pour emprunter les transports en commun d’Ile-de-France entre 6 h 30 et 9 h 30 et entre 16 heures et 19 heures ne devait ainsi être verbalisé qu’à partir de mercredi. 
Macron apprend la tolérance, mais la marche est longue: pas d'amendes avant mercredi. Ce délai est-il prorogé jusqu'à jeudi ?

Les autres mesures du déconfinement vont entrer en vigueur dès lundi matin 
"Compte tenu de ces circonstances exceptionnelles", un décret temporaire a été publié au Journal officiel de lundi pour les faire appliquer à effet immédiat. Il s’agit de la fin des limitations des sorties du domicile, obligation du port du masque dans les transports en commun, réouverture des commerces à condition du respect des gestes barrières et de la distanciation et limitation à 10 personnes des rassemblements dans les lieux publics. 

"Sens des responsabilités" des Français à défaut d'efficience du pouvoir

Brigitte Macron apparaît le bras en écharpe après une mauvaise ...
La retraitée se casse un bras, mais Macron ne se foule pas
A défaut de masques de protection disponibles, le confinement d’une bonne partie de la population a porté ses fruits, avec un bilan quotidien des décès retombé dimanche soir à 70 morts, le plus bas niveau depuis la mise en cinquantaine du pays, le 17 mars. Pour l'heure, le bilan total s’élève toutefois à au moins 26.380 décès, et les principaux responsables ont multiplié les appels à la prudence et à la patience. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a ainsi averti sur TF1 : "Nous n’en avons pas terminé avec le virus. Nous allégeons les conditions du confinement mais la vie ne peut pas reprendre comme elle était auparavant".

L’apparition de trois nouveaux foyers en Nouvelle-Aquitaine et en Vendée appelle à rester vigilants. Ces nouveaux foyers d'infection se situent en effet en zones classées en "vert", ce qui incite plus que jamais à la prudence. L’un d’eux a été identifié dans un collège, où des personnels s’étaient réunis pour préparer la rentrée, et un autre dans une entreprise. Certains y voient deux "fake news" officielles - matière à "desinfox coronavirus" (si le palais de l'Elysée n'avait pas été contraint de fermer sa page attentatoire aux libertés) - visant à responsabiliser les Français à la veille du déconfinement de deux secteurs précisément ré-ouverts le 11 mai, écoles et entreprises.  "Dans ces zones dites vertes, il faut considérer que le virus est là. Il est en embuscade, il circule", a alerté dimanche le professeur Anne-Claude Crémieux, une infectiologue (hôpital Saint-Louis à Paris), qui poursuit sur sa ligne : "Minimiser pour rassurer rompt la confiance avec le citoyen", insistait-elle le 9 mai. "Et l’absence de traitement ou de vaccin incite à la vigilance : "Malheureusement, l’évolution de l’épidémie est extrêmement incertaine à ce jour et c’est l’avenir qui nous permettra de trancher", a-t-elle insisté, participant à la montée de l'anxiété dans la population.

Les enseignants préparent la reprise en présenciel 

Sur l’autre dossier sensible, les écoles, la journée de lundi doit permettre  aux professeurs une pré-reprise des cours en présence physique d' élèves attendus à partir de mardi, voire plus tard selon les communes, avec des règles sanitaires drastiques - pour rassurer les parents et contenter Blanquer - mais qui resteront largement théoriques.

"85 % des écoles sont prévues pour rouvrir lundi, ce qui ne veut pas dire 85% des élèves (…) Un million d’enfants vont ["va": le ministre de la Santé parle beaucoup et parfois le français] retrouver le chemin de l’école, les conditions sanitaires sont réunies", a assuré Olivier Véran
Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer souhaite en effet que tous les enfants aient pu retrouver "au moins une fois" leur école d’ici à fin mai, déclare-t-il dans un entretien avec le Journal du dimanche.

Port du masque obligatoire et inquiétudes persistantes

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Le bouffon du gouvernement ne respecte rien : ni port du masque, ni distanciation !
On recherche un "illettré" pour lui décrypter le texte d'urgence sanitaire ?
Lundi, le masque devient la clé obligatoire d'accès aux transports publics. 
A partir de lundi, l’Etat mettra "10 millions de masques à disposition des opérateurs de transport", destinés aux usagers, dont 4,4 millions pour la région Ile-de-France, promet Christophe Castaner. 

