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jeudi 5 avril 2018

"La dette de la SNCF n'est pas celle des cheminots", assure la CFDT

Laurent Berger nie que la dette de la SNCF a profité aux cheminots

Le leader de la CFDT a milité pour que l'ardoise de la compagnie soit effacée par ...l'Etat

Traduire, supportée par les contribuables : la dette de la SNCF est-elle celle des Français ?
La dette de la SNCF avoisine 50 milliards d’euros.Au lendemain du premier épisode de grève reconductible - étalée sur trois mois - et "scandée" - deux jours différents par semaine - pour nuire au maximum à la SNCF et à leurs concitoyens, les syndicats dresse un bilan, après la première période de désorganisation (de dimanche soir à mercredi matin, et avant samedi soir à mardi matin prochains).  

Le leader de la CFDT Laurent Berger a d'abord tenu à assurer les amateurs de BFMTV et RMC, ce jeudi, que si son organisation participe à cette grève scélérate, elle ne se "réjouit pas" pour autant des perturbations occasionnées par le mouvement de contestation des cheminots à la réforme Macron, alors que se tient jeudi au ministère des Transports une réunion entre la direction et les syndicats de la SNCF, au lendemain des deux premiers jours de grève contre la réforme ferroviaire, que le candidat Macron n'avait pas proposée aux électeurs de la présidentielle

Proche du PS, L. Berger a rappelé que son syndicat a fait "des propositions très précises" au gouvernement de Macron
Et de citer celle sur l'ouverture prochaine du rail à la concurrence. "Nous voulons savoir comment seront traités les cheminots demain", a-t-il également déclaré, faisant allusion au "sac-à-dos social" des cheminots qui partiraient à la concurrence, mais non sans biscuits (rien à voir avec le sandwich SNCF à la tranche de jambon épaisse comme une feuille de cigarette). 

La dette doit être payée par les Français, a-t-il soutenu sur la chaîne privée

Le principal sujet de l'heure  reste la dette abyssale de la compagnie ferroviaire. Or, la facture que la CFDT tend aux Français s'élève à 54,5 milliards d'euros. 
Jeudi 5 avril au matin sur France Inter, le premier ministre Edouard Philippe a estimé nécessaires des "contreparties" à une reprise d’une partie de cette dette. 
"Je ne veux pas dire aux Français qu’(ils) vont payer cette dette et la reprendre alors qu’ils n’ont aucun élément leur permettant de penser qu’à l’avenir, on ne va pas tomber dans 3 milliards (d’euros) de déficit" supplémentaires chaque année, s'est justifié le premier ministre.

La CGT dénonce un "chantage"
" 'Acceptez ce qu’on vous propose et on parlera de la dette après', c’est proprement scandaleux", a réagi le patron de la CGT, Philippe Martinez. "C’est le gouvernement qui s’entête, qui recherche l’épreuve de force et qui refuse la discussion", a-t-il accusé.

A en croire le syndicaliste socialiste, Michel Sapin et Hollande n'auraient pas sacrifié la SNCF au sauvetage d'Alstom

La CFDT a la mémoire courte : il ne connaît pas "Les Fourberies de Sapin" ?

"La dette, ce n'est pas celle des cheminots, pas celle des usagers", a affirmé Berger. 
Il met en cause une succession floue de politiques publiques hasardeuses ayant conduit à cette situation, sans évoquer l'achat de 15 rames de TGV et d'une vingtaine de locomotives à Alstom, à l'occasion de la création de la ligne Bordeaux-Marseille, peu circulée, mais surtout à huit mois de la présidentielle de 2017, pour satisfaire l'électorat de Belfort et sa région et pour soutenir une éventuelle candidature de Hollande  à sa propre succession. En vain pour le PS et inutilement pour le capitaine de pédalo.

Pour la CFDT, la solution est donc on ne peut plus simple. 
"Comme en Allemagne, comme ailleurs, la dette doit être reprise par l’Etat," décide-t-il. Une option qui n'est pas totalement exclue par le gouvernement, selon Laurent Berger.  


Berger fait du Hollande : "ça ne coûte rien; c'est l'Etat qui paye !..."

VOIR et ENTENDRE les propos de Hollande dont on nous dit qu'il ne les a pas prononcés ou qu'ils sont sortis de leur contexte :

mardi 24 mars 2015

SNCF: l'entreprise publique va supprimer entre 11.000 à 13.000 postes

Vers un "probable nouveau ' REPLI ' significatif" des effectifs 

Nouvelle annonce au Comité central d'entreprise (CCE) de la SNCF 

Dans un rapport, le groupe public prévoit un "probable nouveau repli significatif" des effectifs: 12.000  suppressions sur cinq ans, c'est plus qu'un 'repli' ! 
Réalisée par le cabinet Secafi, cette projection est encore plus sombre que celle présentée au même CCE fin février par le cabinet Degest, qui prévoyait près de 9.000 emplois nets d'ici à 2020.

