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jeudi 13 février 2020

Aubry (PS): avec Macron, "l'inhumanité est en marche"

La maire de Lille parle peu, mais elle est toujours aussi  vacharde

Maire PS sortante de Lille et
 candidate, à 69 ans, à un quatrième mandatMartine Aubry, a encore dénoncé Macron et sa majorité "d'amateurs" : "l'inhumanité est en marche dans toutes ses politiques".

"M. Macron a dit hier à ses députés 'vous avez raison d'être des amateurs'... Ce sont des amateurs ! Et c'est un homme qui, aujourd'hui, sert ceux qui ont déjà beaucoup d'argent", a résumé  M. Aubry, mercredi sur RTL

"Il parle 'd'humanité' à ses députés, à qui on demande de voter comme un seul homme, parce qu'ils n'ont pas compris que, quand on perd un enfant, on a besoin d'un congé... L'inhumanité, elle est en marche dans toutes les politiques qu'il met en place !", a-t-elle lâché.

Concernant la réforme des retraites, l'ancienne ministre de l'Emploi et de la Solidarité de Jospin, il y a 23 ans (1991-1993) a rappelé qu'elle est "extrêmement inquiète depuis le début".
"La retraite, c'est l'assurance retraite ! Il faut que chacun ait l'assurance d'avoir une retraite et de pouvoir (en) vivre" mais aujourd'hui, "personne ne sait ce qu'il va gagner lorsqu'il sera en retraite et tout le monde est inquiet en France. Nous ne savons rien sur la durée de cotisation, sur la valeur du point", a-t-elle déploré.
"On est en train de tout changer, de faire en sorte que ceux qui étaient déjà les plus défavorisés le soient encore plus", a poursuivi l'ex-patronne du PS (2008-2012), évoquant la situation des femmes, des personnes travaillant à temps partiel ou des "emplois pénibles".

S'il "manque 7 milliards par an à partir de 2025", la France "crée une richesse de 30 milliards supplémentaires par an, ne peut-on pas trouver là les 7 milliards ?", a-t-elle plaidé.

"Quand M. Macron a supprimé l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune, créé en 1989 par Jean-Pierre Soisson, ministre du Travail giscardien de Michel Rocard) et mis en place une flat tax pour les revenus des actions et des obligations, cela représentait 5 milliards", a-t-elle ajouté, citant aussi une étude de l'OFCE selon laquelle, avec les mesures prises par le gouvernement, "5% des Français les plus riches ont gagné 2.940 euros par an pendant que les 5% les plus pauvres ont perdu 240 euros".

"La France, elle est perdue, divisée, angoissée et M. Macron en est le responsable", a-t-elle asséné.

lundi 10 février 2020

Paralysie du débat sur le projet de loi Macron de réforme des retraites

Les députés de la commission spéciale du financement n'ont plus que jusqu’à mercredi soir pour aller au bout de leurs travaux

Ils ont seulement terminé l’examen de l’article 12 du texte qui en compte soixante-cinq. 

Clémentine Autain et Jean-Luc Mélenchon, lors de l’examen du projet de loi sur la réforme des retraites, en commission spéciale, à l’Assemblée nationale, le 3 février.Le parti du président fait-il traîner l'examen des amendements ? "Mes chers collègues, il nous reste 17.921 amendements à examiner," a annoncé Célia de Lavergne, vice-présidente (La République en marche, LREM) de la commission spéciale chargée de son examen - au cinquième jour de débat -, vendredi 7 février, après une semaine de travail, déclenchant un "ouaiiiis" ironique au fond de la salle. 

Avec les autres membres de cette commission présidée par l'autoritaire Brigitte Bourguignon, elle a siégé tout le week-end, alors que les opposants à la réforme des retraites, communistes, socialistes et une partie de la droite, ponctuellement, livrent une guerre de tranchée, emmenés par les députés de La France insoumise (LFI). Ces derniers ont à eux seuls déposé 19.000 des 22.000 amendements au texte, souvent identiques et qui peuvent être examinés en bloc, la majorité répondant pas à la "grève du zèle" des opposants par un "examen perlé"...
"L’intention de LFI n’est pas de coopérer à l’élaboration du texte, mais de porter au sein de l’Assemblée nationale la revendication majoritaire dans le pays de [son] retrait", assumait Adrien Quatennens, député (LFI) du Nord, vendredi, à la différence des PlayMobil de Macron.

