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dimanche 21 décembre 2014

Agoraphobie de Hollande, le président qui va au devant des Français par surprise

Et Valls s'est rendu en Bretagne sans voir les Bretons

Visite surprise de François Hollande au château de Chambord


Vendredi 19 décembre 2014, le château royal était placé sous la haute protection de l'Élysée pour la visite impromptue du chef de l'État, avant de déjeuner avec des Français  élus. La dernière visite présidentielle dans ce lieu majestueux date de 1987 : François Mitterrand y était alors accompagné du chancelier Allemand Helmut Kohl.
VOIR et ENTENDRE la visite en petit comité:
A-t-il peur de la rue ?
Alors que le service de presse annonce des entretiens - filtrés et sans journalistes ni micros et caméras - du chef de l'État avec des Français qui le sollicitent par courrier, Hollande a fait ce vendredi matin une visite surprise au château de Chambord, encore un déplacement hors agenda et hors saison dans une résidence royale (en cours de restauration) classée au patrimoine de l'Unesco et placée sous la "haute protection" du chef de l'État, mais symbole historique des fastes "bling bling" du roi François 1er aux grandes heures de la Renaissance.


Le président, rentré à Paris dans la nuit de Bruxelles après un sommet européen écourté, a "saisi l'occasion" pour visiter le domaine, indique-t-on à l'Élysée, bien qu'il ne fût pas situé sur le trajet. Il a été accueilli vers 11h par des élus locaux et son directeur général, Jean d'Haussonville. Le nouveau président de Sénat Gérard Larcher (UMP), qui préside le conseil d'administration du domaine de Chambord, était également présent, précise Europe 1. En revanche, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, n'était  pas conviée...

Visite surprise de François Hollande à Cahors

Le 13 décembre
, le président a fait une apparition à Cahors, dans la capitale du Lot
, où le président a donné  le coup d'envoi d'une course de l'Ekiden, marathon-relais venu tout droit du Japon, au profit de la maladie orpheline de la chorée de Huntington, a constaté en dernière minute un correspondant de l'AFP. Le chef de l'État a posé aux côtés de coureurs et de bénévoles, a indiqué la Dépêche du Midi. Visiblement en campagne pour les élections cantonales de mars prochain François Hollande a joué sur les mots, ajoutant finement que, "même si la course de ce soir est un relais, moi je n'ai pas décidé de passer le relais"... 
Le président est ensuite parti pour Gramat (Lot) où il devait rencontrer des représentants de la filière ovine et dîner ensuite avec une quinzaine d'élus lotois. Son retour à Paris était prévu dans la nuit, prétend-on, mais chacun sait que la famille de Julie Gayet possède un château dans le Gers, à moins de deux heures.

En Bretagne, les Bretons n'ont pas vu Valls

Le premier ministre de Hollande était en visite en Bretagne le jeudi 18 et les Bretons ne le savaient pas. C'était à l'occasion du premier anniversaire du Pacte d'avenir pour la Bretagne, lancé en plein mouvement de contestation des "bonnets rouges". Il a quitté Rennes au petit matin, vendredi, pour Josselin, Morbihan.
Son déplacement à Josselin avait été tenu secret. 
Le 19 décembre, Valls était aussi en visite surprise, à l'abattoir Gad, repris récemment par le groupe Intermarché. Il n'a fait que rencontrer le PDG de l'entreprise et des salariés tranquilles du syndicat CFDT. Les 225 salariés sacrifiés n'étaient pas conviés.


FO-CGT-Sud-Solidaires-UNEF se sont invités
Des rassemblements à l'appel de l'intersyndicale ont ponctué la venue du Premier ministre, réunissant plusieurs centaines de personnes. "On manifeste parce qu'on veut mettre un contenu social, économique et industriel dans le Pacte d'avenir pour la Bretagne, qui n'en a pas", a déclaré à Thierry Gourlay, secrétaire régional de la CGT. 
Parmi eux, se trouvait une dizaine de "bonnets rouges" que les syndicalistes n'ont pas autorisés à s'exprimer au micro.

vendredi 17 octobre 2014

Abattoirs GAD: le repreneur Intermarché fait 312 suppressions d’emplois de plus


"Sans surprise", banalise Le Monde...

