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vendredi 17 mai 2019

Gilets jaunes : les manifestants gardent du souffle pour l'Acte XXVII de samedi

La contestation continue samedi pour la 27e fois, notamment à Reims, Saint-Nazaire ou Nancy

Les Gilets jaunes ont de nouveau prévu de manifester samedi à Paris et en province

A Paris, plusieurs rassemblements concurrents sont prevus, dont un au depart de la Defense pour finir a Montmartre.

Macron mise sur un pourrissement, ajoutant au mépris le cynisme. 
Six mois, jour pour jour, après le début du mouvement, les Gilets jaunes ont de nouveau prévu de manifester samedi à Paris et en province pour l'acte 27, alors que ces dernières semaines ont été marquées par une baisse progressive et naturelle des effectifs de la mobilisation. Selon le ministère de l'Intérieur, environ 19.000 militants ont manifesté samedi dernier en France, soit le plus bas chiffre comptabilisé depuis le 17 novembre. Les Gilets jaunes ont eux compté 45.240 personnes

On notera sans surprise que Le Point (famille Pinault) présente des chiffres qui jettent à nouveau une suspicion de manipulation de l'opinion par la presse  : le magazine choisit en effet pour référence un samedi qui contredit l'information tendancieuse d'un essoufflement. S'il est réel, il n'est pas aussi systématique qu'indiqué avec une insistance s'apparentant à une 'fake news' officielle : "l'acte 26 samedi dernier avait réuni 18 600 manifestants en France selon le décompte officiel contesté par les porteurs de chasuble, qui en dénombraient 37 500".


A Paris, ce samedi, plusieurs rassemblements parallèles sont prévus, dont un au départ de la Défense pour finir à Montmartre. Un autre envisage de défiler sur les Champs-Elysées, mais l'avenue est, depuis plusieurs semaines, interdite à la manifestation.

La préfecture de police de Paris a décidé d'interdire les rassemblements dans un périmètre comprenant le Palais de l'Elysée et l'Assemblée nationale et sur les Champs-Elysées, comme chaque semaine depuis les incidents du 16 mars dans la capitale. Les abords de la cathédrale Notre-Dame sont également interdits par mesure de sécurité.


Un appel national est lancé pour un importante manifestation à Reims

Un appel national pour se rendre dans cette ville a été publié sur les réseaux sociaux.
Un événement Facebook prévoit néanmoins une manifestation sur les Champs-Elysées. "Le 18 mai, on regagne notre droit de manifester sur les Champs-Elysées sans glyphosate! On se bat pour protéger notre écosystème contre les gros pollueurs!", peut-on lire. 
Le collectif ajoute être prêt à attaquer l'arrêté de la préfecture devant le tribunal administratif.

Deux autres événements Facebook ont été lancés à Paris. 
L'un "contre la hausse du carburant avec les femmes en tête". 
Un second contre "le racket organisé", organisé par le groupe Paris Banlieue des Gilets jaunes. 

D'autres rassemblements sont prévus, par exemple à Besançon ou à Saint-Nazaire, où la préfecture a pris un arrêté interdisant la manifestation non déclarée des Gilets jaunes dans le centre-ville. 
A Lyon, les Gilets jaunes ont décidé de manifester sans se déclarer. "Chaque semaine, quand on déclare la manifestation, le préfet nous promet que tout se passera bien, qu'on ne se fera pas gazer et chaque semaine, ça se passe mal. Alors on a décidé de ne pas déclarer la manifestation et de changer de stratégie, de revenir aux sources", a indiqué à l'Agence France-Presse Fabrice, membre du pôle media des Gilets jaunes de la région lyonnaise.

Maxime Nicolle va faire du parapente pour promouvoir le RIC 
Cette figure du mouvement a annoncé mercredi soir dans un Facebook Live qu'il se rendra samedi à une manifestation de parapente "pour le RIC" à Saint-Hilaire-du-Touvet, près de Grenoble
Le blogueur Etienne Chouard est également annoncé. "Etienne Chouard et Maxime Nicolle font décoller ensemble le RIC [référendum d'initiative citoyenne, NDLR]! Bien connu, le petit village de St HILAIRE du Touvet dans les Alpes, est la Mecque du VOL LIBRE... Après midi PLEIN AIR...et bain de SOLEIL! 'La CIBLE c'est le RIC'", est-il écrit sur l'événement Facebook.

