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vendredi 3 avril 2015

Reprise économique au 1er semestre: une prévision vendue comme un fait

Reprise économique annoncée, mais chômage attendu en hausse

Le gouvernement attend désespérément une
 reprise de l'activité économique

L'INSEE lui offre l'annonce d'une prévision positive lors de la première moitié de l'année 2015, mais elle sera encore insuffisante pour enrayer la hausse du chômage ou provoquer le "déclic" de l'investissement des entreprises.

Dans sa note de conjoncture publiée jeudi, l'Institut national de la statistique et des études économiques prévoit une croissance du produit intérieur brut français de 0,4% au premier trimestre (révision légèrement en hausse par rapport à l'estimation de décembre) et de 0,3% au deuxième trimestre.

La gauche saute allègrement de la prévision à la réalité 
Les éléments de langage de l'AFP répandent la confusion  ensuite entretenue par les organes de presse, tel Libération. "Ces prévisions, qui assurent à la France un acquis de croissance" (croissance annuelle s'il n'y a pas de variation les deux trimestres suivants) de 0,8%, confortent la position du gouvernement qui prévoit 1% sur l'année, mais qui espère aussi aller au-delà", écrit l'agence de presse officielle. 
L'INSEE est d'ailleurs présenté comme une arme de propagande. "De plus, si le scénario conjoncturel de l'Insee se réalise, le produit intérieur brut (PIB) à mi-2015 [dans trois mois] aura crû de 1,1% par rapport à mi-2014."

La voie est ainsi ouverte  au ministre des Finances Michel Sapin qui politise ouvertement le débat. L'économie n'irait-elle donc mal que du fait d'un ressenti mauvais des acteurs? "Le 1% pour l'année 2015, perçu par beaucoup comme irréaliste il y a quelques mois, apparaît aujourd'hui comme un plancher", a polémiqué devant la presse le marchand de sable de Bercy, rappelant que "l'objectif est de faire plus".

Si les chiffres remontaient, deux nuages très noirs hypothéquent encore la reprise

D'une part, l'INSEE ne dissimule pas que le taux de chômage va encore augmenter et, d'autre part, la confiance des entrepreneurs ne revient pas puisque leurs investissements resteront "atones" au premier semestre, malgré un "net redressement" du taux de marge des entreprises.

- 10,2% de chômage dans la seule métropole
Le taux de chômage, qui a atteint la barre des 10% de la population active fin 2014, devrait ainsi continuer à augmenter jusqu'à 10,2% en métropole mi-2015, retrouvant un niveau inégalé depuis près de 20 ans,  fin 1997: 10,8 %, un niveau record depuis la fin des Trente Glorieuses, le socialiste Lionel Jospin étant devenu premier ministre en juin. (Pour mémoire, il annonça alors la fermeture du réacteur Superphénix.) Les économistes et le gouvernement estiment qu'il faut au moins 1,5% de croissance pour faire baisser le chômage: d'où l'intox actuellement développée par l'INSEE, organisme rattaché au ministère de l'Économie.
Comme son prédécesseur, mon beau Sapin, roi de l'intox, le ministre du Travail, François Rebsamen, anticipe le moindre frémissement en prenant ses désirs pour des réalités. Il  "pense" (si, si) que l’année 2015 sera "meilleure que l’année 2014" en matière de lutte contre le chômage, et qu’elle devrait "être le tournant". Le ministre s’attend à "un début de régression" (du nombre des inscrits à Pole emploi), 
à "la fin de l’année." En faisant disparaître certains chômeurs de la photo de l'INSEE 
"On s'attend à une légère augmentation de l'emploi total, de l'ordre de 20.000 emplois, raconte Vladimir Passeron, chef du département conjoncture de l'Insee. Mais, il y aurait un 'mais' !  La population active augmente d'environ 60.000 personnes, donc on observera une hausse du taux de chômage, sur le même rythme que les trimestres précédents", a a-t-il tenté de faire comprendre, lors d'une conférence de presse jeudi.

En attendant, si on veut bien inclure l’Outre-mer, le chômage, qui touchait 10,4% de la population active à la fin de l’année 2014, culminerait cet été à 10,6%.
Fin février, Pôle emploi recensait 3,49 millions de demandeurs d’emploi sans aucune activité en métropole, flirtant avec son record absolu, atteint fin 2014. Sans exclure les chômeurs ayant exercé une petite activité, le deuxième thermomètre du chômage a atteint de nouveaux records, à 5,26 millions en métropole, 5,56 millions avec l’Outre-mer

Et la méthode Coué se heurte aux réalités têtues. Parallèlement, si les perspectives d'investissements dans l'industrie augmentent légèrement, celles des services grèvent la prévision (0,0% en moyenne au premier trimestre, 0,1% au deuxième). Et, avant que le gouvernement n'annonce de nouvelles mesures pour inciter les entreprises à investir, pour l'Insee, c'est comme si c'était assuré, "les conditions sont réunies" pour une reprise de l'investissement.

