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mardi 11 juin 2019

Le Gendre (61 ans, LREM) moque "l'écologie à la papa" de Jadot (51 ans, EELV)

"L'accélération de la transition écologique" est "quelque chose de fondamental" - mais tardif - pour la majorité, selon Le Gendre (LREM)

Yannick Jadot avait raillé l'intérêt soudain de la majorité pour l'écologie

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Les projets de Macron, plus verts que vert 
La tête de liste EELV pour les européennes a jugé jeudi "pas sérieux" le positionnement de la liste LREM et d'Emmanuel Macron sur l'écologie, évoquant les  oublis" en permanence" du sujet, lors des "conférences de presse" du chef de l'Etat, mais ses récentes "promesses" pour ce scrutin du 26 mai.

La liste des euro-députés macroniens diffusée mercredi place la transition écologique en première position de ses propositions, en particulier investir "au moins 1.000 milliards dans la transition écologique" et créer une Banque du climat pour orienter l'épargne européenne vers la croissance verte.

Interrogé sur France Bleu Nord pour savoir si la liste EELV pouvait dire mieux, Y. Jadot a répliqué qu'"il ne s'agit pas d'une compétition de promesses". "Ce qui est toujours un peu désagréable avec le président Macron et la majorité quand il s'agit d'écologie, c'est que, dans ses conférences de presse, il oublie en permanence l'écologie, mais dès qu'il s'agit de faire campagne, de promettre, là, il veut en mettre plein les murs", a-t-il observé.
"C'est pas sérieux (...), c'est pas responsable et c'est même coupable, alors que l'urgence écologique est aussi importante, que le potentiel de relocalisation de l'économie, de création d'emplois de qualité, sur nos territoires, est aussi immense", a-t-il ajouté.

"Les promesses de Macron (...) c'est de la supercherie ! 
Ils se réclament de l'écologie mais font exactement l'inverse", a aussi répliqué jeudi soir l'eurodéputé et maire de Grande-Synthe Damien Carême, lors d'un point presse en marge d'un meeting à Lille. "Pourquoi sortir du glyphosate en 2022, alors qu'on pourrait prendre une décision nationale tout de suite ? Pourquoi supprimer des trains de fret et remettre 25.000 camions sur les routes, alors qu'on souffre de la pollution ?" a-t-il interrogé, estimant faire partie de la "seule liste vraiment cohérente".

"Les programmes, notamment celui de LREM, (...) c'est une espèce de copier-coller un peu aérien et sans précisions de ce que nous on propose. Mais notre écologie, elle veut mettre fin au système consumériste, productiviste, quand les autres restent dans un débat politique qui est celui de l'ancien système. Ils font de l'écologie un argument de vente" comme "les grandes entreprises qui polluent et font du greenwashing", a aussi tancé la nouvelle eurodéputée Marie Toussaint, juriste trentenaire, cofondatrice de l'association Notre affaire à tous (qui vise à utiliser le droit contre le changement climatique) et à l'origine de la campagne l'Affaire du siècle (une campagne de justice climatique initiée par quatre associations - Fondation pour la nature et l'homme, Greenpeace France, Notre affaire à tous et Oxfam France - le 17 décembre 2018 pour la poursuite en justice de l'Etat accusé d'inaction en matière de lutte contre le réchauffement climatique) .

"On ne peut pas diluer l'écologie dans le modèle en place à l'heure actuelle et ils sont en train de diluer l'écologie, d'y mettre une touche verte, un camaïeu de vert", alors que "nous voulons mettre l'écologie au centre", a fait écho la députée européenne Michèle Rivasi, numéro deux de la liste EELV.

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"Je ne peux pas laisser Yannick Jadot dire ça, s'étrangle l'arrogant patron des députés LREM

"Ca c'est l'écologie à la papa, c'est l'écologie qui recherche avant tout les trophées et les symboles", a réagi le député de Paris dans l'émission "Questions politiques" de France inter/France Télévisions/Le Monde.

Il s'emportait à la suite des propos du dirigeant d'EELV dans le Parisien dimanche affirmant qu'Emmanuel Macron "protège le lobby pétrolier, le nucléaire, les pesticides, les chasseurs...". "Quand on a son âge, qu'on est si jeune, je ne comprends pas que l'on n'arrive pas à s'extraire du vieux monde", avait lancé le leader du parti écologiste, exalté par la troisième place de sa liste à l'élection européenne du 26 mai, avec 13,5% des voix.

