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mardi 19 mai 2020

Le parti du président Macron, LREM, perd la majorité absolue

17 députés forment un nouveau groupe à l'Assemblée : LREM peut-elle encore  conserver toute son arrogance ?

Avec la création de ce nouveau groupe, LREM poursuit une débandade parlementaire inédite

En perdant la majorité absolue au Palais-Bourdon, Macron devra davantage composer avec ses alliés, le Modem et Agir, plus loyalistes que ses élus.


Un neuvième groupe politique de 17 dissidents, dont des Macroniens et anciens Macroniens, est "déposé officiellement" ce mardi à l'Assemblée, annoncent certains de ses membres fondateurs. Le groupe LREM perd du même coup  la majorité absolue"de justesse" et "au moins temporairement," commente Le Monde qui ne mise pas sur son avenir.

Baptisé "Ecologie Démocratie Solidarité", ce nouveau groupe est "indépendant", "ni dans la majorité, ni dans l'opposition", un "en même temps" qui n'augure pas d'une ligne sans zigzags ni compromission, dès la lecture de la déclaration politique de ses élus. 
Parmi ses membres figurent d'anciens "marcheurs" de la première heure, comme Matthieu Orphelin (proche de Nicolas Hulot), ou encore des membres de l'aile gauche de LREM comme Aurélien Taché ou Cédric Villani, dont la dissidence n'était pas encore acquise jusque-là.
Avec cette crise du Covid19, il nous faut dépasser les clivages et les postures, et construire collectivement le monde d’après. #EDS, que nous créons aujourd'hui, sera un groupe de propositions, de coalition, d'innovation


Tous ces députés ont été élus en 2017 sous l'étiquette LaREM à l'exception de Delphine Batho.

Une perte "seulement temporaire" de majorité, veulent croire les loyalistes groggy ?

Les arrogants de la majorité présidentielle aurait dû voir venir.
En février 2019, la grande majorité de ses députés et le MoDem avaient voté pour loi dite anticasseurs, controversée et qui proposa des interdictions administratives de manifester ou qui fait de la dissimulation de visage un délit. Mais 50 députés - principalement de l’aile gauche et en pointe sur la défense des libertés publiques - s'étaient tout de même abstenus. "L’essentiel, c’est qu’il n’y a eu aucun vote contre," avait commenté dans la foulée du vote le patron du groupe majoritaire Gilles Le Gendre. 
Pour voir venir la dissidence actuelle, il aurait fallu que les anciens socialistes Gilles Le Gendre - fils d'un président de société et de Catherine Chassaing Mandegou de Borredon - un ex-président du directoire du groupe Expansion (groupe l'Express, filiale de SFR Presse, racheté par Patrick Drahi, détenteur cumulard de BFM), et Stanislas Guerini, secrétaire général de LREM, eussent été lucides et compétents, mais ils sont des produits du quinquennat de François Hollande.

Avec ce... neuvième groupe - un record camouflet dans l'hémicycle du Palais-Bourbon - LREM perd sept nouveaux membres ou apparentés, tombant à 288, juste sous le seuil de la majorité absolue (289 sièges) qu'il détenait jusqu'alors à lui seul. Un revers cinglant même si le groupe majoritaire peut s'appuyer sur ses 46 alliés du MoDem et la dizaine d'élus Agir.

Le groupe espère toutefois récupérer rapidement la majorité absolue
La future suppléante d'Olivier Gaillard, ex-PS et ex-LREM, qui devrait quitter son siège de député pour succéder à une DVG à la mairie de Sauve (1.900 habitants), Gard, pourrait se désolidariser du titulaire démissionnaire, depuis le 13 mai (déclarant regretter de n'être qu' "un élu de seconde zone" dans un Parlement qui oublierait les territoires locaux) et rechausser les godillots des "marcheurs", comme annoncé par le député, sous les yeux des électeurs effarés. 
Sa suppléante est proviseur adjointe du Lycée Jacques Prévert à Saint-Christols-les-Alès, 1957e sur 2013 au classement national de 2016 et 21e sur 21 dans le département avec 8,3/20Catherine Daufès-Roux, 57 ans, déjà doublure d'Henri Francès en 2012, battu par le socialiste William Dumas, va devoir résister au mépris de élus de la société civile au parti présidentiel. Elle a survécu à la canicule de l'été 2003 et à un record de chaleur jamais enregistré en France métropolitaine avec 44,1 °C . Est-elle suffisamment aguerrie pour autant ?

