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dimanche 2 juin 2019

Des députés veulent fermer les lignes aériennes intérieures, alternatives au train

80 km/h et boycottage de l'avion : l'écologie punitive n'a pas de limites

Ces élus exemplaires ont déposé des amendements à la Loi d'orientation des mobilités

Quelques députés entendent réduire les émissions de CO2 en favoriser le train plutôt que les avions trop polluants. 
Présenté par François Ruffinélu de La France insoumise, et cosigné par le groupe LFI, le PS Dominique Potier, soutien officiel de Benoit Hamon pendant la campagne présidentielle de 2017, l’ex-ministre socialiste Delphine Batho, le député exclu de LREM Sébastien Nadot, en croisade contre la vente d'armes françaises au Yémen et soutien de la liste 'Urgence écologie' - qui a totalisé 1,82% des suffrages exprimés - menée par le philosophe Dominique Bourg, incluant Antoine Waechter du Mouvement écologiste indépendant, Delphine Batho de Génération écologie et Sébastien Nadot du Mouvement des progressistes fondé par Robert Hue, ex-secrétaire national (1994-2001), puis président (2001-2003) du Parti communiste français (PCF), et le communiste Sébastien Jumel, maire de Dieppe, le texte,  pourrait être appliqué dès 2021 s’il était voté. 

L'un des amendements à la Loi d'orientation des mobilités (LOM) déposés propose d'interdire les vols intérieurs sur un parcours en train qui durerait jusqu'à 2h30 de plus que le trajet aérien, précise Le Parisien.
"Selon l’éco-calculateur de la direction de l’aviation civile, un aller-retour Paris-Marseille en avion émet 195 kg de CO2 par passager. Ce même aller-retour effectué en TGV en émet 4,14, soit près de 50 fois moins", a expliqué François Ruffin sur son site

Le député propose aussi de taxer les billets d'avion et le kérosène. 
"Le maintien sous perfusion de liaisons aériennes par les exonérations fiscales et autres aides publiques est un choix politique écologiquement et socialement injuste", poursuit-il.

Dans un entretien avec le Journal du dimanche, l'ancienne ministre de l'Ecologie Delphine Batho a apporté son soutien à cet amendement. 

La députée des Deux-Sèvres a ajouté qu'elle souhaite aussi bannir les publicités du transport aérien. 
Par le biais de cette loi, les députés défendent aussi un retour au transport ferroviaire pour compenser une "injustice territoriale" et un "déclin renforcé par la libéralisation du marché des cars longue distance". Si le texte était voté, il pourrait être appliqué dès 2021.

Liens PaSiDupes :
Juin 2008 : "Le ferroutage, un système d'avenir - Le ferroutage, une alternative écolo au chantage des syndicats de transporteurs"
Septembre 2009 : "La CGT veut faire dérailler le programme de ferroutage initié par Gayssot (PCF) - Nouveau plan pour sauver le fret ferroviaire"

Pourquoi prendre l’avion coûte moins cher que le train ?

Contrairement aux autres carburants, le kérosène n’est pas taxé en France. Résultat : les billets d’avion sont parfois moins chers que le train. Certains écologistes voudraient que cela change.

mercredi 29 mai 2019

Après-européennes : Macron laisse General Electric licencier, après avoir retardé l'annonce

A Belfort, GE envisage la suppression de plus de 1.000 emplois en France

Avatar de la transition écologique :  le plan social touche principalement la branche turbines à gaz de l’entreprise américaine 


L'annonce avait été différée pour ne pas mettre en difficulté la liste ...Renaissance de Macron aux Européennes. 
Implanté dans le Territoire de Belfort, le géant américain General Electric (GE) a confirmé, mardi 28 mai, deux jours après le scrutin, son projet de suppression de plus de 1.000 postes en France. Au lendemain des élections européennes, Macron est rattrapé par son passé de ministre de l'Industrie, .

