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mardi 19 mai 2020

Le parti du président Macron, LREM, perd la majorité absolue

17 députés forment un nouveau groupe à l'Assemblée : LREM peut-elle encore  conserver toute son arrogance ?

Avec la création de ce nouveau groupe, LREM poursuit une débandade parlementaire inédite

En perdant la majorité absolue au Palais-Bourdon, Macron devra davantage composer avec ses alliés, le Modem et Agir, plus loyalistes que ses élus.


Un neuvième groupe politique de 17 dissidents, dont des Macroniens et anciens Macroniens, est "déposé officiellement" ce mardi à l'Assemblée, annoncent certains de ses membres fondateurs. Le groupe LREM perd du même coup  la majorité absolue"de justesse" et "au moins temporairement," commente Le Monde qui ne mise pas sur son avenir.

Baptisé "Ecologie Démocratie Solidarité", ce nouveau groupe est "indépendant", "ni dans la majorité, ni dans l'opposition", un "en même temps" qui n'augure pas d'une ligne sans zigzags ni compromission, dès la lecture de la déclaration politique de ses élus. 
Parmi ses membres figurent d'anciens "marcheurs" de la première heure, comme Matthieu Orphelin (proche de Nicolas Hulot), ou encore des membres de l'aile gauche de LREM comme Aurélien Taché ou Cédric Villani, dont la dissidence n'était pas encore acquise jusque-là.
Avec cette crise du Covid19, il nous faut dépasser les clivages et les postures, et construire collectivement le monde d’après. #EDS, que nous créons aujourd'hui, sera un groupe de propositions, de coalition, d'innovation


Tous ces députés ont été élus en 2017 sous l'étiquette LaREM à l'exception de Delphine Batho.

Une perte "seulement temporaire" de majorité, veulent croire les loyalistes groggy ?

Les arrogants de la majorité présidentielle aurait dû voir venir.
En février 2019, la grande majorité de ses députés et le MoDem avaient voté pour loi dite anticasseurs, controversée et qui proposa des interdictions administratives de manifester ou qui fait de la dissimulation de visage un délit. Mais 50 députés - principalement de l’aile gauche et en pointe sur la défense des libertés publiques - s'étaient tout de même abstenus. "L’essentiel, c’est qu’il n’y a eu aucun vote contre," avait commenté dans la foulée du vote le patron du groupe majoritaire Gilles Le Gendre. 
Pour voir venir la dissidence actuelle, il aurait fallu que les anciens socialistes Gilles Le Gendre - fils d'un président de société et de Catherine Chassaing Mandegou de Borredon - un ex-président du directoire du groupe Expansion (groupe l'Express, filiale de SFR Presse, racheté par Patrick Drahi, détenteur cumulard de BFM), et Stanislas Guerini, secrétaire général de LREM, eussent été lucides et compétents, mais ils sont des produits du quinquennat de François Hollande.

Avec ce... neuvième groupe - un record camouflet dans l'hémicycle du Palais-Bourbon - LREM perd sept nouveaux membres ou apparentés, tombant à 288, juste sous le seuil de la majorité absolue (289 sièges) qu'il détenait jusqu'alors à lui seul. Un revers cinglant même si le groupe majoritaire peut s'appuyer sur ses 46 alliés du MoDem et la dizaine d'élus Agir.

Le groupe espère toutefois récupérer rapidement la majorité absolue
La future suppléante d'Olivier Gaillard, ex-PS et ex-LREM, qui devrait quitter son siège de député pour succéder à une DVG à la mairie de Sauve (1.900 habitants), Gard, pourrait se désolidariser du titulaire démissionnaire, depuis le 13 mai (déclarant regretter de n'être qu' "un élu de seconde zone" dans un Parlement qui oublierait les territoires locaux) et rechausser les godillots des "marcheurs", comme annoncé par le député, sous les yeux des électeurs effarés. 
Sa suppléante est proviseur adjointe du Lycée Jacques Prévert à Saint-Christols-les-Alès, 1957e sur 2013 au classement national de 2016 et 21e sur 21 dans le département avec 8,3/20Catherine Daufès-Roux, 57 ans, déjà doublure d'Henri Francès en 2012, battu par le socialiste William Dumas, va devoir résister au mépris de élus de la société civile au parti présidentiel. Elle a survécu à la canicule de l'été 2003 et à un record de chaleur jamais enregistré en France métropolitaine avec 44,1 °C . Est-elle suffisamment aguerrie pour autant ?

