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vendredi 26 octobre 2018

Ascoval : Macron, prêt à accepter l’offre du franco-belge Altifort

Bercy veut seulement s’assurer que l’offre d’Altifort est "sérieuse"

Alors que le président hâbleur poursuit sa tournée des capitales européennes, 
le gouvernement souhaite s’assurer des garanties de la seule offre de reprise pour le site d’Ascoval

La Belgique a boudé le Rafale au profit de son rival américain, mais le groupe franco-belge Altifort se dit intéressé par la reprise de l'une des aciéries les plus modernes d'Europe à Saint-Saulve (Nord), France. La nouvelle secrétaire d'Etat à l'Economie, Agnès Pannier-Runacher, 44 ans, se contentera de vérifier que ce partenaire stratégique est "sérieux", a-t-elle expliqué ce vendredi.

"C’est notre travail de savoir si cette offre est sérieuse", a-t-elle déclaré à la presse, d'un air important, avant une réunion à Bercy avec les dirigeants d’Altifort et les administrateurs du site en redressement judiciaire.
"Il y a un projet de reprise (...) mais c’est un projet que l’on doit examiner pour être sûrs que la solution est pérenne", a-t-elle ajouté. "On ne peut pas revenir devant les salariés dans un an en leur disant finalement que ça n’a pas marché", a-t-elle commenté, peu avare de propos inutiles.

La veille avait demandé un avis indépendant sur la situation économique du site où presque 300 emplois sont menacés. 

Dans un exécutif qui enfile les erreurs et contre-performances, mais assure qu'il "assume", à l'instar de son chef de file, "ce serait irresponsable de notre part. Ce serait ne pas les respecter", n'a pas hésité a raconter encore Pannier-Runacher, borderline avec la démagogie. 
Selon elle, "l’élément bloquant, c’est les clients. C’est d’être sûrs que l’on a suffisamment de volumes qui peuvent être vendus à des clients qui existent". En matière électorale et de remaniement gouvernemental, Macron manque aussi de clients: l'ex-banquier est-il donc le mieux placé pour résoudre ce problème industriel ? 

La secrétaire d’Etat n’a pas souhaité préciser de date à laquelle le gouvernement pourra disposer de cette évaluation

Ex-administratrice indépendante et présidente du comité d’audit du groupe Elis et du groupe Bourbon, elle a demandé au cabinet Roland Berger un ...rapport sur la situation économique du site, demandée et sa rencontre par la suite avec les représentants du personnel d’Ascoval. 
L’aciérie de Saint-Saulve (Nord), qui compte 281 employés, est menacée de disparition depuis la liquidation judiciaire en février de son principal actionnaire, Ascq Industries, et s’est vue accorder cette semaine un sursis de deux semaines par la justice.
Vue de l'avion.
Ses principaux clients sont Airbus, Boeing, Bombardier Aéronautique et Embraer. Asco est, notamment, l'un des partenaires des projets Airbus A380, Airbus A400M et Lockheed Martin F-35. Ce dernier vient d'être préféré, on l'a dit, au Rafale français...
Vallourec, spécialiste des tubes en acier sans soudures et dont l’Etat est actionnaire à 17%, a refusé
en début de semaine cette demande, la jugeant "contraire à la préservation (de ses) intérêts" et suscitant la colère des syndicats et des élus locaux.

Le groupe Altifort, basé dans la Somme, a présenté une "offre ferme" de reprise, s’engageant à maintenir l’ensemble des emplois et en créer de nouveaux, mais il demande au principal client désormais premier actionnaire, le sidérurgiste français Vallourec, de maintenir son niveau actuel de commandes pendant un an et demi. En 2016, le sidérurgiste Vallourec a cédé 60 % de son aciérie qui fabrique des tubes en acier au groupe Asco Industries - société familiale fondée en 1954 et établie à Zaventem, en Belgique - prenant alors le nom d'Ascoval.

dimanche 19 novembre 2017

Le groupe sidérurgique Ascometal (ex-Usinor), proche du dépôt de bilan

Le rafistolage franco-français d'Arnaud Montebourg n'a pas tenu
Le groupe sidérurgique français Ascometal, en grandes difficultés financières, devrait déposer son bilan en début de semaine prochaine


Son placement en redressement judiciaire se précise, selon une information du Figaro, samedi. Le fabricant d’aciers spéciaux (pour la mécanique, l’automobile, l’industrie des hydrocarbures) qui emploie près de 1.550 salariés, devrait "se déclarer en cessation de paiement dans les prochains jours" auprès du tribunal de grande instance de Strasbourg, a déclaré Cyril Brand, élu CFDT de l’entreprise. Cette procédure judiciaire, synonyme d’un dépôt de bilan, pourrait être engagée dès lundi, précise-t-il.

L’objectif est de trouver "un repreneur sérieux" pour Ascometal l’entreprise, 
Résultat de recherche d'images pour "Montebourg Ascometal"a-t-il ajouté. Cette nouvelle a été annoncée par la direction vendredi en comité central d’entreprise (CCE). "Il y a encore des discussions" avec les partenaires, notamment "sur le calendrier". La direction d’Ascometal, entreprise détenue par un consortium d’investisseurs majoritairement français, et qui possède des sites sidérurgiques à Hagondange (anciennement Sollac, Moselle), Dunkerque (anciennement Usinor, Nord) et Fos-sur-Mer (anciennement Solmer, Bouches-du-Rhône), n’avait pas confirmé samedi midi. 