"Nous avons une vision très différente de l'écologie, a estimé le sexagénaire. Nous considérons qu'elle doit entraîner une transformation complète du modèle économique, politique et social du pays. C'est une approche globale", a répondu Le Gendre, en termes généraux et flous.
"Les écologistes d'avant ne regardent que le mot écologique. Nous voulons absolument regarder le mot transition, a-t-il poursuivi, sans plus de précisions, faire en sorte que cette transformation se fasse. Ce n'est pas tout tout de suite, mais c'est très vite, très profond et surtout très complet", a-t-il promis avec une belle assurance qui n'engage à rien.

Reconnaissant que la majorité s'est "trompée" sur la hausse de la taxe carbone, un des détonateurs de la crise des "gilets jaunes", Le Gendre a vanté les primes à la conversion mises en place pour acquérir des véhicules plus propres, mais qui ne rencontre pas le succès escompté, notamment du fait des restrictions d'éligibilité et des retards de paiement en série.

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"On fait exploser les compteurs en ce moment, raconte l'ex-journaliste, et contrairement à ce qu'on dit ce ne sont pas les classes aisées qui achètent. C'est à 75% des personnes qui ont à des revenus très modestes. Donc, ce n'est pas une prime pour les riches", a-t-il insisté sur un point qui n'est pas contesté : ce qui l'est c'est le montant insuffisant de la prime et Jadot en demande le doublement.

mardi 18 décembre 2018

Ignorant l'entourloupe sur le SMIC, Orphelin (LREM) dénonce les renoncements du gouvernement sur l'écologie

Ce député de la majorité ne mâche pas ses mots contre l'absence de convictions du gouvernement

Matignon annule des mesures censées accompagner la Transition écologique
et pourtant annoncées au début de la crise sociale incarnée par les gilets jaunes
Orphelin de Nicolas Hulot

Le député Matthieu Orphelin a beau faire partie de la majorité, sa parole est libre. A la différence des godillots, il n'hésite pas à critiquer publiquement les choix du gouvernement quand ils desservent la transition écologique. Or, ce proche de Nicolas Hulot n'a visiblement pas apprécié l'abandon des mesures promises par le premier ministre au tout début de la crise sociale incarnée par les gilets jaunes.
Les mesures annoncées en novembre par le gouvernement, dans une première réponse aux gilets jaunes, et auxquelles Matignon avait dit mardi après-midi renoncer en partie, sont finalement toutes maintenues, a annoncé l'entourage du locataire de Matignon, Edouard Philippe.
"Après discussion avec les parlementaires de la majorité [qui ont exprimé leur saturation des incessants changements de position de l'exécutif qui les mettent en porte-à-faux face à leurs électeurs], le gouvernement maintient l'ensemble des mesures annoncées par le Premier ministre en novembre. L'accompagnement de la transition écologique sera l'un des enjeux clefs du futur grand débat national", a même indiqué cette source.
Interrogé par la presse après le revirement de Matignon, Matthieu Orphelin a salué "une excellente nouvelle, car ce sont des mesures très adaptées pour accompagner les ménages dans la transition énergétique". Et d'ajouter: "C'est très bien que le dialogue entre le gouvernement et les parlementaires de la majorité soit fructueux"...
"Renoncer à des mesures pour accompagner la Transition énergétique, comme la super-prime pour les gros rouleurs, est à mon sens une VRAIE ERREUR". 

"Et inaudible et incompréhensible dans la situation actuelle. Sans parler de la forme", s'est-il désolé, ce mardi 18 décembre, quelques minutes après l'annonce de l'abandon de ces mesures.


Matignon a en effet annoncé renoncer à une partie des mesures promises par Edouard Philippe mi-novembre au motif que certaines d'entre elles ne s'imposent plus, notamment en raison de l'annulation de la hausse des taxes sur le carburant.

130 millions d'euros économisés

Dans le budget 2019 en cours d'adoption à l'Assemblée nationale, l'exécutif compte notamment renoncer à l'extension du chèque énergie à deux millions de foyers supplémentaires. 

Autres mesures abandonnées: "Le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion" pour les gros rouleurs, confirme l'entourage du Premier ministre.

