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mercredi 28 août 2019

Volte-face de Macron sur les retraites

Ce revirement était-il un engagement de campagne ?...

Si Bolsonaro est un "menteur" sur le Mercosur,
sur les retraites, Macron, c'est quoi ?


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Si Macron dessine ici la courbe ascendante des pensions de retraite,
c'est une escroquerie
"Maintenir l'âge de départ à la retraite: Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite [62 ans], ni au niveau des pensions," promettait le candidat dans son chapitre sur le "Protection sociale".
Une fois président, Macron renonce à l'âge pivot de 64 ans pour un départ à la retraite sans décote. Il a finalement opté pour un âge individualisé et une durée de cotisation minimale. On s'en doute, ça ne cache rien de bon : outre le mensonge, où est l'entourloupe ? 

Lundi soirMacron a livré sa préférence, pour l'heure, sur le projet de refonte du système des retraites, pour un calcul des droits à la retraite lié à la durée de cotisation plutôt qu'à l'âge de départ. La référence à l'âge de départ, c'était clair et juste pour tous, mais avec le nombre d'annuités, on verse dans l'aléatoire et l'inéquité.  Pour "que ce soit juste en termes de cotisations (...), je préfère qu'on trouve un accord sur la durée de cotisation plutôt que sur l'âge", a plaidé le président sur France 2, "car si vous avez un accord sur la durée, si vous commencez plus tard, vous finissez plus tard, et quand vous commencez plus tôt, vous partez plus tôt", a-t-il expliqué, sans crainte de pénaliser les temps d'études et le niveau de formation des Français ainsi incités à entrer le plus tôt possible dans la vie professionnelle, ni de défavoriser les femmes qui souhaitent avoir des enfants. 

Un nouveau revirement du chef de l'Etat
Et le maître d'oeuvre de ce changement de cap pourrait être  le Haut-commissaire Jean-Paul Delevoye, qui a rendu ses propositions et dont le nom circule pour porter ce dossier sensible au gouvernement. Il a quant à lui recommandé un "taux plein" à l'âge "pivot" de 64 ans... assorti d'une décote et d'une surcote. Quand viendra la fin de "vie active", les mères de famille qui auront fait des études longues et pris plusieurs congés de maternité seront plus précarisées que l'artisan plombier. 

Deux années de plus officialisées
"Actuellement, l'âge de départ à la retraite légal et minimum est de 62 ans. La préconisation de Jean-Paul Delevoye est de mettre en place un âge 'pivot' à 64 ans, parce que c'est l'âge d'équilibre du régime qui assure que les recettes couvrent bien les dépenses", actuellement, explique l'économiste Philippe Crevel. Qu'en sera-t-il quand, d'ici 20 ans, le système sera parfaitement en place ?

Les personnes qui souhaitent partir à 62 ans le pourraient (!), mais elles seraient frappées d'un "malus" et d'une décote, équivalent à une baisse de 5 % de leur retraite. A l'inverse, pour les personnes qui partiraient plus tard, celles-ci bénéficieraient d'une surcote, sorte de bonus de 5 %. Un moyen "d'inciter les gens à retarder leur départ", commente l'économiste. Si, à 64 ans, le permettent leur situation financière et leur santé...
La durée de cotisation serait en effet moins efficace pour l'équilibre du régime général. 

L'ex-banquier reste un comptable
Cet âge pivot pose un problème majeur, explique le directeur de l'Institut des politiques publiques (IPP), Antoine Bozio, dont les réflexions ont inspiré les partisans de la mise en place d'un système universel par points en France. "Cela revient à mettre tous les salariés au même niveau, sans prendre en compte l'âge où chacun à commencer à travailler. C'est très surprenant". 

Pour bénéficier d'une retraite à taux plein, il faut actuellement, avoir cotisé environ 41,5 ans. Cette durée est amenée à s'allonger, puisqu'elle va être relevée d'un trimestre tous les trois ans dès 2020. Dans seulement quinze ans, en 2035, il faudra aux enfants qui entrent en 6e en 2019 avoir cotisé environ 43 ans selon ce que prévoit la loi Touraine de 2014. 

