Mais Macron "gardera le cap", lance Edouard Philippe
A l'écoute, mais inflexible, son premier ministre a réaffirmé la volonté de l'exécutif d'aller jusqu'au bout. Quoi qu'il arrive ?
Réaliser la transition écologique à 80 km/h, sinon...
Frontalement, Edouard Philippe a réitéré sa détermination à se boucher les yeux au spectacle de la souffrance des Français: il la voit, il l'entend et il l'assume...Dès les premières minutes de l'entretien sur France 2, dimanche 18 novembre, il a dit qu'il gardera le cap...
Le locataire de Matignon dit comprendre le ras-le-bol exprimé par les "gilets jaunes" : "Je le comprends et le gouvernement fera en sorte que dès cette année le niveau d'impôts et de taxes diminue". Sauf que les Français sont vaccinés, depuis qu'ils se sont laissés surprendre par la "loi Travail" passée en force, contre leur volonté, grâce à l'usage de l'article 49.3.
Il se refuse à alléger la taxe carbone : "La trajectoire carbone que nous avons fixée, nous allons la tenir".
Des annonces fin novembre
Le "nouveau monde" de Macron n'est pas différent de celui de Hollande : lorsqu'il le conseillait à l'Elysée, puis lorsqu'il le servait à Bercy, Macron avait sa part de responsabilité dans les annonces de Moscovici et Montebourg, aussi bien que de Sapin, qui ne cessaient de promettre le redressement de la courbe de l'emploi pour décembre 2012, puis chaque mois d'après. Il n'est plus possible de promettre quoi que ce soit pour bientôt.
L'entretien se poursuit sur la souffrance et le sentiment de déclassement de certains Français : ce terme de "sentiment" vise à discréditer la perception fausse qu'ont "certains" d'entre eux, ce qui est intolérable de la part de la presse véhiculant des "éléments de langage" désobligeants. "On a entendu au cours des manifestations de la colère et de la souffrance, l'absence de perspective", déclare Edouard Philippe comme s'il suffisait de dire qu'il "comprend" pour masquer la réalité d'une situation que ce gouvernement d'amateurs arrogants ne maîtrise pas.
Les Français n'en peuvent plus d'attendre des jours meilleurs.
Dans le journal de France 2 dimanche 18 novembre, Philippe s'est adressé aux "drogués" à la voiture, persistant à évoquer toujours le même plan de 500 millions d'euros qui va accompagner les Français, certains d'entre eux qui bénéficient déjà d'aides de toutes sortes qui pleuvent de toutes parts. Quand associeront-ils les classes moyennes - constamment sollicitées sans retour - , si la transition écologique est d'une urgente nécessité pour tous, comme ils le disent ?
Les automobilistes doivent continuer à se projeter dans l'avenir : des annonces seront faites en matière d'énergie et de transports dès la fin du mois, mais seront-elles à la hauteur de la détresse des ruraux et des retraités ? Et des retraités des campagnes qui cumulent tous les handicaps.
Et nous reviendrons aussi sur les déclarations des blancs-becs trentenaires que Legendre a lâché sur toutes les chaînes de radio et de télévisionpour relayer la parole officielle : ces interventions sont en fait du plus mauvais effet sur les populations en "souffrance". Ils ne savent pas ce qu'ils font, mais faut-il encore longtemps leur pardonner?
Examen en trois jours du texte de réforme ferroviaire à l'Assemblée
Au septième jour de la grève des cheminots,
ce n'est plus le moment de lâcher, selon les syndicats CGT et SUD-Rail qui refusent de désarmer mardi au moment oû les députés entament l'examen de la réforme ferroviaire à l'origine du conflit.
Dans l'après-midi, les parlementaires commenceront à débattre du projet de loi gouvernemental, avec pour objectif médiatique de stabiliser la dette de 44 milliards d'euros du secteur ferroviaire et avec pour finalité économique d'ouvrir totalement le réseau à la concurrence, comme c'est déjà le cas pour le fret. Pour ce faire, le texte prévoit de réunir à nouveau la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau, dans une holding publique. Près de 400 amendements ont été déposés, émanant de tous les groupes, car le PS lui-même est divisé sur le projet qui détricote .
Face à ce projet, à l'origine de la grève,
Le 16/6/2014, dans une cour de Saint-Lazare,
les grévistes SNCF votent la reconduction de
la grève en AG, par 220 voix pour, 0 contre
la CGT et SUD-Rail n'ont pas désarmé "malgré une érosion continue du taux de participation au conflit, de 14,8% lundi contre 27,64% le premier jour de grève," lit-on dans la presse gouvernementale. Alors que la SNCF annonce 14% de grévistes aujourd'hui, la CGT dénonce une guerre des chiffres. "Je conteste les chiffres de la SNCF ! En 2010, quinze jours de grève : nous avions intercepté des mails de la direction générale en direction des régions, leur indiquant de ne pas publier les chiffres des grévistes, de ne pas les communiquer aux syndicats avant que l'Elysée les repasse à la moulinette", dénonçait Didier Le Reste, ancien secrétaire national de la CGT Cheminots, ce matin sur Europe 1.
Aux gares de l'Est et St-Lazare à Paris la grève est reconduite jusqu'à mercredi 11h et que le mouvement se radicalise avec des actions illégales.Invité de la Matinale de France Inter, Frédéric Cuvillier, a fait part d’ "exactions" perpétrées sur le réseau ferré."Des blocages d’aiguillages et des incendies volontaires ont eu lieu sur le réseau". Ce mardi matin, le train Marseille-Nîmes a été brièvement bloqué à l'entrée de la ville par la présence de manifestants sur les voies. Ils ont appelé lundi soir les cheminots à "faire grandir le rapport de force" après avoir été reçus par la direction de la SNCF. Ils l'accusent d'avoir "joué la provocation en radicalisant" son attitude envers les grévistes et d'avoir jugé "les revendications des cheminots hors-sujet".
