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mercredi 21 mai 2014

SNCF: les régions prennent le pouvoir

Huit régions s’associent pour reprendre en main l’achat de leurs trains régionaux

Sans attendre le vote du Parlement


L’achat et la maintenance des TER ne seront plus gérés longtemps par la société nationale. Les régions, qui ont acheté 1.500 trains depuis 2002 ne veulent plus se contenter du rôle de financeurs.

Une cascade de révélations concertées
Huit conseils régionaux ont décidé de se constituer en " association d’étude" d’ici à la fin de l’année afin de reprendre en main l’achat de leurs trains régionaux. Cet objectif a été annoncé jeudi après midi, lors du congrès annuel de l’Association des régions de France (ARF), mais aussi au lendemain de la révélation complice du Canard enchaîné que le gabarit élargi des nouveaux TER ne permet plus leur entrée en gare... 

Y a-t-il un conducteur dans le TER ?
Ces CR prennent d'autorité la décision de négocier directement avec les constructeurs de trains, le français Alstom, le canadien Bombardierl'entreprise privée française Lohr Industrie et les autres. Les coalisés, qui ont bien l'intention de rallier l’ensemble des régions françaises, revendiquent aussi la pleine propriété des matériels acquis. Les régions, qui sont responsables des trains express régionaux (TER) depuis la décentralisation de 2002, se satisfaisaient de subventions  nationales pour le financement des rames, laissant donc RFF propriétaire du réseau et intermédiaire dans les commandes de rames.

L’initiative des huit régions, toutes socialistes (Pays de Loire, Rhône-Alpes, Aquitaine, Bourgogne, Auvergne, PACA, Picardie, Ile-de-France), s’inscrit dans le cadre de la réforme ferroviaire qui devait être examinée par le Parlement début 2014. En juillet 2013, Frédéric Cuvillier, alors ministre délégué aux Transports, avait indiqué que "l'embouteillage" des projets de loi présentés en Conseil des ministres sacrifiait la présentation du texte devant celui-ci à la rentrée, avec un examen par l'Assemblée "le plus tôt possible"... En effet le printemps 2013 avait été dédié au sociétal et prioritairement à la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, publiée au Journal officiel du samedi 18 mai 2013.  
Les visées des présidents de régions portent sur des volumes d’achat considérables. Depuis 2002, l'ensemble d'entre elles a acquis 1.500 trains représentant une dépense supérieure à 5,8 milliards d’euros. Et les commandes en cours portent sur 2,5 milliards d’euros. "Nous payons les lycées et nous en sommes les propriétaires. Pourquoi pas les trains ?", s’interroge Jacques Auxiette, président de la région des Pays de la Loire et de la commission Transports de l’ARF. Et d’estimer que "cette pratique fait que nous avons 30 ans de retard sur les agglomérations et autres autorités organisatrices de transport."

La co-gestion de la SNCF manque de transparence  

Les collectivités instrumentalisent l'usager promettant de mieux définir les cahiers des charges "du point de vue voyageur." Jacques Auxiette estime que, sur cet aspect, les exigences de la SNCF sont trop ténues. En contrôlant les achats, les régions ne promettent pas d'éviter les ratés et les couacs de la SNCF, mais ont le sentiment qu’elles maîtriseront mieux les procédures d’achat, les délais, les coûts de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre, ainsi que la gestion de l’après-vente avec le constructeur. Car si la question de la maintenance des matériels reste à explorer, Jacques Auxiette évoque la possibilité que celle-ci soit directement assurée par les constructeurs, comme c’est le cas dans d’autres pays.

Au-delà de cette volonté de puissance, les régions accusent l’opérateur ferroviaire d'un manque de transparence. "Il ne faut pas que la SNCF le prenne mal, mais son calcul des coûts n’est pas toujours facile à expliquer", dénonce le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, qui souligne cependant que la maintenance des trains régionaux, "c’est une méchante servitude. La dépense devient très vite importante".

Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de l’ARF, a également rappelé que Bordeaux a récupéré 260 millions d’euros en partie liés aux frais de siège après avoir audité le service de l’eau. "Il serait intéressant de faire la même chose avec la SNCF dont on ne voit pas à quoi servent ces frais de siège", ajoute-t-il. 
Jacques Auxiette avoue que la nouvelle association sera "le premier acte d’une modification des rapports entre la SNCF et les régions qui veulent assumer pleinement leur responsabilité."

Entraîner d’autres régions moins riches

Les régions moins favorisées par le tissu industriel ou le terrain seront moins ambitieuses.  Les entraîner ne sera pas forcément évident : "Il y a beaucoup de contraintes à prendre cette responsabilité en direct, estime un responsable technique d’une grosse région ferroviaire, à commencer par les relations avec les syndicats, ou encore la prise en charge de la maintenance. C’est un vrai métier, ce n’est pas le nôtre." Sans compter qu’en cas de train en panne ou de retard, il est plus commode pour un président de région de montrer la SNCF du doigt que de se retrouver en première ligne...

L’initiative des régions est "parfaitement légitime", selon le président de la SNCF, Guillaume Pepy, présent au congrès de l’ARF jeudi.  L’opérateur ne peinera pas à  se rendre indispensable et à vanter son expertise. Un expert proche de l’entreprise assurait jeudi que l’acquisition en direct du matériel roulant va nécessairement se traduire par une augmentation des spécificités des rames selon les régions, ce qui aurait pour conséquence de renchérir les coûts de maintenance.
Traqués par le fisc, le garagiste et la police sur les routes et autoroutes, les usagers n'auront plus que leurs yeux pour pleurer.


dimanche 28 octobre 2012

Congrès de Toulouse: Désir donne le ton de l'invective

Le parti du président passe du dénigrement systématique à la violence verbale

Le Premier secrétaire désigné s'en prend à la droite, sans fixer de cap 

Harlem Désir, s'est livré dimanche à une violente charge contre l'UMP, dès son premier discours de chef coopté du PS. Alors que 64% des Français ont perdu confiance en son président, Désir distribue des coups de hache à droite, plutôt que d'énoncer les objectifs du parti au gouvernement. Il accuse le premier parti d'opposition d'être en voie de "lepénisation"

Désir fait en revanche allégeance à ceux qui l'ont fait
Il a affiché un soutien très appuyé à Jean-Marc Ayrault - "un homme juste" - mais incompétent et inactif, hormis la fiscalisation du pays.
Sans surprise, Désir s'est donc aligné sur son maître. En effet, le 23 octobre, le chef du gouvernement avait déjà accusé les députés de 48% des Français dans le même registre: " on aurait l'impression à droite que vous souhaitez l'échec de la France. Moi, je souhaite le succès de la France!"

