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jeudi 18 avril 2019

Classement RSF de la liberté de la presse: les journalistes ne se remettent toujours pas en cause

La France soumise à Macron est 32e du classement RSF sur la liberté de la presse

RSF s’inquiète d’un nouveau recul en Europe, sans s'interroger sur ses pratiques

Cumuler des points sur son C2P pour un métier à risques
De vrais métiers à risque
Le continent des cathédrales et des libertés institutionnelles garantit toujours le mieux la liberté de la presse, mais les journalistes - des organes de presse partisans et arrogants, de plus en plus décriés - suscitent de plus en plus de défiance, voire de haine, en Europe et en France. A l’approche des élections européennes de mai 2019, l’ONG Reporters sans frontières (RSF) s’en alarme et, le 18 avril, publie une feuille de route pour garantir une information libre et indépendante. Manque toujours les objectifs de neutralité et d'humilité...

Les attaques contre la presse ne sont plus l’apanage des Etats autoritaires, avec leurs meurtres ou tentatives d’assassinat, attaques physiques ou verbales, persécution judiciaire et cyber-harcèlement… Pour l’ONG Reporters sans frontières (RSF), les journalistes d’investigation européens font désormais face à de graves menaces. Ces derniers mois, trois journalistes ont été assassinés à Malte, en Slovaquie et en Bulgarie, lanterne rouge européenne dans le classement mondial 2019 de RSF qui évalue chaque année la situation du journalisme dans 180 pays. Parmi les états véreux couvrant les mafias, le Monténégro, classé au 104e rang et pays candidat à l’adhésion à Union européenne, la journaliste spécialisée dans le crime et la corruption, Olivia Lakic, a été blessée en mai 2018 par balle devant son domicile. En décembre 2018, le serbe Milan Jovanovic a fui l’incendie de sa maison. En Italie, une vingtaine de journalistes vivent sous protection policière jour et nuit pour échapper à la mafia. Une escorte dont bénéficient également des journalistes dans les pays les mieux placés, comme aux Pays-Bas (4e). Selon Pauline Adès-Mével, responsable du bureau RSF pour l’Union européenne et les Balkans, "ce continent protégé jusqu’à il y a peu n’est plus serein. On demande des protections policières sans arrêt." Des hommes et des femmes politiques, mais aussi bien des professeurs, par exemple, connaissent les mêmes sorts, à des degrés divers, sans bénéficier de la caisse de résonance des media réquisitionnés à l'usage personnel.

Les journalistes ne se plaignent pas du pouvoir dans les pays où ils y sont soumis. Les réseaux criminels cherchent à bâillonner une presse qui dérange et ce n’est pas nouveau. Qu'est-ce qui est le pire? Est-ce la complicité des journalistes salariés par des hommes d'affaires qui ont partie liée avec le pouvoir ou la complicité des pouvoirs en place qui, à défaut de défendre les journalistes d’investigation, "les accablent" ? A l’instar du polonais Tomasz Piatek, accusé de terrorisme par le parquet militaire, après avoir divulgué des liens entre le ministre de la défense et la mafia russe.
Seulement un quart des pays sur la planète affiche une situation convenable en termes de liberté de la presse
Les pouvoirs mettent sous pression des journalistes d’investigation entravés dans leur travail, alternant intimidations et poursuites judiciaires. Les affaires de corruption, d’évasion fiscale ou de détournement de fonds - notamment européens - sont particulièrement surveillées par des autorités prêtes à tout pour dissuader les journalistes d’enquêter. "Certains gouvernements des Etats véreux couvrent les mafias, s’inquiète Pauline Adès-Mével, les atteintes à l’intégrité physique qui se pointaient se sont concrétisées."

RSF a une vision unilatérale, donc partisane.
Couverts d’insultes, les journalistes sont la cible d’une haine souvent relayée par les dirigeants politiques européens eux-mêmes. La rhétorique anti-media incite à des actes de violences physiques sur le terrain. En témoignent les dizaines d’agressions recensées en France à l’occasion des manifestations des Gilets jaunes. Pour l’ONG Reporters sans frontière, "les propos des leaders qui décrédibilisent les médias sont préjudiciables. Ils galvanisent les foules qui se sentent autorisées à taper sur les journalistes ou les insulter via les réseaux sociaux. Ils leur donnent un blanc-seing."

RSF interpelle le Parlement européen

Organisation de défense de la profession souhaitant placer la liberté de la presse au centre des préoccupations de l’Union européenne, Reporters sans frontière préconise la mise en place de 10 mécanismes. 
Au cœur de ces mesures, l’ONG réclame la création d’un poste de commissaire européen "exclusivement en charge de la liberté, de l’indépendance et du pluralisme de l’information", doté entre autres d’un pouvoir de ...sanctions et capable d’examiner par pays le respect de la liberté de la presse, voire de commanditer une enquête publique dans les cas les plus graves de violation. RSF espère ainsi protéger les journalistes dans l’exercice de leur fonction profession et assurer aux citoyens européens une information fiable. Dans le meilleur des cas, sachant que les journalistes sont formatés en école de journalisme dirigiste et intolérante au pluralisme, après l'avoir été dans l'école de la république dominée par la pensée dominante, ils sont prisonniers de leur milieu professionnel, mais aussi de la pensée unique, avec la certitude d'être l'élite ! 
<br>RSF ne craint pas la généralisation et la dramatisation

Sur la carte du monde, seulement 24 % des 180 pays et territoires étudiés affichent une situation « bonne » ou « plutôt bonne » pour la liberté de la presse, contre 26 % en 2018."La haine des journalistes a dégénéré en violence", prévient Reporters sans frontières dans son rapport 2019 sans laisser place à la recherche des causes de cette défiance.

