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dimanche 19 novembre 2017

Le groupe sidérurgique Ascometal (ex-Usinor), proche du dépôt de bilan

Le rafistolage franco-français d'Arnaud Montebourg n'a pas tenu
Le groupe sidérurgique français Ascometal, en grandes difficultés financières, devrait déposer son bilan en début de semaine prochaine


Son placement en redressement judiciaire se précise, selon une information du Figaro, samedi. Le fabricant d’aciers spéciaux (pour la mécanique, l’automobile, l’industrie des hydrocarbures) qui emploie près de 1.550 salariés, devrait "se déclarer en cessation de paiement dans les prochains jours" auprès du tribunal de grande instance de Strasbourg, a déclaré Cyril Brand, élu CFDT de l’entreprise. Cette procédure judiciaire, synonyme d’un dépôt de bilan, pourrait être engagée dès lundi, précise-t-il.

L’objectif est de trouver "un repreneur sérieux" pour Ascometal l’entreprise, 
Résultat de recherche d'images pour "Montebourg Ascometal"a-t-il ajouté. Cette nouvelle a été annoncée par la direction vendredi en comité central d’entreprise (CCE). "Il y a encore des discussions" avec les partenaires, notamment "sur le calendrier". La direction d’Ascometal, entreprise détenue par un consortium d’investisseurs majoritairement français, et qui possède des sites sidérurgiques à Hagondange (anciennement Sollac, Moselle), Dunkerque (anciennement Usinor, Nord) et Fos-sur-Mer (anciennement Solmer, Bouches-du-Rhône), n’avait pas confirmé samedi midi. 

Le ministère de l’Economie a assuré "suivre le dossier de près". 
"On travaille avec l’entreprise pour trouver un repreneur", a ajouté Bercy. 

Le socialiste Montebourg n'a rien réussi de durable

Résultat de recherche d'images pour "CGT Ascometal"Ascometal, ancienne filiale d’Usinor, avait déjà été placée en redressement judiciaire en mars 2014, avant d’être reprise en mai 2014 par Frank Supplisson, associé à des investisseurs français et européens, sous la houlette du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
L'offre franco-française avait le soutien de l'Etat et de la CGT, le premier syndicat de l'entreprise.
 
Résultat de recherche d'images pour "montebourg sauve Ascometal"
Le tribunal de commerce de Nanterre avait choisi l'offre de reprise française, portée par l'énarque Supplisson (actuellement adjoint aux sports à la mairie de Montargis) et l'industriel Guy Dollé (ex-directeur général d'Arcelor), pour le groupe sidérurgique Ascométal. Preuve qu'en toutes circonstances et dans tous les domaines, les juges sont compétents ?

Le sauveteur socialiste n’a toutefois pas permis à l’entreprise de rebondir. 
"Cela fait trois ans qu’on se contente de survivre", a souligné Cyril Brand. "On est très inquiet. Il faut qu’on trouve un repreneur sérieux et qu’on sorte de cette situation". 

Compte parmi ses clients Renault, Bosch, Fiat, Toyota, BMW ou la SNCF, le groupe a changé de patron fin 2016, deux ans et demi après avoir repris le poids lourd des aciers spéciaux avec la nomination d’Alex Nick, à la place de Frank Supplisson. A. Nick était auparavant directeur des produits longs d’ArcelorMittal North. 
Selon Le Figaro, le groupe a réalisé en 2016, 377 millions d’euros de chiffre d’affaires contre encore 500 millions d’euros en 2015, selon le site du groupe. 

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait évoqué la fragilité financière du groupe

En octobre, au cours d’un entretien, le ministre de Macron avait critiqué les choix effectués par Arnaud Montebourg en 2014. "Il y avait une proposition d’achat par des investisseurs étrangers solides"

Mais le 'redresseur improductif' "a préféré bâtir de bric et de broc une solution franco-française qui est tombée quelques années plus tard" et "qui menace désormais les salariés", avait-il accusé.