Les Français qui s’apprêtent à reprendre le travail lundi expriment leurs craintes.
53 % disent avoir personnellement davantage peur pour leur santé ou celle de leurs proches que des conséquences économiques de la crise, selon un sondage Ifop.

lundi 4 mai 2020

Déconfinement: les sénateurs LR saisiront le Conseil constitutionnel

Les sénateurs Les Républicains sont préoccupés par un possible vote des pleins pouvoirs 

Ils soulèveront aussi la question de la responsabilité des élus et des garanties contre des dérives autoritaires

Le Conseil constitutionnel "sera saisi" sur le projet de loi prorogeant l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 24 juillet et organisant le déconfinement, qui sera examiné lundi au Sénat, "au terme de la procédure législative, soit par 60 sénateurs, soit par le président du Sénat, Gérard Larcher", affirme Bruno Retailleau.

Le président de la République n'a pas tenu ses "engagements" sur la responsabilité des élus, ajoute Bruno Retailleau pour expliquer cette saisine du Conseil. "Lors d'une réunion, le 21 avril, Emmanuel Macron s'était engagé auprès de Gérard Larcher à traiter la question de la responsabilité des élus locaux. Or elle est absente du texte", fait-il valoir.

Le protocole pour les écoles? "Une usine à gaz"

L'épais protocole sanitaire de 63 pages prévu pour les écoles "est une défausse. C'est une usine à gaz hors sol. (...) Ces règles sont autant de potentielles mises en cause de la responsabilité pénale d'un élu", selon lui.

Gérard Larcher "pourrait" saisir le Conseil constitutionnel, Retailleau précisant que les sénateurs LR allaient d'abord amender le texte sur la responsabilité des élus.
Le sénateurs LR proposeront ainsi "trois modifications" de l'article 6 sur le suivi des malades: la création d'une "instance de contrôle", le refus de légiférer par ordonnances, et la possibilité, "pour les tiers ayant possiblement été contaminés par d'autres alors que ce serait faux", de refuser d'être inscrits au fichier de suivi des malades. 

Des "failles de sécurité béantes"

Le sénateur de Vendée a détecté des "failles de sécurité béantes" dans le système d'information des malades "sans anonymisation", sans "aucune instance de contrôle, ni pour la collecte des données, ni pour leur destruction ensuite", jugeant l'application numérique StopCovid "plus protecteur que ce qu'on nous propose aujourd'hui".

Bruno Retailleau indique en outre que le groupe LR, majoritaire au Sénat, s'abstiendra, comme la majorité des députés LR, sur la stratégie de déconfinement présentée aussi lundi au Sénat par le Premier ministre (avant l'examen du projet de loi) "parce que nous ne voulons pas voter contre le principe du déconfinement mais que nous avons des doutes sur les conditions de sa réussite".

"Le chef du gouvernement construit sa stratégie comme on fait un pari, en croisant les doigts pour que ça ne tourne pas à la catastrophe", alors qu'il "aurait au contraire fallu créer les conditions pour casser la chaîne de contamination", "généraliser les masques, massifier les tests, tracer et isoler" et "former plus tôt" les brigades du déconfinement, développe-t-il.

dimanche 22 décembre 2019

Démagogie: Macron renonce à la plus faible de ses retraites

Macron renonce à sa future retraite  - à 45 ans - de président de la République

Pas de volonté d'affichage, assure l'Elysée, il fallait le préciser, en effet

Monsieur de Rugy renonce au homard pour Noël
Les gens qui nous gouvernent nous prennent toujours pour des billes !
C'est encore depuis l'étranger, la Côte d'Ivoire, que Macron tente de nous rouler dans la farine de manioc ivoirien. En visite aux armées "colonialistes", selon nombre de nos amis africains, Macron a annoncé ce samedi soir qu'il renonce à sa future retraite de président de la République. Son cadeau de Noël aux Français, cohérence avec son projet de réforme des retraites et exemplarité de retraité quadragénaire obligeant - après deux années et demi de mobilisation sociale ininterrompues (actions des Gilets Jaunes suivies de grèves syndicales nationales) -, n'était pas prévu dans ses engagements de campagne... 