L’annonce, redoutée depuis des mois par les salariés, a été officialisée mardi matin par un communiqué du groupe : GE a présenté aux instances représentatives du personnel "des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et de ses fonctions support". Celles-ci, détaille-t-il, sont susceptibles d’ "entraîner un maximum de 1.044 réductions de postes", essentiellement sur les sites franc-comtois de Belfort et de Bourogne (Territoire de Belfort), ainsi qu’à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Résultat de recherche d'images pour "macron belfort"Le groupe américain avait racheté en 2015 la branche énergie d’Alstom : le 4 novembre 2014, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, avait approuvé et autorisé l’investissement de General Electric dans Alstom.
Emmanuel MACRON autorise l’investissement de General Electric avec Alstom
Emmanuel MACRON, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, a accordé aujourd’hui son autorisation à General Electric (GE) pour la réalisation de son projet d’investissement en France avec Alstom et la constitution d’une alliance industrielle entre les deux groupes dans le secteur de l’énergie.
Cette autorisation était une étape nécessaire. Elle a été délivrée sur la base du décret n°2014-479 du 14 mai 2014 sur les investissements étrangers soumis à autorisation préalable. Par ce décret, la France soumet l’acquisition d’entreprises nationales exerçant des activités stratégiques (défense nationale, transports, approvisionnement énergétique…) à l’engagement formel par l’acquéreur d’assurer la pérennité de ces activités, sous peine de sanctions. Elle vient clore un processus de six mois de discussions approfondies associant l’Etat (Agence des participations de l’Etat et Direction générale des entreprises, sous le pilotage du Ministre de l’Economie), GE, Alstom, mais aussi EDF et Areva qui sont les entreprises clientes d’Alstom. Les engagements pris par GE s’incarnent dans un ensemble de contrats signés respectivement avec l’Etat et les entreprises nationales concernées, dont les principes avaient été définis dans le protocole d’accord signé entre l’Etat, GE et Alstom le 21 juin dernier. Emmanuel MACRON s’est assuré, avec vigilance, que les intérêts de l’Etat, la pérennité de la filière nucléaire et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France sont pleinement pris en compte dans cette opération.
Le nouveau groupe Alstom, par le biais de cette transaction disposera de
tous les moyens pour développer un champion français et européen dans le secteur des transports. Ces différents accords et contrats, signés le 4 novembre par les parties prenantes, constituent un dispositif juridique solide et complet, qui protège pleinement les intérêts nationaux que le gouvernement a poursuivis dans ce dossier depuis le mois d’avril. Un mécanisme de suivi des engagements sera immédiatement mis en place pour s’assurer de leur respect dans la durée. Par ailleurs, le Ministre rappelle que les dispositifs de l’accord conclu entre l’Etat et le groupe Bouygues, qui porte notamment sur un prêt de titres et une série de promesses de vente de Bouygues au bénéfice de l’Etat, portant sur un volume de titres pouvant représenter jusqu’à 20% du capital d’Alstom, seront activés à compter de la réalisation complète des opérations entre Alstom et GE.

En septembre 2016, Macron maintenait toujours qu'il n'avait pas fait des "promesses intenables"
, contrairement à d'autres responsables politiques...:


L'Américain envisage désormais jusqu’à 792 suppressions de postes
dans l’entité gaz, et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports, a précisé un porte-parole du groupe.

Aux abords du site de Belfort, 
les salariés se sont dit, la mine fermée,
 "abasourdis" et "assommés" par l’ampleur de l’annonce et sa "rapidité après les élections européennes".
"C’est une nouvelle épreuve pour la Cité du Lion, pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté, et plus largement pour la filière énergie en France", ont fustigé dans un communiqué commun plusieurs élus locaux, parmi lesquels le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, et la présidente (PS) de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay. Insistant sur le timing de l’annonce, "au lendemain des élections européennes", ils ont sonné "la mobilisation générale" et prévenu : "nous ne lâcherons rien !"