- "Redressement spectaculaire" des marges 
En effet, le taux de marge des entreprises s'est nettement redressé, estime l'Institut, retrouvant son niveau de 2011 (31,3%). Il l'explique par l'effet conjugué de plusieurs baisses de l'euro, du crédit d'impôt compétitivité emploi et des premières baisses de cotisations patronales prévues dans le pacte de responsabilité, mais aussi des conditions de financement favorables et d'un prix du pétrole qui reste bas grâce au gaz de schiste américain.

L'INSEE tente de minimiser l'impact négatif de la faiblesse de l'investissement sur la reprise économique



"Le taux d'investissement français n'a pas baissé autant en France que dans d'autres pays pendant la crise, il n'y a pas de rattrapage nécessaire", a positivé Laurent Clavel, chef de la division Synthèse conjoncturelle de l'Insee. "Historiquement, la plupart des redémarrages économiques s'accompagnent d'un investissement suiveur, pas moteur", a-t-il précisé.

Pour Michel Sapin, si les taux de marge opèrent un "redressement spectaculaire",
le but du gouvernement est de retrouver les niveaux d'avant la crise débutée en 2007 et ressentie en 2008 (32,7%). Et il en profite pour se féliciter de cet... objectif qui justifie, selon lui, "le maintien du cap" de la politique économique du gouvernement, une ligne socio-libérale très contestée à gauche, après comme avant la défaite de la majorité présidentielle aux départementales. "Il faut que le monde économique soit certain que le cap (des baisses de charges et d'impôts) soit maintenu", a insisté le ministre soucieux de rassurer l'entreprise, quitte à irriter les socialo-socialistes. 

Reste que, dans l'immédiat, le pouvoir mise sur une activité portée par la consommation des ménages, traditionnel moteur de croissance en France. Celle-ci ne se fera qu'à la condition d'une "accélération du pouvoir d'achat", selon l'Insee, grâce à la baisse des prix des carburants du fait des cours du baril à l'international, mais aussi au "moindre dynamisme des prélèvements obligatoires". 
Quant au commerce extérieur, il devrait avoir une influence marginale sur la croissance du premier semestre, du fait d'une faible compétitivité de nos entreprises et malgré les bons effets de la baisse de l'euro sur les exportations.

jeudi 7 août 2014

Pacte de responsabilité: Hollande prend un coup de règle du Conseil constitutionnel sur les doigts

Les amateurs de l'exécutif devront revoir leur copie, une fois de plus 

Valls avait précisé le "pacte de solidarité" promis par François Hollande
 

qui devait "redonner confiance aux Français" et stimuler la croissance. Argumentaire dans le désordre... 

L'objectif visé en avril dernier était en effet de redonner du pouvoir d’achat aux ménages modestes en diminuant la pression fiscale sur les salaires, grâce à une enveloppe de cinq milliards d’euros, dont Manuel Valls n’avait toutefois pas précisé la ventilation. Or, si faible que s'annonce pourtant la croissance aujourd'hui, l'allègement des cotisations salariales, promis par le gouvernement pour faire augmenter les salaires modestes et relancer la consommation, vient d'être retoqué ce mercredi 6 août par le Conseil constitutionnel
Les Sages avaient en revanche validé l'allègement des cotisations patronales, provoquant la colère de certains élus, notamment à gauche. Les salariés n'avaient pas encore eu gain de cause, à la différence des patrons avec le pacte de responsabilité. Pourquoi les Sages ont-ils retoqué l'allègement des cotisations salariales… mais pas celui des cotisations patronales ? 

L'injustice apparente se situe-t-elle là où la gauche du PS la dénonce ? 

L'allègement des cotisations était censé faire mécaniquement augmenter les salaires modestes. L'article 1er du projet de loi prévoyait une baisse dégressive des cotisations des salariés touchant entre un SMIC et 1,3 SMIC. Le revenu net du smicard devait ainsi bondir de 520 euros par ...an. Sur le papier, la mesure, qui devait s'appliquer au 1er janvier 2015, aurait concerné 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires, pour un coût de 2,5 milliards d'euros supporté par les contribuables. 

