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jeudi 13 février 2020

La baisse du chômage annoncée par Bercy, info ou intox ?

Derrière l'arbre de la baisse du chômage, la forêt d’emplois précaires

Un économiste explique pourquoi Bruno Le Maire dénonce la dernière étude de l'Observatoire français des conjonctures économiques


La politique du gouvernement est néfaste pour le pouvoir d'achat des plus modestes, souligne l'OFCEpolitiquement classé à gauche. Et  la baisse du chômage clamée par le gouvernement est un leurre. "Socialiste insoumis" associé à la France Insoumise (LFI), Liêm Hoang-Ngoc, ancien député européen PS, maître de conférences en économie à l’Université de Paris, donne raison à l'OFCE contre le ministre de l'Economie de Macron, lui-même ancien maître de Bercy. 
La publication de l’étude annuelle de l’OFCE sur les effets de la politique du gouvernement a suscité l’agacement du ministre de l’Economie et des finances. Contestant "l’esprit et la méthode" de ce travail, Bruno Le Maire affirme que la décrue du chômage en 2019 atteste du bien-fondé de la politique menée. La sienne. Or, elle est bien loin d’atteindre tous les objectifs annoncés.

Que dévoile l'étude de l’OFCE ?

Très rigoureuse sur la méthode, la simulation de l’OFCE montre que "l’effet cumulé des mesures socio-fiscales de 2018 à 2020 reste très fortement marqué par le geste fiscal effectué en direction des ménages les plus aisés en début d’année 2018" : suppression de l’ISF sur la détention d’actions et d’obligations et "flat tax" sur les revenus qu’ils procurent. 

En revanche, elle indique que
"l’effet cumulé des mesures prises devrait être négatif pour les 10% des ménages les plus pauvres" (suppression des APL, baisse ou suppression des allocations pour de nombreux chômeurs, désindexation de prestations sociales vis-à-vis de l’inflation). 

L'OCDE intègre bel et bien les effets de la prime d’activité et du "zéro reste à charge," assure Liêm Hoang-Ngoc, contrairement aux allégations de Bruno Le Maire
L'universitaire rend justice à l'OCDE qui souligne, les destinataires de la suppression de la taxe d’habitation, les classes moyennes sont les principales bénéficiaires des "mesures gilets jaunes" (baisse de l’impôt sur le revenu, prime d’activité, défiscalisation des heures supplémentaires), ayant pour effet de soutenir la demande. 
Enfin, les collectivités territoriales voient leur budget affecté par la baisse des dotations de l’Etat, dont le déficit est lui-même tributaire en 2019 du "double CICE" versé aux entreprises (crédit d’impôt versé au titre de l’année 2018 et transformation en baisse pérenne de cotisations patronales).

En fait, le ministre critique "l’esprit" de l’étude qui est suspecte de propagation de l’idée que la baisse des inégalités passe par la redistribution. Pourfendeur des politiques de redistribution, qu’il accuse d’accroître la pression fiscale, le chômage et la pauvreté, Le Maire soutient que la politique menée par le gouvernement est susceptible de s’attaquer aux inégalités en encourageant le travail. Elle commencerait à provoquer ses effets, comme en témoigne la décrue du chômage.

La baisse du chômage est l’arbre qui cache la forêt

Résultat de recherche d'images pour "précarité"

Le chômage a bien baissé de 3% en 2019, alors même que la progression du PIB décroît depuis 2017, où elle avait atteint 2,2%. 

"En même temps", la croissance baisse : elle fut de 1,7% en 2018 et de 1,2% en 2019. Poursuivant sa chute à -0,1% au dernier trimestre 2019, elle serait de 1,1% en 2020. 
De surcroît, les gains de productivité ont été nuls au cours des deux premiers trimestres 2019. 

Tout ceci signifierait que la croissance va se retourner, incessamment sous peu, si l'avenir est plus sûr que le présent : les années à venir seraient plus riches en emplois qu’auparavant, la croissance étant quatre fois plus riche en emplois qu’au cours des Trente glorieuses où les gains de productivité étaient de 4% par an). 

