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vendredi 7 avril 2017

Chantiers de St-Nazaire: l'Etat-PS consent à perdre le contrôle

L'Etat devrait signer un accord avec l'italien Fincantieri  pour la reprise de  STX France

Reprise des chantiers navals STX France de Saint-Nazaire par l'italien Fincantieri bientôt consacrée par le gouvernement français 

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L'Italien, proche de la Chine, a obtenu de Hollande qu'il limite sa participation à moins de 50% du capital des ex-Chantiers de l'Atlantique (chantiers navals de Saint-Nazaire, commune PS, et ceux de Lorient, commune socialiste et fief de Jean-Yves Le Drian, actuel ministre de la Défense).

Selon ce projet 
d'accord, présenté jeudi par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, un apparatchik socialiste, le groupe italien reprendrait environ 48% du groupe mis en vente après la faillite de sa maison mère, le sud-coréen STX Offshore & Shipbuilding. Auxquels s'ajoutent d'autres capitaux italiens, ceux de la fondation  CR Trieste (6,66 %).

Le groupe public militaire DCNS - spécialisé dans l'industrie navale militaire, l'énergie nucléaire et les infrastructures marines - entrerait au capital à hauteur d'environ 12%, l'Etat français conserverait ses 33% et la fondation privée italienne CR Trieste reprendrait le reliquat, soit 55%.
"Fincantieri présente maintenant un projet industriel ambitieux pour les chantiers. Il sera soumis à la consultation des salariés dans les prochains jours", a déclaré Christophe Sirugue devant la presse.

"Il comporte des engagements relatifs à l'emploi, aux liens des chantiers avec leurs sous-traitants, sur la pérennité du site, sur l'indépendance du bureau d'études et de l'ingénierie et de l'autonomie commerciale de l'entreprise", a-t-il ajouté.

Un accord de gouvernance, avec l'équilibre du capital, est proposé pour huit ans, et un pacte d'actionnaires, qui octroie à l'Etat français un droit de veto, notamment sur les décisions stratégiques, est prévu sur 20 ans, a précisé ce rival de Montebourg à Chalon-sur-Saône, en Saône-et-Loire.
L'Etat conserverait par ailleurs son droit de préemption si Fincantieri se dégageait, le droit de préemption actuel restant ouvert tant que la signature entre Fincantieri et les Coréens n'est pas intervenue.

Christophe Sirugue a indiqué que l'Etat est toujours en discussion avec Fincantieri mais que les étapes difficiles étaient passées.

La direction de STX France a accueilli "comme une bonne nouvelle l’annonce faite ce jour d’une avancée significative dans le traitement du dossier de l’actionnariat de STX France".
"Cette décision met fin à une période trouble pénalisante pour les activités de l’entreprise et permet d’envisager avec sérénité l’avenir industriel du site de Saint-Nazaire" (Loire-Atlantique), déclare Laurent Castaing, directeur général, cité dans un communiqué.

Le PDG de DCNS - société détenue à hauteur de 62 % par l’État français et de 35 % par Thales (groupe d'électronique spécialisé dans l'aérospatiale, la défense, la sécurité et le transport terrestre) - , Hervé Guillou, a salué de son côté une opération qui garantit, "la préservation des intérêts stratégiques de la France tout en renforçant notre capacité d’exportation", selon lui.

La crainte d'une "nationalisation italienne déguisée"

A l'issue de sa présentation du projet  jeudi après-midi, Christophe Sirugue a eu le sentiment que l'accueil des organisations syndicales avait été "plutôt positif, voire très positif" et qu'elles avaient salué les avancées obtenues.

Syndicats et élus locaux craignaient en vérité surtout que le groupe italien soit tenté de rapatrier une partie de la charge de travail de Saint-Nazaire, alors que le carnet de commandes de STX France est plein jusqu'en 2026. Les accords qui le lient aux chantiers navals chinois, et qui incluent des transferts de technologies, inquiètent aussi. 
Fincantieri appartient à la société Fintecna, contrôlée par le ministère italien de l'Economie. Quant aux actionnaires de STX France (ex-Alstom marine), c'est l'entreprise coréenne STX Europe  à 66,66%  et Bpifrance (État français) à 33,34 %.
"C'est préjudiciable aux salariés de STX que l'Etat français n'ait pas été jusqu’au bout de cette idée de nationalisation, même transitoire", a estimé, plus tôt dans la journée, la déléguée syndicale Force ouvrière (FO) aux chantiers navals STX, Nathalie Durand-Prinborgne, exprimant ses craintes, après la publication des grandes lignes du projet d'accord qu'elle a découvertes à la lecture du quotidien Le Monde.