Si, comme Philippe Crevel, on tient à positiver, on considère que "l'avantage, avec ce moyen de calcul, c'est que ceux qui ont commencé à travailler à 18 ans partiront à la retraite plus tôt que ceux qui ont commencé à 25, puisqu'ils auront cotisé pendant assez d'années". Ceux qui sont entrés plus tard dans la vie professionnelle sont-ils des "fainéants" qu'il fallait sanctionner? Sans doute appartiennent-ils à la catégorie des Français à qui Macron lança : "Je ne céderai rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes" ?

"En revanche, c'est une formule qui est moins avantageuse [sic] pour les cadres, par exemple, qui ont fait de plus longues études et vont donc devoir partir à la retraite plus vieux." Ce Crevel, directeur du Cercle de l’Epargne, qui clamait en 2018, qu'il ne faut pas faire de catastrophisme", malgré une quatrième hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis et un ralentissement de la croissance, continue de négliger le pouvoir d'achat des Français. Selon lui, ce qui compte, c'est l'état des finances publiques et que ce calcul aurait moins d'effets sur l'équilibre financier, parce qu'il ne concerne pas tout le monde au même moment : "L'âge est un paramètre plus efficace que la durée de cotisation pour l'équilibre du régime", insiste-t-il, assumant ces inégalités annoncées. 
Retraités : faibles revenus mais gros patrimoines
Tout reste sur la table

"L'annonce d'Emmanuel Macron lundi soir n'est dans tous les cas pas très claire," admet Antoine Bozio. "Le président dit : 'Faisons un système individualisé', mais on ne sait pas encore sur quelles bases [...]. Comment va être faite cette individualisation ? Sur la durée des cotisations ? Tout reste encore à définir." Et l'article 49.3 n'est pas fait pour les chiens...

Macron a dû s'assurer du soutien de la CFDT. 
"La question de l'âge pivot a été très critiquée par les syndicats, notamment par la CFDT, et c'est clairement une main tendue", explique  le spécialiste des retraites, pour justifier la pirouette du président. Un avis que partage Philippe Crevel : "Macron a besoin d'alliés dans ce dossier épineux. S'il y va tout seul en franc-tireur, il risque de se retrouver face à des snipers. C'est une forme de concession à l'égard de la CFDT, son principal soutien", conclut-il. Si la bonne méthode est d'ouvrir les négociations par une reculade, c'est sûr, c'est nouveau !
La réforme - plusieurs fois annoncée, mais repoussée et enfin engagée - méritait-elle cette stratégie de retrait ?  Jupiter s'engage à reculons sur ce projet, se préparant à la bataille en s'assurant du soutien de la CFDT de Laurent Berger. Le "changement de fusil d'épaule" (Le Point) de Macron suffira-t-il à empêcher ce syndicat docile de rejoindre les rangs de la CGT et de Force ouvrière. 

Des manifestations contre la retraite à points sont déjà prévues le 21 septembre, à l'appel de FO, et le 24 septembre, à l'appel de la CGT. 

lundi 15 avril 2019

Macron ne fera qu'anticiper le dégel des pensions imposé par le Conseil constitutionnel dès 2020

Les pleutres de LREM continuent d'attribuer à Macron le mérite de la ré-indexation pour quelques-uns

Le Conseil constitutionnel a censuré la poursuite de la désindexation de certaines prestations sociales au-delà de 2019

Pouvoir d’achat : les retraités se sentent oubliés, non sans raison
Les Sages ont obligé le gouvernement à revenir sur le sujet mal géré de la désindexation de certaines prestations, singulièrement les pensions de retraites, dissociées du coût de la vie, pour faire financer le "trou de la sécu" par les retraités, dont on ne cesse de dire qu'ils sont tous des nantis, bien qu'autant que possible, ils doivent aider leurs enfants et petits-enfants, chômeurs ou précaires et gardes d'enfants bénévoles, silencieux et dignes. 

Le Conseil constitutionnel a censuré ce qui pouvait l'être : le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) qui devait s'appliquer en 2018-2019 et 2020 ne s'appliquera pas à 2020, contre la volonté de Macron.

La rouerie du président consiste dès lors à faire passer ce désaveu du Conseil constitutionnel pour un cadeau, le signe d'une bonne écoute des plus démunis et de sa bonne volonté, éléments de langage des véhicules macroniens de l'Assemblée dans le paysage médiatique.
Saisis par des parlementaires de gauche, comme de droite, les Sages avaient validé la quasi-totalité des dispositions du budget de la 'Sécu' que Marisol Touraine disait pourtant avoir équilibré. Ils avaient ainsi estimé que la revalorisation de seulement 0,3 % de certaines prestations (pensions de retraites mais aussi allocations familiales ou aides au logement) "ne méconnaît aucune exigence constitutionnelle".