Les risques du métier de journaliste montés en épingle

RSF dit observer "un accroissement des dangers et, de ce fait, un niveau de peur. Le harcèlement, les menaces de mort, les arrestations arbitraires, font de plus en plus partie des "risques du métier". Les policiers ou les employés d'Orange se donnent eux-mêmes la mort.
Aux Etats-Unis (48e, -3 places), un climat toujours plus hostile s’est installé : "Jamais les journalistes américains n’avaient fait l’objet d’autant de menaces de mort", un avatar de la campagne présidentielle destructrice menée par la presse démocrate vindicative (New York Times ou Washington Post) qui a milité pour Hillary Clinton et continue à mener la vie dure au président légitime accablé de tous les défauts, provoquant des réactions de rejet. Et jamais non plus ils n’avaient "autant sollicité d’entreprises privées pour assurer leur sécurité", indique RSF. En juin, quatre journalistes et une employée d’un quotidien du Maine, le Capital Gazette, ont été tués dans une fusillade.

Au Brésil (105e, -3), la campagne présidentielle ponctuée de "discours de haine" et de désinformation, "augure d’une période sombre pour la démocratie et la liberté de la presse," selon l’ONG. Or, cette observation objective ne peut être dissociée du contexte politique, l'élection présidentielle de 2018: elle a porté au pouvoir le candidat du Parti social-libéral (PSL) du nom de Bolsonaro. Tout est dit, maintenant.

En queue du classement, RSF place le Turkménistan, ancienne république socialiste soviétique jusqu'en 1991. Il succède à la Corée du Nord...  Bis repetita avec le Vietnam ou la Chine...

 

vendredi 29 mars 2019

Gilets jaunes: le maire juppéiste de Bordeaux dramatise l'Acte XX a priori et discrimine

En annonçant une journée "apocalyptique", Nicolas Florian sème la peur et attise la colère

Le successeur du macronien Alain Juppé "décrète la ville morte demain" samedi
Image associéeSe disant "très inquiet de ce qui pourrait se passer", il se révèle en fait inapproprié à la fonction. A défaut de sérénité, il transmet ses angoisses en demandant aux commerçants de "baisser leur rideau pour se protéger" et aux Bordelais de "rester chez eux". La préfecture de Gironde - qui est en concertation - met en garde contre des "risques avérés de dégradations et de violences" pour l'acte 20 des "gilets jaunes". 

"C'est une journée qui peut être apocalyptique", s'alarme le successeur d'Alain Juppé. Le maire de Bordeaux Nicolas Florian appelle habitants et commerçants à faire de la capitale girondine une "ville morte" samedi, pour l'acte 20 des "gilets jaunes". Ainsi fracture-t-il la ville, dressant une partie de la population contre l'autre, alors que les juppéistes? alliés de Macron? ne cessent de clamer avec lui que le mouvement social s'essouffle...
Florian a déjà atteint son niveau d'incompétence.
"Je décrète la ville morte demain à Bordeaux. Je suis très inquiet de
ce qui pourrait se passer. On nous annonce [fake news ?] des centaines de casseurs, de gens qui sont là pour en découdre", a-t-il déclaré devant la presse, vendredi 29 mars, sans crainte de manipulation de l'opinion. "Je demande aux commerçants de baisser leur rideau pour se protéger, et je demande aux Bordelaises et aux Bordelais de rester chez eux afin de permettre aux forces de police de faire leur travail et qu'on ne prenne pas le risque d'un accident", insiste M. Florian. A Nice, jusqu'à plus ample informé, le risque est venu d'une charge de la police aux ordres de Castaner et Macron...
Contre l'ivresse, le maire de Bordeaux casse la bouteille de Petrus 

Florian fait-il de la prévention ou de la politique politicienne ? "J'ai bien conscience que (cet appel) dramatise la situation, mais je préfère prévenir, alerter", explique-t-il. "Je n'ai pas envie d'avoir des drames humains derrière des drames matériels". Le maire appelle les "gilets jaunes dits de bonne foi [l'ensemble de la population appréciera le distinguo discriminant] à prendre bien conscience maintenant de leurs responsabilités", car "s'il n'y a pas de défilé des gilets jaunes en ville, il n'y aura pas de casseurs, pas de black blocs".
Bordeaux menacé par des Stukas, des Iliouchine Il-2 ou des sauterelles

Depuis le début de la contestation, mi-novembre, la Bordeaux de Juppé et de Ford-Blanquefort reste un fief des Gilets jaunes". Chaque samedi, la ville à elle seule rassemble plusieurs milliers de manifestants. Les rassemblements sont régulièrement ponctués de heurts en fin de journée : le contexte social de suppressions d'emplois y exacerbe la colère sociale. Ce qui paraît contradictoire à l'homme de la rue qui entend dire "en même temps" que l'affluence a baissé ces derniers week-ends : un peu plus de 2.500 manifestants - selon la préfecture ! - samedi dernier seraient négligeables !). Pour cet Acte XX, les manifestations ayant été interdites à Toulouse, ville plus rouge et noire que rose, des appels sur les réseaux sociaux invitent les Toulousains à se joindre au défilé de Bordeaux. Et le nouveau maire panique...