Pour les responsables CGT du CCE, ce rapport "confirme les risques de déraillement de la nouvelle SNCF". L'"insoutenable" équation financière qu'il souligne "risque d'entraîner, d'ici 2020, la suppression de près d'un emploi de cheminot sur dix, une réduction significative du réseau et une condamnation, à plus ou moins long terme" des trains Intercités et de marchandise", écrivent-ils dans un communiqué.

Les députés de la majorité font monter le Front national

Secafi précise avoir travaillé sur le plan stratégique que le groupe public doit encore "négocier et contractualiser avec l'Etat" en 2015. Conséquence de la réforme ferroviaire votée l'été dernier, le groupe public a changé de périmètre et d'organisation au 1er janvier et réunit maintenant les 149.000 salariés de la SNCF et 1.500 employés de Réseau ferré de France (RFF).

L'objectif de "stabiliser la dette à un horizon de moyen terme" crée une "pression préjudiciable" à l'"assise industrielle" du groupe et à sa capacité à organiser les mobilités nécessaires, affirme le cabinet.

Sur la base d'un scénario de dette à 56,7 milliards d'euros en 2020 contre 45 en 2014, le cabinet chiffre à 4,8 milliards d'euros l'effort de productivité interne: 2,5 milliards d'économies espérées de sa fusion avec RFF et 2,3 milliards des divers plans de réduction des coûts engagés.

Au vu des objectifs de productivité et du contexte (libéralisation du marché des autocars, voulue par la Loi Macron, ouverture à la concurrence, restriction des investissements subventionnés), Secafi prévoit la disparition d'ici à 2020 de 11.000 à 13.000 postes au sein du groupe (hors filiales et RFF). Soit une multiplication par trois par rapport aux cinq dernières années (-4.500 suppressions de 2010 à 2015), très proche de la période 2005-2010 (-14.200).

Plus précisément, il anticipe une réduction de 8.000 postes chez l'exploitant SNCF Mobilités, et une perte de 3.000 à 5.000 dans l'établissement SNCF Réseau, en charge de l'infrastructure. Pour assurer son vaste plan de rénovation au moment où les départs en retraite sont nombreux, "le développement de partenariats industriels et l'accroissement du recours à la sous-traitance sont les solutions privilégiées" par la SNCF, souligne Secafi.

Les grévistes professionnels s'insurgent

Comme la CGT partisane des grèves à répétition, l'UNSA "déplore" aujourd'hui la tendance aux mises en chômage, qui relève que "les embauches au statut n'ont plus la cote, alors que la charge de travail augmente à SNCF Réseau".
Le cabinet Secafi formule une série de préconisations, dont la mise en place "au plus tôt d'une véritable politique de GPEC [Gestion prévisionnelle de l'emploi et des compétences]" afin de favoriser "la mobilité choisie". Sur ce sujet, les discussions doivent s'ouvrir prochainement.

mardi 17 juin 2014

Duflot reprend la parole pour tacler le gouvernement Valls

"Le gouvernement s'est éloigné de sa majorité", accuse Duflot (EELV) 
La pastèque EELV, verte à l'extérieur,
rouge à l'intérieur
(
Francis Lalanne, 2009)
En s'éloignant de sa majorité, le gouvernement a de nouveau mis en doute l'efficacité du pacte de responsabilité, a estimé mardi Cécile Duflot, députée altermondialiste et ancienne catastrophique ministre du Logement du gouvernement Ayrault.

Elle s'estime "complètement dans la majorité", mais c'est "aujourd'hui le gouvernement [qui] s'est éloigné de sa majorité", a accusé  C. Dufflot mardi sur RMC et BFMTV. Question: comment celle qui n'était pas toujours "complètement" dans le gouvernement quand elle était ministrepourrait-elle être encore dans la majorité, si le gouvernement s'en est éloignée?  
"Une majorité a été élue il y a deux ans pour porter un projet. Ce projet est aujourd'hui amputé d'une grande partie de ce qui faisait le coeur de sa force", a-t-elle dénoncé. En guise de rapprochement?

La députée de Paris a de nouveau mis en question l'efficacité du pacte de responsabilité. 