Dans le même temps, les garants du respect de la Constitution a toutefois jugé que le PLFSS ne peut pas décider de ce quasi-gel pour "2019 et 2020" comme le stipulait le texte voté par les députés de la majorité présidentielle LREM. Autrement dit, et comme prévu, la hausse est bien encore de 0,3 % en 2019. Mais en supprimant "et 2020", la décision rendue vendredi 21 décembre 2018 fait tomber l’extension automatique de la mesure pour l’année budgétaire suivante.

La prolongation de la désindexation est repoussée.

La prolongation initialement prévue n’avait pas sa place dans un texte qui fixe le budget pour 2019, a fait valoir le Conseil constitutionnel. "L’année 2020 n’est pas couverte par la loi de financement" 2019 et le gel ne revêt pas non plus "un caractère permanent" qui aurait permis de l’y insérer, relève le conseil pour expliquer sa décision de rejeter la prolongation que le gouvernement souhaitait faire passer sournoisement, avec la complicité de ses députés-godillots.

Sur le fond, la suppression de la mention "et 2020" n'a rien changé pour 2019. C’est "sans effet financier immédiat", se félicita Gérald Darmanin. Les pensions de retraites seront effectivement revalorisées de 0,3 % seulement en 2020, alors que le gouvernement lui-même prévoit une inflation tournant autour de 1,7 %... La différence doit permettre à l’Etat un gain d’environ 1,8 milliard d’euros.

En revanche, s’il entend poursuivre ce quasi-gel l’année suivante, le gouvernement devra réintroduire une mesure similaire à l’automne 2019, dans le budget 2020 de la 'Sécu'. C’est ce qu’a promis Bercy sous la contrainte du Conseil constitutionnel, assurant que "ces dispositions ont vocation à être à nouveau soumises au Parlement dans le cadre des textes financiers pour 2020". Ce que le gouvernement souhaitait éviter.

Un nouveau débat à prévoir, si Macron s'entête encore après 22 samedis du mouvement des Gilets jaunes pour l'équité fiscale.
Cette nécessité de revenir débattre avec les députés et surtout les sénateurs est évidemment une épine dans le talon de Macron. La sous-indexation avait en effet été l’un de sujets concentrant les plus de critiques, au Parlement comme dans l’opinion. La représenter pourrait s’avérer compliqué pour l’exécutif fort peu désireux de raviver la colère sociale autour de l’épineuse question du pouvoir d’achat. Ce soir, Macron devra choisir entre recul et intox.

Les oppositions - y compris chez  LREM - sont confortées par les Sages.
Elles promettent de se mobiliser si le débat revenait à l'automne. Se félicitant d’avoir évité "une nouvelle ponction, en 2020, sur le pouvoir d’achat des retraités et des familles", le groupe LR de l’Assemblée appelle ainsi "solennellement le Gouvernement à ne pas re-proposer cette mesure injuste".

Les députés socialistes se réjouissent de la décision des Sages qui va donner "une nouvelle occasion de défendre le principe de revalorisation des retraites avec l’inflation," soulignant l’importance de l’effort demandé aux retraités  : "la hausse de la CSG cumulée à la quasi non-revalorisation des pensions signifie une perte de pouvoir d’achat en 2019 équivalente à quasiment un demi mois de pension." 
Les retraités doivent s'attendre à la fonte de leur pouvoir d'achat en moyenne de 200 euros en 2019, puis de 400 euros en 2020. 600 euros sur deux ans...
En tout état de cause,
en ré-indexant les retraites sur l'inflation, Macron se désavouera
.

jeudi 11 avril 2019

La restitution du "grand" débat ignore les revendications des Gilets jaunes

L'exécutif n'en fait qu'à sa tête 

Déception des figures des Gilets jaunes qui voulaient y croire

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Beaucoup de leurs revendications initiales n'apparaissent pas ou peu dans les conclusions de la concertation, selon la restitution du grand débat par Edouard Philippe qui a envoyé un mauvais signal. Exit le 'RIC' ou encore le rétablissement de l'ISF... D'autres propositions convergent. Que dit "le Vrai débat", leur plateforme concurrente ? 