Même chose pour l'extension du chèque énergie à 2 millions de nouveaux bénéficiaires qui est annulée. Autant de mesures qui avaient été saluées par plusieurs élus à tendance "écolo", membre de la majorité ou non.

En revanche, la hausse de 50 euros en moyenne du chèque énergie au 1er janvier pour les bénéficiaires actuels ainsi que la "surprime" à la conversion des voitures pour les foyers modestes sont maintenues.

Au final, ces renoncements vont permettre d'économiser 130 des 500 millions d'euros que devaient coûter ces premières mesures au total. Depuis l'exécutif a annoncé diverses mesures de pouvoir d'achat pour plus de 10 milliards d'euros.

"Nous avons sûrement fait une erreur sur le séquençage et la lisibilité des mesures", selon Orphelin : le moins que l'on puisse dire !

Supercherie sur le SMIC

La hausse du SMIC de 1,5 % au 1er janvier prochain, adoptée par décret en conseil des ministres, ce mercredi, n'est pas un coup de pouce, mais une hausse mécanique calculée selon deux critères : l’inflation constatée pour les 20 % de ménages aux plus faibles revenus et la moitié du gain de pouvoir d’achat du salaire horaire ouvrier et employé.... Si le gouvernement a annoncé une augmentation du salaire minimum de 100 euros net, il devrait à l'honnêteté de dire que l’objectif sera atteint grâce à la revalorisation de la prime d’activité, mais sans "coup de pouce " notable.
Le SMIC horaire est porté de 9,88 à 10,03 euros, et le Smic mensuel de 1.498 à 1.521 euros sur la base de 35 heures hebdomadaires, soit 16 euros à 1.204 euros net.
Le petit bricolage du gouvernement autour de la hausse du SMIC.
Il ne s'agit plus de valse-hésitation ou de reculade, mais d'entourloupette. La carbistouille de Macron consista à affirmer que le Smic allait augmenter de 100 euros par mois en 2019: puisque la majeure partie de cette hausse est en réalité liée à la prime d’activité, une prestation sociale, ce qu'il ne peut ignorer, il a essayer de faire passer des vessies pour des lanternes. Mais s'il n'entend pas les Français, eux l'ont décrypté: ils ont compris que l'augmentation du revenu des travailleurs au Smic ne sera donc pas automatique.

Et Macron a une telle estime de ses contemporains qu'il a continué dans sa tentative pour les rouler dans la farine.
"Le salaire d’un travailleur au Smic augmentera [...] sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur" ? La petite phrase d’Emmanuel Macron prononcée lundi soir 10 décembre a aussitôt été reprise, tête baissée par les ministres et les députés LREM pour montrer avec satisfaction et enthousiasme qu’avec cette hausse significative, le gouvernement avait entendu cette doléance des "gilets jaunes".
Preuve que les prétentieux législateurs de la majorité présidentielle n'y comprennent goutte, autant qu'ils sont, l'imbécile heureux Benjamin Griveaux a twitté plus vite que son cerveau :

On dit Macron intelligent, mais ce ne serait au final qu'enflure gazeuse.
Si la bande à Gilles Le Gendre est "trop intelligente et subtile", alors le Français moyen est un génie. Car, à y regarder de plus près, la phrase d’Emmanuel Macron comporte une contradiction, une ambiguïté, voire une erreur. Le président évoque en même temps une hausse du "salaire" (le Smic), et l’absence de conséquences financières pour l’entreprise. Pourtant, en théorie, toute augmentation de salaire se traduit par une augmentation du coût supporté par l’employeur (hors mesures d’allègements de charges).

L'ancien conseiller de Hollande croit-il qu'une augmentation du "revenu" est une hausse du "salaire"?
L’exécutif a réalisé un tour de passe-passe tordu pour gonfler sa mesure. Il suffit d’écouter l'illustre Benjamin Griveaux, ce mardi 11: "le décompte des 100 [euros], c’est 20 euros de baisse de charges [réalisées en 2018 pour tous les salariés] et 80 euros de prime d’activité," a détaillé le porte-parole du gouvernement sur RMC. 
Autrement dit, 80 % de la "hausse" du Smic provient d’une prestation sociale (la prime d’activité)… qui n’est pas un salaire. Pour rappel à l'ex-patron de Bercy, et à Benjamin-le-Turlupin.