VOIR et ENTENDRE
ce reportage mettant en cause le "développement des ...énergies renouvelables":


La "mort annoncée" du site

Au total, General Electric emploie à Belfort environ 4.300 personnes, dont 1.900 dans l’entité turbines à gaz visée par l’annonce et qui subit les conséquences des difficultés générales de GE et de la baisse actuelle de ses marchés : en France, l'entreprise se trouve en situation de surproduction. 
Il y a près de 6 ans, une commission travaillant pour le président Hollande conseillé par l’actuel président Macron engageait une course folle à la compétitivité, que poursuivit le conseiller devenu ministre, puis président : CICE, pacte de responsabilité, loi travail 1 (El Khomri), loi travail 2 (Pénicaud). Les statistiques du chômage et celles de la croissance sont venues démontrer le fiasco de leur politique de l'offre.
Pour GE, il s’agit "d’améliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, de simplifier son organisation en adaptant ses fonctions support aux contraintes des divisions et ainsi retrouver le chemin d’une compétitivité durable".

Les procédures d’information-consultation auprès des organisations représentatives du personnel doivent s’ouvrir à la mi-juin. "Ces projets ne seront pas finalisés et aucune décision ne sera prise avant l’issue des procédures de consultation", insiste GE.
Même si salariés et élus redoutaient depuis plusieurs mois ces suppressions de postes, elles ont fait l’effet d’un électrochoc sur le site. C’est un "coup de tonnerre", a réagi sous couvert de l’anonymat un délégué syndical de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), à Belfort. "C’est la mort annoncée du site", a renchéri Dominique Thiriet, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) à GE Belfort, qui a fustigé l’absence de "volonté de General Electric de [le] faire vivre".

VOIR et ENTENDRE Juppé casser les genoux du ministre Macron sur le sujet d'Alstom, lorsqu'il avait encore des espoirs à l'UMP :


Indignation de l’intersyndicale

Pour le gouvernement, ces suppressions tombent au plus mal, dans un contexte social dégradé et avec d’autres déconvenues industrielles, comme la reprise chaotique de l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve (Nord), la fermeture annoncée de Ford à Blanquefort (Gironde) ou les difficultés de trésorerie du repreneur de Whirlpool choisi .

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l’objet de "la plus grande vigilance de la part de l’Etat". Dans un "contexte économique difficile", Belfort "dispose d’atouts", mais il est "indispensable de mesurer les investissements nécessaires afin d’adapter l’outil industriel pour expertiser la faisabilité" des projets à l’étude, telle la "diversification dans le secteur aéronautique, dans l’hydrogène" ou dans "de nouvelles centrales nucléaires à l’international", avait-il, cependant, averti.

Fin mars, le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, avait précisé qu’il entendait "étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir l’emploi". Parmi ces pistes : puiser dans un fonds de 50 millions d’euros abondé par GE pour ne pas avoir respecté son engagement, pris après le rachat de la branche énergie d’Alstom, de créer un millier d’emplois net en France.

La semaine dernière
, B. Le Maire avait toutefois soulevé la colère de l’intersyndicale de GE Belfort, déclarant qu’
"aujourd’hui, [GE] a une empreinte très forte sur les turbines à gaz", secteur dans lequel ..."il n’y a pas de débouchés".

La responsabilité de Macron depuis 2014
Une responsabilité personnelle de Macron que ne manque pas de souligner sur son blog Jean-Pierre Chevènement, actuel sénateur du Territoire-de-Belfort :
"Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan 'America first !' ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris", s'indigne l'ancien ministre.


"Etes-vous prêt vous aussi à vous battre à nos côtés ?", a demandé au gouvernement le député Michel Zumkeller (UDI) à l'Assemblée nationale mardi après-midi. Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron lui a répondu en promettant d'être "extrêmement vigilant":
"Le gouvernement est à l'oeuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus", a clamé le chef de l'Etat à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne, visant à contrecarrer la candidature de Weber.
De son côté, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est engagé à préserver "l'avenir industriel de Belfort". 
Des promesses qui ne suffisent pas à rassurer les salariés: "Le gouvernement fait rien pour nous aider, ils s'en foutent", gronde un salarié de l'usine.