Alors, depuis lundi, se tient un débat décousu et atypique pour ce quinquennat, et non pas inédit, respectant tantôt le fil des articles mais s’en éloignant très régulièrement. "C’est un alinéa qui revient sur le sujet des pensions civiles et militaires, mais je voulais évoquer un cas de figure qui n’a rien à voir, celui des danseurs de l’Opéra de Paris…", tentait ainsi la députée (LFI) Sabine Rubin (Seine-Saint-Denis), jeudi, cité par le journal Le Monde du banquier Matthieu Pigasse et de l'homme d'affaires Xavier Niel, lequel est marié à Delphine Arnault, fille de Bernard Arnault, actionnaire majoritaire et président-directeur général du groupe de luxe LVMH, propriétaire du groupe Les Echos, avec Le Parisien et Radio Classique.

Les échanges virent parfois au grand oral de Sciences Po, tels ceux d’Eric Woerth (Les Républicains, LR, Oise) et Adrien Quatennens devisant sur "le travail est-il une souffrance ?", ce qui n'est pas hors sujet, puisqu'il est question de pénibilité (et de rétablissement des  régimes spéciaux, tel celui des déménageurs)?, si les détracteurs - élus de la majorité et media associés - voulaient bien faire oeuvre d'objectivité. "A chaque question, j’ai l’impression d’être face à une épreuve du bac", critiquait, vendredi, un traumatisé de l'école de la République, le rapporteur (MoDem) Nicolas Turquois (Vienne), un parti satellite de LREM. 

A plusieurs reprises, le ton est monté, en particulier sur les conditions d’examen du texte, les députés s’interpellant dans un climat électrique, du fait à la fois des enjeux, des partis-pris, mais aussi de l'impréparation des soutiens du projet.

L'"amateurisme coupable" de la majorité de Pieds Nickelés arrogants 

Le sujet central de la valeur du point dans le futur système universel a été abordé vendredi. Selon le texte, elle sera fixée par défaut, en fonction de "l’évolution du revenu moyen par tête"
Plusieurs députés d’opposition s’en sont étonnés. Après un long moment, le secrétaire d’Etat chargé de la réforme, Laurent Pietraszewski, a fini par reconnaître qu’il s’agirait d’un "nouvel indicateur" de l’INSEE... qui reste à créer ! Assez pour que le socialiste Boris Vallaud (Landes) dénonce "un amateurisme coupable".

C'est dans ce climat "brouillon", selon Bernard Cazeneuve (PS) que
s'élabore la loi, cahin-caha et à tâtons, sans vision d'ensemble, chaque législateur découvrant peu à peu les problèmes à régler qui n'avaient pas été entrevus par Macron.

lundi 3 février 2020

Congé pour décès d'un enfant : Aurore Bergé insulte les indignés de la pingrerie LREM

Aurore Bergé rétablit le "mur des 'cons' ” pour les détracteurs de la soumission des PlayMobil de Macron 

Les parlementaires couchés et décérébrés sont juste des "députés loyaux"

« Salut les Terriens » : la députée Aurore Bergé attaquée sur sa tenueEn charge de la "riposte", la députée et porte-parole du parti du président est surmenée par la série de couacs au gouvernement et l'ode à la loyauté de la girouette politique de l'hémicycle laisse sans voix, en attendant Schiappa... Cette mère de deux enfants (en 2016) a refusé que ses collègues portent à eux-seuls le refus de la majorité d'allonger le congé de deuil après le décès d'un enfant.

L'hégémonie obtuse des élus de Macron s'abat sur des centristes !

Aurore Bergé monte en première ligne pour défendre les godillots. La  porte-parole de LREM est revenue sur le scandale créé jeudi 30 janvier à l'Assemblée nationale. La majorité avait refusé une proposition de loi du groupe UDI-Agir qui demandait d'allonger de cinq à douze jours le congé de deuil après le décès d'un enfant. 
Bien que l'opposition s'attende au rejet systématique de ses propositions de loi par la majorité macronienne, ce sont des alliés aux municipales qui sont maltraités. 

Le rejet avait soulevé une telle vague d'indignation que, samedi, Macron avait dû lui-même demander au gouvernement de revoir sa position et "de faire preuve d'humanité". Dans l'exécutif, certains auraient déploré l''indécence de la majorité, faisant redescendre Macron de ses sommets, et auraient taclé - entre deux portes, souvent sous couvert d'anonymat - l'amateurisme des députés LREM désincarnés.

samedi 26 janvier 2019

Le porte-parole Benjamin Griveaux devrait parfois se taire !