Le ministère de l’Economie a assuré "suivre le dossier de près". 
"On travaille avec l’entreprise pour trouver un repreneur", a ajouté Bercy. 

Le socialiste Montebourg n'a rien réussi de durable

Résultat de recherche d'images pour "CGT Ascometal"Ascometal, ancienne filiale d’Usinor, avait déjà été placée en redressement judiciaire en mars 2014, avant d’être reprise en mai 2014 par Frank Supplisson, associé à des investisseurs français et européens, sous la houlette du ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg.
L'offre franco-française avait le soutien de l'Etat et de la CGT, le premier syndicat de l'entreprise.
 
Résultat de recherche d'images pour "montebourg sauve Ascometal"
Le tribunal de commerce de Nanterre avait choisi l'offre de reprise française, portée par l'énarque Supplisson (actuellement adjoint aux sports à la mairie de Montargis) et l'industriel Guy Dollé (ex-directeur général d'Arcelor), pour le groupe sidérurgique Ascométal. Preuve qu'en toutes circonstances et dans tous les domaines, les juges sont compétents ?

Le sauveteur socialiste n’a toutefois pas permis à l’entreprise de rebondir. 
"Cela fait trois ans qu’on se contente de survivre", a souligné Cyril Brand. "On est très inquiet. Il faut qu’on trouve un repreneur sérieux et qu’on sorte de cette situation". 

Compte parmi ses clients Renault, Bosch, Fiat, Toyota, BMW ou la SNCF, le groupe a changé de patron fin 2016, deux ans et demi après avoir repris le poids lourd des aciers spéciaux avec la nomination d’Alex Nick, à la place de Frank Supplisson. A. Nick était auparavant directeur des produits longs d’ArcelorMittal North. 
Selon Le Figaro, le groupe a réalisé en 2016, 377 millions d’euros de chiffre d’affaires contre encore 500 millions d’euros en 2015, selon le site du groupe. 

Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, avait évoqué la fragilité financière du groupe

En octobre, au cours d’un entretien, le ministre de Macron avait critiqué les choix effectués par Arnaud Montebourg en 2014. "Il y avait une proposition d’achat par des investisseurs étrangers solides"

Mais le 'redresseur improductif' "a préféré bâtir de bric et de broc une solution franco-française qui est tombée quelques années plus tard" et "qui menace désormais les salariés", avait-il accusé.

mercredi 13 septembre 2017

Le volailler Doux bat toujours de l'aile

Pour sa survie, le volailler breton tente une réorientation vers plus de qualité 

Doux, qui a changé de mains deux fois après avoir échappé à la liquidation, a de graves difficultés financières, selon Force Ouvrière

Résultat de recherche d'images pour "volaille Doux halal"
"La situation du groupe Doux est extrêmement préoccupante avec d'énormes pertes financières annoncées pour cette dernière année", indiquait le syndicat, en juin 2017. L'entreprise Doux a subi "une forte perte de volumes et n'a pas procédé aux investissements productifs nécessaires".

Le volailler visera à plus de qualité et de ...valeur ajoutée.

Confronté à des difficultés financières, le volailler Doux a présenté mercredi en comité d’entreprise un plan de réorganisation de sa production qui nécessitera un investissement de 100 millions d’euros sur quatre ans.  
Christophe Couroussé, le président du directoire de Doux (1.500 emplois), dont le siège est à Châteaulin (Finistère, qui vote pour les députés Urvoas, PS, ou Richard Ferrand, LREM), a rappelé que l’entreprise est présente sur deux marchés principaux: le poulet entier halal congelé, exporté en grande majorité vers le Moyen-Orient, et les produits élaborés
Confrontée à une forte concurrence des opérateurs brésiliens, à la grippe aviaire en 2016 et à la guerre au Yémen, "deuxième marché historique" de Doux, "l’entreprise connaît des difficultés économiques qui se sont accentuées depuis à peu près un an et demi", a expliqué Ch. Couroussé, selon lequel Doux a perdu 35 millions d’euros en 2016, l’année 2017 étant "un peu sur la même tendance". 

Pour faire évoluer "son offre et son modèle" économique, répondant à un marché "qui a un avenir et qui génère de la valeur" ajoutée, trois axes de développement, présentés mercredi aux élus du personnel, ont été définis par Doux après l’expertise du cabinet AlixPartners.  
"Le premier, le plus important, c’est clairement et résolument d’orienter l’ensemble des fabrications et la production de volailles en France vers plus de qualité", a confié Ch. Couroussé, alors qu’aujourd’hui l’essentiel de l’activité de Doux est composé de produits d’entrée de gamme, et que ses concurrents ont des coûts de production inférieurs. Or, "on a identifié que sur les marchés du Moyent-Orient, il y a une très forte attente pour des produits qui apportent des qualités nutritionnelles meilleures". "C’est la région du monde où l’obésité progresse le plus", a-t-il assuré. "Nous, on a la capacité aujourd’hui, par la qualité de l’alimentation [des volailles], par l’amélioration des qualités d’élevage, d’offrir des produits qui présentent des avantages en matière nutritionnelle". 'modèle pérenne".  D’ores et déjà, Doux va commencer à commercialiser, dans 10 jours, en Arabie Saoudite un poulet riche en Oméga 3, sous la marque FitLife, a annoncé Ch. Couroussé. 
"Le deuxième marché sur lequel nous voulons recentrer notre activité, c’est le marché européen du halal, un marché en très forte croissance avec une forte exigence de qualité à la fois sur les qualités nutritionnelles et sur la qualité de la certification halal", a-t-il poursuivi. 
Troisième axe: pour continuer à fournir l’entrée de gamme et garder sa position sur le marché, Doux étant notamment “la marque leader en distribution de volailles en Arabie Saoudite", le volailler va miser sur un partenaire européen, "plus compétitif et à coûts plus faibles que nous", a dit Ch. Couroussé. 

