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vendredi 22 novembre 2019

A Amiens, Macron "nous prend pour des cons une deuxième fois", gronde François Ruffin (LFI)

Macron rencontre les ex-Whirlpool après deux ans d'abandon et se paie leur tête

Le député LFI de la Somme François Ruffin attendait le président de pied ferme sur les terres qu'il n'a pas, quant à lui, abandonnées

Macron trouve Ruffin sur son chemin à Amiens



Alors que BFMTV nous serinait sur le retour de l'enfant prodige Macron sur la terre de son enfance, l'élu d'Amiens exprimait vendredi sa colère contre la négligence du dossier Whirlpool par le président, pourtant né à Amiens, et le locataire de Bercy, Bruno  Le Maire. Sur l'ancien site de l'usine abandonnée aux repreneurs véreux successifs, le député a  exhorté le président à reconnaître que l'État avait "merdé", le projet de reprise s'étant soldé par un échec.

En 2017, cinq mois après son élection, le président Macron visitait l'usine avec un repreneur, WN, largement subventionné par l'argent public, à charge de sauver une partie des emplois. Après deux ans de quinquennat Macron, WN est liquidée et certains salariés sont occupés à débroussailler la friche industrielle.

"Venir il y a deux ans dire à tous les salariés qu'ils seront repris alors que derrière il n'y a rien, c'est nous prendre pour des cons... 

Macron tourne le dos au député d'Amiens tenu à distance


...Et venir dire qu'aujourd'hui Emmanuel Macron, comme s'il était un citoyen lambda (...), est déçu, c'est nous prendre pour des cons une deuxième fois", a lancé Ruffin aux journalistes en arrivant sur le parking de l'usine, peu avant la rencontre du président avec des ex-salariés triés sur le volet. 

"Moi, j'ai dit la vérité à Whirlpool", a maintenu le chef de l'Etat, quelques minutes avant de revenir sur les lieux de son déplacement de campagne le plus controversé.

VOIR et ENTENDRE la scène de la rencontre Macron-Ruffin - et noter la qualité du son - proposée par Le Parisien, qui titre "Macron pris à partie par Ruffin à Amiens" :
Lors de la visite sur le site, le député de la Somme a de nouveau interpellé Macron: "je pense que vous grandiriez l'Etat à admettre que vous avez merdé, à la limite pas vous personnellement, mais pendant qu'ici rien ne se produisait, que c'était la catastrophe, que tout le monde pouvait voir que ça allait dans le mur, il y avait des signaux envoyés à l'extérieur et on n'a pas eu de réponse"

"J'ai l'impression que cette fameuse reprise, cela a été un montage entre le gouvernement actuel, entre vous, M. Macron, et Whirlpool et un repreneur véreux qui s'appelle Decayeux (ex-patron de WN, ndlr)", a dénoncé Patrice Sinoquet, ex-Whirlpool et délégué CFDT, syndicat proche de tous les gouvernements successifs.

"Il faut qu'il trouve les mots pour expliquer aux salariés comment cela se fait qu'il est venu leur taper sur l'épaule et qu'il n'y a eu aucun suivi derrière", avait souligné F. Ruffin.

VOIR et ENTENDRE
la requête du parlementaire pour un interlocuteur à l'Elysée en sorte que Macron ne "merde" [sic] pas sur le dossier et ne puisse pas dire qu'il n'est pas au courant 
"Il y a beaucoup de choses qui nécessitent des explications et j'espère qu'elles ne se dérouleront pas derrière des portes closes", avait-il ajouté, faisant allusion à l'organisation millimétrée de cette visite présidentielle sous haute sécurité.
"J'espère que tout le monde sera également convié à une jolie promenade à l'intérieur d'entrepôts qui sont vides ! C'est un désert à l'intérieur!," a raillé le député
"Les 190 salariés faisaient des tours Eiffel avec spaghettis pour s'occuper (...) Les syndicats ont alerté, j'ai alerté, et nous n'avons eu aucune réponse de l'Elysée, du ministère du Travail", a-t-il encore regretté.

mercredi 29 mai 2019

Après-européennes : Macron laisse General Electric licencier, après avoir retardé l'annonce

A Belfort, GE envisage la suppression de plus de 1.000 emplois en France

Avatar de la transition écologique :  le plan social touche principalement la branche turbines à gaz de l’entreprise américaine 


L'annonce avait été différée pour ne pas mettre en difficulté la liste ...Renaissance de Macron aux Européennes. 
Implanté dans le Territoire de Belfort, le géant américain General Electric (GE) a confirmé, mardi 28 mai, deux jours après le scrutin, son projet de suppression de plus de 1.000 postes en France. Au lendemain des élections européennes, Macron est rattrapé par son passé de ministre de l'Industrie, .