Griveaux échauffe les oreilles de Philippe Bilger !

"On ne peut pas demander aux manifestants d'être exemplaires si on ne l'est pas soi-même" :  c'est le pavé lancé par Griveaux à la police

"Mais qui peut se prétendre exemplaire ?", s'interroge l'avocat général honoraire.
Rien n'est plus difficile que d'être le porte-parole d'un gouvernement qui ne brille pas par la cohérence et l'efficacité, à quelques exceptions près que je ne veux plus citer parce que trop d'encens pourrait leur nuire.

J'écris ce billet durant la seconde audition d'Alexandre Benalla - il élude beaucoup mais dément l'Elysée sur un point essentiel: une date de restitution - devant la commission sénatoriale parce que je tiens à ne pas laisser parasiter mon prochain post par une périphérie digne d'intérêt mais sans lien avec son objet principal.
 
Benjamin Griveaux a déclaré le 20 janvier: "On ne peut pas demander aux manifestants d'être exemplaires si on ne l'est pas soi-même" (Le Figaro). Cette phrase qui vise la police est extrêmement maladroite parce qu'elle relève de ces affirmations à tiroirs qui naturellement dépassent leur champ initial.
Comment Benjamin Griveaux a-t-il pu ignorer que cette exigence d'exemplarité formulée sur un ton condescendant à l'égard de la police subissant sur le terrain le pire à cause de la crise interminable des Gilets jaunes [si on confond la cause  - la sur-fiscalité qui confisque du pouvoir d'achat -,  et la conséquence - la crise sociale] et donc du pouvoir longtemps impuissant [ou incapable, sinon d'annoncer chaque mois le redressement de la courbe du chômage pour le suivant], va être retournée de plein fouet vers le président, le Premier ministre, le gouvernement et lui-même?

Cette personnalité, beaucoup portraiturée -mi-figue mi-raisin- [à vrai dire plutôt groseille acide] durant la semaine écoulée, est trop intelligente [ironie de la courbette !] pour ne pas admettre que certains de ses propos ont été désastreux et donc contradictoires [insensés ou sots ?] avec l'exemplarité souhaitée.

Et il sait aussi [présomptif Bilger...] que le Premier ministre, ses collègues ministres et l'Elysée - il a eu le courage de dénoncer les dysfonctionnements que cette maison à l'évidence "mal tenue" a connus - n'ont pas été, les uns et les autres, aussi remarquables que la valeur d'exemplarité aurait dû le prescrire [En bref et en clair: la bande à Jupiter sont des nuls prétentieux et des modèles à ne pas suivre].

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Je veux bien que Benjamin Griveaux [ci-contre] donne une leçon de morale à la police mais sa morale a une leçon: qui peut se prétendre exemplaire? Et quand on ne l'est pas à coup sûr, quelle crédibilité ont les semonces même les plus pertinentes sur le fond [pertinence de la cible policière visée ?] ?

Cette exemplarité si largement battue en brèche [disons-le, en ruines] a trouvé malheureusement son pic à l'Elysée où le feuilleton Benalla et ses développements lassants [tuants, au pistolet à eau] et surprenants [abracadabrantesques ?] à la fois, avec, notamment l'arme, les passeports diplomatiques et de service et le téléphone crypté Teorem [sans compter le badge d'accès à l'Assemblée, au nom de la séparation des pouvoirs et de la bonne forme physique de "tabasseur" de manifestants], ont révélé une indéniable incurie au moins de la part du directeur de cabinet et accessoirement du chef de cabinet [celui qui les a nommés avec un indéniable discernement ne révèle donc, quant à lui, aucune marque d'incurie].

Cela n'a pas empêché le premier [Patrice Strzoda] de se vanter, sur une question d'un sénateur, d'avoir dirigé une maison, selon lui, "bien tenue" et de se défausser sur les chefs de service. Il se contente de peu.
Si j'insiste sur ce haut lieu républicain, cela tient au fait que dans sa gestion on espérait l'excellence, la fiabilité et la rectitude, on était même persuadé que ces qualités y seraient respectées plus qu'ailleurs. Pourtant, ce qui se dégage de ces semaines et de ces épisodes à force ridicules, est l'impression d'un déplorable amateurisme qui n'est rassurant que s'il nous permet de relativiser l'accusation renouvelée d'affaire d'Etat. Alors que sans doute il s'agit d'abord de professionnels qui n'ont pas été à la hauteur de leur poste prestigieux [que Bilger se montre rassurant sur le professionnalisme du militaire de haut rang - le chef d'Etat-Major des armées est le général d'armée François Lecointre -  qui dispose des codes de tir nucléaire et peut déclencher la mise à feu, sur ordre du chef de l’Etat qui est le chef des armées et le président du Conseil de défense et de sécurité nationale, où que soit le "monarque nucléaire", Saint-Martin ou ailleurs, depuis le PC "Jupiter" de l'Elysée livré à "une indéniable incurie"]. 