Le pouvoir annule, puis rétablit, ses propres mesures sociales déjà annoncées

Ce pouvoir qui se croit "trop intelligent" et "trop subtil" se révèle "trop nul"

Alors qu'il avait annoncé le contraire quelques heures auparavant, l'exécutif a annoncé qu'il appliquera bien toutes les mesures annoncées en novembre 

Résultat de recherche d'images pour "girouette"en réponse à la crise sociale incarnée par les "gilets jaunes" restés mobilisés après quatre semaines de lutte pour le pouvoir d'achat des Français.

Contre-ordres et rétropédalages en série 

En fin d'après-midi du mardi 18 décembre, le gouvernement a fait savoir à l’Agence France-presse (AFP), puis confirmé au Monde, que plusieurs mesures annoncées en novembre seront abandonnées, annulées, oubliées, première réponse aux 'gilets jaunes'.Parmi les dispositions annulées, puis maintenues : l’extension du chèque énergie, le relèvement du barème kilométrique et le doublement de la prime à la conversion (ou à la casse) pour les gros rouleurs.

Rétropédalage quelques heures plus tard : elles sont finalement toutes maintenues,  fait savoir  Edouard Philippe. Matignon venait tout juste d'assurer qu’elles ne s’imposaient plus en raison de l’annulation de la hausse des taxes sur le carburant. L’explication a fait long feu.

Interrogé par Le Monde, l’entourage du chef du gouvernement "assume"  - une fois de plus - d’avoir changé d’avis en moins de deux heures, parlant d’un "choix politique" préféré à un "choix budgétaire":
"Il nous apparaissait normal de supprimer les compensations à la hausse de la taxe carbone à partir du moment où cette hausse était elle-même supprimée. Mais au vu de l’incompréhension suscitée par cette annonce, le premier ministre a préféré revenir aux mesures initiales"... L'intelligence limitée des Français a eu du bon...
Pris pour des girouettes, les députés godillots de la majorité se sont rebiffés

"Après discussion avec les parlementaires de la majorité, le gouvernement maintient l'ensemble des mesures annoncées par le premier ministre en novembre", explique une source ministérielle qui préfère garder l'anonymat.


Des tâtonnements qui signalent l'amateurisme de l'exécutif et le décrédibilisent 

130 millions d'euros en jeu.
Dans un premier temps, l'exécutif justifiait ce rétropédalage par les décisions prises en décembre, telles que le gel des taxes sur les carburants et la hausse de la prime d'activité. 
Au total, ces mesures de pouvoir d'achat devraient coûter plus de 10 milliards d'euros. Pour le gouvernement, il s'agissait alors d'équilibrer au mieux les comptes pour le budget 2019 en cours d'adoption à l'Assemblée nationale, fût-ce en détournant une large part de la taxe carbone vers le budget général de l'Etat, en catimini. 
"Ces dernières semaines nous ont appris à ne surtout pas laisser s’installer les incompréhensions une fois qu’elles sont décelées", plaide une source, laquelle n'envisage pas un instant que les vire-voltes du pouvoir soient tout bêtement incompréhensibles.

Ainsi, l'annulation d'une partie des premières mesures permettait de réaliser une économie de 130 millions d'euros sur les 500 millions prévus initialement.
"Il faudra les trouver ailleurs", reconnaît rétrospectivement Matignon, contraint d'admettre que la population comprend beaucoup plus que n'imagine la clique d'énarques. 
"On a eu le sentiment de prendre le risque de ne pas être compris", continuait-on d'expliquer au gouvernement en début de soirée, puisqu'ils persistent à se prendre plus intelligents et subtils qu'ils ne sont, alors que l’ensemble des mesures sera bien soumis à la discussion l'approbation des députés et intégré au projet de loi de finances (PLF) en débat mardi soir.

A noter que la hausse de 50 euros en moyenne du chèque énergie au 1er janvier pour les bénéficiaires actuels (environ 3,6 millions de foyers) et la "surprime" à la conversion des voitures pour les foyers modestes n'étaient pas concernés par le projet initial d'abandon d'une partie des mesures.

Vote du gel des taxes sur les carburants 
En parallèle, l'Assemblée nationale a acté le gel des taxes sur les carburants jusqu'en 2022, dans le cadre du projet de budget pour 2019. Cela revient à supprimer la hausse en 2019 de 3 centimes sur l'essence et 6 centimes sur le gazole, et au total, d'ici à 2022, de 10 centimes sur l'essence et 19 centimes sur le gazole. Le gel concerne la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE, qui profite à l'Etat), la taxe intérieure sur la consommation de gaz naturel (TICGN) et la taxe intérieure sur la consommation de charbon (TICC).