Vers un soutien conditionnel au cas par cas et un chantage permanent au pouvoir

Le nouveau groupe entend contribuer à "une ambition forte de transformation sociale et écologique". Ce que Macron croyait réaliser depuis trois ans...

"Répondre à l'urgence écologique, moderniser la démocratie, réduire les inégalités sociales et territoriales : nous pouvons faire plus et mieux à l'Assemblée nationale", estiment ces députés, pour qui "après le Covid-19, plus rien ne doit être comme avant". Les prétentieux de la majorité n'en croient pas leurs yeux: ils ont trouvé plus ambitieux qu'eux !

Dans un document, ils listent leurs "15 premières priorités"
Cela va d'"un plan de réindustrialisation pour une souveraineté et une autonomie retrouvées" à une "réelle transparence de la vie publique" en passant par le rétablissement d'un système de santé "robuste" ou une refonte de "la fiscalité du capital et du patrimoine".

"Nous pousserons et soutiendrons toutes les décisions à la hauteur des enjeux, mais saurons nous opposer dans tous les autres cas", préviennent ces députés.

Ils vont refaire le monde.

dimanche 2 juin 2019

Des députés veulent fermer les lignes aériennes intérieures, alternatives au train

80 km/h et boycottage de l'avion : l'écologie punitive n'a pas de limites

Ces élus exemplaires ont déposé des amendements à la Loi d'orientation des mobilités

Quelques députés entendent réduire les émissions de CO2 en favoriser le train plutôt que les avions trop polluants. 
Présenté par François Ruffinélu de La France insoumise, et cosigné par le groupe LFI, le PS Dominique Potier, soutien officiel de Benoit Hamon pendant la campagne présidentielle de 2017, l’ex-ministre socialiste Delphine Batho, le député exclu de LREM Sébastien Nadot, en croisade contre la vente d'armes françaises au Yémen et soutien de la liste 'Urgence écologie' - qui a totalisé 1,82% des suffrages exprimés - menée par le philosophe Dominique Bourg, incluant Antoine Waechter du Mouvement écologiste indépendant, Delphine Batho de Génération écologie et Sébastien Nadot du Mouvement des progressistes fondé par Robert Hue, ex-secrétaire national (1994-2001), puis président (2001-2003) du Parti communiste français (PCF), et le communiste Sébastien Jumel, maire de Dieppe, le texte,  pourrait être appliqué dès 2021 s’il était voté. 

L'un des amendements à la Loi d'orientation des mobilités (LOM) déposés propose d'interdire les vols intérieurs sur un parcours en train qui durerait jusqu'à 2h30 de plus que le trajet aérien, précise Le Parisien.
"Selon l’éco-calculateur de la direction de l’aviation civile, un aller-retour Paris-Marseille en avion émet 195 kg de CO2 par passager. Ce même aller-retour effectué en TGV en émet 4,14, soit près de 50 fois moins", a expliqué François Ruffin sur son site

Le député propose aussi de taxer les billets d'avion et le kérosène. 
"Le maintien sous perfusion de liaisons aériennes par les exonérations fiscales et autres aides publiques est un choix politique écologiquement et socialement injuste", poursuit-il.

Dans un entretien avec le Journal du dimanche, l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho a apporté son soutien à cet amendement. 

La députée des Deux-Sèvres a ajouté qu'elle souhaite aussi bannir les publicités du transport aérien. 
Par le biais de cette loi, les députés défendent aussi un retour au transport ferroviaire pour compenser une "injustice territoriale" et un "déclin renforcé par la libéralisation du marché des cars longue distance". Si le texte était voté, il pourrait être appliqué dès 2021.

Liens PaSiDupes :
Juin 2008 : "Le ferroutage, un système d'avenir - Le ferroutage, une alternative écolo au chantage des syndicats de transporteurs"
Septembre 2009 : "La CGT veut faire dérailler le programme de ferroutage initié par Gayssot (PCF) - Nouveau plan pour sauver le fret ferroviaire"

Pourquoi prendre l’avion coûte moins cher que le train ?

Contrairement aux autres carburants, le kérosène n’est pas taxé en France. Résultat : les billets d’avion sont parfois moins chers que le train. Certains écologistes voudraient que cela change.

mardi 31 juillet 2018

Affaire Benalla-Macron : les motions de censure de droite et de gauche rejetées par la majorité présidentielle

Le peuple a-t-il voté Macron pour soutenir son gouvernement, une police parallèle et Benalla ?

Sans aucun suspense, la motion de censure de droite à été rejetée par la majorité macronienne. 

