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mardi 4 novembre 2014

Marseille: la compagnie maritime SNCM en dépôt de bilan

La direction de la SNCM a annoncé le dépôt de bilan aux salariés

La direction de la SNCM a confirmé lundi aux syndicats le dépôt de bilan de la compagnie maritime

En déposant mardi son dossier de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Marseille, la direction de la compagnie maritime a sauté le pas vers la recherche d'un hypothétique repreneur. L'annonce, faite lors d'un comité d'entreprise extraordinaire à Marseille, n'a pas surpris les syndicats qui ont parlé de "scandale d'Etat", a dit le délégué CFE-CGC, Maurice Perrin.

Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, actionnaire majoritaire de la SNCM - laquelle est détenue à parité (50-50 %) par la Caisse des dépôts et consignations (l'Etat) et Veolia Environnement - a estimé que c'est la seule solution. "C'est la seule chance d'éviter la disparition pure et simple de la SNCM", a-t-il déclaré lundi soir sur France Info. La filiale commune de la Caisse des dépôts et de Veolia  souhaite depuis plusieurs mois le dépôt le bilan. Pour le déclencher, Transdev a réclamé le remboursement de prêts

La SNCM emploie 
1.508 salariés en CDI, environ 400 salariés réguliers en CDD et un volant de 300 à 500 saisonniers. La sous-traitance représente 1.200 emplois induits à Marseille et 800 en Corse. 

Transdev a précipité le mouvement vers le  redressement judiciaire
 

La multinationale, un des principaux opérateurs de transport public au monde, a réclamé vendredi le remboursement des avances de trésorerie
 consenties à l'entreprise.

La Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), qui est détenue à 66% par Transdev - co-entreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts -, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés, ne dispose pas  en effet de la trésorerie suffisante pour rembourser les prêts d'actionnaires, soit
103 millions d'euros avancés par Transdev et 14 millions par Veolia.

De plus, le passif européen de 440 millions d'euros
rendait indispensable pour l'actionnaire majoritaire, comme pour le gouvernement, une procédure collective pour purger  et faciliter la recherche d'un repreneur par le tribunal de commerce.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, précisait lundi soir que le gouvernement "poursuit ses discussions complexes avec la Commission européenne sur la transmissibilité de la délégation de service public à un repreneur".

"L'objectif est de sauvegarder le plus grand nombre d'emplois autour des activités qui pourront être reprises"
, déclarait-il.


L'espoir de Jean-Marc Janaillac et de l'Etat est que le dépôt de bilan provoquera une "discontinuité" de l'activité : en clair, la SNCM "disparaissant" pour tenter de renaître sous une forme réduite, les aides d'Etat ne devraient plus être remboursées puisque les conditions de concurrence seraient restaurées.

Ce scénario dit de "discontinuité" doit permettre de repartir sur des bases assainies avec une nouvelle société au périmètre d'activité réduit, aux effectifs diminués de moitié et, surtout, débarrassée de son contentieux avec Bruxelles. La Commission a en effet condamné la compagnie à rembourser 440 millions d'euros d'aides publiques jugées illégales. Un remboursement auquel elle pourrait renoncer comme cela avait été le cas d'une filiale de la SNCF, Sernam.

La justice pourra mettre l'entreprise en redressement judiciaire avec une période d'observation au cours de laquelle un administrateur tentera de trouver un repreneur. 
Déjà deux administrateurs ont été nommés début octobre et étudient les possibilités de sortir de ce guêpier juridique. "Il y a plusieurs repreneurs (potentiels), de l'ordre de cinq ou six, des compagnies sérieuses, venues de différents pays européens, qui regardent actuellement le dossier de la SNCM", a indiqué le PDG de Transdev sur France Info. "Il y a des compagnies qui aujourd'hui se sont officiellement déclarées intéressées, il y en a qui se sont officieusement déclarées intéressées", a-t-il ajouté.