Le gouvernement avait d'abord annoncé une suspension pour six mois de la hausse des taxes, avant d'opter finalement pour un gel, au minimum, pour l'année prochaine. Les députés ont donné leur feu vert quasiment sans débat : les députés LREM votent tout et son contraire comme un seul homme...

"Renoncer à des mesures pour accompagner la transition énergétique (…) est une VRAIE ERREUR. Et inaudible et incompréhensible dans la situation actuelle ", avait notamment écrit sur Twitter le député (La République en marche) du Maine-et-Loire, Matthieu Orphelin. 

"Je donne, je reprends, et elle est où "l’écologie populaire" quand on revient sur l’élargissement du chèque énergie et les primes à la conversion ! ? ", avait raillé de son côté le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, tandis que le porte-parole du Parti communiste, Ian Brossat, dénonçait "une honte".

Ironie de l’histoire, dans la matinée de ce mardi de valse-hésitation, le premier ministre et des membres du gouvernement rencontraient les députés de la majorité pour discuter des mesures à intégrer dans le PLF. Rien, alors, ni le recul sur certaines propositions ni leur maintien, n’avait été annoncé.

jeudi 15 novembre 2018

17 novembre : les "gilets jaunes" fédèrent la droite et la gauche, en dépit des partis et syndicats

La macronie assure que les manifestants divisent la population rassemblée contre Macron

Des manifestations et blocages sont prévus samedi 17 novembre contre la hausse des taxes sur les carburants.

Ouh, la méchante !
Pour discréditer le mouvement, 'Courrier international' (groupe Le Monde) publie la photo AFP d'une vilaine manifestante en 'gilet jaune' -  assimilée à une 'black bloc'? - évacuée par les forces de l’ordre lors d’un déplacement de Macron dans le Nord de la France, le 9 novembre 2018.

"Récupéré surtout par l’extrême droite", selon Courrier international', ce mouvement inquiète l’Elysée qui n'a pas de prise sur ce mouvement populaire indépendant des partis et des syndicats, ses interlocuteurs traditionnels. Et le journal croit donc y déceler une menace de fracture entre les territoires français. Et sur la planète, une dérive des continents ?

Samedi 17 novembre, un mouvement "hétéroclite" (sic) né sur les réseaux sociaux menace de "bloquer" 1.000 sites en France, afin de protester contre la hausse des taxes sur les carburants, qu'ils soient polluants ou non. Rassemblés sous la bannière du “gilet jaune” affiché à l'avant des voitures, les mécontents protestent désormais contre les mesures de l’exécutif dans leur ensemble, notamment depuis que Macron a dit "entendre" la colère, tout en prouvant qu'il ne comprend pas ses concitoyens, puisqu'il assure qu'il ne cédera pas aux revendications.
Le gouvernement français a été pris de court par le mécontentement qui a circulé sur les réseaux sociaux contre la gestion de M. Macron”, écrit The Times, qui souligne que “sa tournée de commémorations de l’armistice de la Première Guerre mondiale a été entravée par les protestations”.

L’exécutif ne cède pas sur le fond

Résultat, “c’est le branle-bas de combat dans l’exécutif” qui a ouvert involontairement un "débat participatif" et citoyen dont il s'est exclu. Le journal belge Le Soir  y voit “le signe d’une fébrilité certaine devant cette colère sociale atypique née de la hausse du prix des carburants”.

Le Premier ministre Edouard Philippe a été poussé sur le devant de la scène pour annoncer une série de mesures - des mesurettes - pour entamer la détermination du mouvement, comme la défiscalisation d’indemnités kilométriques - limitée à un nombre infime de bénéficiaires -, l’extension des “chèques énergie- sous certaines conditions très restrictives - ou la prime à la conversion (prime à la casse) pour acheter un véhicule moins polluant - et donc au-dessus de leurs moyens
Les LREM les plus stupides ou "cyniques" considèrent que les Français peuvent parfaitement se déplacer dans des véhicules 4CV... Ils approuvent que “l’exécutif n’a rien cédé sur l’essentiel, à savoir la% taxation des carburants, motivée par la transition écologique”, constate le quotidien de Bruxelles. Et il ne précise pas que les 30% de taxes gouvernementales ne lui sont affectés en totalité: la traçabilité de cet impôt indirect est plus que floue.

