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jeudi 28 septembre 2017

Code du travail : Raquel Garrido se réjouit du succès de la manif des Insoumis... qui n'a pas encore eu lieu

Un sens moral égalant celui de Mélenchon

Extrême gauche exemplaires dans un monde pourri ?

VIDÉO. Ordonnances : quand l'insoumise Garrido, devenue chroniqueuse télé, interpelle PhilippeAu lendemain de la manifestation contre la réforme du Code du travail à l'appel de Jean-Luc Mélenchon, la porte-parole de la France insoumise (LFI) s'est félicitée dans "Les Terriens du dimanche" du succès de cette mobilisation de rue.
Samedi 23 septembre, devant des dizaines de milliers de partisans réunis place de la République à Paris, Jean-Luc Mélenchon s'est montré menaçant envers le président Macron : "la bataille" contre les ordonnances réformant le Code du travail "n'est pas finie".

Un discours qu'il a vociféré à l'issue d'une manifestation qui a réuni 30.000 personnes, selon la police, mais 150.000 personnes, selon la France Insoumise.



Code du travail : Raquel Garrido se réjouit du succès de la manif des Insoumis... qui n'a pas encore eu lieu
Chroniqueuse de l'émission de Thierry Ardisson "Les Terriens du dimanche", Raquel Garrido s'est félicitée à plusieurs reprises du succès de la manif du meneur de la France Insoumise, dont elle fut la porte-parole pendant la campagne présidentielle perdue. 

Trois fois exactement, comme l'a souligné Libération, mardi 26 septembre.

Or, le site de la rubrique Desintox de Libération, comme celui d'Arrêt sur Images, a également souligné que l'émission de C8 avait été enregistrée jeudi 21 septembre... Soit deux jours avant la manifestation en question.

Toute honte bue, Maître Raquel Garrido a répliqué mais sur Twitter à la révélation : "Dimanche 24 septembre, une émission a diffusé une info véridique : la Marche du 23 septembre a été réussie. Libé et ASI [Arrêt sur Images] sont scandalisés !"

Puis, elle a souhaité "bonne nuit" aux "rageux", en détournant la maxime du journaliste et homme politique Émile Girardin : "Gouverner, c'est prévoir".

Dans un billet du début septembre dans son blog, Jean-Luc Mélenchon n'a pas craint de défendre Raquel Garrido, figure de la "France insoumise", et a loué sa personnalité... Le député élu dans les Bouches-du-Rhône - qui veut être la sardine qui bouchera le port de Marseille - mettait en regard une forme d'intransigeance à l'égard de Raquel Garrido, tandis que des trajectoires similaires d'hommes politiques battus et recyclés dans les media ont selon lui bénéficié d'une certaine indulgence.
"L'arrivée de Raquel Garrido sur C8 a polarisé la hargne de la caste, lance-t-il. Ceux-là n'avaient bien-sûr rien à dire quand Cohn-Bendit nous agonisait de postillons sur Europe 1 ou que Roselyne Bachelot officiait ici et là. Leurs critiques restent d’ailleurs très évasives en ce qui concerne les autres militants politiques dorénavant installés à l’antenne: Raffarin, Guaino, Dray et compagnie," débite le dépité de la présidentielle 2017.
Il faut rappeler que Mélenchon est lui-même un manipulateur de l'opinion.
Passons sur ses petits mensonges ordinaires concernant son mode de vie
et attardons-nous un instant sur le trucage photo de Mélenchon à la tête d'un cortège fantasmé, le 1er décembre 2013.
Les militants du 'Parti de gauche' (LFI d'alors) se prêtent à la mascarade:
Petite mise en scène médiatique de @JLMelenchon. A la télé et en réalité... http://twitpic.com/dn8ohr
Oh, la belle et grosse mobilisation de travailleurs en colère !...


VOIR et ENTENDRE la présentation de ce rassemblement sur TF1, complice de 'Monsieur Mélenchon' :

Quant à le vertueuse Garrido, avocate de son état et modèle de manipulatrice de l'information, CNews envisage-t-elle de virer sa chroniqueuse simulatrice ?


lundi 5 juin 2017

"Richard Ferrand devrait se retirer", selon un professeur de droit public à l'Université

Le sens moral décalé de Cazeneuve : Macron n'est qu'une "juxtaposition d'images sympathiques"! Et Ferrand ? 

