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vendredi 22 août 2014

Filière volaillère - Cazeneuve se porterait acquéreur pour la "maison Poulaga"...

L'émission Capital du 6 avril 2014 sur M6 a porté un coup mortel à la filière 

Intitulée "Poulet: révélations sur la viande la moins chère",
elle est jugée "excellente pour ne pas dire délicieuse" par Télérama (groupe Le Monde) qui explique que "le magazine de M6 n’a pas seulement désossé la filière du poulet, il a aussi volé dans les plumes de Xavier Beulin, patron de la FNSEA, le puissant syndicat qui cogère la politique agricole de la France depuis des décennies." 

Thomas Sotto se demande : "A trois euros le kilo, que mange-t-on vraiment?" Pas de la poule de luxe, répond le préambule de l’enquête, tourné dans le paradis verdoyant des volailles de Bresse. Mais, comme on s'en doutait, du poulet qui n'en a plus que le nom, élevé par dizaines de milliers dans d’immenses hangars, engraissé en un temps record, pataugeant dans sa fiente, bourré de bactéries E. Coli, gavé d’antibiotiques de la naissance à l’abattage. Rien de très nouveau, seulement des témoignages écœurants et des images vomitives – qui m'ont donné envie de déguster un bon bifteck de cheval roumain.

Une découverte, tout de même : la moissonneuse-batteuse à poulets. Quelle ingénieuse invention ! Aussi indispensable à l’aviculteur que l’aspirateur à la ménagère. Imaginez que vous souhaitiez expédier 40.000 poulets à l’abattoir. Si vous les priez un par un de bien vouloir prendre place à bord de leur transport collectif, vous risquez d’y passer la journée. Avec la moissonneuse-batteuse à poulets, c’est plié (au sens propre) en moins de temps qu’il n’en faut pour se réchauffer un cordon bleu surgelé. "Admirez", selon Télérama:  

Cette scène champêtre se déroule en Bretagne, où les difficultés de la filière du "poulet low cost" ont participé à l’émergence du mouvement des "bonnets rouge" l’automne dernier. Et justement, qui (re)voilà ? 

Daniel Sauvaget, le PDG de Tilly-Sabco qui enfonçait les portails de sous-préfecture, arborant cette fois une charlotte rouge pour faire visiter (en exclusivité) son usine de production de saucisses de poulet à base de "VSM, viande séparée mécanique- ment". Selon le commentaire, "une pâte aux allures de guimauve". Je vous laisse apprécier, ci-dessus.

Ayant dévoilé le traitement inhumain imposé à la gent volaillère dans nos contrées, l’enquête s’envole pour le Brésil, le pays accusé à l’automne dernier de détruire notre fière filière avicole hexagonale. Le Brésil, c’est l’eldorado des moissonneuses-batteuses à poulets, les élevages s’y multiplient, produisant des volailles "35 % moins chères qu'en France" grâce à la modicité du prix des aliments et surtout du travail. Les reporters ont même trouvé les " travailleurs détachés" locaux, équivalents des Polonais employés dans les abattoirs allemands. Ce sont "des manutentionnaires haïtiens, fraîchement immigrés, payés 100 euros de moins que la main-d’œuvre brésilienne" – déjà cinq fois moins chère qu’en France.

C’est à leur retour en France que les enquêteurs épinglent Xavier Beulin, le président de la FNSEA et pas tout à fait accessoirement PDG de Sofiprotéol, multi nationale des oléo-protéagineux, elle-même propriétaire de l’usine Farmor, qui fabrique des préparations à base de poulet. Des éleveurs bretons en colère y ont découvert des caisses de poulets en provenance de Thaïlande et du Brésil. Avec en poche les étiquettes des lots incriminés, les journalistes s'en vont trouver Xavier Beulin au Salon de l’agriculture, où il est en train de pérorer sur le stand des Chambres d’agriculture : "Il y a une demande des consommateurs de ré-identifier dans son alimentation de l’origine, du patrimoine, de l’identité, de la culture." Et de la moissonneuse-batteuse à poulets ?
Devant la caméra de M6, le patron de la FNSEA insiste : "Je défends d’abord une agriculture française, des produits français et des filières agro-alimentaires françaises." Cocorico. Mais quand les journalistes lui montrent l’étiquette " Brasil", Xavier Beulin se fait moins grandiloquent : "On n’est pas dans l’illégalité quand on fait venir des viandes du Brésil et d’ailleurs." Et de leur tourner le dos pour s'en aller précipitamment.