Le ministre Christian Eckert dit trouver cette invalidation "un peu surprenante". C'est une décision "qui laisse perplexe", a renchérit le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux. Dans le même temps, les Sages, juges en droit, ont en effet validé toutes les exonérations patronales, lesquelles, soulignons-le, contribuent elles aussi à la relance de la croissance. Le Conseil a ainsi validé les allègements de cotisations patronales sur les salaires inférieurs à 1,6 SMIC, les exonérations de charges pour les indépendants, ainsi que la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés et contribution additionnelle (C3S), pour les petites entreprises.

Selon  le député Christian Paul, meneur des "frondeurs" de la gauche du PS, "l'allègement des cotisations salariales était la seule partie de ce texte qui avait un effet positif sur le pouvoir d'achat des salariés". D'autres réactions de même sensibilité se sont multipliées sur Twitter : "la Constitution de la Vème permettrait donc d'alléger les cotisations patronales et pas les cotisations salariales ??? Vivement la VIème !" a ainsi ironisé écologiste radical Denis Baupin, député EELV.

Les Sages ont des raisons de droit que l'idéologie ignore

Contrôleurs de la constitutionnalité de textes législatifs, ils ont jugé que l'allègement des cotisations salariales est "contraire à la Constitution", notamment parce qu'il "méconnaît le principe d'égalité".
Dans sa décision, le Conseil constitutionnel souligne ainsi que la mesure institue "une différence de traitement, qui ne repose pas sur une différence de situation entre les assurés d'un même régime de sécurité sociale". En clair, cet allègement aurait fait bénéficier tous les salariés des même droits, ceux de l'assurance maladie, par exemple, mais tous ces salariés n'auraient pas cotisé équitablement pour y avoir accès.

"Près d’un tiers" des salariés bénéficiaires n'auraient plus rien cotisé, dénoncent les Sages. En clair toujours, exécutif et parlementaires de la "gauche sociale" se préparaient à sanctionné certains Français au profit d'autres.

À l'inverse, les cotisations patronales ne bénéficient pas directement aux patrons. La C3S, par exemple, sert à financer le Fonds vieillesse. Ce n'est donc pas contraire au "principes d'égalité" si tous les patrons ne cotisent pas de la même manière.

Jean-Claude Mailly rappelle ses basiques à la gauche

"Il aurait été beaucoup plus simple d'augmenter le Smic plutôt que ce tour de passe-passe", estime le patron de FO. 

Chassé par la porte, le gouvernement compte passer par la fenêtre. 
Alors qu'en démagogue il se dit "déterminé à améliorer le pouvoir d'achat des Français, en vérité, le pouvoir socialiste est pressé par le risque confirmé de déflation et l'obligation d'une reprise de la croissance. Il proposera à l'automne des mesures alternatives encore non précisées, mais pourtant "de même ampleur", a assuré Michel Sapin, le très lunaire ministre des Finances.

mercredi 19 février 2014

Le très démocrate sous-ministre Hamon veut imposer le silence à Gattaz, président du syndicat des patrons

Le sous-ministre demande au patron des patrons d'"arrêter de parler"

Hollande tente d'attirer les investisseurs étrangers; Hamon braque les patrons français
Le président du MEDEF "stresse tout le monde, y compris les chefs d'entreprises", estime le ministre délégué à l'Economie sociale, Benoît Hamon, mardi 19 février, avec toute l'objectivité dont est capable le représentant de l'aile gauche du PS au gouvernement. Le ministre politique réagissait aux propos du responsable de la principale organisation patronale française mardi lors d'une conférence de presse. Alors qu'il accompagnait François Hollande à Washingtonle patron du MEDEF avait déclarait qu'il refuserait toute contrepartie, contrainte et sanction.

Hamon est-il inconscient ou stupide? 
Alors que le président socialiste se convertit au social-libéralisme, Hamon reproche à Gattaz des déclarations qui "varient", notamment sur le Pacte de responsabilité. 
Hamon est-il ministre ou porte-parole syndical?
"Il faut que Pierre Gattaz arrête de parler [...] qu'il négocie sérieusement comme le demandent les syndicats", a ajouté Benoît Hamon, autre "impuissant" "inutile" à l'instar de Montebourg. 
Le ministre se fait représentant syndical"Ce dont les syndicats de salariés ont besoin, c'est d'un interlocuteur qui ne change pas, ce qui stresse tout le monde y compris les chefs d'entreprise", a ajouté sans rire le collaborateur de Pierre Moscovici. Et de polémiquer en des termes blessants, appelant à "un petit peu de fiabilité et de rigueur dans les déclarations".