Christophe Sirugue a déclaré qu'une éventuelle nationalisation de STX Francetelle solution avait "toujours été une hypothèse de travail si nous ne parvenions pas à obtenir un projet industriel à la fois solide et sécurisé" avec le Fincantieri.
"Aujourd'hui, la proposition qui nous est faite par Fincantieri (...) et les éléments que nous avons obtenus dans la négociation (...) pour donner un avenir aux chantiers navals", a affirmé le secrétaire d'Etat de Valls (depuis le 27 février 2017), puis Cazeneuve.

Un petit tiers du capital de Fincantieri, créé à Trieste en 1736, est entre les mains d'investisseurs privés et le groupe est coté à la bourse de Milan depuis 2014.
Le groupe s'enorgueillit d'avoir construit plus de 7.000 navires sur 20 chantiers sur quatre continents, dont 15 en Europe (huit en Italie), et d'être un des plus grands employeurs européens du secteur avec 19.000 salariés, dont 7.500 en Italie, auxquels s'ajoutent 80.000 salariés chez ses sous-traitants.
Il a réalisé en 2016 un chiffre d’affaires de 4,4 milliards d’euros et possède un carnet de commandes de 21,8 milliards d’euros pour 106 navires commandés et un peu plus de cinq ans de travail ferme assuré.
STX France emploie pour sa part à Saint-Nazaire quelque 2.400 salariés, hors intérimaires et sous-traitants.

Un temps envisagée par le gouvernement, l'hypothèse d'une nationalisation est donc écartée. Fincantieri a été partiellement privatisé en juin 2015, mais l'État italien reste un actionnaire important.


mardi 3 janvier 2017

Le Coréen STX propose son rival pour reprendre les Chantiers de Saint-Nazaire

L'italien Fincantieri seul en lice pour reprendre les Chantiers de Saint-Nazaire

Le tribunal de Commerce du district de Séoul a désigné le groupe italien Fincantieri pour reprendre les chantiers navals de Saint-Nazaire.

Le sort des salariés des Chantiers navals de Saint-Nazaire sera-t-il scellé en Corée ? 
Après des années d’incertitude sur leur avenir, les chantiers navals de Saint-Nazaire devraient avoir sous peu un nouveau propriétaire : mardi 3 janvier, le tribunal de Commerce du district de Séoul a décidé de l'avenir industriel de la région en désignant le groupe italien Fincantieri comme candidat privilégié pour "reprendre le dernier grand constructeur français de navires", selon la presse. 
Une formule abusive qui trompe le lecteur, puisque ces chantiers navals, les plus grands chantiers d'Europe, ne sont plus français depuis 2006... quand Aker Yards, constructeur naval européen de paquebots et ferries et holding dont le siège est situé en Norvège, reprend l'entreprise à Alstom marine (complètement en 2010), au nom du sud-coréen STX Corporation. Thierry Breton était le patron de Bercy et soutiendra Juppé à la primaire de la droite en 2016.
En mai 2013, le groupe STX annonça son intention de cession de ses chantiers, dont STX France, dans le cadre d'un plan de désendettement... Que fit Montebourg, alors au ministère de l'Industrie, en charge du... Redressement productif (mai 2012-août 2014) ?
Les Chantiers navals de Saint-Nazaire appartenait jusqu’à présent au conglomérat sud-coréen STX, placé en redressement judiciaire en juin. 
STX est un ensemble familial d'entreprises présent dans la construction navale, le commerce international (les minerais, la construction et les énergies fossiles et renouvelables, etc...) Manquant de liquidité du fait du ralentissement prolongé de l'activité du secteur de la construction navale depuis la crise financière de 2008 (celle que la gauche occulte pour accabler la droite alors en responsabilité), le groupe STX était menacé de redressement judiciaire depuis mai 2016. Le groupe STX France a commencé par vendre son site de Lorient,  en octobre 2016.
Les chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) constituent la seule activité rentable de STX Offshore and Shipbuilding
STX St Nazaire-Montebourg redresseur coréen-mars 2013-juin2014
Montebourg, roi du  "made in France",
mais
redresseur coréen de 
STX St Nazaire ? 
Alors que le groupe sud-coréen accuse des pertes depuis ­des années, sa filiale française a su remonter la pente en améliorant sa compétitivité, enregistrant de nombreux contrats. Le 21 décembre, MSC et Royal Caribbean Cruises Limited, les deux grands clients des chantiers, ont encore confirmé la commande de 5 paquebots, pour un montant total de 4 milliards d’euros. Au total, le chantier a un carnet de commandes rempli jusqu'à 2026 : quatorze paquebots de croisière à construire, mais aussi des sous-stations électriques dans le domaine des énergies marines renouvelables.