"Des importations légales, reprend le commentaire, mais qui illustrent les tiraillements de toute une filière toujours tirée vers des prix plus bas." Et les tiraillements de toute la télé face à la crise du poulet breton. En s’attaquant au méchant poulet brésilien (et à ses importateurs français), les enquêteurs prennent la défense des mêmes aviculteurs dont ils ont dénoncé la folie productiviste dans la première partie de leur travail… Par ailleurs, ils n’hésitent pas à montrer "des images presque insoutenables" de la maltraitance des poulets mais brillent par leur habileté à ne citer aucune marque. Les produits du commerce, maintes fois exhibés, sont toujours soigneusement floutés. Seul Perico Légasse, invité en plateau, lâchera le nom de KFC.


Reconnaissons tout de même à M6 le courage de s'attaquer à une filière

qui compte de nombreux annonceurs de la télé. Par exemple, en coinçant Xavier Beulin, Capital prend le risque d’une prise de bec avec Lesieur, autre filiale de Sofiprotéol. D’ailleurs, est-ce un hasard ? La très longue coupure publicitaire diffusée au milieu de l'enquête regorge de banques et de bagnoles mais ne présente aucun spot pour des marques de l’agro-alimentaire ou de la distribution… Il faut dire que M6 réserve à cette catégorie d'annonceurs un véritable écrin pour sublimer leur saveur : Top Chef. Ce concours culinaire où pas un candidat n’est capable de piloter une moissonneuse-batteuse à poulets.

En revanche, en décembre 2013, le tribunal de commerce de Quimper avait tranché en faveur du volailler Doux, premier producteur européen de volailles (Père Dodu, Doux, Lebon, ainsi que Malvoisine et Cœur de Bretagne). 
Le jeudi 7 juin 2012, Arnaud Montebourg, le ministre supposé redresser les entreprises en difficultés, avait accusé Charles Doux, le PDG et fondateur du groupe volailler, d'avoir voulu privilégier son "sort personnel" au détriment de celui de son entreprise. Malgré lui, le groupe est sorti du redressement judiciaire et poursuit son activité. 
Mais c'est le brésilien JBS, numéro un mondial de la viande, a repris en location, pour dix ans, les anciennes installations du groupe français. Suite à ce documentaire assassin, les ventes connaissent un recul aussi soudain que dramatique et la crête de JBS pourrait retomber avant dix ans. C'est alors qu'il ne resterait plus que Nanard Cazeneuve pour racheter l'entreprise pour la maison Poulaga... 
Le "made in France" de Montebourg, c'est du passé, mais a-t-il jamais existé autrement que dans les media ?...

vendredi 15 février 2013

Taxe à 75%: Bruce Willis tente de raisonner Hollande

La midinette Filippetti le fait commandeur dans l'ordre des Arts et Lettres

De passage à Paris, Bruce Willis s'est livré à un petit décryptage du projet de Hollande de taxer les Français à 75%.

L'acteur américain ambitionnait de convaincre le président socialiste à la "friendly nature" de renoncer à sa très controversée "taxe exceptionnelle" sur les très hauts revenus. 

Bercy n'a pas encore réagi à sa proposition originale Made in USA. 
Invité du journal de 20 heures de TF1, le héros de la série "Die Hard" et de "Pulp Fiction" défend une formule novatrice : acquitter ses impôts une année sur deux. "75%, c'est une grosse somme d'argent", a commenté Bruce Willis. "Moi, a-t-il expliqué, j'ai une autre idée".
"Plutôt qu'un taux d'imposition à 75% [en FRrance], ou à 55% comme c'est le cas aux Etats-Unis, pourquoi ne pas payer un an sur deux?", a suggéré l'acteur, dans un contexte français de nombreux débats houleux sur cette impôt confiscatoire. 
Et d'expliquer: "Une année, vous payez vos impôts 'plein pot', et l'année d'après, vous ne payez rien. Le budget de l'Etat s'en porterait tout aussi bien".