L’annonce, redoutée depuis des mois par les salariés, a été officialisée mardi matin par un communiqué du groupe : GE a présenté aux instances représentatives du personnel "des projets d’évolution de l’organisation de ses activités gaz et de ses fonctions support". Celles-ci, détaille-t-il, sont susceptibles d’ "entraîner un maximum de 1.044 réductions de postes", essentiellement sur les sites franc-comtois de Belfort et de Bourogne (Territoire de Belfort), ainsi qu’à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).

Résultat de recherche d'images pour "macron belfort"Le groupe américain avait racheté en 2015 la branche énergie d’Alstom : le 4 novembre 2014, le ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, avait approuvé et autorisé l’investissement de General Electric dans Alstom.
Emmanuel MACRON autorise l’investissement de General Electric avec Alstom
Emmanuel MACRON, Ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique, a accordé aujourd’hui son autorisation à General Electric (GE) pour la réalisation de son projet d’investissement en France avec Alstom et la constitution d’une alliance industrielle entre les deux groupes dans le secteur de l’énergie.
Cette autorisation était une étape nécessaire. Elle a été délivrée sur la base du décret n°2014-479 du 14 mai 2014 sur les investissements étrangers soumis à autorisation préalable. Par ce décret, la France soumet l’acquisition d’entreprises nationales exerçant des activités stratégiques (défense nationale, transports, approvisionnement énergétique…) à l’engagement formel par l’acquéreur d’assurer la pérennité de ces activités, sous peine de sanctions. Elle vient clore un processus de six mois de discussions approfondies associant l’Etat (Agence des participations de l’Etat et Direction générale des entreprises, sous le pilotage du Ministre de l’Economie), GE, Alstom, mais aussi EDF et Areva qui sont les entreprises clientes d’Alstom. Les engagements pris par GE s’incarnent dans un ensemble de contrats signés respectivement avec l’Etat et les entreprises nationales concernées, dont les principes avaient été définis dans le protocole d’accord signé entre l’Etat, GE et Alstom le 21 juin dernier. Emmanuel MACRON s’est assuré, avec vigilance, que les intérêts de l’Etat, la pérennité de la filière nucléaire et la sécurisation de l’approvisionnement énergétique de la France sont pleinement pris en compte dans cette opération.
Le nouveau groupe Alstom, par le biais de cette transaction disposera de
tous les moyens pour développer un champion français et européen dans le secteur des transports. Ces différents accords et contrats, signés le 4 novembre par les parties prenantes, constituent un dispositif juridique solide et complet, qui protège pleinement les intérêts nationaux que le gouvernement a poursuivis dans ce dossier depuis le mois d’avril. Un mécanisme de suivi des engagements sera immédiatement mis en place pour s’assurer de leur respect dans la durée. Par ailleurs, le Ministre rappelle que les dispositifs de l’accord conclu entre l’Etat et le groupe Bouygues, qui porte notamment sur un prêt de titres et une série de promesses de vente de Bouygues au bénéfice de l’Etat, portant sur un volume de titres pouvant représenter jusqu’à 20% du capital d’Alstom, seront activés à compter de la réalisation complète des opérations entre Alstom et GE.

En septembre 2016, Macron maintenait toujours qu'il n'avait pas fait des "promesses intenables"
, contrairement à d'autres responsables politiques...:


L'Américain envisage désormais jusqu’à 792 suppressions de postes
dans l’entité gaz, et 252 dans celle dédiée aux fonctions supports, a précisé un porte-parole du groupe.

