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dimanche 27 août 2017

La gendarmerie de Vaucluse cible les "cars Macron" sur l'autoroute

Le peloton d'Orange adapte ses contrôles aux nouveaux acteurs qui montent en puissance

Les nouveaux grands migrateurs croient pouvoir y échapper à la loi.
Un chien reniflant des bagages hier à Orange.
Cet usager, détenteur de cannabis, ne continuera pas le voyage. 

Depuis que la loi a libéralisé le secteur des transports en car de grandes lignes, il y a deux ans, les "cars Macron", ainsi qu'on les nomme, traversent la France et l'Europe dans leurs livrées fluo. Ces bus bon marché et confortables, avec fauteuil inclinable et connexion wifi, se multiplient sur les autoroutes. De Marseille à Paris, comptez 12h20 : c'est quatre fois plus long qu'en TGV, mais le prix est imbattable. 

FlixBus intègre le réseau d'Europe continentale de Megabus
Compagnie allemande
La gendarmerie spécialisée dans la surveillance du réseau autoroutier a adapté son dispositif à ces nouveaux acteurs. "Sur la route, on croise tous les enjeux de sécurité qui traversent la société : transport d'armes, de stupéfiants, délinquance, personnes recherchées ou en séjour illégal. Or, ces nouveaux moyens qui transportent des passagers sur de longues distances sont devenus incontournables. Notre rôle est d'être au rendez-vous avec ces nouveaux usages", souligne le capitaine Assaya, commandant en second de l'Escadron de sécurité routière du Vaucluse.

Des contrôles réguliers

Vendredi 25 août, en fin de matinée, le peloton autoroutier menait un de ces contrôles de cars de voyageurs comme ils en pratiquent désormais régulièrement. 

Le dispositif est lourd. 
Des motards qui circulent sur le réseau sont chargés de repérer des cars et de les escorter jusqu'au parking où une vingtaine de policiers les attend. Il y a des gendarmes du peloton autoroutier commandé par le lieutenant De Checchi, un maître-chien de la brigade cynophile pour la détection de produit stupéfiants, un agent spécialisé chargé de repérer les faux documents et un autre dans la fraude et le séjour illégal. Le dispositif est sécurisé par deux hommes armés de pistolets-mitrailleurs. Le capitaine Assaya se justifie : "On ne sait jamais sur qui on peut tomber".

Deux de ses ...sept passagers interpellés dans le premier bus qui descend vers Montpellier
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FlixBus, la filiale de la SNCF Ouibus
Détention de cannabis sous toutes ses formes : herbe, résine et même gâteau parfumé. Le chien a marqué les bagages de deux jeunes hommes: l'un des contrevenants, habillé comme un surfeur avec tongs, colliers et bracelets de chevilles assortis au tatouage, et l'autre, relooké en Julien Doré, sont emmenés vers le peloton pour audition. Leur voyage s'arrête là. Et que deviennent-ils ?
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Isilines, filiale de Transdev (Veolia), 
également propriétaire d'Eurolines

Dans un autre bus, plein celui-là, les gendarmes vident les soutes et déposent tous les bagages au sol pour les faire "renifler". Tandis que les spécialistes en document auscultent des passeports étrangers, quatre jeunes, l'air accablé, sont isolés du groupe d'usagers qui en profitent pour se dégourdir les jambes, griller une cigarette et prennent leur mal en patience... Le quarteron ne poursuivra pas non plus sa route.  Quel sort la police leur réserve-t-elle ?

Le chauffeur du bus sort tout sourire : "Vous savez, j'ai l'habitude.
Maintenant, je suis contrôlé presque toutes les ...semaines".
Qu'on se le dise...

mercredi 21 octobre 2015

L'hémorragie du Livret A se poursuit depuis le début de l'année

Les Français se détournent toujours du Livret A

En septembre, les Français ont encore retiré 3,25 milliards d’euros de leurs Livret A et LDD.
 
C’est la plus forte "décollecte" sur un mois depuis le début de l’année.
La déconvenue sur le le placement d’épargne populaire est sévère pour le gouvernement.Au total, il a perdu 2,38 milliards d’euros de dépôts, selon les statistiques mensuelles publiées mercredi par la Caisse des Dépôts. C’est le sixième mois consécutif de décollecte pour le placement. Depuis janvier, le manque à gagner pour le Livret A - pour le gouvernement et le logement- atteint 6,2 milliards d’euros. 