Le maire inspirera la peur, bien que la préfecture déploie ses effectifs 

Fait inhabituel, la préfecture de Gironde est en alerte rouge, mettant en garde contre la "volonté manifeste de certains groupes, violents et très déterminés, de provoquer d'importants troubles à l'ordre public et des dégradations ce samedi dans le centre-ville, et de se confronter aux forces de l'ordre". 
Dans un communiqué publié vendredi matin, les commerçants sont appelés à "prendre des mesures de précaution particulières", en retirant notamment de la voie publique tout ce qui peut "faire office de projectile". 

Comme pour chaque samedi, la préfecture a publié des arrêtés d'interdiction de manifester dans une longue liste de rues et places du centre, encore élargie, ainsi que de transporter ou vendre toute forme de produits d'artifice, carburant au détail ou autres produits inflammables.

La préfecture et le maire ne pointent pas l'autre manifestation interdite.

Comme à Paris, quand Macron était à la neige et Castaner en boîte, plusieurs mobilisations auront à Bordeaux, samedi. Or, les terroristes de la préfecture et de l'hôtel de ville ne mettent pas en garde contre la CGT-Ford qui a lancé un appel à manifester dans la rue, le même jour que les Gilets jaunes. 

Contre "la loi anti-casseurs" et "pour la liberté de manifester", une convergence des luttes, le syndicat d'extrême gauche et plusieurs branches de SUD, syndicat révolutionnaire trotskiste animé par Philippe Poutou, seront mobilisés

En revanche, le "village jaune citoyen", organisé depuis deux samedis en bord de Garonne, sans incidents mais sans grande affluence, a de nouveau été autorisé. 
La manifestation des professionnels de l'Education nationale est également autorisée.

Jeudi, plus d'une centaine de commerçants se sont rassemblés rue Sainte-Catherine, la grande artère piétonne de Bordeaux, pour dire leur "ras-le-bol" de la casse des samedis. 
L'extrême gauche s'expose-t-elle à des interpellations et des condamnations ?

mardi 24 mars 2015

Dramatisation des départementales: faut-il sauver le soldat socialiste?

La gauche de déclare en danger de mort !

Pensez-vous qu'il faille dresser le constat de décès de la gauche?

Rose malade de ses pucerons
Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, "proche" du Parti socialiste, a la réponse dans L'Express ! Et ça démarre sur de "bonnes" bases, puisqu'il attribue à la gauche l'exclusivité de l'égalité, comme "coeur de son identité"... Il concède toutefois que cette gauche laminée dès le premier tour des départementales ne parvient toujours pas à l'ouvrir, ce coeur-là, à en croire son propre électorat, puisque la gauche doit " repenser en profondeur les moyens d'y parvenir".

Intellectuel socialiste qui travaille pour l'agence publicitaire Havas Worldwide (L’Oréal, BNP Paribas, Sanofi-Aventis, Orange, Total, Nestlé ou Unilever), Gilles Finchelstein affirme que "l'un des grands défis du PS est de retrouver le sens du collectif [ce qui, pour de la part de 'socialistes' semble inattendu et lourd de sous-entendus d'échecs multiples et accumulés !] (...) "Chacun doit veiller à ne pas exacerber les divergences" exhorte-t-il...

"Non, la gauche n'est pas morte", nie-t-il, affirmant sérieusement que le premier tour des élections départementales aurait encore confirmé un souffle d'énergie vitale, bien qu'arrivé au 3e rang, derrière l'extrême droite. "Mais la gauche est en danger de mort : elle court le risque de n'être plus qu'une force politique résiduelle, la nostalgie d'un temps révolu. C'est d'ailleurs une situation qui n'est pas propre à la France [une comparaison toujours facile en état de détresse]: au sein du G20, à peine un tiers des grands pays de la mondialisation comptent encore une gauche qui soit une force politique réelle. [Quand commence-t-on à être -ou ne plus être- ce qu'on prétend être ?] En Europe même, berceau de la social-démocratie, elle résiste dans le Nord, mais elle est marginalisée à peu près partout dans l'Est, menacée en Espagne et pulvérisée en Grèce. Nous sommes au coeur de ce que Gramsci [mort en 1937, fondateur du Parti communiste italien] appelait "la crise" dans ses Cahiers de prison : "Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur ­surgissent des monstres."  On est avant le Pacte germano-soviétique entre Staline et Hitler...

Quelles formes prennent les monstres aujourd'hui?
Des populismes politiques aux extré­mismes religieux [ils ont eu beau soutenir les printemps arabes, anti-chambres du fanatisme islamiste], il s'agit de tout ce qui nous fait sortir du cadre ancien et structuré de la démocratie. [Ces extrémismes n'incluent plus l'extrême gauche: pour la blanchir, il aura suffi de la rebaptiser "gauche radicale"]. 