VOIR et ENTENDRE Bruce Willis au 20h de TF1 déclarer "Tant que je serai capable, je continuerai": 


Promesse de la campagne présidentielle de François Hollande, la taxe à 75% sur les revenus supérieurs à un million d'euros annuels n'en finit plus de bouleverser l'agenda du gouvernement Ayrault. Le dispositif a d'ailleurs été censuré par le Conseil constitutionnel et devrait revenir sous une autre forme d'ici à l'été.

Né en Allemagne, Bruce Willis se sent bien en Europe

En France, pour la promotion de son dernier film "Die Hard, Belle journée pour mourir", Bruce Willis, 58 ans en mars prochain, a été fait commandeur dans l'ordre des Arts et Lettres, le 11 février, par la ministre de la Culture Aurélie Filippetti, qui décidément a un faible pour les hommes mûrs, puisque la socialiste partage la vie d'un chiraquien, Frédéric de Laparre de Saint-Sernin, 55 ans (cf. libellé, ci-dessous).

L'acteur, visiblement très flatté, s'est dit "honoré" et "heureux que vous aimiez mes films". Télérama doit s'étouffer ! A propos de ce cinquième épisode de  "Die Hard" (Dur à cuire), l'avatar du journal Le Monde décrivait ainsi le héros interprété par B. Willis: " John McClane, le flic sans état d’âme, est vraiment au mauvais endroit au mauvais moment... "
Filippetti est encore une fois bien inspirée, car Die Hard : Belle journée pour mourir a reçu des critiques largement négatives, obtenant 14% d'avis favorables sur le site Rotten Tomatoes. Cet épisode estle seul à connaître un échec critique.

"Chaque fois que je suis en France et à Paris, je me sens chez moi", a-t-il susurré. Son père, était en effet militaire stationné sur une base US d'Allemagne de l'Ouest et sa mère est allemande.

Au point de s'immiscer dans la politique fiscale du pays. Son cachet pour le dernier "Die Hard" aurait atteint 25 millions de dollars.

Autre aberration socialo-écolo
Quand, sous Nicolas Sarkozy, le budget du ministère de la Culture augmentait, artistes et histrions le vouaient aux gémonies, mais aujourd’hui, le même budget accuse une baisse de 4,3 %, mais personne n’y trouve rien à redire. Avez-vous entendu Pierre Arditi ou Jean-Michel Ribes étouffer le moindre gémissement ?
Lien PaSiDupes consacré au cinéma bling-bling de France - " France: faire de l'argent devient honteux " : Salaires des acteurs français : Dany Boon doit remettre les pendules à l'heure

dimanche 27 mai 2012

Festival de Cannes: ce n'est pas non plus le changement !

Palme d'or: on prend Michael Haneke et on recommence !


Ils étaient quatre cinéastes en lice cette année à pouvoir repartir avec une deuxième Palme d'or..


C'est l'Autrichien Michael Haneke qui l'a emporté avec "Amour", film qui réussit la gageure de marier maîtrise technique et émotion authentique.


Cette émotion est le fruit non seulement de la mise en scène et de la direction d'acteurs de Haneke, qui avait décroché une première Palme d'or en 2009 avec "Le ruban blanc", mais aussi de l'interprétation du couple d'octogénaires, Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva.
C'est pourquoi, le président du Jury du 65e Festival de Cannes, en annonçant la Palme d'or, a souligné la "contribution fondamentale" des deux acteurs à la très haute tenue du film.

Des contributeurs sacrifiés
Mais le règlement interdit d'accorder un autre prix à un film qui obtient la Palme d'or, le Grand Prix ou le Prix de la mise en scène, a expliqué Nanni Moretti dimanche soir, lors de la conférence de presse du jury.

En tout état de cause, "Amour" a une résonance toute personnelle pour le cinéaste autrichien, longtemps réputé pour traumatiser le spectateur plutôt que l'enchanter. "J'ai vécu ça (la maladie) dans ma famille; ça m'a beaucoup touché et c'est comme ça que j'ai commencé ce film", a-t-il expliqué, lors de la conférence de presse des lauréats.

La longue liste des doublets
Les réalisateurs à la convenance du microcosme des jurés sont rares
Haneke rejoint Francis Ford Coppola, Bille August, Emir Kusturica, Shohei Imamura et les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne au rang des cinéastes ayant reçu deux fois le précieux trophée.