La désaffection est la même pour le Livret de développement durable (LDD). 
En septembre, les épargnants y ont retiré 870 millions d'euros et 1,18 milliard d'euros depuis janvier.

Cette hémorragie n’est pas une surprise

L'entourage gouvernemental se cherche des excuses. Ainsi, malgré la tendance sur neuf mois, se focalise-t-il sur le mois de septembre qui est souvent budgétairement chargé pour les ménages, se justifie-t-on. Ils doivent en effet acquitter le dernier tiers de l’impôt sur le revenu et beaucoup doivent aussi faire face aux dépenses de la rentrée scolaire, notamment les classes moyennes les moins assistées (cf. l'ARS) mais aussi les plus pressurées.
Quant à ceux qui auraient un peu d’argent à placer, la baisse du taux du livret A et du LDD, passé de 1 % à 0,75 % au 1er août 2015, les a sans doute décidés à privilégier d’autres placements comme l’assurance-vie en euros ou même le PEL, rémunéré 2 % brut (1,69 % net), voire même 2,5 % brut pour ceux qui ont été ouverts avant le 1er février 2015. Mais ce possible déplacement ne profite pas aux mêmes et certainement pas au logement social.

Plombée par ce désamour, la Caisse des Dépôts et Consignations ratisse étroit

Un raisonnement spécieux qui ignore l'addition des pertes
Après l'été 2014, lorsque le taux de rémunération du Livret A avait été abaissé de 1,25% à 1%, les épargnants avait réagi de façon analogue. En septembre 2014, la décollecte cumulée du Livret A et LDD avait atteint 3,15 milliards d'euros. Et si on cumule les pertes de collecte sur une année, le total est vertigineux.
La Caisse des Dépôts est l'institution financière publique, placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance responsable devant le Parlement, qui exerce des activités (financières) d'intérêt général pour le compte de l'État et des collectivités territoriales. Outre qu'elle gère des fonds publics (CNE) et accompagne les politiques de la ville ou de l'Université, elle investit aussi, par exemple dans Veolia Transdev (50 %) et attend donc des bénéfices du développement des transports par autocars Avec la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite 'loi Macron', brisant le monopole de service public de la SNCF au profit du transport régulier de voyageurs sur longue distance. A cet effet, Transdev a crée une filiale d'exploitation de ce nouveau marché, nommée Isilines. La CDC ne transformera pas des pertes en profits.
Ce mouvement continu de décollecte reste-t-il gérable ?
Le gouvernement socialiste abandonne 
l'épargne d'utilité sociale
Elle est censée mobiliser l'épargne pour financer le logement social et la politique de la ville. En effet, si l’institution ne mobilise guère plus de 60 % de ses encours au financement des prêts, elle n'aura pas les moyens d'en financer davantage comme l'état de l'économie devrait pouvoir l'y inciter. Sa forte collecte amassée entre 2012 et 2013 grâce au relèvement du plafond du Livret A lui assure-t-il le confortable matelas que l'on dit, dans l'entourage de l'exécutif ? A la fin septembre 2015, l’encours total du Livret A et du LDD atteint 357,8 milliards, dont 65 % environ sont centralisés à la CDC. Des sommes qui paraissent colossales aux Smicards, aux petits fonctionnaires et aux retraités, mais inquiètent les investisseurs en mal de croissance. 

Les bus de Melun toujours à l'arrêt après un violent caillassage par une bande de jeunes et un blessé

Horrifiés, les conducteurs exercent leur droit de retrait

Un bus assiégé par une bande de jeunes, le chauffeur blessé


Suite au violent caillassage du Mélibus de la ligne L, avenue Saint-Exupéry  à Melun vers 16h00, et l'agression de son chauffeur, ses collègues exercent leur droit de retrait depuis mardi, dans toute l'agglomération. 
Une voiture était stationnée à l'endroit où le bus devait s'arrêter, le chauffeur klaxonna. C'est à ce moment là que quatre personnes sont sorties de la voiture et se sont mises à l'insulter. Le conducteur du bus dut alors décider de faire sortir les usagers. Quelques instants plus tard, avec leur téléphones portables, les 4 avaient appelé à la rescousse 20 à 30 jeunes prêts à la baston. Ils se précipitèrent sur le véhicule et le fracassa avec des cailloux et des pavés. Grâce à l'arrivée de la police, le chauffeur parvint à s'évader. 
Toutes les vitres du côté droit ont été brisées par de gros cailloux
Les vitres du côté droit du Mélibus neuf, ont été brisées
par des pavés et le conducteur... lynché !
Frappé et caillassé lundi 19 octobre à Melun, dans le quartier Montaigu, le chauffeur de bus a eu le bras cassé et doit se faire opérer pour une pose de broche. Agé de 38 ans, il a au moins 30 jours d’incapacité totale de travail. "J’ai l’avant-bras en miette, explique la victime, qui a aussi été frappée à la tête. J’ai été caillassé et lynché par tout le quartier. Il y avait bien une vingtaine de jeunes". Deux suspects ont été interpellés par la police et sont toujours en garde à vue ce mercredi.