Il a clôturé ce congrès des bisous à Hollande par près d'une heure d'invectives  incitatives à l'agression de l'opposition. Le nouveau bras armé de François Hollande a caricaturé l'UMP en "droite revancharde" qui n'aurait qu'un "seul projet", "le sarkozysme en pire". Le pire étant le "hollandisme à son meilleur." 

Dans la tradition mitterrandienne qui la pratiquait sans le dire, Désir a fait l'amalgame de toutes les droites. 
"Ca suffit la droite UMP-FN ! Ca suffit la lepénisation de la droite! Mais où sont les républicains de droite? Pourquoi se taisent-ils?", s'est-il interrogé, fortement applaudi par les militants, tandis que le camarade Mélenchon, le meneur de l'extrême gauche dite "radicale", stigmatise pourtant le PS qu'il qualifie de " grosse machine morose" et d' " astre mort". 

Le premier secrétaire s'est employé à masquer l'absence d'objectifs du PS 

Reprenant les méthodes de la "lutte des classes" au XIXe siècle, Désir a dénoncé le "mur du privilège et de la rente" et s'est mêlé du positionnement de la droite républicaine: "Si vous imitez le Front national, vous trahissez la tradition républicaine de votre propre famille politique", a-t-il accusé, imaginant des "alliances UMP-FN" du type PS-Front de gauche, dont Marine Le Pen serait la première gagnante.
Sans aucun état d'âme,
Hollande a pourtant recueilli les voix communistes et du Parti de gauche. Mélenchon, candidat du Front de gauche, a appelé à "battre" Nicolas Sarkozy le 6 mai "sans rien demander en échange". Quant à ses maîtres communistes, "il faut absolument que tous les hommes et les femmes de gauche se mobilisent et se rassemblent autour de François Hollande parce que le danger de la droite et de l'extrême droite n'est pas écarté", a déclaré de son côté Marie-George Buffet. Elle a aussi appelé à " une très forte mobilisation à gauche pour que la gauche remporte cette élection". Pierre Laurent, le patron du PCF, allié masqué du Front de gauche, a appelé "sans ambiguïté" à voter pour Hollande, qui n'a pas fait la fine bouche. 

Le bras gauche de Hollande à Solférino parle de la France le moins possible 
Il veut un PS "ouvrant grandes ses portes", qui devienne le "parti le plus européen de France" et le "plus européen des partis socialistes". 
Plutôt que de chômage et de pouvoir d'achat, Désir a encore affirmé la volonté du PS d'oeuvrer en faveur de la parité hommes-femmes en politique, en interdisant les aides publiques aux formations qui ne la respectent pas, en faveur du mariage pour tous, prônant enfin le non-cumul des mandats, des revendications fortes de militants, qui semblaient coupés à Toulouse des difficultés quotidiennes de leurs concitoyens. 
Les jeunes et la diversité - eux qui devaient être choyés -  ne se sentent-ils pas d'ailleurs un peu seuls et abandonnés ce soir ?  

Les militants ont été clairement incités à soutenir leur gouvernement aux abois.

Tout comme Martine Aubry la veille, Désir H. a assuré le "soutien de chaque militant" au Premier ministre Jean-Marc Ayrault, "un homme juste" qu'il a fait acclamer par la salle, dans la plus pure tradition soviétique. 
Son ambition? Etre le "garant" du programme de François Hollande mais aussi force de "débats et propositions". 


Lors de ce 76e congrès, l'ancienne patronne du PS, Martine Aubry, avait appelé samedi les socialistes à garder la "nuque raide" dans la tempête...

Dans un plaidoyer désespéré de défense d'un gouvernement qui se cherche, donnant son avis sur la compétitivité, rappelant les axes forts du parti (rénovation, non cumul des mandats), la maire de Lille avait marqué un tournant dans une rencontre balançant jusqu'alors entre "bisous" et "couacs" (lien PaSiDupes :Congrès de Toulouse: le PS peut être fier de ses militants - 
L'obsession de l'extrême droite ou le lapsus de la honte"), "auto-satisfaction" dans la victoire et "morosité" dans l'austérité, selon les termes de militants, comme de Mélenchon.


Le Premier ministre, lui, était venu défendre sa méthode attentiste
"Nuque raide", il a "assumée" et "revendiquée", présentant son ambition d'un "nouveau modèle français", ni plus, ni moins, sans même en esquisser les contours.

Le congrès a aussi été le petit théâtre sordide des ambitions

Le congrès a été en fait le marché d'intérêt national des ambitions socialistes

Les tractations internes sur la répartition des postes dans les instances dirigeantes étaient le véritable enjeu de ce congrès de renouvellement des cadres, notamment au Conseil national, le parlement du parti, dont l'élection des représentants est pour demain dimanche. Les discussions ont duré notamment à l'intérieur de la motion majoritaire pour répartir les différentes sensibilités.

