Les européennes n'étaient pas déjà passées que les prix des carburants s'envolaient
Hausse généralisée du sans-plomb et du diesel
Mains en l'air !
La hausse des prix du carburant était la cause principale de la colère des Gilets jaunes". Les prix des carburants routiers, vendus dans les stations-service françaises, ont progressé dans leur ensemble la semaine dernière, selon des chiffres officiels publiés, lundi 27 mai.
Carburant le plus vendu avec près de 80% des volumes, en ruralité singulièrement, le gazole s'affichait à 1,4898 euro le litre en moyenne, en hausse de 0,82 centime, selon les données hebdomadaires publiées par de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire, menton haut et bras ballants.
La hausse est encore plus marquée pour le sans-plomb. Il ne devrait pas rester encore longtemps en-deçà de son plus haut niveau de l'an dernier, lorsqu'il avait atteint une moyenne hebdomadaire de 1,5331 euro le litre en octobre.
Quant à lui, le litre d'essence sans-plomb 95 a déjà augmenté de 1,48 centime à 1,5943 euro, à des niveaux encorejamais atteints depuis 2013.
De même, celui du sans-plomb 95 (SP95) contenant jusqu'à 10% d'éthanol (SP95-E10) a pris 1,56 centime à 1,5669 euro.
Enfin, le sans-plomb 98 (SP98) a atteint 1,6551 euro le litre, progressant de 1,43 centime.
Macron maintient pourtant sa taxe TICPE et sa TVA sur la TICPE !
Les prix des carburants à la pompe varient en fonction de plusieurs paramètres comme le cours du baril de pétrole, le taux de change euro-dollar, la demande ou les taxes (TICPE, Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques - qui augmente chaque année depuis 2014, pèse fortement dans le budget énergétique des Français - et TVA). Les cours du brut avaient reculé la semaine dernière, sur fond de ralentissement de l'économie et de tensions commerciales, mais les évolutions sur les marchés mondiaux se traduisent avec un décalage sur les prix à la pompe. En mettant ce coup de projecteur sur la hausse en dents de scie du brut, la presse institutionnelle et subventionnée joue le jeu du pouvoir macronien.
La presse nous ment sur le sujet de la politique gouvernementale du su-enchérissement des prix des carburants
Et, dans leur immense cohérence républicaine, aux européennes, les automobilistes français ont donné un coup de boost aux écologistes...
Comment est constituée la TICPE ? La TICPE est constituée de la contribution climat énergie (CCE) depuis le 1er avril 2014. Il s’agit d’une adaptation de la taxe intérieure sur les produits énergétiques, également appelée 'assiette' carbone ou taxe carbone. Elle est fixée en fonction de l’émission de CO2 liée à l’utilisation de produits énergétiques. La tonne de carbone est passée de 30,50€ en 2017 à 44,60€ en 2018 (+14,1€) et devrait, selon les objectifs écologiques du gouvernement, quadrupler entre 2016 et 2030 pour atteindre jusqu’à 100€.
L'essence, au plus haut depuis 2013, et le diesel continuent de grimper
Macron ne fait rien pour arrêter la montée en flèche de Super SP95
Paris (XVIe), le 5 mai. Le prix des carburants, gazole, diesel, essence avec ou sans plomb, est très élevé,
en particulier à la station d’essence BP de l’avenue de Versailles.
Le pouvoir a encore autorisél'augmentation du SP 95, la semaine dernière, bien qu'il soit déjà au plus haut depuis 2013 :il s'affichait en moyenne à 1,5810 euro/l, selon les statistiques publiées ce lundi par le gouvernement.
Le diesel s'est, lui aussi, renchéri, mais à un rythme qui le tient encore à distance du pic de l'an dernier.
Le prix de l'essence bat un nouveau record récent.
Le super sans plomb 95 trouvait en effet acheteur à 1,5810 euro le litre, la semaine dernière, selon les moyennes publiées ce lundi 13 mai par le ministère de la Transition écologique et solidaire. Ce carburant se vendait à la pompe à 1,5802 euro/l la dernière semaine d'avril, comme la première de mai, un niveau jamais vu depuis le printemps 2013. Il faut en effet remonter à la première semaine d'avril 2013 - quand le Super SP 95 coûtait en moyenne 1,5968 euro/l - pour trouver des prix plus élevés qu'actuellement.
Le diesel, proposé pour sa part en moyenne à 1,4809 euro/l la semaine dernière, a augmenté d'un tiers de centime sur sept jours. Il retrouve ainsi un niveau similaire à celui atteint pendant la deuxième semaine de novembre 2018 (1,4840 euro/l). Même si son prix est marqué par une tendance à la hausse depuis le début de l'année, il n'a pas encore retrouvé les cîmes du début octobre, quand il se situait en moyenne à 1,5331 euro/l, juste avant de déclencher la crise des Gilets jaunes.