Il y a droit depuis la loi de 1955, fait valoir l'Elysée.
"Il ne percevra pas cette [pension de ] retraite prévue à la fin de son mandat  - à 45 ans - par la loi, car il estime que cette loi de circonstance a vocation à être normalisée. Il ne se l'appliquera donc pas. Il ne liquidera pas non plus cette somme lorsqu'il prendra sa retraite [plus tôt que les actuels cheminots de la SNCF et agents de la RATP, à respectivement 53 ou 50 ans, contre 64 pour "les gens qui ne sont rien et soumis à l'"âge pivot" annoncé]. Nous sommes dans une ère où les élus doivent être exemplaires", a commenté un conseiller anonymé du président.

Macron aurait été le premier depuis 2007 à continuer à s'y accrocher.
Sarkozy et Hollande, avant lui, ont eu la pudeur de ne pas l'empocher. 
Le président est le seul à disposer d'un régime spécifique. Selon l'article 19 de cette loi de 1955, dès leur départ de l'Elysée, les anciens chefs de l'Etat reçoivent à vie une dotation équivalente au salaire d'un conseiller d'Etat, soit 6.220 euros brut par mois. La somme n'est soumise à aucune condition d'âge ni durée de mandat, ni plafond de revenus. Est-elle imposable comme une retraite normale de "fainéants, cyniques, les extrêmes" ?
Avant même d'avoir atteint, en  l'âge de la retraite des "gens qui ne sont rien" et sans compter ses années de retraite comme le commun des mortels, Macron nous aurait coûté 1.492.800 euros.

Un nouveau mécanisme va cependant être mis en place !

Macron - et tous les chefs d'Etat après lui - seront en conformité avec le régime universel par points. Il aura assez pour vivre (plus que dignement) sans sa pension mensuelle. 
"C'est une opération de communication," ont fustigé certains députés dimanche 22 décembre."Emmanuel Macron est pitoyable". Il est surtout cynique.
Le Parti communiste raille cette annonce populiste. "C'est un luxe que tout le monde ne peut pas se payer", souligne Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

"C'est insupportable :
il n'y a que les grands seigneurs, les très riches, les importants qui peuvent se permettre ce genre de libéralités", a dénoncé le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon sur BFMTV.

"Il a les moyens de se passer d'une retraite de 6.000 euros
, mais la plupart des gens n'ont pas ces moyens, personnellement je ne les ai pas (...) "Qu'est-ce que ça veut dire ? Je renonce à ma retraite et donc vous aussi vous pourriez y renoncer", a-t-il ajouté, dénonçant la "démagogie" du président.

"Vous qui aurez des retraites de misère, de quoi vous vous plaignez ?
Suivez l'exemple du roi ! (Qui lui a plein de points dans sa besace grâce à la banque Rothschild !)", a ajouté l'eurodéputée LFI Manon Aubry sur Twitter.

Macron a ajouté qu'il ne siégera pas au Conseil constitutionnel à l'issue de son mandat. Rien de nouveau non plus sous le soleil républicain. C'est déjà le cas pour les anciens présidents Sarkozy et Hollande qui, avant lui, ont renoncé, de fait, à l'indemnité de 13.500 euros mensuels versés par le contribuable. Sans aucune pression, quant à eux, de la rue...

lundi 15 avril 2019

Macron ne fera qu'anticiper le dégel des pensions imposé par le Conseil constitutionnel dès 2020

Les pleutres de LREM continuent d'attribuer à Macron le mérite de la ré-indexation pour quelques-uns

Le Conseil constitutionnel a censuré la poursuite de la désindexation de certaines prestations sociales au-delà de 2019

Pouvoir d’achat : les retraités se sentent oubliés, non sans raison
Les Sages ont obligé le gouvernement à revenir sur le sujet mal géré de la désindexation de certaines prestations, singulièrement les pensions de retraites, dissociées du coût de la vie, pour faire financer le "trou de la sécu" par les retraités, dont on ne cesse de dire qu'ils sont tous des nantis, bien qu'autant que possible, ils doivent aider leurs enfants et petits-enfants, chômeurs ou précaires et gardes d'enfants bénévoles, silencieux et dignes. 