Le congrès se termine sans "texte de synthèse politique"

Les signataires de la motion 3 d'Emmanuel Maurel ont mis au jour des "désaccords profonds sur les questions européennes et budgétaires". "Mais il y a tout de même la volonté de travailler tous ensemble", a déclaré E. Maurel, représentant de la tendance Emmanuelli-Hamon. 
On réalise pourquoi, tout ministre-délégué responsable que Benoît Hamon puisse être sur la liste d'émargement du Triple-Z-ayrault, il est totalement absent du gouvernement. Mais on comprend fort mal que les salariés "dans la tempête" doivent  encore attendre deux semaines que le congrès des socialistes vertueux soit bouclé, pour que l'ancien boutefeu de la Ch'tite Brochen-Aubry s'occupe enfin de "l'économie sociale et solidaire"...

Reste à Désir de présenter sa nouvelle direction

Elle est promise - paritaire-  pour le 17 novembreAvec son fleuron bourguignon: Mlle Nisrine Zaïdi ? 
Ce jour-là devra se tenir le nouveau conseil national, après l'élection le 15 novembre, du deuxième collège, celui des "premiers fédéraux". Désir a proposé d'intégrer chaque motion dans sa direction.

Dans la soirée, le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé a réagi aux attaques d'Harlem Désir, en dénonçant des propos "indignes" et "scandaleux".

Congrès de Toulouse: le PS peut être fier de ses militants

L'obsession de l'extrême droite ou le lapsus de la honte

Nisrine Zaïbi est vice-présidente de la région Bourgogne depuis 2010 !

Elle s'est présentée comme militante en arrivant à la tribune du congrès de Toulouse, mais, à la vérité, elle est  une habituée des assemblées.

Pourtant, quelques minutes après le début de son intervention, elle a commit un lamentable lapsus, disant sa chance de "pouvoir s'exprimer au congrès du parti national socialiste". Un amalgame désastreux, puisque les détenteurs du brevet des collèges de notre pays savent que le "parti national socialiste" était l'appellation du parti nazi d'Adolf Hitler dans l'Allemagne des années 30 et 40.
L'excuse de la désignation autoritaire -sans élection- du Premier secrétaire Harlem Désir, par la paire Hollande-Aubry, n'est pas une excuse. Ce lapsus, qui ne manquait pas à une série déjà longue au PS, est un facteur aggravant qui "salit" l'assemblée de Bourgogne.

L'élue régionale socialiste est une récidiviste

Dans la suite de son propos, Nisrine Zaïbi a raconté son combat contre l'extrême droite et combien elle a "pleuré en voyant arriver Jean-Marie Le Pen en finale en 2002".

Dans la foulée, l'élue socialiste commet un second lapsus, à pleurer...
La dinde à la mode stalinienne salue "fièrement" "notre président de la République, François Patriat", plutôt que François Hollande. Le culte du chef est resté vivace au PS, François Patriat étant le président de la région Bourgogne où elle siège.


L'incompétente est censurée

Fin d'intervention tumultueuse, puisque le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a précipité son arrivée en fanfare pour  couper la bafouilleuse avant un troisième lapsus: sa boîte à couacs est pleine !

A 25 ans, cette élue PS n'est pas seulement un piètre alibi de la diversité

La pleureuse avoue être un "intermède", un "divertissement"
Depuis 2008, cette 13e vice-présidente de Bourgogne sur 15 est conseillère municipale de Chalon-sur-Saôneoù elle est membre de la commission Sport, développement à l'international (flou...) et lutte contre les discriminations - jeunesse. Elle est la meilleure de la sélection socialiste dans le fief de Nono Montebourg, ancien député de Chalon-sur-Saône (1997-2012) et président du Conseil général de Saône et Loire (2008-2012) et spécialiste du "made in France".

Merci  au nouveau maire, Christophe Sirugue, de lui "avoir fait confiance" !

Harlem peut "compter sur elle" (sic), dit-elle, et sur la génération montante socialiste, formée - mieux qu'en IUFM - par le  PS de la rénovatrice Aubry. 
La sortante se flattait d'avoir mis le parti "sur de bon rails". Ce dérailement en est l'éclatante démonstration !
 ...

lundi 13 août 2012

Pendant les fermetures d'usines, Montebourg est à la plage

"Les fermetures d'usine se multiplient, la colère gronde"

Les élections présidentielles sont passées


Les syndicats d'ArcelorMittal positivent:
la "flamme de l'espoir" traverse symboliquement Florange, le 26 juillet 2012


Et c'était le titre du Monde, le 8 mars 2012, en campagne avec le PS

Depuis l'arrivée du socialiste Hollande à l'Elysée, les destructions d'emplois s'accélèrent.

La colère est-elle tombée ? Le 27 juillet, Le Monde titrait : " La mesure de Hollande contre la fermeture des usines bientôt appliquée ?" Le 23 juillet, après trois mois de gouvernance PS sans partage, le quotidien socialiste est certes interrogatif (voire un brin impatient), mais se projette toujours dans l'avenir, sans colère aucune.
Cette mesure miracle hollandienne consiste à contraindre un industriel à examiner les propositions de reprise, quand il se désengage d'un site. Mais que voit-on, que Le Monde ne voit pas ?
Ce texte de loi avait recueilli le soutien des ouvriers de l'usine ArcelorMittal de Florange. Pour une raison simple : Hollande avait fait sienne la revendication des syndicats du site. Or, la mise en garde de Lionel Nesta, directeur adjoint au département innovation et concurrence, à l'OFCE, n'a pas été prise en compte: "Empêcher la fermeture d'une usine a un effet bénéfique sur l'emploi à court terme. Cela peut sauver des emplois et on ne peut que s'en réjouir quand c'est le cas", avait expliqué ce chercheur, spécialisé sur les questions de dynamique industrielle. "Mais pour autant, cette mesure n'est qu'un effet d'annonce, car elle ne représente pas un projet de réindustrialisation sur le long terme", avait jugé Lionel Nesta. Ce dernier soulignant que les délocalisations ne concernent qu'une minorité d'emplois fermés en France. 

