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samedi 3 septembre 2016

Energies renouvelables: la France a investi deux fois moins que l'année passée

Les investissements dans les énergies renouvelables se sont effondrés en France  

La France, dernier pays hôte de la COP 21, est l'un des mauvais élèves sur les énergies renouvelables

Promesse non tenue
"La France est l'un des rares pays du monde où les investissements dans les énergies renouvelables s'effondrent," fait savoir le député européen Yannick Jadot,  candidat à la présidentielle 2017.
Dès février 2016, le dernier rapport de l'agence de l'ONU pour l'environnement et Bloomberg new energy finance le démontrait. 

En 2015, il y a eu un peu plus de 2,5 milliards d'euros investis dans les énergies renouvelables. Cela représente une baisse de 53% en l'espace d'un an. Et cette tendance n'est pas nouvelle. 

En 2013 déjà, la France de Hollande était à la traîne des autres grands pays développés.  
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(Top 10 des pays investisseurs dans les énergies renouvelables © Ceres)
La France relativise ce retard par la baisse  de 42%... en Allemagne.  Comparaison fallacieuse, car avec 10 milliards d'euros d'investissements, le montant global reste largement supérieur à la France. 
Plus largement, à l'exception notable de la Grande Bretagne, c'était - en 2013 et avant la COP21- l'ensemble de l'Europe qui freinait sur les énergies renouvelables. En l'espace de quatre ans, sur l'ensemble du continent, on était passé de 110 milliards à une petite cinquantaine en 2015. 

A l'inverse, le montant des investissements est à la hausse en Chine, en Inde ou encore aux Etats-Unis
(2004-2015)
Et pourtant, l'Europe a fait des énergies renouvelables l'une de ses priorités. 
Chaque pays de l'Union s'est fixé des objectifs précis. D'ici quatre ans, en théorie, un peu plus du quart de l'électricité que l'on consomme devrait venir des énergies renouvelables.Or, on en est encore loin.

En 2013, elles représentaient 14% de la consommation finale, sous la moyenne européenne, alors que les prévisions tablaient sur 18% cette année-là. 

dimanche 31 juillet 2016

Récession: croissance nulle en France au deuxième trimestre

"Ca va mieux", mais la gauche juge néanmoins la croissance ..."décevante"

"Une mauvaise nouvelle imprévue" ! selon l'AFP et ses copieurs-colleurs

L'activité économique a stagné  à 0,2% au deuxième trimestre -stagnation à zéro signifie 'récession'- , alo
rs qu'elle était attendue en hausse de 0,3%, mais elle ne "ne remet pas en cause la prévision de croissance de 1,5% en 2016", assure ...Sapin, qui a jugé que ce chiffre  de 0,3% de l'Insee publié vendredi 29 juillet, est "décevant au regard des prévisions en particulier de l'Insee et de la Banque de France" et il incrimine la consommation et un recul des investissements, selon de premières estimations. 

Le ministère des Finances a aussitôt assuré que l'économie française reste sur une "dynamique de reprise" 
et que la croissance nulle du deuxième trimestre ne remet "pas en cause la prévision de croissance de 1,5% en 2016".
Du coup, l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a révisé légèrement à la hausse la croissance du premier trimestre, à +0,7% au lieu de +0,6%.

Comme par magie,
l'acquis de croissance (progression annuelle du PIB en cas de croissance nulle sur les deux derniers trimestres) s'établit donc à 1,1%, selon les maquilleurs de l'INSEE.

BFMTV participe d'ailleurs à la mascarade.
VOIR et ENTENDRE l''édito Eco du vendredi 29 juillet 2016 - improbable mais vrai - d'Emmanuel Lechypre, en service commandé, optimiste peu convaincant, "sauf catastrophe"...

"Pas une bonne chose"

L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) souligne en revanche que le contrecoup, même s'il était attendu, est "très marqué" et donc "assez surprenant". "Avec un certain nombre de conditions macroéconomiques, l'arrivée à maturité de certains dispositifs comme le crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE), la sortie de la politique d'austérité, la politique accommodante de la Banque centrale européenne, on pourrait s'attendre à une accélération de la croissance", déclare-t-il. "Or, elle ne se produit pas", ce qui est n'est "pas une bonne chose", poursuit-il.

"La question posée est celle de savoir quelle sera l'ampleur du rebond qu'on peut attendre [maintenant] sur les troisième et quatrième trimestres", souligne pour sa part Philippe Waechter, chef économiste chez Natixis.
"Quels sont les facteurs qui vont permettre d'inverser la tendance et de retrouver des éléments de croissance qui permettront de tendre vers le 1,5% promis par le gouvernement?", s'interroge-t-il.