Le Conseil constitutionnel a censuré ce qui pouvait l'être : le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) qui devait s'appliquer en 2018-2019 et 2020 ne s'appliquera pas à 2020, contre la volonté de Macron.

La rouerie du président consiste dès lors à faire passer ce désaveu du Conseil constitutionnel pour un cadeau, le signe d'une bonne écoute des plus démunis et de sa bonne volonté, éléments de langage des véhicules macroniens de l'Assemblée dans le paysage médiatique.
Saisis par des parlementaires de gauche, comme de droite, les Sages avaient validé la quasi-totalité des dispositions du budget de la 'Sécu' que Marisol Touraine disait pourtant avoir équilibré. Ils avaient ainsi estimé que la revalorisation de seulement 0,3 % de certaines prestations (pensions de retraites mais aussi allocations familiales ou aides au logement) "ne méconnaît aucune exigence constitutionnelle".

Dans le même temps, les garants du respect de la Constitution a toutefois jugé que le PLFSS ne peut pas décider de ce quasi-gel pour "2019 et 2020" comme le stipulait le texte voté par les députés de la majorité présidentielle LREM. Autrement dit, et comme prévu, la hausse est bien encore de 0,3 % en 2019. Mais en supprimant "et 2020", la décision rendue vendredi 21 décembre 2018 fait tomber l’extension automatique de la mesure pour l’année budgétaire suivante.

La prolongation de la désindexation est repoussée.

La prolongation initialement prévue n’avait pas sa place dans un texte qui fixe le budget pour 2019, a fait valoir le Conseil constitutionnel. "L’année 2020 n’est pas couverte par la loi de financement" 2019 et le gel ne revêt pas non plus "un caractère permanent" qui aurait permis de l’y insérer, relève le conseil pour expliquer sa décision de rejeter la prolongation que le gouvernement souhaitait faire passer sournoisement, avec la complicité de ses députés-godillots.

Sur le fond, la suppression de la mention "et 2020" n'a rien changé pour 2019. C’est "sans effet financier immédiat", se félicita Gérald Darmanin. Les pensions de retraites seront effectivement revalorisées de 0,3 % seulement en 2020, alors que le gouvernement lui-même prévoit une inflation tournant autour de 1,7 %... La différence doit permettre à l’Etat un gain d’environ 1,8 milliard d’euros.

En revanche, s’il entend poursuivre ce quasi-gel l’année suivante, le gouvernement devra réintroduire une mesure similaire à l’automne 2019, dans le budget 2020 de la 'Sécu'. C’est ce qu’a promis Bercy sous la contrainte du Conseil constitutionnel, assurant que "ces dispositions ont vocation à être à nouveau soumises au Parlement dans le cadre des textes financiers pour 2020". Ce que le gouvernement souhaitait éviter.

Un nouveau débat à prévoir, si Macron s'entête encore après 22 samedis du mouvement des Gilets jaunes pour l'équité fiscale.
Cette nécessité de revenir débattre avec les députés et surtout les sénateurs est évidemment une épine dans le talon de Macron. La sous-indexation avait en effet été l’un de sujets concentrant les plus de critiques, au Parlement comme dans l’opinion. La représenter pourrait s’avérer compliqué pour l’exécutif fort peu désireux de raviver la colère sociale autour de l’épineuse question du pouvoir d’achat. Ce soir, Macron devra choisir entre recul et intox.

Les oppositions - y compris chez  LREM - sont confortées par les Sages.
Elles promettent de se mobiliser si le débat revenait à l'automne. Se félicitant d’avoir évité "une nouvelle ponction, en 2020, sur le pouvoir d’achat des retraités et des familles", le groupe LR de l’Assemblée appelle ainsi "solennellement le Gouvernement à ne pas re-proposer cette mesure injuste".