Mais le président du tribunal peut également estimer que l'entreprise n'est pas viable et prononcer une liquidation immédiate. La SNCM est en effet triplement handicapée, comme indiqué plus haut: par l'amende infligée par la Commission européenne de 440 millions d'euros, par les demandes de Transdev et Veolia d'un remboursement anticipé de prêts de 117 millions et par le risque de perte de la délégation de service public accordée par la collectivité de Corse pour la continuité territoriale.

La détermination syndicale reste intacte

En juillet, après dix-sept jours de grève, les salariés avaient obtenu un moratoire de trois mois sans procédure collective. 
Mais Transdev n'a pas jugé possible d'attendre les conclusions de cette médiation repoussée du 31 octobre au 18 novembre pour disposer des travaux des deux administrateurs nommés par le tribunal de commerce début octobre pour étudier «une remise à plat juridique".

Paul Giacobbi, le président de la collectivité territoriale corse, s'est lui aussi aligné sur la ligne Transdev. Ce week-end, il a estimé dans un entretien avec Corse-Matin que la SNCM, qui n'a pas les moyens de rembourser les 117 millions qu'elle doit à Transdev et Veolia, est "en cessation de paiement".
Il s'est toutefois engagé à ce que la délégation de service public octroyée par la Corse à la SNCM soit "transmise au repreneur". 

Pour les salariés, le dépôt de bilan est "un toboggan vers la liquidation" car "il n'y a aucune certitude sur ce transfert". "Le ministre Alain Vidalies nous a écrit que le transfert de la DSP ne va pas de soi et serait même contraire au droit européen", affirme Pierre Maupoint de Vandeul, de la CFE-CGC.

VOIR et ENTENDRE la CGT dénoncer le "passage en force" des actionnaires:
Le comité d'entreprise a été perturbé par les marins de la compagnie qui se sont invités au siège social de la SNCM. Convoqué la semaine dernière, il s'est achevé hier, après une suspension, et a duré toute la journée. Des marins se sont déplacés pour interpeller vivement le président du directoire, Olivier Diehl, retardant ainsi le début de la séance.
"Il y aura sûrement d'autres actions et réactions, mais on n'est pas dans une logique de grève ", a souligné Maurice Perrin. "Aujourd'hui, on se tourne vers le tribunal de Commerce." Le président du tribunal se prononcera alors dans les dix à quinze jours. 


vendredi 21 mars 2014

Licenciements à La Redoute: Pinault veut saisir le tribunal de commerce

La majorité des syndicats de La Redoute a rejeté les modalités du plan social

Or, son propriétaire n'est autre que François Pinault


Manifestation du 4 mars 2014 à Roubaix, 
contre les licenciements à La Redoute
Cet autre milliardaire  -comme Niel (Free), Bergé (YSL) et Pigasse (banque Lazare France), magnats de la presse (Le Monde + Le Nouvel Observateur), est partisan du socialiste François Hollande à la présidentielle 2012, lequel n'aime pas les riches...

Encore un patron qui fait des bénéfices mais licencie
F. Pinault est la 3e fortune française estimée  en 201à 6,216 milliards d'euros, mais il a pourtant annoncé vendredi son intention de saisir le tribunal de Commerce des difficultés financières de sa société de vente par correspondance.

Les salariés de La Redoute étaient à nouveau dans la rue le jeudi 19 mars à Wattrelos
24 h de l'ultimatum de la direction, entre 550 et 700 salariés de La Redoute ont manifesté du centre logisitique de La Martinoire vers la mairie de Wattrelos, pour "maintenir la pression" face à un plan social qu'ils ne valident pas en l'état. Mais la direction juge désormais les discussions closes et le volet social du plan de reprise doit être entériné vendredi. "Kering considère que les propositions formulées lors de la dernière réunion du lundi 17 mars sont fermes et définitives", a affirmé le groupe dirigé par François-Henri Pinault, dans un communiqué publié mercredi. 