Les figures des Gilets jaunes s'efforcent ainsi de remobiliser les troupes cette semaine. 
"A partir du moment où vous vous dites, j'arrête, c'est que vous avez échoué", a expliqué Maxime Nicolle dans un Facebook Live mercredi soir. Dans une vidéo, il a appelé dimanche  à "arrêter les cortèges à thème". "Je ne cautionne pas du tout ces marches qui deviennent de plus en plus ridicules", a fustigé le chauffeur routier. "Plein de gens, et j'en fais partie, sont en train d'être dégoûtés du mouvement", a-t-il observé.
"On peut se planter, on peut être un peu moins dans la rue, on peut être fatigué, on peut être dépité, on peut avoir des coups de mou. Mais à partir du moment où on dit 'j'arrête', on a perdu", a-t-il fait valoir auprès de ses partisans.

Quant à Eric Drouet, il a partagé sur son groupe Facebook "La France en colère" (306.000 membres) un visuel incitant les Gilets jaunes à continuer les mobilisations : "Si vous abandonnez maintenant, tout ça aura servi à pas grand chose. Pensez à tous ces gens morts et blessés pour la cause", peut-on lire. 

Autre personnage important du mouvement, Jérôme Rodrigues a également adressé un message sur Facebook : "On mesure l'union d'une famille à sa capacité à traverser ensemble les étapes difficiles. La famille, on lâche rien. C'est un combat, on reste debout."

La campagne des européennes mobilise l'attention et les énergies.
Après 27 semaines de manifestations, le mouvement se cherche des modes d'action renouvelés. Cette semaine, la presse avait décrypté des propos d'Eric Drouet en les présentant comme une lassitude absolue : "il y a plein de gens qui sont en train d'être dégoûtés du mouvement, et j'en fais partie", avait-il pesté. 
Il mettait en fait en cause le principe des manifestations déclarées : "Les manifestations déclarées, j'en ai ras le cul. [...] Il faut arrêter de leur faciliter la tâche [au gouvernement et à la police]", a-t-il lancé. 
"Il faut se bouger [les fesses]; il faut reprendre les ronds points."

mercredi 28 novembre 2018

Rencontre pour rien avec de Rugy : un "gilet jaune" appelle à manifester samedi à Paris

Ils s'étaient mis  à trois pour "entendre" deux représentants des Gilets jaunes

Le gouvernement est resté fermé à toute écoute


Après une journée d'incertitudes et une prise de parole très verbeuse du président Emmanuel Macron, en matinée, ce mardi, Eric Drouet, l'un des porte-parole des manifestants a déploré que "les Français n'ont pas du tout été convaincus" par les paroles du président Macron.

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Après deux heures d'attente au ministère de la Transition écologique et solidaire, à l’hôtel de Roquelaure, 246 du boulevard Saint-Germain à Paris, ci-contre, avant d'être reçus mardi soir, deux représentants des gilets jaunes, Eric Drouet et Priscillia Ludosky, deux des huit porte-parole officiels du mouvement des Gilets jaunes, ont finalement pu rencontrer le ministre de la Transition écologique et solidaire, François de Rugy et ses secrétaires d'Etat Brune Poirson et Emmanuelle Wargon.
Après deux autres heures de réunion, Eric Drouet a appelé à une nouvelle manifestation samedi prochain à Paris, sur les Champs-Elysées. 
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Eric Drouet, un chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne) et père de famille âgé de 33 ans, a créé ce dimanche après-midi un événement Facebook intitulé 'Acte II : toute la France à Paris ! ! ! '. Il a ainsi donné rendez-vous aux Gilets jaunes samedi 24 novembre place de la Concorde, à Paris. A 19 heures, 11.000 personnes s’étaient déjà inscrites sur Facebook au grand rassemblement national des Gilets jaunes au 'Samedi jaune' du 24 novembre. Et 81.000 se disaient intéressées par l’événement.

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Membre d’une association de passionnés d’automobile, Muster Crew, Eric Drouet s’était placé dès la rentrée de septembre dans la roue de Priscillia Ludosky, ci-contre, cette habitante de Seine-et-Marne, près de Melun, qui a lancé la fameuse pétition contre la hausse des taxes sur le prix du carburant qui a recueilli près d’un million de signatures le dimanche soir.