Comme le montre le graphique ci-dessus, les courbes des prix des carburants suivent celle du cours du pétrole. Le baril de Brent (159 litres), qui sert de référence en Europe, était coté ce lundi à 72,5 dollars contre 50,4 dollars la semaine de Noël, soit une envolée de 35% en cinq mois. Plus précisément, l'or noir a évolué en dents de scie ces derniers jours : après avoir atteint 75,6 dollars le 24 avril, il a chuté à 69 dollars mardi, avant de remonter tout récemment. Pour le moment, le pic à 86,7 dollars observé en octobre est donc encore tenu à distance.
Rappelons que les prix des carburants publiés par le gouvernement sont des moyennes. Ces statistiques n'empêchent pas les stations-services d'afficher leurs propres tarifs, plus élevés ou plus bas. Pour trouver le pompiste proposant les meilleurs prix à côté de chez vous, on pet trouver des applis fournissant une carte interactive.
Quelle est la part des taxes dans le prix de l'essence à la pompe ?
D'après Total, les taxes représentent "la part la plus importante du prix du carburant". L'an dernier, selon l'entreprise française, les taxes perçues par l'Etat représentaient par exemple "63% du prix du Sans Plomb 95-E10 et 60% de celui du gazole". L'essence est en fait taxée deux fois : la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) et la taxe sur la taxe (TVA) !On retrouve également la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP).
La TICPE est, aussi, plus importante sur l'essence que sur le gazole. Plus le prix du diesel augmente, mieux se remplissent les caisses de Bercy, par deux arrivées, TICPE et TVA, frappant indistinctement les "riches" et les "pauvres"... En mars 2019, la TICPE représentait près de 70 centimes sur l'essence, 60 centimes sur le prix d'un litre de gazole.
En 2019, la TVA sur l’essence est déductible à 40 % – contre 20 % en 2018 et 10 % en 2017. Ce taux de 40 % est applicable aux véhicules de tourisme, comme aux utilitaires.Mais, les particuliers - retraités, défavorisés et demandeurs d'emploi ne doivent pas rêver : le carburant doit être utilisé pour les besoins de l’entreprise et doit concerner une activité assujettie à la TVA. De plus, une facture qui atteste le montant de la taxe doit être établie.
Le poids des impôts et taxes a tendance à augmenter gouvernement après gouvernement, à tel point que la France est le deuxième pays dans le classement mondial des pays ayant les plus fortes pressions fiscales. Voici l’évolution des prix du diesel et du sans plomb 95 depuis 1990 :
Alors que le mouvement des Gilets jaunes avait démarré notamment en raison des prix des carburants, cette hausse fait tache. Sous la pression, le gouvernement avait suspendu, puis annulé la hausse de la taxe carbone prévue pour 2019. Si le gouvernement ne peut agir sur les cours du pétrole, en revanche, il est maître de ses taux de taxation.
Ce pouvoir qui se croit "trop intelligent" et "trop subtil" se révèle "trop nul"
Alors qu'il avait annoncé le contraire quelques heures auparavant, l'exécutif a annoncé qu'il appliquera bien toutes les mesures annoncées en novembre
en réponse à la crise sociale incarnée par les "gilets jaunes" restés mobilisés après quatre semaines de lutte pour le pouvoir d'achat des Français.
Contre-ordres et rétropédalages en série
En fin d'après-midi du mardi 18 décembre, le gouvernement a fait savoir à l’Agence France-presse (AFP), puis confirmé au Monde, que plusieurs mesures annoncées en novembre seront abandonnées, annulées, oubliées, première réponse aux 'gilets jaunes'.Parmi les dispositions annulées, puis maintenues : l’extension du chèque énergie, le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion(ou à la casse)pour les gros rouleurs.
Rétropédalage quelques heures plus tard : elles sont finalement toutes maintenues, fait savoir Edouard Philippe. Matignon venait tout juste d'assurer qu’elles ne s’imposaient plus en raison de l’annulation de la hausse des taxes sur le carburant.L’explication a fait long feu.
Interrogé par Le Monde, l’entourage du chef du gouvernement "assume" - une fois de plus - d’avoir changé d’avis en moins de deux heures, parlant d’un "choix politique" préféré à un "choix budgétaire":
"Il nous apparaissait normal de supprimer les compensations à la hausse de la taxe carbone à partir du moment où cette hausse était elle-même supprimée. Mais au vu de l’incompréhension suscitée par cette annonce, le premier ministre a préféré revenir aux mesures initiales"... L'intelligence limitée des Français a eu du bon...
Pris pour des girouettes, les députés godillots de la majorité se sont rebiffés
"Après discussion avec les parlementaires de la majorité, le gouvernement maintient l'ensemble des mesures annoncées par le premier ministre en novembre", explique une source ministérielle qui préfère garder l'anonymat.
Des tâtonnements qui signalent l'amateurisme de l'exécutif et le décrédibilisent
130 millions d'euros en jeu.
Dans un premier temps, l'exécutif justifiait ce rétropédalage par les décisions prises en décembre, telles que le gel des taxes sur les carburants et la hausse de la prime d'activité.