"Notre objectif fondamental dans le projet, c’est de défendre l’emploi, les agriculteurs et les éleveurs avec qui on travaille. 

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Mais pour les défendre dans la durée, il faut qu’on s’assure qu’on ait un modèle pérenne. Un modèle qui réponde à un marché qui a un avenir et qui génère de la valeur", a conclu Ch. Couroussé. 
Le coût de l’ensemble de ce projet est estimé à "100 millions d’euros sur quatre ans", nécessitant pour Doux de trouver des "partenaires opérationnels et financiers"
Doux, troisième leader mondial de la volaille, est entré dans le giron de Terrena, deuxième groupe français de coopératives agricoles, situé à Ancenis (Loire-Atlantique), devenant l'actionnaire majoritaire de Doux en mars 2016. 
La coopérative a mis la main sur la marque des produits élaborés Père Dodu qui vient compléter Douce France, Fermiers d'Ancenis et Gastronome Professionnel qui appartiennent déjà à Terrena. En 2001, Terrena avait repris les activités volailles du groupe Bourgoin.
La coopérative Terrena devenue actionnaire majoritaire de Doux, qui était depuis 2013 contrôlé à 52,5 % par la société D&P de l'homme d'affaires Didier Calmels qui fit ses premières armes de redresseur d'entreprises au côté de Bernard Tapie et qui, "wonder boy" parisien de la jet-set (spécialisé dans le redressement d'entreprises, une écurie d'endurance automobile, un restaurant à deux pas du quartier d'affaires des Champs-Elysées avec le célèbre chef Guy Savoy), alors âgé de 38 ans, tua sa jeune femme, Dominique et fut condamné par les jurés de la cour d'Assises de Paris à six ans de réclusion criminelle. Le procureur avait requis de 7 à 10 ans.
L'opération Doux avait été montée avec le soutien financier de Sofiproteol; le groupe saoudien Almunajem (25 %) reste au capital, la famille Doux (22,5 %) n'en est pas sortie.
Le groupe, qui réalise un chiffre d'affaires annuel de 4,6 milliards d'euros, intègre également les activités du grand export de Doux au Moyen-orient, des marchés privés d'aides européennes (les restitutions) - ce qui est en partie à l'origine de la chute de l'industriel. Le pôle volailles de Terrena, composé de ses filiales Gastronome et Référence précédente Doux, représente un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros.
Principal client de Doux, le groupe saoudien Almunajem, est aussi actionnaire du volailler français, fort de 300 éleveurs partenaires. 

En 2012, le groupe Doux avait été placé en redressement judiciaire en raison d’importantes dettes. Dans la foulée, il avait supprimé près d’un millier d’emplois avant d’établir un plan de continuation.

En 2015, Doux avait reconnu des ventes de poulet non halal aux musulmans, même à La Mecque. L’information a été révélée dans un livre paru le 23 février 2015, La Question musulmane en France (Fayard), écrit par Bernard Godard, ancien policier des Renseignements généraux, puis Monsieur islam consultant du ministère de l’Intérieur. Le CFCM (Conseil français du culte musulman) avait fustigé l’ouvrage avant même sa sortie.
Instance fantoche, le CFCM est dénoncé depuis des années, mais utile aux autorités françaises pour sa gestion sécuritaire des musulmans de France. C’est déjà Bernard Godard qui, en 2010, dénonça à plusieurs reprises les certifications "pas sérieuses" de la mosquée de Paris et de la mosquée d’Evry, ville dont le maire fut Manuel Valls. 

dimanche 2 juillet 2017

GM&S: épreuve-test pour Macron, ancien conseiller de Hollande et ex-ministre de l'Economie de Valls

Encore trois semaines de plus pour négocier l'offre de reprise

Le 
Tribunal de Commerce a placé l'équipementier creusois GM&S Industry en liquidation judiciaire

Après des mois de négociations tendues avec les pouvoirs publics et les constructeurs automobiles, principalement les groupes Renault et PSA-Peugeot-Citroën, les salariés de GM&S n'ont plus que les trois prochaines semaines pour voir aboutir le sauvetage de leur entreprise : la seule offre de reprise (partielle)soit 120 emplois sur 277 - déposée à ce jour .par l'unique repreneur doit encore être améliorée.  