Mais, mardi matin, des organisateurs du mouvement ont exprimé des réserves sur la prestation d'Eric Drouet sur le plateau de 'Bourdin Direct', sur BFMTV. Face à un Jean-Jacques Bourdin offensif, martelant les questions sur les objectifs des Gilets jaunes, Eric Drouet, qui sortait d’une nuit de travail, n’a pas fait l'unanimité dans son camp. 
  
Pourquoi réduire la colère sociale à l'écologie ?

Eric Drouet dénonce l'approche du gouvernement centrée sur l'écologie. "On avait plus de souhaits que ça; on n'était pas que sur la transition écologique, on était sur un débat beaucoup plus grand." 

Manifester de nouveau ce week-end est donc inévitable. "Il y aura le rendez-vous, comme samedi dernier, aux Champs-Elysées. Le souhait de tous les gilets jaunes, c'est de continuer chaque samedi comme ça, aux Champs-Elysées". 


Débats dans tous les départements, sur trois mois : stratégie du délitement


Rugy a admis qu'il était dépassé par l'ampleur des points de colère. 
Il enregistré que "leurs revendications, qu'ils nous ont remises sur deux pages, vont très au-delà des questions de la transition écologique".



Désireux de gagner du temps, le ministre d'Etat a réaffirmé à ses interlocuteurs que l'exécutif est prêt à "organiser des débats dans tous les départements où les citoyens [seulement ceux] qui sont impliqués dans les gilets jaunes pourront venir s'exprimer". 

Dupe de la méthode du pourrissement adoptée par Macron, l'autre porte-parole des gilets jaunes souhaite que "chaque grande région trouve ses représentants" pour parler au nom du mouvement. Priscilla Ludosky, auto-entrepreneuse également reçue au ministère a pour sa part demandé une autre réunion, en présence cette fois du "porte-parole du gouvernement ou le Premier ministre".

samedi 8 avril 2017

Guyane: les "500 frères" blessent "sérieusement" un policier lors d'une manifestation

Hollande laissera-t-il la situation pourrir jusqu'après la présidentielle ?

Un nouveau pas a été franchi  en Guyane vendredi dans le mouvement de contestation démarré il y aura trois semaines, lundi. 

Un commissaire a en effet été "sérieusement blessé" par la milice des "500 frères", dite "pacifiste" et du gaz lacrymogène utilisé devant la préfecture, où la foule manifestait sa colère.

"On comprend vos revendications. Mais ce soir, ça part en live. Le commissaire est sérieusement blessé", a déclaré un policier au mégaphone depuis la porte d'entrée de la préfecture, barricadée.
"Blessé lourdement à la clavicule", ce représentant du gouvernement est resté "inconscient au sol pendant une dizaine de minutes" et "on a été obligé d'utiliser du gaz lacrymogène pour l'extraire", avant qu'il ne soit évacué par les secours, a déclaré Laurent Lenoble, directeur de cabinet du préfet de Guyane.
Une camionnette des pompiers et une ambulance ont quitté les lieux, toutes sirènes hurlantes, a constaté la presse.
Des forces de sécurité en position face au rassemblement du collectif des "500 frères" devant la préfecture de Cayenne,
le 7 avril 2017 en Guyane

Le collectif a "pris un tournant" qui est "loin de respecter les valeurs républicaines"

Plusieurs autres policiers, ainsi qu'un autre commissaire, sont "légèrement blessés" après avoir été également frappés, selon M. Lenoble, qui a qualifié ces violences d'"inacceptables".  Cette milice s'est "discréditée", a-t-il affirmé.

Organisateur depuis le milieu d'après-midi d'un rassemblement devant le préfecture, pour exiger la prise en compte de ses revendications, un membre du collectif "Pou La Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle) indique que  les "500 frères contre la délinquance" "avaient fait un cordon devant les policiers". Or, à l'en croire, ce groupe d'activistes encagoulés qui encadrent les manifestations, se serait laissé déborder"Mais la foule a réussi à porter des coups."

L'ambiance était devenue électrique dans la longue attente du retour d'une délégation en rendez-vous avec le préfet et la foule avait dû être repoussée.