'Paroles de Français', un slogan trompeur
"RIC" : ce slogan pour un référendum d'initiative citoyenne, relayé sur les rond-points tenus par les Gilets jaunes, était l'une des principales revendications du mouvement, mais il est littéralement passé à la trappe de la mascarade de débat national. Si l'on s'en tient à la synthèse rendue publique lundi, seuls 2.1% des contributeurs auraient soutenu l'idée d'instaurer un tel mode de consultation, préférant un élargissement du recours aux référendums locaux ou à d'autres modes de consultation de la population : le "RIC" ne serait donc soutenu que par une petite minorité de participants.
Il faut rappeler que les participants au 'grand' débat étaient essentiellement des élus, autant que possible sélectionnés, ou des retraités à la fois modérés et sympathisants de la majorité présidentielle. Les Gilets jaunes y étaient représentés de manière très marginales, quand ils n'étaient pas exclus du 'grand' débat. Le président n'a même jamais cité leur nom, zappant avec mépris  leur existence.
Les figures du mouvement n'ont donc pas de quoi être déçus, d'autant que, sur leur propre plateforme concurrente, baptisée "le Vrai débat" - et qui revendique 25.000 propositions et "plus d'un million de votes" - cite au contraire le "RIC" comme la deuxième revendication la plus soutenue, avec plus de 85% de votes favorables. 

Le "grand débatteur" a fait son marché parmi les propositions 

Il apparaît un étrange hiatus entre les propositions de Philippe et les revendications réelles. 'Paroles de Français' est un slogan trompeur.
On observe ainsi que nombre de revendications économiques et sociales portées sur la plateforme concurrente des Gilets jaunes reste très marginales côté 'grand débat', soit parce qu'elles sortent des thèmes proposés par le gouvernement, soit parce qu'elles apparaissent minoritaires. Parmi elles, la renationalisation des autoroutes et des secteurs de l'énergie, la "hausse du seuil de pauvreté au niveau du Smic" ou encore la suppression du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), plébiscitées par "le Vrai débat", alors qu'elles ne surgissent que de façon marginale dans les "contributions libres" des participants du Grand débat national.

Surtout, la recherche commune de justice fiscale aboutit à une hiérarchisation différentes des grandes options fiscales. 
Le rétablissement de l'ISF, présenté comme l'une des priorités des Gilets jaunes dans le cadre du "Vrai débat", n'est avancé "que" par 10.3% des contributeurs du Grand débat national. 
L'abandon de la hausse de la CSG, sixième proposition du "Vrai débat", est proposée par 9.8% des participants du grand débat. 
En revanche, la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales sont des priorités pour les deux plateformes. 

Des convergences théoriques, notamment sur la démocratie

Les deux plateformes convergent en revanche sur des revendications liées à la démocratie. Parmi les sujets placés largement en tête des deux côtés, la reconnaissance du vote blanc, le contrôle des "privilèges" des élus (anciens présidents, ministres, députés et sénateurs) et le renforcement de la transparence (90% des personnes qui se sont exprimées souhaitent qu'un candidat ne puisse se présenter à des élections que s'il possède un casier judiciaire vierge). Celui des privilèges des journalistes est toutefois négligé.
Durant sa campagne, le candidat Macron avait promis la "moralisation de la vie publique", qui s'est traduite en début de quinquennat dans deux lois visant à "rétablir la confiance dans la vie politique". Ces lois encadrent notamment le statut des collaborateurs du chef de l'Etat (on a vu avec l'affaire Benalla quel respect Macron leur porte), l'interdiction des emplois familiaux au sein de l'exécutif et du Parlement, et la transparence des élus en matière fiscale.
Durant sa campagne, Macron avait défendu le principe du casier judiciaire vierge pour les élus. Lors des débats autour de la moralisation de la vie publique, la mesure avait toutefois été écartée au profit d'une peine d'inéligibilité complémentaire inscrite dans le Code pénal, d'une durée maximale de dix ans, pour certaines condamnations (atteinte à la probité comme la fraude fiscale aggravée, violences, agressions sexuelles, harcèlement, discriminations ou terrorisme). D'autres pays, comme l'Italie ou l'Allemagne, présentent toutefois des règles plus contraignantes en tenant compte des condamnations passées.
Parmi les points de convergence, on peut également citer des mesures sociales (réindexation des pensions de retraite), environnementales (interdiction des pesticides, promotion de l'agriculture biologique), mais aussi la préservation des services publics, notamment dans le secteur de la santé. 

lundi 24 septembre 2018

L'OFCE conteste la baisse fiscale de 6 milliards, selon Macron

L'Observatoire français des conjonctures économiques y voit une imposture

Le gouvernement annonce 6 milliards d'euros de baisse des prélèvements en 2019

Macron évalue à six milliards d’euros la baisse globale des prélèvements obligatoires pour les ménages en 2019, selon des chiffres publiés samedi par Les Echos et confirmés à la source par les services de Gérald Darmani au ministère des Comptes publics.