Au total, ces mesures de pouvoir d'achat devraient coûter plus de 10 milliards d'euros. Pour le gouvernement, il s'agissait alors d'équilibrer au mieux les comptes pour le budget 2019 en cours d'adoption à l'Assemblée nationale, fût-ce en détournant une large part de la taxe carbone vers le budget général de l'Etat, en catimini.
"Ces dernières semaines nous ont appris à ne surtout pas laisser s’installer les incompréhensions une fois qu’elles sont décelées", plaide une source, laquelle n'envisage pas un instant que les vire-voltes du pouvoir soient tout bêtement incompréhensibles.
Ainsi, l'annulation d'une partie des premières mesures permettait de réaliser une économie de 130 millions d'euros sur les 500 millions prévus initialement.
"Il faudra les trouver ailleurs", reconnaît rétrospectivement Matignon, contraint d'admettre que la population comprend beaucoup plus que n'imagine la clique d'énarques.
"On a eu le sentiment de prendre le risque de ne pas être compris", continuait-on d'expliquer au gouvernement en début de soirée, puisqu'ils persistent à se prendre plus intelligents et subtils qu'ils ne sont, alors que l’ensemble des mesures sera bien soumis à la discussion l'approbation des députés et intégré au projet de loi de finances (PLF) en débat mardi soir.
A noter que la hausse de 50 euros en moyenne du chèque énergie au 1er janvier pour les bénéficiaires actuels (environ 3,6 millions de foyers) et la "surprime" à la conversion des voitures pour les foyers modestes n'étaient pas concernés par le projet initial d'abandon d'une partie des mesures.
Vote du gel des taxes sur les carburants
En parallèle, l'Assemblée nationale a acté le gel des taxes sur les carburants jusqu'en 2022, dans le cadre du projet de budget pour 2019. Cela revient à supprimer la hausse en 2019 de 3 centimes sur l'essence et 6 centimes sur le gazole, et au total, d'ici à 2022, de 10 centimes sur l'essence et 19 centimes sur le gazole. Le gel concerne la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, qui profite à l'Etat), la taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN) et la taxe intérieure sur la consommation de charbon (TICC).
Le gouvernement avait d'abord annoncé une suspension pour six mois de la hausse des taxes, avant d'opter finalement pour un gel, au minimum, pour l'année prochaine. Les députés ont donné leur feu vert quasiment sans débat : les députés LREM votent tout et son contraire comme un seul homme...
"Renoncer à des mesures pour accompagner la transition énergétique (…) est une VRAIE ERREUR. Et inaudible et incompréhensibledans la situation actuelle ", avait notamment écrit sur Twitter le député (La République en marche) du Maine-et-Loire, Matthieu Orphelin.
"Je donne, je reprends, et elle est où "l’écologie populaire" quand on revient sur l’élargissement du chèque énergie et les primes à la conversion ! ? ", avait raillé de son côté le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, tandis que le porte-parole du Parti communiste, Ian Brossat, dénonçait "une honte".
Ironie de l’histoire, dans la matinée de ce mardi de valse-hésitation, le premier ministre et des membres du gouvernement rencontraient les députés de la majorité pour discuter des mesures à intégrer dans le PLF. Rien, alors, ni le recul sur certaines propositions ni leur maintien, n’avait été annoncé.
Le moratoire qu'annoncera le premier ministre est un recul insuffisant
Les Gilets jaunes y verront une avancée de leur lutte sur le gel des hausses de taxes sur les carburants, mais ce n'est qu'une mesure temporaire sur un avenir incertain. Ce geste était réclamé de toutes parts pour tenter de sortir de la crise sociale sur le pouvoir d'achat à quatre jours d'une quatrième mobilisation annoncée pour le samedi 8 décembre.
En dépit de la volonté du président Macron de garder le cap, cette mesure d'apaisement a été décidée sous la pression de la rue et de l'opinion, lundi soir à l'Elysée sous la présidence d'Emmanuel Macron, et sera annoncée ce mardi matin devant le groupe En marche! à l'Assemblée, puis lors de la séance de questions au gouvernement. Mercredi à l'Assemblée et jeudi au Sénat, il mènera un débat, a précisé une source gouvernementale.
Le nouveau délégué général de 'La République en marche' (LREM), Stanislas Guérini, était d'avis, mardi sur RTL qu'un tel moratoire sur la hausse des taxes serait "sain" et qu'il fallait "apaiser le pays", encore ébranlé par les émeutes sociales du samedi 1er novembre, notamment à Paris.
Ce moratoire n'est pas une garantie sur l'avenir
Cette suspension des hausses ne durera que plusieurs mois et n'affecte pas les hausses déjà effectives.
En seulement quelques semaines, le diesel a augmenté massivement de quelque 40 centimeset le moratoire ne concerne que la hausse de 7 centimes au 1er janvier.