L'investissement au coeur des enjeux

Moteur traditionnel de croissance dans l'Hexagone, la consommation des ménages a stagné au deuxième trimestre, après avoir été dynamique [?] au premier (+1,2%).
Du fait du faible pouvoir d'achat des ménages et de leur défiance aux promesses incessantes, les dépenses de consommation alimentaires ont notamment nettement reculé, de 0,7%, après +0,4% sur les trois premiers mois de l'année. La consommation en services a quant à elle chuté à 0,1% contre +0,7%, "contrecoup après l'achat des billets de l'Euro 2016 de football au premier trimestre", ose-ton avancé, "et résultat de l'"infléchissement des dépenses en hébergement-restauration", détaille l'INSEE.

Les dépenses d'investissement ont pour leur part rechuté, de 0,4%, après avoir augmenté de 1,3% au premier trimestre. Dans le détail, celles des entreprises ont baissé de 0,2% et celles des administrations publiques de 1,7%.

"Il y a eu un effet de sur-amortissement fiscal, notamment du côté des entreprises, qui a pu beaucoup jouer", ose l'OCDE qui pointe la pression de l'impôt. Le mécanisme de déduction fiscale exceptionnelle sur les investissements productifs, qui devait prendre fin en avril, a finalement dû être prolongé, mais la décision a été prise tardivement, ce qui pourrait expliquer l'accélération des investissements au premier trimestre.

Pour Philippe Waechter, tout l'enjeu pour le reste de l'année va tourner autour de l'investissement. Brexit, attentats, élection présidentielle aux Etats-Unis..."tous ces phénomènes génèrent de l'incertitude et peuvent inciter les chefs d'entreprises à reporter leurs investissements", craint l'économiste qui occulte le déficit de confiance en l'exécutif.

Comme le reste, la production totale de biens et de services a aussi reculé (-0,2%). En particulier, "la production de biens manufacturés recule nettement (-1,0% après 0,0%), du fait principalement de la chute de la production dans les raffineries, affectées par des mouvements sociaux en mai et juin", souligne l'INSEE, direction, voire officine du ministère des Finances.

Secteur qui commençait tout juste à donner des signes de reprise, selon les experts militants, la construction a gravement baissé de 0,6%, après +0,3% au premier trimestre.

Avec notamment un net repli des importations en produits manufacturés et en hydrocarbures bruts, le commerce extérieur a en revanche contribué positivement au PIB, à hauteur de 0,3 point de PIB. 
Ce petit coup de l'économie internationale est un bienfait que Hollande et Valls ne pouvaient apporter tant ils s'entêtent dans une politique qui plombe toute initiative.  
La nouvelle poussée du chômage en juin confirme en outre que les socialistes ravis n'ont pas renoncé à porter des coups à notre économie. 

mercredi 21 octobre 2015

L'hémorragie du Livret A se poursuit depuis le début de l'année

Les Français se détournent toujours du Livret A

En septembre, les Français ont encore retiré 3,25 milliards d’euros de leurs Livret A et LDD.
 
C’est la plus forte "décollecte" sur un mois depuis le début de l’année.
La déconvenue sur le le placement d’épargne populaire est sévère pour le gouvernement.Au total, il a perdu 2,38 milliards d’euros de dépôts, selon les statistiques mensuelles publiées mercredi par la Caisse des Dépôts. C’est le sixième mois consécutif de décollecte pour le placement. Depuis janvier, le manque à gagner pour le Livret A - pour le gouvernement et le logement- atteint 6,2 milliards d’euros. 

La désaffection est la même pour le Livret de développement durable (LDD). 
En septembre, les épargnants y ont retiré 870 millions d'euros et 1,18 milliard d'euros depuis janvier.

Cette hémorragie n’est pas une surprise

L'entourage gouvernemental se cherche des excuses. Ainsi, malgré la tendance sur neuf mois, se focalise-t-il sur le mois de septembre qui est souvent budgétairement chargé pour les ménages, se justifie-t-on. Ils doivent en effet acquitter le dernier tiers de l’impôt sur le revenu et beaucoup doivent aussi faire face aux dépenses de la rentrée scolaire, notamment les classes moyennes les moins assistées (cf. l'ARS) mais aussi les plus pressurées.
Quant à ceux qui auraient un peu d’argent à placer, la baisse du taux du livret A et du LDD, passé de 1 % à 0,75 % au 1er août 2015, les a sans doute décidés à privilégier d’autres placements comme l’assurance-vie en euros ou même le PEL, rémunéré 2 % brut (1,69 % net), voire même 2,5 % brut pour ceux qui ont été ouverts avant le 1er février 2015. Mais ce possible déplacement ne profite pas aux mêmes et certainement pas au logement social.