A l'Elysée, la parole de l'ex-banquier est complètement démonétisée.
VOIR et ENTENDRE une synthèse du sujet mettant en cause Macron personnellement:

Le 18 mai 2017, Richard Ferrand, alors ministre de la Cohésion des Territoires, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche!, affirmait sur Europe 1: "C'est le gouvernement de la promesse tenue !"

jeudi 14 décembre 2017

Alstom: Macron met Montebourg hors de lui

GE ne respecte pas l'accord sur l'emploi, assure Montebourg

Nono n'a pas pris les garanties suffisantes et la France se fait berner

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Le géant américain de l'industrie General Electric (GE) ne respecte pas ses engagements sur l'emploi pris lors de l'accord de rachat en avril 2014 du pôle énergie d'Alstom, a dénoncé l'ancien ministre (2012-2014) de l'Economie Arnaud Montebourg, mercredi 13 décembre 2017, lors d'une audition à l'Assemblée. Il y a trois ans, le groupe Alstom avait vendu sa branche énergie, soit 70% de ses activités, l'Etat français en conservant 20%.
Le 4 novembre 2014, le ministre de l'Économie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron (août 2014-août 2016), autorisa l’investissement de General Electric dans Alstom.

Il y a deux ans, pour obtenir l'aval du gouvernement français au rachat du pôle énergie d'Alstom,
GE s'était engagé à créer 1.000 emplois nets en France d'ici à la fin 2018, sous peine d'une pénalité de 50.000 euros par emploi non créé.

En octobre dernier, l'ex-ministre du Redressement productif avait déjà exprimé sa colère devant des salariés de GE Hydro, branche du géant américain de l'énergie qui prévoit de supprimer 345 des 800 postes du site GE Hydro-Alstom de turbines hydroélectriques installé à Grenoble. Pour l'ancien patron de l'Industrie , "il reste quinze jours pour que l'État rachète les actions qu'il loue à Bouygues au sein d'Alstom". Et s'il ne le fait pas, il se prive de facto de juteux dividendes, polémiquait l'ancien ministre.
"Je ne peux pas considérer que l'accord a été respecté, puisqu'il y a déjà des pertes d'emploi qui ont été observées et donc le gouvernement doit faire respecter l'accord", a jugé Montebourg lors de son audition à l'Assemblée nationale par la commission d'enquête sur la politique industrielle.

En novembre, le solde était négatif de 590 postes, a récemment indiqué le président PS de la commission d'enquête de l'Assemblée sur la politique industrielle de l'Etat. 

"Les accords qui sont déloyalement exécutés doivent être sanctionnés et l'Etat a les moyens de le faire aujourd'hui", a encore jugé l'ancien élu, ajoutant que "c'était la première fois" que le gouvernement "avait trouvé un accord avec une sanction". 

Celui qui a préféré claquer la porte du gouvernement à l'arrivée de Manuel Valls,
Image associéeplutôt que de poursuivre son action, juge "utile" d'imposer à l'avenir "la nullité de l'accord" par "rétroactivité, en cas de manquement aux engagements.

Théoricien du patriotisme économique ressorti de sa retraite politique pour préserver l'emploi industriel qu'il avait livré aux mains du banquier Macron, ce partisan des nationalisations a également proposé que le gouvernement rachète les co-entreprises dans l'énergie entre Alstom et General Electric.
"Alstom peut racheter jusqu'en 2019 les activités (...) de la co-entreprise Alstom General Electric Renewable, qui comprend les turbines pour les barrages et l'énergie éolienne, et "dans laquelle figure l'entreprise GE Hydro", a-t-il assuré.

Un ministre négligent devenu président

Nono Montebourg a rappelé que le portefeuille d'Alstom, outre son activité ferroviaire, comprend "trois co-entreprises qui pèsent des milliards avec des droits de veto du gouvernement français". Les actions prêtées par Bouygues, 20%.

Ces co-entreprises seront vendues, révèle l'ancien ministre socialiste, citant le PDG d'Alstom, Henri Poupart-Lafarge.
"Je propose que le gouvernement se débrouille pour faire un accord de place avec l'ensemble des investisseurs pour racheter ces entreprises qui sont très profitables", a encore déclaré Montebourg. D'autant qu'une autre co-entreprise comprend les activités de turbines liées au nucléaire.