En un an, le prix du diesel s’est déjà envolé de 21%, à 1,45 euro par litre, tandis que celui du SP95 a bondi de 15%, à 1,54 euro/l, selon les derniers relevés du ministère de la Transition écologique. La faute est imputée à la hausse des cours du pétrole, ce qui est un mensonge, puisque le cours du Brent a baissé en octobre et en décembre. La colère populaire est en vérité imputable au net relèvement des taxes gouvernementales sur ces carburants : la taxe carbone, qui devait être affectée à la transition écologique ne l'a pas été, mais détournée au profit du budget général, et la TVA est appliquée à la TICPE, ce qui constitue une double peine fiscale. La mauvaise nouvelle pour les automobilistes, c’est que ce coup de bambou fiscal va se poursuivre dans les prochaines années…
Or, le calendrier des hausses n'est pas moins alarmant.
Le gouvernement a en effet prévu de relever progressivement la taxe carbone, , jusqu’en 2022,ce prélèvement pesant sur les produits énergétiques en fonction de leur émission de CO2. Ce qui affecte le prix du fioul, du gaz… et bien entendu ceux des carburants. Pour ne rien arranger, le diesel, qui bénéficie actuellement d’une fiscalité encore légèrement favorable par rapport à certaines essences, va subir un rattrapage tout au long du quinquennat.
Sans oublier que la TVA sur ces carburants va aussi se renchérir, car elle s’applique, étonnamment, sur le prix incluant la taxe carbone.
Au total, ces tours de vis fiscaux doit encore entraîner une hausse du prix du diesel de 6,5 centimes d’euros par litre en 2019, et de 2,9 centimes pour l’essence, selon les calculs de l’Union française des industries pétrolières (Ufip), qui représente les principaux acteurs du secteur. Des augmentations similaires interviendront en 2020 et 2021. En 2022, le relèvement sera de 3,3 centimes par litre pour le diesel, et de 2,9 centimes pour l’essence.
En clair, dans l’hypothèse où les prix hors taxe resteraient inchangés, le tarif du diesel, actuellement de 1,45 euro le litre, grimperait à 1,52 euro en 2019, soit 4,5% de plus. En 2022, il atteindrait 1,68 euro, soit une hausse de 15,7% par rapport à 2018. L’essence SP95 verrait de son côté son prix augmenter de 1,9% en 2019, de 1,54 à 1,57 euro/l, et de 7,5% entre 2018 et 2022, à 1,66 euro/l.
L’impact des hausses de taxe sur les prix des carburants entre 2019 et 2022, à prix hors taxe inchangé :
Evidemment, au-delà des taxes gouvernementales, qui représente 60% du prix à la pompe, d’autres facteurs jouent minoritairement sur l’évolution des tarifs des carburants : cours du pétrole, évolution de l’euro-dollar, marge des distributeurs… Il n’est donc pas impossible que les prix à la pompe diminuent dans les prochaines années, par exemple si la baisse des cours de l’or noir faisait plus que compenser la hausse des taxes. Mais les prix à la consommation peuvent aussi augmenter pour les mêmes raisons extérieures, mais à l'inverse. Les automobilistes risquent davantage de voir leur note grimper que le contraire!
Après avoir entendu les demandes de nombreux responsables politiques pour ce moratoire sur la hausse des taxes, Matignon a déjà confirmé l'annulation de la réunion avec des "gilets jaunes" prévue mardi après-midi : ils ne sont pas disposés à se laisser humilier plus longtemps par un gouvernement qui voudrait continuer à lui faire la leçon, notamment par le biais de ses blancs-becs de l'Assemblée qui n'ont pourtant aucune idée du montant du SMIC: lien PaSiDupes.
L'exécutif a pris conscience de l'impopularité de ses mesures
Face à l'urgence de la situation d'insurrection et aux risques courus samedi 8 décembre, une réunion au sommet s'est tenue lundi soir à l'Elysée autour d'Emmanuel Macron, Edouard Philippe et une dizaine de ministres, dont François de Rugy (Transition écologique) et Bruno Le Maire (Économie) qui avaient écourté un déplacement à l'étranger.
Certains rapportent avoir entendu des cris dans les couloirs et des portes claquer. L'Elysée a en revanche assuré que cette réunion de crise a "permis d'échanger sur les réponses à apporter aux mobilisations en cours."
Auparavant, le Premier ministre avait pris le pouls des chefs des formations politiques représentées au Parlement. Allié du parti présidentiel La République en marche, le MoDem avait fait valoir "l'urgence" d'un "geste d'apaisement".
A l'exception d'Europe Ecologie-Les Verts et de Génération Ecologie, toutes les formations d'opposition avaient plaidé pour un "moratoire" dans la hausse prévue le 1er janvier des taxes sur le carburant, mot d'ordre initial du mouvement des "gilets jaunes", dont la dernière manifestation samedi a été infiltrée par des "casseurs" qui sont à l'origine de nombreuses scènes de violence et de guérilla urbaine.