Au cœur d’une affaire de conflits d’intérêts privés, le ministre devrait quitter ses fonctions, afin de restaurer la confiance dans la vie démocratique.


Conflit d'intérêts politiques de 
Bayrou, au profit du MoDem

L’affaire Ferrand n’est pas l’affaire Fillon
, explique Dominique Rousseau, 67 ans, professeur de droit public à l'université Paris-1-Panthéon-Sorbonnedans une tribune à La Matinale du journal Le Monde, du 4 juin 2017. C’est pourquoi le ministre de la cohésion des territoires devrait démissionner. 
D. Rousseau défend l'idée d'une nouvelle forme de démocratie qu'il appelle la " démocratie continue":

une assemblée sociale avec pouvoir délibératif, l'institutionnalisation des conventions de citoyens et un statut constitutionnel des lanceurs d'alerte sont les principales nouveautés de cette forme de démocratie. Il propose la suppression du Conseil d'État et du ministère de la Justice. Il propose également de mettre fin à la dyarchie au sommet de l'État en retirant au président de la République la présidence du Conseil des ministres.
L’affaire Fillon a mis en cause l’exercice, par un représentant élu de la nation, de son mandat, et plus précisément son usage de l’argent public. 
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Derrière tout le tohu-bohu politique, la question en droit était simple : le député François Fillon a-t-il utilisé son indemnité parlementaire, donc des fonds publics, pour payer des collaborateurs – sa femme et ses enfants – à faire des tâches sans lien avec l’exercice de son mandat de parlementaire ? Cette question ne portait atteinte ni au principe de la séparation des pouvoirs ni à la dignité du mandat de parlementaire : la protection nécessaire du statut de parlementaire est faite pour lui permettre de parler librement au nom de la nation, pas pour lui permettre de détourner des fonds publics. La mise en examen a touché la dimension politique de l’homme François Fillon, à l’encontre duquel avaient été établis des éléments concordants d’un exercice de son mandat politique non conforme aux exigences constitutionnelles et légales. 

"La question, ici, n’est pas celle de la probité politique, mais celle de la probité professionnelle de Richard Ferrand" 

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L’affaire Ferrand est d’une nature différente. Elle ne met pas en cause la dimension politique de l’homme Richard Ferrand, puisqu’il n’était pas parlementaire à l’époque des faits qui lui sont reprochés. Elle touche sa dimension professionnelle, celle de directeur général des Mutuelles de Bretagne, profession qu’il a exercée de 1998 à 2012, avant d’être élu député cette année-là. Dès lors, la question, ici, n’est pas celle de la probité politique, mais celle de la probité professionnelle de Richard Ferrand.

Trois éléments juridiquement discutables
Des faits connus, et qui ont conduit le Parquet de Brest à ouvrir une enquête préliminaire, il ressort trois éléments juridiquement discutables. 
Le premier est l’engagement du directeur général des Mutuelles de Bretagne d’acheter un local à Brest pour établir un centre de soins, en précisant qu’une SCI se substituera à lui au moment de l’achat réel. Au moment où cet engagement est pris, cette SCI n’existe donc pas ; elle sera constituée juste après, par une avocate qui est la compagne du directeur des Mutuelles de Bretagne. 
Le second élément est l’engagement de ce même directeur que les Mutuelles loueront ce local à la SCI et prendront en charge tous les travaux de réfection et d’entretien. 
Le troisième élément est que, sur la base de cet engagement à recevoir un loyer des Mutuelles, la SCI a obtenu un prêt bancaire pour acheter le local, la perception du loyer garantissant le remboursement des mensualités de l’emprunt. 

A l’arrivée, la SCI, dont l’épouse de M. Ferrand est la sociétaire principale, a pu acheter et remettre à neuf un local grâce à l’intervention directe de M. Ferrand, qui s’était engagé, avant même la constitution de cette SCI, à lui verser des loyers, ouvrant ainsi la voie au prêt bancaire nécessaire à l’achat du local. Comme auraient dit les Shadoks, "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué"! 