lundi 2 novembre 2015

En redressement, FRAM est en attente prolongée d'un éventuel repreneur

FRAM en redressement, dans l'attente d'un éventuel repreneur

Au bout d'une longue agonie, 
Fram est dans l’urgence
Le voyagiste toulousain FRAM a été placé vendredi en redressement judiciaire par le tribunal de Commerce de Toulouse, pour une période de six mois avant une éventuelle reprise par le seul intéressé à son rachat, Karavel-Promovacances, qui s'est dit prêt à reprendre les trois quarts des effectifs.
Après une lente agonie qui s’est précipitée avec la procédure d’urgence, ouverte par la déclaration de cessation de paiement et le dépôt de bilan jeudi 29 octobre de Fram, fondé en 1949, le tribunal de Commerce de Toulouse a placé ce vendredi le voyagiste en redressement judiciaire. La période d'observation durera jusqu'au 30 avril 2016. 
L’objectif est désormais de finaliser, dans un court délai d’une quinzaine de jours, la reprise de Fram. Une accélération rendue possible par une réforme du code du commerce intervenue en 2014, qui instaure un dispositif dit de "prepack cession". Les différentes offres seront ainsi présentées le 18 novembre à 9 h 30. 


Inquiétude des salariés pour leur emploi 

Outre le constat de cessation de paiement des quatre sociétés formant le groupe Fram (Fram Voyage, Fram Nature, Fram Agence et Plein Vent), le tribunal de Commerce a considéré que les offres reçues par le conciliateur sont "satisfaisantes" et a décidé que l'administrateur judiciaire sera  dispensé des "publicités [normalement obligatoires] concernant les offres de reprise". 

Présente à l'audience, Marie-Laurence Vieuille-Feral, la présidente du directoire de Fram (et nièce de l'actionnaire principal Georges Colson) n'a pas souhaité faire de commentaire. 

Une décision qui ne satisfait qu'à moitié les salariés qui s'inquiètent du flou de l'offre de Karavel-Promovacances-LBO France sur le nombre de salariés repris. Ce vendredi après-midi, dans le hall du tribunal de Commerce de Toulouse, une vingtaine de salariés entourait Laye Simakha, le délégué du personnel CGT et secrétaire du comité d'entreprise. Après une suspension de séance, le verdict a été annoncé publiquement. 
Satisfait de voir son entreprise placée en redressement judiciaire et non en liquidation, Laye Simakha, le cégétiste, a cependant souligné plusieurs points de mécontentement pour le personnel. "Le délai pour rendre le jugement et le fait que Maître Christian Caviglioli n'ait pas été écarté du dossier ne nous satisfont pas, a-t-il déclaré. Il a été mandataire ad hoc, puis conciliateur pendant trois ans et nous voilà au bord de la liquidation. Nous souhaitions que les actionnaires historiques ne prennent plus part à l'opérationnel et cela n'a pas été suivi d'effet.

Karavel-Promovacances, seul repreneur agréé par les syndicats 
Après le retrait de l'offre sino-luxembourgeoise de HNA-Selectour Afat, Karavel apparaît plus que jamais comme le seul repreneur potentiel. "Il n'y aura pas d'autres repreneurs vu la manière dont c'est ficelé, considère Laye Simakha. 

L'offre de Karavel est un projet crédible car il pérennise l'outil industriel, mais il implique un plan de restructuration." Pour le syndicaliste, c'est là que le bas blesse car les salariés n'ont "aucune idée du périmètre du plan" et des conséquences sur l'emploi. "Karavel était parti sur une base de 15 % de l'effectif. Aujourd'hui, on est à 150-200 personnes en moins. Nous sommes dans l'incertitude et nous n'avons plus de marge de négociation. Aujourd'hui, nous sommes amers." 

Flou sur les effectifs 
Jeudi soir, après le dépôt de bilan de Fram, le fonds d'investissement LBO France, qui détient 75 % de Karavel-Promovacances, a confirmé "avoir déposé une offre de reprise du groupe Fram dans le cadre d'un plan de cession concerté et immédiat, dit 'pré-pack'." Concrètement, LBO France - détenue à 100% par ses 10 partenaires et actionnaire de Materne (compotes et crèmes dessert), Payot (produits cosmétiques), Promovacances (voyages et tour opérateur en ligne, CMR (capteurs et systèmes de câblage), Eminence (sous-vêtements), IKKS (prêt-à-porter), ou Alvest (équipements pour services aéroportuaires), etc - propose de "reprendre 77 % des effectifs actuels, soit 356 CDI et l'ensemble des contrats non permanents"