"Insuffisant", a souligné le chef de file des sénateurs LR, Bruno Retailleau
"J'espère que moratoire veut dire annulation de la hausse", a-t-il déclaré,circonspect, sur Public Sénat.
Laurent Wauquiez avait de nouveau plaidé pour un référendum, le RN et la France insoumise souhaitant une dissolution de l'Assemblée, et le PS brandissant une proposition de loi de "sortie de crise" avec des mesures en faveur du pouvoir d'achat.
S'il s'est retranché derrière son premier ministre, Macron semble néanmoins à la manœuvre.Sa visite officielle en Serbie prévue mercredi et jeudi a été reportée, tout comme une réunion de travail avec des associations d'élus locaux prévue mardi après-midi.
L'annulation de la réunion prévue mardi après-midi à Matignon avec des "gilets jaunes" n'est pas une surprise, les représentants des "gilets jaunes libres", qui avaient appelé dimanche à une sortie de crise, ayant annoncé dès lundi qu'ils ne se rendraient pas rue de Varenne, notamment pour "raisons de sécurité".
Ils auraient en effet reçu des menaces de mort et craignent que leur sécurité ne soit pas mieux assurée que la sérénité du Soldat inconnu.
La première réunion vendredi avait d'ailleurs viré au fiasco: seules deux personnes avaient accepté de se rendre au rendez-vous et l'une d'entre a préféré quitter la réunion.
Parmi les membres historiques les plus médiatisées des "gilets jaunes", Eric Drouet a appelé à l'intensification du mouvement de revendication lors de nouvelles manifestations samedi 8 décembre, plutôt que de "négocier avec un gouvernement qui perd de toute part".
Or, la capacité de gestion de l'ordre public est également au centre de la contestation politique.
Déjà entendus lundi soir à l'Assemblée, le demi-ministre de l'Intérieur Christophe Castaner et son binôme, le secrétaire d'Etat Laurent Nuñez, seul des deux à connaître son sujet, s'en expliqueront mardi après-midi devant le Sénat.
Les associations lycéennes contre la réforme du bac technologique et Parcoursup sont parvenus à se fédérer et à mobiliser. Porté par la contestation des "gilets jaunes", le mouvement a pris de l'ampleur lundi, avec des blocages de quelque 200 lycées, parfois accompagnés de violences.
Enfin, selon Bercy, les deux premières semaines d'actions des "gilets jaunes" ont déjà un impact "sévère et continu" sur l'économie.
Sur le plan judiciaire, au moins 57 personnes ont comparu lundi à Paris. Ils font partie des 139 suspects majeurs qui ont déjà été déférés au parquet de Paris, après les violences et les dégradations de samedi.
Au total, ce week-end, les violences ont donné lieu au chiffre record de 363 gardes à vue, dont 32 pour des mineurs, souvent des pillards opportunistes venus des banlieue, selon un nouveau bilan du Parquet de Paris.
De son côté, la maire (PS) de Paris Anne Hidalgo a estimé "entre 3 et 4 millions d'euros" les dégâts causés par les violences en marge de la manifestation parisienne pour les seuls "mobiliers urbains", pour n'avoir pas réussi à faire évacuer les éléments de chantiers sur un périmètre suffisamment large.
Le mépris de la majorité présidentielle exacerbe la colère populaire
Les "gilets jaunes" en colère contre la hausse des taxes et la baisse du pouvoir d'achat réinvestissent la capitale samedi
Après deux rassemblements en deux semaines sur les Champs-Elysées à Paris, le pouvoir macronien reste sourd aux cris de misère de la population pressurée de taxes injustifiées et le mouvement citoyen s'engage donc dans une troisième journée d'action aux contours encore incertains, tandis qu'une centaine de "gilets jaunes" belges ont également manifesté vendredi en Belgique, pays de l'Union européenne qui arrive deuxième, derrière la France.
Avec un taux de prélèvement de 45,3 % du produit intérieur brut, la France se hisse au 2e rang du palmarès des pays où les cotisations sociales, impôts et taxes sont les plus élevés, selon le dernier rapport de l'OCDE.
La France est désormais vice-championne du monde de la pression fiscale, derrière le Danemark, selon l'étude annuelle de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques). En 2016, les impôts (sur le revenu, les sociétés et la fortune), les taxes et les cotisations sociales représentaient, à elles seules, 45,3 % du PIB(Produit intérieur brut), tandis que la moyenne de l'OCDE se situait à plus de 10 points, au-dessous de la barre de 35 %.
Ce mouvement de colère sourde a trouvé à s'exprimer le 17 novembre, commence à déborder les frontières de l'Hexagone.
Encouragé par le soutien de plus de huit Français sur dix et une pétition "pour une baisse des prix du carburant à la pompe" qui a dépassé le million de signatures, le mouvement entend de nouveau se faire entendre au coeur de Paris, à portée de voix du tandem Macron-Philippe.
Selon une enquête Odoxa-Dentsu Consulting réalisé par Le Figaro et Franceinfo, 84 % des Français trouvent le mouvement justifié.