Plutôt donc le désordre et l'approximation que la rigueur. Est-ce consolant?
Peut-être n'aurais-je pas dû être aussi surpris par ces maladresses et négligences puisqu'il suffit de considérer les grandes entreprises et les personnalités qui les dirigent, plus généralement les institutions et les services publics de notre pays, pour être au fait malheureusement d'un défaut d'exemplarité aussi bien dans le fond des actions que, le plus souvent, dans leur forme.
On aurait pu imaginer que l'Elysée échapperait à ces dérives trop régulières pour ne pas être consubstantielles à un monde pour lequel l'exemplarité est moins une aspiration, un désir qu'une indifférence. Il y aurait une hiérarchie des tâches entre les essentielles et les dérisoires alors qu'il n'y a pas de domaine réservé où l'exemplarité serait obligatoire et d'autres non. Elle doit être indivisible et ne se découpe pas selon le bon loisir.

Je ne voudrais pas qu'à force, alors qu'on annonce Benjamin Griveaux comme le rival probable d'Anne Hidalgo pour la Mairie de Paris [où il disposerait d'une police municipale sous ses ordres], il perde tout crédit pour cette lutte municipale à venir.
Il devrait parfois se taire. [Qu'il parle plutôt ! Et que les électeurs votent en bonne connaissance de cause, leur évitant ainsi de faire entrer le désordre et l'approximation à Paris où règne le sectarisme et l'autoritarisme.
 
Ce billet a été initialement publié sur le blog de Philippe Bilger.

vendredi 28 décembre 2018

Affaire Benalla, saison 2 : des passeports diplomatiques pour ses voyages d'affaires

Benalla a continué d'utiliser à ses affaires en Afrique plusieurs passeports diplomatiques confisqués 

A-t-il profité du déplacement de Macron au Tchad avant Noël pour faire des affaires ?  
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Alexandre Benalla continue comme avant à utiliser des passeports diplomatiques pour ses affaires en Afrique, révèlent en semble le journal Le Monde et le site Mediapart, relançant ainsi de nombreuses questions négligées sur le dossier politique de l'année 2018.

Alors que l’Elysée a assuré ces derniers jours qu’Alexandre Benalla, reconverti dans la diplomatie privée en Afrique, n’est pas "un émissaire officiel ou officieux", Alexandre Benalla voyage néanmoins avec un passeport diplomatique de la République bananière française, depuis plusieurs mois, malgré son limogeage en juillet de l'Elysée, selon Mediapart, ce jeudi 27 décembre. Le précieux document, utilisé ces dernières semaines pour entrer dans différents pays africains, ainsi qu’en Israël, et qui porte la référence 17CD09254, a été délivré le 24 mai 2018.
Ce document à diffusion limitée avait servi à ses voyages d’affaires et les acteurs politiques respectueux de la République réclament maintenant des explications sur ces faits nouveaux au dossier complémentairement étudié par les deux chambres parlementaires.

Des négligences ou des complicités ? 

"Qu'il ait un passeport diplomatique encore aujourd'hui dépasse l'entendement", s’étrangle doucement sur Franceinfo le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Le député-maire de Seine-Saint-Denis “espère” que la commission d’enquête sénatoriale toujours chargée de faire la lumière sur l’affaire Benalla procèdera à de nouvelles auditions sur cette affaire dans l'affaire

Une demande à laquelle la sénatrice écologiste Esther Benbassa, membre de la commission sénatoriale sur l'affaire Benalla, explique ce vendredi dans L’Obs vouloir accéder : “Il est clair que ce nouvel épisode de l’affaire Benalla, 'l’Acte 2', si on peut dire, doit logiquement amener la commission d’enquête sénatoriale à entendre à nouveau Alexandre Benalla”.