Suite aux signes de fermeté émis par Hollande et Valls (cette grève n'est "pas utile et pas responsable", selon lui sur France Info), l'hebdomadaire Le Point assurait dès le 3e jour que le mouvement s'essoufflait ( lien: "Grève à la SNCF : la mobilisation faiblit". "La participation à 10 h 30 est de 17,49 % contre 22,64 % jeudi, soit un recul de 5 points. Le recul est de 10 points par rapport à mercredi, toute première journée de grève." C'était une affirmation en date du 13 juin.
Le Dr. Jean-Marie Le Guen, secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, est passé à l'offensive mardi,dénonçant avec véhémence les "jamais-contents" qui n'en ont "jamais assez" et prennent "en otages" les voyageurs.Sur France Inter, ce membre du gouvernement socialiste a joué la division, stigmatisant une "petite minorité de gens" qui "ont des problèmes entre eux".
VOIR et ENTENDREce briseur de grève, représentant de la "gauche sociale":
Or, les questions abordées avec la direction portaient sur les salaires, l'emploi, les conditions de travail et non pas sur la réforme, mais pour la CGT-cheminots et SUD-Rail "tout est lié".
Le mouvement ne faiblit pas
A la vérité, des rassemblements sont prévues dans la matinée du 17 juin à Paris et dans toute la France"pour exiger une autre réforme et l'ouverture de négociations". Pour la CGT et SUD-Rail, les cheminots en sont à leur 7e jour de grève avec "aucune négociation réellement entamée que ce soit du côté du gouvernement ou de la direction SNCF". A leurs yeux, "le projet de loi demeure fortement néfaste pour le service public SNCF et les cheminots" en dépit des "engagements" du gouvernement qui ont conduit à un accord avec l'UNSA et la CFDT, proche du PS, la semaine dernière.
La manipulation de l'opinion s'intensifie
Le pouvoir travaille l'opinion et, depuis deux jours, BFMTV sort des témoignages d'usagers sélectionnés pour leur exaspération.Un sondage sur-mesure a paru ce jour dans Le Parisien/Aujourd'hui en France: selon l'entreprise Harris interactive, plus des trois quarts des Français (76%) se diraient opposés à une grève dont ils ne connaissent pas les enjeux, 22% y étant favorables.
La manipulation des chiffres bat son plein. Alors que les usagers manifesteraient un mécontentement grandissant, les media aux ordres promettent une "amélioration notable" du trafic ferroviaire notamment sur les lignes régionales et en région parisienne, au deuxième jour des épreuves du baccalauréat, utilisé comme moyen de pression depuis ce weekend. Les trains qui permettent aux candidats de rejoindre les centres d'examen "seront à nouveau particulièrement suivis", rassure la SNCF. "Ils feront de nouveau l'objet d'une information spécifique", précise-t-elle.
En moyenne, six TER sur dix circuleront, mais seulement 4 Intercités sur 10. En Ile-de-France, la circulation sera seulement d'un train sur deux. Seul le RER A connaîtra un trafic normal. Sur le RER B, la circulation sera d'un train toutes les dix minutes à Paris Nord et sur le RER D d'un train tous les quarts d'heure aux heures de pointe. Un train sur trois circulerasur les RER C et E.
Sur les grandes lignes les usagers disposeront de deux TGV sur trois sur l'axe Est, six TGV sur dix sur les axes Nord et Atlantique, mais quatre TGV sur dix sur l'axe Sud-Est et les relations province-province.
Un moteur de recherche permet de rechercher train par train,
les disponibilités et les horaires de départ, consultable ici.
Deux numéros verts ont été mis en place pour les usages.
Pour l'info trafic Grandes Lignes 0 805 90 36 35,
et pour l'info trafic Transiliens : 0 805 70 08 05.
Passage en force annoncé à l'Assemblée
Le débat à l'Assemblée, prévu pour ne durer que de mardi après-midi à jeudi, malgré les tensions de toutes parts, doit débuter par un discours du ministre des Transports, F. Cuvillier, et sera suivi par deux motions de procédure contre le projet qui n'ont aucune chance d'être adoptées.
Après la discussion générale, d'environ deux heures et demie, l'examen du texte ne devrait pas débuter avant la nuit, article par article, amendements par amendements.
Ce texte prévoit un retour à la situation ante, avec une organisation réunifiée avec à sa tête un établissement public à caractère industriel (Epic) nommé SNCF. Cet Epic, dit encore Epic "mère", chapeautera deux Epic "filles": "SNCF Mobilités", soit l'actuelle SNCF, qui exploitera les trains et "SNCF Réseau", l'actuel Réseau ferré de France (RFF) qui gère l'infrastructure avec SNCF Infra.
Selon le député PS de Gironde, Gilles Savary, rapporteur à l'Assemblée du texte gouvernemental de loi (mais ce Bordelais est président du Conseil supérieur de l'...aviation civile), les amendements mettent notamment à malla garantie d'institutions représentatives du personnel communes aux trois Epic, avec en particulier un Comité central d'entreprise commun. Ils confirmeront aussi les missions de l'Epic de tête qui aura en charge la gestion du personnel.