L'exécutif et ses députés ne manifestent aucune volonté de réforme de leurs modes de pensée. Désarçonnés par les revendications protéiformes de ce mouvement né des réseaux sociaux, hors de tout cadre politique ou syndical, l'amateurisme des élus LREM entrave la réflexion et la prise de décisions innovantes et justes. Ils ont en revanche voté l'interdiction de la fessée dans les familles...
Alors que ses élus locaux, incapables d'autonomie, sont interpellés par leurs concitoyens, le gouvernement est saturé d'appels à faire un geste pour ces revendications des citoyens les plus fragilisés. Surpris d'être désavoué et désarçonné dans les théories hors-sol développées par leur maître à penser azimuté, les blancs-becs tentent d'engager le dialogue en écho des tentatives tardives et du coup infructueuse du gouvernement d'organiser la concertation avec des représentants, après avoir considéré le mouvement populaire de haut : nos concitoyens ne comprennent rien, mais on va faire de la pédagogie : nous les sachants, on va faire mine de les écouter, pour mieux les anesthésier ensuite avec des discours d'intentions, des promesses d'avenir et de cité radieuse.
Les annonces faites cette semaine par Macron - un dispositif pour limiter l'impact des taxes sur le carburant, ainsi qu'une "grande concertation" sur trois longs mois - ont plus irrité que convaincu.
"Du vent", du "blabla", ont réagi les "Gaulois réfractaires" - "fainéants" ou "cyniques" maltraités et injuriés, mais tous "séditieux" - qui restent rivés sur les routes ou les ronds-points. "Il nous faut du concret, pas de l'enfumage", a résumé Yoann Allard, un ouvrier agricole de 30 ans.
Une volonté de pourrissement
De Buenos Aires où il participe au G20, comme si de rien n'était en France,
le président français a redit jeudi vouloir répondre à "la colère légitime" et "la souffrance d'une partie du peuple" par "des décisions supplémentaires dans les semaines et les mois à venir", mais qui "ne seront jamais des reculs", alors que l'exécutif - relayé par ses élus bénis-oui-oui et sa presse "indépendante" (LCI- CNews et BFMTV) -continue de faire du chantage à l'urgence écologique pour tenter de justifier ses taxes sur les carburants (TICPE et TVA), alors que chacun sait qu'il confisque la fiscalité sur les carburants - au prétexte de la lutte pour la transition écologique - et la détourne au profit du budget général en déficit.
Résultat : Macron fabrique des casseurs
A la veille de l'acte III de cette mobilisation moins visible dans la rue mais de plus en plus populaire et alors qu'Edouard Philippe devait recevoir des "gilets jaunes" vendredi, Macron a envenimé la situation en excluant d'avance tout "recul" de Matignon.
Filtrage, fouilles et vérifications d'identité
Dans un geste de renoncement,après avoir été bafoué dans son interdiction lors du rassemblement du 24 novembre dernier, le gouvernement s'est résigné à ouvrir les Champs-Elysées aux piétons samedi, comme le demandaient les "gilets jaunes".
Macron s'adresse à la communauté française, le 29 novembre 2018 depuis l'étranger, Buenos Aires, en Argentine
Mais un filtrage et des fouilles seront "systématiquement" organisés, a précisé le demi-ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, contraint par les échauffourées qu'il a favorisées lors de la précédente manifestation du 24 novembre.
Sur cette artère où déambulent entre 200.000 et 300.000 visiteurs par jour, les commerçants prenaient cette fois leurs précautions pour se prémunir contre de nouvelles dégradations samedi.
Quant à la Mairie de Paris, elle a de nouveau laissé en place des éléments de chantiers qui avaient pourtant déjà servi à dresser des barricades, le 24...
Des rassemblements citoyens pacifiques sont aussi annoncés dans plusieurs autres villes du pays.
Ainsi, le député LFI parachuté Mélenchon se rendra finalement à Marseille, sur l'emblématique Vieux-Port de Marseille, après avoir été annoncé à Paris.
Mais, dans les territoires français d'Outre-mer, à La Réunion en état d'insurrection, la ministre Annick Girardin a dû être exfiltréepar son service d'ordre lors d'une rencontre devenue trop houleuse, jeudi soir. Signe d'une colère qui ne faiblit pas parmi ceux et celles pour qui les fins de mois sont de plus en plus difficiles.
A Pau, des gilets jaunes se sont invités dans la mairie où le suppôt de Macron, François Bayrou, présidait une réunion.
Dans le sud-est de la France, neuf personnes ont été placées en garde à vue vendredi après des heurts dans la nuit à un péage de La Ciotat.
Dans la majorité présidentielle, l'inquiétude monte devant le rejet exprimé, au point que l'idée d'un moratoire sur la hausse des taxes commence à faire débat.
Du côté de l'opposition, à droite comme à gauche, les positions oscillent entre soutien et souci de ne pas prêté le flanc à l'accusation de récupération.