Des membres du collectif des "500 frères" fuient des tirs de gaz lacrymogène
lors d'une manifestation devant la préfecture de Cayenne, le 7 avril 2017


"C'est du foutage de gueule. Il ne faudra pas pleurer après cela. C'est de la faute de la France", avait déclaré peu avant les incidents Mikaël Mancée, un porte-parole des "500 frères", tandis que les esprits s'échauffaient.
Ce "porte-parole" est le symbole du mouvement socialMikaël Mancée et des membres du collectif  « 500 frères contre la délinquance » lors d’un rassemblement à Cayenne, le 29 mars.
"Visage" de la révolte guyanaise, Mikaël Mancée,  est en fait le jeune policier qui a lancé le collectif des "500 frères" pour dénoncer l'insécurité qui gangrène la Guyane - territoire de l'ex-ministre de la Justice, Christiane Taubira - depuis plusieurs années.Ce jeune homme de 33 ans au physique d'athlète de 2 mètres est officier de police judiciaire en disponibilité au commissariat de Cayenne. Il est aussi l'un des cofondateurs des "500 frères contre la délinquance". Ce collectif a surgi sur la scène guyanaise en février, après le meurtre d’un homme de 30 ans tué de deux balles pour avoir refusé de donner sa chaîne en or et sa bague à son agresseur, alors qu’il faisait sécher son linge à la laverie de la cité Eau-Lisette, à Cayenne. La victime, Hervé Tambour, employé d’une société d’entretien d’espaces verts dans la cité.Pour 'Mika' Mancée, c’est le meurtre de trop. En 2009, lui-même a perdu son cousin de 12 ans, tué d’une balle perdue. Depuis des années, il tente d’agir auprès des jeunes pour éviter qu’ils tombent dans la délinquance, dans ce département qui est le plus criminogène de France, rapporté à la population : 42 homicides, contre 33 à Marseille, en 2016, pour 252.000 habitants. Le policier envoie sa lettre de démission, elle est refusée, il se met en disponibilité.
"On a compris qu'ils avaient l'intention d'investir la préfecture", comme le collectif a occupé dans la nuit de mardi à mercredi le centre spatial, à Kourou, a justifié Laurent Lenoble, pour qui les policiers n'ont commis "aucune provocation".

Pique-nique "citoyen"
Manifestation aux abords du centre spatial de Kourou, en Guyane, le 4 avril 2017
"Nous venons chercher la discussion, et on nous amène les lacrymos", a de son côté vitupéré Dimitri Guard, un membre animateur de l’association "Fanm Dibout" ("Tous debout"), présidée par Léodate Saïbou, surnommée "Tatie Léodate". Le 22 juin dernier, elle avait assuré que si le Ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, ne venait pas sur le territoire d’ici fin juillet, elle irait elle-même à Paris, avec le sénateur Antoine Karam, lui remettre la pétition citoyenne en main propre.
Et ce cadre du collectif de s'interroger : "devant la préfecture, il y a beaucoup enfants. On ne peut déjà pas leur proposer d'éducation en Guyane. Est-ce qu'en plus il faut les gazer ?"

Le collectif a installé des tentes et fait venir nourriture et musique. Des centaines personnes participaient à 22h00 (3H00 à Paris) à un "pic-nic" citoyen.

Le pouvoir socialiste en campagne est resté sourd au mal-être en Guyane

La Guyane connaît depuis près de trois semaines un mouvement social sur fond de revendications sécuritaires, sanitaires et éducatives. Alors que le Conseil des ministres a validé mercredi une aide d'urgence de plus d'un milliard d'euros à destination de ce département d'Outre-mer sinistré, "Pou La Gwiyann dékolé" réclame 2,5 milliards supplémentaires.

"On ne peut pas aller au-delà et on n'ira pas au-delà", a répondu Laurent Lenoble. De nouvelles demandes devront être faites au prochain gouvernement, "qui aura cinq ans pour travailler", a-t-il remarqué.

Le mouvement connaît des tiraillements internes
Il semblait être entré dans une phase de division, certains appelant au démantèlement des barrages érigés sur le territoire, alors que d'autres veulent aller "jusqu'au bout".
Jeudi soir, le collectif avait annoncé qu'il maintenait le dispositif. "Si on lève les barrages, la plupart des gens retourneront travailler. Et c'en sera fini du mouvement", avait commenté un membre du collectif. La maire de Cayenne Marie-Laure Phinera-Horth (PS), a appelé à "arrêter la crise".