La direction a lancé aux organisations syndicales un ultimatum
Si les syndicats CFDT, CGT et SUD maintiennent leur refus de se plier au nouvel ultimatum des futurs repreneurs de La Redoute et de signer le protocole d'accord du plan social plan social comme annoncé ce vendredi, les repreneurs se retireront: Nathalie Balla et Eric Courteille exigent la ratification du plan social par les organisations syndicales. La direction de l'ex-filiale de Kering PRTP.PA avait donné jusqu'à 14h00 aux organisations syndicales pour signer ce plan, déjà paraphé par la CFE-CGC, minoritaire. Elle avait précisé qu'un rejet de l'accord entraînerait la fin du processus de cession engagé avec Kering et qu'elle s'en remettrait alors au tribunal de commerce.
"La situation est grave: en l'absence d'accord majoritaire sur le socle de mesures sociales et en anticipation de l'arrêt du financement de l'exploitation de la Redoute par Kering, la direction à l'obligation d'informer le président du tribunal de commerce de Lille des difficultés financières auxquelles est confrontée l'entreprise", écrit la direction de La Redoute dans un communiqué.
"L'objet de cette démarche est d'étudier les suites qui peuvent être données à cette nouvelle situation", ajoute-t-elle, disant prendre acte "avec regret de l'impasse dans laquelle se trouve La Redoute".

Une entreprise en difficulté peut demander à être placée en redressement judiciaire
Cette procédure est destinée à permettre sa sauvegarde. Le redressement judiciaire est assuré selon un plan arrêté par décision de justice à l'issue d'une période d'observation, ce plan prévoyant soit la continuation de l'entreprise, soit sa cession.Kering n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Les trois principaux syndicats de La Redoute ont refusé de signer 

La CGT a rejeté le protocole d'accord présenté vendredi par la direction sur le plan social."Aucun des trois syndicats CGT, CFDT, SUD n'a signé l'accord proposé par la direction", a clamé Fabrice Peeters, responsable CGT, à l'issue d'un comité d'entreprise.

Kering a cédé La Redoute en décembre dernier pour un euro symbolique à deux dirigeants de la société, Nathalie Balla et Eric Courteille. La nouvelle direction a récemment annoncé la suppression de 1.178 postes, avec des départs étalés sur quatre ans et un maximum de 700 départs contraints. Kering s'est de son côté engagé à financer le projet des repreneurs et les mesures sociales à hauteur de 520 millions d'euros.

L'indemnité minimale de départ volontaire proposée par la direction de La Redoute s'élevait à 20.000 euros, à laquelle s'ajoute 750 à 1.200 euros selon les cas par année d'ancienneté, plus un mois de salaire pour les 50-54 ans et deux mois pour les 55 ans et plus.

Les syndicats réclamaient une indemnité de base de 40.000 euros et 1.500 euros par année d'ancienneté.

Montebourg ne propose pas une semi-nationalisation
Il avait proposé en vain l'entrée de l'Etat dans Florange, l'a imposée dans le capital de Peugeot (alors que l'Etat est déjà propriétaire de 15% de Renault), à hauteur de 7 milliards d'euros jusqu'en 2015 et à égalité avec le chinois Dongfeng, après que l'Etat français a pris une participation  de 33,34 % dans les chantiers navals de Saint-Nazaire du Coréen STX. D'autres pourraient demander le secours de l'Etat un jour prochain, comme par exemple l'usine Fralib de Gémenos (dans les Bouches-du-Rhône), filiale du groupe néerlandais Unilever.

dimanche 19 janvier 2014

Fagor Brandt: maintien d'un seul des quatre repreneurs annoncés, l'Algérien

Montebourg brade à l'Algérie nos entreprises en difficultés 

Cevital, seul postulant au rachat du français Fagor Brandt 
  
Suite au retrait de tous ses concurrents, Cevital a été "retenu" ! Il est le  seul repreneur éventuel de l’usine Fagor-Brandt en cessation de paiement en France après le retrait de tous ses concurrents. L’homme d’affaire Issad Rebrab a déposé une proposition de rachat avant la fin du délai fixé au 17 janvier 2014 à 17h, alors que le chinois Haier, le turc Beko et le mexicain Mabe ont préféré se retirer. Selon le journal Le Figaro, d’autres repreneurs parmi les grands noms de l’électroménager auraient manifesté un certain intérêt, mais Bosch-Siemens, Whirlpool et Candy n’ont finalement fait aucune offre de reprise de l’entreprise en liquidation.