Le Parti socialiste peut-il être le pilier autour duquel la gauche française va se restructurer?
[La question porte la réponse...] Oui. Je ne crois pour la France ni à un scénario Syriza (restructurer la gauche autour de l'extrême gauche) ni à un scénario Podemos (restructurer la gauche autour d'un mouvement social). Outre que la crise est, malgré tout, bien moins profonde en France qu'en Grèce ou en Espagne, [et, pour le bien de la démonstration, on va tout de suite savoir pourquoi] ce qui caractérise la France, c'est davantage la droitisation du pays que l'ouverture d'un espace à l'extrême gauche. [une affirmation péremptoire qui fait l'économie d'une démonstration difficile] Le chemin le plus rapide reste donc celui d'une reconstruction autour du PS. [Ce que l'extrême gauche conteste précisément aux socialistes hégémoniques] 

Ne faut-il pas commencer par redéfinir le PS? Quel visage doit avoir le socialisme de demain, celui de Martine Aubry ou celui d'Emmanuel Macron?
Contrairement à d'autres, à gauche, je ne sous-estime pas l'importance de ce que vous appelez le "visage" : la personnification n'est pas simplement un travers de la Ve République [avec Valls, on parle néanmoins d'"incarnation" et celle-ci, contestée à droite comme à gauche, notamment les "frondeurs", ne doit rien à la droite], c'est aussi l'une des caractéristiques de la vie politique contemporaine -on le voit par exemple en Italie, autour de Matteo Renzi [dont on voit déjà qu'il ne réussit pas mieux que Valls, selon l'auteur, dans Libération, de 'Cahuzac, Moscovici, Valls faisaient com’ si de rien n’était']. Quant à "demain", si "demain" évoque l'élection de 2017, la logique voudrait que le visage de la gauche soit celui de François Hollande [c'est-à-dire, le visage social-démocrate, mou et flou]

Pourtant, François Hollande est l'un des problèmes de la gauche française, l'une des causes de sa mort annoncée!
Mais les difficultés de la gauche française dépassent, et de loin, la personne de François Hollande ! Depuis 1965, le président de la République sortant, au terme de son premier mandat, a toujours été candidat à sa propre succession. Toujours ! La logique institutionnelle, qui est d'ailleurs identique dans les autres grandes démocraties, c'est donc que François Hollande soit candidat. On peut redouter, compte tenu de ce qui s'est passé depuis trois ans, que le cycle de défaites aille jusqu'en 2017. Mais la logique des scrutins... [Et des sondages... Quelle est donc la logique qui trouvera grâce auprès de Finchelstein ?] L'histoire n'est pas écrite, elle dépendra des résultats économiques, de la poursuite des réformes, de l'offre politique, de la campagne de 2017 elle-même... [Faut-il être une lumière pour l'affirmer?] Il [Hollande??]  demeure un chemin vers la victoire. [Faut-il vraiment que la Fondation Jean-Jaurès soit à la rue! Ils auront simplement observé que, depuis plusieurs semaines, Hollande se tient désormais bravement à distance de tout ce qui fâche les Français et n'assure plus que les séances publiques de compassion, la présidence de cellules de crise et les tweets édifiants], même si c'est un petit chemin escarpé de montagne plutôt qu'une ­autoroute à six voies. 

S'agit-il d'un problème de valeurs ou simplement de résultats électoraux?
Ce n'est pas du tout un problème de valeurs -d'ailleurs, si tel était le cas, la gauche serait morte. [LOL] Le coeur de l'identité de la gauche, c'est l'égalité. Or, dans le monde comme en France, la question de l'égalité n'est pas derrière nous, elle est devant nous. [Un douloureux aveu d'échec pour les socialistes du XXe siècle: Jaurès est mort en 1914...] Ecole, logement, santé, emploi, patrimoine, numérique... il y a de quoi faire. [Mitterrand (1981-1995: 14 ans) et Jospin (1997-2002) n'ont-ils pas exercé le pouvoir?] Ce ne sont pas les valeurs qui sont en crise, ce sont les moyens d'action politique : les leviers traditionnels de la gauche, comme l'Etat, la ­dépense publique ou la redistribution, sont malmenés par la mondialisation. [Que faut-il à l'Etat-PS -tous les pouvoirs aux mains d'un seul- pour que le socialisme ait les moyens de fonctionner ?] C'est pourquoi je plaide pour que la gauche reste centrée sur cette question de l'égalité et qu'elle repense en profondeur tous les moyens d'y parvenir. [Les classes moyennes, notamment les familles et les petites entreprises, n'ont-elles donc pas déjà assez donné, en trois longues années ?]