"Quand on donne de l'argent sans contrepartie, c'est-à-dire des exonérations de charges, est-ce que cela va créer de l'emploi ? Ce n'est pas du tout certain. Des gouvernements précédents l'ont fait, le gouvernement de Fillon l'a fait à hauteur de 4 milliards et là on parle de 41 milliards dont approximativement 3 milliards vont aller vers la grande distribution et 1 milliard vers les banques," a développé l'altermondialiste

Duflot promet que ça va charcler au Palais Bourbon...
"On va préparer des amendements, on en a déjà déposé, on va faire en sorte que le débat ait lieu à l'Assemblée nationale pour montrer que l'on peut faire autrement (...) On peut décider que l'on veut davantage de solidarité et davantage d'investissement. Si on n'investit pas dans les entreprises pour les adapter, notamment à l'évolution du prix de l'énergie qui pèse sur un certain nombre de productions, on n'y arrivera pas", a également expliqué  Mme Duflot .

 "C'est une bonne chose de réunifier RFF et la SNCF"

Interrogée sur la grève des cheminots, la député de Paris, par la grâce de Martine Aubry, a par ailleurs distribué des bons points, estimant que "c'est vrai que le système auquel aboutit la réforme est un peu compliqué parce que les règles européennes imposent cette situation donc ce n'est pas satisfaisant, il faudrait mieux retrouver un seul établissement public". Mais "dans le cadre possible, c'est une bonne réforme," n'en déplaise à la CGT et SUD-rail.

Elle n'a pas manqué de donner un coup d'archer sur le violon du populisme, en déclarant comprendre"l'authentique galère" que vivent les usagers des transports depuis une semaine. Mais "quand des gens se privent de leur salaire, ils expriment quelque chose et on ne peut pas les mépriser."

Au sujet des intermittents du spectacle

Le gouvernement "a tort" s'il valide la nouvelle convention d'assurance chômage. "On ne peut pas aggraver la précarité des intermittents. Il y a sûrement des abus. D'ailleurs les intermittents eux-mêmes sont prêts à ce que l'on travaille sur ceux qui sont de fait en CDI pour qu'ils sortent du régime de l'intermittence. Mais la culture dans notre pays, c'est une chance, une vraie vivacité culturelle et c'est ce système-là qui le permet", a-t-elle soutenu. 

SNCF: Hollande joue son image de fermeté sur le pourrissement de la grève

Examen en trois jours du texte de réforme ferroviaire à l'Assemblée

Au septième jour de la grève des cheminots, 

ce n'est plus le moment de lâcher, selon les syndicats CGT et SUD-Rail qui refusent de désarmer mardi au moment oû les députés entament l'examen de la réforme ferroviaire à l'origine du conflit.


Dans l'après-midi, les parlementaires commenceront à débattre du projet de loi gouvernemental, avec pour objectif médiatique de stabiliser la dette de 44 milliards d'euros du secteur ferroviaire et avec pour finalité économique d'ouvrir totalement le réseau à la concurrence, comme c'est déjà le cas pour le fret. Pour ce faire, le texte prévoit de réunir à nouveau  la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau, dans une holding publique. Près de 400 amendements ont été déposés, émanant de tous les groupes, car le PS lui-même est divisé sur le projet qui détricote .

Face à ce projet, à l'origine de la grève, 

Le 16/6/2014, dans une cour de Saint-Lazare, 
les grévistes SNCF votent la reconduction de 
la grève en AG, par 220 voix pour, 0 contre
la CGT et SUD-Rail n'ont pas désarmé "malgré une érosion continue du taux de participation au conflit, de 14,8% lundi contre 27,64% le premier jour de grève," lit-on dans la presse gouvernementale. Alors que la SNCF annonce 14% de grévistes aujourd'hui, la CGT dénonce une guerre des chiffres. "Je conteste les chiffres de la SNCF ! En 2010, quinze jours de grève : nous avions intercepté des mails de la direction générale en direction des régions, leur indiquant de ne pas publier les chiffres des grévistes, de ne pas les communiquer aux syndicats avant que l'Elysée les repasse à la moulinette", dénonçait Didier Le Reste, ancien secrétaire national de la CGT Cheminots, ce matin sur Europe 1.


Aux gares de l'Est et St-Lazare à Paris la grève est reconduite jusqu'à mercredi 11h et que le mouvement se radicalise avec des actions illégales. Invité de la Matinale de France Inter, Frédéric Cuvillier, a fait part d’ "exactions" perpétrées sur le réseau ferré. "Des blocages d’aiguillages et des incendies volontaires ont eu lieu sur le réseau". Ce mardi matin, le train Marseille-Nîmes a été brièvement bloqué à l'entrée de la ville par la présence de manifestants sur les voies. Ils ont appelé lundi soir les cheminots à "faire grandir le rapport de force" après avoir été reçus par la direction de la SNCF. Ils l'accusent d'avoir "joué la provocation en radicalisant" son attitude envers les grévistes et d'avoir jugé "les revendications des cheminots hors-sujet".