Droit de retrait
Melun : un chauffeur blessé après de violents jets de pierres sur un bus https://t.co/WtExKHRVUu
Depuis mardi 20 octobre, une cinquantaine de chauffeurs de bus ont cessé le travail et aucun Mélibus ne circule sur les 25 lignes de l’agglomération melunaise. Une réunion extraordinaire a déjà eu lieu avec les représentants du personnel de Transdev (Caisse des Dépôts et Consignations) et le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail).
La direction a décidé de ne plus desservir le quartier sensible de Melun jusqu’à nouvel ordre.
"C’est une zone de non-droit, et à chaque vacance scolaire, on a des caillassages, déclare Véronique Hostiou, déléguée syndicale CFTC. On ne peut plus supporter ça, pour nous et pour notre clientèle. On demande plus qu’une déviation, on veut des moyens humains sur le terrain." "Nous sommes surchargés de travail", ajoute son collègue Brahim, délégué CFDT, proche du PS.

Bus saccagé

"En 17 ans de boîte, je n’ai jamais vu un bus dans cet état", commente Véronique Hostiou (CFTC). Le bus, qui était neuf, a été la cible de "grosses pierres" et a été sérieusement endommagé. Toutes les vitres du côté droit ont été brisées, ainsi que plusieurs autres sur le côté gauche. Rien que pour la réparation du vitrage, le montant des travaux est estimé à près de 15.000 €.
"Il aurait pu mourir", répète une salariée.
Des "cailloux", selon Le Figaro...
L’un d’eux jette même une barrière de sécurité à l’intérieur. Le chauffeur, un père de famille, s’en sort avec une fracture du poignet, des douleurs aux côtes et des plaies saignantes à l’arrière du crâne.
"C’est la première fois que je vois ça depuis douze ans", gronde Brice Ridor, délégué du personnel CFTC.


Arnaud Lagabbe, le responsable d’exploitation de Transdev, se déclare solidaire de ses employés : "Dans ce type de situation, il n’y a pas de clivage entre la direction et les conducteurs. Nous souhaitons assurer notre mission de service public dans de bonnes conditions.Il faut que tous les acteurs, politiques et sociaux, pensent au problème des quartiers nord de Melun".
Selon la CFDT, en trois mois, trois contrôleurs de Transdev ont été blessés lors d’agressions. La plus grave concernait un agent de terrain qui a eu le nez cassé et le genou abîmé. Il est en arrêt depuis sept mois.

Réaction du maire

Après cette nouvelle attaque, le maire de Melun, Gérard Millet, un professeur de sciences physiques et suppléant du député Yves Jégo, ex-ministre, se déclare consterné et a réagi dans un communiqué : "Je partage la peine et l’exaspération des riverains dont la vie quotidienne la plus élémentaire est entravée par des menaces et des insultes.A plusieurs reprises, j’ai eu l’occasion d’alerter l’État sur la situation sécuritaire très tendue dans les Hauts de Melun. Je sais que la police nationale assume de son mieux ses responsabilités et cette affaire a une fois de plus démontré sa rapidité d’intervention.

Au-delà des sanctions qui doivent être prises, l’ensemble des décideurs publics doit affronter le problème."
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mardi 4 novembre 2014

Marseille: la compagnie maritime SNCM en dépôt de bilan

La direction de la SNCM a annoncé le dépôt de bilan aux salariés

La direction de la SNCM a confirmé lundi aux syndicats le dépôt de bilan de la compagnie maritime

En déposant mardi son dossier de cessation de paiement auprès du tribunal de commerce de Marseille, la direction de la compagnie maritime a sauté le pas vers la recherche d'un hypothétique repreneur. L'annonce, faite lors d'un comité d'entreprise extraordinaire à Marseille, n'a pas surpris les syndicats qui ont parlé de "scandale d'Etat", a dit le délégué CFE-CGC, Maurice Perrin.