Vers un soutien conditionnel au cas par cas et un chantage permanent au pouvoir

Le nouveau groupe entend contribuer à "une ambition forte de transformation sociale et écologique". Ce que Macron croyait réaliser depuis trois ans...

"Répondre à l'urgence écologique, moderniser la démocratie, réduire les inégalités sociales et territoriales : nous pouvons faire plus et mieux à l'Assemblée nationale", estiment ces députés, pour qui "après le Covid-19, plus rien ne doit être comme avant". Les prétentieux de la majorité n'en croient pas leurs yeux: ils ont trouvé plus ambitieux qu'eux !

Dans un document, ils listent leurs "15 premières priorités"
Cela va d'"un plan de réindustrialisation pour une souveraineté et une autonomie retrouvées" à une "réelle transparence de la vie publique" en passant par le rétablissement d'un système de santé "robuste" ou une refonte de "la fiscalité du capital et du patrimoine".

"Nous pousserons et soutiendrons toutes les décisions à la hauteur des enjeux, mais saurons nous opposer dans tous les autres cas", préviennent ces députés.

Ils vont refaire le monde.

mardi 31 décembre 2019

Sans attendre ses voeux, des députés LREM pointent Macron

Macron ne fait plus l'unanimité dans la majorité présidentielle hétéroclite

Dans une tribune, seize députés de la majorité demandent des clarifications sur son projet flou de réforme des retraites

L’image contient peut-être : 1 personne, foule, arbre et plein air
Pas de retraite universelle par points pour tous
A quelques heures de la fin de l’année 2019, la contestation pourrait se durcir dans l’Hexagone, alors que la CGT appelle au "blocage total" des raffineries en métropole. Dans un document qu’a pu se procurer BFMTV, mais qui n'est pas encore publié, seize députés de la majorité exigent du président qu'il entendent la révolte populaire et réagissent vite sur la réforme des retraites. 

Ils demandent que "la réforme des retraites soit clarifiée tant dans son contenu que dans son objectif". 
Parmi eux, quinze députés LREM, ainsi que Matthieu Orphelin, ex-député du parti qui a quitté le groupe présidentiel et rejoint le groupe Libertés et Territoires présidé par Philippe Vigier, mais qui continue de siéger dans les rangs de la majorité.

Ils dénoncent un point en particulier : l’âge pivot. 
"L’âge pivot serait injuste socialement, écrivent également les parlementaires, identifiés comme appartenant à l'aile gauche du parti présidentiel. Plusieurs d'entre eux font également partie du collectif social-démocrate né à l'intérieur de LREM au début de l'été 2019, comme Delphine Bagarry - parmi les fondateurs qui voulaient "consolider les dispositifs de protection avant de libérer les potentiels" et ainsi inverser la stratégie d'Emmanuel Macron" -Martine Wonner, Jean-François Cesarini ou encore Stella Dupont, rejoints par les députés Albane Gaillot et Jean-François Mbaye. Le CSD n'est ni "frondeur", encore moins "godillot", avait prévenu Jean-François Cesarini.