"Rien de politique dans cette opération. Seulement la possibilité qu’elle se soit réalisée en marge de la légalité", voire contre la légalité. Le code de la mutualité dispose, en effet, que les conventions auxquelles un dirigeant de mutuelle est intéressé – ce qui est le cas en l’espèce – doivent être soumises à l’appréciation d’un commissaire aux comptes et autorisées par le conseil d’administration – ce qui n’a pas été le cas en l’espèce. 

Aucun lien avec son mandat de député [insiste le professeur classé à la gauche de la gauche politique]
Ce même code interdit à un dirigeant de mutuelle de cautionner des engagements envers des tiers, ce qui est le cas en l’espèce, puisque la banque n’a prêté de l’argent à la SCI pour acheter le local que parce que la mutuelle s’était engagée, par la voix de son directeur, à verser à cette SCI devenue propriétaire un loyer garantissant le remboursement des mensualités [des revenus à la compagne du futur ministre]. 
Toute cette opération a été réalisée avant que Richard Ferrand ne soit élu député. Ce n’est donc pas en utilisant un mandat politique qu’il a agi, et il n’est donc pas convenable, ni sur le plan juridique ni sur le plan éthique, de laisser croire qu’il aurait utilisé sa position politique pour influencer la conclusion de l’opération immobilière.
Ce n’est pas une affaire de conflits d’intérêts privés et d’intérêts politiques, c’est une affaire de conflits d’intérêts privés [et de morale personnelle], dont il appartiendra aux juges de dire s’ils sont constitués. 
En l’état actuel du droit, les opérations menées par Richard Ferrand en tant que directeur des Mutuelles de Bretagne ne l’empêchaient pas de se présenter aux élections législatives et, seraient-elles aujourd’hui reconnues illégales, elles ne devraient pas conduire à sa démission, puisque sans lien avec son mandat de député. 

Confiance rompue [et amoralité personnelle n'intéressent pas l'électeur?]

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Mais, pour renverser un axiome célèbre, il est possible d’avoir juridiquement raison – ce qui en l’espèce reste à prouver – et politiquement tort. [Si les exigences morales de certains politiciens n'évoluent pas], les exigences des citoyens changent, elles portent moins sur l’origine du pouvoir et davantage sur les conditions d’exercice du pouvoir. Le vote a, bien sûr, toujours sa part dans la confiance qu’ils accordent à leurs représentants. Mais, aujourd’hui, cette confiance se construit en continu par le courage avec lequel ils sont capables de s’élever au-dessus de leurs intérêts personnels et privés [théorie soutenue par l'universitaire] pour penser et servir l’intérêt général. Ce que Montesquieu appelait la vertu [lorsqu'elle est politique, elle est renoncement à soi-même, selon le penseur du XVIIe s.]. 

Or, Richard Ferrand ne donne pas l’apparence d’avoir montré ce courage qui crée la confiance politique des citoyens et il devrait se retirer. 
Non pour des raisons morales mais, comme le dit la nouvelle dénomination du projet de loi Bayrou, pour restaurer la confiance dans la vie démocratique. Beau projet qui mériterait que soient reconnus le statut constitutionnel de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique – curieusement absente des propositions ministérielles – et l’obligation, pour les personnes pressenties pour être ministre, d’être auditionnées publiquement par le Parlement avant d’être confirmées[On n'est pas loin du tribunal populaire et la prochaine étape serait la constitution de 1793]. 
S’il en avait été ainsi, peut-être des questions auraient-elles été posées à Richard Ferrand sur son activité de directeur des Mutuelles de Bretagne, évitant au président de la République une nomination hasardeuse. [Mais Macron avait accordé à Ferrand  un statut qui le plaçait au-dessus de la populace des "illettrés" (lien PaSiDupes) et des migrants comoriens en "kwassa-kwassa" (lien PaSiDupes): dans le système pyramidal et quasi-monarchique voulu par le candidat Macron, depuis octobre 2016, Ferrand est secrétaire général d'En marche !, le mouvement du candidat Macron, et aussi intouchable qu'insoupçonnable...] 