A quel prix les Chantiers navals de Saint-Nazaire seront-ils encore cédés ?
L’un des plus anciens constructeurs européens de navires, le groupe italien Fincantieri s’était déjà mis sur les rangs en 2014 lorsque STX avait une première fois envisagé de vendre sa filiale française.
Mais avant de conforter sa domination sur le marché mondial, par l'acquisition de 66,6% de STX France, Fincantieri doit encore se mettre d'accord sur un prix d'achat avec le groupe sud-coréen.
Les Italiens doivent également discuter avec Bercy. 
Par l'intermédiaire de la Banque publique d'investissement (Bpifrance, compagnie financière d'Etat - actionnaire principal à hauteur de 50%- avec un statut de société anonyme, SA), l'Etat français détient le tiers restant et dispose d'une minorité de blocage.

Reste aussi à rassurer les syndicats français. 
Ces derniers s'inquiètent en effet des synergies que les Italiens voudront réaliser à terme et des risques de doublons entre les activités des deux chantiers concurrents qui réalisent chacun des paquebots de croisière, mais aussi des... navires militaires. 
Attendu de pied ferme à Saint-Nazaire, le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue,devra les rassurer, mercredi 4 janvier. Ce  député de Saône-et-Loire, comme Montebourg, son rival local, est un apparatchik socialiste sans expérience aucune de la vie des entreprises.


lundi 12 septembre 2016

"Ca va mieux", tellement que les fermetures d'usines continuent avec Alstom

Connaissant le sens moral de Hollande, les travailleurs ne seraient-ils pas instrumentalisés dans le coup monté d'un faux sauvetage ?

Percée historique d'Alstom aux Etats-Unis

"TGV : contrat historique pour Alstom aux Etats-Unis," titrait Le Monde,. le 27 août 2016.
"Alstom a décroché un contrat historique de 1,8 milliard d’euros pour vendre ses trains à grande vitesse [ou plutôt sa technologie] aux Etats-Unis", a annoncé le groupe vendredi 26 août. Le constructeur français pénètre un marché important au moment où la construction de lignes à grande vitesse est en forte croissance au niveau mondial, commentait le journal officieux du PS.
La compagnie ferroviaire américaine Amtrak a en effet commandé 28 trains de nouvelle génération au groupe français pour remplacer ses rames en service depuis 2000 et fabriquées par le consortium Bombardier-Alstom, lequel ne détenait toutefois que 25 % de la coentreprise, comme l'Etat ne détient que 20% de la société française, mais alors qu'Alstom a vendu sa filière énergie à General Electric en 2014. Or, en septembre 2016, Alstom annonce la fermeture du site de Belfort pour 2018, faute de commandes suffisantes de matériel ferroviaire, et le reclassement de ses salariés dans d'autres sites, principalement celui de Reichshoffen, Bas-Rhin.
Ces TGV nouvelle génération vont relier Boston et Washington, la capitale fédérale, via New York et Philadelphie, couvrant une distance de 730 kilomètres, dans une région habitée par un Américain sur sept. Le nouveau train pourra transporter à la vitesse de 257 km/h (puis 300 km/h) jusqu’à 35 % de passagers en plus par rapport à son prédécesseur. 