Le groupe belge Le Soir qui diffuse dans le Nord de la France est la boussole de Courrier international
“Le feu s’est d’autant plus propagé que le terrain était inflammable, analyse Le Soir, repris par le journal du co-fondateur du site Rue89. Le pouvoir d’achat stagne, mais pas seulement.

Macron a suscité un certain nombre de colères "disparates" qui se sont agrégées et cristallisées sur les automobilistes, explique un anonyme de l’Elysée. Il y a la hausse du prix des carburants, mais aussi la limitation de la vitesse à 80 km/h sur les départementales.” Et il oublie la CSG, notamment.

Ce mouvement serait aussi, selon le journal belge, le signe des divisions françaises, bien que créées par le "président des riches" désireux de se fabriquer une image plus sociale, après avoir pointé les "illettrés" et les "fainéants" ou "les gens qui ne sont rien" : “Au malaise social se greffe une dimension territoriale. L’impression prévaut qu’Emmanuel Macron est aussi ‘le président des villes’ et néglige la France périphérique.” Et rurale.
“Le mouvement a divisé la France à mesure que la colère monte dans les zones rurales et les petites villes, où la plupart des gens prennent la voiture pour aller au travail”, rapporte The Times, classe au centre gauche.

Une certaine presse diabolise le mouvement

Le Soir croit pouvoir affirmer que “l’extrême droite attise le feu, même si "sa chef de file ne prendra pas elle-même part aux manifestations,” reconnaît-il pourtant. Que dirait Le Soir si elle manifestait ?

Le journal britannique The Times a l'impression d'une récupération politique très rapide de cette colère, notamment par l’extrême droite, “et à un degré moindre par les républicains de Laurent Wauquiez”. Un amalgame incomplet...

Car la démonstration de Courrier international, Le Soir et The Times occulte la prise de position de l'extrême gauche.

Mélenchon, chef de file trotskiste de LFI,  a évoqué le sujet du 17 novembre lors d'un meeting la semaine dernière à  Pau. "Le 17 novembre, qu'est-ce que vous faites, vous regardez en commentant? Non, le 17 novembre est une auto-organisation populaire dont je souhaite le succès. [...] Il faut souhaiter son succès", a déclaré le député . "On me dit 'il y a des fachos là-dedans'. Oui, oui, il y en a partout. Et il y a aussi beaucoup de fâchés qui ne sont pas fachos, et ceux-là ils ont raison d'être fâchés [...] Cette colère est juste, elle porte sur quelque chose qui a un sens", a-t-il poursuivi. "Cette affaire d'augmentation des carburants détrousse les braves gens qui vivent de leur travail. Parce que quand on est à 20 kilomètres de son boulot, cette affaire coûte 200 euros", affirme-t-il.

Alors que la CGT refuse de se mêler à la droite, le PCF ne manifeste aucune "défiance" envers la manifestation du 17 novembre. "Nous sommes favorables à toutes les initiatives qui permettent de faire monter la problématique du racket fiscal. C'est pas en faisant les poches des gens qu'on va favoriser la transition énergétique", affirme Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.
Sébastien Jumel, député PCF de Seine-Maritime, qualifie d'ailleurs de "miettes" les annonces de Philippe.

Le candidat du PS à la présidentielle, l'ex-socialiste Benoît Hamon avait pour objectif de faire "sortir la France du diesel à l’horizon 2025". L'ancien ministre voulait "mettre fin à l’avantage fiscal accordé au diesel". Il n'était déjà pas en phase avec la population, notamment les plus démunis qu'il croit représenter. Il est maintenant désavoué par les gilets jaune et sa présence dans la rue est incertaine...

Au PS, son patron Olivier Faure est lui aussi favorable aux gilets jaunes. "Nous soutenons les Français qui se mobilisent (...) Nous serons à leur côté pour défendre leur pouvoir d'achat", a indiqué son entourage.
Le bureau national du PS a adopté une résolution dénonçant "l'arnaque" d'une fiscalité écologique qui ne profitera qu'à hauteur de 20% aux politiques environnementales.

Tous des fachos sont passés à gauche ?