L’exécutif arrive à cette estimation en agrégeant des mesures déjà annoncées, comme la baisse de la taxe d’habitation pour 80% des Français (3,8 milliards d’euros), la suppression de certaines cotisations salariales (4 milliards d’euros) et la baisse de la CSG pour 300.000 retraités (300 millions d’euros).

Et ces baisses sont partiellement annihilées par la hausse de la fiscalité énergétique, représentant 1,9 milliard d’euros, celle des paquets de cigarettes, pour 400 millions d’euros, ou les restrictions du périmètre du CITE (crédit d’impôt pour la transition énergétique), pour 800 millions d’euros.
La différence entre les deux colonnes permet au gouvernement d’arriver au chiffre de six milliards d’euros d’allègement.


L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a abouti à une estimation bien inférieure

Cette étude de l’OFCE publiée vendredi a estimé à seulement 3,5 milliards d’euros le gain de pouvoir d’achat pour les Français en 2019 attribuables aux mesures gouvernementales.

L’OFCE souligne dans son évaluation que l’évolution des prestations sociales devrait amputer le pouvoir d’achat des ménages de 2,5 milliards en raison principalement de la désindexation des pensions de retraite, des prestations familiales et des allocations logement.

La presse institutionnelle n'a pas pointé l'intox de Macron
Malgré leurs importants moyens en personnels, les "fact-checkers" vertueux de la presse - toujours prêts à pointer les blogs et les réseaux sociaux qui ont la parole libre (le "check news" de Libération, l'AFP factuel, les "Observateurs"de France 24, le "fake off" de 20 Minutes, en partenariat avec Facebook !, "Le vrai du faux" mené par Antoine Kremp à francetvinfo, ou 8 rédacteurs "décodeurs" au journal Le Monde, avec 2 coordinateurs et 5 data-journalistes : combien d'emplois inutiles, donc) - n'ont pas dénoncé le tour de passe-passe de Macron.

L'exécutif s'est mis en difficulté dans la résolution de l'équation budgétaire - et aussi politique - , mais continue à magouiller les chiffres pour tenter de tromper l'opinion, tout en s'étonnant de sa chute vertigineuse de popularité, suite à ses choix de dépenses publiques et au "ras-le-bol fiscal".

Le premier ministre, Edouard Philippe, a dû annoncer une baisse de la CSG pour 300.000 retraités, en guise de "mesure de correction".
Or, selon l'édition 2018 des Tableaux de l'économie française publié en février par l'INSEE: "en fin d’année 2015, 16,0 millions de personnes, vivant en France ou à l’étranger, sont retraitées de droit direct d’au moins un régime français". Parmi ceux-là, 13,1 millions bénéficient du régime général des salariés du privé géré par la caisse nationale d’assurance vieillesse (Cnav). 300.000 sur 16 millions...

Les ministres de l’Economie et des Comptes publics, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, doivent présenter le projet de loi de Finances pour l’année prochaine lundi en conseil des ministres. 

lundi 27 août 2018

Edouard Philippe dévoile les mesures chocs du budget de 2019

Macron privilégie les entrepreneurs plutôt que les retraités, les allocataires ou les chômeurs

Le Premier ministre lève le voile sur les économies à réaliser en 2019
 
Le premier ministre, Edouard Philippe, le 3 août à l’Elysée.

Philippe présente notamment deux mesures chocs : la hausse très modérée de certaines allocations et la désocialisation des heures supplémentaires dès 2019.
Rentrée compliquée pour le gouvernement qui, en 15 mois, n'est pas parvenu à relancer la croissance et le pouvoir d'achat et rame pour juguler le chômage et le déficit public. Alors que la croissance s'annonce moins élevée qu'espérée en 2019, le gouvernement doit trancher les questions budgétaires. 