"Parce que nous avons pris la décision que chacun soit dans sa région", le leader de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, a annoncé vendredi qu'il ne manifesterait pas sur les Champs-Elysées mais qu'il serait à Marseille dans une marche réunissant des "syndicats, des révoltés du logement, des 'gilets jaunes' et des lycéens".
Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan sera lui à Paris, à nouveau aux côtés des opprimés. La cheffe de file du RN, Marine Le Pen, a réclamé une dissolution de l'Assemblée nationale.
Le patron des Républicains (droite), Laurent Wauquiez, ira "à la rencontre" des manifestants dans sa circonscription.
Quant à l'ex-président socialiste, François Hollande, il est allé voir des "gilets jaunes" pour défendre son bilan mis en cause par son protégé Macron ou ses affidés, s'attirant les railleries du président Macron pour avoir rappelé qu'il avait donné "un coup de pouce" au Smic, sous la pression.
Un employé moyen verse plus de taxes sur les carburants que d'impôt sur le revenu
Alors que certains râlent contre les filtrages de voitures aux carrefourslesquels visent à attirer l'attention de Macron sur l'insupportable poids de la fiscalité des carburants sur leur niveau de vie,les commerçants et artisans, parmi les plaignants, sont au nombre de ceux qui font passer dans les frais généraux de leurs entreprises leurs passages à la pompe de véhicules professionnels qu'ils utilisent à leur usage personnel et familial - sans compter les cadres ou employés qui effectuent tous leurs déplacements en voitures de fonctions ou d'astreinte -,
il faut souligner que la France de 2017 n'a compté que 43,1 % de foyers imposables. Il est à croire que les autres, une forte majorité, sont tous des défavorisés, à quelque titre que ce soit. En 2017, sur les 37.889.181 foyers fiscaux, seuls 16.344.784 ont acquitté un impôt sur le revenu. Le différentiel est de 21.000.000. Ceux-là sont-ils néanmoins au nombre des "gilets jaunes' ? En 2017, quelque 8,8 millions de personnes vivaient en situation de pauvreté monétaire, c'est-à-dire sous le seuil de pauvreté fixé à quelque 1.026 euros par mois.
Qui sont ces 12 millions de personnes qui ne paient pas l'impôt de solidarité sur le revenu maisperçoivent pourtant des revenus supérieurs au seuil de pauvretéet des aides associées à leur exonération fiscale ?
Les ménages imposables ont en revanche payé davantage, les recettes de l’impôt sur le revenu grimpant d’un milliard d’euros pour atteindre 77,6 milliards en 2017.
Les employés habitant la province et contraints d’aller travailler en voiture sont injustement frappés par l’augmentation de la fiscalité sur les carburants
Leur budget est notoirement impacté par l'envolée de la fiscalité sur les carburants, brutale, injustifiée et facteur d'inégalité sociale.
C’est l’histoire d’une double peine. Des salariés de la France périphérique aux revenus moyens, qui n'ont d'autre choix que d’aller travailler en voiture faute d’alternative, et qui sont aussi les premières victimes de la fiscalité écologique sur les carburants. Secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des Comptes publics de Macron, Olivier Dussopt (LREM) devrait ainsi savoir que l'Ardèche ne dispose d'aucun réseau ferré : aucun train sur l'ensemble de ce territoire où il fut maire d'Annonay et député socialiste(proche de la Nouvelle Gauche avec Benoît Hamon, aujourd'hui proche de la gauche extrême) ...
Des millions de Français partagent la colère des gilets jaunes et rêvent de voir le gouvernement renoncer à la nouvelle hausse de la TICPE (Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques), prévue en janvier. Ces Français s’inquiètent de la fin du mois avant de penser à la fin du monde, roulent majoritairement dans des véhicules diesel - parce qu'incités par plusieurs législatures - et contribuent déjà largement à la TICPE lors de leur passage à la pompe.Or, la seule augmentation de cette taxeajoutera 66 euros pour 2.000 litres au prix actuel ! ...
L’alourdissement, année après année, de cet impôt à vocation écologique a initié la révolte des gilets jaunes.Macron n'a pas fait que pérenniser cette tendance dans son "monde nouveau" : il l'a accentuée, au moment où le cours du Brent (pétrole brute) baisse depuis deux mois maintenant. Les taxes représentent 60% des prix à la pompe et de manière indifférenciée entre le diesel et l'essence 'sans plomb' 95, les plus consommées : c'est dire que le prétexte de la réduction de l'empreinte carbone est fallacieux, car la taxe carbone est affectée, non pas à l'écologie, mais au budget général.
