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mercredi 13 septembre 2017

Le volailler Doux bat toujours de l'aile

Pour sa survie, le volailler breton tente une réorientation vers plus de qualité 

Doux, qui a changé de mains deux fois après avoir échappé à la liquidation, a de graves difficultés financières, selon Force Ouvrière

Résultat de recherche d'images pour "volaille Doux halal"
"La situation du groupe Doux est extrêmement préoccupante avec d'énormes pertes financières annoncées pour cette dernière année", indiquait le syndicat, en juin 2017. L'entreprise Doux a subi "une forte perte de volumes et n'a pas procédé aux investissements productifs nécessaires".

Le volailler visera à plus de qualité et de ...valeur ajoutée.

Confronté à des difficultés financières, le volailler Doux a présenté mercredi en comité d’entreprise un plan de réorganisation de sa production qui nécessitera un investissement de 100 millions d’euros sur quatre ans.  
Christophe Couroussé, le président du directoire de Doux (1.500 emplois), dont le siège est à Châteaulin (Finistère, qui vote pour les députés Urvoas, PS, ou Richard Ferrand, LREM), a rappelé que l’entreprise est présente sur deux marchés principaux: le poulet entier halal congelé, exporté en grande majorité vers le Moyen-Orient, et les produits élaborés
Confrontée à une forte concurrence des opérateurs brésiliens, à la grippe aviaire en 2016 et à la guerre au Yémen, "deuxième marché historique" de Doux, "l’entreprise connaît des difficultés économiques qui se sont accentuées depuis à peu près un an et demi", a expliqué Ch. Couroussé, selon lequel Doux a perdu 35 millions d’euros en 2016, l’année 2017 étant "un peu sur la même tendance". 

Pour faire évoluer "son offre et son modèle" économique, répondant à un marché "qui a un avenir et qui génère de la valeur" ajoutée, trois axes de développement, présentés mercredi aux élus du personnel, ont été définis par Doux après l’expertise du cabinet AlixPartners.  
"Le premier, le plus important, c’est clairement et résolument d’orienter l’ensemble des fabrications et la production de volailles en France vers plus de qualité", a confié Ch. Couroussé, alors qu’aujourd’hui l’essentiel de l’activité de Doux est composé de produits d’entrée de gamme, et que ses concurrents ont des coûts de production inférieurs. Or, "on a identifié que sur les marchés du Moyent-Orient, il y a une très forte attente pour des produits qui apportent des qualités nutritionnelles meilleures". "C’est la région du monde où l’obésité progresse le plus", a-t-il assuré. "Nous, on a la capacité aujourd’hui, par la qualité de l’alimentation [des volailles], par l’amélioration des qualités d’élevage, d’offrir des produits qui présentent des avantages en matière nutritionnelle". 'modèle pérenne".  D’ores et déjà, Doux va commencer à commercialiser, dans 10 jours, en Arabie Saoudite un poulet riche en Oméga 3, sous la marque FitLife, a annoncé Ch. Couroussé. 
"Le deuxième marché sur lequel nous voulons recentrer notre activité, c’est le marché européen du halal, un marché en très forte croissance avec une forte exigence de qualité à la fois sur les qualités nutritionnelles et sur la qualité de la certification halal", a-t-il poursuivi. 
Troisième axe: pour continuer à fournir l’entrée de gamme et garder sa position sur le marché, Doux étant notamment “la marque leader en distribution de volailles en Arabie Saoudite", le volailler va miser sur un partenaire européen, "plus compétitif et à coûts plus faibles que nous", a dit Ch. Couroussé. 

"Notre objectif fondamental dans le projet, c’est de défendre l’emploi, les agriculteurs et les éleveurs avec qui on travaille. 

poulet haram doux.jpg
Mais pour les défendre dans la durée, il faut qu’on s’assure qu’on ait un modèle pérenne. Un modèle qui réponde à un marché qui a un avenir et qui génère de la valeur", a conclu Ch. Couroussé. 
Le coût de l’ensemble de ce projet est estimé à "100 millions d’euros sur quatre ans", nécessitant pour Doux de trouver des "partenaires opérationnels et financiers"
Doux, troisième leader mondial de la volaille, est entré dans le giron de Terrena, deuxième groupe français de coopératives agricoles, situé à Ancenis (Loire-Atlantique), devenant l'actionnaire majoritaire de Doux en mars 2016. 
La coopérative a mis la main sur la marque des produits élaborés Père Dodu qui vient compléter Douce France, Fermiers d'Ancenis et Gastronome Professionnel qui appartiennent déjà à Terrena. En 2001, Terrena avait repris les activités volailles du groupe Bourgoin.
La coopérative Terrena devenue actionnaire majoritaire de Doux, qui était depuis 2013 contrôlé à 52,5 % par la société D&P de l'homme d'affaires Didier Calmels qui fit ses premières armes de redresseur d'entreprises au côté de Bernard Tapie et qui, "wonder boy" parisien de la jet-set (spécialisé dans le redressement d'entreprises, une écurie d'endurance automobile, un restaurant à deux pas du quartier d'affaires des Champs-Elysées avec le célèbre chef Guy Savoy), alors âgé de 38 ans, tua sa jeune femme, Dominique et fut condamné par les jurés de la cour d'Assises de Paris à six ans de réclusion criminelle. Le procureur avait requis de 7 à 10 ans.
L'opération Doux avait été montée avec le soutien financier de Sofiproteol; le groupe saoudien Almunajem (25 %) reste au capital, la famille Doux (22,5 %) n'en est pas sortie.
Le groupe, qui réalise un chiffre d'affaires annuel de 4,6 milliards d'euros, intègre également les activités du grand export de Doux au Moyen-orient, des marchés privés d'aides européennes (les restitutions) - ce qui est en partie à l'origine de la chute de l'industriel. Le pôle volailles de Terrena, composé de ses filiales Gastronome et Référence précédente Doux, représente un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros.
Principal client de Doux, le groupe saoudien Almunajem, est aussi actionnaire du volailler français, fort de 300 éleveurs partenaires. 