Hâtons-nous lentement

A l’issue de la réunion du vendredi 27 juillet à Bercy, les syndicats ont annoncé que 400 à 500 millions d’euros d’investissements étaient nécessaires à la relance des hauts-fourneaux de Florange. Selon le rapport dirigé par Pascal Faure et soumis le vendredi 27 juillet à Arnaud Montebourg, le site de Florange (filière chaude et froide) serait " viable, fiable et rentable ". Le communiqué de presse issu du ministère souligne la nécessité d’un " investissement rapide et significatif ", afin de ne pas compromettre l’avenir du site.
 

Or, depuis, c'est le silence radio le plus épais au ministère: le redresseur Montebourg est à la plage ! Officiellement, il passera dix jours avec ses deux enfants à  Montret, un trou où se situe sa maison  (surnommée avec justesse  "le cul de Saône-et-Loire"), jusqu'à la " fête de la rose" du "pâtre grec" (ci-contre, en 1982) à Frangy-en-Bresse, le 19 août, avec la participation de sa voisine en Bourgogne, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la santé, en vedette américaine. Selon les syndicats, le ministre s’est engagé à tenir une nouvelle réunion pendant la première quinzaine de septembre, afin de faire le point sur l’avancée de la situation.

Montebourg invente le "redressement négatif"




Nono a mieux à faire que de s'occuper du redressement positif 

Le jeune Rastignac avait baptisé son chien "Ubu", nous révélait en 2011 l'hebdo où sévit toujours la concubine du président dilettante... Le quinqua a conservé  une inconscience juvénile.

Les destructions d’emplois ne font plus la Une. Pourquoi ?


Le 13 novembre l’INSEE annonçait 5 500 emplois détruits et le 12 août 2012 la révision donnait, excusez du peu, 80 700, soit plus de 1500 % d’erreur. Un rapport de 1 à 15 ! (Le Monde

Quelle peut être la crédibilité d’un institut qui commet de telles erreurs ?

Cette nouvelle de mauvais augure démontre que la destruction d’emplois a atteint les petites structures, les entreprises de moins de 10 salariés. Elles avaient mieux résisté avant le tandem Hollande-Montebourg, sinon l'INSEE aurait fait une projection dans les estimations. Mais Nono Montebourde prolonge sa sieste sous les cocotiers. 


Dans son article, Le Monde assure évidemment que le chômage " n’a pas cru tant que cela au 3e trimestre"
, depuis que la gauche est au pouvoir. Si on veut bien croire que l'INSEE n'est pas inféodé, la raison de cet aveuglement est simple: les emplois détruits sont des CDI qui ont été en partie compensés par de l’interim, donc de la précarité non volontaire.

Perdre 80 000 emplois, cela ne semble plus être une information et ce d’autant que seulement 5 500 avaient été annoncés.

Naviguez dans la carte et cliquez sur les points pour plus d'information sur les fermetures annoncées et effectves d'emploi, en métropole, comme en outre-mer.
En bleu, les points où la destruction d'emplois n'est pas encore confirmée.
En rouge, les entreprises ayant fermé ou réduit le nombre d'employés. 
Selon Trendeo, au cours de la même période, il y a eu création de 75 000 postes. Soit un solde positif, au premier semestre 2012, d'environ 10 000 emplois supplémentaires. 
  Je ne fais rien et ça fait du bien."
Mais, à la rentrée, ça va faire mal  !




Art bourguignon: Saône-et-Loire,
 Anzy-le-Duc, ancienne église de la Trinité,
Hollande-Zayrault-Montebourg
 



Allez, bonnes vacances, bourriquet !



jeudi 8 juillet 2010

Régions: l'opposition n'est pas dispensée de chasse au gaspi

Gaspillages des régions socialistes

Le gouvernement et l’Etat sont engagés dans des mesures de réelle réduction du train de l’Etat , sous la très forte impulsion du Président de la République et du Premier Ministre.

Une vraie politique de chasse au gaspi et aux abus a été engagée à l'Assemblée Nationale. Cette action déterminée porte ses fruits, puisque depuis 2007 les dépenses de l'Assemblée Nationale ont baissé de 11,42% (à lire sur ce site)

Il est nécessaire de montrer l'exemple. Comment demander aux Français des efforts, dans un contexte international complexe, si les représentants du peuple ne sont pas exemplaires dans leurs comportements

Mais y a-t-il beaucoup de Régions socialistes qui font le quart du début du commencement des efforts que fait la majorité?

Non … Les régions socialistes font même l’inverse !
Chaque année, 10 % du budget des conseils régionaux, soit presque 3 milliards d'euros, sont dépensés en pure perte. Dépenses inutiles, personnels excédentaires, erreurs d'orientation, chantiers titanesques absurdes, clientélisme effréné... Si ce n'était l'argent des contribuables, la liste de ces gaspillages prêterait à sourire :
- 5 000 euros de cigares pour le président de la Région Picardie,
- un 4 x 4 "écolo" et flambant neuf à 53 000 euros pour celui de la Région Languedoc-Roussillon,
- un budget de construction d'un nouvel hôtel de Région en Rhône-Alpes qui passe en quelques mois de 50 à 200 millions d'euros !

=> Un livre édifiant, «Régions, le grand gaspi» de Robert Colonna d'Istria et Yvan Stefanovitch (ci-dessus), dresse le bilan de l'utilisation par les élus de l'argent des contribuables.

En voici des extraits édifiants (publiés dans le Figaro) :

La liste est longue de la dilapidation de l'argent des Français par des responsables politiques locaux à l'ego surdimensionné. L'un d'eux n'a-t-il pas rétorqué un jour à un chef d'entreprise qui s'inquiétait de l'ampleur pharaonique d'un projet : «Cher ami, si Louis XIV avait trop réfléchi, il n'aurait jamais construit Versailles ! »

A quoi cela sert-il d'être « roi » si l'on n'a pas un palais digne de ce nom ? Les hôtels de Région sont des gouffres financiers dont les factures finales dépassent amplement les devis. Et, quand les présidents n'osent pas édifier, ils réaménagent leurs bureaux à coups de centaines de milliers d'euros, en succombant aux charmes de l'art contemporain.