Jean-Marc Janaillac, PDG de Transdev, actionnaire majoritaire de la SNCM - laquelle est détenue à parité (50-50 %) par la Caisse des dépôts et consignations (l'Etat) et Veolia Environnement - a estimé que c'est la seule solution. "C'est la seule chance d'éviter la disparition pure et simple de la SNCM", a-t-il déclaré lundi soir sur France Info. La filiale commune de la Caisse des dépôts et de Veolia  souhaite depuis plusieurs mois le dépôt le bilan. Pour le déclencher, Transdev a réclamé le remboursement de prêts

La SNCM emploie 
1.508 salariés en CDI, environ 400 salariés réguliers en CDD et un volant de 300 à 500 saisonniers. La sous-traitance représente 1.200 emplois induits à Marseille et 800 en Corse. 

Transdev a précipité le mouvement vers le  redressement judiciaire
 

La multinationale, un des principaux opérateurs de transport public au monde, a réclamé vendredi le remboursement des avances de trésorerie
 consenties à l'entreprise.

La Société nationale Corse Méditerranée (SNCM), qui est détenue à 66% par Transdev - co-entreprise entre Veolia et la Caisse des dépôts -, à 25% par l'Etat et à 9% par ses salariés, ne dispose pas  en effet de la trésorerie suffisante pour rembourser les prêts d'actionnaires, soit
103 millions d'euros avancés par Transdev et 14 millions par Veolia.

De plus, le passif européen de 440 millions d'euros
rendait indispensable pour l'actionnaire majoritaire, comme pour le gouvernement, une procédure collective pour purger  et faciliter la recherche d'un repreneur par le tribunal de commerce.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, précisait lundi soir que le gouvernement "poursuit ses discussions complexes avec la Commission européenne sur la transmissibilité de la délégation de service public à un repreneur".

"L'objectif est de sauvegarder le plus grand nombre d'emplois autour des activités qui pourront être reprises"
, déclarait-il.


L'espoir de Jean-Marc Janaillac et de l'Etat est que le dépôt de bilan provoquera une "discontinuité" de l'activité : en clair, la SNCM "disparaissant" pour tenter de renaître sous une forme réduite, les aides d'Etat ne devraient plus être remboursées puisque les conditions de concurrence seraient restaurées.

Ce scénario dit de "discontinuité" doit permettre de repartir sur des bases assainies avec une nouvelle société au périmètre d'activité réduit, aux effectifs diminués de moitié et, surtout, débarrassée de son contentieux avec Bruxelles. La Commission a en effet condamné la compagnie à rembourser 440 millions d'euros d'aides publiques jugées illégales. Un remboursement auquel elle pourrait renoncer comme cela avait été le cas d'une filiale de la SNCF, Sernam.

La justice pourra mettre l'entreprise en redressement judiciaire avec une période d'observation au cours de laquelle un administrateur tentera de trouver un repreneur. 
Déjà deux administrateurs ont été nommés début octobre et étudient les possibilités de sortir de ce guêpier juridique. "Il y a plusieurs repreneurs (potentiels), de l'ordre de cinq ou six, des compagnies sérieuses, venues de différents pays européens, qui regardent actuellement le dossier de la SNCM", a indiqué le PDG de Transdev sur France Info. "Il y a des compagnies qui aujourd'hui se sont officiellement déclarées intéressées, il y en a qui se sont officieusement déclarées intéressées", a-t-il ajouté.

Mais le président du tribunal peut également estimer que l'entreprise n'est pas viable et prononcer une liquidation immédiate. La SNCM est en effet triplement handicapée, comme indiqué plus haut: par l'amende infligée par la Commission européenne de 440 millions d'euros, par les demandes de Transdev et Veolia d'un remboursement anticipé de prêts de 117 millions et par le risque de perte de la délégation de service public accordée par la collectivité de Corse pour la continuité territoriale.

La détermination syndicale reste intacte

En juillet, après dix-sept jours de grève, les salariés avaient obtenu un moratoire de trois mois sans procédure collective. 
Mais Transdev n'a pas jugé possible d'attendre les conclusions de cette médiation repoussée du 31 octobre au 18 novembre pour disposer des travaux des deux administrateurs nommés par le tribunal de commerce début octobre pour étudier «une remise à plat juridique".