Des solutions alternatives à l'âge pivot existent, faisons vivre le dialogue afin de parvenir à un consensus viable pour tous et ainsi mener à bien cette réforme importante", lancent-ils à Emmanuel Macron. 
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Les signataires demandent donc au président de mettre de l’eau dans son vin, d’autant qu’ils estiment la réforme des retraites nécessaire. "L'âge pivot à 64 ans pour tous n'est pas l'alpha et l'oméga pour financer le système des retraites, il y a des alternatives. On est tous pour une réforme à point et universelle; il n'y a personne qui dit 'restons dans les régimes spéciaux, restons au système actuel’ ", avance Jean-François Cesarini, député du Vaucluse (photo ci-dessus).
"Par contre, travailler plus encore une fois, il ne faut pas que ce soit uniforme mais que ça prenne en compte les parcours personnels de chacun et donc moduler cet âge d'équilibre suivant la pénibilité", a conclu Cesarini.

Macron intransigeant

Mais "travailler plus ne doit pas se faire au détriment des « parcours personnels de chacun", estime le député, raison pour laquelle il est nécessaire de moduler l’âge d’équilibre suivant la pénibilité. A la veille du Nouvel An, lors de ses vœux à la Nation, Macron persistera à se déclarer intransigeant et devrait tenir bon sur les grandes lignes de sa réforme, se retranchant derrière Edouard Philippe chargé de prendre les coups.

Le président devrait continuer à aligner les mots pour réaffirmer son "ambition forte" pour une réforme des retraites qui, selon lui, "corrige de nombreuses inégalités" tout en se montrant "ouvert au dialogue" : un "en même temps" qui ne trompe personne et irrite sa majorité comme tout le pays. 

Il devrait aussi appeler ses contradicteurs à "l’apaisement et non à l’affrontement", ce qu'il se refuse à pratiquer pour lui-même. Très attendue des syndicats, bien que connue d'avance, cette courte allocution de moins de dix minutes pourrait relancer le mouvement dans les jours à venir. 
Tandis qu'une tribute signée par seize député de sa majorité conteste son projet, la CGT a d'ores et déjà appelé à un "blocage total" des raffineries en France à compter du 7 janvier.

Une dizaine de parlementaires de la majorité se sont entretenus lundi avec le leader de la CFDT.

En catimini, à quelques pas de l'Assemblée nationale, cette initiative n'a pas été appréciée de Matignon, ni de Gilles Le Gendre, patron des députés, ni de Stanislas Guerini, patron tout aussi impuissant du mouvement présidentiel.
En rencontrant lundi Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT, ces députés situés à l'aile gauche de la majorité ont tenter, là où le pouvoir a échoué, de renouer le contact avec celui qui, pensent-ils, détient la clé du déblocage du conflit entre le gouvernement et de l'unité des syndicats contre la réforme Macron des retraites.

Selon les informations du Figaro et du Parisien, l'entretien s'est déroulé sur invitation lancée à la suite des annonces d'Edouard Philippe sur le projet de loi à venir. Y ont participé des élus du "collectif social-démocrate" du groupe LREM, dont leur animateur, le député du Vaucluse Jean-François Cesarini.


dimanche 8 décembre 2019

A l’Assemblée nationale, la majorité LREM continue de se défaire

Gilles Le Gendre ne tient plus ses troupes

A mi-chemin de la législature, le groupe LREM a perdu dix sièges.
Et il n’est pas exclu qu’il en perde encore dans les semaines à venir...
La députée de la Sarthe Pascale Fontenel-Personne a annoncé sa mise en retrait du groupe LREM à l’Assemblée. "La gestion départementale de La République en marche est calamiteuse et dénuée d’ambition", a critiqué l’élue vendredi 29 novembre, devenant ainsi la septième à annoncer son départ ou sa mise en retrait du groupe au cours de l’année 2019.

A l’exception d’Isabelle Muller-Quoy, dont l’élection a été invalidée par le Conseil constitutionnel, de deux exclusions (Agnès Thill et Sébastien Nadot), la plupart des sortants ont quitté le groupe parlementaire en raison de fortes divergences sur le fonctionnement du parti et sur les choix politiques faits par l’exécutif et donc par le groupe LREM à l’Assemblée.