Aux abords du site de Belfort, 
les salariés se sont dit, la mine fermée,
 "abasourdis" et "assommés" par l’ampleur de l’annonce et sa "rapidité après les élections européennes".
"C’est une nouvelle épreuve pour la Cité du Lion, pour le bassin industriel du Nord Franche-Comté, et plus largement pour la filière énergie en France", ont fustigé dans un communiqué commun plusieurs élus locaux, parmi lesquels le maire (LR) de Belfort, Damien Meslot, et la présidente (PS) de la Région Bourgogne-Franche-Comté, Marie-Guite Dufay. Insistant sur le timing de l’annonce, "au lendemain des élections européennes", ils ont sonné "la mobilisation générale" et prévenu : "nous ne lâcherons rien !"

VOIR et ENTENDRE
ce reportage mettant en cause le "développement des ...énergies renouvelables":


La "mort annoncée" du site

Au total, General Electric emploie à Belfort environ 4.300 personnes, dont 1.900 dans l’entité turbines à gaz visée par l’annonce et qui subit les conséquences des difficultés générales de GE et de la baisse actuelle de ses marchés : en France, l'entreprise se trouve en situation de surproduction. 
Il y a près de 6 ans, une commission travaillant pour le président Hollande conseillé par l’actuel président Macron engageait une course folle à la compétitivité, que poursuivit le conseiller devenu ministre, puis président : CICE, pacte de responsabilité, loi travail 1 (El Khomri), loi travail 2 (Pénicaud). Les statistiques du chômage et celles de la croissance sont venues démontrer le fiasco de leur politique de l'offre.
Pour GE, il s’agit "d’améliorer les performances opérationnelles et financières de ses activités gaz, de simplifier son organisation en adaptant ses fonctions support aux contraintes des divisions et ainsi retrouver le chemin d’une compétitivité durable".

Les procédures d’information-consultation auprès des organisations représentatives du personnel doivent s’ouvrir à la mi-juin. "Ces projets ne seront pas finalisés et aucune décision ne sera prise avant l’issue des procédures de consultation", insiste GE.
Même si salariés et élus redoutaient depuis plusieurs mois ces suppressions de postes, elles ont fait l’effet d’un électrochoc sur le site. C’est un "coup de tonnerre", a réagi sous couvert de l’anonymat un délégué syndical de la Confédération française de l’encadrement-Confédération générale des cadres (CFE-CGC), à Belfort. "C’est la mort annoncée du site", a renchéri Dominique Thiriet, secrétaire de la Confédération générale du travail (CGT) à GE Belfort, qui a fustigé l’absence de "volonté de General Electric de [le] faire vivre".

VOIR et ENTENDRE Juppé casser les genoux du ministre Macron sur le sujet d'Alstom, lorsqu'il avait encore des espoirs à l'UMP :


Indignation de l’intersyndicale

Pour le gouvernement, ces suppressions tombent au plus mal, dans un contexte social dégradé et avec d’autres déconvenues industrielles, comme la reprise chaotique de l’aciérie d’Ascoval de Saint-Saulve (Nord), la fermeture annoncée de Ford à Blanquefort (Gironde) ou les difficultés de trésorerie du repreneur de Whirlpool choisi .

Début mai, Emmanuel Macron avait assuré dans un courrier aux élus locaux que le dossier GE Belfort faisait l’objet de "la plus grande vigilance de la part de l’Etat". Dans un "contexte économique difficile", Belfort "dispose d’atouts", mais il est "indispensable de mesurer les investissements nécessaires afin d’adapter l’outil industriel pour expertiser la faisabilité" des projets à l’étude, telle la "diversification dans le secteur aéronautique, dans l’hydrogène" ou dans "de nouvelles centrales nucléaires à l’international", avait-il, cependant, averti.

Fin mars, le ministre de l’Economie, Bruno
Le Maire, avait précisé qu’il entendait "étudier toutes les pistes industrielles possibles pour maintenir l’emploi". Parmi ces pistes : puiser dans un fonds de 50 millions d’euros abondé par GE pour ne pas avoir respecté son engagement, pris après le rachat de la branche énergie d’Alstom, de créer un millier d’emplois net en France.

La semaine dernière
, B. Le Maire avait toutefois soulevé la colère de l’intersyndicale de GE Belfort, déclarant qu’
"aujourd’hui, [GE] a une empreinte très forte sur les turbines à gaz", secteur dans lequel ..."il n’y a pas de débouchés".