La volaille glousse sur le banc du gouvernement
au rejet des deux motions de censure
Déposée par le groupe Les Républicains au palais Bourbon, elle devait recueillir l'approbation de 289 députés, ce mardi 31 juillet, pour pouvoir renverser le gouvernement d'Edouard Philippe, une mission impossible. Christian Jacob et 90 membres de l'opposition  - 11 non inscrits, dont Marine Le Pen - étaient sans illusion, mais souhaitaient marquer leur indignation devant l'Histoire, face à un système policier autoritaire et dévoyé.  Avec 143 votes favorables, le texte a donc été rejeté, avec près de la moitié des suffrages requis.
Premier orateur à intervenir en début d'après-midi, porteur de la motion de droite, le président du groupe Les Républicains, Christian Jacob, a notamment jugé que l'affaire "Macron-Benalla", qui "touche l'Etat et son chef au cœur" et face à laquelle le gouvernement a "abdiqué", va laisser des "traces profondes".

"Motion de blocage" contre "le pire des anciens mondes"
Dans son explication de vote au nom de LR, le co-rapporteur de la commission d'enquête, Guillaume Larrivé, a fustigé les "errements d'un gouvernement nommé par un président qui n'agit pas en chef d'Etat mais en chef de clan", la "pratique dévoyée d'un pouvoir qui se croit au dessus de tout, des règles, du droit" et "reproduit le pire des anciens mondes".

17 Insoumis et 14 communistes avaient annoncé qu'ils voteraient la motion de la droite. 
Les socialistes ont fait le choix inverse "car nous ne voulons pas préparer une alternative ensemble", avait expliqué le patron du parti, Olivier Faure.


La motion des gauches connaît la même fatalité

Bien qu'ils se soient mis à trois groupes de gauche à l'Assemblée, la motion de censure présentée par la gauche n'a pas fait mieux. Malgré les plaidoyers de l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon, du communiste André Chassaigne ou encore de la socialiste Valérie Rabault, le texte s'est heurté à la très large majorité La République en Marche, soutien aveugle et indéfectible au président de la République : 312 députés LREM et centristes du MoDem (46).

La motion des gauches a quant à elle été votée par 74 députés, socialistes, communistes, Insoumis, plus 10 non inscrits, dont les élus RN ou encore la socialiste Delphine Batho, mais aussi deux LR, Eric Diard et Arnaud Viala, y ont apporté leurs suffrages. Le groupe LR avait décidé de ne pas la voter.

"Vos motions de censure ne sont rien d'autre que des motions de blocage", avait caricaturé plus tôt le Premier ministre Edouard Philippe, épinglant des "oppositions de rencontre" nourrissant à ses yeux "l'espoir" "de ralentir le rythme de la transformation du pays".

Les godillots de la majorité présidentielle se sont à nouveau distingués en se levant à tout propos et en applaudissant frénétiquement.
Les prochaines élections feront le tri.

samedi 3 mars 2018

Emplois menacés chez Vallourec : Macron décevra-t-il Bertrand ?

Bertrand exprime sa "totale incompréhension" à Bruno Le Maire

Xavier Bertrand a réagi à l’annonce de Vallourec de fermer une ligne de production sur le site de Saint-Saulve (Nord) 

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employant 164 salariés, dans un courrier adressé samedi au ministre de l’Economie, Bruno Le Maire. "C’est avec une vive émotion et une totale incompréhension que nous avons appris la fermeture de la ligne de finition de tubes chaudières",  écrit le président de la région Hauts-de-France, dans ce courrier daté de jeudi et cosigné par Xavier Bertrand (divers droite), Valérie Létard (sénatrice UC du Nord) et Laurent Degallaix (président UDI de Valenciennes Métropole). 

Le fabricant de tubes sans soudure Vallourec a annoncé mercredi la fermeture, affirmant que cette activité subit 'de plein fouet la baisse continue des volumes dans l’énergie électrique conventionnelle, et ce dans un environnement extrêmement concurrentiel". 
Cette annonce intervient alors que des discussions sont en cours pour le sauvetage de l’aciérie Ascoval de Saint-Saulve, près de Valenciennes (depuis les années 70), dans lesquelles Vallourec est partie prenante avec l’Etat et le groupe suisse Schmolz + Bickenbach. "Lors de nos nombreuses rencontres" au sujet de la "restructuration d’Ascoval", en présence de la direction du groupe Vallourec, "il n’a jamais été question" d’un "nouveau plan social laissant présager "une éventuelle fermeture d’une ligne de production”, ont regretté les signataires. 