L’analyse (en octobre 2019) : lente contraction du groupe LREM 

Ainsi, la majorité qui comptait 313 députés à la fin de l’été 2017, ne dispose désormais que de 303 élus : elle ne dispose plus que d'une marge de 14 députés. 289 députés est le seuil  au-dessous duquel le groupe La République en marche perd son autonomie pour faire adopter les projets de loi du gouvernement. Il est désormais exposé au vent de la révolte en cas de faux-pas de l'exécutif ou de ses garde-chiourmes.

Liste des départs du groupe présidentiel à l’Assemblée nationale
29 novembre 2019 - Pascale Fontenel-Personne annonce son départ. 
Députée de la 3e circonscription de la Sarthe, elle n'est plus qu'apparentée au groupe LREM  après d'importants différends.

13 novembre 2019 -
Jennifer de Temmerman claque la porte.
Elle était députée de la majorité dans la 15e circonscription du Nord. 

9 septembre 2019 · Albane Gaillot quitte LREM
La députée de la 11e circonscription du Val-de-Marne s’est mise en retrait du groupe LREM : suite à des divergences profondes et répétées, elle est désormais apparentée.

26 juin 2019 · Agnès Thill est exclue : après ses propos controversés sur la PMA, la députée de la 2e circonscription de l’Oise est chassée du groupe et du  parti présidentiels.

11 juin 2019 · Sandrine Josso ne se reconnaît plus dans LREM et la députée de la 7e circonscription de la Loire-Atlantique en démissionne.

7 juin 2019 · Aina Kuric quitte LREM : la députée de la 2e circonscription de la Marne s’est mise en retrait du groupe LREM tout en devenant apparentée.

6 février 2019 · Matthieu Orphelin, député de la 1re circonscripotion du Maine-et-Loire et proche de Nicolas Hulot, démissionne avec fracas, signant la fracture de la majorité présidentielle.

29 décembre 2018 · Joachim Son-Forget, député de la 6e circonscription des Français établis hors de France, se retire volontairement, suite à des dérapages jugés sexistes contre la sénatrice Esther Benbassa sur Twitter.

20 décembre 2018 · Sébastien Nadot se fait exclure. Le député de la 10e circonscription de Haute-Garonne s'était dressé contre le pouvoir pour que le droit humanitaire international soit respecté au Yemen, s’opposant notamment à la vente d'armes françaises à l'Arabie saoudite et aux Emirats arabes unis, qui pourraient être utilisées contre les populations civiles yéménites. C'est suite à un voté contre le budget 2019 que LREM l'a viré. 

18 octobre 2018 · François-Michel Lambert, député de la 10e circonscription des Bouches-du-Rhône. Membre de l'équipe de campagne de Jean-Luc Bennahmias à la primaire citoyenne de 2017, puis soutien de Macron au premier tour de l'élection présidentielle de 2017, ce député franco-cubain du MoDem fut élu avec le soutien de La République en marche (LREM). En octobre 2018, il le quitte pour le nouveau groupe Libertés et territoires (notamment des personnalités du Mouvement radical (MR), ainsi que des élus nationalistes corses.). Depuis 2018, ce proche de François de Rugy - Cuba est éleveur de homard - est par ailleurs porte-parole de l'Union des démocrates et des écologistes, centre-gauche,  présidée par Jean-Vincent Placé.

17 octobre 2018 · Paul Molac démissionne. Député de la 4e circonscription du Morbihan élu avec le soutien du Parti socialiste (PS) et d'Europe Ecologie Les Verts (EELV), la même année, il a rejoint le nouveau groupe Libertés et territoires présidé par Philippe Vigier.

3 octobre 2018 · L'ancien premier ministre socialiste de Hollande, Manuel Valls, est contraint au retrait de LREM. Le député franco-espagnol de la 1e circonscription de l’Essonne et ancien maire d'Evry alla tenter l'aventure à Barcelone qui le refoula.