En 2012, le groupe Doux avait été placé en redressement judiciaire en raison d’importantes dettes. Dans la foulée, il avait supprimé près d’un millier d’emplois avant d’établir un plan de continuation.

En 2015, Doux avait reconnu des ventes de poulet non halal aux musulmans, même à La Mecque. L’information a été révélée dans un livre paru le 23 février 2015, La Question musulmane en France (Fayard), écrit par Bernard Godard, ancien policier des Renseignements généraux, puis Monsieur islam consultant du ministère de l’Intérieur. Le CFCM (Conseil français du culte musulman) avait fustigé l’ouvrage avant même sa sortie.
Instance fantoche, le CFCM est dénoncé depuis des années, mais utile aux autorités françaises pour sa gestion sécuritaire des musulmans de France. C’est déjà Bernard Godard qui, en 2010, dénonça à plusieurs reprises les certifications "pas sérieuses" de la mosquée de Paris et de la mosquée d’Evry, ville dont le maire fut Manuel Valls. 

jeudi 15 juin 2017

Richard Ferrand (REM), épinglé dans une nouvelle opération immobilière ?

Ferrand, ministre ou agent immobilier ? 

Le ministre de la Cohésion des territoires se serait enrichi en revendant un bien appartenant au ...PS
Chaque député touche une indemnité représentative de frais de mandat de 5 770 euros brut pour couvrir ses frais professionnels.
Pendant ses opérations immobilières, le député n'est pas dans l'hémicycle :
il doit être en commission...
L'élu du Finistère aurait revendu une partie de sa permanence parlementaire achetée avec des fonds publics, révèle Mediapart. Le chouchou du président de la transparence et du renouvellement des moeurs de la vie politique en est à sa troisième affaire en un mois : un délit de favoritisme au profit de sa concubine, aux frais des mutualistes dont il est en charge des intérêts, un soupçon d'emploi fictif au profit de son fils Emile, au détriment de l'Assemblée nationale, et une nouvelle opération immobilière, au détriment du Parti socialiste.

Moins d'un mois après sa nomination au gouvernement et deux semaines après l'ouverture d'une enquête préliminaire à propos d'un premier montage immobilier dont il aurait fait bénéficié sa compagne, Richard Ferrand se retrouve de nouveau au cœur d'une affaire, toujours sur fond d'enrichissement personnel.


Cette fois, les faits sont récents, puisqu'ils remontent à septembre 2016, quand il faisait déjà campagne sur la moralisation de la vie publique.
 

Richard Ferrand était alors secrétaire général du mouvement En marche !. Selon les informations de Mediapart, le député socialiste du Finistère et actuel ministre de la Cohésion des territoires (comprendre "aménagement du territoire) aurait décidé de la revente à profit d'une partie de sa permanence parlementaire à la fédération PS du département : 40.000 euros pour 43m2. Soit 930 euros/m2.


Richard Ferrand aurait acheté ces locaux en octobre 2012, quatre mois à peine après son arrivée à l’Assemblée nationale. Plutôt que de louer une permanence parlementaire, le député breton aurait préféré acquérir "un rez-de-chaussée à Châteaulin, deuxième ville de sa circonscription, au prix de 115.000 euros pour 130 m2 environ", écrit le site d'investigation.

De l'argent public pour rembourser un bien privé ?