La responsabilité de Macron depuis 2014
Une responsabilité personnelle de Macron que ne manque pas de souligner sur son blog Jean-Pierre Chevènement, actuel sénateur du Territoire-de-Belfort :
"Je n’imagine pas que le Président de la République, que j’ai accompagné à Belfort en 2015 quand il était ministre de l’Economie et qui connait parfaitement bien le dossier Alstom, ne prenne pas aujourd’hui des initiatives d’abord pour rappeler à General Electric que le slogan 'America first !' ne saurait s’appliquer en violation des engagements pris", s'indigne l'ancien ministre.


"Etes-vous prêt vous aussi à vous battre à nos côtés ?", a demandé au gouvernement le député Michel Zumkeller (UDI) à l'Assemblée nationale mardi après-midi. Depuis Bruxelles, Emmanuel Macron lui a répondu en promettant d'être "extrêmement vigilant":
"Le gouvernement est à l'oeuvre et les engagements qui avaient été pris par General Electric devront être tenus", a clamé le chef de l'Etat à l'issue d'un sommet informel de l'Union européenne, visant à contrecarrer la candidature de Weber.
De son côté, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est engagé à préserver "l'avenir industriel de Belfort". 
Des promesses qui ne suffisent pas à rassurer les salariés: "Le gouvernement fait rien pour nous aider, ils s'en foutent", gronde un salarié de l'usine.

A l'Elysée, la parole de l'ex-banquier est complètement démonétisée.
VOIR et ENTENDRE une synthèse du sujet mettant en cause Macron personnellement:

Le 18 mai 2017, Richard Ferrand, alors ministre de la Cohésion des Territoires, député du Finistère et secrétaire général d’En Marche!, affirmait sur Europe 1: "C'est le gouvernement de la promesse tenue !"

dimanche 5 novembre 2017

Salariés de GM&S reçus à l'Élysée : la CGT veut "du concret et pas des petites phrases"

Salariés de GM&S reçus à l'Elysée : la CGT veut "du concret et pas des petites phrases" 

Quand la CGT de GM&S réclame des "choses concrètes", c'est quoi concrètement ?
Salariés de GM&S reçus à l'Élysée : la CGT veut du concret et pas des "petites phrases"
Déambulation CGT dans les rues, sous l'oeil des caméras,
escortée de l'avocat en noir et rouge... 
L'élu CGT du site de GM&S de la Souterraine dans la Creuse attend des "choses concrètes" du rendez-vous prévu dans la journée avec des conseillers d'Emmanuel Macron, à l'Élysée, a-t-il prévenu lundi 23 octobre.
Au programme de l'entretien, l'avenir du site, alors que le chef de l'État a suggéré, au début du mois, que "certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas", visant les salariés de l'équipementier automobile.


Censure des blogs mal-pensants

Le cégétiste, Vincent Labrousse, a  répondu aux questions de France Info.

franceinfo : allez-vous arriver à mettre de côté ces propos du chef de l'État ?
Vincent Labrousse : Les petites phrases, on aura du mal à les mettre de côté, parce qu'il nous a atteints dans notre vécu, mais ce n'est pas ce qui nous mène jusque-là, on va continuer à se battre dans l'intérêt des salariés. 
Nous, on y va déjà pour porter nos propositions sur les possibilités de réembauche des salariés, que ce soit au sein de GMD (alors repreneur de GM&S), ou dans la région, puisqu'il y a des possibilités de soutien de l'État sur la revitalisation. 
On y va aussi pour évoquer l'accompagnement des salariés licenciés. 

Attendez-vous tout de même des excuses [insiste le journaliste]?
Ça, ça le regarde. Les attentes que l'on a, c'est surtout pour les salariés, que des alternatives soient mises en œuvre, que l'entreprise puisse redémarrer correctement, puisque ce n'est pas le cas actuellement. Même si nous avons été directement accusés et invectivés par le président de la République ou par M. Griveaux, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie et des Finances, ce n'est pas la réalité de la situation. 
Invité de l’émission Télématin 'Les 4 vérités', le 6 octobre sur France 2, le surlendemain des propos grossiers et insultants du président à Egletons le 4, Griveaux avait mis en cause les méthodes de deux syndicalistes GM&S qui, selon ce proche de Macron, n’ont pas facilité les négociations pour la reprise de l’entreprise. Les blocages de deux sites de production, Renault et Peugeot, se sont en effet succédé ces derniers mois.