"Face à la brutalité de cette décision, nous nous interrogeons sur la stratégie du groupe et la transparence des déclarations qui nous sont faites", ont-ils ajouté, réclamant au ministre des "solutions concrètes" pour "l’ensemble des salariés concernés et le devenir du site". 
"La colère, le sentiment de trahison sont grands dans le Valenciennois, parmi les salariés, la population et les élus locaux à qui revient la charge d’assumer les conséquences sociales et économiques de tels choix", a pour sa part réagi Michelle Gréaume, sénatrice PCF du Nord, dans un courrier adressé également au ministre de l’Economie. 
Dans un communiqué, Philippe Eymery, conseiller régional FN, a dénoncé quant à lui "les jeux irresponsables de meccanos industriels" qui "engendrent casse sociale," ainsi que les "ambivalences d’un Etat faible sans politique industrielle coordonnée"

Après l’annonce mercredi de la fermeture de cette ligne, les salariés du site de Saint-Saulve ont décidé en assemblée générale d’engager une grève reconductible, a indiqué Jean-Claude Triboulet, délégué CFDT.  "Jeudi et vendredi l’usine était à l’arrêt et une nouvelle réunion est prévue lundi avec les salariés", a-t-il affirmé.

En janvier 2013, les socialistes Batho et Montebourg posaient en VRP du nucléaire à Vallourec

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En déplacement en Bourgogne à l’usine Vallourec, Arnaud Montebourg et Delphine Batho annoncèrent la création d’un fonds de plus de 150 millions d’euros pour les PME du nucléaire, les deux ministres se posant encore une fois, en VRP du nucléaire.

Sans doute conditionné par la forte présence, à Montbard, d’entreprises nucléaires dans son fief électoral bourguignon, Arnaud Montebourg, le ministre du "Redressement productif", pour ne pas dire de l'Industrie, n’avait d’yeux que pour une énergie encore restée sans alternative dans le monde d'aujourd'hui et qu’il cherchait à faire durer, faute de substitut. Quant à la priorité de Delphine Batho, en tant que ministre de l’Environnement, elle aurait pu être de voler au secours de la filière des renouvelables, qui avait perdu plus de 15.000 emplois les années précédentes, du fait d’un manque de soutien gouvernemental, et d’aider la France à rattraper son retard en ce domaine. Bon gré, mal gré, elle était contrainte d’apporter son appui à une filière industrielle décriée, mais sans équivalent.

Selon Arnaud Montebourg, ce fonds prévoyait de créer près de 110.000 emplois, soit presque autant que le nombre d’emplois directs dans le nucléaire actuellement. Ce soutien à la filière montrait bien que le gouvernement n'avait pas acquis les moyens d'atteindre l’objectif affiché de réduire la part du nucléaire à 50% d’ici 2025. Il s’agissait là d’aider les entreprises du nucléaire à maintenir leur capacité de production et de limiter notre dépendance aux fournisseurs voisins, notamment d'électricité, la "transition énergétique" annoncée n'étant pas assurée, pas plus que la nécessaire reconversion des travailleurs du nucléaire.

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En juin 2015,
le ministre français de l'Économie, Emmanuel Macron, visitait une usine du groupe (ci-dessus) et estimait alors que Vallourec devait "articuler" son plan social avec ..."un nouveau plan industriel". En même temps, il incriminait des "pratiques de dumping chinoises" dans la sidérurgie. L'Etat était alors présent au capital de Vallourec dont il détenait indirectement près de 7,5 % du capital, via Bpifrance et la Caisse des dépôts.

En février 2016Macron, ministre de Hollande, annonçait une augmentation de capital d'un milliard d'euros souscrits par Bpifrance (organisme public français de financement et de développement des entreprises) et Nippon Steel qui prennent de ce fait une participation de 15 % chacun dans l'entreprise, mais le groupe Vallourec annonça bientôt une suppression de mille postes dans un contexte de chute du prix de pétrole et de faible demande pour les équipements ...para-pétroliers.

La sûreté nucléaire d'alors ne faisait que se dégrader, selon Sortir du nucléaire, qui continue, cinq ans plus tard, à développer une psychose des risques nucléaires, sans disposer pour autant d'éléments nouveaux étayant sa thèse. 
Au printemps 2015, Vallourec - société anonyme à directoire et conseil de surveillance - annonce la suppression de deux mille postes dans le monde, du fait du contexte de baisse d'investissement dans les industries ... pétrolière et gazière, lié à la baisse des cours dont plusieurs centaines en France.