Une "grève générale illimitée" a été décrétée le 25 mars en Guyane. L'activité économique est au point mort depuis plus de deux maines.
Le blocage du port de Cayenne, par lequel passent plus de 90% des importations et exportations de la Guyane, provoque des pénuries. Dans les supermarchés, les rayons de produits frais sont vides.

Tous les vols ont été annulés jeudi à l'aéroport de Cayenne, après que les pompiers ont cessé le travail dans cette infrastructure qui fonctionnait déjà a minima. Deux avions devaient partir vendredi de Guyane, a indiqué un passager du second vol, prévu en début de soirée.

L’association "Fanm Dibout" a énoncé ses priorités il y a près d'un an. 
"Le problème vient du système français": "les lois sont obsolètes", "il faut davantage de financements pour les écoles", "nos élus devraient revoir les lois pénales et les politiques d’immigration", etc. De nombreuses personnes ont témoigné des agressions dont elles avaient été victimes, et déclaré être traumatisées…
Des propositions de solutions avaient été abordées, telles que la réhabilitation du service militaire, l’adaptation des services de l’Etat à la réalité régionale, l’amélioration du système éducatif, le durcissement des sanctions pour les agresseurs, et le renforcement de l’autorité parentale. C’est sur ce dernier point que tous se rejoignaient : la jeunesse guyanaise, perdue, malheureuse, irrespectueuse.
Mme Saïbou avait alors demandé aux autorités présentes d’apporter des réponses à ces questionnements. Le Commissaire Le Cardinal avait promis que des dispositifs allaient être mis en place à partir du mois de septembre (2016), pour renforcer la sécurité sur le terrain, tels que le retour de policiers à pied, et peut-être la création d’une brigade à vélo. 
Le Procureur a, quant à lui, assuré que l’appareil judiciaire faisait son maximum. C'était la glorieuse époque de Christiane Taubira, ministre cavalière de la Justice (mai 2012-janvier 2016) et native de Cayenne.
Elle était la candidate du Parti radical de gauche à l'élection présidentielle d'avril 2002. Avec une campagne axée sur l'"égalité des chances", elle avait obtenu 2,32 % des voix au premier tour.

jeudi 3 juillet 2014

Intermittents: au festival d'Avignon: le gouvernement joue le pourrissement

Les socialistes abandonnent leurs artistes: ambiance électrique pour le "In" 

Incertitudes à la billeterie, ville PS en souffrance économique


Le festival a plus à craindre de la CGT que du FN ? Olivier Py avait politisé les municipales en stigmatisant les oppositions et singulièrement le FN. Aujourd'hui la ville a basculé à gauche et le festival 2014 s'annonce aussi tourmenté qu'en 2003, sous Jospin.

Le personnel (artistes, techniciens, etc) s'est prononcé massivement mardi 1er pour le maintien de l'événement, avec toutefois des "actions" ponctuelles... Une prise en otages des artistes et du public qui se tient sur ses gardes et tardent à réserver des places. Quant aux artisans et commerçants ils enregistrent déjà des pertes et crient haut et fort leur crainte de devoir licencier et déposer le bilan. 
Ca, c'est Le Prince de Hombourg...
Lors de la première de la pièce "Prince de Hombourg" mercredi, les intermittents en colère ont provoqué des discussions houleuses sur scène. 
Le Festival d'Avignon devrait toutefois démarrer vendredi 4 juillet, sous la menacé des intermittents du spectacle. Dès mercredi donc, plusieurs dizaines de grévistes ont interrompu la répétition générale du Prince de Hombourg dans la cour d'honneur du Palais des Papes, interrompant le spectacle par des applaudissements, et promettent d'autres perturbations sur les autres spectacles à venir.


Des comédiens présents étaient d'ailleurs passés du côté des plus forts du moment, affichant leur soutien aux revendications des intermittents en colère. Les spectateurs qui ont pris des billets s'inquiètent de savoir si la première de cette pièce mythique présentée par le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti pourra être donnée. Sera-t-elle retransmise comme prévu en direct sur France 2.  

Le doute plane désormais sur tous les spectacles et le service de billetterie enregistre déjà une perte qui ne peut que grossir. La menace sur l'avenir du festival 2015 est réelle, faute de trésorerie, et peut-être même au-delà...