Voir ci-dessus : les exclusivités de plateformes de vidéos 
Les syndicalistes mis en cause demandent un droit de réponse dans un débat télévisé.
On a été comparés aux Whirlpool [agités, à Amiens, par François Ruffin, futur élu LFI] sur les mesures d'accompagnement. 

On va comparer les choses : Whirlpool et GM&S La Souterraine.On y va dans cet esprit-là. 
Ce que l'on veut, c'est qu'il ressorte des choses concrètes de ce rendez-vous, et pas des petites phrases. Ce n'est pas ça qui règlera l'avenir des salariés." (Vincent Labrousse, élu CGT du site de GM&S de la Souterraine)
Quel rôle peut jouer l'État dans l'accompagnement des salariés ?
Il peut y avoir des accompagnements sur le territoire. Ce n'est pas parce qu'on est GM&S ou qu'on fait des caprices qu'on demande une prise en compte particulière, c'est parce que les mesures d'accompagnement qui sont prévues dans le plan social ne sont pas du tout exceptionnelles. Elles ne sont pas adaptées à la réalité des salariés, particulièrement dans le territoire et dans le bassin d'emploi dans lequel on est, puisqu'on était la deuxième entreprise privée du département. Pour retrouver un travail, ça va être très compliqué. Donc, il y a des possibilités d'atteindre le chiffre d'affaires prévu en réembauchant les salariés sur le site, et puis, après, il y a d'autres incitations à mettre en œuvre, ça va dépendre du gouvernement et de quelle politique il veut appliquer.

En même temps,
Macron, excédé de cotoyer des "illettrés" qui "ne comprennent pas" sa "pensée complexe", oppose à une contestatrice insolente qu'il n'est pas non plus "le père Noël"...

Quand Macron accusa la CGT de GM&S de "foutre le bordel"...

A
Egletons en Corrèze, Emmanuel Macron braque les GM&S.
Le mercredi 4 octobre 2017, à l'occasion d'une visite consacrée à la formation et à l'apprentissage, "Emmanuel Macron a rendu visite aux salariés" menacés de chômage, nous dit la presse, mais il ne les a  pas vus:  des salariés de la société GM&S, venus de La Souterraine dans la Creuse, ont été refoulés sans ménagement. Et le président les a accusés, leurs représentants syndicats et eux, de "foutre le bordel".
Voir ci-dessus : le monopole de plateformes de vidéos  

Il vaut mieux s'adresser à l'américain YouTube plutôt qu'au français Dalymotion...





Accompagnés d'élus, les salariés de GM&S voulaient rencontrer le président de la République
ce mercredi-là à Egletons (Corrèze) et non pas un secrétaire d'État comme le proposait l'Élysée. Mais lorsqu'ils se sont mis en marche pour rencontrer le président, les gendarmes mobiles leur ont envoyé des gaz lacrymogènes. De quoi choquer le maire de La Souterraine, où se trouve GM&S. Après la tempête, Emmanuel Macron est arrivé dans le calme pour parler formation professionnelle.

Des syndicalistes stigmatisés
Lors d'une discussion avec le président socialiste de la région Nouvelle-Aquitaine, qui attise le feu en l'informant qu'une fonderie a du mal à recruter, Emmanuel Macron lance : "Il y en a certains, au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d'aller regarder s'ils ne peuvent pas avoir des postes là-bas, parce qu'il y en a qui ont les qualifications pour le faire et ce n'est pas loin de chez eux. [Ils ne sont donc pas tous "illettrés"...] On en parlera avec le préfet". 

Une visite présidentielle qui provoque les salariés de GM&S déjà éprouvés:  sur les 276 salariés que comptait l'entreprise au départ, 156 resteraient sur les bords de la route de l'emploi.

Le président Macron est revenu à Amiens un mois plus tard: Ruffin s'est heurté à lui


S'agissant de Whirlpool, le candidat Macron - un régional - avait promis de revenir, le président Macron s'y est résolu, avec le souvenir d'un accueil houleux pendant la campagne présidentielle. Le mercredi 4 octobre, le retour d'Emmanuel Macron à Amiens "pour rencontrer les salariés de l'usine Whirlpool", mais il ne les a pas vus. Il n'a pu en revanche éviter le député de l'extrême gauche, proche de la CGT, François Ruffin, LFI. Cette fois, sans les gaz lacrymogènes, ce qui fait dire à la presse que la discussion a été plus "paisible"...