Sachant que les locataires du Palais Bourbon bénéficient de taux d'emprunt défiant toute concurrence,
Ferrand est un exploiteur insatiable de la collectivité : certains diraient qu'il serait capable de vendre sa mère sur Le Bon Coin. Certes, le Sénat a mis fin au système d'aide avantageux en cas d'achat immobilier, mais les salariés de l'Assemblée l'ont maintenu. Les 1.250 fonctionnaires de l'Assemblée nationale ont conservé l'un de leurs précieux privilèges, les prêts immobiliers à taux préférentiel. Finis les prêts à 2%, mais bienvenu aux "avances remboursables "… Depuis 2013, les fonctionnaires ont droit à une avance sur salaire d'un montant maximal de 90.000 €, à rembourser sur dix ans, mais… sans intérêts! Un tour de passe passe à 32 millions d'euros, il y a quatre ans, sachant que la rémunération moyenne des fonctionnaires de l'Assemblée , toutes catégories confondues, s'élève à 7.700 euros bruts mensuels.
L'association 'Pour une démocratie directe' dénonce "l’enrichissement personnel" de certains parlementaires, grâce à leur indemnité de frais de mandat (IRFM), qui fait polémique depuis plusieurs mois.
En plus de leur "indemnité parlementaire" (soit leur salaire, d'un montant de 7.100 euros brut) et de leur "crédit affecté à la rémunération de collaborateurs" (pour payer les assistants, conseillers…), les députés perçoivent une "indemnité représentative de frais de mandat" (IRFM), à hauteur de 5.770 euros brut mensuels. Des dizaines de députés se sont ainsi servis de leur IRFM pour devenir propriétaires de leur permanence parlementaire, voire d'une résidence secondaire dans leur circonscription : un quart des députés en fonction (24,4%) sont propriétaires de leur permanence et un sixième (17,3%) ont acheté une résidence secondaire en circonscription avec l’argent de l’Assemblée nationale.
Des prêts immobiliers ont été accordés à certains députés sur le budget de l'Assemblée jusqu'en 2012. Or, certains prêts, dont l'attribution n'est plus autorisée aujourd'hui (Ferrand était placé pour le savoir) "courent jusqu'en 2020" . Le montant avancé de ces prêts en cours en 2015 était "entre 80 et 90 millions d'euros".
Enfin, l'utilisation opaque des permanences est favorisée par les règles floues prévoyant une stricte séparation entre locaux parlementaires et locaux associatifs ou politiques, pour éviter tout détournement de fonds publics.
Un emprunt de 150.000 euros lui est alors accordé, pour financer également les travaux. Et Mediapart de s'interroger ? "Pour régler ses mensualités, le député Ferrand a-t-il utilisé des fonds publics, en l'occurrence son IRFM [son indemnité parlementaire pour frais de mandat] ?" Si c'est le cas, le ministre "aurait ainsi réussi une sacrée culbute : acquérir un bien immobilier avec l'aide de fonds publics, en conserver une partie à la fin de son mandat, en revendre une autre à des concurrents politiques".


En janvier 2015, franceinfo avait enquêté sur ces députés qui deviennent propriétaires grâce à leur indemnité de frais de mandat. Bien que légale, cette pratique pose une question d'encadrement et un problème éthique : l'élu acquiert avec de l'argent public un bien immobilier privé.

"J'utilisais l'IRFM quand je louais, mais pas quand j'ai acheté en 2004, expliquait à franceinfo Maurice Leroy, député UDI du Loir-et-Cher. Je sépare toujours vie privée-vie publique. A partir du moment où il y avait l'appartement avec le local de la permanence, je n'ai pas voulu utiliser mon indemnité de frais de mandat."


Une pratique réglementée depuis 2015

De son côté, Jean Lassalle,député MoDem (à l'époque) des Pyrénées-Atlantiques, admettait sans problème avoir utilisé son IRFM pour l'acquisition de sa permanence : "Au moment où je l’ai fait, ce n’était pas une question sensible comme aujourd’hui, je n’ai jamais eu l’impression de commettre une mauvaise action. C'était répandu."  Mais Lassalle, 62 ans, est député depuis 2002, à la différence de Ferrand, depuis 2012: le premier soutien du président-banquier a donc été réactif sur ce coup immobilier. Le ministre de Macron avait acheté ces locaux en octobre 2012, quatre mois après son arrivée à l'Assemblée nationale.


La pratique a finalement été réglementée en février 2015, comme le précise Mediapart. "Aujourd'hui, les députés n’ont plus le droit d’employer l’IRFM pour une 'dépense afférente à une nouvelle acquisition de biens immobiliers'", écrit le site. Les députés peuvent en revanche continuer à rembourser un emprunt contracté avant février 2015, "contrairement aux sénateurs", ajoute le journal.

Richard Ferrand, qui ne peut invoquer cette fois le caractère privé de la transaction, n'a pas souhaité commenter, ni faire la leçon aux journalistes, les yeux dans les yeux. Comportement d'autant plus piquant et étonnamment méprisant si on sait que Ferrand a commencé sa vie professionnelle comme ...journaliste en collaborant à La Dépêche du Midi et au quotidien Le Monde ! Ce type a vraiment l'étoffe d'un Cahuzac.

Mais le timing de sortie de ce nouveau scandale, 
le jour où le garde des Sceaux - lui-même impliqué dans une affaire présumée illégale d'emploi de sa secrétaire particulière -  présente sa "loi pour la confiance dans la vie publique", ne manque pas d'a propos... 

Dans le premier montage financier révélé au détriment des adhérents mutualistes de Mutuelles de Bretagne et au bénéfice de sa compagne - la justice a ouvert une enquête préliminaire, mais elle tarde à le mettre en examen : la justice de Bayrou attend-elle qu'il bénéficie de l'immunité parlementaire et que Macron renonce, pour son ministre favori, à l'application de la règle d'obligation à la démission qu'il a lui-même posée ?

En revanche, l'affaire Grégory ressort à grand bruit... et étouffe d'un coup l'affaire Bayrou, l'affaire Sarnez et les trois affaires Ferrand. Celui-ci est même toujours candidat REM à la législative dans un département qui semble vouloir lui conserver sa confiance: les Bretons du Finistère estiment qu'il vaut mieux être représenté par un député qui connaît la vie ! 