Après son matraquage fiscal des entreprises, le gouvernement s'est résolu à un allègement de 30 milliards d'euros de cotisations patronales en échange de créations d'emplois dans le cadre du Pacte de responsabilité
Hostile à une baisse de charges pourtant créatrice d’emplois et désireux d’en revenir à la doctrine socialiste traditionnelle du "donnant-donnant" avec les entreprises, le ministre partisan de cette idéologie archaïque a regretté que "les pouvoirs publics et le gouvernement prennent des engagements forts" et assuré que "les syndicats sont prêts à engager la concertation". Mais Hamon omet simplement que Hollande ne fait rien d'autre que recycler le "pacte de confiance" proposé par le MEDEF. Pour le doctrinaire ringard, "les éléments insécurisants depuis le début, ce sont les déclarations du président du MEDEF qui non seulement varient, mais ne donnent pas l'impression de prendre au sérieux la négociation sociale".

Gattaz pose ses conditions

Pierre Gattaz a suggéré mardi que l'"observatoire des contreparties" soit rebaptisé "comité de suivi du Pacte", un terme "beaucoup moins agressif", selon lui. 

Le patron des patrons a également demandé un "moratoire" sur une quinzaine de projets de loi qui sont aujourd'hui, selon lui, "autant de stress sur le dos des patrons". Parmi eux, il a cité "l'obligation de consulter le comité d'entreprise en cas de vente" d'une société.

Pour Benoît Hamon, Pierre Gattaz fait preuve d'"une méconnaissance de ce qui est écrit dans le texte" de la loi sur l'économie solidaire et sociale. Celle-ci prévoit la possibilité que les salariés se portent candidats à la reprise de leur entreprise, en l'absence de repreneur, afin de maintenir l'emploi. Il s'agit, a précisé le ministre, d'une disposition européenne de 2001 que la France est un des derniers Etats-membres à ne pas avoir transposée.
"Je lui proposerais volontiers de faire un moratoire sur la distribution excessive de dividendes qui pénalise l'investissement en France et qui pourrait être une contribution utile à la croissance et à la relance de l'économie française", a ironisé Benoît Hamon, dont la légitimité est pourtant limitée à des scrutins de liste, européen, puis régional, mais jamais en nom propre.
A cela, il faut ajouter que Benoît Hamon est à la fois membre du conseil d'administration de l'université Paris-VIII, en tant que "personnalité extérieure" (!) depuis octobre 2008, et professeur associé depuis septembre 2009. Conflit d'intérêts ou non ?

Gattaz a les cartes en main
Les syndicats soutenu par le petit ministre inaudible se préparent à la rencontre fixée par Pierre Gattaz le 28 février au MEDEF. Alors que Carole Couvert de la CFE-CGC pronostiquait encore, mercredi 12 février, "ça devient la chronique d'une mort annoncée du pacte de responsabilité", le patron des patrons joue l'apaisement en évoquant la possibilité d'"engagements chiffrés".
En fait, Gattaz souffle le chaud et le froid
A la descente de l'avion de Washington à San Francisco, Gattaz a concédé: " Je n'exclus pas des engagements chiffrés qui seraient des objectifs à partager sur la base d'estimations." Le chef de l'Etat s'est alors félicité devant les Français de San Francisco de "l'avantage" d'avoir eu Pierre Gattaz à ses côtés tout au long de sa visite d'Etat aux Etats-Unis.

samedi 18 mai 2013

Opposés à la réforme des retraites, les socialistes s'y mettent enfin, pour le pire

La gauche a entravé la réforme, mais en veut plus aujourd'hui 

Alors que le Conseil d'orientation des retraites liste les aménagements à apporter au dispositif mis en oeuvre par la droite, la question d'un nouveau report de l'âge légal s'impose à la gauche qui promettait de revenir aux 60 ans pour tous.
Après s'être penché sur les périls financiers à moyen et long terme du système des retraites, le Conseil d'orientation des retraites (COR) s'est intéressé aux imperfections du systême que Sarkozy a eu le courage de mettre en oeuvre, malgré les mouvements sociaux orchestrés par son opposition de gauche. Parmi les améliorations qu'il note dans un rapport rendu public mercredi figure la prise en compte dans le privé des 25 meilleures années de carrière pour calculer le salaire de référence qui désavantage les carrières courtes ou démarrées tardivement après de longues années d'études. "Le rapport fait ressortir que le système n'est plus adapté à la société d'aujourd'hui", analyse globalement Jean-Louis Malyssecrétaire national de la CFDT, en charge des retraites (outre la politique en direction des immigrés, la politique des luttes contre les discriminations et le racisme, la politique des libertés ) et ancien sidérurgiste (Usinor) proche du pouvoir socialiste.