Plombée par ce désamour, la Caisse des Dépôts et Consignations ratisse étroit

Un raisonnement spécieux qui ignore l'addition des pertes
Après l'été 2014, lorsque le taux de rémunération du Livret A avait été abaissé de 1,25% à 1%, les épargnants avait réagi de façon analogue. En septembre 2014, la décollecte cumulée du Livret A et LDD avait atteint 3,15 milliards d'euros. Et si on cumule les pertes de collecte sur une année, le total est vertigineux.
La Caisse des Dépôts est l'institution financière publique, placée sous le contrôle direct d'une commission de surveillance responsable devant le Parlement, qui exerce des activités (financières) d'intérêt général pour le compte de l'État et des collectivités territoriales. Outre qu'elle gère des fonds publics (CNE) et accompagne les politiques de la ville ou de l'Université, elle investit aussi, par exemple dans Veolia Transdev (50 %) et attend donc des bénéfices du développement des transports par autocars Avec la loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques, dite 'loi Macron', brisant le monopole de service public de la SNCF au profit du transport régulier de voyageurs sur longue distance. A cet effet, Transdev a crée une filiale d'exploitation de ce nouveau marché, nommée Isilines. La CDC ne transformera pas des pertes en profits.
Ce mouvement continu de décollecte reste-t-il gérable ?
Le gouvernement socialiste abandonne 
l'épargne d'utilité sociale
Elle est censée mobiliser l'épargne pour financer le logement social et la politique de la ville. En effet, si l’institution ne mobilise guère plus de 60 % de ses encours au financement des prêts, elle n'aura pas les moyens d'en financer davantage comme l'état de l'économie devrait pouvoir l'y inciter. Sa forte collecte amassée entre 2012 et 2013 grâce au relèvement du plafond du Livret A lui assure-t-il le confortable matelas que l'on dit, dans l'entourage de l'exécutif ? A la fin septembre 2015, l’encours total du Livret A et du LDD atteint 357,8 milliards, dont 65 % environ sont centralisés à la CDC. Des sommes qui paraissent colossales aux Smicards, aux petits fonctionnaires et aux retraités, mais inquiètent les investisseurs en mal de croissance. 

vendredi 3 juillet 2015

Une nouvelle plainte vise DSK: affaire LSK

Des soupçons d'escroquerie surgissent contre le retour politique du socialiste

L'affaire LSK ne fait que commencer

D. Strauss-Kahn et Thierry Leyne
Alors que Dominique Strauss-Kahn qui revenait justement sur la scène politique, tous les protagonistes de cette histoire, y-compris DSK, espèrent que le scandale LSK, pour Leyne Strauss-Kahn & Partners, est derrière eux, mais une nouvelle plainte vient leur rappeler que le Parti socialiste préfère voir DSK de loin.

Une plainte vient, en effet d'être déposée contre plusieurs anciens dirigeants de l'établissement financier, une banque d’investissements version 'boutique', par un ancien actionnaire de la société, Jean-François Ott, un Français ayant fait fortune dans l'immobilier. DSK fait partie des personnes visées en tant qu'ex-président du conseil d'administration de LSK de 2013 à 2014, avant sa démission en octobre dernier. La plaine porte sur des soupçons d' "escroquerie" et d’ "abus de biens sociaux" présumés.

Aventure financière et défenestration

Elle a été déposée auprès du Procureur de la République de Paris encore François Molins, qui s'est déjà montré très coopératif avec le gouvernement contre Uber - et non au Luxembourg où était basée LSK, "dans la mesure où plusieurs personnes soupçonnées résident en France", explique Mathieu Croizet, l’avocat de Jean-François Ott. Pour l'heure, on ne sait pas si cette plainte - qui n’aurait pas encore été enregistrée- sera recevable et/ou si elle sera suivie de l’ouverture d’une procédure.

Quoi qu’il en soit, ce document remue un peu plus le couteau dans la plaie. LSK, qui a fait faillite, et dont l’ancien patron Thierry Leyne s’est défenestré à Tel Aviv à l'âge de 49 ans, doit répondre à la colère de nombreux anciens salariés et créanciers. En avril, il y avait environ 160 créanciers pour un montant total de presque 90 millions d’euros.