16 septembre 2018 · Frédérique Dumas quitte avec fracas LREM pour le groupe UAI (UDI, Agir et indépendants) présidé par Jean-Christophe Lagarde (UDI). Députée de la 13e circonscription des Hauts-de-Seine élue avec le soutien de LREM, elle est alors la deuxième - après Jean-Michel Clément - à quitter le groupe de la majorité présidentielle, invoquant des divergences politiques, notamment sur le manque d'ambition de la politique culturelle de l'exécutif. Franck Riester, un temps président d'Agir!, acceptera, quant à lui, d'entrer au gouvernement...

22 avril 2018 · Jean-Michel Clément est démissionnaire. Le député de la 3e circonscription de la Vienne était entré en opposition au projet de loi sur l’asile et l’immigration. Il a rejoint le parti Place publique, lancé fin 2018 par plusieurs personnalités, dont Raphaël Glucksmann, fils du philosophe André Glucksmann, un ex-militant maoïste de la Gauche prolétarienne reconverti dans le libéralisme atlantiste, et tête de liste aux Européennes, ainsi que l'économiste Thomas Porcher et l'hystérique Claire Nouvian, lesquels ont depuis démissionné.

16 novembre 2017 · Isabelle Muller-Quoy, juriste dont l'élection fut pourtant invalidée. Cette députée de la 1re circonscription du Val-d’Oise est maître de conférences en... droit public à l'université... d'Amiens.

5 septembre 2017 · Mjid El Guerrab est contraint au retrait : ce député de la 9e circonscription des Français établis hors de France a rejoint le groupe Libertés et territoires qui l'a accepté malgré sa mise en examen pour "violences volontaires avec arme". En janvier 2019, il est nommé à la commission d'enquête parlementaire sur les violences attribuées aux groupuscules d'extrême droite...


lundi 4 novembre 2019

Conditions d'accès à l'assurance-chômage : la réforme est-elle une trappe à chômeurs ?

Inquiétudes grandissantes face aux durcissements des règles d'accès à l'assurance chômage

Les premières mesures de la réforme de l'assurance-chômage sont entrées en vigueur vendredi 1er novembre

Résultat de recherche d'images pour "trappe à chomage"Une réforme visant avant tout à réaliser plus d'un milliard d'euros d'économies par an (3,4 milliards d'économies sur trois ans) est-elle faite pour les éclopés du marché du travail ? Les conditions d'éligibilité aux allocations sont notablement durcies par une série de mesures qui attirent tout particulièrement les critiques.

Laurent Berger dénonce une réforme "indigne" et se dit prêt à débattre avec Muriel Pénicaud, la mère-porteuse de cette nouvelle réforme Macron.

"Tuerie", "punition", réforme qui va "créer des drames" et des "trappes à pauvreté". Depuis l'annonce du contenu de la réforme en juin, traduite dans deux décrets publiés en juillet, Laurent Berger ne décolère pas.
Le secrétaire général de la CFDT, syndicat réformiste, n'a pas eu de mots assez durs ces derniers temps pour qualifier cette réforme scélérate, et encore vendredi matin sur Franceinfo. "Cette réforme va faire beaucoup de mal aux demandeurs d'emploi. Beaucoup beaucoup de mal aux chômeurs indemnisés", a-t-il répété sur la radio publique. "C'est 1,4 million de personnes qui vont être très directement concernées", a-t-il précisé.

Les mesures assurant le durcissement des conditions d'accès à l'assurance chômage sont les premières mises en vigueur dès ce 1er novembre. Il faudra désormais avoir travaillé six mois sur les 24 derniers mois, au lieu de quatre sur 28 auparavant, et la dégressivité des allocations pour les hauts revenus au bout de six mois. Selon les chiffres de l'UNEDIC, 850.000 demandeurs d'emploi vont perdre 200 euros net par mois à partir de l'an prochain, dans deux mois.