Une inconnue subsiste: sur quels effectifs le repreneur se fonde-t-il 
630, 651, 680, 1.200 ou 1.500, les chiffres les plus divers circulent dans la presse. Selon le service de communication de LBO France, l'offre de reprise porte sur un effectif de 650 salariés, compté le 25 octobre dernier. "Ces effectifs varient entre 630 et 650 avec les emplois saisonniers. Le reste des emplois relève de franchisés et des salariés qui ne sont pas intégrés dans le groupe et donc pas pris en compte par l'offre de Karavel", précise LBO France. 
Une position contestée par la CGT qui affirme que les sociétés étrangères font juridiquement partie du groupe Fram et sont incluses dans la première offre de Karavel : "La cession de titres concerne l'ensemble du groupe, avec les réceptifs et les filiales à l'étranger. Mais peut-être qu'ils dévoilent leur jeu en disant que seules l'activité de tour opérateur et la distribution les intéressent, et non le réceptif et l'hôtellerie." Or, selon une autre source proche du dossier, Karavel ne compterait pas reprendre les sociétés liées à Fram à l'étranger. Quoi qu'il en soit, pour les syndicats, Fram compte aujourd'hui environ 1.200 salariés dont près de 680 en France.

"La situation de FRAM fragilise l'ensemble du secteur"

C'est la crainte de Jean-Pierre Mas, président du Syndicat des agences de voyages (SNAV). Elle impacte l’ensemble de ses fournisseurs, dont Air Méditerranée, compagnie de charters déjà fortement impactée par la baisse d’activité de 20 % du fait du "printemps arabe" et la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi et à la suppression de 85 postes. Or, elle réalise 40 % de son activité avec Fram, qui depuis juillet 2011 subit une concurrence importante de Transavia, compagnie low-cost d'Air France. De nombreuses agences de voyages peuvent aussi souffrir du dépôt de bilan de Fram, comme l’Association professionnelle de solidarité du tourisme, notre fonds de garantie collective qui protège les clients des voyagistes. Il faut donc très vite sauver le soldat Fram."

Fin octobre, la direction de l’entreprise peaufine son dossier avec le seul repreneur déclaré, le français Karavel-Promovacances. Né en 2000, le groupe parisien, spécialisé dans la vente de séjours à bas coût sur Internet, est détenu à 75 % par le fonds d’investissement LBO France. En rachetant Fram, il rejoindrait les poids lourds du secteur que sont TUI, Thomas Cook et Look-Transat. Une belle opération de croissance externe à moindres frais : 50 millions d’euros ont été mobilisés. "Mais ce n’est pas le prix du rachat, explique Jean-Pierre Mas, car actuellement, Fram vaut malheureusement zéro. Karavel peut acquérir Fram pour une somme symbolique, les 50 millions correspondant éventuellement aux investissements qui seront réalisés."

L’occasion de monter en gamme pour Karavel-Promovacances
L’intérêt est double pour Karavel. Sur le plan de l’image d’abord. Très identifié " bas coût" – avec ses marques Promovacances, Tati vacances.com ou Partir pas cher –, le voyagiste affirmait depuis des mois sa volonté de monter en gamme. Karavel devrait, du coup, bénéficier de la réputation à la fois populaire et de qualité de Fram, dont la notoriété reste très forte.
Son directeur, Alain de Mendonça, assurait également en 2014 vouloir développer son réseau d’une quarantaine d’agences physiques pour le porter à terme à 75 sites. Les 50 agences Fram pourraient donc lui permettre d’atteindre cet objectif. "Les gros opérateurs Internet constatent un essoufflement des ventes en ligne et cherchent tous des lieux physiques pour assurer la visibilité de leurs marques, commente Jean-Pierre Mas. L’opposition entre les canaux 'en ligne' et traditionnel n’est plus de saison."
Des agences Fram fermeront sans doute, mais Karavel pourrait asseoir sa couverture de l’Hexagone, notamment dans le sud de la France.

Les trois quart des effectifs seraient conservés
Geoffroy de Becdelièvre, fondateur de l’agence de voyages "sur mesure" Marco Vasco, en est persuadé : le profil de l’acquéreur de Fram est adéquat. "Le rachat de Fram par Karavel-Promovacances me semble un moindre mal, analyse ce fin observateur du marché. Ces dix dernières années, la société s’est spécialisée dans le rachat d’entreprises en difficulté – Partir pas cher, Ecotour, ABC Croisières – qu’elle est parvenue à assainir. L’acquisition de Fram est un vrai défi parce que d’un coup Karavel double de volume. Mais elle a du sens."