Mais les créations d’emplois sont localisées dans les secteurs à faible valeur ajoutée, tels que la restauration, le commerce, les services aux personnes et le bâtiment. Ces secteurs traditionnels ont aussi bénéficié de l’abaissement du coût du travail et des réformes du code du travail. Ils sont gourmands en emplois peu qualifiés, rémunérés au niveau du SMIC. Ils sont en outre fortement tributaires de la conjoncture, dont la tenue provisoire explique la baisse des demandeurs d’emplois de catégories B et C, occupant des emplois à courte durée: disons-le, les emplois précaires.

Autre hic! Si  les entreprises ont peu à peu transformé les CDD en CDI depuis la reprise de 2017, un retournement pourrait entraîner une forte recrudescence du chômage, dès lors que l’assouplissement du code du travail permet aux entreprises de réduire aisément les salaires et l’emploi face à une baisse d’activité.
Après Le Maire, le déluge ?

Aubry (PS): avec Macron, "l'inhumanité est en marche"

La maire de Lille parle peu, mais elle est toujours aussi  vacharde

Maire PS sortante de Lille et
 candidate, à 69 ans, à un quatrième mandatMartine Aubry, a encore dénoncé Macron et sa majorité "d'amateurs" : "l'inhumanité est en marche dans toutes ses politiques".

"M. Macron a dit hier à ses députés 'vous avez raison d'être des amateurs'... Ce sont des amateurs ! Et c'est un homme qui, aujourd'hui, sert ceux qui ont déjà beaucoup d'argent", a résumé  M. Aubry, mercredi sur RTL

"Il parle 'd'humanité' à ses députés, à qui on demande de voter comme un seul homme, parce qu'ils n'ont pas compris que, quand on perd un enfant, on a besoin d'un congé... L'inhumanité, elle est en marche dans toutes les politiques qu'il met en place !", a-t-elle lâché.

Concernant la réforme des retraites, l'ancienne ministre de l'Emploi et de la Solidarité de Jospin, il y a 23 ans (1991-1993) a rappelé qu'elle est "extrêmement inquiète depuis le début".
"La retraite, c'est l'assurance retraite ! Il faut que chacun ait l'assurance d'avoir une retraite et de pouvoir (en) vivre" mais aujourd'hui, "personne ne sait ce qu'il va gagner lorsqu'il sera en retraite et tout le monde est inquiet en France. Nous ne savons rien sur la durée de cotisation, sur la valeur du point", a-t-elle déploré.
"On est en train de tout changer, de faire en sorte que ceux qui étaient déjà les plus défavorisés le soient encore plus", a poursuivi l'ex-patronne du PS (2008-2012), évoquant la situation des femmes, des personnes travaillant à temps partiel ou des "emplois pénibles".

S'il "manque 7 milliards par an à partir de 2025", la France "crée une richesse de 30 milliards supplémentaires par an, ne peut-on pas trouver là les 7 milliards ?", a-t-elle plaidé.

"Quand M. Macron a supprimé l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune, créé en 1989 par Jean-Pierre Soisson, ministre du Travail giscardien de Michel Rocard) et mis en place une flat tax pour les revenus des actions et des obligations, cela représentait 5 milliards", a-t-elle ajouté, citant aussi une étude de l'OFCE selon laquelle, avec les mesures prises par le gouvernement, "5% des Français les plus riches ont gagné 2.940 euros par an pendant que les 5% les plus pauvres ont perdu 240 euros".

"La France, elle est perdue, divisée, angoissée et M. Macron en est le responsable", a-t-elle asséné.

vendredi 13 septembre 2019

Patrick Balkany, du tribunal à la prison, pour quatre années, ferme

Placé sous mandat de dépôt, Balkany est aussiôt jeté en prison, mais il fera appel

La justice politique, ça n'existe pas en France, pays à hautes valeurs démocratiques ?...