Suite aux signes de fermeté émis par Hollande et Valls (cette grève n'est "pas utile et pas responsable", selon lui sur France Info), l'hebdomadaire Le Point assurait dès le 3e jour que le mouvement s'essoufflait ( lien: "Grève à la SNCF : la mobilisation faiblit".  "La participation à 10 h 30 est de 17,49 % contre 22,64 % jeudi, soit un recul de 5 points. Le recul est de 10 points par rapport à mercredi, toute première journée de grève." C'était une affirmation en date du 13 juin.


Le Dr. Jean-Marie Le Guensecrétaire d'État aux relations avec le Parlement, est passé à l'offensive mardi, dénonçant avec véhémence les "jamais-contents" qui n'en ont "jamais assez" et prennent "en otages" les voyageurs. Sur France Inter, ce membre du gouvernement socialiste a joué la division, stigmatisant une "petite minorité de gens" qui "ont des problèmes entre eux".

VOIR et ENTENDRE ce briseur de grève, représentant de la "gauche sociale":

Or, les questions abordées avec la direction portaient sur les salaires, l'emploi, les conditions de travail et non pas sur la réforme, mais pour la CGT-cheminots et SUD-Rail "tout est lié".

Le mouvement ne faiblit pas

A la vérité,
des rassemblements sont prévues dans la matinée du 17 juin à Paris et dans toute la France "pour exiger une autre réforme et l'ouverture de négociations". Pour la CGT et SUD-Rail, les cheminots en sont à leur 7e jour de grève avec "aucune négociation réellement entamée que ce soit du côté du gouvernement ou de la direction SNCF". A leurs yeux, "le projet de loi demeure fortement néfaste pour le service public SNCF et les cheminots" en dépit des "engagements" du gouvernement qui ont conduit à un accord avec l'UNSA et la CFDT, proche du PS, la semaine dernière.

La manipulation de l'opinion s'intensifie
Le pouvoir travaille l'opinion et, depuis deux jours, BFMTV sort des témoignages d'usagers sélectionnés pour leur exaspération. Un sondage sur-mesure a paru ce jour dans Le Parisien/Aujourd'hui en France: selon l'entreprise Harris interactive, plus des trois quarts des Français (76%) se diraient opposés à une grève dont ils ne connaissent pas les enjeux, 22% y étant favorables.

La manipulation des chiffres bat son plein. Alors que les usagers manifesteraient un mécontentement grandissant, les media aux ordres promettent une "amélioration notable" du trafic ferroviaire notamment sur les lignes régionales et en région parisienne, au deuxième jour des épreuves du baccalauréat, utilisé comme moyen de pression depuis ce weekend. Les trains qui permettent aux candidats de rejoindre les centres d'examen "seront à nouveau particulièrement suivis", rassure la SNCF. "Ils feront de nouveau l'objet d'une information spécifique", précise-t-elle.


En moyenne, six TER sur dix circuleront, mais seulement 4 Intercités sur 10. En Ile-de-France, la circulation sera seulement d'un train sur deux. Seul le RER A connaîtra un trafic normal. Sur le RER B, la circulation sera d'un train toutes les dix minutes à Paris Nord et sur le RER D d'un train tous les quarts d'heure aux heures de pointe. Un train sur trois circulera sur les RER C et E.
Sur les grandes lignes les usagers disposeront de deux TGV sur trois sur l'axe Est, six TGV sur dix sur les axes Nord et Atlantique, mais quatre TGV sur dix sur l'axe Sud-Est et les relations province-province.

Un moteur de recherche permet de rechercher train par train
les disponibilités et les horaires de départ, consultable ici.
Deux numéros verts ont été mis en place pour les usages. 
Pour l'info trafic Grandes Lignes 0 805 90 36 35
et pour l'info trafic Transiliens : 0 805 70 08 05.

Passage en force annoncé à l'Assemblée
Le débat à l'Assemblée, prévu pour ne durer que de mardi après-midi à jeudi, malgré les tensions de toutes parts, doit débuter par un discours du ministre des Transports, F. Cuvillier, et sera suivi par deux motions de procédure contre le projet qui n'ont aucune chance d'être adoptées.