"Ça fait 100% de perdants", a calculé le responsable syndical, qui accuse la ministre du Travail Muriel Pénicaud d'avoir fait cette réforme non pas pour aider au retour à l'emploi mais "pour faire des économies sur le dos des demandeurs d'emploi" . 

Ces règles "se sont mises en place suite à l'échec d'une négociation dans un cadre où il était quasi-impossible, pour l'ensemble des acteurs sociaux, patronat ou syndicats, d'aller vers un accord", a dénoncé L. Berger. "Elles ont été mises en place par décret, et il n'y a pas de possibilité d'intervention sur les décrets lorsqu'ils sont légaux. Ça n'empêche pas de continuer à dire que cette réforme est injuste et indigne", a-t-il insisté.
"On est dans un pays où quand on tape sur les plus fragiles, ce n'est pas ce qui fait le plus réagir. J'en suis presque malade au sens imagé . Ma colère n'est pas feinte", a ajouté Laurent Berger.

"Je viens de ce secteur, de l'accompagnement des demandeurs d'emploi. Je suis prêt à débattre avec Mme Pénicaud sur ce que ça veut dire concrètement, y compris sur ses allégations selon lesquelles les demandeurs d'emploi n'ont qu'à retrouver un travail. C'est plus compliqué que cela", a-t-il insisté.

"Nous nous battons contre la précarité, on investit un milliard d'euros pour l'insertion par l'économique des plus vulnérables, on est en train de former des jeunes pour qu'ils aient un emploi, on est en train de former des demandeurs d'emploi comme on l'a jamais fait, on rajoute des postes à Pôle emploi pour que les personnes soient mieux accompagnées", s'est justifiée jeudi sur LCI la ministre du Travail. "Notre but, c'est l'emploi, plus d'emploi, moins de précarité" , a-t-elle ajouté.

Eric Heyer, est sceptique : à bien des égards, les mesures gouvernementales ne vont rien régler, sinon à la frange.

VOIR et ENTENDRE le directeur du département analyse et prévision de l'OFCEdans Ecorama :



Michel Sapin, l'ancien ministre de l'Economie de François Hollande, taclait une "réforme injuste et brutale"

"Là, c'est vraiment la première réforme depuis très longtemps qui est aussi brutale, aussi injuste et qui va créer plus de pauvres. C'est une réforme qui tape sur les plus faibles," s'est-il indigné au micro d'Europe 1 vendredi 1er novembre.



Interrogé sur les échecs des négociations avec les partenaires sociaux, Michel Sapin a estimé que cet échec était "voulu par le président de la République".
Macron "avait créé toutes les conditions pour qu'il ne puisse pas y avoir d'accord. Il ne pouvait pas y avoir d'accord de la part du patronat et il ne pouvait pas y avoir d'accord de la part des organisations syndicales", affirme Michel Sapin qui pointe "un échec organisé, c'est un échec voulu. Et c'est un échec qui donnait toute liberté ensuite au gouvernement de prendre des mesures que jamais les partenaires sociaux n'auraient pu négocier ou n'auraient voulu négocier".

Matthieu Orphelin, ancien membre de la majorité présidentielle LREM, s'est déclaré samedi sur Europe 1, "très inquiet"

Résultat de recherche d'images pour "trappe à chomage"

"Il faut que le gouvernement entende", a tonné e député du Maine-et-Loire, un ancien membre de la majorité présidentielle. Il est en effet monté à nouveau au créneau samedi, cette fois contre le durcissement des règles d'accès. "Je suis très inquiet par le durcissement des conditions d'éligibilité", a ainsi déclaré sur Europe 1 le député dissident du Maine-et-Loire.
.
"C'est assez paradoxal par ailleurs, au moment où le gouvernement met en place une stratégie de lutte contre la pauvreté, j'ai peur que ce durcissement soit une trappe à pauvreté", a déclaré le député. "Je crois qu'il faut que le gouvernement entende les inquiétudes des acteurs comme Laurent Berger de la CFDT (...) Il faut que le gouvernement entende les alertes des acteurs sur ce sujet". Et de répéter : "j'ai beaucoup d'inquiétudes". 