Les députés socialistes se réjouissent de la décision des Sages qui va donner "une nouvelle occasion de défendre le principe de revalorisation des retraites avec l’inflation," soulignant l’importance de l’effort demandé aux retraités  : "la hausse de la CSG cumulée à la quasi non-revalorisation des pensions signifie une perte de pouvoir d’achat en 2019 équivalente à quasiment un demi mois de pension." 
Les retraités doivent s'attendre à la fonte de leur pouvoir d'achat en moyenne de 200 euros en 2019, puis de 400 euros en 2020. 600 euros sur deux ans...
En tout état de cause,
en ré-indexant les retraites sur l'inflation, Macron se désavouera
.

dimanche 14 avril 2019

Acte XXII des Gilets jaunes : la loi anticasseurs "n'a pas marché" samedi, déplore Laurent Wauquiez

Macron a-t-il su appliquer la  loi anti-casseurs ?

Macron a commis une erreur en déférant la loi devant le Conseil constitutionnel : il a provoqué la suppression de l'article 3 de la loi

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Cet article aurait permis à Macron d'interdire certains individus de manifestation, explique le président des Républicains. 
Promulguée jeudi dernier et pour la première fois en vigueur samedi, pour l'Acte XXII des Gilets jaunes, la loi anticasseurs "n'a pas marché", a déploré dimanche le président du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez, fustigeant "un échec majeur de l'autorité". "On est juste au 22ème week-end de mobilisation des gilets jaunes, et vous avez à nouveau ces images de casseurs, de gens qui détruisent du mobilier urbain, qui brûlent des voitures et qui s'attaquent aux forces de l'ordre", a affirmé Laurent Wauquiez, invité de BFMTV.

Une loi "vidée de sa substance"
"Ce qu'on a constaté ce samedi, c'est que la loi sur les casseurs, ça n'a pas marché. Pourquoi? Parce qu'elle a été vidée de sa substance par la censure du Conseil constitutionnel", a-t-il estimé, mettant en cause le "président de la République qui lui-même a affaibli la loi en la déférant au Conseil constitutionnel".
Adoptée le 12 mars en réponse aux violences lors des mobilisations des Gilets jaunes, la loi anticasseurs crée notamment un délit de dissimulation volontaire de "tout ou partie" du visage, passible d'un an d'emprisonnement et de 15.000 euros d'amende. 
Or, son article 3, qui permettait aux préfets de prononcer des interdictions administratives de manifester, a été censuré par le Conseil Constitutionnel. "On assiste à un échec majeur de l'autorité", a regretté le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Selon l'ancien ministre, le gouvernement "n'a pas pris la mesure assez tôt et porte la responsabilité de ce qui s'est passé samedi."

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Selon un dernier bilan fourni par la préfecture de police, 35 personnes ont été interpellées samedi à Paris lors de la manifestation des Gilets jaunes. 
A Toulouse, qui était le principal lieu de rassemblement le 13 avril et où ont convergé plusieurs milliers de personnes dans le centre-ville, sont à déplorer 21 blessés et 45 interpellations. Les forces de l'ordre ont eu affaire à des activistes de l'extrême gauche du black bloc, des groupes de "casseurs organisés", encagoulés et masqués, en dépit de la loi.

jeudi 4 avril 2019

Loi anticasseurs : le Conseil constitutionnel rejette l’article le plus critiqué

Les Sages censurent l'article permettant les interdictions administratives de manifester

L’article 3 aurait permis aux préfets d’interdire aux manifestants représentant "une menace d’une particulière gravité" de manifester pendant un mois.

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C’était un moyen pour les gouvernements d'empêcher les débordements et violences lors de certaines manifestations. Votée le 12 mars par le Parlement, la proposition de loi dite 'anticasseurs' a ainsi été partiellement censurée par le Conseil constitutionnel, jeudi 4 avril.
Le plus décrié de ce texte dont la base est issue de l’opposition sénatoriale, c'est l’article 3 que la majorité macronienne a fait sienne après amendement par les députés, qui est censuré par les gardiens de la Constitution. Ils estiment qu’il porte atteinte au "droit d’expression collective des idées et des opinions". Par cette disposition, le législateur permettait à l’autorité administrative, en l’occurrence les préfets, de prononcer des interdictions de manifester sur tout le territoire national pendant un mois à l’encontre d’individus représentant "une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public", sous peine de six mois d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende en cas d’infraction.
Alors que de nombreuses voix s’étaient élevées contre cette disposition jugée liberticide, y compris jusque dans les rangs des députés de la majorité La République en marche (LRM), le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, et le gouvernement l’avaient maintenu au nom de la nécessité de moyens nouveaux de maintien de l’ordre. C’est donc un camouflet que leur inflige l’institution présidée par le socialiste Laurent Fabius.