Le PS n'est-il pas trop divisé en son sein même pour réussir sa rénovation?
C'est une idée à la mode, que je ne partage pas : le Parti socialiste est divisé, mais il l'est beaucoup moins profondément que dans les années 1970 ou 1980 [seuls les retraités peuvent confirmer pour avoir vécu ces  30 années évoquées et le quinqua Finchelstein parle d'or, sur la base de connaissances livresques] : les divergences entre François Mitterrand et Michel Rocard sur l'économie, ou entre François Mitterrand et Jean-Pierre Chevènement sur l'Europe, étaient infiniment plus profondes qu'entre les frondeurs et le gouvernement de Manuel Valls ! [A ce détail près de l'Histoire selon Finchelstein que les années considérées connaissaient la prospérité et non pas la crise] En revanche, la perception de ces divergences par l'opinion, dans notre société surmédiatisée, est beaucoup plus importante. [Le "ressenti" est "une idée à la mode" à laquelle sacrifie -au besoin- la "plume de la plume de Jospin "] L'expression de la différence est payante dans une logique médiatique individuelle, mais coûteuse dans une logique politique collective. [Le PS devra-t-il faire verser la France au fossé du totalitarisme ?]

Quelle leçon faut-il en tirer?
L'un des grands défis du PS, c'est de retrouver le sens du collectif [dictature des juges rouges, de la presse partisane, des associations militantes, des syndicats radicaux ou des 'hussards de la République" ?] Il ne s'agit pas que tous ceux qui pensent différemment se taisent [l'idée aurait-elle effleuré ce membre du think tank mondain Le Siècle ?]; simplement, chacun doit veiller à ne pas exacerber les divergences. [Même celles de l'opposition républicaine? A l'UMP, ils attendent de voir ça!]

A trop s'occuper des minorités, le PS a-t-il oublié le coeur de son électorat, qui se sent aujourd'hui exclu du système?
Ce qui caractérise les comportements électoraux, c'est de plus en plus la mobilité [un constat dont Finchelstein fait un amalgame]. Penser qu'on a un électorat captif est totalement archaïque ! [L'idée que découvre le penseur en chef de la Fondation Jean-Jaurès est archaïque depuis longtemps !] De la même manière, croire qu'il est possible d'apporter des réponses ciblées est un leurre, car ces demandes sont très ­souvent contradictoires... [Egaré entre leurre et archaïsme, Finchelstein en appelle à son GPS] Il faut [yapuka] donc s'adresser à l'ensemble des Français, à travers une stratégie de l'offre, en privilégiant ce que Laurent Bouvet [EHESS, directeur de l'observatoire de la vie politique à la Fondation Jean-Jaurès] appelle le "commun" [le "peuple", pour éviter de dire la "populace", quand on est comme lui membre de la Gauche populaire, avec Laurent Baumel ou François de Rugy]. 
Le grand enjeu est de savoir si le débat va se structurer autour de la question de l'égalité ou de celle de l'identité. Je pense que l'intérêt de notre pays -pas seulement de la gauche - c'est de ne pas exacerber la question de l'identité, sur laquelle, dans une société en tension [du fait de l'immigration non maîtrisée et du communautarisme], il est plus difficile de trouver des compromis.

Faudra-t-il un jour que le PS choisisse entre Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou?
En 2012, Jean-Luc Mélenchon et François Bayrou ont appelé à voter François Hollande. En 2015, aucun des deux ne le soutient plus. [voilà des boucs émissaires idéaux, mais sans plus de stigmatisation larvée que celle visant la candidate Taubira à la présidentielle de 2002] Je considère que la rupture avec Mélenchon est ­irréversible -même s'il faut continuer à débattre avec lui [même si on ne débat pas avec le Syrien al-Assad] et, surtout, essayer de convaincre toute la gauche. [Les départementales n'en sont qu'à l'entre-deux tours et les Régionales sont pour décembre] Mais enfin il y a, au-delà de la violence du verbe, des actes : le vote de la motion de censure, le refus de se désister dans le Doubs... [Finchelstein arrive enfin au terme de son cabotage en forme de raisonnement] Il faut prendre garde à ne pas donner corps au clivage que Mélenchon veut substituer au clivage entre la droite et la gauche, celui qui se serait creusé entre le peuple et les élites -ce qu'il appelle l'"oligarchie".   

Quant au rapprochement avec Bayrou, il est ­aujourd'hui hypothétique : la fenêtre ouverte en 2012 s'est refermée, mais, en fonction de ce que sera la candidature de l'UMP, qui peut exclure qu'elle s'ouvre à nouveau en 2017 ? La dynamique, en tout cas, ne peut venir que du président de la République, sachant que, pour gagner, il lui faudra d'abord ­rassembler.

La "dynamique" de Hollande... l'élégant Finchelstein a de ces idées !
Les Français ont vu ce que donne la "dynamique" de Hollande en matière de redressement de l'emploi, de la dette oublique ou du pouvoir d'achat. Pas cet intello-bobo ! 
Ce diagnostic de la mort annoncée du PS  de la gauche est celui d'un rebouteux.

mardi 10 mars 2015

Valls hystérise la France et Aubry le rappelle à la "raison" plutôt qu'à l'"émotion"

Valls se défend de tout "calcul politicien" en disant sa "peur" d'une victoire du FN

Après avoir évoqué sa "peur"
de voir le FN gagner aux prochaines départementales, Manuel Valls a nié  tout "calcul politicien".