Après la discussion générale, d'environ deux heures et demie,
l'examen du texte ne devrait pas débuter avant la nuit, article par article, amendements par amendements.
Ce texte prévoit un retour à la situation ante, avec une organisation réunifiée avec à sa tête un établissement public à caractère industriel (Epic) nommé SNCF. Cet Epic, dit encore Epic "mère", chapeautera deux Epic "filles": "SNCF Mobilités", soit l'actuelle SNCF, qui exploitera les trains et "SNCF Réseau", l'actuel Réseau ferré de France (RFF) qui gère l'infrastructure avec SNCF Infra.

Selon le député PS de Gironde, Gilles Savaryrapporteur à l'Assemblée du texte gouvernemental de loi (mais ce Bordelais est président du Conseil supérieur de l'...aviation civile), les amendements mettent notamment à mal  la garantie d'institutions représentatives du personnel communes aux trois Epic, avec en particulier un Comité central d'entreprise commun. Ils confirmeront aussi les missions de l'Epic de tête qui aura en charge la gestion du personnel.

lundi 16 juin 2014

Grève SNCF: Valls voit rouge

Ouvert au dialogue, mais la réforme ferroviaire ne sera pas reportée...

L
a grève des cheminots CGT et SUD Rail n'est "pas utile et pas responsable"
affirmé le Premier ministre socialiste, invité -pendant 15 minutes - de France Info
Les cheminots poursuivent leur mouvement de grève lundi, premier jour du bac, pour le 6e jour consécutif, entraînant de fortes perturbations de trafic et incertitudes pour les candidats.  
Concernant la grève à la SNCF, le Premier ministre maintient qu'il faut "une grande réforme" à la SNCF, la sienne et non celle de la CGT et Sud-rail. Il maintient donc que son texte ne sera pas reporté. 

"Cette grève à la SNCF n'est pas utile et n'est pas responsable, il est temps d'arrêter", selon Manuel Valls. "Je regrette que cette grève continue car nous n'en voyons pas le sens", a-t-il lancé, en guise de commentaire. "Ce texte est nécessaire, cette réforme est indispensable", insiste--t-il, contre l'avis du syndicat dominant la SNCF. 

Luc Chatel, le secrétaire général de l'UMP demande de retirer le texte
Manuel Valls réplique que cette proposition "n'est pas responsable".

VOIR et ENTENDRE ce premier ministre obtus, dont on observera au passage le mépris pour Sud-rail qu'il ne nomme pas, à la différence de la CGT:
Le débat sur la réforme ferroviaire commence mardi à l'Assemblée nationale.


Manuel Valls n'est pas plus ouvert concernant les intermittents

Il a annoncé qu'il faudra remettre le dispositif "à plat", dans son optique...
Le premier ministre admet que le "gouvernement est interpellé" mais que, pour prendre rapidement "des décisions d'ici la fin de la semaine", il lui faut attendre les conclusions d'un rapport commandé par lui sur le sujet.

Le Premier ministre anticipe ces conclusions
"Nous devons remettre à plat ce dispositif" d'assurance-chômage. 
"Il faut revoir le dispositif des intermittents car le système est à bout de souffle", assure Manuel Valls
Manuel Valls briseur de grève ? "Pas du tout"! assure le Premier ministre, "la grève est un droit constitutionnel mais je crois au dialogue".  

"Oui, la gauche peut mourir si ON refuse d'assumer ses responsabilités".
Ce weekend, le Premier ministre avait frappé les esprits en estimant déjà que la gauche peut "mourir." Il a maintenu son diagnostic ce lundi sur France Info, sans incriminer le FN comme certains media n'avaient pas hésité à le faire a priori. Ce matin, il visait son propre camp, notamment les "frondeurs" du PS. Le problème, selon Manuel Valls, c'est que certains à gauche oublient "leur responsabilité", c’est un "vieux débat", estime Manuel Valls, il faut "assumer sa responsabilité". Le Premier ministre en appelle donc "au rassemblement" pour soutenir le gouvernement.

Il faut continuer à réformer: "nous avons besoin de financer le pacte de responsabilité. Nous ne faisons pas de cadeaux aux patrons, nous soutenons les entreprises", a-t-il signalé à l'attention de l'aile gauche de la majorité. 
Le Premier ministre démagogue s'est justifié: "Les impôts ont trop augmenté ces dernières années" d'où le programme à destination des entreprises et des ménages.

Le Premier ministre a également été à appelé à commenter la polémique autour de la possible nomination de Jacques Toubon comme Défenseur des Droits.