Le tribunal de Commerce de
Rennes
a approuvé !
Jeudi 16 octobre, la reprise de l’abattoir de porcs GAD parune filiale d’Intermarché, a sonné le glas dans 312 foyers, à Josselin  dans le Morbihan. Les juges qui avaient prononcé la mise en liquidation judiciaire de l’entreprise bretonne le 11 septembre, n’ont eu que cette offre à examiner lors de l’audience.
SVA-Jean Rozé, la filiale d'Intermarché, a amélioré son offre quelques jours avant le verdict. Et s’est engagé à reprendre 530 des 755 salariés travaillant sur le site de Josselin dans le Morbihan. Soit 23 de plus que dans sa proposition initiale.

La filiale d’Intermarché va ouvrir une bourse d’emplois dans ses sites industriels de l’Ouest de la FranceLa coopérative Cecab, actionnaire majoritaire de GAD, envisage aussi d’ouvrir des postes de reclassement dans ses usines.

Le projet de reprise se solde donc par 225 suppressions d’emplois dans le Morbihan. Un chiffre auquel il faut ajouter les suppressions de postes à Lampaul-Guimiliau dans le Finistère et sur le site de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Ce qui se traduit par un total de 312 emplois rayés de la carte de cette Bretagne qui a fait confiance au PS.

Les députés PS ou EELV : 22 sur 27 (Côte d'Armor: tous (5), sauf Marc Le Fur; Finistère: tous (8); Ile-et-Villaine (8): tous, sauf Isabelle Le Callennec, Gilles Lurton et Thierry Benoit; Morbihan: tous (6), sauf Philippe Le Ray).
Les Bretons du gouvernement : outre S. Le Foll, ministre intérimaire de l'Agriculture, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en avait quatre: Jean-Yves Le Drian à la Défense, Marylise Lebranchu à la Réforme de l'État, la Décentralisation et la Fonction publique, Stéphane Le Foll (ligérien, mais fils d'un instituteur breton des Monts d'Arrée) à l'Agriculture et Benoît Hamon "adjoint" à l'Économie. Les gouvernements Valls 1 et 2 en ont maintenu 3 (Le Drian, Lebranchu et Hamon (de passage à l'Education, natif du Finistère), outre Le Foll, ex-député de la Sarthe.  

Il n’y a eu, en effet, aucun repreneur pour les deux ateliers qui subsistaient à Lampaul-Guimiliau, Finistère, où le tribunal de Commerce avait officialisé la fermeture définitive de l'usine Gad, il y a un an, le 11 octobre 2013 et où 83 salariés travaillaient encore. L’offre de la SARIA, sollicitée pour reprendre 11 personnes, n’a pas été retenue. SVA-Jean Rozé lui avait refusé la garantie d’approvisionnement de matière première...

Un plan social lourd

Bercy et Le Foll détournent le regard de la fermeture définitive du site GAD à Lampaul-Guimiliau. Le couperet ést tombé alors que Nono Montebourg, le redresseur productif, vit sa vie sous d'autres cieux....

La Cecab, qui détenait 65 % du capital de GAD, avait privilégié la poursuite d’activité de son abattoir historique de Josselin. La décision s’était traduite par 900 suppressions d’emplois, essentiellement à Lampaul-Guimiliau.

Aujourd’hui, avec un total de 1.212 suppressions de postes
le bilan social de GAD est lourd. 

La mise en redressement de cette entreprise bretonne, en février 2013, avait provoqué une vive réaction. Elle venait s’ajouter au dépôt de bilan du volailler Doux et aux difficultés de son concurrent Tilly-Sabco, placé depuis en liquidation.

GAD est victime de la crise de la filière porcine, bien avant  l’embargo russe sur le porc européen (janvier 2014),  comme le suggère Le Monde qui n'est jamais à une approximation partisane près. Si ce dossier illustre les limites du modèle agricole breton, il a aussi pâti d’une gestion hasardeuse de ses actionnaires, accuse le quotidien socialiste.

La Cecab, aussi connue par le passé pour ses conserves de légumes d’Aucy (coopérative CEBAB), ex-première marque de conserves en France (le Français Bonduelle est no 1 en Europe des légumes en conserve et no 2 des légumes surgelés), a pourtant tenté de se diversifier dans le porc. En 2008, elle est entrée au capital de la société familiale GAD et en a pris le contrôle en 2010, en essayant de sauver son site de Josselin dans le périmètre. Mais l’effort de restructuration et de sauvetage s’est fait grâce à un montage financier par endettement (LBO) et cette dette a plombé l’activité, entraînant GAD (1.700 salariés) vers le dépôt de bilan en février 2013.

vendredi 22 août 2014

GAD: Intermarché, repreneur: du lard ou du cochon ?