Sur le front social, jeudi 29 octobre, Karavel s’est engagé dans son offre à reprendre les trois quarts des effectifs de Fram – 356 CDI et 137 "non-permanents" – sur un total de 651 salariés. "Nous espérons que ce voyage Fram ne sera pas une destination finale, a réagi la syndicaliste CFDT, Thouraya Ferchichi, mais une escale simplement."

mardi 4 novembre 2014

Marseille: la compagnie maritime SNCM en dépôt de bilan

La direction de la SNCM a annoncé le dépôt de bilan aux salariés

La direction de la SNCM a confirmé lundi aux syndicats le dépôt de bilan de la compagnie maritime

En déposant mardi son dossier de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Marseille, la direction de la compagnie maritime a sauté le pas vers la recherche d'un hypothétique repreneur. L'annonce, faite lors d'un comité d'entreprise extraordinaire à Marseille, n'a pas surpris les syndicats qui ont parlé de "scandale d'Etat", a dit le délégué CFE-CGC, Maurice Perrin.

Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, actionnaire majoritaire de la SNCM - laquelle est détenue à parité (50-50 %) par la Caisse des dépôts et consignations (l'Etat) et Veolia Environnement - a estimé que c'est la seule solution. "C'est la seule chance d'éviter la disparition pure et simple de la SNCM", a-t-il déclaré lundi soir sur France Info. La filiale commune de la Caisse des dépôts et de Veolia  souhaite depuis plusieurs mois le dépôt le bilan. Pour le déclencher, Transdev a réclamé le remboursement de prêts

La SNCM emploie 
1.508 salariés en CDI, environ 400 salariés réguliers en CDD et un volant de 300 à 500 saisonniers. La sous-traitance représente 1.200 emplois induits à Marseille et 800 en Corse. 

Transdev a précipité le mouvement vers le  redressement judiciaire
 

La multinationale, un des principaux opérateurs de transport public au monde, a réclamé vendredi le remboursement des avances de trésorerie
 consenties à l'entreprise.

La Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), qui est détenue à 66% par Transdev - co-entreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts -, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés, ne dispose pas  en effet de la trésorerie suffisante pour rembourser les prêts d'actionnaires, soit
103 millions d'euros avancés par Transdev et 14 millions par Veolia.

De plus, le passif européen de 440 millions d'euros
rendait indispensable pour l'actionnaire majoritaire, comme pour le gouvernement, une procédure collective pour purger  et faciliter la recherche d'un repreneur par le tribunal de commerce.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, précisait lundi soir que le gouvernement "poursuit ses discussions complexes avec la Commission européenne sur la transmissibilité de la délégation de service public à un repreneur".

"L'objectif est de sauvegarder le plus grand nombre d'emplois autour des activités qui pourront être reprises"
, déclarait-il.


L'espoir de Jean-Marc Janaillac et de l'Etat est que le dépôt de bilan provoquera une "discontinuité" de l'activité : en clair, la SNCM "disparaissant" pour tenter de renaître sous une forme réduite, les aides d'Etat ne devraient plus être remboursées puisque les conditions de concurrence seraient restaurées.

Ce scénario dit de "discontinuité" doit permettre de repartir sur des bases assainies avec une nouvelle société au périmètre d'activité réduit, aux effectifs diminués de moitié et, surtout, débarrassée de son contentieux avec Bruxelles. La Commission a en effet condamné la compagnie à rembourser 440 millions d'euros d'aides publiques jugées illégales. Un remboursement auquel elle pourrait renoncer comme cela avait été le cas d'une filiale de la SNCF, Sernam.

La justice pourra mettre l'entreprise en redressement judiciaire avec une période d'observation au cours de laquelle un administrateur tentera de trouver un repreneur. 
Déjà deux administrateurs ont été nommés début octobre et étudient les possibilités de sortir de ce guêpier juridique. "Il y a plusieurs repreneurs (potentiels), de l'ordre de cinq ou six, des compagnies sérieuses, venues de différents pays européens, qui regardent actuellement le dossier de la SNCM", a indiqué le PDG de Transdev sur France Info. "Il y a des compagnies qui aujourd'hui se sont officiellement déclarées intéressées, il y en a qui se sont officieusement déclarées intéressées", a-t-il ajouté.