Quand les responsables de la Région Rhône-Alpes avaient lancé l'idée d'un nouveau siège du conseil régional, en 2006, le projet confié à Christian de Portzamparc, un des plus illustres architectes au monde, était précisément estimé à 96 millions d'euros. Début 2009, ce chiffre avait passablement grimpé pour s'établir à 150 millions d'euros. Il avait entre-temps fallu redimensionner le bâtiment pour l'adapter à l'augmentation des effectifs de la Région, passés en trois ans de 940 à 1 290 agents (+ 37 %). Désormais, les plus perspicaces estiment qu'à sa livraison, dans le courant de l'année 2010, l'hôtel du conseil régional devrait finalement coûter 200 millions d'euros. Combien de lycées pour ce prix-là ? Combien de crèches, d'écoles maternelles ?

Plus modeste, l'hôtel de la Région Auvergne a connu un sort comparable : au terme de - très traditionnelles - pirouettes, son coût initial de 45 millions d'euros a grimpé à 60 millions, puis à 70 millions d'euros. Il doit être inauguré prochainement. Où cette escalade s'arrêtera-t-elle ?

Sitôt arrivé à la présidence de la Région Languedoc-Roussillon en 2004, Georges Frêche avait commencé par s'installer à son aise et réaménager de fond en comble le bureau présidentiel. Ce faisant, il ne craignait pas d'afficher un goût prononcé pour les meubles design et les créateurs coûteux : paravents japonais, bar avec distributeurs de glaçons, écran plasma, sièges de bon faiseur, etc. Pour son cabinet de toilette, il a par exemple choisi une ligne d'objets créés par Philippe Starck (165 euros pour le dérouleur de papier hygiénique, 237 euros le porte-savon et le porte-verre, 396 euros le porte-balayette, 663 euros les deux porte-serviettes, etc.). Au total, les contribuables ont payé plus de 17000 euros pour permettre au nouveau président du conseil régional de disposer d'une salle de bain convenable ! Dans le même mouvement, il a écarté la voiture de fonction de son prédécesseur (une vulgaire Renault Vel Satis), et s'est laissé tenter par un 4 x 4 Touareg de Volkswagen. Au prix de base, le contribuable a dû ajouter la valeur de quelques insignifiantes options : sellerie cuir (3 488 euros), GPS et chargeur CD (2 427 euros), application de ronce de noyer (285 euros), système multimédia (2 292 euros). Coût total : 53 000 euros. Une de ses dernières lubies est d'installer place du XXe-Siècle une statue de Lénine. Achetée d'occasion, elle a coûté 170 000 euros.
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Un de ses premiers gestes de Claude Gewerc, élu en2004, en arrivant à la tête du conseil régional de Picardie, a en effet été de meubler convenablement son bureau. Son prédécesseur, l'UDF Charles Baur, devait vivre sinon dans la crasse, du moins de manière mesquine et étriquée. Il était urgent de faire un peu de ménage : la réfection des revêtements muraux et la rénovation du parquet et du plafond ont coûté 18 000 euros. Quand le décor fut planté, il ne restait plus qu'à poser les meubles : écran plasma (c'est une manie...), colonnes hi-fi design, bureau en verre (2 300 euros), tapis (4 400 euros) et tableaux modernes... dont le prix n'a pas été communiqué. On craint le pire. «La puissance publique, se défend le nouveau souverain de Picardie, doit permettre aux artistes de vivre. » Qui oserait prétendre le contraire ? A la puissance publique, Claude Gewerc a également transmis son amour des belles voitures. Lui aussi a préféré se séparer de l'ordinaire Renault Vel Satis de son prédécesseur et a arrêté son choix sur une rutilante Citroën C6 (prix catalogue : 53 000 euros).

Quand les Régions ouvrent des représentations diplomatiques !

Au prétexte de faire connaître leurs Régions à l'étranger ou d'offrir aux PME du cru des locaux à vil prix, certains élus régionaux ouvrent des bureaux dans des capitales étrangères... mais aussi dans des lieux beaucoup plus exotiques. Championne toutes catégories de ce gaspillage, la Région Languedoc-Roussillon ne lésine pas sur les ambassades.

«Un des derniers faits d'armes de Georges Frêche : le 13 avril 2009, l'inauguration à New York d'une nouvelle Maison du Languedoc-Roussillon. Il y en avait déjà à Chengdu (ville de la République populaire de Chine jumelée avec Montpellier), Shanghaï, Londres, Milan, Bruxelles. (Le continent africain, Maghreb compris, n'a pas ses faveurs...) Des projets sont dans les cartons pour étendre le réseau diplomatique de la Région à São Paulo, Buenos Aires, Hanoï, Tokyo, New Delhi, Madrid, Barcelone, Berlin, Moscou... Pourquoi rien en Australie ? Dans les eaux des Maldives ? Pourquoi rien sur la Lune ?

Un aréopage d'une quarantaine de personnes a traversé l'Atlantique pour porter la nouvelle institution sur les fonts baptismaux : une demi-douzaine de fonctionnaires de la Région, autant d'employés de l'agglomération, cinq élus, douze journalistes (impertinents), des représentants de ce qu'on appelle la « société civile », membres de la faculté de médecine, de la chambre régionale de commerce et d'industrie, acteurs du monde viticole, etc. A quoi servira cette vitrine de la Région située à deux pas de Central Park, 10 East 53e Rue ? Nul ne le sait avec exactitude. On parle d'un outil d'aide à l'exportation financé par le conseil régional, au travers de la société d'économie mixte Sud de France Export.