Né en Kabylie, Algérie en 1944, Rebrab sera fixé sur son offre de reprise au cours du mois prochain, après l’examen du dossier par l’administrateur judiciaire du groupe d’électroménager. Il est à noter cependant que l’issue de l’offre de Cevital se joue plus en Algérie qu’en France, puisque Rebrab devra passer par une autorisation de la Banque d’Algérie afin de transférer l’argent nécessaire au rachat de l’usine française. Selon le site d’information "Algérie patriotique" qui a révélé, il y a quelques semaines, l’intention de l’homme d’affaires de racheter l’usine française, une demande de dérogation de la Banque d’Algérie aurait déjà été introduite par Cevital en vue effectuer la transaction en France. Une autorisation qui n’est pas simple à obtenir, étant donné les restrictions sur le transfert de monnaie imposées depuis quelques années.

En cas de refus, il restera peut-être à Rebrab la possibilité de faire racheter l’usine par une de ses filiales à l’étranger
S’il est allé jusqu’au bout de son projet, en formulant officiellement sa demande de rachat, Rebrab doit avoir imaginé les solutions possibles, surtout qu’il bénéficie apparemment d’un soutien de taille, en la personne du ministre français du Redressement productif. Arnaud Montebourg, d'ascendance partiellement algérienne, semble envisager très favorablement sa démarche de rachat en France d’entreprises en difficulté. Un souhait que le ministre français avait d’ailleurs publiquement exprimé, en souhaitant "voir de grands groupes algériens investir et produire en France", lors du comité économique algéro-français qui s’est tenu en décembre 2013 à Alger. 

Rebrab n’en est pas à son premier coup d’essai dans sa quête de rachat d’entreprises en crise en France

Après avoir été
devancé par un concurrent lors de la reprise du volailler français Doux, 
il a réussi à opérer en juin 2013, le rachat de l’entreprise Oxxo spécialisée dans la fabrication des portes et des fenêtres en PVC, au bord de la faillite. Le ministre du Redressement productif s'est rendu  à Cluny lundi 30 septembre 2013 dans cette entreprise de 420 salariés reprise - dans son fief de Saône-et-Loire - en juin dernier par le groupe algérien Cévital, après avoir été placée en redressement judiciaire en février. (lien)
 
En Algérie, Rebrab a annoncé une reprise de l’usine Michelin de Bachdjerrah, après un accord conclu avec le groupe français, mais l’affaire risque de lui échapper définitivement après la décision du gouvernement algérien de faire appliquer le droit de préemption de l’Etat. Rebrab ne s’avoue apparemment pas vaincu, puisqu’il poursuit sa stratégie de rachat d’entreprises françaises en difficulté, comme c’est le cas cette fois-ci pour l’usine Fagor Brandt.

L’entreprise qui appartenait au groupe espagnol Fagor Electrodomesticos avant son rachat en 2011, par un industriel français, est située près d’Orléans et emploie plus de 1.800 salariés, alors que la plus importante entreprise privée algérienne emploie 12.000 personnes. 
FagorBrandt a été placée en redressement judiciaire le 2 janvier 2014 assortie d’une période d’observation de 6 mois. Sa tentative de relance par le développement de nouvelles activités, dont notamment la production de véhicules utilitaires électriques SITL, afin de remplacer l’activité initiale, a échoué. (lien PaSiDupes)