Ce contrat tombe à pic au moment où le développement des infrastructures de transport fait partie des enjeux de la campagne présidentielle aux Etats-Unis, pays où le train reste le moyen de déplacement le moins emprunté face à la voiture reine et à l’avion, et  pour le groupe français, qui cherche à augmenter son activité près d’un an après la cession pour 9,7 milliards d’euros de son pôle énergie au conglomérat américain General Electric (GE).
Il pourrait lui servir de tremplin pour vendre sa technologie à d’autres Etats américains tels que la Californie qui construit depuis 2015 une ligne à grande vitesse devant relier San Francisco à Los Angeles (Californie) prévue pour 2020. D’autres projets comme Dallas-Houston (Texas), Las Vegas-Palmdale (Californie) sont également à l’étude. 
De telles perspectives interpellent donc sur l'opportunité de la fermeture de l'usine de Belfort, quand Le Monde n'hésitait pas à faire miroiter que cette vitrine américaine de la technologie française pourrait séduire l’Espagne, le Royaume-Uni, la Turquie, la Russie, l’Australie et la Chine qui construisent actuellement de nouvelles lignes à grande vitesse et ont besoin de nouveaux TGV, tandis que l’Allemagne et le Japon songent, eux aussi, à renouveler leur flotte vieillissante.
"Le marché du train à grande vitesse est porteur", assurait encore Le Monde. Il devrait avoisiner les 6 milliards d’euros en 2017 contre 5,2 milliards en 2014, d’après l’Union internationale des chemins de fer. Environ 60.000 kilomètres de lignes à grande vitesse supplémentaires devraient, selon l’organisation, être construites d’ici à 2030. Et Belfort dans ce tableau idyllique?

Alstom a signé un contrat qui sacrifie Belfort, UMP depuis 2014. 
Le groupe fera fabriquer à Hornell, au nord de l’Etat de New York, les rames de son TGV américain. Ce contrat de 1,8 milliard d’euros permettra la création de 400 emplois directs dans l’Etat de New York et non pas en France.

Hollande se pose en sauveteur potentiel du site de Belfort

"Le président de la République nous a fixé un objectif,
Menaces de grève des éleveurs bretons
- et un 'objectif' n'est pas un engagement fort - , celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues", a déclaré sur le perron de l'Élysée, façon le ministre de l'Économie, Michel Sapin,  grave, façon Valls, visiblement en retrait, en attendant l'issue favorable, au vu du contrat mirobolant pour son signataire américain, Amtrak, après mises en cause du patron d'Alstom, mais aussi du candidat Montebourg, ex-ministre de l'Industrie, rebaptisée ministère du redressement productif, dénomination fleurant fort le stalinisme.

Ce matin, dès 8h30, une réunion interministérielle de crise - une de plus, avec les séminaires anti-terroristes de l'été - autour d'Alstom -qui a annoncé l'arrêt de la production de trains à Belfort la semaine dernière- s'est tenue à l'Élysée, présidée François Hollande. Avaient pris place autour de la table, outre le chef de l'État, le premier ministre Manuel Valls, le ministre de l'Économie Michel Sapin, le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue et le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies. Le commissaire aux participations de l'État, Martin Vial, participe également à cette réunion concernant une entreprise dont l'État est actionnaire minoritaire.
A la sortie de cette réunion, confondant détermination affichée et colère rentrée, Michel Sapin a asséné que "le président de la République (nous) a fixé un objectif, celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues". "C'est à cet objectif là que nous allons travailler, avec les élus, avec les organisations syndicales, avec la direction d'Alstom et avec l'ensemble de ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent permettre d'assurer le plan de charge qui permettra de sauver les activités ferroviaires d'Alstom à Belfort". Ces discussions auront lieu cette semaine, a-t-il précisé.