Trois personnes y sont employées, chargées de mettre en relation les entreprises de la Région, en particulier les viticulteurs, avec des distributeurs américains potentiels. Des bureaux sont aménagés pour accueillir les réunions entre professionnels. Autant dire, si c'est là son seul objectif, que la Maison du Languedoc-Roussillon ne fera rien d'autre que ce que devrait faire la mission économique française de New York qui dépend des services de l'ambassade de France à Washington. Pourquoi donc, s'il n'y avait besoin que de bureaux, déployer pareils fastes dans un quartier ultra-chic, sous le regard des passants ? Combien coûte un local commercial - où il n'y a rien à vendre - de 200 m2 à quelques pas de la Cinquième Avenue, une des plus chères du monde ? Un flou complet entoure cette question. Selon les sources, les chiffres divergent. Georges Frêche parle d'«un million d'euros» pour l'ensemble des Maisons du Languedoc-Roussillon, soit «0,1 % du budget régional» (Midi Libre, 15 avril 2009), chiffre contredit par une délibération adoptée par le conseil régional le 20 décembre 2007. Il y était prévu, dans le budget 2008, pour sept Maisons du Languedoc-Roussillon dans le monde, une somme de 3,3 millions d'euros, dont 633 300 euros pour celle de New York. Pour 2009, il faut se référer à un document de présentation du budget, voté en séance le 19 décembre 2008 : la somme prévue pour le fonction nement des Maisons est encore de 3 millions d'euros... (Combien de fois le Smic ?)

Une chatte n'y retrouverait pas ses petits. Et le brave et bon contribuable, qui a vu ses taxes foncières régionales augmenter de rien moins que 87 % entre 2003 et 2009, qu'en pense- t-il ? (...)

Le conseil régional de Basse-Normandie s'est ainsi doté, en 2004, d'un «nouvel axe d'intervention» : la défense des droits de l'homme. Qui voudrait attaquer ces fameux droits ? Qui pourrait contester pareille orientation politique ? Ce « nouvel axe » a même été doté d'un budget annuel de 400 000 euros. Rien de moins. Une des premières actions mises en œuvre dans ce cadre a consisté, le 14 juillet 2004, à envoyer deux conseillers à la réception donnée par l'ambassadeur de France à Riga. Qui allaient-ils surveiller ? Les diplomates français, ou les autorités lettones ? Les uns et les autres sont réputés, comme chacun sait, pour la brutalité de leurs pratiques et leur mépris des libertés les plus élémentaires... Trois mois plus tard, les deux mêmes lascars, flanqués d'un collègue, sont allés passer quelques jours à Montréal, au congrès mondial contre la peine de mort. Au total, entre les pays connus pour défendre les droits de l'homme et ceux réputés les bafouer, on peut, bon an mal an, se concocter un agréable programme touristique autour du monde... Aux frais de l'électeur. » (...)

Très chères dépenses de communication

Potentats locaux, les présidents de conseils régionaux restent souvent des inconnus pour leurs électeurs et plus encore pour l'ensemble des Français. Certains d'entre eux rêvent pourtant à un destin national. Pour se faire connaître, une seule solution : investir massivement dans la communication. Sondages, réceptions, logos, journaux... tout y passe. Et, là aussi, les sommes dépensées font souvent tourner la tête.

«La Picardie est d'abord équipée - comme bon nombre de ses consœurs - d'une belle revue mensuelle, sur papier glacé, Agir en Picardie, distribuée gratuitement dans 810 000 foyers de la Région. Sa fabrication coûte plus de 1,2 million d'euros chaque année, sans parler de sa réalisation, ni du prix de sa distribution. Comme si un conseil régional avait à se transformer en entreprise de presse ! La Région a ensuite tenu à se munir d'une chaîne de télévision. Sans doute estimait-elle France 3 trop peu disponible pour parler d'elle, ou trop peu encline à cirer les pompes des conseillers régionaux... Cette dernière venue dans le PAF (paysage audiovisuel français) coûte la bagatelle de 2 millions d'euros au contribuable picard, somme dont on peut prédire qu'elle est purement et simplement jetée par les fenêtres. (...)

C'est ainsi, par exemple, que l'inévitable Georges Frêche, président divers gauche de la Région Languedoc-Roussillon, a récemment commandé un sondage pour savoir comment il était perçu par la population. Coût pour l'administré ? Une bagatelle : 85 000 euros. Le plus admirable dans l'affaire est que, pour ce prix, les administrés ont même eu le droit de savoir ce qu'ils pensaient du président de leur Région : 40 % d'entre eux, assurent les sondeurs, estiment que Georges Frêche est la personnalité qui incarne le mieux la Région, loin devant les regrettés Georges Brassens (6 %) et Jean Moulin (4 %). 85 000 euros qu'on est allé prendre dans la poche des contribuables pour ces enfantillages ! Et cela sans le moindre sentiment de honte ! (...)

Le nom de la Région Rhône-Alpes comportait un trait d'union, entre Rhône et Alpes. C'était insupportable. Cela torpillait, paraît-il, la dimension « fusionnelle » du territoire ! Il fallait réagir. Vite. C'est ce qu'a fait le député PS Jean-Jack Queyranne, peu de jours après son élection à la présidence de la Région en 2004. Il a envoyé le vieux logo aux oubliettes (cette « antiquité » datait de 2001 !), et en a commandé un tout neuf en prescrivant bien à l'agence de communication chargée de cette noble mission d'« avoir la peau » du trait d'union. Le résultat est très seyant. Pour exprimer le «dynamisme du conseil régional», on a choisi pour la composition des lettres un léger italique et une nouvelle teinte, prune, «contemporaine, chaleureuse et sensuelle», sélectionnée pour «symboliser la créativité, la force et la souplesse... avec une rondeur qui exprime une région solidaire», indique l'entourage du président au magazine Capital, qui dans son numéro de juillet 2008 précise à son tour : «La conception de cette petite chose est revenue à 73 000 euros. La campagne de communication lancée pour célébrer sa naissance a coûté 850 000 euros. Le remplacement de l'ancien logo sur les wagons de TER et sur le fronton des lycées a mobilisé au bas mot 300 000 euros. Au total, la région Rhône-Alpes (ou Rhône Alpes ?) aura donc dépensé 1,3 million d'euros pour se refaire une virginité visuelle.» (...)