Par Dominique Rousseau, professeur d'université  et soutien de René Revol du Parti de gauche, lors des élections régionales françaises de 2010. En 2012, René Revol a proposé de se retirer des législatives au profit de son camarade Jean-Luc Mélenchon, avant que celui-ci  n'opte pour Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et avant qu'il ne se parachute sur Marseille (Bouches-du-Rhône) en 2017, à 975 kms de là et à 8h20 de route.

lundi 12 septembre 2016

"Ca va mieux", tellement que les fermetures d'usines continuent avec Alstom

Connaissant le sens moral de Hollande, les travailleurs ne seraient-ils pas instrumentalisés dans le coup monté d'un faux sauvetage ?

Percée historique d'Alstom aux Etats-Unis

"TGV : contrat historique pour Alstom aux Etats-Unis," titrait Le Monde,. le 27 août 2016.
"Alstom a décroché un contrat historique de 1,8 milliard d’euros pour vendre ses trains à grande vitesse [ou plutôt sa technologie] aux Etats-Unis", a annoncé le groupe vendredi 26 août. Le constructeur français pénètre un marché important au moment où la construction de lignes à grande vitesse est en forte croissance au niveau mondial, commentait le journal officieux du PS.
La compagnie ferroviaire américaine Amtrak a en effet commandé 28 trains de nouvelle génération au groupe français pour remplacer ses rames en service depuis 2000 et fabriquées par le consortium Bombardier-Alstom, lequel ne détenait toutefois que 25 % de la coentreprise, comme l'Etat ne détient que 20% de la société française, mais alors qu'Alstom a vendu sa filière énergie à General Electric en 2014. Or, en septembre 2016, Alstom annonce la fermeture du site de Belfort pour 2018, faute de commandes suffisantes de matériel ferroviaire, et le reclassement de ses salariés dans d'autres sites, principalement celui de Reichshoffen, Bas-Rhin.
Ces TGV nouvelle génération vont relier Boston et Washington, la capitale fédérale, via New York et Philadelphie, couvrant une distance de 730 kilomètres, dans une région habitée par un Américain sur sept. Le nouveau train pourra transporter à la vitesse de 257 km/h (puis 300 km/h) jusqu’à 35 % de passagers en plus par rapport à son prédécesseur. 

Ce contrat tombe à pic au moment où le développement des infrastructures de transport fait partie des enjeux de la campagne présidentielle aux Etats-Unis, pays où le train reste le moyen de déplacement le moins emprunté face à la voiture reine et à l’avion, et  pour le groupe français, qui cherche à augmenter son activité près d’un an après la cession pour 9,7 milliards d’euros de son pôle énergie au conglomérat américain General Electric (GE).
Il pourrait lui servir de tremplin pour vendre sa technologie à d’autres Etats américains tels que la Californie qui construit depuis 2015 une ligne à grande vitesse devant relier San Francisco à Los Angeles (Californie) prévue pour 2020. D’autres projets comme Dallas-Houston (Texas), Las Vegas-Palmdale (Californie) sont également à l’étude. 
De telles perspectives interpellent donc sur l'opportunité de la fermeture de l'usine de Belfort, quand Le Monde n'hésitait pas à faire miroiter que cette vitrine américaine de la technologie française pourrait séduire l’Espagne, le Royaume-Uni, la Turquie, la Russie, l’Australie et la Chine qui construisent actuellement de nouvelles lignes à grande vitesse et ont besoin de nouveaux TGV, tandis que l’Allemagne et le Japon songent, eux aussi, à renouveler leur flotte vieillissante.
"Le marché du train à grande vitesse est porteur", assurait encore Le Monde. Il devrait avoisiner les 6 milliards d’euros en 2017 contre 5,2 milliards en 2014, d’après l’Union internationale des chemins de fer. Environ 60.000 kilomètres de lignes à grande vitesse supplémentaires devraient, selon l’organisation, être construites d’ici à 2030. Et Belfort dans ce tableau idyllique?

Alstom a signé un contrat qui sacrifie Belfort, UMP depuis 2014. 
Le groupe fera fabriquer à Hornell, au nord de l’Etat de New York, les rames de son TGV américain. Ce contrat de 1,8 milliard d’euros permettra la création de 400 emplois directs dans l’Etat de New York et non pas en France.