Résultat de recherche d'images pour "Balkany Macron"Condamné à 4 ans de prison pour fraude fiscale, le septuagénaire a été immédiatement incarcéré.
Le maire de Levallois-Perret a été déclaré coupable et condamné avec incarcération immédiate, vendredi 13 septembre à Paris : Patrick Balkany dormira en prison ce vendredi 13 septembre. A l'énoncé du jugement, les policiers se sont dirigés sur l'homme politique, immigré juif hongrois de 71 ans, pour l'emmener, manu militari et séance tenante, sous les yeux de son épouse Isabelle.
 
Quant à elle, elle a été condamnée à trois ans de prison ferme, sans mandat de dépôt. Selon le tribunal, les époux "ont intentionnellement dissimulé la majeure partie de leur revenus". Cette dernière, première adjointe au maire de Levallois-Perret, a bien évidemment été condamnée à trois ans ferme, mais sans mandat de dépôt, le tribunal tenant compte de son état de santé au moment du procès. Elle n'y avait pas assisté, convalescente après une tentative de suicide début mai. 

Justice politique ? Pas en France... 
Pourtant, le couple a également été condamné à 10 années d'inéligibilité et dix ans d'interdiction de gérer une société. Deux mises à mort, à la fois politique et sociale.


Le tribunal correctionnel a suivi les réquisitions du Parquet National Financier (PNF), qui avait demandé cette peine contre "un grand fraudeur fiscal" baignant dans "un océan d'argent liquide", commentaire polémique et image provocante qui siéent assez mal à une instance judiciaire. Il estime aussi que les époux Balkany "ont intentionnellement dissimulé à l'administration fiscale la majeure partie de leurs revenus."

"Les infractions dont se sont rendus coupables les époux Balkany ont gravement porté atteinte à l'ordre public et économique et aggravé la déchirure désormais ancienne du pacte républicain", a encore dénoncé le président Benjamin Blanchet, nommé au TGI de Paris le 9 août... 2017.

"On s'est payé Balkany aujourd'hui"

"Je ne suis absolument pas surpris", a déclaré l'avocat des deux prévenus, Eric Dupond-Moretti, à l'issue du jugement. "Ce qui me choque le plus, c'est évidemment le mandat de dépôt qui est une humiliation totalement inutile, et pour nous insupportable", a souligné Me Dupond-Moretti devant la presse. "Je pense qu'on s'est payé Balkany aujourd'hui et nous allons bien sûr interjeter appel", a-t-il annoncé.

"La justice a voulu une image très forte, et cette image ils l'ont eu", a de son côté dénoncé le bâtonnier Pierre-Olivier Sur, l'avocat d'Isabelle Balkany. "On a vu Patrick Balkany partir en prison, on a vu sa femme l'enlacer. Tout ça me paraît obscène", a-t-il affirmé, faisant valoir qu'il "n'y a pas un euro d'argent public détourné." "Alors pourquoi tout ça ? Sauf pour l'image", a-t-il insisté. "Pour Isabelle Balkany, c'est l'émotion totale, absolue, insupportable", a-t-il ajouté.
Ce qui leur est reproché

Le PNF et le ministère des Finances, qui avait porté plainte en 2015, reprochent aux élus de Levallois-Perret de n'avoir pas payé d'ISF entre 2010 et 2015, malgré des actifs estimés à 16 millions d'euros annuels minimum. Ils leur reprochent également d'avoir déclaré des revenus amplement sous-évalués entre 2009 et 2014. Au total, les sommes éludées sont estimées à plus de 4 millions d'euros d'impôts sur le revenu et la fortune, un montant contesté par la défense. 

Les élus de Levallois-Perret ont admis des "fautes", reconnaissant certaines des accusations de fraude fiscale. 
Parmi la liste des avoirs qui auraient dû entrer dans le calcul de l'impôt, l'accusation et le fisc avaient notamment pointé la luxueuse villa Pamplemousse de Saint-Martin, qu'Isabelle Balkany a tardivement reconnu posséder, et un somptueux riad à Marrakech, que le couple nie avoir acheté. 
Les Balkany ont également été condamnés pour avoir sous-évalué la valeur du moulin qu'ils possèdent à Giverny (Normandie), ce dont ils se défendent, et d'avoir dépensé des sommes sans commune mesure avec leurs revenus connus, notamment sous forme d'espèces non déclarées. L'accusation ne s'était pas attardée sur les origines de leur fortune, prescription oblige. 