Paul Giacobbi, le président de la collectivité territoriale corse, s'est lui aussi aligné sur la ligne Transdev. Ce week-end, il a estimé dans un entretien avec Corse-Matin que la SNCM, qui n'a pas les moyens de rembourser les 117 millions qu'elle doit à Transdev et Veolia, est "en cessation de paiement".
Il s'est toutefois engagé à ce que la délégation de service public octroyée par la Corse à la SNCM soit "transmise au repreneur". 

Pour les salariés, le dépôt de bilan est "un toboggan vers la liquidation" car "il n'y a aucune certitude sur ce transfert". "Le ministre Alain Vidalies nous a écrit que le transfert de la DSP ne va pas de soi et serait même contraire au droit européen", affirme Pierre Maupoint de Vandeul, de la CFE-CGC.

VOIR et ENTENDRE la CGT dénoncer le "passage en force" des actionnaires:
Le comité d'entreprise a été perturbé par les marins de la compagnie qui se sont invités au siège social de la SNCM. Convoqué la semaine dernière, il s'est achevé hier, après une suspension, et a duré toute la journée. Des marins se sont déplacés pour interpeller vivement le président du directoire, Olivier Diehl, retardant ainsi le début de la séance.
"Il y aura sûrement d'autres actions et réactions, mais on n'est pas dans une logique de grève ", a souligné Maurice Perrin. "Aujourd'hui, on se tourne vers le tribunal de Commerce." Le président du tribunal se prononcera alors dans les dix à quinze jours. 


jeudi 10 juillet 2014

SNCM: le travail reprend, pour quatre mois...

La conférence sociale s'est refermée: un moratoire peut être signé !

Les marins CGT de la SNCM en grève depuis dix-sept jours ont voté jeudi la suspension de leur mouvement 
à l'issue d'une assemblée générale de deux heures, a annoncé leur représentant CGT. "Les personnels ont à la quasi-unanimité suspendu leur mouvement", a-t-il déclaré jeudi à la presse Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins, après avoir eu  la veille des mots extrêmement dur envers le gouvernement.

Les syndicats sont opposés à un redressement judiciaire de la SNCM
solution que soutiennent les actionnaires et le gouvernement et jugée "probable" par le négociateur.
"Le redressement judiciaire, c'est un moyen de démanteler la SNCM, avec plus d'un millier de licenciements. Ce n'est pas acceptable pour nous. M.Cuvillier est un menteur et un liquidateur. Il a fallu 12 jours de grève, précédés d'un préavis d'un mois, pour avoir ça?" 
a fulminé le représentant CGT des marins, Frédéric Alpozzo.
Et la situation s'était terriblement envenimée avec la Corse dont l'économie est fortement pénalisée:

Frédéric Alpozzo, délégué CGT, a traité le gouvernement de "menteur" et de "liquidateur". (lien PaSiDupes)


Les six syndicats de la Société nationale Corse Méditerranée ont fait céder le gouvernement en arrachant un compromis donnant un sursis de quatre mois à la compagnie maritime. Ils avaient en effet durci le ton et fait planer la menace d'une nouvelle grève si aucune "solution pérenne" n'était trouvée d'ici la fin de l'année.  
"Il appartient maintenant au gouvernement que le mouvement ne se reproduise pas", a-t-il ajouté jeudi. "Si d'ici décembre nous n'avons pas trouvé de solution pérenne, il pourrait y avoir le dépôt de nouveaux préavis."
Réunis en assemblée générale sur le ferry Danielle Casanova dans le port de Marseille, les grévistes ont accepté de participer aux discussions avec le négociateur nommé par l'exécutif, Gilles Bellier, mais ils ont toutefois demandé à être reçus par le Premier ministre, Manuel Valls "dans les prochaines heures pour une clarification indispensable".
Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Frédéric Cuvillier, a salué la reprise du travail

Il a appelé toutes les parties à oeuvrer ensemble pour "bâtir une nouvelle SNCM." 
"Les discussions entre les organisations syndicales, l'actionnaire Transdev et l'Etat ont permis de dépasser les postures et de trouver une voie équilibrée, mettant un terme à un conflit qui aggravait les problèmes de trésorerie de la SNCM et pesait sur l'économie marseillaise et l'économie de la Corse", a-t-il écrit dans un communiqué.
Société française multinationale, 
Transdev est le 1er groupe privé de transport collectif au monde (tramway, bus, train, ferry) , né de la fusion avec Veolia.