Des agriculteurs bretons brûlent des pneus près de la route, le 14 octobre, lors d'une manifestation à Morlaix (Finistère) en compagnie de salariés de différentes entreprises agroalimentaires. 
Oubliées, donc, les destructions d'emploi dans le Finistère pendant le quinquennat de  Hollande avec Macron comme conseiller à l'l'Elysée ou ministre de l'Economie à Bercy? 
Oubliés  le blocage en 2013 de l’aéroport de Brest (Finistère) par 300 salariés de plusieurs entreprises menacées (volailler Doux - basé à Châteaulin, où Ferrand a réalisé cette deuxième opération immobilière révélée ce jour) -  Tilly-Sabco (Finistère), Marine Harvest, les abattoirs porcins de l'entreprise GAD, notamment à Lampaul-Guimiliau, dans ...le Finistère), et les manifestations à Brest, à Morlaix et Paris ? 
Sans avoir jamais exercé dans le milieu agricole ou agro-alimentaire, Ferrand était co-président du groupe d'études Industries agroalimentaires et filière agricole à l'Assemblée nationale...
Au sujet des portiques électroniques autoroutiers, le député Ferrand s'alignait sur les forces régionales dominantes. Comment prétendre en effet conserver son siège si on ne prend pas le parti des manifestants, même violents, dont les six Bretons, poursuivis pour avoir détruit en août 2013 un portique écotaxe à Guiclan (Finistère) et condamnés avec sursis par la cour d'Appel de Rennes à verser solidairement plus de 520.000 euros à l'État qui réclamait 1,3 millions.

Selon les chiffres totalisés du Télégramme, ce sont plus de 11.000 personnes qui ont encore manifesté en Bretagne le 1er mai dernier. 
De quel côté le ministre va-t-il pencher, celui de Macron ou des électeurs bretons ? Dans sa circonscriptions, ils semblent croire en sa parole et à son éthique politique et personnelle...

jeudi 14 avril 2016

Censure de l'Elysée: France 2 décommande deux intervenants dérangeants pour Hollande

Quatre Français sélectionnés par l'Elysée et imposés à un Michel Field soumis 

Le président socialiste s'invite dans une émission manipulatrice


L'Elysée dit dialoguer en direct avec des Français, mais triés sur le volet.
Le président défend sa politique  saturant 71% de Français, dans l’espoir d'un sursaut avant la fin de son mandat, avec le concours du service public dans l’émission 'Dialogue citoyen', jeudi 14 avril, sur France 2.
Quatre "témoins" ont été sélectionnés pour échanger avec le chef de l’Etat, dans un dispositif qui prévoit aussi la présence de trois journalistes: le natif de Catalogne, comme Manuel Valls, David Pujadas, journaliste sur France 2 depuis 15 ans, le Franco-marocain Karim Rissouli, journaliste à France 2 et issu du CELSA (l'un de ses formateurs est Claude Posternak, un communiquant de l'association La Transition),  et la franco-libanaise Léa Salamé, journaliste sur France Inter, radio d'Etat...

"La volonté initiale de l’Elysée, c’était que le président soit face à des Français",
explique un journaliste anonyme de la chaîne. "C’est un classique", sourit un autre, tout aussi masqué, d'autant que l'émission est nouvelle, prenant la suite de 'Des Paroles et des Actes', déjà animée par David Pujadas (2011-2016), un cumulard qui a traversé deux quinquennats, de droite comme de gauche et qui
 est toujours présentateur du journal de 20 heures de cette chaîne.

Depuis l’émission fondatrice "Ça nous intéresse, monsieur le Président", conçue par Jacques Pilhan pour François Mitterrand en 1985, tous les présidents se sont prêtés à l’exercice depuis que Jacques Pilhan l'a conçue sur mesures pour François Mitterrand en 1985. Le changement n'est donc pas non plus intervenu sur ce sujet et l'AFP assure que cette intention présidentielle a justement "croisé celle de France Télévisions" (!) d’introduire davantage de "citoyens" dans ses émissions politiques. Le nouveau directeur exécutif chargé de l’information, Michel Field, se justifie en assurant -comme par hasard- que le dialogue citoyen est l'une de ses "marottes".

Les quatre témoins 'politiquement corrects' retenus incarnent les thèmes choisis...

Les quatre témoins incarnent les thèmes retenus pour l’émission: le travail, autrement dit le chômage, le terrorisme, c'est-à-dire l'islamisme, et la crise démocratique, pour ne pas dire la fronde au cœur du PS, ou l'extrême gauche (altermondialiste, communiste et anarchiste) de 'Nuit Debout' dans la rue: tout pour tenter de reconquérir son électorat, avec les moyens du service public, donc des redevables et de la publicité des patrons d'entreprises.

Anne-Laure Constanza, une chef d’entreprise qui a fondé Envie de fraises, une PME de vente de vêtements pour femmes enceintes. Electrice supposée de Nicolas Sarkozy en 2012, elle estime que diriger une société donne "l’impression de courir un marathon avec dix kilos aux pieds". Autre invitée,
Véronique Roy est mère d’un djihadiste converti, parti en Syrie et mort en janvier.
Marwen Belkaid est blogueur de gauche revendiqué et soutien du mouvement 'Nuit Debout'.
Un électeur du FN complétera le panel.

L'Elysée a imposé ses "témoins" à la télévision d'Etat

Deux témoins initialement pressentis ont été écartés du casting initial, une semaine avant l’émission: un éleveur de porcs breton, Nicolas Le Borgne, et une déléguée syndicale Force ouvrière (FO) du volailler Doux, Nadine Hourmant, une bonne cliente des media militants.