Les représentants du personnel de Gad rejettent la mise en liquidation judiciaire

L'entreprise GAD durement éprouvée

Les abattoirs Gad, qui ont déjà licencié 889 personnes l'an dernier, sont de nouveau dans la tourmente, ayant été placés en liquidation judiciaire. Si Intermarché a rappelé lundi qu'il est toujours intéressé par une éventuelle reprise, les salariés sont pessimistes.
Malgré ces licenciements secs, la direction a annoncé son intention d'ouvrir une procédure de liquidation judiciaire. Les quelque 1.000 salariés, qui travaillent en majorité sur l'autre site de Gad situé à Josselin (Morbihan), sont tous menacés.

La direction de Gad a justifié sa décision par "des problèmes de trésorerie"mais aussi par les difficultés de la filière porcine et un embargo russe sur les importations de porcs, a indiqué le délégué syndical CFDT chez Gad, Patrick Piguel, selon lequel l'abattoir emploie plus de 1.000 personnes à Josselin, dont près de 750 en CDI (contrats à durée indéterminée). A court terme, l'entreprise faisait face aussi, selon Patrick Piguel, au remboursement d'une échéance d'une dette, s'élevant à 4,5 millions d'euros à payer le 10 octobre.

Intermarché, possible sauveur?

Déjà en proie à des difficultés de trésorerie, Gad, une entité du groupe coopératif morbihannais Cecab, avait été placée en redressement judiciaire en février 2013. En octobre de cette même année, le tribunal de commerce de Rennes avait validé son plan de continuation, entérinant la suppression de 889 emplois, principalement sur le second abattoir de l'entreprise, à Lampaul-Guimiliau. Seules restent dorénavant sur le site finistérien une soixantaine de personnes, travaillant dans des unités produisant lardons et graisse alimentaire, selon une source proche du dossier.

La CFDT a aussitôt réclamé l'intervention de Manuel Valls dans ce dossier. Le syndicat demande au Premier ministre, dans un communiqué commun aux autres syndicats, l'organisation "d'une table ronde (...) afin de réfléchir collectivement à l'avenir de la filière porcine bretonne dans lequel une reprise pérenne du site de Gad Josselin et de ses 1.173 emplois doit trouver sa place". Selon le syndicat, le dossier de liquidation judiciaire devrait être déposé au tribunal de commerce fin août-début septembre.

En attendant la nouvelle réunion du Comité d'entreprise du 22 août, Intermarché a rappelé lundi qu'il est toujours intéressé par une éventuelle reprise des abattoirs. Depuis trois semaines, Gad est d'ailleurs en discussion avec le géant de la distribution. La direction de l'entreprise agroalimentaire espère que le tribunal, tout en prononçant la liquidation de l'abattoir, laissera deux mois à Intermarché ou à un autre repreneur pour finaliser une offre de reprise, tout en maintenant l'activité. Mais, à part Intermarché, aucun autre repreneur potentiel ne s'est manifesté.

Les représentants des salariés de l'abattoir Gad à Josselin (56) ont été reçus au ministère de l'Agriculture ce mardi.
Ce mardi, une délégation de représentants CFDT de Gad a été reçue près de deux heures par le ministre de l'Agriculture Stéphane le Foll ainsi que par des membres des cabinets des ministères du travail et du redressement productif."

Le ministre a confirmé qu'une offre de reprise par Intermarché serait déposée fin août début septembre", a indiqué à la sortie de l'entretien Jean Luc Feillant, secrétaire Upra Agroalimentaire Bretagne qui faisait partie de la délégation. "Nous avons dit au ministre que notre demande dorénavant était de pouvoir rencontrer rapidement le groupe Intermarché pour pouvoir échanger avec lui sur le périmètre de reprise qu'on espère le plus important possible et pour faire lui part des préoccupations des salariés", a-t-il déclaré.