L'élection présidentielle a débloqué la crise au groupe d'électroménager menacé de fermeture.
 A la différence de GM&S, la pression électorale a joué en la faveur de Whilrpool, le local de la présidentielle, Macron, incitant le président du MEDEF-Somme à entrer en scène. A Amiens, le nouveau repreneur est la société WN du Picard Nicolas Decayeux lequel a déposé une offre de reprise qui devrait créer 277 emplois sur ce site qui employait 300 personnes. 
 Whirlpool : Emmanuel Macron se défend face à François Ruffin
"Des gens ont été oubliés, ce n’est pas un point de détail dans un coin du tableau, c’est la moitié des salariés", a lancé le député LFI, le 3 octobre
François Ruffin, sur le parking de Whirlpool mercredi matin, s'est "félicité" devant la presse "qu'il y ait une reprise par M. Decayeux et que les pouvoirs publics aient été attentifs à cela. Ca n'a pas été fait par hasard, a-t-il estimé, mais parce que les salariés se sont bougés le derrière." Le MEDEF n'y est pas pour grand chose...

samedi 4 novembre 2017

Whirlpool Amiens : François Ruffin interpelle Emmanuel Macron sur le site en phase de réindustrialisation

Le président départemental du MEDEF fait le pari de sauver Whirlpool

La visite du président Macron
 à Amiens a encore été l'occasion pour les salariés de l'usine Whirlpool de crier leur insatisfaction, 

Délégué CFTC de Prima France, Rochdi Gasmi (à droite) s’était rendu il y a quelques mois à Matignon pour défendre les 56 salariés du site.
Le président de région, Xavier Bertrand, s’était rendu il y a quelques mois 
à Matignon (au centre) pour défendre les 56 salariés du site,
ainsi que le délégué CFTC de Prima France, Rochdi Gasmi (à droite)  
l mardi 3 octobre 2017, alors que l'accueil avait déjà été houleux pendant la campagne présidentielle. Le groupe américain a en effet choisi de déménager toute la production en Pologne. Le candidat Macron, ex-ministre de l'Economie, avait promis, le président est revenu, grâce à la détermination d'un patron local qui s'engage à reconvertir les 290 salariés. 
"Nous allons faire des casiers réfrigérés intelligents, servant à la livraison de denrées périssables : les fruits et légumes, la viande, le poisson, mais aussi les vaccins", explique cet entrepreneur engagé à La Croix.
"Nous allons aussi produire des chargeurs pour vélos ou voitures électriques. Ce sont des activités proches des métiers de Whirlpool : le découpage de tôles, l’injection plastique et l’intégration de circuits électriques ou électroniques".
Mais Macron n'en a pas fini..
Le député d'extrême gauche, François Ruffin, 42 ans, la France insoumise, l'a interpellé à Amiens, dont il est le député de l'extrême gauche (Parti communiste français, d'Europe Écologie Les Verts et d'Ensemble !, des alternatifs du Front de Gauche), dans la circonscription imperdable de Maxime Gremetz.

Le site du groupe d'électroménager était menacé de fermeture mais, à la faveur de la présidentielle, le site français de l'entrepreneur américain a trouvé un repreneur. La société WN du président du MEDEF Somme, depuis le 21 janvier 2016, Nicolas Decayeux, 47 ans, a déposé une offre de reprise qui devait un épine du pied du banquier-candidat en créant 277 emplois sur ce site qui employait 300 personnes. 
Le repreneur est Président-Directeur Général de Decayeux Industrie à Feuquières-en-Vimeu (Somme), groupe familial leader européen de son secteur, spécialisé dans la fabrication de boîtes aux lettres depuis 1872 et qui emploie aujourd’hui plus de 600 personnes dans 9 pays.
François Ruffin, sur le parking de Whirlpool mardi matin, s'est "félicité" devant la presse "qu'il y ait une reprise par N. Decayeux (46 ans), et que les pouvoirs publics aient été attentifs à la situation des salariés, mais ça n'a pas été fait par hasard mais parce que les salariés se sont bougés le derrière."