Hollande se pose en sauveteur potentiel du site de Belfort

"Le président de la République nous a fixé un objectif,
Menaces de grève des éleveurs bretons
- et un 'objectif' n'est pas un engagement fort - , celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues", a déclaré sur le perron de l'Élysée, façon le ministre de l'Économie, Michel Sapin,  grave, façon Valls, visiblement en retrait, en attendant l'issue favorable, au vu du contrat mirobolant pour son signataire américain, Amtrak, après mises en cause du patron d'Alstom, mais aussi du candidat Montebourg, ex-ministre de l'Industrie, rebaptisée ministère du redressement productif, dénomination fleurant fort le stalinisme.

Ce matin, dès 8h30, une réunion interministérielle de crise - une de plus, avec les séminaires anti-terroristes de l'été - autour d'Alstom -qui a annoncé l'arrêt de la production de trains à Belfort la semaine dernière- s'est tenue à l'Élysée, présidée François Hollande. Avaient pris place autour de la table, outre le chef de l'État, le premier ministre Manuel Valls, le ministre de l'Économie Michel Sapin, le secrétaire d'État à l'Industrie Christophe Sirugue et le secrétaire d'État aux Transports Alain Vidalies. Le commissaire aux participations de l'État, Martin Vial, participe également à cette réunion concernant une entreprise dont l'État est actionnaire minoritaire.
A la sortie de cette réunion, confondant détermination affichée et colère rentrée, Michel Sapin a asséné que "le président de la République (nous) a fixé un objectif, celui de faire en sorte qu'à Belfort les activités ferroviaires d'Alstom soient maintenues". "C'est à cet objectif là que nous allons travailler, avec les élus, avec les organisations syndicales, avec la direction d'Alstom et avec l'ensemble de ceux qui, en capacité de passer un certain nombre de commandes en France, peuvent permettre d'assurer le plan de charge qui permettra de sauver les activités ferroviaires d'Alstom à Belfort". Ces discussions auront lieu cette semaine, a-t-il précisé.

Le dossier s'invite dans la campagne pour la présidentielle
Le ministre de l'Économie ne se contente pas de clamer un objectif, du même tonneau que le redressement de la courbe de l'emploi ou le relèvement du pouvoir d'achat. Il assure que ce "début de semaine sera décisif en termes de rencontres, de concertations, de décisions pour l'avenir du site de Belfort d'Alstom". Rien qui soit de nature à rassurer les familles de Belfort, après quatre années de fermetures d'usines, dont celle de l'usine sidérurgique du groupe ArcelorMittal à Florange, à 270 kms de Belfort. "Un objectif et un seul", claironne-t-il: "redonner de l'espoir aux salariés [à défaut du maintien de leur emploi actuel], mais pas d'espoir pour l'espoir, pour la réalité des choses, du travail pour ceux qui aujourd'hui sont inquiets pour leur avenir". Déjà Sapin avoue-t-il qu'il travaille à un plan social...

Cette fermeture d'usine marquera la campagne pour l'élection présidentielle du printemps 2017: le quinquennat aura été une catastrophe sociale et humaine. Pour le président, le sauvetage du site historique du groupe désormais détenu à 20% par l'Etat rappelle cruellement l'incapacité de son gouvernement à sauver les hauts-fourneaux sidérurgiques de Florange, devenue pour l'ensemble des Français et notamment une partie de la gauche le symbole de l'impuissance du pouvoir socialiste, voire d'une trahison.

Une manière de faire jugée "inadmissible"
A la différence des politiciens, les industriels ne maîtrisent pas la sémantique. Et le ministre de l'Économie leur adresse le reproche de ne pas endormir les travailleurs, soulignant qu'il y avait parallèlement des "problèmes de forme: nous avons dit déjà aux responsables de cette entreprise combien la manière de faire était inadmissible". 
Comme Montebourg critiqua les patrons de Goodyear -confrontés dès 2007 à la lutte vaine de la CGT contre la délocalisation de l’usine d’Amiens Nord qui frappa 1.300 salariés de l'entreprise américaine- ou de Peugeot en 2009, Michel Sapin a critiqué lundi la direction d'Alstom

Dimanche, Manuel Valls s'était dit convaincu de pouvoir "sauver" Alstom à condition que les dirigeants du groupe "jouent pleinement leur rôle," mettant clairement en cause la direction

Or, l'ex-ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a quant à lui assuré qu'il n'a jamais été question d'un arrêt de la production à Belfort dans les discussions entre les dirigeants et l'Etat actionnaire. Ce qui donne à penser que dans cette affaire hautement médiatisée, l'exécutif joue le rôle trouble du pompier incendiaire. 