L'avocat d'Isabelle Balkany avait plaidé "coupable pour emploi de fonds successoraux non déclarés" en référence aux héritages familiaux dissimulés en Suisse et jamais déclarés depuis la guerre. 
Patrick Balkany avait affirmé que le couple avait "mangé" son capital issu notamment d'héritages dissimulés en Suisse et jamais déclarés et évoqué l'écoulement de lingots d'or légués par son père. 

samedi 27 avril 2019

Plus de six Français sur dix ne sont pas convaincus à l’issue de sa conférence de presse

Seulement un Français sur trois est satisfait de sa conclusion du "grand" débat

Tout ça pour ça ? Macron laisse 63% des Français sur leur faim


Seuls 37% des sondés se disent convaincus par les annonces qu’Emmanuel Macron a fait en conférence de presse, le jeudi 25 avril, selon une étude Harris Interactive-Agence Epoka. Malgré deux semaines supplémentaires qu'il aurait dû mettre à profit, 80% des sondés estiment en conséquence que le mouvement des Gilets jaunes va se poursuivre.
Seuls 7% des sondés estiment que le chef de l'Etat a été "très convaincant" et 30% "plutôt convaincant".

Plus de la moitié des Français, soit 63%, n'ont pas trouvé Macron convaincant à l’issue de deux heures et demi de conférence de presse, révèle ce sondage réalisé pour LCI, RTL, ainsi que Le Figaro.
Seuls 7% des sondés estiment que le chef de l'Etat a été "très convaincant" et 30% "plutôt convaincant".

Foirade présidentielle sur plusieurs sujets

Parmi les mesures annoncées, 65% des Français s'opposent à l'augmentation du temps de travail et 58% sont contre l'allongement de la durée de cotisation pour partir à la retraite. 59% des personnes interrogées voient d'un mauvais œil le non rétablissement de l'ISF.

Emmanuel Macron se déclare incapable de faire disparaître le chômage à l'horizon 2025.

A peine quatre Français sur dix ont le sentiment que Macron a reçu le message des Gilets jaunes.
Pour seulement 39% des Français, les mesures proposées jeudi soir marquent un changement important de la politique menée depuis son élection. Sans surprise, ils sont 80% à penser que le mouvement des Gilets jaunes va donc se poursuivre.

Quelques mesures ont toutefois été appréciées par une partie de la population. Ainsi, 52% voient d'un bon œil la suppression de l'ENA, d'autant plus que ce coulage n'aura aucun impact sur leur niveau de vie. 
65% jugent positif le renoncement de Macron à la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires et 69% apprécient la mise en place d'un RIC au niveau local, ce qui signifie que plus d'un sur trois ne s'en satisfait pas.

Le sondage a été réalisé auprès d'un échantillon de 807 personnes, représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

jeudi 11 avril 2019

La restitution du "grand" débat ignore les revendications des Gilets jaunes

L'exécutif n'en fait qu'à sa tête 

Déception des figures des Gilets jaunes qui voulaient y croire

Image associée
 
Beaucoup de leurs revendications initiales n'apparaissent pas ou peu dans les conclusions de la concertation, selon la restitution du grand débat par Edouard Philippe qui a envoyé un mauvais signal. Exit le 'RIC' ou encore le rétablissement de l'ISF... D'autres propositions convergent. Que dit "le Vrai débat", leur plateforme concurrente ? 