En redressement judiciaire depuis le 2 décembre 2016 pour la troisième fois en huit ans et faute de trésorerie et de perspectives pour le site,  "la liquidation judiciaire était devenue inéluctable, selon le Tribunal de Commerce, vendredi. Cette décision de justice met ainsi fin à une histoire commencée sous le nom de Socomec en 1962 (avant de devenir la Sepesa en 1990, comptait jusqu’à 600 salariés), mais doit permettre la mise en œuvre des mécanismes de garantie des salaires et ainsi préserver les droits des personnels", a expliqué dans un communiqué le Procureur de la République de Poitiers, Michel Garrandaux, après la décision du Tribunal de Commerce.
La Sepesa qui deviendra Euramec furent absorbées par SER, ce site de Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne) étant choisi pour permettre l’embauche de personnels issus de la Cogéma après la fermeture des mines d’uranium. On y assembla notamment l’unité avant de l'Espace Renault. A la Souterraine, on fabrique des petits sous-ensembles par emboutissage et assemblage par soudure.
Le groupe stéphanois GMD, numéro un de l'emboutissage en France, a  formulé une offre jeudi soir, mais cette offre de reprise est "perfectible dans son volet social et le tribunal présente des réserves qui devront être levées," explique Michel Garrandaux.
L'histoire entre les salariés de GM&S et GMD aurait pu commencer en 2014. Le groupe, dont le siège social se situe dans les Hauts-de-Seine, avait déjà déposé une offre de reprise, à l'heure du précédent plan social des GM&S, alors dans le giron d'Altia. L'offre de l'Italien Gianpiero Colla, fondateur du groupe GM&S Industry, avait été préférée à celle du PDG, Alain Martineau.
Mais la poursuite de l'exploitation "ouvre un nouveau et bref délai devant permettre d'examiner les modalités de l'offre déposée par GMD et, le cas échéant, d'ordonner la cession de l'entreprise", ajoute-t-il.
"Trois semaines, ce n'est pas beaucoup mais cela peut être prolongé une nouvelle fois" pour une durée maximum de trois mois, a indiqué l'avocat des salariés, Jean-Louis Borie, devant les employés réunis dans l'usine de La Souterraine.

L'avocat a précisé qu'une nouvelle audience se tiendra le 19 juillet à 10h00 au tribunal de Commerce de Poitiers pour examiner l'offre déposée par GMD, seul repreneur déclaré, qui laisse sur le carreau 157 des 277 emplois de GM&S, deuxième entrepreneur privé de la Creuse, spécialisé dans l’emboutissage et l’assemblage de pièces pour l’industrie automobile à La Souterraine.

"Cent vingt emplois [sauvés], c'est beaucoup trop peu! (...) Une usine de cette taille, avec 120 salariés, ça ne vit pas", a réagi Yann Augras, élu CGT et secrétaire du CE, à La Souterraine, site de GM&S. "Il y a encore des choses à jouer; on va se battre comme des dingues", a-t-il lancé aux salariés, promettant de poursuivre les négociations sociales avec GMD, mais aussi de solliciter d'autres équipementiers pour une éventuelle reprise.

Dossier sensible qui pourrait embarrasser Macron

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Après avoir attendu la dernière minute jeudi pour la déposer, GMD, peut améliorer son offre jusqu'à deux jours ouvrables avant l'audience du 19 juillet, a insisté Me Borie.

Salariés et syndicats affichent leur détermination à sauver le plus grand nombre d'emplois possible et à négocier au mieux les indemnités de départ de ceux qui seraient licenciés, 157 si l'offre de GMD n'évolue pas. Ils réclament notamment une prime "supra-légale" s'ajoutant aux indemnités normales de licenciement, qui pourrait, selon eux, être payée par les constructeurs automobiles PSA et Renault, principaux clients de GM&S, accusés par certains salariés d'avoir organisé le déclin du site au fil des ans.

"Ceux qui partiront, il est hors de question qu'ils s'en aillent avec une main devant, une main derrière!", a averti Yann Augras, raillant au passage les promesses de formation faites par Benjamin Griveaux, le secrétaire d'Etat à l'Economie : "On est en Creuse! Les mecs qui ont des diplômes, ils n'ont pas de travail, ils vont dans les grandes villes..."

Symboliquement, une soixantaine de salariés se sont rendus dans l'après-midi à l'agence de Pole Emploi de La Souterraine pour retirer des formulaires d'inscription.

Le dossier GM&S est brûlant pour le gouvernement.
Résultat de recherche d'images pour "GM&S Macron"
Il a mis en place une "cellule de crise", conformément aux engagements du président Emmanuel Macron, lequel avait rencontré mi-juin des représentants des salariés à l'occasion d'un déplacement en Haute-Vienne.

"Tourner autour du pot comme ça s'est passé pendant six mois, ça n'a servi à rien. Là, je crois que les négociations ont réellement commencé", a estimé Patrick Brun, autre élu CGT. "Tout le monde a bien pris l'importance de l'impact aussi bien social que territorial"

Sans attendre la décision du tribunal de commerce, les syndicats ont annoncé une nouvelle réunion avec le ministère de l'Economie la semaine prochaine.