Ce qu'il faut savoir
Jean-François Ott, fondateur et ex-PDG d’Orco Property Group, ne fait pas l’unanimité dans le petit monde de la finance. Le fonds Kingston, qui détient 12,5% d'Orco Property Group (OPG), a publié plusieurs lettres ouvertes aux autres actionnaires de la société, en attaquant frontalement le président de la société, Jean-François Ott, et son principal actionnaire, Radovan Vitek (31% des parts), qu'il accuse de "travailler ensemble à leur profit mutuel, mais aux dépens des autres actionnaires". Kingston avait demandé le départ de Jean-François Ott et de l'équipe de direction avec effet immédiat.

L’été dernier, Ott a en outre souscrit à une augmentation de capital pour 500.000 euros, via sa société chypriote Roxannia. L’homme d’affaires, qui vit aujourd’hui à Prague, est alors séduit par les projets de Thierry Leyne et de DSK. Ensemble, ils cherchaient alors à monter un fonds alternatif "global Macro", de 2 milliards de dollars.
Afin de permettre à Jean-François Ott d’étudier cet investissement, LSK lui aurait alors remis différents documents, notamment un calcul de l’actif net réévalué et un business plan, évoquant un net retour à la profitabilité de la société dès 2015. Or, la perte mentionnée pour 2013 est bien inférieure à celle du projet de comptes que Roxannia s’est procuré par la suite, les comptes définitifs n’ayant pas été publiés. La plainte parle donc "de projections financières fantaisistes et trompeuses".

Quant à Leyne, il a été formé à l’Institut de technologie de Haïfa, le Technion
qui depuis longtemps a la réputation d’être l’université des techniciens du Mossad et de l’armée, une pouponnière d’espions. C’est ici qu’à été conçu le 'Dôme de fer', bouclier anti-missile; c’est aussi ce Technion qui travaille sur des projets d’engins blindés téléguidés, de drones et autres outils d’espionnages ultra secrets. La légende, qui colle à l’institut de technologie, veut que ceux qui y suivent des cours soient des "étudiants-soldats". Le site 'Orient XXI', proche du journal Le Monde, qui a consacré un article à cette perle de la connaissance, termine ainsi leur papier : "Le Technion, ses professeurs, ses chercheurs et ses étudiants sont devenus des rouages essentiels d’une politique dure israélienne, justifiant les appels internationaux de plus en plus nombreux au boycott académique de cette institution". Un avis pro-arabe.

Le flou cache un loup

La plainte déroule point par point les zones d’ombre : réserves et démission du réviseur d’entreprises, réserves mentionnés dans des lettres par le fonds Insch etc. Pour son avocat, l’investissement réalisé par Jean-François Ott a été fait à un prix complètement surestimé, compte tenu des réserves du réviseur et du prix auquel DSK lui-même avait investi dans la société. " Les dirigeants ne pouvaient pas ne pas connaître la situation financière réelle de LSK", écrit-il. Celle-ci pourrait relancer la question de la responsabilité de chacun dans cette affaire, alors que le principal protagoniste, Thierry Leyne, est décédé, avant d’avoir pu donner sa version des faits. DSK, de son côté, avait accusé son ancien associé, dans un entretien d'octobre au journal Le Parisien, rappelant que c’était Thierry Leyne qui gérait l'entreprise. L'ami de "Dodo-la-saumure" et d’autres ont d’ailleurs déposé dès l’automne une plainte contre X pour abus de biens sociaux. Un document relativement peu détaillé, qui pourrait être, en partie, destiné à se protéger, selon une source proche du dossier.
Contactés, les anciens administrateurs Michel Jollant et Philippe Hervé n'ont pas souhaité participer au débat dans la presse. L’avocat de DSK, Jean Veil, indique ne pas être informé.

dimanche 14 juin 2015

Prélèvement des impôts à la source: promesse de Hollande "pleinement appliquée en 2018"

Le prélèvement des impôts à la source sera engagé dès 2016
Le prélèvement des impôts à la source sera "pleinement appliqué en 2018"

C'est ce qu'assure François Hollande dans un entretien à Sud-Ouest Dimanche. Il rappelle qu'avant son élection en 2012 il avait promis une grande réforme fiscale dont le prélèvement à la source pourrait être un instrument. Le ministre des Finances, Michel Sapin, avait déjà indiqué que la réforme du  système serait engagée en 2016, mais que le dispositif ne serait pas totalement opérationnel avant 2018. "C'est une réforme qui est à la fois attendue par les Français et souhaitable pour l'Etat", estime François Hollande dimanche dans Sud Ouest. " Elle doit donc être bien menée pour être bien mise en œuvre, étape par étape. Et ça ne peut pas se faire en moins de trois ans. Ce sera donc engagé dès 2016 pour être pleinement appliqué en 2018", explique-t-il.