Dans le JDD, le Premier ministre Edouard Philippe présente les arbitrages décidés par l'exécutif. Il annonce notamment que l'Etat décide que plusieurs aides sociales devraient arrêter de suivre le rythme ascensionnel de l'inflation, donc baisser. 
Il prévoit également de lancer dès 2019 la réforme de la désocialisation des heures supplémentaires. Le JDD vous résume les principales annonces du Premier ministre.

1) La hausse des pensions de retraite ne sera plus indexée sur l'inflation

Edouard Philippe assure pourtant qu'"aucune prestation sociale ne sera réduite". Certaines vont néanmoins très peu augmenter, dans la mesure où elles seront désindéxées de l'inflation montante. C'est le cas de l’aide personnalisée au logement (APL), des allocations familiales et des pensions de retraite qui ne suivront plus le coût de la vie. Elles vont progresser de 0,3 % par an en 2019 et en 2020, soit a priori beaucoup moins que l'inflation (1,6% en 2018, selon les dernières prévisions de l'Insee). 
Edouard Philippe tient toutefois à préciser que "les prestations qui bénéficient à nos concitoyens les plus fragiles, comme le RSA, seront augmentées conformément à la loi. "Certaines le seront même très significativement : la prime d’activité, le minimum vieillesse, l’allocation pour les adultes handicapés", indique-t-il. Quid du RSA au profit des migrants non recevables au droit d'asile? 

Edouard Philippe reste rigide  : "Nous assumons [tout est dit !] une politique de transformation et de maîtrise des dépenses qui privilégie, je le redis, la rémunération de l’activité et qui rompt avec l’augmentation indifférenciée des allocations. C’est par le retour à l’activité et une meilleure rémunération du travail que notre pays sera plus prospère."

2) La désocialisation des heures supplémentaires dès 2019

Le coup bas va être avancé d'un an. Edouard Philippe annonce que le gouvernement compte supprimer dès le 1er septembre 2019 les cotisations salariales sur les heures supplémentaires, dans le privé comme dans le public. "Pour une personne payée au SMIC, cette mesure représentera en moyenne plus de 200 euros supplémentaires par an", calcule Edouard Philippe."Nous voulons que les Français puissent revenir vers le travail, que ce travail paie, et qu’il paie de mieux en mieux. C’est le sens de notre action", détaille-t-il.  16 euros par mois pour stimuler l'envie de travailler, notamment loin de son domicile, quand augmentent les prix des carburants... 

3) 4.500 postes de fonctionnaires supprimés en 2019

Après 1.600 postes cette année, Edouard Philippe annonce que le gouvernement prévoit 4.500 suppressions de poste en 2019. L'objectif étant d'atteindre 50.000 suppressions annoncées  par Emmanuel Macron sur le quinquennat. "C’est parce que je ne crois pas à la politique du rabot, répond Edouard Philippe. La réduction du nombre de fonctionnaires n’est pas le fondement, mais la conséquence d’une transformation de l’action publique qui monte en puissance au fil du temps. Je peux déjà vous dire qu’en 2020 le chiffre sera supérieur à 10.000.
En 2019, les réductions se concentreront sur les ministère des Finances, dans l’audiovisuel public, dans le réseau extérieur de l’État. "Mais il y aura par ailleurs des recrutements, assure Edouard Philippe. Plus 2.000 agents supplémentaires dans la police, la gendarmerie et à la DGSI, 1.300 à la justice – parce qu’il s’agit de priorités." La jeunesse et l'Education nationale ne sont donc plus une priorité...

4) La poursuite de la réduction des contrats aidés

Le Premier ministre confirme que le gouvernement va continuer à réduire le nombre de contrats aidés. Ils ne débouchaient pas nécessairement sur un emploi après deux ans. "Nous allons poursuivre l’action engagée : nous voulons transformer l’action publique en diminuant le financement des politiques qui ne sont pas efficaces, par exemple sur le logement ou les contrats aidés, dont la plupart ne permettent pas d’obtenir ensuite un emploi viable", explique-t-il.

5) Les entreprises n'auront finalement pas à prendre en charge une partie des indemnités versées en cas d'arrêt maladie

Selon les informations du journal Les Echos, de LVMH, le gouvernement souhaitait que les entreprises prennent en charge quatre jours d'indemnités journalières pour les arrêts de travail de moins de huit jours. Une hypothèse qui avait suscité la colère du patronat, MEDEF et CPME mettant en garde contre les effets néfastes sur la productivité. Dans le JDD, Edouard Philippe affirme qu'il "écarte l’hypothèse d’une mesure brutale de transfert vers les entreprises".