Rien n'est réglé

Les syndicats de la
SNCM, compagnie menacée par la décision de la Commission européenne de demander le remboursement de 440 millions d'euros d'aides d'Etat jugées illégales, ont présenté jeudi en assemblée générale le relevé de décisions de la mission de conciliation de Gilles Bellier.
Sa mission gèle la perspective d'un redressement judiciaire jusqu'au  31 octobrede nouveau prôné jeudi matin par Antoine Frérot, PDG de Veolia Environnement, vendeur de sa participation dans la SNCM à travers Transdev pour un euro symbolique.
Le texte de Gilles Bellier pointe les divergences entre Transdev - coentreprise détenue à parité par Veolia et la Caisse des dépôts et actionnaire (l'Etat) à 66% de la compagnie - et les syndicats sur l'avenir de la compagnie.
Il relève aussi les engagements du gouvernement, notamment son recul sur une liquidation de la SNCM."Il ne fait plus de doute aujourd'hui que seul un plan de redressement pour construire une nouvelle SNCM peut permettre de mettre fin au contentieux européen", indique le document. Il n'est plus question ce soir de "redressement judiciaire" jusque fin octobre... "Ce plan de redressement passera probablement par un redressement judiciaire", ajoute-t-il pourtant, soulignant que "toutes les pistes et moyens de parvenir à un projet industriel d'avenir" sont à l'étude.
Le médiateur devra entre autres chercher des repreneurs 
et travailler sur des mesures sociales d'accompagnement. Sa mission doit déboucher sur des décisions au plus tard le 30 novembre, délai durant lequel la compagnie maritime a promis de ne pas engager de procédure de redressement judiciaire "sauf situation de cessation de paiement."
Mercredi soir, les grévistes avaient levé le blocage du bateau mixte Kalliste de la compagnie concurrente CMN, retenu à quai depuis le 1er juillet. Une décision prise quelques heures après que le Premier ministre a annoncé que tous les navires seraient débloqués.
Le Kalliste a pris la mer jeudi matin en direction de Toulon.


mardi 11 février 2014

Taxis : l'intersyndicale appelle à poursuivre la grève jusqu'à la fin des VTC

Taxis - VTC : durcissement du conflit 

"La guerre est déclarée", titre même Le Point
Le conflit qui oppose les taxis aux voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) et aux applications de covoiturage provoque une forte mobilisation. En effet, malgré la promesse du gouvernement de discussions pour trouver un terrain d'entente, les taxis ne décolèrent pas: pour la deuxième fois depuis le début de l'année, ils sont en grève et manifestent à Paris principalement contre la concurrence des voitures de tourisme avec chauffeur (VTC) et aussi le covoiturage. 

Plus d'un millier de taxis partis à 8 heures des aéroports parisiens ont convergé à petite vitesse sur le Champ-de-Mars dans l'après-midi, dans le centre de Paris, pour dire "non à la mort programmée du taxi". Selon des sources aéroportuaires, quelque 800 taxis ont pris part à l'opération escargot menée depuis Roissy et 300 à Orly. Selon les syndicats (CFDT, CGT, FO, SDCTP et CST), 5.000 à 6.000 taxis, dont une partie a rejoint directement le Champ-de-Mars, se sont mobilisés, deux fois plus que le 10 janvier au vu des estimations des organisateurs. Aucun incident n'a été signalé dans les aéroports. 
A Marseille, près de 600 taxis ont participé à deux opérations escargot, selon le syndicat des taxis marseillais (STM). 

"Non à la mort programmée du taxi, ni Uber, ni Transdev (ne) remplaceront les successeurs des taxis de la Marne", proclamait la banderole principale des cortèges. Tous s'élèvent contre la nouvelle application de covoiturage marchand qui permet à n'importe quel particulier de conduire des clients d'un lieu à un autre, en dehors de tout cadre juridique.
Transdev est une société française multinationale, un des principaux opérateurs de transports publics au monde. Elle est née en 2011 de la fusion de la branche transport de Veolia avec Transdev pour former le groupe Veolia-Transdev. Cette opération fut effectuée à la demande des maires socialistes d’Orléans, Grenoble,Montpellier et ...Nantes, Société centrale à partir de la SCET, filiale de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), pour constituer un service d'appui aux sociétés d’économie mixte de transport public urbain. En 2013, Veolia abandonne sa branche transport et Veolia-Transdev devient Transdev. En mars 2013, deux ans après la fusion de Transdev et de Veolia Transport, l'entreprise, est en toujours en difficultés et doit être recapitalisée avec l'accord de Bercy et le ministre Cuvillier, à hauteur de 800 millions d'euros (520 millions par la CDC et 280 millions par Veolia) ce qui se traduit en juin 2013 par une montée au capitale 60 % de Caisse des dépôts, contre 50 % en mars 2011. 
Mais pour réduire un fort endettement de 1,9 milliards d'euros, Transdev décide de procéder à des ventes d'actifs en Europe, correspondant à un quart de ses activités. L'entreprise prévoit de se retirer de 10 des 27 pays dans lesquels le groupe est présent.
On aura donc compris que le Conseil régional d'Ile-de-France, présidé par Jean-Paul Huchon, PS, est fortement impliqué, comme les autres sociétés d'économie mixte des CG socialistescités plus haut.