"Je n'ai pas peur pour moi (...) J'ai peur pour mon pays, j'ai peur qu'il se fracasse contre le Front National." Dimanche 8 mars sur i-télé/Europe 1/Le Monde, avec l'outrance de l'anaphore, le chef du gouvernement a martelé la peur que le FN ne réalise un "score sans précédent" à l'occasion des élections départementales des 22 et 29 mars.
"Mon angoisse, puis-je vous parler de mon angoisse, de ma peur pour le pays ? a-t-il pompeusement interrogé. C'est le FN à 30%, pas au deuxième tour, mais au premier tour des élections départementales", a tremblé Manuel Valls. Occultant au passage le premier parti de France, le premier ministre a encore fait une fixation sur le parti de Marine Le Pen, y voyant "déjà le premier parti de France aux élections européennes. Il peut l'être de nouveau à l'occasion des élections départementales", a-t-il dramatisé. "Je revendique la stigmatisation de Marine Le Pen, le FN n'apporte aucune solution, ni pour les départements, ni pour le pays (...) et en plus c'est un programme qui jettera les Français les uns contre les autres", a estimé le diviseur de la France comme du Parti socialiste.
VOIR et ENTENDRE le premier ministre brandir la peur de 30% (voire 33) d'électeurs français:


"Notre pays n'a jamais connu ça", la menace FN, admet Manuel Valls qui monte par ailleurs dans les tours quand on lui fait observer que le FNPS n'est pas seulement une caricature de l'UMPS.

Or, lundi 9 mars, à défaut d'être un meneur d'hommes, ce communicant a rétropédalé du registre de l'émotion à celui du combat 

Modifiant son discours outrancier qui, de surcroît, diabolise les électeurs du FN, il a appelé à ne pas "fuir" cette peur, mais à la "regarder en face" et à "combattre". Plutôt que de travailler au redressement des courbes de l'emploi, de la croissance et du pouvoir d'achat, Valls était encore en campagne lundi 9, à Bresles (Oise) près de Beauvais. Au risque de déplaire aux détracteurs de la nouvelle chanson des Enfoirés qui soutient activement les "Restos du coeur" et exhorte les jeunes à "se bouger", le frère Valls a prêché l'action lors du meeting de Bresles. "Le courage en politique - comme dans la vie - c'est d'accepter cette peur et de la dépasser ! Il ne faut jamais fuir les sujets. Je ne remiserai jamais mes convictions derrière je ne sais quel calcul politicien", a-t-il assuré.
Cette ingérence de l'exécutif dans le débat démocratique se comprend d'autant mieux quand on sait la menace qui pèse sur l'Essonne, département de Valls, ancien député-maire d'Evry. Un sondage Odoxa paru dimanche donne en effet l’UMP et l’UDI en tête au premier tour dans son fief, avec 25 % des voix, devant le PS (22 %) au coude à coude avec le FN (20 %), puis le FG (16 %). "Je n'ai pas peur pour moi," déclare-t-il pourtant.


Le premier ministre compte abandonner les affaires de l'Etat une dizaine de fois, sans compter ses "visites de terrain" intéressées dans l'exercice de ses fonctions et avec les moyens de l'Etat. Ainsi, quand ce n'est pas le lundi, dès le jeudi 26 février, soit un mois avant le scrutin, Valls avait-il fait son premier meeting de campagne dans l'Aude, à Palaja, puis un deuxième, vendredi 27 à Betton, une petite commune à l'est de Rennes. Et le 28 février, le premier ministre faisait son marché de voix au centre de Rennes, escorté de la ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem, et de la maire socialiste de Rennes, Nathalie Appéré.

"Dire cela, ce n'est pas céder à la panique"
Après avoir monté le FN en épingle pour mieux abattre l'UMP, lundi soir dans l'Oise, le mono-maniaque a dénoncé un débat "assez étrange."  Les propos de Manuel Valls sur sa "peur" d'une victoire du Front national avaient en effet provoqué de nombreux remous sur l'ensemble de l'échiquier politique, avec de vives critiques de toutes parts.

Pour le JDD, Montvallon souligne que le premier ministre ne parvient pas à se dégager de la pression des événements:  

L'ensemble du monde politique dénonce sa fuite en avant
"Je ne veux pas..., je ne veux pas..., je ne veux pas...., jamais." Les incantations de Valls ne trompent personne sur le désarroi où les échecs cumulés de sa politique l'ont conduit. D'Emmanuelle Cosse (EELV) à Henri Guaino (UMP), en passant par François Bayrou (MoDem) tous l'appelaient à se ressaisir. La fonction de chef du gouvernement requièrent plus de maîtrise. "Le vocabulaire de la peur, de l'angoisse. Cela ne devrait pas être le vocabulaire des gouvernants. Surtout lorsque ces gouvernants sont directement mis en cause par une poussée de contestation. Je trouve que ce vocabulaire est inadapté", déclarait François Bayrou sur RTL.


Valls change de ton, mais peut-il combattre sa pathologie ? 