Sur RTL,
le porte-parole du parti Les Républicains (LR), ne se contente pas de demi-mesures. Celui qui, avec 52,39% des voix a déboulonné Christophe Sirugue (PS, 32,58%) de la mairie de Chalon-sur-Saône, le journaliste Gilles Platret, estime quant à lui que "la justice doit se saisir" du dossier. "Il nous semble nécessaire qu'elle étende ses investigations pour savoir pourquoi et comment il est détenteur d'un passeport diplomatique 15 jours après sa suspension et comment alors qu'il n'est plus à l'Elysée, il continue de s'en servir pour des actions dont on a besoin de savoir ce qu'elles sont en réalité”, développe le maire et journaliste.

Le Rassemblement national (RN) se pose les questions de fond que négligent les Insoumis.
“Il avait le bras long, le chômeur Benalla, pour faire ses affaires !”, une fois que ses fonctions officielles eurent pris fin, tempête sur Twitter son porte-parole Sébastien Chenu, qui parle lui aussi d’un 'acte 2' de l’affaire. "Pourquoi Benalla jouit-il de cette étrange protection de l'Elysée ? Quel lien l'enchaîne à Emmanuel Macron au point de risquer d'entraîner le président avec lui ? 

Quel intérêt a Macron à couvrir ce barbouze de série z ?”, s'interroge le maire de Béziers, Robert Ménard, alors que tardent les questions de Mélenchon (LFI).

Mis en examen notamment pour "violence volontaire", Benalla était censé avoir restitué le ou les passeports diplomatiques en sa possession.

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Sur Europe 1, le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, résume en quoi ce nouvel épisode pourrait jeter l’exécutif dans une nouvelle tempête : "Voilà quelqu'un qui est censé être sanctionné après ses exactions du mois de mai et qui, au lendemain de ces exactions, obtient deux passeports diplomatiques - en date du 24 mai 2018, selon Mediapart, alors qu’Alexandre Benalla était déjà censé être mis à pied par l’Elysée [après avoir été accusé d'avoir violenté un manifestant le 1er mai à Paris]. Il est de notoriété publique qu'il continue de se balader dans l'Afrique entière et malgré cela, l'Elysée ne vérifie pas qu'il a bien rendu ses passeports diplomatiques qui lui donnent une sorte de sésame. C'est profondément inquiétant, soit sur l'amateurisme de cette présidence, soit sur le double langage qu'elle continue d'avoir".

Alors que la présidence de la République jurait mardi soir que le nouvel amoureux de l'Afrique n'était “pas un émissaire officiel ou officieux” d'Emmanuel Macron, la détention d’un passeport officiel par l’ancien conseiller du chef de l'Etat constitue effectivement scandale sur l'incompétence, si ce n'est la complicité, de l'entourage présidentiel. 
Car ce document permet à Alexandre Benalla de voyager sans visa dans presque tous les pays du monde, la plupart du temps,  en bénéficiant de l’immunité diplomatique. Un laissez-passer qui comprend notamment cette mention : "Nous, ministre des Affaires étrangères [Jean-Yves Le Drian], requérons les autorités civiles et militaires de la République française et prions les autorités des pays amis et alliés de laisser passer librement le titulaire du présent passeport et de lui donner aide et protection".
Benalla s'était engagé sur l'honneur à restituer ses passeports diplomatiques

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Indigne d'en être détenteur, Alexandre Benalla s’est notamment rendu au Congo-Brazzaville, au Cameroun et au Tchad, ces derniers mois, selon Le Monde.
Il pourrait par ailleurs devoir répondre de l'accusation de mensonge et de parjure à la commission sénatoriale qui l’avait interrogé le 19 septembre dernier. Il avait en effet affirmé avoir laissé ses passeports diplomatiques "au bureau [qu’il occupait] à l'Elysée". 
"Si Benalla a effectivement utilisé ce passeport après son départ de l’Elysée, il y a parjure, puisqu’il nous a menti en prétendant qu’il l’avait laissé dans son bureau de l’Elysée. Nous sommes donc entrés dans une phase qui sera immanquablement judiciaire",estime la sénatrice Esther Benbassa, qui rappelle la peine encourue le cas échéant : 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. 
Le Tchad paiera-t-il ? Benalla se trouvait-il à N'Djamena quand Macron est allé passé le weekend avant Noël entre hommes avec les militaires de l'opération Barkhane ?

Alexandre Benalla s'était engagé auprès du quai d’Orsay

Jean-Yves Le Drian a-t-il laissé courir?
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Dès le 23 mai dernier, dans un document signé de sa main révélé par BFMTV, l'ancien conseiller de l'Elysée préposé à l'escorte du corps sacré de Jupiter s'était engagé à restituer ses passeports. 