Le dossier s'invite dans la campagne pour la présidentielle
Le ministre de l'Économie ne se contente pas de clamer un objectif, du même tonneau que le redressement de la courbe de l'emploi ou le relèvement du pouvoir d'achat. Il assure que ce "début de semaine sera décisif en termes de rencontres, de concertations, de décisions pour l'avenir du site de Belfort d'Alstom". Rien qui soit de nature à rassurer les familles de Belfort, après quatre années de fermetures d'usines, dont celle de l'usine sidérurgique du groupe ArcelorMittal à Florange, à 270 kms de Belfort. "Un objectif et un seul", claironne-t-il: "redonner de l'espoir aux salariés [à défaut du maintien de leur emploi actuel], mais pas d'espoir pour l'espoir, pour la réalité des choses, du travail pour ceux qui aujourd'hui sont inquiets pour leur avenir". Déjà Sapin avoue-t-il qu'il travaille à un plan social...

Cette fermeture d'usine marquera la campagne pour l'élection présidentielle du printemps 2017: le quinquennat aura été une catastrophe sociale et humaine. Pour le président, le sauvetage du site historique du groupe désormais détenu à 20% par l'Etat rappelle cruellement l'incapacité de son gouvernement à sauver les hauts-fourneaux sidérurgiques de Florange, devenue pour l'ensemble des Français et notamment une partie de la gauche le symbole de l'impuissance du pouvoir socialiste, voire d'une trahison.

Une manière de faire jugée "inadmissible"
A la différence des politiciens, les industriels ne maîtrisent pas la sémantique. Et le ministre de l'Économie leur adresse le reproche de ne pas endormir les travailleurs, soulignant qu'il y avait parallèlement des "problèmes de forme: nous avons dit déjà aux responsables de cette entreprise combien la manière de faire était inadmissible". 
Comme Montebourg critiqua les patrons de Goodyear -confrontés dès 2007 à la lutte vaine de la CGT contre la délocalisation de l’usine d’Amiens Nord qui frappa 1.300 salariés de l'entreprise américaine- ou de Peugeot en 2009, Michel Sapin a critiqué lundi la direction d'Alstom

Dimanche, Manuel Valls s'était dit convaincu de pouvoir "sauver" Alstom à condition que les dirigeants du groupe "jouent pleinement leur rôle," mettant clairement en cause la direction

Or, l'ex-ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a quant à lui assuré qu'il n'a jamais été question d'un arrêt de la production à Belfort dans les discussions entre les dirigeants et l'Etat actionnaire. Ce qui donne à penser que dans cette affaire hautement médiatisée, l'exécutif joue le rôle trouble du pompier incendiaire. 

"Nous avons présenté un projet qui fait suite à un contexte que tout le monde connaissait (absence de charge, perte de commandes, etc.)", a d'ailleurs déclaré une porte-parole d'Alstom qui précise que sa direction garantit qu'aucune perte d'emploi n'est envisagée: "il s'agit d'un transfert de 400 personnes en France. On se donne deux ans pour étudier chaque cas". 

Pour mémoire, la semaine dernière, la direction d'Alstom a annoncé l'arrêt de la production de locomotives à Belfort (90) et son transfert à Reichshoffen (67, Bas-Rhin) - à deux heures de route - d'ici 2018. Ne resteront donc sur le site de Belfort, en 2018, que des activités de maintenance, ce qui entraînera le transfert de 400 des 480 postes de l'usine de Belfort. Les salariés se verront proposer un reclassement à Reichshoffen ou dans l'un des 12 sites du groupe dans 10 régions.
Depuis la vente de sa branche énergie à General Electric (GE), le premier actionnaire d'Alstom est Bouygues avec 28,3 % du capital (contre 29,2 % au 31 décembre 2015), l'Etat disposant désormais de 20% des droits de vote.
Le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge a été convoqué jeudi dernier à Bercy pour expliquer sa décision, que l'exécutif juge "soudaine" et menée "sans concertation", ce qui ne manque pas d'air après le passage en force de la loi Travail. 
Pourtant, depuis plusieurs mois, les dirigeants d'Alstom ont communiqué l'inquiétante baisse de commandes sur le site. Et ce sujet a été évoqué au conseil d'administration, auquel siège un représentant de l'État. 