"Certains se demandent si en en parlant, je ne fais pas le 'jeu', je mets des guillemets, du Front national (...). Mais, enfin ! L'extrême droite, elle est déjà au centre du débat, elle est même en tête des sondages (...) Et c'est pour cela qu'il faut sonner l'alerte", s'est-il justifié.
"Je ne veux pas pour mon avenir, pour nos enfants, nos petits-enfants, d'un avenir Front national !", a lancé le chef du gouvernement devant environ 400 curieux de l'animal politique. "Dire cela, ce n'est pas céder à la panique, ce n'est pas céder à la peur", a insisté Valls, sur la défensive et dans la justification.

Le pouvoir aux mains d'un homme au bord du burn-out
Face au FN, Manuel Valls espère encore mobiliser la gauche, mais sa méthode agressive, outre les violences verbales inouïes de sa garde des Sceaux, Christiane Taubira, et même l'autisme de Bruno Le Roux, casquette enfoncée jusqu'aux oreilles, tous mettent l'opinion à saturation de leurs personnes et de leur politique.

VOIR et ENTENDRE aussi la maire PS de Lille, Martine Aubry, planter sa banderille sous anesthésie locale de socialistes godillots :


En fait, Martine Aubry en dit un peu plus que ce que rapportent certains media. "Il ne faut pas avoir peur, il faut combattre, et d'abord s'adresser à la raison des citoyens":



TextO’ : Martine Aubry : "Il faut pas avoir... par Lopinionfr
A deux semaines des élections départementales, en s'attaquant à l'extrême droite, Manuel Valls espère déresponsabiliser le pouvoir socialiste de sa défaite annoncée en culpabilisant les Français. Privilégier la raison plutôt que l’émotion ne l’a pas empêchée de culpabiliser les abstentionnistes de gauche : "Il ne faudra pas se plaindre après [le premier tour]. Il ne faudra pas dire le lendemain "je n’ai pas compris", comme en 2002." Tandis que Jack Lang (PS) comprend l'agité ou que Jean-Vincent Placé (EELV) garde le pantalon sur les chevilles - à la façon de Frédo Mitterrand (lien PaSiDupes)- alors que Nicolas Dupont-Aignan ou Claude Goasguen le trouvent "angoissant" ou "gonflé" pour sa démesure de type frontiste, la Ch'tite Aubry, elle aussi, à la différence du petit soldat Juliette Méadel, non élue, est donc dans la peur -la peur archaïque de 2002-  sauf que la sexagénaire n'en a pas conscience.

En somme, pour le PS, les électeurs ont toujours tort: non à la peur, oui à la fessée ? 



mardi 17 juin 2014

SNCF: Hollande joue son image de fermeté sur le pourrissement de la grève

Examen en trois jours du texte de réforme ferroviaire à l'Assemblée

Au septième jour de la grève des cheminots, 

ce n'est plus le moment de lâcher, selon les syndicats CGT et SUD-Rail qui refusent de désarmer mardi au moment oû les députés entament l'examen de la réforme ferroviaire à l'origine du conflit.


Dans l'après-midi, les parlementaires commenceront à débattre du projet de loi gouvernemental, avec pour objectif médiatique de stabiliser la dette de 44 milliards d'euros du secteur ferroviaire et avec pour finalité économique d'ouvrir totalement le réseau à la concurrence, comme c'est déjà le cas pour le fret. Pour ce faire, le texte prévoit de réunir à nouveau  la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau, dans une holding publique. Près de 400 amendements ont été déposés, émanant de tous les groupes, car le PS lui-même est divisé sur le projet qui détricote .

Face à ce projet, à l'origine de la grève, 

Le 16/6/2014, dans une cour de Saint-Lazare, 
les grévistes SNCF votent la reconduction de 
la grève en AG, par 220 voix pour, 0 contre
la CGT et SUD-Rail n'ont pas désarmé "malgré une érosion continue du taux de participation au conflit, de 14,8% lundi contre 27,64% le premier jour de grève," lit-on dans la presse gouvernementale. Alors que la SNCF annonce 14% de grévistes aujourd'hui, la CGT dénonce une guerre des chiffres. "Je conteste les chiffres de la SNCF ! En 2010, quinze jours de grève : nous avions intercepté des mails de la direction générale en direction des régions, leur indiquant de ne pas publier les chiffres des grévistes, de ne pas les communiquer aux syndicats avant que l'Elysée les repasse à la moulinette", dénonçait Didier Le Reste, ancien secrétaire national de la CGT Cheminots, ce matin sur Europe 1.


Aux gares de l'Est et St-Lazare à Paris la grève est reconduite jusqu'à mercredi 11h et que le mouvement se radicalise avec des actions illégales. Invité de la Matinale de France Inter, Frédéric Cuvillier, a fait part d’ "exactions" perpétrées sur le réseau ferré. "Des blocages d’aiguillages et des incendies volontaires ont eu lieu sur le réseau". Ce mardi matin, le train Marseille-Nîmes a été brièvement bloqué à l'entrée de la ville par la présence de manifestants sur les voies. Ils ont appelé lundi soir les cheminots à "faire grandir le rapport de force" après avoir été reçus par la direction de la SNCF. Ils l'accusent d'avoir "joué la provocation en radicalisant" son attitude envers les grévistes et d'avoir jugé "les revendications des cheminots hors-sujet".