Présenter la taxe carbone comme un impôt écologique "c’est une escroquerie", a souligné le rapporteur général de la commission des finances au Sénat. Lors de la discussion générale du projet de loi de Finances, Alberic de Montgolfier, LR, a mis les points sur les "i" du gouvernement à propos de la TICPE. "Une simple mesure de rendement budgétaire et non d’une véritable politique en faveur de l’environnement", a-t-il dénoncé. (lien Public Sénat) Dès l’année dernière, le Sénat s’inquiétait de la trajectoire des tarifs de la TICPE "qui allait atteindre les zones rurales et les ménages les plus modestes, surtout si elle s’accompagnait d’une hausse des prix du pétrole," a rappelé, ce jeudi 22 novembre, le rapporteur général (LR) de la commission des finances, Alberic de Montgolfier avant d’inviter l’hémicycle et les membres du gouvernement à "relire le compte rendu (de la séance du 24 novembre) de l’année dernière".Jean-François Husson, rapporteur spécial (LR) pour l’écologie "avait parlé à l’époque d’un risque de nouveau bonnets rouges(voir l'article de Public Sénat). "On avait dit qu’en cas de hausse du pétrole, ces trajectoires pluriannuelles seraient insupportables. Nous considérions déjà à l’époque qu’il s’agissait d’une simple mesure de rendement budgétaire et non d’une véritable politique en faveur de l’environnement". Raison pour laquelle le Sénat ne l’avait pas voté.
Aujourd'hui, s'il utilise sa voiture pour se rendre au travail,un salarié aux revenus modestes, mais imposables, est susceptible de dépenser davantage en taxes sur les carburants, que ce qu’il débourse au titre de l’impôt sur le revenu.
Pour cerner l’impact réel de la fiscalité écologique, prenons un profil type, le salarié célibataire sans enfant qui perçoit 1.637 euros net par mois, soit des revenus correspondants au salaire moyen des employés français, en 2015, selon l’INSEE. Détenteur d’un diesel, il est obligé de prendre son véhicule pour ses trajets domicile-travail et parcoure 13.194 kilomètres par an, un chiffre qui correspond au kilométrage moyen des voitures particulières en France en 2017, selon les données de Statista. S’il possède un diesel classique (6,1 litres au 100 km), notre employé consomme 67 litres de gazole par mois. Que représente alors la fiscalité écologique sur son budget mensuel ?
Le dernier relevé de l’Union française des industries pétrolières (UFIP), daté du vendredi 23 novembre, indique que la TICPE représente 0,732 euro/litre pour le gazole. Or, notre salarié-type roulant au diesel a versé 49 euros au titre de la fiscalité écologique, rien qu’au mois de novembre. Sur une année entière, à niveau équivalent, sa contribution à l'écologie s'élève à 588 euros, en taxe carburant.
Le profil type n’a rien d’un gros rouleur. Pourtant, via les taxes carburants,sa contribution à la fiscalité écologique est quasi-équivalente au montant de son impôt sur le revenu. A l’aide d’une simulation réalisée sur le site www.impots.gouv.fr, on observe que son impôt sur le revenu s’élevait à 601 euros, en 2018. Ce montant pourrait même être encore plus faible s’il était marié ou avait des enfants. D'où son constat de l’injustice qu’entraînent les taxes à la pompe: contrairement à l’impôt sur le revenu, basé sur la progressivité, la TICPE frappe également tous les automobilistes. Et a donc davantage d’impact sur les plus modestes.
Et ce n’est pas tout : en janvier 2019, le gouvernement va imposer un nouveau tour de vis fiscal. Macron va enchérir le litre de gazole de 6,5 centimes d’euros. A elle seule, la TICPE ainsi renforcée coûtera à notre salarié 53,4 euros par mois et et 641 euros sur l’année. Il versera alors davantage de taxes carburants que d’impôt sur le revenu, à barème inchangé. Et la hausse des taxes sur les carburants est programmée pour se poursuivre jusqu’en 2022, ultime année du quinquennat d’Emmanuel Macron. dans quatre ans, notre salarié qui roule au diesel déboursera près d’un euro par litre de carburant (0,96 euro/litre) au titre de la fiscalité verte. L’addition de la TICPE deviendra encore plus salée : 64,3 euros par mois, et 771 euros sur un an. Notre employé déboursera alors 170 euros de plus en taxes carburants, qu’en impôt sur le revenu, à barème équivalent.
Appliquée à un autre salarié qui possède un véhicule essence et consomme 7,4 litres aux 100 km, cette mécanique fiscale est saisissante. Il lui faut 81 litres de carburant par mois pour parcourir le même kilométrage annuel. La TICPE du sans plomb grimpe moins vite que celle du gazole (+2,9 cts/litre en 2019), mais son niveau actuel s’élève déjà à 0,83 euro/litre, selon le dernier relevé de l’UFIP. Lors de son passage à la pompe, la part de TICPE versée par notre salarié est sensible : 67,14 euros par mois et 806 euros sur un an.
En 2019, la fiscalité écologique sur l’essence lui coûtera 69,5 euros chaque mois et 834 euros sur l’année. Enfin, en 2022, il dépensera 76,5 euros par mois, soit 918 euros annuels, au seul titre de cette taxe. Un chiffre qui dépasse largement le montant que notre employé consacre à son impôt sur le revenu.