Une profusion insensée de troupes
Les écolos ne trouvent rien à y redire...
Au supermarché de la culture à bas prix, 1.300 compagnies qui se produisent dans le "Off" sont, de leur côté, bien déterminées à jouer à Avignon (Vaucluse). Comme si de rien n'était, les comédiens se sont déjà lancés dans le collage d'affiches sur les murs, sans engagement de respect de la propreté qui incombera à la ville et à ses contribuables.

Fer de lance de la mobilisation des intermittents contre la nouvelle convention d'assurance-chômage, la CGT Spectacle,  appelle en revanche à une "grève massive" pour l'ouverture du festival, avant une autre journée de mobilisation le 12 juillet.
 

mardi 17 juin 2014

SNCF: Hollande joue son image de fermeté sur le pourrissement de la grève

Examen en trois jours du texte de réforme ferroviaire à l'Assemblée

Au septième jour de la grève des cheminots, 

ce n'est plus le moment de lâcher, selon les syndicats CGT et SUD-Rail qui refusent de désarmer mardi au moment oû les députés entament l'examen de la réforme ferroviaire à l'origine du conflit.


Dans l'après-midi, les parlementaires commenceront à débattre du projet de loi gouvernemental, avec pour objectif médiatique de stabiliser la dette de 44 milliards d'euros du secteur ferroviaire et avec pour finalité économique d'ouvrir totalement le réseau à la concurrence, comme c'est déjà le cas pour le fret. Pour ce faire, le texte prévoit de réunir à nouveau  la SNCF et Réseau ferré de France (RFF), qui gère le réseau, dans une holding publique. Près de 400 amendements ont été déposés, émanant de tous les groupes, car le PS lui-même est divisé sur le projet qui détricote .

Face à ce projet, à l'origine de la grève, 

Le 16/6/2014, dans une cour de Saint-Lazare, 
les grévistes SNCF votent la reconduction de 
la grève en AG, par 220 voix pour, 0 contre
la CGT et SUD-Rail n'ont pas désarmé "malgré une érosion continue du taux de participation au conflit, de 14,8% lundi contre 27,64% le premier jour de grève," lit-on dans la presse gouvernementale. Alors que la SNCF annonce 14% de grévistes aujourd'hui, la CGT dénonce une guerre des chiffres. "Je conteste les chiffres de la SNCF ! En 2010, quinze jours de grève : nous avions intercepté des mails de la direction générale en direction des régions, leur indiquant de ne pas publier les chiffres des grévistes, de ne pas les communiquer aux syndicats avant que l'Elysée les repasse à la moulinette", dénonçait Didier Le Reste, ancien secrétaire national de la CGT Cheminots, ce matin sur Europe 1.


Aux gares de l'Est et St-Lazare à Paris la grève est reconduite jusqu'à mercredi 11h et que le mouvement se radicalise avec des actions illégales. Invité de la Matinale de France Inter, Frédéric Cuvillier, a fait part d’ "exactions" perpétrées sur le réseau ferré. "Des blocages d’aiguillages et des incendies volontaires ont eu lieu sur le réseau". Ce mardi matin, le train Marseille-Nîmes a été brièvement bloqué à l'entrée de la ville par la présence de manifestants sur les voies. Ils ont appelé lundi soir les cheminots à "faire grandir le rapport de force" après avoir été reçus par la direction de la SNCF. Ils l'accusent d'avoir "joué la provocation en radicalisant" son attitude envers les grévistes et d'avoir jugé "les revendications des cheminots hors-sujet".

Suite aux signes de fermeté émis par Hollande et Valls (cette grève n'est "pas utile et pas responsable", selon lui sur France Info), l'hebdomadaire Le Point assurait dès le 3e jour que le mouvement s'essoufflait ( lien: "Grève à la SNCF : la mobilisation faiblit".  "La participation à 10 h 30 est de 17,49 % contre 22,64 % jeudi, soit un recul de 5 points. Le recul est de 10 points par rapport à mercredi, toute première journée de grève." C'était une affirmation en date du 13 juin.


Le Dr. Jean-Marie Le Guensecrétaire d'État aux relations avec le Parlement, est passé à l'offensive mardi, dénonçant avec véhémence les "jamais-contents" qui n'en ont "jamais assez" et prennent "en otages" les voyageurs. Sur France Inter, ce membre du gouvernement socialiste a joué la division, stigmatisant une "petite minorité de gens" qui "ont des problèmes entre eux".