De son coté, le nouveau secrétaire d'Etat à l'Industrie  (après Michel Sapin - un ex-Comités d'action lycéens, CAL, groupe d'ultra gauche animé par un trotskyste - et Macron), Christophe Sirugue - un apparatchik de 50 ans, permanent à la fédération socialiste de Saône-et-Loire depuis l'âge de... 24 ans - répond que Alstom traverse "une période difficile qu'il (nous) faut franchir, mais ce n'est pas la fin non plus de la filière ferroviaire dans notre pays". Sirugue fut le rapporteur de loi Travail en 2016...

Le conflit d'Alstom prend une tournure politique

"On a nationalisé Renault pour moins que ça",
a lancé un élu PS du Territoire de Belfort, Chevènement, cet après-midi.

Au moment où des membres du gouvernement se réunissent ce lundi matin en cellule de crise sur la situation d'Alstom,
Arnaud Montebourg les a appelés sur France Inter à empêcher la fermeture du site de Belfort.
"Quarante-quatre locomotives à fabriquer, c'est presque deux ans de travail", schématise Arnaud Montebourg
Pour Arnaud Montebourg, le gouvernement n’est pas assez réactif. Actionnaire majoritaire de la SNCF, l’Etat possède 20% des votes, souligne-t-il, et a le pouvoir d’agir, selon lui. 
Et c'est pourquoi, il est permis de penser que le président Hollande compte instrumentaliser cette crise sociale truquée pour faire reluire le candidat d'ici décembre. 
"Quarante-quatre locomotives à fabriquer, c'est presque deux ans de travail, a-t-il plaidé. Je demande que le gouvernement revienne sur ces décisions et que le site de Belfort soit maintenu en l'état".


Tout donne déjà à penser que
le président Hollande compte instrumentaliser cette crise sociale truquée pour faire reluire le candidat d'ici décembre.

lundi 9 mai 2016

Loi travail: le gouvernement suspend le vote des amendements à l'Assemblée

Le débat s'engage mal et le pouvoir socialiste se rabat sue l'article 49.3

Le défaut de concertation et de consensus conduit à l'épreuve de force

Clotilde Valter, secrétaire d'Etat auprès de la ministre 
du Travail, passionnée par l'emploi,
 s'est endormie en séance

Des amendements réclamaient la suppression de l'article 1 du texte. Alors que les députés venaient lundi de commencer à examiner les amendements sur l'article 1, créant une commission chargée de proposer une refondation de la partie législative du Code du travail, Myriam El Khomri, la ministre porteuse du projet Valls, a annoncé la réserve des votes des amendements sur la loi travail à l'Assemblée nationaleAprès une brève suspension de séance alors qu'un scrutin public avait été annoncé sur des amendements visant à supprimer l'article 1, le gouvernement a annoncé ce lundi qu'il reporte "jusqu'à nouvel ordre" le vote sur les amendements au projet de loi travail, après l'examen de ceux visant à supprimer le premier article du texte. "En application de l'article 96 du règlement de l'Assemblée, le gouvernement demande la réserve des votes jusqu'à nouvel ordre", a déclaré la ministre du Travail, Myriam El Khomri. 


Les députés sont montés au créneau, suite à cette "réserve"
Bien que le gouvernement puisse la lever comme il l'entend, des députés dénoncent, à l'instar de Francis Vercamer (UDI), un signe de "fébrilité ", ou, selon Jacqueline Fraysse (Front de gauche), un "manque de respect"
Peu après le début des débats, des députés de tous bords (UDI, LR, écologistes, FG ou encore PS) avaient défendu des amendements de suppression de l'article 1 qui prévoit la création d'"une commission d'experts" afin de "proposer au gouvernement une refondation de la partie législative du Code du travail". 