Selon le représentant CFDT, le ministre a assuré qu'il ferait en sorte qu'on n'oublie pas les 80 salariés des deux unités restantes de Lampaul-Guimiliau. "Il faut qu'il y ait un repreneur pour tout le périmètre de la SAS Gad", ajoute Jean-Luc Feillant.
A ce jour, la société SVA Jean Rozé de Vitré (Ille-et-Vilaine), filiale du groupe Intermarché, est le seul candidat potentiel à une reprise, mais a précisé qu’elle était actuellement dans une phase d’étude du dossier qui ne préjugeait pas de sa décision finale. "Ce dossier est toujours dans un processus d’instruction nécessaire et préalable à une prise de décision éventuelle de reprise", a indiqué mercredi SVA dans un communiqué.

L'abattoir porcin Gad de Josselin a été placé en liquidation judiciaire

Stéphane Le Foll : "L’Etat va aider à sauver l’abattoir"

Lors d'une réunion à Paris, le ministre de l'agriculture Stéphane Le Foll assurait aux représentants du personnel qu'Intermarché déposerait une offre de reprise d'ici dix à quinze jours"C’est là que la région, c’est là que l’Etat doivent être là pour aider à trouver les moyens de réindustrialiser ce site. C’est ça qui est l’enjeu", a-t-il déclaré, interrogé lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro.

Les élus du personnels des abattoirs de Gad ont rendu un avis négatif ce vendredi soir la mise en liquidation judiciaire. Désormais, pour sauver le site de Josselin, un repreneur doit déposer une offre sans tarder. "C'est triste de voir cette entreprise mettre la clé sous la porte. Je compatis au sort de ses 950 salariés," s'est ému Jean-Marc Détivelle, délégué FO du site de Lampaul. Il n'a pas manqué de s'insurger contre la position des élus français face à Bruxelles.

Alors qu'Intermarché se fait désirer, le prochain rendez-vous décisif pour les salariés est l'audience devant le tribunal de Commerce qui devrait avoir lieu "probablement dans les premiers jours de septembre", selon  Patrick Piguel, le second délégué CFDT.

  

Filière volaillère - Cazeneuve se porterait acquéreur pour la "maison Poulaga"...

L'émission Capital du 6 avril 2014 sur M6 a porté un coup mortel à la filière 

Intitulée "Poulet: révélations sur la viande la moins chère",
elle est jugée "excellente pour ne pas dire délicieuse" par Télérama (groupe Le Monde) qui explique que "le magazine de M6 n’a pas seulement désossé la filière du poulet, il a aussi volé dans les plumes de Xavier Beulin, patron de la FNSEA, le puissant syndicat qui cogère la politique agricole de la France depuis des décennies." 

Thomas Sotto se demande : "A trois euros le kilo, que mange-t-on vraiment?" Pas de la poule de luxe, répond le préambule de l’enquête, tourné dans le paradis verdoyant des volailles de Bresse. Mais, comme on s'en doutait, du poulet qui n'en a plus que le nom, élevé par dizaines de milliers dans d’immenses hangars, engraissé en un temps record, pataugeant dans sa fiente, bourré de bactéries E. Coli, gavé d’antibiotiques de la naissance à l’abattage. Rien de très nouveau, seulement des témoignages écœurants et des images vomitives – qui m'ont donné envie de déguster un bon bifteck de cheval roumain.

Une découverte, tout de même : la moissonneuse-batteuse à poulets. Quelle ingénieuse invention ! Aussi indispensable à l’aviculteur que l’aspirateur à la ménagère. Imaginez que vous souhaitiez expédier 40.000 poulets à l’abattoir. Si vous les priez un par un de bien vouloir prendre place à bord de leur transport collectif, vous risquez d’y passer la journée. Avec la moissonneuse-batteuse à poulets, c’est plié (au sens propre) en moins de temps qu’il n’en faut pour se réchauffer un cordon bleu surgelé. "Admirez", selon Télérama:  

Cette scène champêtre se déroule en Bretagne, où les difficultés de la filière du "poulet low cost" ont participé à l’émergence du mouvement des "bonnets rouge" l’automne dernier. Et justement, qui (re)voilà ? 

Daniel Sauvaget, le PDG de Tilly-Sabco qui enfonçait les portails de sous-préfecture, arborant cette fois une charlotte rouge pour faire visiter (en exclusivité) son usine de production de saucisses de poulet à base de "VSM, viande séparée mécanique- ment". Selon le commentaire, "une pâte aux allures de guimauve". Je vous laisse apprécier, ci-dessus.