"C'est le choix du président de la République", s'est défossé Manuel Valls, "laissons les commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat se prononcer". Une pétition a été lancée sur internet contre cette nomination il y a quelques jours et a déjà reçu plus de 70.000 signatures de sectaires hostiles à toute ouverture vers la droite républicaine. 
La voix de Bernard-Henri Lévy est inaudible qui réclamait une "unité nationale"...

mercredi 11 juin 2014

SNCF : les syndicats poursuivent la grève jeudi

Le projet du gouvernement socialiste ne convainc pas les cheminots

La plupart des assemblées générales ont voté le prolongement de 24 heures
.
La grève à la SNCF est partie pour durer. Dès la mi-journée, 80% des assemblées générales s'étaient prononcées pour la poursuite. 

La CGT, Sud Rail, FO et First sont à l'origine de ce mouvement contre le projet de réforme ferroviaire qui sera examiné à l'Assemblée nationale à partir du 17 juin. 

De grosses perturbations sont observées comme annoncé dans les gares. 
Plus de quatre agents sur dix ont prévenu qu'ils cesseraient le travail. Il s'agit d'un taux annoncé inférieur à celui de la grève de juin 2013, mais supérieur à celui de décembre dernier.
 
La SNCF faisait rouler un TGV sur deux mercredi 11 juin sur les axes Nord et Est et un TGV sur trois sur les axes Atlantique, Sud-Est et province-province. Le trafic devait être normal pour les liaisons Ouigo, le nouveau service de TGV à bas prix, et Eurostar, mais trois trains sur quatre roulaient sur les Thalys et deux sur trois sur les rames Lyria et les trains à grande vitesse vers l'Allemagne, le Luxembourg et l'Italie. 

Une réforme "indispensable" ? 
Le projet de réforme ferroviaire prévoit de regrouper l'exploitant ferroviaire SNCF et le gestionnaire d'infrastructures Réseau ferré de France (RFF) en un établissement public à caractère industriel et commercial. 
Les syndicats conservateurs de cheminots sont favorables à ce rapprochement mais reprochent au texte d'anticiper la libéralisation complète du transport de voyageurs prévue pour 2019 par l'Union européenne. 
Ils déplorent également le fait que la réforme ne règle pas, selon eux, la question de la dette du système ferroviaire, qui s'élève à 44 milliards d'euros

Invité de RTL mardi, le secrétaire d'Etat aux Transports, Frédéric Cuvillier, s'est dit prêt à rencontrer les organisations syndicales "ce soir, dans la nuit, demain, toute la journée". 
Il a cependant campé sur ses retranchements d'une réforme "indispensable" pour "moderniser, pour simplifier la SNCF, pour lui donner plus de force" et résorber son désendettement, dans la perspective de l'ouverture du rail à la concurrence d'ici 2019.
Les belles  paroles du ministre socialiste n'ont pas convaincu et la grève se prolonge jeudi. La CFDT, proche du gouvernement,  ne pèse rien.

mercredi 21 mai 2014

SNCF: les régions prennent le pouvoir

Huit régions s’associent pour reprendre en main l’achat de leurs trains régionaux

Sans attendre le vote du Parlement


L’achat et la maintenance des TER ne seront plus gérés longtemps par la société nationale. Les régions, qui ont acheté 1.500 trains depuis 2002 ne veulent plus se contenter du rôle de financeurs.

Une cascade de révélations concertées
Huit conseils régionaux ont décidé de se constituer en " association d’étude" d’ici à la fin de l’année afin de reprendre en main l’achat de leurs trains régionaux. Cet objectif a été annoncé jeudi après midi, lors du congrès annuel de l’Association des régions de France (ARF), mais aussi au lendemain de la révélation complice du Canard enchaîné que le gabarit élargi des nouveaux TER ne permet plus leur entrée en gare... 

Y a-t-il un conducteur dans le TER ?
Ces CR prennent d'autorité la décision de négocier directement avec les constructeurs de trains, le français Alstom, le canadien Bombardierl'entreprise privée française Lohr Industrie et les autres. Les coalisés, qui ont bien l'intention de rallier l’ensemble des régions françaises, revendiquent aussi la pleine propriété des matériels acquis. Les régions, qui sont responsables des trains express régionaux (TER) depuis la décentralisation de 2002, se satisfaisaient de subventions  nationales pour le financement des rames, laissant donc RFF propriétaire du réseau et intermédiaire dans les commandes de rames.