"Nous avons pris beaucoup de mesures pour stimuler l’activité des entreprises et l’investissement ; on ne va pas envoyer de contre-message. Mais je le répète, il faut trouver une solution pour contenir ces dépenses", note-t-il. "L’enjeu des arrêts maladie est considérable. Chaque année, un peu plus de 10 milliards d’euros sont consacrés à l’indemnisation des salariés arrêtés, et ce volume progresse de plus de 4 % par an. En trois ans, le nombre de journées indemnisées est passé de 11 à 12 par an et par salarié du privé. C’est comme si notre pays avait instauré un jour de congé supplémentaire!", s'inquiète le Premier ministre.

mardi 17 octobre 2017

Macron s'acharne sur les retraités


Les seniors  sont les grands perdants de la politique d'Emmanuel Macron


Les retraités vont une hausse de la CSG en 2018


60% des 14 millions de retraités sont visés par cette augmentation.
 
Le trentenaire et ses vieux
Ils étaient donc encore plus justifiés qu'ils ne pensaient à manifester leur colère contre la hausse de la CSG, le 28 septembreCe sont les moins de 65 ans qui touchent plus de 1.200 euros par mois et les plus de 65 ans qui ont plus de 1.400 euros. 

Car, sur RMC et BFMTV, le jeudi 24 août 2017, il y a seulement deux mois, le premier ministre, Édouard Philippe, avait annoncé que les pensions de retraite seraient revalorisées de +0,8% au 1er octobre 2017.
Cette bonne nouvelle n'était possible que grâce à la remontée de l’inflation, expliquait-il. Au début du mois de juillet 2017, la Commission des comptes de la Sécurité sociale avait en effet assuré que l’inflation allait se stabiliser à +0,9 %. Partant de ce postulat, le gouvernement d'Edouard Philippe avait décidé d'augmenter les pensions retraite de +0,8% (et non 9%...) au 1er octobre 2017.
La petite bouffée d'oxygène que les retraités croyaient acquise leur est coupée.
Gérald Darmanin, ministre de l’action et des comptes publics, à l’Elysée, le 28 juin.
Le gel de leurs retraite est prolongé jusqu'en 2018..., après un précédent gel l’an dernier. 
La première hausse significative remonte à 2013, puisque les pensions n’avaient pas bougé en 2014 et avaient été augmentées de 0,1% seulement en 2015.
Quant aux fonctionnaires, le ministre des Comptes public, Gérald Darmanin, a officialisé fin juin le gel, dès 2018, de la valeur du point d'indice qui sert à calculer leur rémunération. Les salariés de l'Etat sont plus que jamais sa variable d'ajustement facile et récurrente. 
"Nous n’avions aucune illusion sur le programme libéral d’Emmanuel Macron", cingle Christian Grolier (FO). "M. Darmanin, peu après sa prise de fonctions, avait assez clairement laissé entendre qu’il n’y aurait "pas de nouvelle augmentation de la valeur du point, en 2017, après celle de 0,6 % entrée en vigueur en février", poursuit-il.

Le ministre va même plus loin, indiquant qu’il n’y aura aucun coup de pouce au moins jusqu’en 2018. Les retraités doivent faire face à des "pertes de pouvoir d’achat" pour les fonctionnaires, souligne Grolier. C’est la preuve que "le prisme comptable va peser sur ce ministère", s’indigne Bernadette Groison (FSU), en fustigeant une décision "aussi injuste qu’inefficace" qui va "bloquer la rémunération de 20 % de la population".
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Laissez-les vivre, bordel !
Et cette revalorisation des retraites passera sous le nez de certains.
En effet, au prétexte d'uniformisation des 35 régimes de base et des 29 régimes complémentaires, elle ne s’appliquera sans doute pas aux pensions complémentaires servies par l’Agirc (régime de cadres) et l’Arrco (salariés du privé) au 1er novembre (date à laquelle elles doivent être revalorisées chaque année). En effet, la revalorisation des pensions complémentaires est égale à la valeur d’inflation, diminuée d’un point. Les pensions complémentaires du privé pourraient encore être gelées en 2018, comme en 2017. Votée par les partenaires sociaux en octobre 2015, leur fusion est programmée pour le 1er janvier 2019.