Comment combattre les groupes et individus violents


Pour juger cet article 3 contraire à l’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 sur la liberté d’expression, le collège constitutionnel estime que les conditions permettant de justifier une interdiction de manifester sont beaucoup trop floues. L’article en question prévoit que l’interdiction peut résulter soit d’un "acte violent", soit d’"agissements" commis à l’occasion de manifestations au cours desquelles ont eu lieu des atteintes graves à l’intégrité physique des personnes ou des dommages importants aux biens.

"Ainsi, le législateur n’a pas imposé que le comportement en cause présente nécessairement un lien avec les atteintes graves à l’intégrité physique ou les dommages importants aux biens ayant eu lieu à l’occasion de cette manifestation", lit-on dans la décision. Finalement, "les dispositions contestées laissent à l’autorité administrative une latitude excessive dans l’appréciation des motifs susceptibles de justifier l’interdiction."
La censure du Conseil constitutionnel vient donner raison aux craintes exprimées par certains. Le risque d’inconstitutionnalité de l’article 3 avait été au cœur des arguments de la poignée de députés macroniens qui s’étaient abstenus sur ce texte. La décision de l’institution de la rue Montpensier vient donc donner raison aux critiques des défenseurs du droit de manifester quoi qu'il en coûte à l'ordre public et à la société.
Certains s’attendaient davantage à une censure de l’article 6, sur la dissimulation de visage, que de l'article 3 qu’ils avaient, par certains aspects, affaibli par rapport à la version originelle, mais par d’autres durci. Les députés LREM avaient notamment ajouté la disposition permettant au juge administratif de prononcer une interdiction de manifester sur l’ensemble du territoire et pour une durée d’un mois. Lors de la deuxième lecture, les sénateurs avaient voté "conforme" le texte, c’est-à-dire sans le modifier, tout en émettant de grandes réserves sur la constitutionnalité de cette dernière mesure.

En revanche, le Conseil constitutionnel a donné son feu vert aux trois autres articles qui étaient contestés :
l’article 2 permettant à la police judiciaire de procéder à des fouilles de bagages et de voitures en amont d’une manifestation est validé ;
l’article 6, qui punit d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende le fait de se dissimuler, même partiellement, le visage lors d’une manifestation réussit son examen de passage constitutionnel ;
l’article 8, qui introduisait dans le panel des mesures qu’un juge peut imposer à une personne placée sous contrôle judiciaire l’obligation de ne pas participer à des manifestations sur la voie publique, a été jugé suffisamment bien encadré pour ne pas violer le principe constitutionnel par les 'Sages'.

Ce texte de loi avait fait l’objet de trois saisines du Conseil constitutionnel par le président de la République, soixante députés et soixante sénateurs. Expurgée de son article 3, la loi devrait être promulguée dans les prochains jours. 

Les Sages donnent raison aux manifestants

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Parmi les députés LREM qui n’ont pas voté le texte, l'ex-socialiste Aurélien Taché, le premier à annoncer qu’il s’abstiendrait, confie au Monde être "soulagé " : "Nos craintes étaient fondées et heureusement que le président de la République était là pour les entendre."
"Les 50 abstentionnistes de la majorité avaient raison. Après les APL, la CSG, et avant les 80 km/h et l’ISF. La majorité doit plus écouter sa diversité et ses alertes", a prévenu sur Twitter le député LREM du Vaucluse Jean-François Cesarini. L’ancien député LREM Matthieu Orphelin, qui avait claqué la porte du groupe au lendemain du vote de la loi, a jugé cette décision du Conseil constitutionnel «"riche d’enseignements".



Dans l’opposition, le député UDI Charles de Courson, qui avait comparé cet article au régime de Vichy, se 3félicite que le Conseil constitutionnel, traditionnel défenseur des libertés publiques, ait censuré cet article contraire à tous les principes républicains".
Pour Eric Ciotti, député LR qui avait, lui, voté en faveur de cette loi, "en supprimant l’interdiction de manifester le Conseil constitutionnel vide de sa substance la loi anticasseurs qui se retrouve décapitée".