'Paroles de Français', un slogan trompeur
"RIC" : ce slogan pour un référendum d'initiative citoyenne, relayé sur les rond-points tenus par les Gilets jaunes, était l'une des principales revendications du mouvement, mais il est littéralement passé à la trappe de la mascarade de débat national. Si l'on s'en tient à la synthèse rendue publique lundi, seuls 2.1% des contributeurs auraient soutenu l'idée d'instaurer un tel mode de consultation, préférant un élargissement du recours aux référendums locaux ou à d'autres modes de consultation de la population : le "RIC" ne serait donc soutenu que par une petite minorité de participants.
Il faut rappeler que les participants au 'grand' débat étaient essentiellement des élus, autant que possible sélectionnés, ou des retraités à la fois modérés et sympathisants de la majorité présidentielle. Les Gilets jaunes y étaient représentés de manière très marginales, quand ils n'étaient pas exclus du 'grand' débat. Le président n'a même jamais cité leur nom, zappant avec mépris  leur existence.
Les figures du mouvement n'ont donc pas de quoi être déçus, d'autant que, sur leur propre plateforme concurrente, baptisée "le Vrai débat" - et qui revendique 25.000 propositions et "plus d'un million de votes" - cite au contraire le "RIC" comme la deuxième revendication la plus soutenue, avec plus de 85% de votes favorables. 

Le "grand débatteur" a fait son marché parmi les propositions 

Il apparaît un étrange hiatus entre les propositions de Philippe et les revendications réelles. 'Paroles de Français' est un slogan trompeur.
On observe ainsi que nombre de revendications économiques et sociales portées sur la plateforme concurrente des Gilets jaunes reste très marginales côté 'grand débat', soit parce qu'elles sortent des thèmes proposés par le gouvernement, soit parce qu'elles apparaissent minoritaires. Parmi elles, la renationalisation des autoroutes et des secteurs de l'énergie, la "hausse du seuil de pauvreté au niveau du Smic" ou encore la suppression du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), plébiscitées par "le Vrai débat", alors qu'elles ne surgissent que de façon marginale dans les "contributions libres" des participants du Grand débat national.

Surtout, la recherche commune de justice fiscale aboutit à une hiérarchisation différentes des grandes options fiscales. 
Le rétablissement de l'ISF, présenté comme l'une des priorités des Gilets jaunes dans le cadre du "Vrai débat", n'est avancé "que" par 10.3% des contributeurs du Grand débat national. 
L'abandon de la hausse de la CSG, sixième proposition du "Vrai débat", est proposée par 9.8% des participants du grand débat. 
En revanche, la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales sont des priorités pour les deux plateformes. 

Des convergences théoriques, notamment sur la démocratie

Les deux plateformes convergent en revanche sur des revendications liées à la démocratie. Parmi les sujets placés largement en tête des deux côtés, la reconnaissance du vote blanc, le contrôle des "privilèges" des élus (anciens présidents, ministres, députés et sénateurs) et le renforcement de la transparence (90% des personnes qui se sont exprimées souhaitent qu'un candidat ne puisse se présenter à des élections que s'il possède un casier judiciaire vierge). Celui des privilèges des journalistes est toutefois négligé.
Durant sa campagne, le candidat Macron avait promis la "moralisation de la vie publique", qui s'est traduite en début de quinquennat dans deux lois visant à "rétablir la confiance dans la vie politique". Ces lois encadrent notamment le statut des collaborateurs du chef de l'Etat (on a vu avec l'affaire Benalla quel respect Macron leur porte), l'interdiction des emplois familiaux au sein de l'exécutif et du Parlement, et la transparence des élus en matière fiscale.
Durant sa campagne, Macron avait défendu le principe du casier judiciaire vierge pour les élus. Lors des débats autour de la moralisation de la vie publique, la mesure avait toutefois été écartée au profit d'une peine d'inéligibilité complémentaire inscrite dans le Code pénal, d'une durée maximale de dix ans, pour certaines condamnations (atteinte à la probité comme la fraude fiscale aggravée, violences, agressions sexuelles, harcèlement, discriminations ou terrorisme). D'autres pays, comme l'Italie ou l'Allemagne, présentent toutefois des règles plus contraignantes en tenant compte des condamnations passées.
Parmi les points de convergence, on peut également citer des mesures sociales (réindexation des pensions de retraite), environnementales (interdiction des pesticides, promotion de l'agriculture biologique), mais aussi la préservation des services publics, notamment dans le secteur de la santé. 

mardi 22 janvier 2019

Marlène Schiappa va animer une émission sur le "grand débat national", avec l'amuseur Cyril Hanouna

Les trublions qui se ressemblent s'assemblent...