Le chef de l'État souligne que le prélèvement à la source ne doit "pas compliquer la vie des entreprises et encore moins solliciter le contribuable"Il assure aussi que le projet préparé par le gouvernement "garantira que nul n'ait à perdre quoi que ce soit. Ni les Français, ni l'Etat." Les Français paient en année N les impôts sur les revenus perçus en année N-1 et le gouvernement -comme d'autres en Europe, avant lui- doit trouver le moyen de ne pas prélever les impôts de deux années en même temps.

Hollande élude une promesse de campagne, celle de la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG. 

"La priorité, c'est la baisse des impôts des Français", déclare-t-il maintenant, à deux ans de la fin de son quinquennat, réaffirmant que "dès cette année [après trois années], plus de neuf millions de ménages vont voir diminuer leur impôt sur le revenu".

"Si nous voulons qu'il y ait demain de nouvelles réductions de prélèvements, il nous faut plus de croissance, plus d'emplois, plus d'investissements. C'est la raison pour laquelle la politique du gouvernement consiste à encourager la production, pour permettre plus de redistribution", ajoute-t-il, un peu tardivement.

Hollande doit faire face à la critique en interne 

Sur la proposition de son ancien ministre du redressement productif, Arnaud Montebourg, d'une "stratégie européenne de baisse d'impôt en faveur des ménages", François Hollande réplique : "Dois-je rappeler que notre déficit public atteint encore 4 % du PIB ?" "Les Français ont parfaitement compris que les déficits d'aujourd'hui peuvent être les impôts de demain. Moins il y aura de déficit, moins il y aura d'impôts demain", a-t-il finalement réalisé.

Il indique dimanche que le Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE), dont une partie de la gauche réclame qu'il soit réorienté, sera évalué, avec un bilan avec les partenaires sociaux, "à la fin de l'année". "Tout doit être fait pour stimuler l'emploi et l'investissement. Les entreprises ont besoin de stabilité et de visibilité", découvre-t-il au bout du compte. "La perspective doit être le basculement du CICE en baisse pérenne de charges sociales."

vendredi 3 avril 2015

Reprise économique au 1er semestre: une prévision vendue comme un fait

Reprise économique annoncée, mais chômage attendu en hausse

Le gouvernement attend désespérément une
 reprise de l'activité économique

L'INSEE lui offre l'annonce d'une prévision positive lors de la première moitié de l'année 2015, mais elle sera encore insuffisante pour enrayer la hausse du chômage ou provoquer le "déclic" de l'investissement des entreprises.

Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit une croissance du produit intérieur brut français de 0,4% au premier trimestre (révision légèrement en hausse par rapport à l'estimation de décembre) et de 0,3% au deuxième trimestre.

La gauche saute allègrement de la prévision à la réalité 
Les éléments de langage de l'AFP répandent la confusion  ensuite entretenue par les organes de presse, tel Libération. "Ces prévisions, qui assurent à la France un acquis de croissance" (croissance annuelle s'il n'y a pas de variation les deux trimestres suivants) de 0,8%, confortent la position du gouvernement qui prévoit 1% sur l'année, mais qui espère aussi aller au-delà", écrit l'agence de presse officielle. 
L'INSEE est d'ailleurs présenté comme une arme de propagande. "De plus, si le scénario conjoncturel de l'Insee se réalise, le produit intérieur brut (PIB) à mi-2015 [dans trois mois] aura crû de 1,1% par rapport à mi-2014."

La voie est ainsi ouverte  au ministre des Finances Michel Sapin qui politise ouvertement le débat. L'économie n'irait-elle donc mal que du fait d'un ressenti mauvais des acteurs? "Le 1% pour l'année 2015, perçu par beaucoup comme irréaliste il y a quelques mois, apparaît aujourd'hui comme un plancher", a polémiqué devant la presse le marchand de sable de Bercy, rappelant que "l'objectif est de faire plus".

Si les chiffres remontaient, deux nuages très noirs hypothéquent encore la reprise

D'une part, l'INSEE ne dissimule pas que le taux de chômage va encore augmenter et, d'autre part, la confiance des entrepreneurs ne revient pas puisque leurs investissements resteront "atones" au premier semestre, malgré un "net redressement" du taux de marge des entreprises.