Au Monde, journal officieux du PS, Michel Field a raconté que la réduction de six à quatre invités se justifierait finalement par le constat qu’"avoir moins de citoyens permettait d’avoir un vrai dialogue"  (sic) et que le thème de la crise agricole, auquel ces deux témoins étaient rattachés, n’avait pas été retenu. Subalterne ? Les Bretons qui votent socialiste, notamment Le Drian (ministre cumulard qu'ils ont porté à la présidence de région), se tourneront-ils vers le maire de Carhaix, Christian Trouadec, extrémiste de gauche et figure des 'Bonnets rouges' ?

Mais N.
 Hourmant a décrédibilisé cette version, en expliquant qu’elle devait en fait parler de la loi travail – ce que Le Monde a pu vérifier.
Des personnels de France Télévisions reprochent à Michel Field d’avoir cédé à des pressions de l’Elysée, ce qu’il dément. Sur Europe 1, une source élyséenne (innommable?) a nié : "A aucun moment, nous ne sommes intervenus dans la composition du panel pour interroger François Hollande."

Michel Field contesté

Reste que l’Elysée a pu prendre connaissance des "grands équilibres" de l’émission, de son "squelette", des noms des invités, ainsi que du public, pour "des raisons de sécurité", selon Field, comme si depuis quatre années, l'exécutif socialiste en était à un coup d'essai. 
Cet auteur du sulfureux "L'Impasse de la nuit" confirme que la place laissée aux témoins a été au cœur de ses échanges avec l’Elysée et revendique avoir défendu un équilibre entre eux et les journalistes."En accord avec nous, ils ont réduit le temps de dialogue avec les Français pour que le président passe plus de temps à aborder l’actualité avec les journalistes", a assuré au Canard enchaîné le conseiller communication de l’Elysée, Gaspard Gantzer, un fumeur de shit, remettant en question le "dialogue citoyen"...

Cette affaire survient alors que les méthodes managériales de Field sont très contestées dans la rédaction.

Les trois sociétés de journalistes, France 2, France 3 et Francetv Info ont appelé à une assemblée générale, jeudi, qui pourrait voter une motion de défiance contre le directeur.
Cet réquisition de France 2 fait redouter à certains des risques de perturbations de l’émission, à l'intérieur comme aux abords du Musée de l'Homme, au Trocadéro, où ce "dialogue entre soi" est enregistrée.

vendredi 17 octobre 2014

Abattoirs GAD: le repreneur Intermarché fait 312 suppressions d’emplois de plus


"Sans surprise", banalise Le Monde...

Le tribunal de Commerce de
Rennes
a approuvé !
Jeudi 16 octobre, la reprise de l’abattoir de porcs GAD parune filiale d’Intermarché, a sonné le glas dans 312 foyers, à Josselin  dans le Morbihan. Les juges qui avaient prononcé la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise bretonne le 11 septembre, n’ont eu que cette offre à examiner lors de l’audience.
SVA-Jean Rozé, la filiale d'Intermarché, a amélioré son offre quelques jours avant le verdict. Et s’est engagé à reprendre 530 des 755 salariés travaillant sur le site de Josselin dans le Morbihan. Soit 23 de plus que dans sa proposition initiale.

La filiale d’Intermarché va ouvrir une bourse d’emplois dans ses sites industriels de l’Ouest de la FranceLa coopérative Cecab, actionnaire majoritaire de GAD, envisage aussi d’ouvrir des postes de reclassement dans ses usines.

Le projet de reprise se solde donc par 225 suppressions d’emplois dans le Morbihan. Un chiffre auquel il faut ajouter les suppressions de postes à Lampaul-Guimiliau dans le Finistère et sur le site de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Ce qui se traduit par un total de 312 emplois rayés de la carte de cette Bretagne qui a fait confiance au PS.

Les députés PS ou EELV : 22 sur 27 (Côte d'Armor: tous (5), sauf Marc Le Fur; Finistère: tous (8); Ile-et-Villaine (8): tous, sauf Isabelle Le Callennec, Gilles Lurton et Thierry Benoit; Morbihan: tous (6), sauf Philippe Le Ray).
Les Bretons du gouvernement : outre S. Le Foll, ministre intérimaire de l'Agriculture, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en avait quatre: Jean-Yves Le Drian à la Défense, Marylise Lebranchu à la Réforme de l'État, la Décentralisation et la Fonction publique, Stéphane Le Foll (ligérien, mais fils d'un instituteur breton des Monts d'Arrée) à l'Agriculture et Benoît Hamon "adjoint" à l'Économie. Les gouvernements Valls 1 et 2 en ont maintenu 3 (Le Drian, Lebranchu et Hamon (de passage à l'Education, natif du Finistère), outre Le Foll, ex-député de la Sarthe.  

Il n’y a eu, en effet, aucun repreneur pour les deux ateliers qui subsistaient à Lampaul-Guimiliau, Finistère, où le tribunal de Commerce avait officialisé la fermeture définitive de l'usine Gad, il y a un an, le 11 octobre 2013 et où 83 salariés travaillaient encore. L’offre de la SARIA, sollicitée pour reprendre 11 personnes, n’a pas été retenue. SVA-Jean Rozé lui avait refusé la garantie d’approvisionnement de matière première...

Un plan social lourd

Bercy et Le Foll détournent le regard de la fermeture définitive du site GAD à Lampaul-Guimiliau. Le couperet ést tombé alors que Nono Montebourg, le redresseur productif, vit sa vie sous d'autres cieux....