En PACA, mêmes priorités sociales...: Michel Vauzelle,le président socialiste de région, a voulu se débarrasser de ce sigle opaque avant les Régionales, dans l'indifférence générale. Le coût de l'opération n'est ni symbolique ni publié. On n'en a plus de nouvelles de l'enquête...

Selon la commission d'enquête sur la fiscalité locale, désignée en 2005 par l'Assemblée nationale (président : Augustin Bonrepaux, PS ; rapporteur : Hervé Mariton, UMP), les budgets de communication ont, en un an, augmenté de 176 % en Bourgogne, 126 % en Auvergne, 71 % en Picardie, 57 % en Rhône-Alpes, etc. En Ile-de-France, les dépenses de communication de Huchon-Ronron sont passées en dix ans, de 1998 à 2008, de 4,8 à plus de 15 millions d'euros, soit une multiplication par plus de trois. Encore faut-il souligner que beaucoup de dépenses de communication ne sont pas individualisées en tant que telles, mais se dissimulent à l'intérieur d'autres chapitres budgétaires (action internationale, culture, action sociale, etc.). » (...)

L'océan sans fond des subventions

Elles sont l'arme fatale des Régions. Pas ou peu contrôlées, les subventions sont au bon vouloir des exécutifs. On y trouve de tout !

«En fait de clientélisme, la Région Poitou-Charentes n'est pas en reste. Elle a ainsi créé le FRIL (Fonds régional d'intervention local), qui finance des projets locaux dans la Région. Sur un montant de 8 millions d'euros d'investissements, 2 millions, soit près de 24 % des subventions de ce fonds, sont destinés à l'ancienne circonscription législative de Ségolène Royal, présidente du conseil régional, qui ne représente pourtant que 5,3 % des habitants de la Région.

Chaque Picto-charentais, selon ses goûts, doit ainsi pouvoir installer sur sa terrasse, dans son jardin ou sous son toit des « kits récupérateurs » du précieux liquide tombé du ciel, l'eau.
Très bien. Une enveloppe a été votée, 7 687,68 euros très exactement, et partagée entre 188 dossiers, c'est-à-dire que 188 administrés de la Région ont reçu chacun une quarantaine d'euros... Il n'est pas inutile d'indiquer une nouvelle fois, compte tenu de la taille du conseil régional en question, que le coût de chacun de ces dossiers peut être évalué à une centaine d'euros.
Autant dire qu'à l'absurdité de la mesure - qu'est-ce que 40 euros au regard du coût d'un récupérateur, quand les équipements les plus modestes, qui rendent des services très imparfaits, coûtent environ 200 euros ? - s'ajoute la stupidité des frais à engager pour traiter ces dossiers. Un effet d'affichage, mais du gaspillage à l'état pur. (...)

En Bourgogne, le clientélisme chez Patriat prend des formes pittoresques. Du moins quand il se manifeste par des subventions que le conseil régional accorde à des associations. En 2007, l'assemblée régionale a par exemple trouvé 4 000 euros pour développer les échanges entre éleveurs bourguignons et touaregs, 15 900 euros pour encourager la découverte des musiques et des contes du monde, 18 000 euros pour la formation de trois jeunes rugbymen sud-africains, et notamment 25 000 euros pour l'intégration sociale par la pratique musicale amplifiée. Cette «pratique musicale amplifiée» est une trouvaille qui méritait bien 25 000 euros !

Soucieuse de donner un petit coup de main à ses électeurs potentiels, la Région Rhône-Alpes n'hésite pas, elle, à subventionner les syndicats. Quel est le lien entre cette disposition et ses compétences ? Mystère. Dans son budget 2007, 400 000 euros étaient ainsi destinés aux syndicats, mesure qui venait «en appui au dialogue social territorial». Peut-être les manifestations y sont-elles plus conviviales ? La CGT, pour sa part, a reçu un petit tiers de cette manne, soit 118 000 euros. Autant que les travailleurs clandestins ne verront pas et qui ne profitera pas aux sans logis ! De quoi en revanche fabriquer quelques banderoles... et avoir un peu de tranquillité sur le front social territorial. (...)

(En Ile-de-France) ont par exemple été distribués :

12 000 euros pour une «caravane de formation au journalisme participatif» ;
20 000 euros pour «les vies prolétaires, les images, l'engagement et l'intime» ;
7 000 euros pour la «coordination des collectivités portugaises de France» afin de «sensibiliser un peu partout dans le pays la communauté portugaise aux élections européennes de 2009» (il faut signaler que le président de l'association figurait sur la liste socialiste des municipales 2007 dans le XIVe arrondissement de Paris...) ;
18 000 euros pour l'Association des Marocains de France et ses projets « Caravane de la mémoire vive » et« Découverte de la citoyenneté européenne » ; 13 500 euros pour l'association Jupes et Talons afin qu'elle organise des «groupes de travail et d'expression avec des femmes et des jeunes filles des quartiers sur le thème de la mobilité des femmes et des questions d'identité, des relations filles-garçons...» ;
6 000 euros pour l'action « atelier citoyenneté-participation citoyenne et solidaire des femmes », au profit de la Maison des femmes de Paris, dont le but est notamment d'«accueillir les activités de différents groupes, collectifs ou associations féministes et/ou lesbiennes», «favoriser l'accès des femmes au droit à l'avortement», «lutter contre l'oppression spécifique des lesbiennes»... (...)

Sans parler des aides que la Région apporte à des travaux universitaires ou scientifiques, dont on se demande bien ce qu'ils ont à voir avec la raison d'être de la Région.
20 000 euros ont ainsi été payés pour un programme d'études sur les écrevisses pour une fédération de pêche ;
25 000 euros ont été versés pour étudier les mécanismes du déclin du moineau domestique ;
7 500 euros pour une thèse sur la transformation des formes d'autorité chez les Inuits du Nunavik et l'émergence de la figure du leader politique au XXe siècle... (...)