- 10,2% de chômage dans la seule métropole
Le taux de chômage, qui a atteint la barre des 10% de la population active fin 2014, devrait ainsi continuer à augmenter jusqu'à 10,2% en métropole mi-2015, retrouvant un niveau inégalé depuis près de 20 ans,  fin 1997: 10,8 %, un niveau record depuis la fin des Trente Glorieuses, le socialiste Lionel Jospin étant devenu premier ministre en juin. (Pour mémoire, il annonça alors la fermeture du réacteur Superphénix.) Les économistes et le gouvernement estiment qu'il faut au moins 1,5% de croissance pour faire baisser le chômage: d'où l'intox actuellement développée par l'INSEE, organisme rattaché au ministère de l'Économie.
Comme son prédécesseur, mon beau Sapin, roi de l'intox, le ministre du Travail, François Rebsamen, anticipe le moindre frémissement en prenant ses désirs pour des réalités. Il  "pense" (si, si) que l’année 2015 sera "meilleure que l’année 2014" en matière de lutte contre le chômage, et qu’elle devrait "être le tournant". Le ministre s’attend à "un début de régression" (du nombre des inscrits à Pole emploi), 
à "la fin de l’année." En faisant disparaître certains chômeurs de la photo de l'INSEE 
"On s'attend à une légère augmentation de l'emploi total, de l'ordre de 20.000 emplois, raconte Vladimir Passeron, chef du département conjoncture de l'Insee. Mais, il y aurait un 'mais' !  La population active augmente d'environ 60.000 personnes, donc on observera une hausse du taux de chômage, sur le même rythme que les trimestres précédents", a a-t-il tenté de faire comprendre, lors d'une conférence de presse jeudi.

En attendant, si on veut bien inclure l’Outre-mer, le chômage, qui touchait 10,4% de la population active à la fin de l’année 2014, culminerait cet été à 10,6%.
Fin février, Pôle emploi recensait 3,49 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité en métropole, flirtant avec son record absolu, atteint fin 2014. Sans exclure les chômeurs ayant exercé une petite activité, le deuxième thermomètre du chômage a atteint de nouveaux records, à 5,26 millions en métropole, 5,56 millions avec l’Outre-mer

Et la méthode Coué se heurte aux réalités têtues. Parallèlement, si les perspectives d'investissements dans l'industrie augmentent légèrement, celles des services grèvent la prévision (0,0% en moyenne au premier trimestre, 0,1% au deuxième). Et, avant que le gouvernement n'annonce de nouvelles mesures pour inciter les entreprises à investir, pour l'Insee, c'est comme si c'était assuré, "les conditions sont réunies" pour une reprise de l'investissement.

- "Redressement spectaculaire" des marges 
En effet, le taux de marge des entreprises s'est nettement redressé, estime l'Institut, retrouvant son niveau de 2011 (31,3%). Il l'explique par l'effet conjugué de plusieurs baisses de l'euro, du crédit d'impôt compétitivité emploi et des premières baisses de cotisations patronales prévues dans le pacte de responsabilité, mais aussi des conditions de financement favorables et d'un prix du pétrole qui reste bas grâce au gaz de schiste américain.

L'INSEE tente de minimiser l'impact négatif de la faiblesse de l'investissement sur la reprise économique



"Le taux d'investissement français n'a pas baissé autant en France que dans d'autres pays pendant la crise, il n'y a pas de rattrapage nécessaire", a positivé Laurent Clavel, chef de la division Synthèse conjoncturelle de l'Insee. "Historiquement, la plupart des redémarrages économiques s'accompagnent d'un investissement suiveur, pas moteur", a-t-il précisé.

Pour Michel Sapin, si les taux de marge opèrent un "redressement spectaculaire",
le but du gouvernement est de retrouver les niveaux d'avant la crise débutée en 2007 et ressentie en 2008 (32,7%). Et il en profite pour se féliciter de cet... objectif qui justifie, selon lui, "le maintien du cap" de la politique économique du gouvernement, une ligne socio-libérale très contestée à gauche, après comme avant la défaite de la majorité présidentielle aux départementales. "Il faut que le monde économique soit certain que le cap (des baisses de charges et d'impôts) soit maintenu", a insisté le ministre soucieux de rassurer l'entreprise, quitte à irriter les socialo-socialistes. 

Reste que, dans l'immédiat, le pouvoir mise sur une activité portée par la consommation des ménages, traditionnel moteur de croissance en France. Celle-ci ne se fera qu'à la condition d'une "accélération du pouvoir d'achat", selon l'Insee, grâce à la baisse des prix des carburants du fait des cours du baril à l'international, mais aussi au "moindre dynamisme des prélèvements obligatoires". 
Quant au commerce extérieur, il devrait avoir une influence marginale sur la croissance du premier semestre, du fait d'une faible compétitivité de nos entreprises et malgré les bons effets de la baisse de l'euro sur les exportations.

mardi 17 juin 2014

Duflot reprend la parole pour tacler le gouvernement Valls

"Le gouvernement s'est éloigné de sa majorité", accuse Duflot (EELV) 
La pastèque EELV, verte à l'extérieur,
rouge à l'intérieur
(
Francis Lalanne, 2009)
En s'éloignant de sa majorité, le gouvernement a de nouveau mis en doute l'efficacité du pacte de responsabilité, a estimé mardi Cécile Duflot, députée altermondialiste et ancienne catastrophique ministre du Logement du gouvernement Ayrault.