Les autres lauréats

Le prix d'interprétation féminine échoit au duo d'actrices d'"Au-delà des collines", Cosmina Stratan et Cristina Flutur, long métrage impeccablement maîtrisé lui aussi du Roumain Cristian Mungiu, qui avait ébloui Cannes en 2007 avec "4 mois, 3 semaines, 2 jours"
Pas vraiment du neuf... Et il doit se contenter cette année d'applaudir ses actrices et d'un Prix du scénario, tout de même.

La  palme de la mise en scène 
Ce sera sans doute la décision du jury la plus controversée, celui du réalisateur mexicain Carlos Reygadas.
"Post Tenebras Lux" a été largement snobé par les festivaliers. Voir un homme, qui vient d'en agresser un autre, finir par, littéralement, se prendre la tête et se l'arracher à pleines mains a fait écarquiller bien des yeux et provoqué bien des rires involontaires.
Prié de dire, lors de la conférence de presse des lauréats, si la distinction obtenue constituait une "revanche" sur une mauvaise presse, Reygadas, titulaire d'un Prix du Jury en 2007 pour "Lumière silencieuse", s'est contenté de répondre: "Pourquoi une revanche? Ce prix est simplement quelque chose pour lequel il faut être reconnaissant, c'est tout". "Je suis très reconnaissant aux journalistes qui détestent le film comme à ceux qui l'aiment; tous sont très importants pour moi".

Le prix d'interprétation masculine vient distinguer la prestation de l'acteur danois Mads Mikkelsen, en homme traqué victime de la rumeur et du mensonge, dans "La chasse."
Ce fut l'un des films choc de ce 65e Festival et son auteur, le Danois Thomas Vinterberg, s'était déjà signalé en 1998 avec un "Fête de famille" qui lui avait valu le Prix du Jury.

Un troisième "palmé", le chouchou du festival, Ken Loach, trotskiste, a reçu le ... Prix du Jury, le troisième de son palmarès personnel, après ceux de "Raining Stones" (1993) et de "Hidden Agenda" (1990).
Palme d'or en 2006 avec "Le vent se lève", le cinéaste révolutionnaire britannique a présenté pas moins de 17 films à Cannes, dont 14 en sélection officielle, depuis "Kes" en 1970. 

Les défavorisés et les rescapés
L'Iranien de service, cette année, Abbas Kiarostami, le quatrième "palmé" de la compétition, repart à vide. Le réalisateur était venu dire ouvertement que son film ne comportait ni début ni fin et qu'il laissait le soin au spectateur de combler les trous. De quoi séduire Télérama et les gauchos-bobos-intellos du festival. Mais le public aura intérêt à passer son chemin.

Le jury cannois a pris une autre décision qui suscitera le controverse en attribuant à "Reality", de l'Italien Matteo Garrone, le Grand Prix.
Diversement apprécié lors de sa projection, au début du Festival, le film était quelque peu tombé dans les oubliettes de la critique. Jusqu'à ce que les jurés cannois le ressuscitent.
Garrone est maintenant titulaire de deux Grands Prix, le précédent lui ayant été décerné avec "Gomorra", en 2008.

Le 65e Festival de Cannes aura aussi été celui de la déroute des cinématographies française et nord-américaine.

Trois films français étaient en compétition et les trois repartent bredouille. "De rouille et d'os", de Jacques Audiard, n'a pas fait illusion très longtemps, au moins aux yeux de la critique internationale, son homologue française lui ayant longtemps conservé ses suffrages. Le matraquage médiatique des dernières semaines aura assuré son succès commercial, à défaut d'estime.
Ses acteurs, le couple Marion Cotillard-Matthias Schoenaerts, ont fait un temps figure de possibles lauréats des prix d'interprétation, du fait de l'énorme "buzz" qui a précédé le film: il est passé sur les écrans le même jour que sa projection à Cannes.

Même caddie vide pour Alain Resnais et, surtout, pour Leos Carax, dont l'incongru "Holy Motors" avait séduit une bonne partie de la presse. Là encore franco-française. Et aussi conservatrice que les responsables de la sélection. 

La débandade est encore plus sanglante pour les films américains. 
L'effet Obama n'a pas fait long feu. 
Le délégué général Thierry Frémaux n'avait pas manqué de remarquer qu'ils étaient revenus en force. Ils se sont échoués au fond du port de Cannes.