VOIR et ENTENDRE ce briseur de grève, représentant de la "gauche sociale":

Or, les questions abordées avec la direction portaient sur les salaires, l'emploi, les conditions de travail et non pas sur la réforme, mais pour la CGT-cheminots et SUD-Rail "tout est lié".

Le mouvement ne faiblit pas

A la vérité,
des rassemblements sont prévues dans la matinée du 17 juin à Paris et dans toute la France "pour exiger une autre réforme et l'ouverture de négociations". Pour la CGT et SUD-Rail, les cheminots en sont à leur 7e jour de grève avec "aucune négociation réellement entamée que ce soit du côté du gouvernement ou de la direction SNCF". A leurs yeux, "le projet de loi demeure fortement néfaste pour le service public SNCF et les cheminots" en dépit des "engagements" du gouvernement qui ont conduit à un accord avec l'UNSA et la CFDT, proche du PS, la semaine dernière.

La manipulation de l'opinion s'intensifie
Le pouvoir travaille l'opinion et, depuis deux jours, BFMTV sort des témoignages d'usagers sélectionnés pour leur exaspération. Un sondage sur-mesure a paru ce jour dans Le Parisien/Aujourd'hui en France: selon l'entreprise Harris interactive, plus des trois quarts des Français (76%) se diraient opposés à une grève dont ils ne connaissent pas les enjeux, 22% y étant favorables.

La manipulation des chiffres bat son plein. Alors que les usagers manifesteraient un mécontentement grandissant, les media aux ordres promettent une "amélioration notable" du trafic ferroviaire notamment sur les lignes régionales et en région parisienne, au deuxième jour des épreuves du baccalauréat, utilisé comme moyen de pression depuis ce weekend. Les trains qui permettent aux candidats de rejoindre les centres d'examen "seront à nouveau particulièrement suivis", rassure la SNCF. "Ils feront de nouveau l'objet d'une information spécifique", précise-t-elle.


En moyenne, six TER sur dix circuleront, mais seulement 4 Intercités sur 10. En Ile-de-France, la circulation sera seulement d'un train sur deux. Seul le RER A connaîtra un trafic normal. Sur le RER B, la circulation sera d'un train toutes les dix minutes à Paris Nord et sur le RER D d'un train tous les quarts d'heure aux heures de pointe. Un train sur trois circulera sur les RER C et E.
Sur les grandes lignes les usagers disposeront de deux TGV sur trois sur l'axe Est, six TGV sur dix sur les axes Nord et Atlantique, mais quatre TGV sur dix sur l'axe Sud-Est et les relations province-province.

Un moteur de recherche permet de rechercher train par train
les disponibilités et les horaires de départ, consultable ici.
Deux numéros verts ont été mis en place pour les usages. 
Pour l'info trafic Grandes Lignes 0 805 90 36 35
et pour l'info trafic Transiliens : 0 805 70 08 05.

Passage en force annoncé à l'Assemblée
Le débat à l'Assemblée, prévu pour ne durer que de mardi après-midi à jeudi, malgré les tensions de toutes parts, doit débuter par un discours du ministre des Transports, F. Cuvillier, et sera suivi par deux motions de procédure contre le projet qui n'ont aucune chance d'être adoptées.

Après la discussion générale, d'environ deux heures et demie,
l'examen du texte ne devrait pas débuter avant la nuit, article par article, amendements par amendements.
Ce texte prévoit un retour à la situation ante, avec une organisation réunifiée avec à sa tête un établissement public à caractère industriel (Epic) nommé SNCF. Cet Epic, dit encore Epic "mère", chapeautera deux Epic "filles": "SNCF Mobilités", soit l'actuelle SNCF, qui exploitera les trains et "SNCF Réseau", l'actuel Réseau ferré de France (RFF) qui gère l'infrastructure avec SNCF Infra.

Selon le député PS de Gironde, Gilles Savaryrapporteur à l'Assemblée du texte gouvernemental de loi (mais ce Bordelais est président du Conseil supérieur de l'...aviation civile), les amendements mettent notamment à mal  la garantie d'institutions représentatives du personnel communes aux trois Epic, avec en particulier un Comité central d'entreprise commun. Ils confirmeront aussi les missions de l'Epic de tête qui aura en charge la gestion du personnel.