Jeudi, Le Drian, ministère des Affaires étrangères, a fait savoir qu’il examine "toutes les suites possibles, y compris judiciaires, sur la non-restitution des passeports d'Alexandre Benalla".

"La question d'une usurpation de fonction se pose", estiment même les autorités. Celle d'une légèreté dans leur traitement du dossier Benalla, aussi.

mardi 18 décembre 2018

Le pouvoir annule, puis rétablit, ses propres mesures sociales déjà annoncées

Ce pouvoir qui se croit "trop intelligent" et "trop subtil" se révèle "trop nul"

Alors qu'il avait annoncé le contraire quelques heures auparavant, l'exécutif a annoncé qu'il appliquera bien toutes les mesures annoncées en novembre 

Résultat de recherche d'images pour "girouette"en réponse à la crise sociale incarnée par les "gilets jaunes" restés mobilisés après quatre semaines de lutte pour le pouvoir d'achat des Français.

Contre-ordres et rétropédalages en série 

En fin d'après-midi du mardi 18 décembre, le gouvernement a fait savoir à l’Agence France-presse (AFP), puis confirmé au Monde, que plusieurs mesures annoncées en novembre seront abandonnées, annulées, oubliées, première réponse aux 'gilets jaunes'.Parmi les dispositions annulées, puis maintenues : l’extension du chèque énergie, le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion (ou à la casse) pour les gros rouleurs.

Rétropédalage quelques heures plus tard : elles sont finalement toutes maintenues,  fait savoir  Edouard Philippe. Matignon venait tout juste d'assurer qu’elles ne s’imposaient plus en raison de l’annulation de la hausse des taxes sur le carburant. L’explication a fait long feu.

Interrogé par Le Monde, l’entourage du chef du gouvernement "assume"  - une fois de plus - d’avoir changé d’avis en moins de deux heures, parlant d’un "choix politique" préféré à un "choix budgétaire":
"Il nous apparaissait normal de supprimer les compensations à la hausse de la taxe carbone à partir du moment où cette hausse était elle-même supprimée. Mais au vu de l’incompréhension suscitée par cette annonce, le premier ministre a préféré revenir aux mesures initiales"... L'intelligence limitée des Français a eu du bon...
Pris pour des girouettes, les députés godillots de la majorité se sont rebiffés

"Après discussion avec les parlementaires de la majorité, le gouvernement maintient l'ensemble des mesures annoncées par le premier ministre en novembre", explique une source ministérielle qui préfère garder l'anonymat.


Des tâtonnements qui signalent l'amateurisme de l'exécutif et le décrédibilisent 

130 millions d'euros en jeu.
Dans un premier temps, l'exécutif justifiait ce rétropédalage par les décisions prises en décembre, telles que le gel des taxes sur les carburants et la hausse de la prime d'activité. 
Au total, ces mesures de pouvoir d'achat devraient coûter plus de 10 milliards d'euros. Pour le gouvernement, il s'agissait alors d'équilibrer au mieux les comptes pour le budget 2019 en cours d'adoption à l'Assemblée nationale, fût-ce en détournant une large part de la taxe carbone vers le budget général de l'Etat, en catimini. 
"Ces dernières semaines nous ont appris à ne surtout pas laisser s’installer les incompréhensions une fois qu’elles sont décelées", plaide une source, laquelle n'envisage pas un instant que les vire-voltes du pouvoir soient tout bêtement incompréhensibles.

Ainsi, l'annulation d'une partie des premières mesures permettait de réaliser une économie de 130 millions d'euros sur les 500 millions prévus initialement.
"Il faudra les trouver ailleurs", reconnaît rétrospectivement Matignon, contraint d'admettre que la population comprend beaucoup plus que n'imagine la clique d'énarques. 
"On a eu le sentiment de prendre le risque de ne pas être compris", continuait-on d'expliquer au gouvernement en début de soirée, puisqu'ils persistent à se prendre plus intelligents et subtils qu'ils ne sont, alors que l’ensemble des mesures sera bien soumis à la discussion l'approbation des députés et intégré au projet de loi de finances (PLF) en débat mardi soir.

A noter que la hausse de 50 euros en moyenne du chèque énergie au 1er janvier pour les bénéficiaires actuels (environ 3,6 millions de foyers) et la "surprime" à la conversion des voitures pour les foyers modestes n'étaient pas concernés par le projet initial d'abandon d'une partie des mesures.