jeudi 25 juillet 2019

123 députés ont sacrifié le CETA pour Greta Thunberg

Ces députés ont choisi le médiatique contre le législatif

Attirés comme des papillons de nuit par Greta Thunberg sous le feu des projecteurs, ils ont laissé passer le CETA le même jour

Résultat de recherche d'images pour "CETA" 

Ce mardi, 
avoir reçu l'écologiste suédoise Greta Thunberg en audition, les députés ont voté l'adhésion de la France au CETA, Comprehensive Economic and Trade Agreement (Accord économique et commercial global, AECG), alors qu'ils avaient la tête ailleurs.
Parmi eux : une majorité de députés LREM, 20 députés MoDem, 7 UDI, 8 Libertés et territoires (notamment membres du Mouvement radical, social et libéral, Les Centristes, Union des démocrates et des écologistes (fondé par François de Rugy, Jean-Luc Bennahmias, Jean-Vincent Placé), Parti radical de gauche, ou Place publique), 7 députés LR, 12 socialistes, 3 non-inscrits et 2 gauche démocrate.

Citons en vrac:
Villani, Bournazel, Lagarde, Chassaigne, Falorni, Garot, Pompili, Questel, Renson, Adam, Alauzet, Baichère, Balanant, Bareigts, Belhaddad, Belhamiti, Berville, Diard, Elguerrab, Juanico, Lambert,  Letchimy, Nadot, Orphelin, Rabault, Son-Forget, Taché, Thill, 

L'invitation de l'adolescente était à l'initiative des 135 membres de "Accélérons la transition". 
Résultat de recherche d'images pour "Greta Thunberg"
Kapo, dans une vie antérieure ?
Parmi eux, 123 députés (dont 96 LREM) n'ont pas fait barrage à ce traité de libre échange "climaticide", comme on dit "féminicide" ou "infanticide". Une incohérence inexcusable : s'ils avaient voté conformément à leurs convictions de façade, le texte ne serait pas passé.
Mardi 23 juillet au matin, Greta Thunberg, 16 ans, activiste de "Youth for climate", cornaquée par son papa, était invitée par le collectif transpartisan de députés 'accélérons la transition' lancé par Matthieu Orphelin pour alerter sur l'urgence climatique absolue. La donzelle était, entre autres, escortée de la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, membre du GIEC, qui a rappelé les conclusions du GIEC et plaidé pour des actions politiques immédiates. 
Désormais, la prise de décision dans l'urgence est un 'must', sans rapport avec les condamnations de la précipitation par nos sages anciens. On nous explique en effet qu'en matière climatique, les décisions précipitées n'ont rien de commun avec une décision de crise, car nos "urgentistes" du climat, néo-Atlas de la planète, sont dotés d'une fulgurante rapidité d'analyse...
Ces jeunes de Youth for climate militent en faveur d'une mobilisation face au réchauffement climatique, organisant en particulier des grèves scolaires pour le climat dans de nombreux pays. Mais, au même titre que des "lights off" (extinctions sauvages d'enseignes lumineuses), ou "clean walks" (marches de ramassage de déchets et mégots sur l'espace public) ou des actions diverses de désobéissance civile, a précisé la militante, en même temps que des dizaines de membres de Youth for Climate France ont bloqué un restaurant McDonald's toute la journée de ce dimanche 14 juillet ...