Macron, prognathe au regard louche
Plus largement sur l'application de l'accord de vente de 2014, l'ancien ministre s'est dit "extrêmement choqué de l'absence de suite tant du côté d'Alstom que du côté du gouvernement".
Nono Montebourg a aussi rappelé que le décret qu'il a lui-même pris le 14 mai 2014, en pleine affaire Alstom, donnait à l'Etat des moyens de s'opposer à des investissements étrangers dans des secteurs stratégiques français. "Je regrette qu'il n'ait plus servi après (...). Il faudrait revitaliser ce décret", a-t-il lancé.

Selon lui, "nous ne pouvons plus nous permettre d'accepter de vendre très facilement nos entreprises". "Pour retrouver le niveau de production industrielle dans notre pays, il faudrait mener la même politique pendant 10 à 15 ans, après les dégâts considérables de la crise de 2007-2008", a-t-il expliqué, faisant ainsi la leçon au président Macron.

La commission d'enquête de l'Assemblée sur la politique industrielle de l'Etat auditionnera jeudi la présidente de General Electric France, Corinne de Bilbao, et le PDG d'Alstom.

jeudi 23 février 2017

Pour sauver Alstom, le gouvernement commande des TGV mais les fait payer par son entreprise, la SNCF

Au final, la facture du contribuable s'élève à plus de 450 millions d'euros

Conflit d'intérêts de l'Etat-PS

Pour sauver l'usine Alstom et maintenir la présence socialiste à Belfort, le gouvernement commande 15 TGV en octobre et envoie la facture à son entreprise publique, la SNCF. Le plan de sauvetage de l’usine ferroviaire Alstom de Belfort fait l’unanimité contre lui, entre soupçons de manœuvre électorale et incongruité de l’achat de rames TGV… destinées aux lignes Intercités.
En octobre dernier, le journal Le Monde exultait en annonçant comme une affaire que l'État allait signer — en son nom propre et non pas celui de la SNCF — un chèque de plus d'un demi-milliard d'euros pour passer commande d'un lot comprenant notamment 6 rames TGV pour la ligne grande vitesse Paris-Turin-Milan, mais aussi 15… pour le réseau intercités, ainsi que 20 locomotives dépanneuses diesel pour le remorquage des trains en panne.
Le sauvetage du site de Belfort - et ses 400 emplois - par une commande de l'Etat a provoqué de vives réactions indignées dans les media, du Figaro à l'Humanité, via le Monde. Tous voyaient dans ce plan des arrière-pensées électorales et émettaient des doutes sur ses chances d'arriver en gare aux prochaines échéances électorales. Comble de sottise du wagon de hauts-fonctionnaires entourant le chef de gare Sapin: l'absurdité de mettre des TGV sur des lignes régionales. 
Mais le projet allait dans le Sens de l'Histoire, selon les vaches progressistes postées au bord des voies du train du Progrès. 

C'est finalement la SNCF, qui n'avait initialement pas besoin de ces trains, qui va payer la facture. La commande de 15 TGV promise par le gouvernement en octobre sera finalement payée - en 2019 -  par la SNCF. 
Cette transaction entre soi était à l'ordre du jour du conseil d'administration de la SNCF du 23 février. Avec un prix à l'unité légèrement inférieur à 27 millions d'euros, le marché devrait se chiffrer aux alentours de 415 millions. S'y ajouteront une soixantaine de millions de frais complémentaires, soit plus ou moins 475 millions, au total
Lors de la décision politique du gouvernement, de nombreuses voix avaient fait valoir que la SNCF n'a pas besoin de ces trains à grande vitesse.

A tel point que ces rames à double étage devaient initialement rouler entre Bordeaux et Marseille sur une ligne classique où les voies sont inadaptées aux TGV et la circulation ralentie: il était apparu concevable au pouvoir central parisien que les Marseillais puissent se rendre à Bordeaux dans un TGV rutilant, mais qu'ils doivent encore patienter 10 ans avant d'avoir les rails adéquats et de réduire la durée du voyage, afin de pérenniser l'emploi sur le site historique d'Alstom. "On est revenus sur l'idée que ce seraient des rames TGV qui rouleraient sur des lignes normales, ce qui paraissait peu cohérent", a admis un porte-parole de la SNCF. 