L'ex-blogueuse pourrait tirer les cartes, mais choisit un divertissement politique télévisé

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La politique se vend comme du savon liquide
Marlène Schiappa a choisi une émission qui ne se prend pas la tête et où la vulgarité assure le buzz: avant l'heure des Européennes et du bilan du débat national, son choix de mener campagne à la télé, sous le déguisement d'animatrice associée, pour un coup médiatique d'un soir (et plus si affinité ?), la sous-ministre va distraire du temps gouvernemental pour assurer sa défense auprès des "gueux", "fainéants et "illettrés" qui n'ont rien de mieux à faire que de suivre les cancans et bisbilles dont se gorgent les chroniqueurs de l'émission, dédiée cette fois "grand débat national" avec Cyril Hanouna, sur C8 (groupe Canal+ du groupe Bolloré), produite par H2O Productions, société de production du même Cyril Hanouna, mais dont l'actionnaire principal est Banijay, présidé par Stéphane Courbit, à la tête de LOV Group, associé à Air Production, société de l'animateur Nagui, ou Adventure Line Productions (Fort Boyard, sur France 2, ou Koh Lanta, sur TF1).
Schiappa récidive dès après mars 2018.
C'était dont vrai ! Une secrétaire d'Etat - les droits des femmes ne sont plus, dans ce gouvernement, un Ministère de plein exercice / 20e rang protocolaire / Un budget misérable; tout cela obligeant la détentrice du portefeuille de se multiplier en annonces, en tweets et autres moyens uniquement de communication - s'est rendue
sur le plateau de la lamentable émission proposée par C8 et présentée par le non moins médiocre Cyril Hanouna, celui-là même dont femmes et homosexuels se plaignent régulièrement.
Qu'à cela ne tienne. Marlène Schiappa, toute honte bue, a donc participé au show afin sans doute de donner plus de résonance à une annonce qui vint en fin d'émission: un grand principe "hanounesque": le teasing", ce moyen d'annoncer, d'annoncer et d'annoncer encore un "scoop", une "news", une "info" évidemment capitale et qui va, puisqu'on vous le dit, révolutionner la France, l'Europe, le mooooooooooooooooooooooooonde!!!!!
Une annonce qui tomba à plat puisque la dite annonce ne faisait que reprendre, présenté autrement, l'existant concernant les "cyber-harceleurs".
Voici ce qu'en dit le toujours excellent Samuel Gontier, dans Télérama.
Une friandise à déguster sans modération!
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"Etre en rassra(h)", terme popularisé par Cyril Hanouna,
indique une très grande angoisse. C'en est une, 
si on pense que les Français doivent acquérir du 
vocabulaire judéo-arabe pour s'assimiler dans 
 la communauté tunisienne de France.
"L’interview de la secrétaire d’Etat commence véritablement avec "le darka/rassrah de l’invité. Ce qui est 'darka', c’est ce qui est drôle, que vous aimez bien ; ce qui est rassrah, c’est ce qui est angoissant, moins sympa. Vous avez une petite pancarte…," explique l'hôte d'origine juive tunisienne à son invitée, fille de militants de la libre pensée et trotskiste lambertistes. Nul n'est dans cette émission, défenseur de la langue française , mais le nom de la féministe avait pourtant circulé parmi les prétendants à la succession de la Belge Françoise Nyssen à la Culture...