Vote du gel des taxes sur les carburants 
En parallèle, l'Assemblée nationale a acté le gel des taxes sur les carburants jusqu'en 2022, dans le cadre du projet de budget pour 2019. Cela revient à supprimer la hausse en 2019 de 3 centimes sur l'essence et 6 centimes sur le gazole, et au total, d'ici à 2022, de 10 centimes sur l'essence et 19 centimes sur le gazole. Le gel concerne la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, qui profite à l'Etat), la taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN) et la taxe intérieure sur la consommation de charbon (TICC).

Le gouvernement avait d'abord annoncé une suspension pour six mois de la hausse des taxes, avant d'opter finalement pour un gel, au minimum, pour l'année prochaine. Les députés ont donné leur feu vert quasiment sans débat : les députés LREM votent tout et son contraire comme un seul homme...

"Renoncer à des mesures pour accompagner la transition énergétique (…) est une VRAIE ERREUR. Et inaudible et incompréhensible dans la situation actuelle ", avait notamment écrit sur Twitter le député (La République en marche) du Maine-et-Loire, Matthieu Orphelin. 

"Je donne, je reprends, et elle est où "l’écologie populaire" quand on revient sur l’élargissement du chèque énergie et les primes à la conversion ! ? ", avait raillé de son côté le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, tandis que le porte-parole du Parti communiste, Ian Brossat, dénonçait "une honte".

Ironie de l’histoire, dans la matinée de ce mardi de valse-hésitation, le premier ministre et des membres du gouvernement rencontraient les députés de la majorité pour discuter des mesures à intégrer dans le PLF. Rien, alors, ni le recul sur certaines propositions ni leur maintien, n’avait été annoncé.

jeudi 6 décembre 2018

Amateurisme des prétentieux : le rétropédalage du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

Du moratoire à l'annulation, le rétropédalage des bras-cassés du gouvernement sur la hausse de la taxe carbone

L'Elysée a annoncé, mercredi soir, l'annulation de l'augmentation de la taxe carbone pour 2019

Résultat de recherche d'images pour "tango"Or, la veille, le premier ministre, Edouard Philippe, évoquait pourtant un moratoire de six mois sur cette hausse.
L'exécutif fait marche arrière et ces braves gens expliquent leur rétropédalage en se parant des vertus de l'écoute attentive et de la compréhension bienveillante dont ils ont pourtant si peu fait montre jusqu'ici : l'Elysée et Matignon sont tombés d'accord pour assurer qu'ils ont entendu la "colère" grave et "insaisissable" des "gilets jaunes"

Alors qu'il assurait maintenir le cap, affirmant et réaffirmant sa volonté d'augmenter la taxe sur les carburants au 1er janvier 2019,
le gouvernement a finalement cédé aux manifestants pourtant inorganisés, répondant à leur première revendication des Gilets jaunes : l'annulation de cette hausse de la taxe carbone qui frappe les automobilistes à la pompe, sans distinction de revenus. La hausse de plus de 40 centimes d'euros sur le diesel, en seulement quelques semaines, continue toutefois de grever tous les budgets, indistinctement.
La taxe carbone, un prélèvement fiscal pesant inégalement sur les produits énergétiques en fonction de leur niveau d'émission de CO2, devait passer de 44,60 à 55 euros la tonne de CO2 au 1er janvier 2019. Avant que les 'Gilets jaunes' ne prennent le mors aux dents, les taxes sur le gazole devaient ainsi augmenter de 6,5 centimes par litre l'année prochaine et les taxes sur l'essence de 2,9 centimes par litre. Elles étaient d'autant plus mal perçues que la tendance cours du Brent (prix du pétrole brut) est plutôt à la baisse depuis octobre et que le fruit de cet impôt indirect était détourné de l'écologie au profit du budget général de l'Etat...
De l'annonce d'un moratoire de six mois sur cette hausse, mardi 4 décembre, à l'annulation de l'augmentation en 2019, mercredi 5, retour sur les cinq actes du rétropédalage de l'exécutif

Résultat de recherche d'images pour "tango Macron Philippe"

1 - Sous la pression de la rue, Matignon annonce un moratoire de six mois

La journée de mardi marque un tournant dans la réponse du gouvernement face au mouvement des "gilets jaunes". Tôt dans la matinée, Matignon révèle à l'AFP que le Premier ministre, Edouard Philippe, va annoncer un moratoire sur la hausse des taxes sur les carburants.