Il est désormais prévu que ces 15 rames viennent rejoindre, en 2019 et 2020, le parc de TGV destinés à circuler sur la ligne TGV Sud Europe Atlantique (SEA), entre Paris et Bordeaux.

Rappelez-vous mai 2014, déjà...
cf. "Trains régionaux: l’incroyable raté du tandem SNCF-RFF"
(lien PaSiDupes)

La SNCF qui se voit imposer cet achat bénéficiera d'une baisse de taxe...

Un manque à gagner pour les services fiscaux à Bercy...
Alors la SNCF raconte que cette commande lui permettra d'économiser les 150 millions d'euros prévus pour rénover 24 vieilles rames TGV, dont "certaines ont quasiment 35 ans". 

Le groupe ferroviaire prévoit également "plusieurs centaines de milliers d'euros économisés en termes de maintenance", car le parc TGV sera plus ..."homogène". "C'est finalement une opération qui est profitable [sic], et une solution en tout cas qui est bien meilleure que la solution antérieure qui avait été envisagée, qui était peu cohérente et coûteuse, particulièrement pour la SNCF", argumente la compagnie. 

Un raisonnement qui peut dérailler en cours de route.
En effet, il est prévu que l'Etat "rembourse" la SNCF, via une baisse de la Contribution de solidarité territoriale (CST), une taxe acquittée par la compagnie pour financer le déficit chronique des lignes Intercités. Sur les cinq prochaines années, la remise atteindrait 420 millions d'euros.

Mais cette affaire de "fausses factures" comporte plusieurs risques
Puisque la commande, d'une part, et la compensation, de l'autre, ne sont pas liés, un futur gouvernement pourrait remettre en cause ce montage financier qui annule la dette de la compagnie ferroviaire nationale mais qui fait supporter son montant par le contribuable. 

Et puis l'Union européenne pourrait dénoncer cet avantage fiscal du gouvernement et la concurrence déloyale qu'il constitue. La commande publique de quinze rames TGV à Alstom, destinée à sauver le site de Belfort, est menacée par des raisons juridiques, selon une note interne du ministère de l’Économie, à la connaissance de Michel Sapin. Le gouvernement Cazeneuve enfreint la règle de respect de la concurrence et de la réglementation définie dans l’article 107 du traité de Lisbonne, votée en 2008 par le PS.

Le site de Belfort reste menacé, des milliers d’emplois risquent de disparaître

Aucune solution pérenne n’a été trouvée.
La nationalisation temporaire reste la seule option viable.

Mais Hollande s'est rendu à Belfort pour se déclarer confiant...
"L'État et Alstom tiennent leurs engagements" pour sauver l'usine Alstom de Belfort (Territoire de Belfort) a assuré vendredi le secrétaire d'État à l'Industrie, à une semaine de la confirmation définitive, le 23 février.
"Nous avons pu obtenir qu'un certain nombre de commandes soient prises" (tournure impersonnelle qui le dédouane de toute responsabilité) pour garnir le plan de charge de l'usine de Belfort, a rappelé le chef de l’État mercredi 22 février dans un discours devant une partie des 490 salariés de l'usine. La "plus importante" de ces commandes est celle concernant les 15 rames "qui seront mises en circulation sur la ligne Bordeaux-Paris", a précisé Hollande, sans attendre la décision officielle de la SNCF. "La décision est pour demain [jeudi 23]. C'est la SNCF qui va la prendre, mais, selon nos informations, il y a de bonnes chances pour que ce soit le cas".
"Nous espérons que le président sera assez influent pour que les dirigeants de la SNCF valident les commandes", entre 470 et 480 millions d'euros pour cette commande, livrable en ...2019 et 2020, a commenté Olivier Kohler, délégué CFDT, proche du PS, après le discours du chef de l’État déserteur.