Sur le site de l'équipementier automobile GM&S,
les salariés continuent leur mobilisation, soutenus le temps de la campagne présidentielle par deux candidats de l'extrême gauche, le trotskiste Philippe Poutou et l'allié du PCF, Jean-Luc Mélenchon, qui étaient venus dénoncer la logique de réduction des coûts imposée par des "financiers".
VOIR et ENTENDRE Mélenchon mettre le président Macron en cause :

lundi 2 novembre 2015

En redressement, FRAM est en attente prolongée d'un éventuel repreneur

FRAM en redressement, dans l'attente d'un éventuel repreneur

Au bout d'une longue agonie, 
Fram est dans l’urgence
Le voyagiste toulousain FRAM a été placé vendredi en redressement judiciaire par le tribunal de Commerce de Toulouse, pour une période de six mois avant une éventuelle reprise par le seul intéressé à son rachat, Karavel-Promovacances, qui s'est dit prêt à reprendre les trois quarts des effectifs.
Après une lente agonie qui s’est précipitée avec la procédure d’urgence, ouverte par la déclaration de cessation de paiement et le dépôt de bilan jeudi 29 octobre de Fram, fondé en 1949, le tribunal de Commerce de Toulouse a placé ce vendredi le voyagiste en redressement judiciaire. La période d'observation durera jusqu'au 30 avril 2016. 
L’objectif est désormais de finaliser, dans un court délai d’une quinzaine de jours, la reprise de Fram. Une accélération rendue possible par une réforme du code du commerce intervenue en 2014, qui instaure un dispositif dit de "prepack cession". Les différentes offres seront ainsi présentées le 18 novembre à 9 h 30. 


Inquiétude des salariés pour leur emploi 

Outre le constat de cessation de paiement des quatre sociétés formant le groupe Fram (Fram Voyage, Fram Nature, Fram Agence et Plein Vent), le tribunal de Commerce a considéré que les offres reçues par le conciliateur sont "satisfaisantes" et a décidé que l'administrateur judiciaire sera  dispensé des "publicités [normalement obligatoires] concernant les offres de reprise". 

Présente à l'audience, Marie-Laurence Vieuille-Feral, la présidente du directoire de Fram (et nièce de l'actionnaire principal Georges Colson) n'a pas souhaité faire de commentaire. 

Une décision qui ne satisfait qu'à moitié les salariés qui s'inquiètent du flou de l'offre de Karavel-Promovacances-LBO France sur le nombre de salariés repris. Ce vendredi après-midi, dans le hall du tribunal de Commerce de Toulouse, une vingtaine de salariés entourait Laye Simakha, le délégué du personnel CGT et secrétaire du comité d'entreprise. Après une suspension de séance, le verdict a été annoncé publiquement. 
Satisfait de voir son entreprise placée en redressement judiciaire et non en liquidation, Laye Simakha, le cégétiste, a cependant souligné plusieurs points de mécontentement pour le personnel. "Le délai pour rendre le jugement et le fait que Maître Christian Caviglioli n'ait pas été écarté du dossier ne nous satisfont pas, a-t-il déclaré. Il a été mandataire ad hoc, puis conciliateur pendant trois ans et nous voilà au bord de la liquidation. Nous souhaitions que les actionnaires historiques ne prennent plus part à l'opérationnel et cela n'a pas été suivi d'effet.

Karavel-Promovacances, seul repreneur agréé par les syndicats 
Après le retrait de l'offre sino-luxembourgeoise de HNA-Selectour Afat, Karavel apparaît plus que jamais comme le seul repreneur potentiel. "Il n'y aura pas d'autres repreneurs vu la manière dont c'est ficelé, considère Laye Simakha. 

L'offre de Karavel est un projet crédible car il pérennise l'outil industriel, mais il implique un plan de restructuration." Pour le syndicaliste, c'est là que le bas blesse car les salariés n'ont "aucune idée du périmètre du plan" et des conséquences sur l'emploi. "Karavel était parti sur une base de 15 % de l'effectif. Aujourd'hui, on est à 150-200 personnes en moins. Nous sommes dans l'incertitude et nous n'avons plus de marge de négociation. Aujourd'hui, nous sommes amers." 

Flou sur les effectifs 
Jeudi soir, après le dépôt de bilan de Fram, le fonds d'investissement LBO France, qui détient 75 % de Karavel-Promovacances, a confirmé "avoir déposé une offre de reprise du groupe Fram dans le cadre d'un plan de cession concerté et immédiat, dit 'pré-pack'." Concrètement, LBO France - détenue à 100% par ses 10 partenaires et actionnaire de Materne (compotes et crèmes dessert), Payot (produits cosmétiques), Promovacances (voyages et tour opérateur en ligne, CMR (capteurs et systèmes de câblage), Eminence (sous-vêtements), IKKS (prêt-à-porter), ou Alvest (équipements pour services aéroportuaires), etc - propose de "reprendre 77 % des effectifs actuels, soit 356 CDI et l'ensemble des contrats non permanents"