Quant à Uber, c'est un service de voiture de tourisme avec chauffeur disponible sur téléphone mobile intelligent mettant en relation les usagers du service et des conducteurs de voitures de luxe disponibles à la location. Le service permet de géolocaliser, via son téléphone mobile, les véhicules les plus proches et de les réserver. Le service et l'application mobile associée sont développés par la société homonyme, Uber, basée dans la ville californienne de San Francisco, mais Uber est présent dans 22 pays et 62 villes, comme New York, Los Angeles ou Paris...

Les syndicats de taxis ont trois revendications touchant les VTC, pour "protéger" leurs privilèges
- restriction des applications de réservation de VTC sur smartphone, 
- délai de réservation minimum de 30 minutes 
- et courses d'un montant de 60 euros à minima. 
"C'est le minimum", estime M. Ghalfi en demandant à l'Etat d'être "clair" et "ne pas faire du VTC lui-même avec Transdev", dont l'Etat, via la Caisse des dépôts et consignations, est actionnaire.


55 000 taxis contre 12 400 VTC, une concurrence très forte
Les chauffeurs de taxis peinent à trouver la sympathie des usagers, tant ils sont peu serviables, voire désagréables et impolis. "Aujourd'hui, on est confronté de plein fouet à la concurrence des VTC, qui travaillent quasiment sans réglementation", dénonce Karim Lalouani, syndiqué CGT, taxi depuis trois ans et venu à Roissy dès l'aube pour manifester son "ras-le-bol" en bloquant la circulation. 
Après des années d'hégémonie, il réalise qu' "on ne se bat pas à armes égales. C'est comme si on demandait à deux boxeurs de monter sur le ring, mais l'un des deux, vous lui attachez les deux bras derrière le dos", raconte-t-il. "Ma licence, je l'ai payée 235.000 euros. Et je dois respecter toute une série de règles très strictes. Les chauffeurs de VTC, eux, louent des voitures à l'étranger. Ils ne rendent de compte à personne", ajoute Philippe Morival, taxi depuis 30 ans dans la capitale.
"Depuis cinq mois, je n'arrive plus à payer mes traites. Mon chiffre d'affaires a été divisé par deux", se désespère Terline Pierre, 43 ans, arrivée d'Orly après une nuit de travail. Taxi depuis trois ans, sa licence lui coûte "2.100 euros par mois" pour "5.000 euros de charges au total". "Une journée me rapporte 100 euros contre 250 à 300 euros avant l'été", confie-t-elle, assise dans son monospace, attribuant cette perte d'abord aux VTC. "Les VTC, on leur ouvre toutes les portes et ils racolent aux aéroports, tandis que nous, on nous contraint de plus en plus", assure Julien (prénom modifié à sa demande). Il affirme avoir perdu "40 % de recette" depuis 2011.

On le voit, la presse ne donne la parole qu'aux taxis et leurs syndicats
C'est aussi peut-être parce que le Groupe G7 de taxis a été fondé par André Rouselet, un proche de François Mitterrand et fondateur de Canal+... Cette entreprise est composé de plusieurs sociétés, aux activités diverses. André Rousselet a racheté la compagnie G7 en 1960 et créé le central-radio qui met en contact chauffeurs et clients. Il l'a cédé à son héritier Nicolas Rousselet qui la présidé et la dirige depuis 1996à Clichy en Seine-Saint-Denis, et s'est habitué à une longue période de croissance en situation de monopole.
Nicolas Rousselet est également le prinicpal investisseur de la Société "Les Taxis Bleus", créant de fait un monopole dans le domaine des sociétés de radio taxis.