Mais le président du tribunal peut également estimer que l'entreprise n'est pas viable et prononcer une liquidation immédiate. La SNCM est en effet triplement handicapée, comme indiqué plus haut: par l'amende infligée par la Commission européenne de 440 millions d'euros, par les demandes de Transdev et Veolia d'un remboursement anticipé de prêts de 117 millions et par le risque de perte de la délégation de service public accordée par la collectivité de Corse pour la continuité territoriale.

La détermination syndicale reste intacte

En juillet, après dix-sept jours de grève, les salariés avaient obtenu un moratoire de trois mois sans procédure collective. 
Mais Transdev n'a pas jugé possible d'attendre les conclusions de cette médiation repoussée du 31 octobre au 18 novembre pour disposer des travaux des deux administrateurs nommés par le tribunal de commerce début octobre pour étudier «une remise à plat juridique".

Paul Giacobbi, le président de la collectivité territoriale corse, s'est lui aussi aligné sur la ligne Transdev. Ce week-end, il a estimé dans un entretien avec Corse-Matin que la SNCM, qui n'a pas les moyens de rembourser les 117 millions qu'elle doit à Transdev et Veolia, est "en cessation de paiement".
Il s'est toutefois engagé à ce que la délégation de service public octroyée par la Corse à la SNCM soit "transmise au repreneur". 

Pour les salariés, le dépôt de bilan est "un toboggan vers la liquidation" car "il n'y a aucune certitude sur ce transfert". "Le ministre Alain Vidalies nous a écrit que le transfert de la DSP ne va pas de soi et serait même contraire au droit européen", affirme Pierre Maupoint de Vandeul, de la CFE-CGC.

VOIR et ENTENDRE la CGT dénoncer le "passage en force" des actionnaires:
Le comité d'entreprise a été perturbé par les marins de la compagnie qui se sont invités au siège social de la SNCM. Convoqué la semaine dernière, il s'est achevé hier, après une suspension, et a duré toute la journée. Des marins se sont déplacés pour interpeller vivement le président du directoire, Olivier Diehl, retardant ainsi le début de la séance.
"Il y aura sûrement d'autres actions et réactions, mais on n'est pas dans une logique de grève ", a souligné Maurice Perrin. "Aujourd'hui, on se tourne vers le tribunal de Commerce." Le président du tribunal se prononcera alors dans les dix à quinze jours. 


mardi 23 septembre 2014

Le volailler Tilly-Sabco a du plomb dans l'aile

Dans le Finistère, le volailler Tilly-Sabco a été mis en cessation de paiement

Le ministre Montebourg est parti laissant les salariés sur le carreau
Entouré de Bricq, Le Foll, Garot et Lebranchu, élus Bretons,
Ayrault, ex-député-maire de Nantes, avait fait
 la promesse solennelle d'une aide de 15 millions d'euros
en soutien aux entreprises agroalimentaires de la région 
(Matignon, le 16 octobre 2013)
Alors que le redresseur improductif est allé sous d'autres cieux roucouler avec Aurélie Filippetti, autre ministre déterminée, les quelques 340 salariés de l'abattoir breton Tilly-Sabco sont effondrés. A l'issue d'un Comité central d'entreprise qui se déroulait ce lundi matin au siège de l'entreprise à Guerlesquin (Finistère), le PDG du volailler en difficulté, Daniel Sauvaget, a annoncé qu'il est "contraint d'effectuer une déclaration de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Brest".
"Compte tenu que nous n'avons pas pu conduire à son terme le plan de continuation en cours, (j'ai indiqué) que nous passerions directement en procédure de liquidation et que je sollicitais du tribunal de Commerce de Brest une poursuite d'activité pour permettre l'émergence de projets de reprise les plus aboutis qui permettent de sauver le maximum d'emplois sur le site", a-t-il ajouté. 
Daniel Sauvaget a toutefois précisé dans un communiqué qu'il sollicite une poursuite d'activité "grâce au soutien de son principal client saoudien, le groupe Abbar". En plus des 340 employés, le volailler génère un millier d'emplois induits.
La colère des salariés