Double hasard du calendrier, en pleine vague de canicule, comme en 1947 ou en 2003 (point besoin d'être paléontologue pour en avoir connaissance), ces mêmes députés étaient appelés le jour même à se prononcer sur le très controversé accord CETA entre l'UE et le Canada.
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Selon Nicolas Hulot ou Gaël Giraud, dans leurs tribunes respectives, cet accord, que certains déclarent totalement contradictoire avec les contraintes climatiques telles qu'elles nous sont imposées par quelques activistes écolos déclinistes et radicaux, vise à abaisser les normes environnementales et sanitaires - qui conviennent aux Canadiens - et renforce significativement les émissions de CO2 par l'accélération d'un commerce de masse.

La veille, Emmanuel Macron répondait sèchement à la tribune de Nicolas Hulot et défendait le CETA "qui va dans le bon sens"

Macron assure "moi, j'ai le sens des responsabilités"
et Pollux défend l'accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada, dirigé par son ami Castor, Justin Trudeau, et rédigé selon lui par Nicolas Hulot lorsqu'il était au gouvernement.

Par ce soutien, le président contredit sciemment les conclusions d'un rapport d'experts (rapport Schubert) qu'il avait pourtant lui même nommé ! Ce rapport conclut de manière formelle à la nocivité du CETA pour le climat.
Le CETA a été ratifié de justesse : 266 voix pour, 213 contre et 74 abstentions

L'accord est combattu par les agriculteurs comme les ecologistes, au nom notamment des risques sanitaires.Parmi les députés qui ne se sont pas opposés au CETA, les membres de "Accélérons le transition" sont particulièrement à blâmer :
Ils ont eu le cynisme d'inviter le matin des spécialistes du climat, qui ont réitéré les alertes à l'unisson, laissant passer, l'après midi, un texte aux impacts désastreux, en connaissance de cause.
L’objectif de ce collectif 'Accélérer la transition écologique et solidaire.'? Tenez-vous bien... Les élus détaillent ainsi leur ambition : «Nous, députées et députés élus de sensibilités politiques variées, mais réunis par la conviction que la transition écologique et solidaire ne peut plus attendre, avons décidé d’unir nos forces pour que soient portées et votées des avancées nouvelles à la hauteur des enjeux. Nous serons guidés par la prise en considération de la transition dans l’ensemble des politiques publiques menées. Une seule boussole : l’intérêt général présent et futur.»

"On joue sur les peurs", estime aussi Roland Lescure qui rappelle que seules 36 fermes canadiennes peuvent exporter dans le cadre des normes européennes, les porte-parole MoDem criant aussi aux 'fake news'.

Voici ici la liste des 123 députés à la fois membre du collectif Accélérons la transition  et n'ayant pas voté contre le CETA.
Un vote conforme à leur conviction de façade aurait suffi à faire basculer le scrutin : leur responsabilité est totale.
Voici aussi leurs emails & téléphone pro et compte Twitter : laissons aux citoyens la liberté de leur réclamer des comptes. 
L'histoire et leurs enfants se souviendront certainement de ce vote comme du symbole de l'hypocrisie politique.

Les photos de ces 123 députés figurent aussi sur une galerie "mur de la honte" 


Attention  : cette liste ne comporte que les députés ayant aussi invité Greta le matin même.
Pour la liste complète des députés ayant voté pour ou s'étant abstenu : consultez ce tableur en ligne 

Saluons au passage les 9 députés LREM qui ont eu le courage de s'opposer à la consigne de vote de leur groupe présidé par Gilles Le Gendre et de voter contre le CETA : 
Benoit Potterie, 
Xavier Paluszkiewicz, 
Jean-François Mbaye, 
Sandrine Le Feur, 
Albane Gaillot, 
Olivier Gaillard, 
Yves Daniel, 
Lionel Causse,
Eric Alauzet.

Négocié pendant plus de sept ans, le Ceta avait été approuvé par le Parlement européen en février 2017. 
Il doit être ratifié par les 38 assemblées nationales et régionales d'Europe, d'où son passage par l'Assemblée, puis au Sénat à une date qui reste à définir. Treize Etats l'ont déjà ratifié, dont l'Espagne de Sanchez et ...le Royaume-Uni.