L’initiative des huit régions, toutes socialistes (Pays de Loire, Rhône-Alpes, Aquitaine, Bourgogne, Auvergne, PACA, Picardie, Ile-de-France), s’inscrit dans le cadre de la réforme ferroviaire qui devait être examinée par le Parlement début 2014. En juillet 2013, Frédéric Cuvillier, alors ministre délégué aux Transports, avait indiqué que "l'embouteillage" des projets de loi présentés en Conseil des ministres sacrifiait la présentation du texte devant celui-ci à la rentrée, avec un examen par l'Assemblée "le plus tôt possible"... En effet le printemps 2013 avait été dédié au sociétal et prioritairement à la loi ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe, publiée au Journal officiel du samedi 18 mai 2013.  
Les visées des présidents de régions portent sur des volumes d’achat considérables. Depuis 2002, l'ensemble d'entre elles a acquis 1.500 trains représentant une dépense supérieure à 5,8 milliards d’euros. Et les commandes en cours portent sur 2,5 milliards d’euros. "Nous payons les lycées et nous en sommes les propriétaires. Pourquoi pas les trains ?", s’interroge Jacques Auxiette, président de la région des Pays de la Loire et de la commission Transports de l’ARF. Et d’estimer que "cette pratique fait que nous avons 30 ans de retard sur les agglomérations et autres autorités organisatrices de transport."

La co-gestion de la SNCF manque de transparence  

Les collectivités instrumentalisent l'usager promettant de mieux définir les cahiers des charges "du point de vue voyageur." Jacques Auxiette estime que, sur cet aspect, les exigences de la SNCF sont trop ténues. En contrôlant les achats, les régions ne promettent pas d'éviter les ratés et les couacs de la SNCF, mais ont le sentiment qu’elles maîtriseront mieux les procédures d’achat, les délais, les coûts de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre, ainsi que la gestion de l’après-vente avec le constructeur. Car si la question de la maintenance des matériels reste à explorer, Jacques Auxiette évoque la possibilité que celle-ci soit directement assurée par les constructeurs, comme c’est le cas dans d’autres pays.

Au-delà de cette volonté de puissance, les régions accusent l’opérateur ferroviaire d'un manque de transparence. "Il ne faut pas que la SNCF le prenne mal, mais son calcul des coûts n’est pas toujours facile à expliquer", dénonce le président de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, qui souligne cependant que la maintenance des trains régionaux, "c’est une méchante servitude. La dépense devient très vite importante".

Alain Rousset, président de la région Aquitaine et de l’ARF, a également rappelé que Bordeaux a récupéré 260 millions d’euros en partie liés aux frais de siège après avoir audité le service de l’eau. "Il serait intéressant de faire la même chose avec la SNCF dont on ne voit pas à quoi servent ces frais de siège", ajoute-t-il. 
Jacques Auxiette avoue que la nouvelle association sera "le premier acte d’une modification des rapports entre la SNCF et les régions qui veulent assumer pleinement leur responsabilité."

Entraîner d’autres régions moins riches

Les régions moins favorisées par le tissu industriel ou le terrain seront moins ambitieuses.  Les entraîner ne sera pas forcément évident : "Il y a beaucoup de contraintes à prendre cette responsabilité en direct, estime un responsable technique d’une grosse région ferroviaire, à commencer par les relations avec les syndicats, ou encore la prise en charge de la maintenance. C’est un vrai métier, ce n’est pas le nôtre." Sans compter qu’en cas de train en panne ou de retard, il est plus commode pour un président de région de montrer la SNCF du doigt que de se retrouver en première ligne...

L’initiative des régions est "parfaitement légitime", selon le président de la SNCF, Guillaume Pepy, présent au congrès de l’ARF jeudi.  L’opérateur ne peinera pas à  se rendre indispensable et à vanter son expertise. Un expert proche de l’entreprise assurait jeudi que l’acquisition en direct du matériel roulant va nécessairement se traduire par une augmentation des spécificités des rames selon les régions, ce qui aurait pour conséquence de renchérir les coûts de maintenance.
Traqués par le fisc, le garagiste et la police sur les routes et autoroutes, les usagers n'auront plus que leurs yeux pour pleurer.


Trains régionaux: l’incroyable raté du tandem SNCF-RFF

Rames de TER trop grandes: les cheminots se défendent de toute incompétence

Amateurs à tous les postes de responsabilité

Présentation d'une rame TER Regio 2N 
de Bombardier (entreprise canadienne)
présentée à Paris
le 29 avril 2014 à la gare Vaugirard
La livraison de nouveaux trains régionaux -trop larges- va nécessiter d'élargir 1.300 quais pour un coût de 50 millions d'euros.
Certains quais vont devoir être réduits d'ici l'entrée progressive en gare des 341 trains TER Regiolis d’Alstom et les Regio 2N de Bombardierà la fin 2016...
Un surcoût de 50 millions d’euros, ont estimé mardi la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui évoquent des travaux de modernisation classiques, confirmant toutefois une information du journal Canard Enchaîné .