Longtemps protégée,
la profession est de plus en plus concurrencée par les motos-taxis et les sociétés de voitures de tourisme avec chauffeur (VTC), qui ne peuvent travailler que sur réservation, mais que les taxis accusent de prendre des clients à la volée et de faire "purement et simplement les taxis sans supporter (leurs) contraintes". L'enregistrement d'un véhicule de VTC ne coûte que 100 euros, alors que les licences des taxis (à 80 % artisans et propriétaires de leurs licences) se négocient autour de 230.000 euros à Paris. L'assouplissement de la législation en 2009 a favorisé la multiplication des VTC. Ces sociétés ont gagné mercredi dernier une nouvelle partie contre les taxis en obtenant la suspension du décret leur imposant un délai de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client. 

Le groupe G7 ne supporte pas la concurrence et 
Uber est étiquetté "empêcheur de tourner en rond"
Cette décision provisoire du Conseil d'Etat de suspendre le décret et de rétablir la concurrence a attisé la colère des syndicats de taxis, qui jugeaient de toute façon ce décret insuffisamment protecteur. Ils demandent "l'interdiction de toutes les applications de réservation qui permettent à d'autres de faire n'importe quoi", un délai de réservation d'au moins 30 minutes et des courses au minimum de 60 euros. A l'évidence, l'intérêt du client n'est pas pris en compte. 

Face au blocage de grandes villes par les taxis qui ne se sont pas préparés à la libéralisation du secteur, le gouvernement socialiste avait publié le 27 décembre 2013 un décret favorable à ses soutiens et imposant aux VTC un délai obligatoire de 15 minutes entre la réservation et la prise en charge du client par le VTC. Mais, soucieux de libre concurrence et de l'intérêt des usagers, le Conseil d'État a suspendu mercredi ce décret, estimant qu'il porte "une atteinte grave et immédiate aux intérêts économiques" des sociétés de VTC. La plus haute juridiction administrative doit désormais examiner le dossier sur le fond.

Le gouvernement a annoncé samedi la mise en place d'une ..."mission de concertation" 
Pour tenter de trouver un terrain d'entente entre taxis et VTC, elle est destinée à "définir les conditions durables d'une concurrence équilibrée entre les taxis et les VTC". "Cette commission, c'est un gadget, le gouvernement veut gagner du temps. Aujourd'hui, il y a urgence", a aussitôt estimé Michel Charbonnier, taxi depuis 15 ans. "Dans les autres pays, au Canada ou en Belgique par exemple, il y a une réglementation. Ici, on a déjà perdu un an", ajoute Karim Lalouani. 

L'appli Uber, "c'est de la provocation", selon le même qui s'élèver  contre les applications pour smartphone permettant à n'importe quel automobiliste de faire le taxi occasionnel à titre onéreux.
En dehors de tout cadre juridique, l'application sur mobile Uber est très appréciée des clients, mais perçue par les professionnels comme un empêcheur de tourner en rond. Soutenue par Google qui la lance dans 47 pays, elle bouscule le fragile équilibre entre taxis et VTC qui s'était établi depuis deux ans et que l'annulation du délai de 15 minutes pour les VTC est venue, au même moment, remettre en cause, à la satisfaction des usagers.

Le gouvernement ne  renonce pas à prendre parti  pour sa clientèle électorale.
Bercy vient de lancer ses services de la répression des fraudes sur une enquête sur les services de covoiturage entre particuliers à "but lucratif", illégaux. Cette décision vise en particulier Uber, dans la ligne de mire des taxis. Malgré l'augmentation des licences distribuées, notamment à Paris, ces dernières années par l'administration, les taxis restent peu nombreux : quelque 55.000 dans l'hexagone, dont environ 20.000 à Paris. Fin 2013, on recensait parallèlement 6.500 entreprises de VTC (dont la moitié en Ile-de-France) exploitant quelque 12.400 véhicules.
"Les taxis payent plus cher leur licence, car ils ont un monopole sur la maraude", la mission devra "faire respecter ce monopole, mais il faut aussi réaffirmer que sur le marché de la réservation, la concurrence des VTC est parfaitement loyale", a expliqué Benjamin Cardoso, président de LeCab. Le patron de Chauffeurs privés, une autre société de VTC, Yan Hascoet, a souhaité arriver à "une paix sociale entre les VTC et les taxis". 

Dernière heure: une "grève reconductible" jusqu'à "l'arrêt des immatriculations" des Véhicules de tourisme avec chauffeur
C'est ce qu'annonce l'intersyndicale des privilégiés, en dépit de la mission de concertation que le gouvernement vient d'annoncer...