L'article 1, de l'avis général, "inutile et dangereux"
Un logo qui ne remplit pas ses promesses
Du député FN Gilbert Collard à Marie-George Buffet (FG), en passant par Yann Galut (PS), les députés ont pris la parole tour à tour pour critiquer cet article et plus globalement le texte. "Ca ressemble à un simulacre", a lancé la socialiste "frondeuse", ex-ministre Aurélie Filipetti et compagne d'Arnaud Montebourg, "simulacre" aussi dénoncé par la droite, le Front de gauche et des écologistes. "Ave Caesar morituri te salutant", a lancé de son côté Bernard Debré (LR), accusant le gouvernement de vouloir "déposséder" les députés de leur pouvoir législatif en ayant recours au 49.3, Francis Vercamer (UDI) jugeant pour sa part que l'article 1 revient à "demander au Parlement de lui-même se saborder". L'élue EELV Éva Sas a elle aussi pointé un article " inutile et dangereux", notamment parce que la composition de la commission reste "floue".
"Je n'imaginais pas que, dès l'article 1er, je serais amené à signaler à quelques-uns de mes collègues (...) qu'à l'évidence ce qu'ils évoquent n'est pas inscrit" dans le texte, a contesté le rapporteur Christophe Sirugue (PS), évoquant notamment l'idée que la commission puisse "se substituer au rôle qui est celui du Parlement", ce qui est "faux". 
Il a affirmé que l'article 1 traduit une "volonté de travailler sur une écriture du Code du travail" et ne prévoit que la mise en place d'une commission d'experts. Selon le projet de loi, celle-ci doit formuler ses propositions dans un délai de deux ans. Elle doit associer à ses travaux les organisations syndicales et patronales. 

 

dimanche 28 octobre 2012

Congrès de Toulouse: le PS peut être fier de ses militants

L'obsession de l'extrême droite ou le lapsus de la honte

Nisrine Zaïbi est vice-présidente de la région Bourgogne depuis 2010 !

Elle s'est présentée comme militante en arrivant à la tribune du congrès de Toulouse, mais, à la vérité, elle est  une habituée des assemblées.

Pourtant, quelques minutes après le début de son intervention, elle a commit un lamentable lapsus, disant sa chance de "pouvoir s'exprimer au congrès du parti national socialiste". Un amalgame désastreux, puisque les détenteurs du brevet des collèges de notre pays savent que le "parti national socialiste" était l'appellation du parti nazi d'Adolf Hitler dans l'Allemagne des années 30 et 40.
L'excuse de la désignation autoritaire -sans élection- du Premier secrétaire Harlem Désir, par la paire Hollande-Aubry, n'est pas une excuse. Ce lapsus, qui ne manquait pas à une série déjà longue au PS, est un facteur aggravant qui "salit" l'assemblée de Bourgogne.

L'élue régionale socialiste est une récidiviste

Dans la suite de son propos, Nisrine Zaïbi a raconté son combat contre l'extrême droite et combien elle a "pleuré en voyant arriver Jean-Marie Le Pen en finale en 2002".

Dans la foulée, l'élue socialiste commet un second lapsus, à pleurer...
La dinde à la mode stalinienne salue "fièrement" "notre président de la République, François Patriat", plutôt que François Hollande. Le culte du chef est resté vivace au PS, François Patriat étant le président de la région Bourgogne où elle siège.


L'incompétente est censurée

Fin d'intervention tumultueuse, puisque le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a précipité son arrivée en fanfare pour  couper la bafouilleuse avant un troisième lapsus: sa boîte à couacs est pleine !

A 25 ans, cette élue PS n'est pas seulement un piètre alibi de la diversité

La pleureuse avoue être un "intermède", un "divertissement"
Depuis 2008, cette 13e vice-présidente de Bourgogne sur 15 est conseillère municipale de Chalon-sur-Saôneoù elle est membre de la commission Sport, développement à l'international (flou...) et lutte contre les discriminations - jeunesse. Elle est la meilleure de la sélection socialiste dans le fief de Nono Montebourg, ancien député de Chalon-sur-Saône (1997-2012) et président du Conseil général de Saône et Loire (2008-2012) et spécialiste du "made in France".

Merci  au nouveau maire, Christophe Sirugue, de lui "avoir fait confiance" !

Harlem peut "compter sur elle" (sic), dit-elle, et sur la génération montante socialiste, formée - mieux qu'en IUFM - par le  PS de la rénovatrice Aubry. 
La sortante se flattait d'avoir mis le parti "sur de bon rails". Ce dérailement en est l'éclatante démonstration !
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