La majorité régionale (de Poitou-Charentes) a attribué, par délibération du 10 juillet 2006, une subvention de 30 000 euros pour aider les universités d'été d'Attac qui se sont tenues à Poitiers en août 2006. Cette somme était supérieure à celle attribuée en 2005 au même mouvement pour le même motif : 20 000 euros. En 2006, le même conseil régional a également attribué 2 000 modestes euros à la Confédération paysanne de José Bové et 1 000 encore plus modestes euros à l'UNEF (Union nationale des étudiants de France). Tout cela avait-il quelque chose à voir avec le fait que la présidente de la Région avait le projet de présenter sa candidature à la présidence de la République ? C'est évidemment impossible à prouver. » (...)

Lire aussi PaSiDupes sur les détournements de subventions en Région PACA au profit de la circonscription marseillaise de la socialiste Sylvie Andrieux

Les dépenses délirantes des TER

Voici, sans doute, les dépenses les plus incroyables auxquelles se livrent nos Régions. Après avoir investi dans de rutilants et rapides trains express régionaux, les collectivités se sont aperçues qu'ils roulaient au ralenti tant les voies de chemin de fer étaient mal entretenues. Malheureusement, ni la SNCF ni l'Etat ne veulent - ou plutôt ne peuvent, faute de moyens - remplir leurs devoirs. Du coup, pour ne pas subir les foudres des usagers, les Régions se sont résolues à prendre en charge leurs réparations et leur entretien. Des sommes colossales sont en jeu. Mais ce n'est pas tout. Pour être «écologiquement correctes», les Régions privilégient le rail aux dépens de la route, qui pourtant reviendrait moins cher...

«Avec 56 centimes d'euro au kilomètre (58 en 2007), le TER (du Limousin) est le plus cher de France. Ce prix du voyageur au kilomètre s'obtient en divisant les charges d'exploitation par le trafic en voyageurs au kilomètre. Ces 56 centimes d'euro au kilomètre peuvent être comparés, toujours pour 2008, avec le prix voyageur au kilomètre qui s'élève à 21 centimes d'euro en Picardie. Mais la Picardie compte 1 886 000 habitants pour une superficie de 19 311 km2 contre 725 308 habitants et une surface de 16 942 km2 pour le Limousin. Avec 28 voyageurs en moyenne dans chacun des douze AGC de 210 places, les TER du Limousin n'ont qu'un taux de remplissage de leurs rames de 13 %, contre 35 % en moyenne dans le reste de l'Hexagone. C'est pourquoi, dans un souci d'économie, les TER du Limousin ont rénové 18 autorails diesel X2200 à une seule voiture (datant de 1985), qui ont l'avantage, à la vitesse maximum de 120 km/h, de ne transporter que 53 passagers assis...

A l'évidence, les 28 passagers en moyenne tiendraient facilement dans un bus, ce qui reviendrait beaucoup moins cher. Avec 105 passagers en moyenne par TER en 2008, la Picardie fait, elle, rouler ses trains à moitié vide ou à moitié plein. Cette Région est maillot jaune dans l'Hexagone pour le taux d'occupation des TER.

Sur son budget 2009 de 774,9 millions d'euros, le conseil régional de Bourgogne a consacré 210 millions d'euros aux transports, soit 28 % (dont 25 % aux TER), contre 158 millions et 148 millions d'euros respectivement à la formation professionnelle et aux lycées. (...)

En Ile-de-France, le choix du Francilien a des conséquences financières dignes d'un sketch à la Raymond Devos, un sketch à 2 milliards d'euros. Ce nouvel automoteur Transilien a été commandé avec un plancher haut (97 cm) pour desservir les gares du Transilien, qui sont à 85 % des gares à quai bas (le plus souvent à 55 cm).
Pour assurer une bonne accessibilité, de plain-pied, comme l'exige la loi de 2005 sur les PMR (personnes à mobilité réduite), la plupart des quais des 254 gares du Transilien en Ile-de-France devront être rehaussés de près d'une quarantaine de centimètres. Il faudra ensuite revoir les accès aux quais depuis la voirie, en passant par la gare, créer des rampes d'accès, reconfigurer les accès souterrains, déplacer les ascenseurs et les passerelles. Une kyrielle de travaux pour une addition colossale qui pourrait dépasser les 2 milliards d'euros, à échéance 2017-2018, et à partager entre Réseau ferré de France (RFF) et le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif). Ce dernier se serait-il trompé de hauteur de quai en rédigeant sa commande à Bombardier ?

Pas du tout, car il existe cinq hauteurs de quai différentes en région parisienne, héritage de la création de la SNCF à partir de la fusion de six réseaux privés en 1938. La Région a choisi de privilégier les quais les plus hauts, d'une hauteur de 92 cm, pour deux raisons. La première : plus le quai est haut, moins les voyageurs traversent les voies. La deuxième : plus le quai est haut, plus la charge utilisable sous les rames est grande. Cette hauteur optimale de 92 cm pour les quais et de 97 cm pour le Francilien (la marge de 5 cm permettant que, malgré l'usure des roues et le poids de son chargement, le train affleure légèrement au-dessus du quai) avait été définie pour les trains en Ile-de-France au début des années 1990 par un rapport des Ponts et Chaussées. La Région a décidé de prendre cette étude et les conseils de la SNCF pour argent comptant.

Conséquence : sur la ligne Paris-Luzarches, les employés de RFF ont posé des balises à l'entrée des gares pour que le Francilien puisse distinguer une gare à quai haut d'une gare à quai bas et entreprenne de déployer, ou pas, ses deux marches mobiles pour les PMR. Le système provisoire de marche mobile impose en outre de « raboter » les quais supérieurs à 55 cm. Pas vraiment productif quand on sait que tous ces quais seront par la suite rehaussés à 92 cm... » (...)

Vous avez sans doute connaissance d'autres gabegies: n'hésitez pas à les partager avec PaSiDupes.

Sources : «Régions, le grand gaspi», de Robert Colonna d'Istria et Yvan Stefanovitch. Le Rocher, 310 p.