"On nous a annoncé le dépôt de bilan. Où aller chercher du boulot maintenant puisqu'il n'y en a plus ici ?", lâche, en larmes, Didier Coant, 55 ans, au sortir de la réunion. Depuis 20 ans chez Tilly, dernièrement au "quai d'accrochage", cet ouvrier dont la mère a fait toute sa carrière chez Tilly est effondré. "Si nous on ferme, tous les commerces environnants vont en pâtir. J'aurais aimé finir ma carrière dignement. C'est pas facile à 55 ans".
"J'aurais aimé finir en beauté et pas comme ça, dit aussi Jean-Yves, un éleveur travaillant exclusivement pour Tilly et qui craint lui aussi le dépôt de bilan. 
"Notre travail, c'est toute notre vie. On n'a pas de perspectives, mais vous savez, quand on pousse les gens à bout, vous voyez ce que ça donne", menace Corinne Nicole, la déléguée CGT du groupe, évoquant sans le dire la violente manifestation des producteurs de légumes dans la ville voisine de Morlaix vendredi soir. (lien PaSiDupes)

Si ça ferme, "qu'est ce qui nous restera ? On n'a que ça. Que voulez-vous qu'on fasse? Forcément qu'on va se battre, on va aller jusqu'au bout, on n'a plus rien à perdre. A force on va tous sortir les crocs", assure Jean-Paul Mazé, éleveur finistérien pour Tilly.
Tilly-Sabco en difficulté depuis 2013

Les difficultés de Tilly-Sabco, dont 80% de la production était destinée au Moyen-Orient, principalement à la péninsule arabique, remontent à la suppression en 2013 des aides européennes à l'exportation pour les poulets congelés (les restitutions), qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d'euros par an. Les deux groupes français Doux - lui-même touché ces deux dernières années par de graves difficultés - et Tilly-Sabco, étaient les derniers en Europe à toucher ces subventions, qui leur permettaient de supporter le différentiel de compétitivité avec le Brésil, leur principal concurrent.

Malgré les 15 millions d'euros d'aide étatique dégagés par la France fin 2013 en faveur de la filière, les difficultés de Tilly ont pris un tour critique cet été quand Nutréa (filiale de la coopérative bretonne Triskalia), principal fournisseur de poussins pour les éleveurs qui envoient leurs poulets à l'abattoir Tilly-Sabco, a cessé de les livrer, faute d'assurances de paiement, compte tenu des difficultés de la filière. Finalement, Tilly-Sabco a pu maintenir une activité réduite en septembre grâce à l'apport de 450 000 poulets par semaine à l'abattoir, soit deux jours de travail hebdomadaires, selon le syndicat CGT.



C'est donc un nouveau coup dur pour l'agroalimentaire breton. Après la liquidation judiciaire de l'abattoir du groupe Doux dans le Morbihan, le volailler Tilly-Sabco, deuxième exportateur de poulets français, avait annoncé en octobre 2013 qu'il devait suspendre sa production de poulets destinés à l'exportation, soit 90 % de son activité, à compter du 4 janvier 2014.

Le 18 juillet 2013,
Bruxelles avait décidé de supprimer les aides à l'exportation (les "restitutions") pour les petits poulets congelés, dont la France restait quasiment la seule bénéficiaire, en premier lieu les groupes Doux et Tilly-Sabco. Ces aides permettaient notamment aux poulets européens de concurrencer les volailles brésiliennes sur la scène internationale. Tilly-Sabco avait alors engagé une procédure en référé pour s'opposer à cette décision. Le groupe a été débouté en septembre.
Tilly-Sabco a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 136 millions d'euros -principalement au Moyen-Orient- et emploie 340 personnes.
Le gouvernement travaille à "maintenir l'activité", assurait Garot
Le gouvernement s'efforce de trouver des solutions pour maintenir l'activité de Tilly-Sabco, avait clamé fin octobre 2013 le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot (PS), en l'absence du ministre de l'Agriculture toujours occupé ailleurs: depuis que ce n'est plus au fonctionnement du cabinet fantôme de Hollande, c'est à sa propagande sur tous les media hexagonaux. "Nous sommes prêts à intervenir sur la base des propositions et demandes précises qu'elle voudra bien nous transmettre", avait-il promis, précisant avoir reçu à plusieurs reprises en  à tête son PDG Daniel Sauvaget.
"Les 15 millions d'euros du plan Bretagne sont notamment destinés à soutenir la filière avicole et les abattoirs", avait-il rappelé. Que reste-t-il de ces 15 millions que les contribuables ont versé au pot ?...