Après l’image de sa première apparition dans un JT arrive le logo du PSG. "PSG, darka ou rassrah ? Parce qu’on vous a vue au match." "Je suis plutôt supporter de l’OM », prévient Marlène Schiappa tandis qu’apparaît un magnifique portrait d’Emmanuel Macron en maillot de l’OM. Mais l’invitée concède apprécier les matchs du PSG. De toute façon, "j’adore le foot"...
"Dalida ?" "Darka", répond Marlène Schiappa. "Elle adore Dalida, confirme Cyril Hanouna, elle a même chanté une chanson de Dalida dans 'Thé ou café', sur France 2. Regardez.' Génial ! Je l’avais raté ! Elle chante magnifiquement bien 'Gigi l’amoroso'… La sous-ministre a tous les dons. Dont (!) celui d'énerver.
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"Darka ou rassrah, Emmanuel Macron ?", demande encore Cyril Hanouna, tandis que s’affiche un magnifique portrait du chef de l’Etat. "Super darka !" "Il est content de votre travail ? Il vous fait des points sur vos interventions télés ? 
Résultat de recherche d'images pour "oreilles vous ecoutent"
Il sait que vous êtes ici ce soir ?" "Il sait tout." 
"Darka ou rassrah, le CSA ?
Vous savez qu’entre le CSA et moi c’est une grande histoire… à trois millions d’euros", indique Cyril Hanouna, en référence à l’amende dont il a écopé. "Je note, Cyril, lui répond Marlène Schiappa, que vous avez fait beaucoup de progrès dans la maîtrise de votre antenne. Vous pouvez être tout aussi drôle tout en étant respectueux, donc bravo !" "Ouah !",s’extasient les chroniqueurs et le public.
Le feu roulant des questions des chroniqueurs démarre. L’une aimerait connaître "les coulisses de l’entrevue", l’an dernier, entre son patron et Marlène Schiappa. "Ça s’est très bien passé. La preuve, il est revenu, on a mangé ensemble, je lui ai offert des lasagnes, on s’écrit des SMS… Ça se passe bien, Cyril, entre nous ?", plaisante la secrétaire d’Etat en lui adressant des œillades. "Ouah !", s’extasient les chroniqueurs et le public. "J’ai apprécié votre geste, intervient Christine Kelly 
(elle a été nommée membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA, 2009-2015) par Gérard Larcher). C’était bien de dire “parlons-nous simplement pour pouvoir avancer ensemble”. Franchement, félicitations pour ce geste !"
Résultat de recherche d'images pour "Hanouna nu""J’ai une question politique pour vous, intervient Kelly (la DJ). J’aurais voulu savoir : est-ce que Cyril est votre délire ?" "Il est très beau, Cyril Hanouna", estime Marlène Schiappa, en lui adressant de nouvelles œillades. "Ouah ! ", frétillent les chroniqueurs et le public. "Il est très bienveillant; j’ai été surprise quand je l’ai rencontré. c’est un gentleman, c’est un homme qui se comporte très bien avec les femmes, qui est vraiment dans l’écoute, la bienveillance, loin de la caricature qu’on peut se faire de vous." " Ouah !", reprend le choeur des badauds."
(Christophe Chartreux) 
La blogueuse va-t-elle nous éviter ses "violences éducatives" coutumières ?