Elle s'estime "complètement dans la majorité", mais c'est "aujourd'hui le gouvernement [qui] s'est éloigné de sa majorité", a accusé  C. Dufflot mardi sur RMC et BFMTV. Question: comment celle qui n'était pas toujours "complètement" dans le gouvernement quand elle était ministrepourrait-elle être encore dans la majorité, si le gouvernement s'en est éloignée?  
"Une majorité a été élue il y a deux ans pour porter un projet. Ce projet est aujourd'hui amputé d'une grande partie de ce qui faisait le coeur de sa force", a-t-elle dénoncé. En guise de rapprochement?

La députée de Paris a de nouveau mis en question l'efficacité du pacte de responsabilité. 

"Quand on donne de l'argent sans contrepartie, c'est-à-dire des exonérations de charges, est-ce que cela va créer de l'emploi ? Ce n'est pas du tout certain. Des gouvernements précédents l'ont fait, le gouvernement de Fillon l'a fait à hauteur de 4 milliards et là on parle de 41 milliards dont approximativement 3 milliards vont aller vers la grande distribution et 1 milliard vers les banques," a développé l'altermondialiste

Duflot promet que ça va charcler au Palais Bourbon...
"On va préparer des amendements, on en a déjà déposé, on va faire en sorte que le débat ait lieu à l'Assemblée nationale pour montrer que l'on peut faire autrement (...) On peut décider que l'on veut davantage de solidarité et davantage d'investissement. Si on n'investit pas dans les entreprises pour les adapter, notamment à l'évolution du prix de l'énergie qui pèse sur un certain nombre de productions, on n'y arrivera pas", a également expliqué  Mme Duflot .

 "C'est une bonne chose de réunifier RFF et la SNCF"

Interrogée sur la grève des cheminots, la député de Paris, par la grâce de Martine Aubry, a par ailleurs distribué des bons points, estimant que "c'est vrai que le système auquel aboutit la réforme est un peu compliqué parce que les règles européennes imposent cette situation donc ce n'est pas satisfaisant, il faudrait mieux retrouver un seul établissement public". Mais "dans le cadre possible, c'est une bonne réforme," n'en déplaise à la CGT et SUD-rail.

Elle n'a pas manqué de donner un coup d'archer sur le violon du populisme, en déclarant comprendre"l'authentique galère" que vivent les usagers des transports depuis une semaine. Mais "quand des gens se privent de leur salaire, ils expriment quelque chose et on ne peut pas les mépriser."

Au sujet des intermittents du spectacle

Le gouvernement "a tort" s'il valide la nouvelle convention d'assurance chômage. "On ne peut pas aggraver la précarité des intermittents. Il y a sûrement des abus. D'ailleurs les intermittents eux-mêmes sont prêts à ce que l'on travaille sur ceux qui sont de fait en CDI pour qu'ils sortent du régime de l'intermittence. Mais la culture dans notre pays, c'est une chance, une vraie vivacité culturelle et c'est ce système-là qui le permet", a-t-elle soutenu. 

dimanche 18 août 2013

"Valls chasse sur les terres de Le Pen,"note Mélenchon

Mélenchon se focalise sur Valls et Hollande

Pour sa rentrée,
le député européen et candidat du Front de gauche à la présidentielle de 2012 étrille François Hollande et Manuel Valls



dans les colonnes du JDD. Extraits d'entretien en rupture avec la propagande des media de gauche:


Partagez-vous l'optimisme de François Hollande, conforté par le léger rebond de la croissance venue d'Europe?
Non. Le chômage augmente, l'investissement s'effondre, le pouvoir d'achat va subir deux chocs : la TVA en janvier, puis l'augmentation de la CSG ! On va dans le mur ! Ce n'est pas un rebond mais un spasme, comme dans une agonie.
Pour vous, les orientations économiques ne sont pas les bonnes?
C'est un contresens total. Enfermé dans sa bulle, entouré de banquiers, de copains de promotion de l'ENA et de technocrates, Hollande se fait un récit enchanteur de sa présidence. Il n'a de vision sur rien (...)
François Hollande ne serait pas de gauche?
Il pratique une politique de droite. En un an, Hollande a plongé notre pays dans la déprime. Cet homme nous enlève le goût du futur! Tout cela pour un objectif servile : payer la dette. Il a rompu avec tout ce qui était le programme de la gauche traditionnelle, mais aussi avec celui de la nouvelle gauche. Notre-Dame-des-Landes, l'huile de palme, les forages gaz de schiste : cet été a été un festival d'archaïsmes!
Il manquera 20 milliards en 2020 pour financer le système de retraites. Faut-il le réformer?
Quel faux problème ! La clé du financement des retraites est le niveau de l'emploi. Là encore, Ayrault ne fait qu'appliquer les ordres des commissaires européens. Bien sûr, Hollande va manœuvrer pour embrouiller le dossier et le faire passer en force. Nous serons derrière les syndicats, en première ligne. Pour la première fois, un gouvernement qui se dit de gauche va faire reculer une conquête sociale. C'est un drame.