"Nous avons présenté un projet qui fait suite à un contexte que tout le monde connaissait (absence de charge, perte de commandes, etc.)", a d'ailleurs déclaré une porte-parole d'Alstom qui précise que sa direction garantit qu'aucune perte d'emploi n'est envisagée: "il s'agit d'un transfert de 400 personnes en France. On se donne deux ans pour étudier chaque cas". 

Pour mémoire, la semaine dernière, la direction d'Alstom a annoncé l'arrêt de la production de locomotives à Belfort (90) et son transfert à Reichshoffen (67, Bas-Rhin) - à deux heures de route - d'ici 2018. Ne resteront donc sur le site de Belfort, en 2018, que des activités de maintenance, ce qui entraînera le transfert de 400 des 480 postes de l'usine de Belfort. Les salariés se verront proposer un reclassement à Reichshoffen ou dans l'un des 12 sites du groupe dans 10 régions.
Depuis la vente de sa branche énergie à General Electric (GE), le premier actionnaire d'Alstom est Bouygues avec 28,3 % du capital (contre 29,2 % au 31 décembre 2015), l'Etat disposant désormais de 20% des droits de vote.
Le PDG d'Alstom Henri Poupart-Lafarge a été convoqué jeudi dernier à Bercy pour expliquer sa décision, que l'exécutif juge "soudaine" et menée "sans concertation", ce qui ne manque pas d'air après le passage en force de la loi Travail. 
Pourtant, depuis plusieurs mois, les dirigeants d'Alstom ont communiqué l'inquiétante baisse de commandes sur le site. Et ce sujet a été évoqué au conseil d'administration, auquel siège un représentant de l'État. 

De son coté, le nouveau secrétaire d'Etat à l'Industrie  (après Michel Sapin - un ex-Comités d'action lycéens, CAL, groupe d'ultra gauche animé par un trotskyste - et Macron), Christophe Sirugue - un apparatchik de 50 ans, permanent à la fédération socialiste de Saône-et-Loire depuis l'âge de... 24 ans - répond que Alstom traverse "une période difficile qu'il (nous) faut franchir, mais ce n'est pas la fin non plus de la filière ferroviaire dans notre pays". Sirugue fut le rapporteur de loi Travail en 2016...

Le conflit d'Alstom prend une tournure politique

"On a nationalisé Renault pour moins que ça",
a lancé un élu PS du Territoire de Belfort, Chevènement, cet après-midi.

Au moment où des membres du gouvernement se réunissent ce lundi matin en cellule de crise sur la situation d'Alstom,
Arnaud Montebourg les a appelés sur France Inter à empêcher la fermeture du site de Belfort.
"Quarante-quatre locomotives à fabriquer, c'est presque deux ans de travail", schématise Arnaud Montebourg
Pour Arnaud Montebourg, le gouvernement n’est pas assez réactif. Actionnaire majoritaire de la SNCF, l’Etat possède 20% des votes, souligne-t-il, et a le pouvoir d’agir, selon lui. 
Et c'est pourquoi, il est permis de penser que le président Hollande compte instrumentaliser cette crise sociale truquée pour faire reluire le candidat d'ici décembre. 
"Quarante-quatre locomotives à fabriquer, c'est presque deux ans de travail, a-t-il plaidé. Je demande que le gouvernement revienne sur ces décisions et que le site de Belfort soit maintenu en l'état".


Tout donne déjà à penser que
le président Hollande compte instrumentaliser cette crise sociale truquée pour faire reluire le candidat d'ici décembre.

samedi 29 décembre 2012

Notre-Dame-des-Landes: Duflot, femme aux convictions flexibles

Quand Cécile Duflot son désaccord avec le projet et égratignait Ayrault

Ses paroles n'engagent pas Duflot


Ayrault, outragé
par cette misérable arriviste
sans foi ni loi

En mai dernier, lorsque Cécile Duflot a été nommée ministre du Logement, un responsable politique sait qu'il doit se montrer solidaire des décisions  gouvernementales. Dans l'euphorie de la réussite de ses magouilles politiciennes avec la Ch'tite Brochen-Aubry et de son accession au gouvernement, Cécile Duflot n'a pas pensé un seul instant qu'elle aurait à tenir ses engagements.