La secrétaire d’Etat en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes impose à la télévision le  "grand débat national" voulu par Macron, "dans une émission où on verse des nouilles dans le slip d'un chroniqueur !"
Pas moyen d'échapper au professeur Macron, alors qu'il squatte déjà BFMTV, LCI ou CNEWS chaque semaine pendant au moins six heures d'université du temps libre.

Dans un communiqué, la chaîne privée C8 explique programmer une soirée spéciale - ce qui, dès le départ, sent le coup de pub - de 'Balance ton post', ce vendredi 25 janvier, en deuxième partie de soirée. "Pas de débat politique, mais un échange citoyen avec des propositions concrètes", promet la chaîne. Retraités, infirmiers, demandeurs d'emploi, commerçants, agriculteurs et enseignants sont annoncés sur le plateau.

Un vote final pour choisir des propositions

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Le tout avec un vote final qui doit permettre de retenir sept idées, transmises au gouvernement. Dans son agenda officiel, la ministre se présente comme "invitée de Cyril Hanouna", mais pour une émission "animée par Marlène Schiappa et Cyril Hanouna". Un format inédit à la télévision. 

Le débat a été lancé par Emmanuel Macron, comme une réponse à la crise des Gilets jaunes. Il est articulé autour de quatre thèmes: pouvoir d'achat, fiscalité, démocratie et environnement. Le chef de l'Etat ponctue ce débat de déplacements en région,  à la rencontre des élus locaux, au mépris des mécontents des ronds-points.

Oubliée la polémique sur la blague homophobe d'Hanouna

Résultat de recherche d'images pour "Hanouna nu"La mémoire de Schiappa peut flancher. 
Il semble désormais que tout ce qui se dit et tout ce qu'on montre dans cette émission est de bon aloi, si tel est le bon vouloir de la twitto, mais les sorties de routes sont pourtant innombrables, faut-il lui rappeler ?
En direct de "Touche Pas à mon Poste" en prime time jeudi 18 mai 2017? en deuxième partie de soirée, Cyril Hanouna semble avoir pris un malin plaisir à piéger des homosexuels en passant une fausse annonce sur un site de rencontre gay. Démarche perverse sur un sujet sensible.

Dans la vidéo ci-dessous, on peut voir une séquence où Hanouna répond à un appel en adoptant une posture et une voix moqueuses et enchaîne les blagues douteuses.

SOS Homophobie estima que l'extrait était "scandaleux"
et assura qu'elle allait écrire au CSA. "Ce sont des propos homophobes. Pour nous, c'est une récidive de Hanouna : cela fait plusieurs fois qu'il est pris en flagrant délit d'homophobie", souligne Joël Deumier, président de l'association.

C'est en effet loin d'être la première fois que l'émission de C8 fait preuve "d'homophobie ordinaire". En décembre, l'association des journalistes LGBT, l'AJL, épinglait "TPMP"pour le seul mois de novembre, elle avait comptabilisé 42 références à l'homosexualité, "souvent pour en rire de manière rabaissante". Pourtant, fin décembre 2016, Cyril Hanouna déclarait qu'il allait "continuer à combattre l'homophobie".

Après la séquence homophobe d'Hanouna qui a fait buzzer TPMP, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa a reçu l'animateur dans ses locaux, pour purger l'affaire du canular homophobe du 18 mai. Dans un entretien accordée avec L’Obs, celle-ci revient sur cet échange qu’elle espère efficace : 
"Avant tout, ce n’était pas une convocation, contrairement à ce qu’on a pu lire dans la presse, se défend la stalinienne. Ce n’est pas la place des membres de gouvernement. Je voulais simplement le rencontrer. La valeur de sanction appartient au CSA et à la justice quand il y a des plaintes. Mon rôle n’est pas de sanctionner mais de conduire des politiques publiques d’égalité entre les femmes et les hommes et de lutte contre l’homophobie", tint elle à préciser.
Sur Twitter, la ministre explique également avoir remis à Cyril Hanouna le rapport 2017 de l’association SOS Homophobie qui semble co-gérer le sous-ministère.
Les initiatives de l'électron libre du gouvernement sont un peu trop souvent douteuses.
Comme lorsqu'elle demanda publiquement que soient fichés les participants à une cagnotte pour soutenir le boxeur Christophe Dettinger ou qu'elle affirma que des puissances étrangères complotent derrière le mouvement des Gilets jaunes
En ce qui concerne la co-présentation de l'émission avec Hanouna, a-t-elle obtenu le feu vert de l'Elysée pour offrir sa prestation ? A priori, connaissant la centralisation du pouvoir macronien, on pourrait le croire. Mais Marlène Schiappa a déjà pris librement des initiatives qui ont déplu au Château, sur la question de l'ISF. 

A l'époque, L’Obs qui rappelle que 'Touche pas à mon poste' est une émission qui se situe plutôt sur le registre de la provocation, se demanda si ce n’était pas un peu naïf de croire qu’on allait y faire de la pédagogie… La question est restée sans réponse en 2019 et pour cause : elle se fonde sur "le pari que Cyril Hanouna et ses équipes sont dotés d’intelligence".