Le député de LFI a par ailleurs demandé un "appui des pouvoirs publics"
Face au président, il a réclamé de pouvoir avoir accès au fichier des intérimaires chez Whirlpool", dont l'avenir est incertain, dans le cadre du plan social. En présence du repreneur, Nicolas Decayeux, qui prend des risques financier sous la pression politique de la présidentielle, et se "félicitant de ce projet de reprise", le député en a attribué le mérite du sauvetage aux "salariés d'abord, qui se sont battus pour l'avoir et pour attirer l'attention des pouvoirs publics."

Un dialogue social "exemplaire"

"Je vais vous dire, a acquiescé Emmanuel Macron, ils ont deux choses qui font que ça a marché. La première, c'est qu'ils ont un savoir-faire, reconnu par le repreneur. Et la deuxième [on dira 'la seconde' des deux], c'est qu'ils n'ont jamais joué la politique du pire. Ici, c'est exemplaire de ce qu'est un dialogue social. Jamais ils n'ont pris l'usine en otage, jamais ils n'ont été dégrader l'entreprise. Quand des salariés savent faire cela, ça paye." Le président a également assuré qu'il allait "voir ce qu'on peut faire" pour les intérimaires."

Le dossier Whirlpool Amiens a connu le 12 septembre un dénouement heureux mais restant à concrétiser avec la signature d'un accord entre le groupe d'électroménager et l'industriel picard Nicolas Decayeux pour "réindustrialiser" le site, promis à la fermeture en juin 2018. 
Le site d'Amiens emploie 300 CDI, 250 intérimaires en quasi-temps plein et une centaine chez le sous-traitant pour les plastiques Prima France SAS, société dirigée par le PDG , Fernando Iannucci.
Les 56 salariés du site bénéficieraient des mêmes conditions que ceux de Whirlpool, soit 1.800 euros par année d’ancienneté et une prime supra légale de 25 000 euros.A noter que l’intersyndicale a obtenu de Prima France une augmentation de salaire de 4 %, ainsi qu’un treizième mois, pour les mois d’activité restants, à compter du mois de juillet, dans le cadre des Négociations annuelles obligatoires (NAO). Contrairement à Whirlpool qui suscite l’intérêt de plusieurs entreprises, dont Decayeux, rien se filtre du côté de Prima, même si des pistes de reprise existent.

mardi 16 mai 2017

Les premiers reniements du président Macron

Conflits d'intérêts, cumul des mandats... Macron, héraut défaillant de la de la moralisation

Emmanuel Macron, lors de la présentation de son programme, avait insisté sur la nécessité de moraliser la vie publique. 

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Emmanuel Macron, lors de la présentation de son programme,
avait insisté sur la nécessité de moraliser la vie publique
Il était encore question de transparence, lors de la présentation de son projet, le jeudi 2 mars 2017. Le candidat Macron avait proposé une série de mesures  de moralisation de la vie publique, lesquelles avaient été ressenties comme des attaques de campagne contre ses deux principaux rivaux, Marine Le Pen et François Fillon, qui ont été visés par la presse, suivie de la justice. Leurs ennuis judiciaires avaient pollué le débat et donné une tonalité particulière à la présentation du programme présidentiel du candidat par procuration de Hollande, Emmanuel Macron,  qui avait accusé ses deux concurrents "de s'attaquer délibérément à l'Etat de droit".
Or, la transparence de la vie publique n'est pas la spécialité du premier ministre nouvellement nommé. D'après les informations de Mediapart, E. Philippe avait écopé d'un blâme de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) en 2014, suite à une déclaration de patrimoine opaque."La valeur de son appartement à Paris ? 'Aucune idée'. Ses parts dans une résidence de Seine-Maritime ? 'Aucune idée'. Son bien en Indre-et-Loire ? 'Aucune idée'", rapporta Mediapart. Malgré les relances de la Haute autorité, le député s'était toujours refusé à communiquer les valeurs ou le prix d'achat de ses propriétés. Aujourd'hui la constitution du gouvernement serait retardée -nous assure-t-on- pour permettre à la Haute autorité de contrôler ses ministres. "Les 'blancs' d’Édouard Philippe portaient atteinte au 'caractère exact' de sa déclaration et la HADVP n'avait pas estimé pour autant estimé qu’ils justifiaient une quelconque saisine de la justice.Résultat de recherche d'images pour "moralisation cumul des mandats"
L'ancien ministre de l'Economie de Manuel Valls s'était défendu de vouloir  "jeter le soupçon ou l'opprobre sur la totalité des élus". "Il y a nombre d'élus (...) qui ont toujours respecté les lois de la République et la moralité et se trouvent aujourd'hui pris dans ce débat qui est une lèpre pour la dignité de notre vie publique", avait-il déclaré lors de son intervention, par laquelle le candidat Macron s'engageait à une "stratégie de moralisation de la vie publique". 