La Cecab, qui détenait 65 % du capital de GAD, avait privilégié la poursuite d’activité de son abattoir historique de Josselin. La décision s’était traduite par 900 suppressions d’emplois, essentiellement à Lampaul-Guimiliau.

Aujourd’hui, avec un total de 1.212 suppressions de postes
le bilan social de GAD est lourd. 

La mise en redressement de cette entreprise bretonne, en février 2013, avait provoqué une vive réaction. Elle venait s’ajouter au dépôt de bilan du volailler Doux et aux difficultés de son concurrent Tilly-Sabco, placé depuis en liquidation.

GAD est victime de la crise de la filière porcine, bien avant  l’embargo russe sur le porc européen (janvier 2014),  comme le suggère Le Monde qui n'est jamais à une approximation partisane près. Si ce dossier illustre les limites du modèle agricole breton, il a aussi pâti d’une gestion hasardeuse de ses actionnaires, accuse le quotidien socialiste.

La Cecab, aussi connue par le passé pour ses conserves de légumes d’Aucy (coopérative CEBAB), ex-première marque de conserves en France (le Français Bonduelle est no 1 en Europe des légumes en conserve et no 2 des légumes surgelés), a pourtant tenté de se diversifier dans le porc. En 2008, elle est entrée au capital de la société familiale GAD et en a pris le contrôle en 2010, en essayant de sauver son site de Josselin dans le périmètre. Mais l’effort de restructuration et de sauvetage s’est fait grâce à un montage financier par endettement (LBO) et cette dette a plombé l’activité, entraînant GAD (1.700 salariés) vers le dépôt de bilan en février 2013.

mardi 23 septembre 2014

Le volailler Tilly-Sabco a du plomb dans l'aile

Dans le Finistère, le volailler Tilly-Sabco a été mis en cessation de paiement

Le ministre Montebourg est parti laissant les salariés sur le carreau
Entouré de Bricq, Le Foll, Garot et Lebranchu, élus Bretons,
Ayrault, ex-député-maire de Nantes, avait fait
 la promesse solennelle d'une aide de 15 millions d'euros
en soutien aux entreprises agroalimentaires de la région 
(Matignon, le 16 octobre 2013)
Alors que le redresseur improductif est allé sous d'autres cieux roucouler avec Aurélie Filippetti, autre ministre déterminée, les quelques 340 salariés de l'abattoir breton Tilly-Sabco sont effondrés. A l'issue d'un Comité central d'entreprise qui se déroulait ce lundi matin au siège de l'entreprise à Guerlesquin (Finistère), le PDG du volailler en difficulté, Daniel Sauvaget, a annoncé qu'il est "contraint d'effectuer une déclaration de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Brest".
"Compte tenu que nous n'avons pas pu conduire à son terme le plan de continuation en cours, (j'ai indiqué) que nous passerions directement en procédure de liquidation et que je sollicitais du tribunal de Commerce de Brest une poursuite d'activité pour permettre l'émergence de projets de reprise les plus aboutis qui permettent de sauver le maximum d'emplois sur le site", a-t-il ajouté. 
Daniel Sauvaget a toutefois précisé dans un communiqué qu'il sollicite une poursuite d'activité "grâce au soutien de son principal client saoudien, le groupe Abbar". En plus des 340 employés, le volailler génère un millier d'emplois induits.
La colère des salariés

"On nous a annoncé le dépôt de bilan. Où aller chercher du boulot maintenant puisqu'il n'y en a plus ici ?", lâche, en larmes, Didier Coant, 55 ans, au sortir de la réunion. Depuis 20 ans chez Tilly, dernièrement au "quai d'accrochage", cet ouvrier dont la mère a fait toute sa carrière chez Tilly est effondré. "Si nous on ferme, tous les commerces environnants vont en pâtir. J'aurais aimé finir ma carrière dignement. C'est pas facile à 55 ans".
"J'aurais aimé finir en beauté et pas comme ça, dit aussi Jean-Yves, un éleveur travaillant exclusivement pour Tilly et qui craint lui aussi le dépôt de bilan. 
"Notre travail, c'est toute notre vie. On n'a pas de perspectives, mais vous savez, quand on pousse les gens à bout, vous voyez ce que ça donne", menace Corinne Nicole, la déléguée CGT du groupe, évoquant sans le dire la violente manifestation des producteurs de légumes dans la ville voisine de Morlaix vendredi soir. (lien PaSiDupes)

Si ça ferme, "qu'est ce qui nous restera ? On n'a que ça. Que voulez-vous qu'on fasse? Forcément qu'on va se battre, on va aller jusqu'au bout, on n'a plus rien à perdre. A force on va tous sortir les crocs", assure Jean-Paul Mazé, éleveur finistérien pour Tilly.
Tilly-Sabco en difficulté depuis 2013

Les difficultés de Tilly-Sabco, dont 80% de la production était destinée au Moyen-Orient, principalement à la péninsule arabique, remontent à la suppression en 2013 des aides européennes à l'exportation pour les poulets congelés (les restitutions), qui soutenaient la filière à hauteur de 55 millions d'euros par an. Les deux groupes français Doux - lui-même touché ces deux dernières années par de graves difficultés - et Tilly-Sabco, étaient les derniers en Europe à toucher ces subventions, qui leur permettaient de supporter le différentiel de compétitivité avec le Brésil, leur principal concurrent.