La Bretagne avait placé François Hollande nettement en tête du premier tour de la présidentielle de 2012, avec 31,7% des voix, loin devant Nicolas Sarkozy (25,6%) et Marine Le Pen (13,2%).

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault comptait quatre Bretons : Jean-Yves Le Drian à la Défense, Marylise Lebranchu à la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Stéphane Le Foll né au Mans mais fils d'un instituteur breton des Monts d'Arrée, à l'Agriculture, et Benoît Hamon à l'Économie.
En avril 2014, le gouvernement Valls comportait encore quatre Bretons, pour changer: Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Le Brestois d'origine Benoît Hamon était passé au ministère de l'Education, Marylise Lebranchu conservait son ministère de la Décentralisation et de la Fonction publique et S. Le Foll était tellement bon qu'il était maintenu à l'Agriculture...
Les députés PS du Finistère sont Jean-Jacques Urvoas (Quimper) et Marilyse Lebranchu députée pour la circonscription de ...Morlaix et de ...Guerlesquin (1997-2012), une intime de la Ch'tite Aubry et donc se réclamant de la "gauche sociale"...

jeudi 3 juillet 2014

Intermittents: au festival d'Avignon: le gouvernement joue le pourrissement

Les socialistes abandonnent leurs artistes: ambiance électrique pour le "In" 

Incertitudes à la billeterie, ville PS en souffrance économique


Le festival a plus à craindre de la CGT que du FN ? Olivier Py avait politisé les municipales en stigmatisant les oppositions et singulièrement le FN. Aujourd'hui la ville a basculé à gauche et le festival 2014 s'annonce aussi tourmenté qu'en 2003, sous Jospin.

Le personnel (artistes, techniciens, etc) s'est prononcé massivement mardi 1er pour le maintien de l'événement, avec toutefois des "actions" ponctuelles... Une prise en otages des artistes et du public qui se tient sur ses gardes et tardent à réserver des places. Quant aux artisans et commerçants ils enregistrent déjà des pertes et crient haut et fort leur crainte de devoir licencier et déposer le bilan. 
Ca, c'est Le Prince de Hombourg...
Lors de la première de la pièce "Prince de Hombourg" mercredi, les intermittents en colère ont provoqué des discussions houleuses sur scène. 
Le Festival d'Avignon devrait toutefois démarrer vendredi 4 juillet, sous la menacé des intermittents du spectacle. Dès mercredi donc, plusieurs dizaines de grévistes ont interrompu la répétition générale du Prince de Hombourg dans la cour d'honneur du Palais des Papes, interrompant le spectacle par des applaudissements, et promettent d'autres perturbations sur les autres spectacles à venir.


Des comédiens présents étaient d'ailleurs passés du côté des plus forts du moment, affichant leur soutien aux revendications des intermittents en colère. Les spectateurs qui ont pris des billets s'inquiètent de savoir si la première de cette pièce mythique présentée par le metteur en scène Giorgio Barberio Corsetti pourra être donnée. Sera-t-elle retransmise comme prévu en direct sur France 2.  

Le doute plane désormais sur tous les spectacles et le service de billetterie enregistre déjà une perte qui ne peut que grossir. La menace sur l'avenir du festival 2015 est réelle, faute de trésorerie, et peut-être même au-delà...

Une profusion insensée de troupes
Les écolos ne trouvent rien à y redire...
Au supermarché de la culture à bas prix, 1.300 compagnies qui se produisent dans le "Off" sont, de leur côté, bien déterminées à jouer à Avignon (Vaucluse). Comme si de rien n'était, les comédiens se sont déjà lancés dans le collage d'affiches sur les murs, sans engagement de respect de la propreté qui incombera à la ville et à ses contribuables.

Fer de lance de la mobilisation des intermittents contre la nouvelle convention d'assurance-chômage, la CGT Spectacle,  appelle en revanche à une "grève massive" pour l'ouverture du festival, avant une autre journée de mobilisation le 12 juillet.