Une inconnue subsiste: sur quels effectifs le repreneur se fonde-t-il 
630, 651, 680, 1.200 ou 1.500, les chiffres les plus divers circulent dans la presse. Selon le service de communication de LBO France, l'offre de reprise porte sur un effectif de 650 salariés, compté le 25 octobre dernier. "Ces effectifs varient entre 630 et 650 avec les emplois saisonniers. Le reste des emplois relève de franchisés et des salariés qui ne sont pas intégrés dans le groupe et donc pas pris en compte par l'offre de Karavel", précise LBO France. 
Une position contestée par la CGT qui affirme que les sociétés étrangères font juridiquement partie du groupe Fram et sont incluses dans la première offre de Karavel : "La cession de titres concerne l'ensemble du groupe, avec les réceptifs et les filiales à l'étranger. Mais peut-être qu'ils dévoilent leur jeu en disant que seules l'activité de tour opérateur et la distribution les intéressent, et non le réceptif et l'hôtellerie." Or, selon une autre source proche du dossier, Karavel ne compterait pas reprendre les sociétés liées à Fram à l'étranger. Quoi qu'il en soit, pour les syndicats, Fram compte aujourd'hui environ 1.200 salariés dont près de 680 en France.

"La situation de FRAM fragilise l'ensemble du secteur"

C'est la crainte de Jean-Pierre Mas, président du Syndicat des agences de voyages (SNAV). Elle impacte l’ensemble de ses fournisseurs, dont Air Méditerranée, compagnie de charters déjà fortement impactée par la baisse d’activité de 20 % du fait du "printemps arabe" et la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi et à la suppression de 85 postes. Or, elle réalise 40 % de son activité avec Fram, qui depuis juillet 2011 subit une concurrence importante de Transavia, compagnie low-cost d'Air France. De nombreuses agences de voyages peuvent aussi souffrir du dépôt de bilan de Fram, comme l’Association professionnelle de solidarité du tourisme, notre fonds de garantie collective qui protège les clients des voyagistes. Il faut donc très vite sauver le soldat Fram."

Fin octobre, la direction de l’entreprise peaufine son dossier avec le seul repreneur déclaré, le français Karavel-Promovacances. Né en 2000, le groupe parisien, spécialisé dans la vente de séjours à bas coût sur Internet, est détenu à 75 % par le fonds d’investissement LBO France. En rachetant Fram, il rejoindrait les poids lourds du secteur que sont TUI, Thomas Cook et Look-Transat. Une belle opération de croissance externe à moindres frais : 50 millions d’euros ont été mobilisés. "Mais ce n’est pas le prix du rachat, explique Jean-Pierre Mas, car actuellement, Fram vaut malheureusement zéro. Karavel peut acquérir Fram pour une somme symbolique, les 50 millions correspondant éventuellement aux investissements qui seront réalisés."

L’occasion de monter en gamme pour Karavel-Promovacances
L’intérêt est double pour Karavel. Sur le plan de l’image d’abord. Très identifié " bas coût" – avec ses marques Promovacances, Tati vacances.com ou Partir pas cher –, le voyagiste affirmait depuis des mois sa volonté de monter en gamme. Karavel devrait, du coup, bénéficier de la réputation à la fois populaire et de qualité de Fram, dont la notoriété reste très forte.
Son directeur, Alain de Mendonça, assurait également en 2014 vouloir développer son réseau d’une quarantaine d’agences physiques pour le porter à terme à 75 sites. Les 50 agences Fram pourraient donc lui permettre d’atteindre cet objectif. "Les gros opérateurs Internet constatent un essoufflement des ventes en ligne et cherchent tous des lieux physiques pour assurer la visibilité de leurs marques, commente Jean-Pierre Mas. L’opposition entre les canaux 'en ligne' et traditionnel n’est plus de saison."
Des agences Fram fermeront sans doute, mais Karavel pourrait asseoir sa couverture de l’Hexagone, notamment dans le sud de la France.

Les trois quart des effectifs seraient conservés
Geoffroy de Becdelièvre, fondateur de l’agence de voyages "sur mesure" Marco Vasco, en est persuadé : le profil de l’acquéreur de Fram est adéquat. "Le rachat de Fram par Karavel-Promovacances me semble un moindre mal, analyse ce fin observateur du marché. Ces dix dernières années, la société s’est spécialisée dans le rachat d’entreprises en difficulté – Partir pas cher, Ecotour, ABC Croisières – qu’elle est parvenue à assainir. L’acquisition de Fram est un vrai défi parce que d’un coup Karavel double de volume. Mais elle a du sens."

Sur le front social, jeudi 29 octobre, Karavel s’est engagé dans son offre à reprendre les trois quarts des effectifs de Fram – 356 CDI et 137 "non-permanents" – sur un total de 651 salariés. "Nous espérons que ce voyage Fram ne sera pas une destination finale, a réagi la syndicaliste CFDT, Thouraya Ferchichi, mais une escale simplement."