Malgré les 15 millions d'euros d'aide étatique dégagés par la France fin 2013 en faveur de la filière, les difficultés de Tilly ont pris un tour critique cet été quand Nutréa (filiale de la coopérative bretonne Triskalia), principal fournisseur de poussins pour les éleveurs qui envoient leurs poulets à l'abattoir Tilly-Sabco, a cessé de les livrer, faute d'assurances de paiement, compte tenu des difficultés de la filière. Finalement, Tilly-Sabco a pu maintenir une activité réduite en septembre grâce à l'apport de 450 000 poulets par semaine à l'abattoir, soit deux jours de travail hebdomadaires, selon le syndicat CGT.



C'est donc un nouveau coup dur pour l'agroalimentaire breton. Après la liquidation judiciaire de l'abattoir du groupe Doux dans le Morbihan, le volailler Tilly-Sabco, deuxième exportateur de poulets français, avait annoncé en octobre 2013 qu'il devait suspendre sa production de poulets destinés à l'exportation, soit 90 % de son activité, à compter du 4 janvier 2014.

Le 18 juillet 2013,
Bruxelles avait décidé de supprimer les aides à l'exportation (les "restitutions") pour les petits poulets congelés, dont la France restait quasiment la seule bénéficiaire, en premier lieu les groupes Doux et Tilly-Sabco. Ces aides permettaient notamment aux poulets européens de concurrencer les volailles brésiliennes sur la scène internationale. Tilly-Sabco avait alors engagé une procédure en référé pour s'opposer à cette décision. Le groupe a été débouté en septembre.
Tilly-Sabco a réalisé en 2012 un chiffre d'affaires de 136 millions d'euros -principalement au Moyen-Orient- et emploie 340 personnes.
Le gouvernement travaille à "maintenir l'activité", assurait Garot
Le gouvernement s'efforce de trouver des solutions pour maintenir l'activité de Tilly-Sabco, avait clamé fin octobre 2013 le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot (PS), en l'absence du ministre de l'Agriculture toujours occupé ailleurs: depuis que ce n'est plus au fonctionnement du cabinet fantôme de Hollande, c'est à sa propagande sur tous les media hexagonaux. "Nous sommes prêts à intervenir sur la base des propositions et demandes précises qu'elle voudra bien nous transmettre", avait-il promis, précisant avoir reçu à plusieurs reprises en  à tête son PDG Daniel Sauvaget.
"Les 15 millions d'euros du plan Bretagne sont notamment destinés à soutenir la filière avicole et les abattoirs", avait-il rappelé. Que reste-t-il de ces 15 millions que les contribuables ont versé au pot ?...


La Bretagne avait placé François Hollande nettement en tête du premier tour de la présidentielle de 2012, avec 31,7% des voix, loin devant Nicolas Sarkozy (25,6%) et Marine Le Pen (13,2%).

Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault comptait quatre Bretons : Jean-Yves Le Drian à la Défense, Marylise Lebranchu à la Réforme de l'État, de la Décentralisation et de la Fonction publique, Stéphane Le Foll né au Mans mais fils d'un instituteur breton des Monts d'Arrée, à l'Agriculture, et Benoît Hamon à l'Économie.
En avril 2014, le gouvernement Valls comportait encore quatre Bretons, pour changer: Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense. Le Brestois d'origine Benoît Hamon était passé au ministère de l'Education, Marylise Lebranchu conservait son ministère de la Décentralisation et de la Fonction publique et S. Le Foll était tellement bon qu'il était maintenu à l'Agriculture...
Les députés PS du Finistère sont Jean-Jacques Urvoas (Quimper) et Marilyse Lebranchu députée pour la circonscription de ...Morlaix et de ...Guerlesquin (1997-2012), une intime de la Ch'tite Aubry et donc se réclamant de la "gauche sociale"...

vendredi 22 août 2014

Filière volaillère - Cazeneuve se porterait acquéreur pour la "maison Poulaga"...

L'émission Capital du 6 avril 2014 sur M6 a porté un coup mortel à la filière 

Intitulée "Poulet: révélations sur la viande la moins chère",
elle est jugée "excellente pour ne pas dire délicieuse" par Télérama (groupe Le Monde) qui explique que "le magazine de M6 n’a pas seulement désossé la filière du poulet, il a aussi volé dans les plumes de Xavier Beulin, patron de la FNSEA, le puissant syndicat qui cogère la politique agricole de la France depuis des décennies." 

Thomas Sotto se demande : "A trois euros le kilo, que mange-t-on vraiment?" Pas de la poule de luxe, répond le préambule de l’enquête, tourné dans le paradis verdoyant des volailles de Bresse. Mais, comme on s'en doutait, du poulet qui n'en a plus que le nom, élevé par dizaines de milliers dans d’immenses hangars, engraissé en un temps record, pataugeant dans sa fiente, bourré de bactéries E. Coli, gavé d’antibiotiques de la naissance à l’abattage. Rien de très nouveau, seulement des témoignages écœurants et des images vomitives – qui m'ont donné envie de déguster un bon bifteck de cheval roumain.

Une découverte, tout de même : la moissonneuse-batteuse à poulets. Quelle ingénieuse invention ! Aussi indispensable à l’aviculteur que l’aspirateur à la ménagère. Imaginez que vous souhaitiez expédier 40.000 poulets à l’abattoir. Si vous les priez un par un de bien vouloir prendre place à bord de leur transport collectif, vous risquez d’y passer la journée. Avec la moissonneuse-batteuse à poulets, c’est plié (au sens propre) en moins de temps qu’il n’en faut pour se réchauffer un cordon bleu surgelé. "Admirez", selon Télérama:  

Cette scène champêtre se déroule en Bretagne, où les difficultés de la filière du "poulet low cost" ont participé à l’émergence du mouvement des "bonnets rouge" l’automne dernier. Et justement, qui (re)voilà ? 