Écartelée entre son parti, EELV, qui ne cesse de remettre en question sa participation au gouvernement Ayrault et son comportement de ministre qui met à mal la cohésion et la solidarité au sein de l'équipe d'un Premier ministre insaisissable et contesté, Cécile Duflot est dans une position des plus instables.

"Monsieur A. y tient beaucoup"

Et si, hormis le nucléaire, il est un dossier qui embarrasse la ministre, c'est bien celui du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Son parti y est farouchement opposé quand le projet tient particulièrement à cœur de Jean-Marc Ayrault, l'ancien député-maire de Nantes. 

Ce n'est pas cette vidéo d'un discours de 2011, ressortie des archives il y a quelques jours et qui commence à circuler sur la Toile, qui va améliorer l'image de l'écologiste d'Europe Ecologie-les Verts.
Cécile Duflot démonte le projet avant de se moquer de celui qu'elle appelle "Monsieur A.", Jean-Marc Ayrault.


L'aéroport de Notre-Dame-des-Landes un projet " tellement daté", au "chiffrage irréaliste" dont le budget de 500 millions est "une escroquerie". 

"La vérité c'est que Monsieur A. (comprendre Jean-Marc Ayrault) y tient beaucoup", insiste Cécile Duflot, avant de demander aux opposants rassemblés devant elle "Qu'est-ce que ce projet comble ?", "Trouvons ce qu'il lui manque". Et de se gausser en des termes sexistes pour finir: "Même si t'as pas un gros aéroport, on t'aimera quand même, je te le promets."


En octobre dernier, alors que les manifestations font rage, la ministre campe toujours sur ses positions.
"Il y a un désaccord sur ce projet, ancien et acté, rien de nouveau sous le soleil", évacue-t-elle, avec désinvolture . "Il y a un désaccord sur ce projet-là, qui est un désaccord ancien (...) Mon désaccord sur ce point est connu par le premier ministre". C'est le problème du Premier ministre et non celui de la ministre !

Mais, fin novembre, le Premier ministre a mis en garde les Verts.
Il est pour lui "impensable" que ses alliés écologistes "s'associent à des anarcho-autonomes" pour s'opposer au projet d'aéroport. Cela s'adressait en particulier Pascal Canfin, ministre du Développement et à Cécile Duflot. Qui n'en ont cure !
Une concertation a été lancée pour déminer le terrain. Ses conclusions devront être rendues en à la fin du mois de ...mars 2013. D'ici là, tout le monde doit faire le mort.

dimanche 23 octobre 2011

Réseau de prostitution lillois: aucune preuve du rôle de DSK, évidemment

Enquête sur des voyages de prostituées à New York

Le réseau de proxénétisme lillois aurait organisé des rendez-vous aux États-Unis, avec DSK.

Voici l'article du JDD, en date du 16 octobre 2011

"L’enquête sur le réseau de prostitution lillois fait un détour par New York et les États-Unis… Selon nos informations, des investigations (billets d’avion, factures…) sont en cours pour éclaircir les conditions dans lesquelles des professionnelles de "Dodo la Saumure", un proxénète français installé en Belgique, se sont rendues à New York "fin 2010". Plusieurs voyages suspects outre-Atlantique ont été identifiés.

Les enquêteurs soupçonnent Dominique Strauss-Kahn, alors patron du FMI, déjà cité par au moins deux prostituées comme un client de ce réseau, d’avoir été le bénéficiaire de ces déplacements. L’audition, comme témoin, de l’ancien favori des sondages est qualifiée de "probable" de source proche du dossier. "Pas de réaction", confiait samedi soir au JDD un familier "interloqué" du mari d’Anne Sinclair…

Qui a allumé la mèche de cette bombe à retardement ? Une commission rogatoire venue de Belgique mais aussi des renseignements anonymes sur fond de règlements de comptes entre loges maçonniques lilloises seraient à l’origine de l’affaire instruite depuis février par deux magistrats lillois, Stéphanie Ausbart et Mathieu Vignau.