L'un de vos proches a qualifié Manuel Valls "d'extrême droite du PS". Qu'est-ce que cela veut dire?
Mme Le Pen est à deux doigts de gagner son pari. Non seulement elle a séduit la plus grande partie de la droite, mais elle a aussi contaminé Manuel Valls. Or, c'est lui qui donne le ton au gouvernement. Voyez comment il a pollué une partie de l'été avec la question du voile. Les musulmans dans notre pays font l'objet d'une stigmatisation insupportable. Lui a décidé de manière cynique d'utiliser cette situation malsaine pour installer son personnage : un dur et violent qui chasse sur les terres de Mme Le Pen. En plus, il se permet de gourmander publiquement la ministre de la Justice et de la repeindre en laxiste. C'est incroyable : il en est à défendre la politique de sécurité de Nicolas Sarkozy!

"Hollande pratique une politique de droite. En un an, il a plongé notre pays dans la déprime."
Montebourg accueille Bartolone dimanche à Frangy-en-Bresse. Sont-ils utiles pour faire changer de l'intérieur le cap de la majorité?
J'encourage tous ceux qui font acte de résistance, même si je déplore l'orientation antiécologiste prise par Montebourg. Claude Bartolone a utilisé des mots plus durs que les miens sur la confrontation avec l'Allemagne. Aurait-il changé d'avis alors que Mme Merkel a maintenu son talon de fer sur la gorge des Français? Eux, comme l'aile gauche du PS, s'ils croient ce qu'ils disent, doivent passer à l'acte. Ils ne peuvent à la fois critiquer la ligne du gouvernement et continuer comme si de rien n'était dans les ministères et à l'Assemblée.

Au regard des résultats des élections partielles, comment expliquez-vous que la situation ne vous profite pas plus et profite au FN ?
Le premier pourvoyeur du Front national, c'est François Hollande par la démoralisation et la démobilisation qu'il répand. Cet homme a divisé tout le monde : la gauche, les syndicats et son propre gouvernement. Mais je ne cherche pas à diminuer nos difficultés et je m'en attribue une part. Nous n'avons pas assez mobilisé, et je m'en veux beaucoup.

Ne tapez-vous pas trop fort sur le PS?
Non. Notre formation n'a que quatre ans et nous sommes déjà l'une des quatre forces politiques centrales. Certes, ma faconde et ma gouaille sont parfois des cache-misère. Nous n'avons pas fini de nous ajuster. Mais nous disputons au parti solférinien la première place. La langue mielleuse et les ambiguïtés ne servent à rien. Parler cru et dru éveille les consciences, provoque du débat. Le gouvernement conduit dans le mur. C'est donc globalement qu'il faut le cibler pour, le moment venu, former un gouvernement bien préparé.

Pour les municipales, les communistes sont tentés par des alliances de premier tour avec le PS. Vous êtes toujours pour l'autonomie?

Il y a une divergence. Il ne faut pas la dramatiser. De toute façon, ça se décide localement. Pour moi, il faut être autonome pour mobiliser des forces déterminées à donner le coup de balai de la révolution citoyenne et de l'humain d'abord. J'aimerais tant que ces élections soient aussi une préparation du futur! On doit faire l'essai d'une nouvelle convergence avec les Verts autonomes et les socialistes critiques, le NPA, les collectifs.

Vous serez, en revanche, candidat aux européennes. Quel sera l'objectif?
Nous allons proposer aux Français de renverser la table. Avec un vote sanction : contre cette ­Europe "austéritaire" et cette gauche toxique! Le parti de Hollande peut s'effondrer. Si nous passons devant lui, tout peut changer. Nous proposerons de former un nouveau gouvernement sans cette petite coterie de solfériniens. Seule notre ligne peut couper la route au Front national. Quant à savoir où je serai candidat, c'est une décision collective. L'élection est nationale. Je veux surtout être utile.

Bruno Jeudy et Arthur Nazaret - Le Journal du Dimanche
samedi 17 août 2013