Le Made in France peut-il s'exporter ?
Selon l’hebdomadaire satirique, la SNCF " a défini le cahier des charges, avec, notamment, les dimensions des nouvelles rames. [...] Or les savants ingénieurs de la SNCF ont omis de vérifier la réalité sur le terrain. Conséquence, selon l’Association des Régions de France, que préside le socialiste Alain Rousset, 1.200 quais sont trop proches des voies pour laisser passer les trains ". Les 182 rames TER Regiolis du fabricant Alstom et les 159 Regio 2N de Bombardier s’avèrent en effet plus larges que celle de la génération précédente, ont confirmé la SNCF et RFF.
Tout s'explique à la SNCF 
Bon nombre de ces quais ont été construits à une époque où il n’existait pas de normes. L’écartement entre deux quais ou entre la voie et le quai varie donc selon les gares.... Pour la compagnie ferroviaire (SNCF) et le gestionnaire d’infrastructure (RFF), la goutte d'eau de 50 millions d’euros estimés qui s'ajoutera pour modifier ces quais ne fera pas déborder le vase de 4 milliards d’euros investis chaque année par RFF à la modernisation et au développement. Et, sur les 1.300 quais concernés, "300 ont déjà été traités et 600 le seront d'ici à la fin 2014", a précisé RFF mercredi, comme si l'étalement du surcoût en réduisait le montant à la charge de la population. Le Canard Enchaîné  ajoute que RFF aurait débloqué d’urgence 80 millions. Mais " la note (risquant) d’être beaucoup plus salée", il se serait tourné vers les régions, ce que RFF ne confirme pas.

Ils se renvoient tous la responsabilité

"Nous refusons de verser un seul centime sur cette réparation. On ne va pas, quand même, être à la fois pigeon et financeurs. Les régions ne sont pas des pigeons", a déclaré hier dans la cour de l’Elysée, Alain Rousset président PS de la région Aquitaine et de l’ARF, avant un rendez-vous avec François Hollande. Pour lui, c’est à RFF de payer la facture.

La bourde est connue depuis des mois
Le président de RFF, Jacques Rapoport, a admis de surcroît mercredi matin sur Europe 1 qu'il a découvert le problème "un peu tardivement", accusant notamment la séparation instaurée il y a 17 ans au sein du système ferroviaire tricolore, qui a suscité des rivalités entre les frères ennemis du rail que sont la SNCF (responsable du transport ferroviaire) et RFF (en charge de l'infrastructure ferroviaire).
VOIR et ENTENDRE Rapoport noyer le poisson pour détourner l'attention:
Ni les régions, ni les contribuables, personne ne paiera la facture, prétend Rapoport... 

Une révélation pour justifier un rétropédalage annoncé au Parlement

Le responsable est à chercher du côté de "celles et ceux qui ont fait la commande," a ajouté Alain Rousset. Les régions saisissent une nouvelle occasion de revendiquer davantage d’indépendance vis-à-vis du tandem en charge des opérations ferroviaires: elles financent en effet des TER et voudraient acheter leur matériel roulant sans passer par la SNCF. "C’est pour ça que nous on veut reprendre en main ces commandes. On paie 100% des TER, c’est à nous d’en assurer la commande, la propriété . Il faut que les régions soient vraiment des autorités organisatrices, qu’elles aient la capacité de déterminer le tarif, les services, la maintenance", a insisté Alain Rousset, en soutien à la restructuration des chemins de fers français qui se profile au Parlement. Il espère que la réforme ferroviaire en cours de discussion permettra "d’homogénéiser les commandes, parce que c’est quand même un peu stupide de commander des trains dont la largeur n’est pas conforme à celle des quais". Cela étant, les 27 régions de France devront aussi parvenir à s'entendre entre elles, car les "frères ennemis" de la politique ne créent pas moins de situations ubuesques que ceux du rail.

Le secrétaire d'Etat aux Transports savait, mais qu'a-t-il fait?
Le message d'A. Rousset a toute chance d'être entendu de Frédéric Cuvillier semble avoir été entendu. Qualifiant la situation de "rocambolesque" et " comiquement dramatique", il a bien tardivement estimé hier sur BFM - mais après deux de pouvoir sans partage - qu’elle résulte de "l’ ineptie du cloisonnement étanche" entre les deux entités du ferroviaire que sont la SNCF et RFF. Et de constater: "L’enjeu de la réforme ferroviaire prend tout son sens quand on constate l’état du dysfonctionnement du ferroviaire en France". Encore un ministre qui a bien parlé !

L'information révélée par le Canard enchaîné fait réagir les tweetos