Selon une source gouvernementale, la mesure a été décidée lors d'une réunion de crise, présidée par Emmanuel Macron lundi soir. Quarante-huit heures plus tôt, de graves violences ont éclaté à Paris, en marge de l'"acte 3" de la mobilisation des "gilets jaunes". La situation est critique : 133 personnes ont été blessées et 412 ont été interpellées. 

L'idée d'un moratoire de six mois sur cette augmentation était présente dans une première version du discours d'Emmanuel Macron sur la transition écologique, mardi 27 novembre. Le président l'a finalement supprimée du texte final, au cours de son allocution... 

2 - Edouard Philippe confirme ce moratoire

Lors d'une allocation depuis l'Hôtel de Matignon, le chef du gouvernement annonce, quelques heures plus tard,, un ensemble de mesures en réponse à la mobilisation des "gilets jaunes". Edouard Philippe promet alors "une suspension pendant six mois de la hausse de la taxe carbone, de la convergence diesel-essence et de la hausse de la fiscalité sur le gazole entrepreneur non routier".

Ces augmentations "ne s'appliqueront pas avant d'être débattues par toutes les parties prenantes" pendant la concertation sur les réponses à apporter aux "gilets jaunes", poursuit-il. "Il faut mettre en œuvre des mesures d'accompagnement. Si on ne les trouve pas, nous en tirerons les conséquences", lance le Premier ministre.
A ce moment-là, Edouard Philippe n'exclut donc pas l'inscription de l'augmentation dans un budget rectificatif "au printemps", à l'issue des débats sur les solutions à apporter aux "gilets jaunes".

3 - Le premier sinistre évoque une annulation

Changement de ton mercredi matin. Au cours d'un débat de cinq heures à l'Assemblée nationale sur les mesures annoncées la veille par Edouard Philippe, le Premier ministre va plus loin, dans les concessions faites aux "gilets jaunes". Il ne s'agit alors plus d'un moratoire de six mois, mais d'un abandon pour 2019.
"Si nous ne trouvons pas les bonnes solutions, alors, nous n'appliquerons pas cette taxe." (Edouard Philippe, devant les députés)
Et le locataire de Matignon de conclure en annonçant que "la hausse de cette taxe est désormais abandonnée dans le PLF [projet de loi de finances] 2019". "Elle ne sera pas dans le PLF 2019 et toute solution devra être issue du débat", ajoute-t-il. Ses mesures sont approuvées par les suiveurs de la majorité présidentielle à l'Assemblée nationale, par 358 voix contre 194. 

4 - L'Elysée confirme une hausse "annulée"

Mercredi soir, l'Elysée tente de clarifier la position du gouvernement. La présidence annonce ainsi que l'augmentation de la taxe carbone au 1er janvier n'est pas "suspendue, ni différée", mais purement et simplement "annulée". L'Elysée enterre donc le soir le moratoire de six mois proposé par Edouard Philippe la veille, et déjà remis en cause par le premier ministre lui-même trois heures plus tôt, au Palais Bourbon.

5 - L'exécutif nie tout différend

Peu après cette annonce, la présidence précise ses propos dans un communiqué, relève Le Monde. L'Elysée assure alors que "le président et le Premier ministre ont souhaité de concert que la hausse de la taxe carbone prévue dans le PLF 2019 soit supprimée". Il nie ainsi tout désaveu du Premier ministre par Emmanuel Macron.

Le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy, a justifié lui aussi les changements de pieds successifs de l'exécutif, mercredi soir, sur BFMTV, lors d'un débat avec des "gilets jaunes". "Le président (...) m'a dit : 'Les gens ont eu l'impression qu'il y avait une entourloupe, qu'on leur disait, c'est une suspension, mais hop, ça reviendra après'", a défendu le ministre.

"Il n'y a aucun différend" entre le chef du gouvernement et le président, a dû nier de son côté le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur France 2 jeudi matin. "La taxe sur les carburants est supprimée pour 2019; je pense que le message est suffisamment clair." Il fallait oser cette audace de la clarté... 




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🗨️ @BrunoLeMaire "Il n'y a aucun différend entre le Président et le Premier ministre, on tirera les leçons au moment venu." @telematin

Et il n'empêche que le député LREM Gilles Le Gendre a le front d'affirmer que l'exécutif est "trop intelligent" et "trop subtil" pour que les Français puissent comprendre la "pensée complexe" du président et de ses valets.