Ainsi, le candidat proposa-t-il concrètement d'interdire à tout élu ou ministre d'embaucher un membre de sa famille. Mais on apprit bientôt qu'il comptait bien pourtant donner un rôle officiel à son épouse en faisant créer le statut de Première Dame... 

Il souhaita également interdire aux parlementaires d'exercer une activité de conseil parallèlement à leur mandat "pour mettre fin aux conflits d'intérêts". Un serpent de mer qui, depuis toujours, agite les flots politiques lors de la sortie de fonction des ministres et hauts fonctionnaires, mais qu'il promettait de dompter, en même temps qu'il contrôlerait les entrées de membres du gouvernement issus de la société civile. Ce qui vaut aux grévistes de Whirlpool et aux salariés d'entreprises en cours de licenciements, tels ceux de GM&S société menacée de liquidation judiciaire à La Souterraine dans la Creuse, ou des magasins Tati, mis en vente, d'attendre 48 heures de plus la constitution du nouveau gouvernement et la réunion du premier Conseil des ministres. Résultat de recherche d'images pour "moralisation activité de conseil  mandat"
Or, le nouveau premier ministre, Edouard Philippe, a travaillé pour le groupe Areva en tant que directeur des affaires publiques (2007-2010), c'est-à-dire en charge du lobbying pro-nucléaire de cette multinationale, alors qu'il venait tout juste d'être membre du cabinet d'Alain Juppé, ministre de l'Ecologie (2007).
Il souhaita également fiscaliser "l'intégralité de la rémunération des parlementaires notamment l'indemnité représentative de frais de mandat". "Un parlementaire doit vivre comme un cadre commercial. Il a des frais liés à son activité? Très bien, il peut les déduire. Mais il doit donner ses justificatifs, contrôlables par le fisc", confia Emmanuel Macron au Parisien

Il proposa enfin d'interdire à tout détenteur d'un casier judiciaire de se présenter à une élection et prôna la suppression du régime spécial des retraites des parlementaires. 

Limitation du cumul dans le temps

Héraut du renouvellement, le président trentenaire qui n'a jamais exercé aucun mandat électif, clamait sa volonté d'interdire le cumul de trois mandats identiques successifs. Pour assurer le "pluralisme de la vie politique", l'ex-banquier s'engagea sur une série de mesures: réduction d'un tiers du nombre de parlementaires (et ce n'est encore pas valable pour la législative de juin), renforcement des obligations des partis en terme de parité et rénovation du fonctionnement du Parlement, qui passerait plus de temps à contrôler l'action du gouvernement qu'à voter la loi. Macron n'a-t-il pas énoncé son appétence pour le gouvernement par ordonnances ?
Or, Jean-Yves Le Drian, 70 ans, que le président Macron pressentirait à nouveau pour un grand ministère régalien (de la Défense ?), avait déjà exercé deux mandats ministériels (secrétaire d'État à la Mer Ministre de la Défense (2012-2017) et a été six fois député du Morbihan (1978-2007) et cumulard au Conseil régional de Bretagne qu'il préside en même temps qu'il dirige les Armées. La presse fait de la dissimulation en le présentant comme président de la région Bretagne de 2004 à 2012 (8 ans), puis comme simple membre depuis 2015 (pour six années de plus). Incarne-t-il le renouvellement des personnels et des moeurs politiques ?
Comment assurer une meilleure "participation" des citoyens à la vie publique? 
Résultat de recherche d'images pour "moralisation vie politique"Emmanuel Macron s'engage sur deux pistes. Le travail des parlementaires serait évalué par des "dispositifs innovants", comme des jurys citoyens
Les communes seront enfin encouragées à développer les "budgets participatifs" et "consulter" ainsi directement les citoyens sur l'utilisation de l'argent public.
Reste à savoir si les citoyens constitués en jurys seront dotés de la capacité de sanction.