Lors de son intervention télévisée dimanche 15 octobre, le président Macron a prétendu rassurer...

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Les parents Macron
Les retraités perdent d'un côté, mais certains d'entre eux gagneront de l'autre avec l'exonération de la taxe d'habitation.

2,5 millions d'entre eux seront taxés de toutes parts
Selon Bercy, les gagnants sont les célibataires aux revenus inférieurs à 2.500 euros par mois et les couples à moins de 3.981 euros.  En tout, 4,5 millions de retraités seront exonérés de la CSG. 
Mais près de 2 retraités sur 5 sont perdants. 

Ils paieront la CSG majorée et encore et toujours la taxe d'habitation.
La baisse de la taxe d'habitation, en contrepartie, ne s'appliquera pas aux retraités les plus aisés.


Macron a tenté une intox des retraités sur TF1 dimanche
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Avec la hausse de la CSG, près de 60% des retraités, soit 8 millions de personnes âgées, vont voir leur pouvoir d'achat se réduire. Emmanuel Macron a pourtant assuré que cette hausse de la CSG sera intégralement compensée par la taxe d'habitation, "qui va progressivement baisser. Dans une grande partie des cas, la taxe d'habitation diminuera d'un tiers et compensera la hausse de 1,7 point de CSG", a-t-il précisé, estimant, non sans démagogie, que les retraités ont "dûment gagné leur retraite. Ils ont travaillé et ont des droits".


Mais dimanche 15 octobre, Macron a encore remonté les retraités contre lui.
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Pierre Erbs, le président de la Confédération des retraités, ne cache pas sa  colère relancée par les annonces du chef de l'État. "Je suis en colère de voir que monsieur Macron reste enfermé dans sa position qui consiste à opposer actifs et retraités", regrette Pierre Erbs. "Pour toutes les catégories d'actifs, il y aura compensation de la hausse de la CSG; il n'y a que pour les retraités qu'il n'y aura pas de mesure spécifique".
En même temps, il est vrai que les Français sont inaptes à comprendre la "pensée complexe" du petit vulgaire prétentieux de l'Elysée. En attendant, il a montré qu'il est lui-même inapte à la pédagogie : 61% de sondés ne lui ont pas fait confiance dimanche.

jeudi 24 août 2017

Edouard Philippe, le premier ministre qui pédale dans la semoule

Le premier ministre de Macron, recalé à son grand oral de rentrée

Durant près d’une heure, Édouard Philippe a tenté de répondre aux questions du journaliste de RMC-BFMTV et des auditeurs
 
Bourdin fait découvrir ses réformes au premier ministre Edouard Philippe 

Le premier ministre a fait sa rentrée politique ce jeudi matin face à Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV. C'était en fait la première apparition médiatique du chef du gouvernement. Or, il a peiné à fournir les informations basiques concernant des points aussi importants que la réforme du code du travail, la baisse des cotisations sociales ou la taxe d'habitation.

Sur plusieurs dossiers capitaux, comme les pensions de retraite ou l’augmentation de la prime d’activité, le chef du gouvernement s’est montré sec. 

Le premier ministre a séché à deux questions

Philippe a dû demander un petit délai supplémentaire avant de finalement répondre après une pause de publicité. L'ex-maire du Havre a dû demander en direct de profiter de cette pause pour aller chercher les réponses auprès de ses conseillers...
"Permettez-moi de prendre un peu de temps et de vous répondre après la pause", a-t-il réclamé. Une demande acceptée et qui a effectivement permis au premier ministre de répondre: les pensions de retraite seront revalorisées le 1er octobre d'un montant égal à l'inflation. Quant au sujet des pensions d'invalidité, il a avoué qu'à une semaine de la présentation du projet, il n'est toujours pas tranché...I



Mais après la pause, le chef du gouvernement a une nouvelle fois séché, cette fois sur le revalorisation du minimum vieillesse. "Allez, encore une fois, vous me laissez vérifier pour ne pas vous dire d'inexactitude", a-t-il supplié...


Edouard Philippe était à la rue ce matin.

VOIR et ENTENDRE
l'étendue du désastre dans un deuxième montage moins complaisant que le premier ci-dessus :

"Je ne suis pas un surhomme, je n’ai pas tous les chiffres en tête", a-t-il admis, pitoyablement. 

Il ne se prend pas pour Jupiter...