Suite aux signes de fermeté émis par Hollande et Valls (cette grève n'est "pas utile et pas responsable", selon lui sur France Info), l'hebdomadaire Le Point assurait dès le 3e jour que le mouvement s'essoufflait ( lien: "Grève à la SNCF : la mobilisation faiblit".  "La participation à 10 h 30 est de 17,49 % contre 22,64 % jeudi, soit un recul de 5 points. Le recul est de 10 points par rapport à mercredi, toute première journée de grève." C'était une affirmation en date du 13 juin.


Le Dr. Jean-Marie Le Guensecrétaire d'État aux relations avec le Parlement, est passé à l'offensive mardi, dénonçant avec véhémence les "jamais-contents" qui n'en ont "jamais assez" et prennent "en otages" les voyageurs. Sur France Inter, ce membre du gouvernement socialiste a joué la division, stigmatisant une "petite minorité de gens" qui "ont des problèmes entre eux".

VOIR et ENTENDRE ce briseur de grève, représentant de la "gauche sociale":

Or, les questions abordées avec la direction portaient sur les salaires, l'emploi, les conditions de travail et non pas sur la réforme, mais pour la CGT-cheminots et SUD-Rail "tout est lié".

Le mouvement ne faiblit pas

A la vérité,
des rassemblements sont prévues dans la matinée du 17 juin à Paris et dans toute la France "pour exiger une autre réforme et l'ouverture de négociations". Pour la CGT et SUD-Rail, les cheminots en sont à leur 7e jour de grève avec "aucune négociation réellement entamée que ce soit du côté du gouvernement ou de la direction SNCF". A leurs yeux, "le projet de loi demeure fortement néfaste pour le service public SNCF et les cheminots" en dépit des "engagements" du gouvernement qui ont conduit à un accord avec l'UNSA et la CFDT, proche du PS, la semaine dernière.

La manipulation de l'opinion s'intensifie
Le pouvoir travaille l'opinion et, depuis deux jours, BFMTV sort des témoignages d'usagers sélectionnés pour leur exaspération. Un sondage sur-mesure a paru ce jour dans Le Parisien/Aujourd'hui en France: selon l'entreprise Harris interactive, plus des trois quarts des Français (76%) se diraient opposés à une grève dont ils ne connaissent pas les enjeux, 22% y étant favorables.

La manipulation des chiffres bat son plein. Alors que les usagers manifesteraient un mécontentement grandissant, les media aux ordres promettent une "amélioration notable" du trafic ferroviaire notamment sur les lignes régionales et en région parisienne, au deuxième jour des épreuves du baccalauréat, utilisé comme moyen de pression depuis ce weekend. Les trains qui permettent aux candidats de rejoindre les centres d'examen "seront à nouveau particulièrement suivis", rassure la SNCF. "Ils feront de nouveau l'objet d'une information spécifique", précise-t-elle.


En moyenne, six TER sur dix circuleront, mais seulement 4 Intercités sur 10. En Ile-de-France, la circulation sera seulement d'un train sur deux. Seul le RER A connaîtra un trafic normal. Sur le RER B, la circulation sera d'un train toutes les dix minutes à Paris Nord et sur le RER D d'un train tous les quarts d'heure aux heures de pointe. Un train sur trois circulera sur les RER C et E.
Sur les grandes lignes les usagers disposeront de deux TGV sur trois sur l'axe Est, six TGV sur dix sur les axes Nord et Atlantique, mais quatre TGV sur dix sur l'axe Sud-Est et les relations province-province.

Un moteur de recherche permet de rechercher train par train
les disponibilités et les horaires de départ, consultable ici.
Deux numéros verts ont été mis en place pour les usages. 
Pour l'info trafic Grandes Lignes 0 805 90 36 35
et pour l'info trafic Transiliens : 0 805 70 08 05.

Passage en force annoncé à l'Assemblée
Le débat à l'Assemblée, prévu pour ne durer que de mardi après-midi à jeudi, malgré les tensions de toutes parts, doit débuter par un discours du ministre des Transports, F. Cuvillier, et sera suivi par deux motions de procédure contre le projet qui n'ont aucune chance d'être adoptées.

Après la discussion générale, d'environ deux heures et demie,
l'examen du texte ne devrait pas débuter avant la nuit, article par article, amendements par amendements.
Ce texte prévoit un retour à la situation ante, avec une organisation réunifiée avec à sa tête un établissement public à caractère industriel (Epic) nommé SNCF. Cet Epic, dit encore Epic "mère", chapeautera deux Epic "filles": "SNCF Mobilités", soit l'actuelle SNCF, qui exploitera les trains et "SNCF Réseau", l'actuel Réseau ferré de France (RFF) qui gère l'infrastructure avec SNCF Infra.

Selon le député PS de Gironde, Gilles Savaryrapporteur à l'Assemblée du texte gouvernemental de loi (mais ce Bordelais est président du Conseil supérieur de l'...aviation civile), les amendements mettent notamment à mal  la garantie d'institutions représentatives du personnel communes aux trois Epic, avec en particulier un Comité central d'entreprise commun. Ils confirmeront aussi les missions de l'Epic de tête qui aura en charge la gestion du personnel.