Premier à tomber, il y a dix jours, René Kojfer, 70 ans, le "public relations" de l’hôtel Carlton, un quatre étoiles en plein centre-ville. Kojfer, figure de la capitale des Flandres, n’a jamais caché qu’il fréquentait le temple de la rue Thiers, siège du Grand Orient à Lille. Impliqué dans une association de commerçants, assidu du monde de la nuit, bien introduit dans celui des affaires, il était aussi un familier des services de police. Un indicateur? "Plus que ça, il faisait partie des meubles", se souvient un ancien de la PJ lilloise. "On s’en servait même comme 'chèvre' pour faire tomber des proxénètes..."

"Dodo la Saumure", le proxénète

Proxénète
, c’est bien la profession assumée de Dominique Alderweireld, 62 ans, plus connu sous le sobriquet de "Dodo la Saumure". René et Dodo se connaissent depuis quarante-cinq ans. Et c’est vers les établissements de Dodo – une dizaine de maisons closes entre Tournai, Mons ou Couvin, où il avait table ouverte – que René Kojfer orientait les clients de l’hôtel en mal d’amours tarifées. Mais l’enquête de la PJ de Lille a également établi que les prostituées de Dodo traversaient aussi la frontière pour venir travailler au Carlton et dans deux autres hôtels lillois. Ces trois établissements viennent d’être fermés administrativement pour trois mois et leurs responsables ont été mis en examen et écroués pour "proxénétisme aggravé en bande organisée". Dans le collimateur de la justice belge depuis des années, Alderweireld a été arrêté – il serait question de prostituées mineures – et écroué en Belgique au début du mois avec sa compagne et deux complices.

Deux autres personnalités ont défilé dans le bureau des deux juges lillois depuis février. L’avocat Emmanuel Riglaire, star montante du barreau de Lille, n’a pas été placé en détention provisoire mais a été mis en examen pour "proxénétisme aggravé en bande organisée". Un entrepreneur du BTP, David Roquet, directeur d’une filiale d’Eiffage dans le Pas-de-Calais, est incarcéré depuis vendredi, mis en examen, lui aussi.

Le commissaire Lagarde, "connaissance" de DSK

La semaine qui vient devrait être celle des policiers. Cosaisie avec la PJ, l’IGPN (Inspection générale de la police nationale – police des polices) a pris ses quartiers à Lille depuis une semaine. Cinq fonctionnaires, dont trois retraités, sont dans le collimateur des enquêteurs. Mais c’est sur le commissaire divisionnaire Jean- Christophe Lagarde, patron de la Sûreté départementale que se concentre l’enquête. " Il a annoncé à ses collaborateurs qu’il serait probablement placé en garde à vue", indique une source syndicale, "mais pour nous, c’est un grand policier qui a su créer une bonne dynamique."

Selon plusieurs sources, le commissaire Lagarde était aussi une "connaissance" de Dominique Strauss-Kahn, un de ces policiers consultés par l’ex-candidat socialiste dans la perspective de l’élection présidentielle et la mise en place d’une nouvelle politique de sécurité. Lepoint.fr, citant l’audition d’une ancienne prostituée – mais aucun autre nom – assure que "le patron de la surêté de Lille" aurait "coorganisé" une "partie fine", au printemps 2010 "dans un duplex avec piscine d’un hôtel de luxe des grands boulevards parisiens" en compagnie "d’un homme politique". " Être simple client de prostituées ne constitue pas une infraction ", confie une source [anonyme, mais] proche du dossier. Selon nos informations, les enquêteurs soupçonnent Jean- Christophe Lagarde de s’être rendu aux États-Unis en compagnie de "professionnelles"…

Inquiet à l’idée de voir le dossier délocalisé de Lille à Paris en raison justement de l’implication de policiers, l’avocat Frank Berton, qui défend le directeur du Carlton, demande que les investigations des deux juges lillois aillent jusqu’au bout : " Je veux que l’on reconstitue le degré de participation de chacun. Je veux savoir qui recrute, qui prend les commandes, qui fournit les filles, qui les accompagne. L’information a été ouverte pour des faits de proxénétisme aggravé en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment. Personne n’a été mis en examen pour blanchiment. Qui encaissait les fonds ?" "

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