Ayant dévoilé le traitement inhumain imposé à la gent volaillère dans nos contrées, l’enquête s’envole pour le Brésil, le pays accusé à l’automne dernier de détruire notre fière filière avicole hexagonale. Le Brésil, c’est l’eldorado des moissonneuses-batteuses à poulets, les élevages s’y multiplient, produisant des volailles "35 % moins chères qu'en France" grâce à la modicité du prix des aliments et surtout du travail. Les reporters ont même trouvé les " travailleurs détachés" locaux, équivalents des Polonais employés dans les abattoirs allemands. Ce sont "des manutentionnaires haïtiens, fraîchement immigrés, payés 100 euros de moins que la main-d’œuvre brésilienne" – déjà cinq fois moins chère qu’en France.

C’est à leur retour en France que les enquêteurs épinglent Xavier Beulin, le président de la FNSEA et pas tout à fait accessoirement PDG de Sofiprotéol, multi nationale des oléo-protéagineux, elle-même propriétaire de l’usine Farmor, qui fabrique des préparations à base de poulet. Des éleveurs bretons en colère y ont découvert des caisses de poulets en provenance de Thaïlande et du Brésil. Avec en poche les étiquettes des lots incriminés, les journalistes s'en vont trouver Xavier Beulin au Salon de l’agriculture, où il est en train de pérorer sur le stand des Chambres d’agriculture : "Il y a une demande des consommateurs de ré-identifier dans son alimentation de l’origine, du patrimoine, de l’identité, de la culture." Et de la moissonneuse-batteuse à poulets ?
Devant la caméra de M6, le patron de la FNSEA insiste : "Je défends d’abord une agriculture française, des produits français et des filières agro-alimentaires françaises." Cocorico. Mais quand les journalistes lui montrent l’étiquette " Brasil", Xavier Beulin se fait moins grandiloquent : "On n’est pas dans l’illégalité quand on fait venir des viandes du Brésil et d’ailleurs." Et de leur tourner le dos pour s'en aller précipitamment.

"Des importations légales, reprend le commentaire, mais qui illustrent les tiraillements de toute une filière toujours tirée vers des prix plus bas." Et les tiraillements de toute la télé face à la crise du poulet breton. En s’attaquant au méchant poulet brésilien (et à ses importateurs français), les enquêteurs prennent la défense des mêmes aviculteurs dont ils ont dénoncé la folie productiviste dans la première partie de leur travail… Par ailleurs, ils n’hésitent pas à montrer "des images presque insoutenables" de la maltraitance des poulets mais brillent par leur habileté à ne citer aucune marque. Les produits du commerce, maintes fois exhibés, sont toujours soigneusement floutés. Seul Perico Légasse, invité en plateau, lâchera le nom de KFC.


Reconnaissons tout de même à M6 le courage de s'attaquer à une filière

qui compte de nombreux annonceurs de la télé. Par exemple, en coinçant Xavier Beulin, Capital prend le risque d’une prise de bec avec Lesieur, autre filiale de Sofiprotéol. D’ailleurs, est-ce un hasard ? La très longue coupure publicitaire diffusée au milieu de l'enquête regorge de banques et de bagnoles mais ne présente aucun spot pour des marques de l’agro-alimentaire ou de la distribution… Il faut dire que M6 réserve à cette catégorie d'annonceurs un véritable écrin pour sublimer leur saveur : Top Chef. Ce concours culinaire où pas un candidat n’est capable de piloter une moissonneuse-batteuse à poulets.

En revanche, en décembre 2013, le tribunal de commerce de Quimper avait tranché en faveur du volailler Doux, premier producteur européen de volailles (Père Dodu, Doux, Lebon, ainsi que Malvoisine et Cœur de Bretagne). 
Le jeudi 7 juin 2012, Arnaud Montebourg, le ministre supposé redresser les entreprises en difficultés, avait accusé Charles Doux, le PDG et fondateur du groupe volailler, d'avoir voulu privilégier son "sort personnel" au détriment de celui de son entreprise. Malgré lui, le groupe est sorti du redressement judiciaire et poursuit son activité. 
Mais c'est le brésilien JBS, numéro un mondial de la viande, a repris en location, pour dix ans, les anciennes installations du groupe français. Suite à ce documentaire assassin, les ventes connaissent un recul aussi soudain que dramatique et la crête de JBS pourrait retomber avant dix ans. C'est alors qu'il ne resterait plus que Nanard Cazeneuve pour racheter l'entreprise pour la maison Poulaga... 
Le "made in France" de Montebourg, c'est du passé, mais a-t-il jamais existé autrement que dans les media ?...