vendredi 19 juin 2015

Le mariage pour tous a tué la presse gay


Yagg, Têtu... Les media LGBT en grande débandade

Les media LGBT peinent à jouir de saines finances 

Le couturier se déshabille
 pour remplumer le magazine gay
Après le magazine gay Têtu, placé en redressement judiciaire le 1er juin, c'est au tour du site d'information LGBT Yagg d'admettre, ce mardi 16 juin, avoir du mal à trouver un équilibre financier. 
Sale temps pour la presse LGBT (Gay, Lesbien, Bi et Transgenre). Alors qu'il fête ses 20 ans, le magazine Têtu a annoncé son placement en redressement judiciaire, accusant 500.000 euros de pertes prévues en 2015 et des ventes en baisse (de 36.000 exemplaires en 2012 à environ 28.000 en 2014)...
Quinze jours plus tard, c'est au tour de Yagg de révéler sa situation dégradée. Le pure player LGBT peine en effet à joindre les deux bouts. "Un restaurant, c'est plus facile à gérer pour nous."
Si Yagg est en difficulté financière, c'est parce que le site "aura été peu aidé par les institutionnels ou par le secteur privé dans son histoire", affirme son cofondateur, Xavier Héraud, dans un édito publié ce mardi. Sa demande de financement auprès du Fonds pour l'innovation numérique de la presse (FINP), mis en place par Google ayant été retoquée, le journaliste a pris la plume afin de souligner combien Yagg se donne pour que son budget s'équilibre. "'Un restaurant, c'est plus facile à gérer pour nous', nous avait ainsi répondu une banque que nous étions allés voir il y a quelques années", révèle Xavier Héraud.


Pierre Bergé s'est retiré de Têtu en janvier 2013 après avoir pris le quotidien Le Monde en 2010

L'homme d'affaires Jean-Jacques Augier, l'actuel propriétaire de Têtu, est un ancien inspecteur général des Finances et maître de conférences à l'Institut d'études politiques de Paris, président-directeur-général des  qui refusent la concurrence d'UberPop, actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans, est ouvertement socialiste et homosexuel.


"Le tribunal de commerce nous a donné quatre mois pour trouver une solution qui assure la sauvegarde des emplois et la pérennité du titre", expose Jean-Jacques Augier, propriétaire du magazine depuis deux ans. Cependant, contrairement à Xavier Héraud, l'ex-trésorier de la campagne de François Hollande ne met pas en cause la faiblesse des subventions accordées aux media LGBT dans le marasme économique que ceux-ci subissent. D'ailleurs, "je ne suis pas favorable à ce qu'on maintienne les aides publiques à quelque domaine que ce soit", confie-t-il à L'Express.

Les "avancées" font reculer la presse gay: comment veux-tu...?

Un Prix  a été remis par Christiane Taubira, garde des Sceaux, à l'association Acceptess-T pour son action de promotion du sport auprès des publics transgenres, le 11 avril 2015 à Paris
Jean-Jacques Augier fait plutôt porter la responsabilité principale de la dégradation financière de Têtu aux agences publicitaires. "Elles nous étranglent", affirmait-il dans son communiqué du 1er juin.
Pour Jean-Jacques Augier, la crise qui frappe les media LGBT n'est pas le seul fait de restrictions pécuniaires. 

Avec aussi des "avancées sociales" comme le mariage pour tous et la fin de la stigmatisation des homosexuels, "les lecteurs et les internautes ont perdu le sentiment de nécessité d'avoir des media qui défendent leurs droits", analyse l'homme fort de Têtu. Or, "il reste encore beaucoup à faire notamment pour les transgenres." Bruce/Caitlyn Jenner posant en Une du Vanity Fair US n'étant qu'un début selon lui.

Caitlyn Jenner, née William Bruce Jenner, champion olympique américain de décathlon et ancien beau-père des filles Kardashian, s'est dévoilé en femme -transgenre- pour la première fois sur ABC pour Vanity Fair en avril dernier.

Face à cette "sorte de démobilisation" du lectorat, Jean-Jacques Augier espère donc que les alertes des media LGBT constitueront un acte "symbolique" permettant de "réveiller les consciences". Pour "continuer à exister", Yagg en appelle ainsi à la générosité du public via une campagne lancée sur Ulule. Objectif affiché: 3.000 abonnés supplémentaires d'ici le mois de septembre. 

Jean-Jacques Augier, lui, est convaincu que "la survie [de Têtu] passe par le rapprochement avec un groupe de presse". Sans se départir de son optimisme, le propriétaire du magazine déplore toutefois que "les gens ne croient pas que Têtu puisse disparaître. C'est un titre structurant, une marque forte. Mais sa disparition est possible et ce sera alors un manque criant." Car, citant son livre de chevet Gay Berlin de Robert Beachy, Jean-Jacques Augier rappelle que "toute l'histoire nous montre que l'égalité des droits est un combat permanent".


mardi 4 novembre 2014

Marseille: la compagnie maritime SNCM en dépôt de bilan

La direction de la SNCM a annoncé le dépôt de bilan aux salariés

La direction de la SNCM a confirmé lundi aux syndicats le dépôt de bilan de la compagnie maritime

En déposant mardi son dossier de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Marseille, la direction de la compagnie maritime a sauté le pas vers la recherche d'un hypothétique repreneur. L'annonce, faite lors d'un comité d'entreprise extraordinaire à Marseille, n'a pas surpris les syndicats qui ont parlé de "scandale d'Etat", a dit le délégué CFE-CGC, Maurice Perrin.

Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, actionnaire majoritaire de la SNCM - laquelle est détenue à parité (50-50 %) par la Caisse des dépôts et consignations (l'Etat) et Veolia Environnement - a estimé que c'est la seule solution. "C'est la seule chance d'éviter la disparition pure et simple de la SNCM", a-t-il déclaré lundi soir sur France Info. La filiale commune de la Caisse des dépôts et de Veolia  souhaite depuis plusieurs mois le dépôt le bilan. Pour le déclencher, Transdev a réclamé le remboursement de prêts

La SNCM emploie 
1.508 salariés en CDI, environ 400 salariés réguliers en CDD et un volant de 300 à 500 saisonniers. La sous-traitance représente 1.200 emplois induits à Marseille et 800 en Corse. 

Transdev a précipité le mouvement vers le  redressement judiciaire
 

La multinationale, un des principaux opérateurs de transport public au monde, a réclamé vendredi le remboursement des avances de trésorerie
 consenties à l'entreprise.

La Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), qui est détenue à 66% par Transdev - co-entreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts -, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés, ne dispose pas  en effet de la trésorerie suffisante pour rembourser les prêts d'actionnaires, soit
103 millions d'euros avancés par Transdev et 14 millions par Veolia.

De plus, le passif européen de 440 millions d'euros
rendait indispensable pour l'actionnaire majoritaire, comme pour le gouvernement, une procédure collective pour purger  et faciliter la recherche d'un repreneur par le tribunal de commerce.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, précisait lundi soir que le gouvernement "poursuit ses discussions complexes avec la Commission européenne sur la transmissibilité de la délégation de service public à un repreneur".

"L'objectif est de sauvegarder le plus grand nombre d'emplois autour des activités qui pourront être reprises"
, déclarait-il.


L'espoir de Jean-Marc Janaillac et de l'Etat est que le dépôt de bilan provoquera une "discontinuité" de l'activité : en clair, la SNCM "disparaissant" pour tenter de renaître sous une forme réduite, les aides d'Etat ne devraient plus être remboursées puisque les conditions de concurrence seraient restaurées.

Ce scénario dit de "discontinuité" doit permettre de repartir sur des bases assainies avec une nouvelle société au périmètre d'activité réduit, aux effectifs diminués de moitié et, surtout, débarrassée de son contentieux avec Bruxelles. La Commission a en effet condamné la compagnie à rembourser 440 millions d'euros d'aides publiques jugées illégales. Un remboursement auquel elle pourrait renoncer comme cela avait été le cas d'une filiale de la SNCF, Sernam.

La justice pourra mettre l'entreprise en redressement judiciaire avec une période d'observation au cours de laquelle un administrateur tentera de trouver un repreneur. 
Déjà deux administrateurs ont été nommés début octobre et étudient les possibilités de sortir de ce guêpier juridique. "Il y a plusieurs repreneurs (potentiels), de l'ordre de cinq ou six, des compagnies sérieuses, venues de différents pays européens, qui regardent actuellement le dossier de la SNCM", a indiqué le PDG de Transdev sur France Info. "Il y a des compagnies qui aujourd'hui se sont officiellement déclarées intéressées, il y en a qui se sont officieusement déclarées intéressées", a-t-il ajouté.

Mais le président du tribunal peut également estimer que l'entreprise n'est pas viable et prononcer une liquidation immédiate. La SNCM est en effet triplement handicapée, comme indiqué plus haut: par l'amende infligée par la Commission européenne de 440 millions d'euros, par les demandes de Transdev et Veolia d'un remboursement anticipé de prêts de 117 millions et par le risque de perte de la délégation de service public accordée par la collectivité de Corse pour la continuité territoriale.

La détermination syndicale reste intacte

En juillet, après dix-sept jours de grève, les salariés avaient obtenu un moratoire de trois mois sans procédure collective. 
Mais Transdev n'a pas jugé possible d'attendre les conclusions de cette médiation repoussée du 31 octobre au 18 novembre pour disposer des travaux des deux administrateurs nommés par le tribunal de commerce début octobre pour étudier «une remise à plat juridique".

Paul Giacobbi, le président de la collectivité territoriale corse, s'est lui aussi aligné sur la ligne Transdev. Ce week-end, il a estimé dans un entretien avec Corse-Matin que la SNCM, qui n'a pas les moyens de rembourser les 117 millions qu'elle doit à Transdev et Veolia, est "en cessation de paiement".
Il s'est toutefois engagé à ce que la délégation de service public octroyée par la Corse à la SNCM soit "transmise au repreneur". 

Pour les salariés, le dépôt de bilan est "un toboggan vers la liquidation" car "il n'y a aucune certitude sur ce transfert". "Le ministre Alain Vidalies nous a écrit que le transfert de la DSP ne va pas de soi et serait même contraire au droit européen", affirme Pierre Maupoint de Vandeul, de la CFE-CGC.

VOIR et ENTENDRE la CGT dénoncer le "passage en force" des actionnaires:
Le comité d'entreprise a été perturbé par les marins de la compagnie qui se sont invités au siège social de la SNCM. Convoqué la semaine dernière, il s'est achevé hier, après une suspension, et a duré toute la journée. Des marins se sont déplacés pour interpeller vivement le président du directoire, Olivier Diehl, retardant ainsi le début de la séance.
"Il y aura sûrement d'autres actions et réactions, mais on n'est pas dans une logique de grève ", a souligné Maurice Perrin. "Aujourd'hui, on se tourne vers le tribunal de Commerce." Le président du tribunal se prononcera alors dans les dix à quinze jours.