Daniel Sauvaget, le PDG de Tilly-Sabco qui enfonçait les portails de sous-préfecture, arborant cette fois une charlotte rouge pour faire visiter (en exclusivité) son usine de production de saucisses de poulet à base de "VSM, viande séparée mécanique- ment". Selon le commentaire, "une pâte aux allures de guimauve". Je vous laisse apprécier, ci-dessus.

Ayant dévoilé le traitement inhumain imposé à la gent volaillère dans nos contrées, l’enquête s’envole pour le Brésil, le pays accusé à l’automne dernier de détruire notre fière filière avicole hexagonale. Le Brésil, c’est l’eldorado des moissonneuses-batteuses à poulets, les élevages s’y multiplient, produisant des volailles "35 % moins chères qu'en France" grâce à la modicité du prix des aliments et surtout du travail. Les reporters ont même trouvé les " travailleurs détachés" locaux, équivalents des Polonais employés dans les abattoirs allemands. Ce sont "des manutentionnaires haïtiens, fraîchement immigrés, payés 100 euros de moins que la main-d’œuvre brésilienne" – déjà cinq fois moins chère qu’en France.

C’est à leur retour en France que les enquêteurs épinglent Xavier Beulin, le président de la FNSEA et pas tout à fait accessoirement PDG de Sofiprotéol, multi nationale des oléo-protéagineux, elle-même propriétaire de l’usine Farmor, qui fabrique des préparations à base de poulet. Des éleveurs bretons en colère y ont découvert des caisses de poulets en provenance de Thaïlande et du Brésil. Avec en poche les étiquettes des lots incriminés, les journalistes s'en vont trouver Xavier Beulin au Salon de l’agriculture, où il est en train de pérorer sur le stand des Chambres d’agriculture : "Il y a une demande des consommateurs de ré-identifier dans son alimentation de l’origine, du patrimoine, de l’identité, de la culture." Et de la moissonneuse-batteuse à poulets ?
Devant la caméra de M6, le patron de la FNSEA insiste : "Je défends d’abord une agriculture française, des produits français et des filières agro-alimentaires françaises." Cocorico. Mais quand les journalistes lui montrent l’étiquette " Brasil", Xavier Beulin se fait moins grandiloquent : "On n’est pas dans l’illégalité quand on fait venir des viandes du Brésil et d’ailleurs." Et de leur tourner le dos pour s'en aller précipitamment.

"Des importations légales, reprend le commentaire, mais qui illustrent les tiraillements de toute une filière toujours tirée vers des prix plus bas." Et les tiraillements de toute la télé face à la crise du poulet breton. En s’attaquant au méchant poulet brésilien (et à ses importateurs français), les enquêteurs prennent la défense des mêmes aviculteurs dont ils ont dénoncé la folie productiviste dans la première partie de leur travail… Par ailleurs, ils n’hésitent pas à montrer "des images presque insoutenables" de la maltraitance des poulets mais brillent par leur habileté à ne citer aucune marque. Les produits du commerce, maintes fois exhibés, sont toujours soigneusement floutés. Seul Perico Légasse, invité en plateau, lâchera le nom de KFC.


Reconnaissons tout de même à M6 le courage de s'attaquer à une filière

qui compte de nombreux annonceurs de la télé. Par exemple, en coinçant Xavier Beulin, Capital prend le risque d’une prise de bec avec Lesieur, autre filiale de Sofiprotéol. D’ailleurs, est-ce un hasard ? La très longue coupure publicitaire diffusée au milieu de l'enquête regorge de banques et de bagnoles mais ne présente aucun spot pour des marques de l’agro-alimentaire ou de la distribution… Il faut dire que M6 réserve à cette catégorie d'annonceurs un véritable écrin pour sublimer leur saveur : Top Chef. Ce concours culinaire où pas un candidat n’est capable de piloter une moissonneuse-batteuse à poulets.

En revanche, en décembre 2013, le tribunal de commerce de Quimper avait tranché en faveur du volailler Doux, premier producteur européen de volailles (Père Dodu, Doux, Lebon, ainsi que Malvoisine et Cœur de Bretagne). 
Le jeudi 7 juin 2012, Arnaud Montebourg, le ministre supposé redresser les entreprises en difficultés, avait accusé Charles Doux, le PDG et fondateur du groupe volailler, d'avoir voulu privilégier son "sort personnel" au détriment de celui de son entreprise. Malgré lui, le groupe est sorti du redressement judiciaire et poursuit son activité. 
Mais c'est le brésilien JBS, numéro un mondial de la viande, a repris en location, pour dix ans, les anciennes installations du groupe français. Suite à ce documentaire assassin, les ventes connaissent un recul aussi soudain que dramatique et la crête de JBS pourrait retomber avant dix ans. C'est alors qu'il ne resterait plus que Nanard Cazeneuve pour racheter l'entreprise pour la maison Poulaga... 
Le "made in France" de Montebourg, c'est du passé, mais a-t-il jamais existé autrement que dans les media ?...