mardi 3 janvier 2017

Le Coréen STX propose son rival pour reprendre les Chantiers de Saint-Nazaire

L'italien Fincantieri seul en lice pour reprendre les Chantiers de Saint-Nazaire

Le tribunal de Commerce du district de Séoul a désigné le groupe italien Fincantieri pour reprendre les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Le sort des salariés des Chantiers navals de Saint-Nazaire sera-t-il scellé en Corée ? 
Après des années d’incertitude sur leur avenir, les chantiers navals de Saint-Nazaire devraient avoir sous peu un nouveau propriétaire : mardi 3 janvier, le tribunal de Commerce du district de Séoul a décidé de l'avenir industriel de la région en désignant le groupe italien Fincantieri comme candidat privilégié pour "reprendre le dernier grand constructeur français de navires", selon la presse. 
Une formule abusive qui trompe le lecteur, puisque ces chantiers navals, les plus grands chantiers d'Europe, ne sont plus français depuis 2006... quand Aker Yards, constructeur naval européen de paquebots et ferries et holding dont le siège est situé en Norvège, reprend l'entreprise à Alstom marine (complètement en 2010), au nom du sud-coréen STX Corporation. Thierry Breton était le patron de Bercy et soutiendra Juppé à la primaire de la droite en 2016.
En mai 2013, le groupe STX annonça son intention de cession de ses chantiers, dont STX France, dans le cadre d'un plan de désendettement... Que fit Montebourg, alors au ministère de l'Industrie, en charge du... Redressement productif (mai 2012-août 2014) ?
Les Chantiers navals de Saint-Nazaire appartenait jusqu’à présent au conglomérat sud-coréen STX, placé en redressement judiciaire en juin. 
STX est un ensemble familial d'entreprises présent dans la construction navale, le commerce international (les minerais, la construction et les énergies fossiles et renouvelables, etc...) Manquant de liquidité du fait du ralentissement prolongé de l'activité du secteur de la construction navale depuis la crise financière de 2008 (celle que la gauche occulte pour accabler la droite alors en responsabilité), le groupe STX était menacé de redressement judiciaire depuis mai 2016. Le groupe STX France a commencé par vendre son site de Lorient,  en octobre 2016.
Les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) constituent la seule activité rentable de STX Offshore and Shipbuilding
STX St Nazaire-Montebourg redresseur coréen-mars 2013-juin2014
Montebourg, roi du  "made in France",
mais
redresseur coréen de 
STX St Nazaire ? 
Alors que le groupe sud-coréen accuse des pertes depuis ­des années, sa filiale française a su remonter la pente en améliorant sa compétitivité, enregistrant de nombreux contrats. Le 21 décembre, MSC et Royal Caribbean Cruises Limited, les deux grands clients des chantiers, ont encore confirmé la commande de 5 paquebots, pour un montant total de 4 milliards d’euros. Au total, le chantier a un carnet de commandes rempli jusqu'à 2026 : quatorze paquebots de croisière à construire, mais aussi des sous-stations électriques dans le domaine des énergies marines renouvelables.

A quel prix les Chantiers navals de Saint-Nazaire seront-ils encore cédés ?
L’un des plus anciens constructeurs européens de navires, le groupe italien Fincantieri s’était déjà mis sur les rangs en 2014 lorsque STX avait une première fois envisagé de vendre sa filiale française.
Mais avant de conforter sa domination sur le marché mondial, par l'acquisition de 66,6% de STX France, Fincantieri doit encore se mettre d'accord sur un prix d'achat avec le groupe sud-coréen.
Les Italiens doivent également discuter avec Bercy. 
Par l'intermédiaire de la Banque publique d'investissement (Bpifrance, compagnie financière d'Etat - actionnaire principal à hauteur de 50%- avec un statut de société anonyme, SA), l'Etat français détient le tiers restant et dispose d'une minorité de blocage.

Reste aussi à rassurer les syndicats français. 
Ces derniers s'inquiètent en effet des synergies que les Italiens voudront réaliser à terme et des risques de doublons entre les activités des deux chantiers concurrents qui réalisent chacun des paquebots de croisière, mais aussi des... navires militaires. 
Attendu de pied ferme à Saint-Nazaire, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue,devra les rassurer, mercredi 4 janvier. Ce  député de Saône-et-Loire, comme Montebourg, son rival local, est un apparatchik socialiste sans expérience aucune de la vie des entreprises.