Mais tout n'est cependant pas à jeter dans le système actuel. 
"Malgré toutes ces imperfections, le système de retraite opère bien au total une redistribution qui contribue à réduire fortement les inégalités entre retraités, au profit des femmes notamment", indique le COR dont le rapport a été commandé par Jean-Marc Ayrault, afin de pouvoir lancer la grande concertation sur "la nouvelle réforme des retraites" promise par François Hollande. Un délai qui souligne l'impréparation socialiste dont l'opposition ne laissait pas envisager l'ampleur...

Reste que corriger ces imperfections, comme le jugent nécessaire le gouvernement et les syndicats, aura un coût important et ne représentera donc que des dépenses en plus, faute de propositions du PS. "Ce n'est pas le moment de charger la barque en matière de solidarité; nous n'avons déjà pas les moyens de financer le système actuel", déplore Danièle Karniewicz, l'ex-patronne du régime d'assurance vieillesse.

Pour la spécialiste des questions de protection sociale de la CFE-CGC, ce nouveau rapport du COR - dont elle est membre - est certes utile mais inopportun après que le besoin de financement a été estimé à 20 milliards d'euros par an en 2020, tous régimes confondus. Et qu'il faut trouver comment boucher les trous pour éviter une faillite du système dans huit ans. L'urgence est même encore plus criante pour les régimes complémentaires qui puisent actuellement dans leurs réserves pour payer les pensions et dont les caisses seront bientôt vides.
Relever encore l'âge légal de départ

Or la désindexation par rapport à l'inflation des pensions, comme l'étudient les partenaires sociaux pour les retraites complémentaires et mis sur la table par Jérôme Cahuzac pour le régime de base, ne suffira pas. Sauf à augmenter les cotisations - et donc à grever la compétitivité des entreprises en renchérissant le coût du travail -, la question de la hausse de la durée d'activité devra être reposée. Comme en 2010, où le recul de deux ans de l'âge de départ résolvait, à terme, la moitié du besoin de financement. Soit 20 milliards sur les 47 nécessaires.

Le MEDEF n'a pas attendu le lancement de la consultation au printemps  -après un an de pouvoir sans partage mais une réforme sociétale - pour indiquer qu'il faut encore repousser l'âge de départ. À 63, voire 65 ans, de l'avis de Pierre Gattaz également, a même suggéré Laurence Parisot, sa présidente. 

Pas question, lui a répondu la CFDT, qui plaide pour une réforme systémique des retraites - le passage à un système par points ou comptes notionnels.
C'est tout juste si la centrale dirigée par Laurent Berger consent-elle à étudier une augmentation de la durée de cotisation - fixée à 41,5 annuités pour bénéficier d'une retraite à taux plein - pour prendre en compte l'impact de l'évolution démographique sur les comptes. Et encore, "avec précaution", précise Jean-Louis Malys. 

Quant à la CGT, elle entend privilégier les hausses de cotisation patronale et taxer les revenus du capital pour trouver les recettes nécessaires.

Les questions explosives s'accumulent
Elles seront sur la table de la consultation organisée par le gouvernement et dont les réponses devraient déboucher sur une nouvelle réforme des retraites en 2014. "Ce calendrier est déjà, en soi, une décision", a commenté lundi Michel Sapin, qui prétend être partisan de la concertation, mais qui se rappelle mieux que quiconque les positions prises par son parti en 2010 lors de la réforme Woerth. Il était alors en charge des questions… économiques.

Pour sa réforme des retraites, le gouvernement socialo-écolo va jouer sur l'allongement de la durée de cotisation plutôt que sur l'âge légal de départ, ont déclaré successivement le président François Hollande et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Qu'est-ce que cela va changer pour les Français?

Ce qui va changer pour les Français


Réforme Sarkozy en novembre 2010, décret Hollande de novembre 2012, nouvelle réforme en vue pour 2013: la situation des régimes de retraites est-elle si grave?
Comparée à certains de ses voisins, la France a longtemps tardé à prendre des mesures pour endiguer les déficits des régimes, comme ce fut le cas avec L. Jospin. Jusqu'à la crise de 2008, elle fut confiante en sa démographie dynamique et pleine d'espoir dans la croissance de son économie et n'a pas prévu une telle dégradation de la situation de l'emploi. 
Le système de répartition à la française fonctionne ainsi: les cotisations des actifs paient les pensions des retraités. Or, avec de moins en moins d'actifs, en raison du chômage qui explose, et de plus en plus de retraités, le système menace de s'effondrer.

Finalement, le gouvernement va-t-il encore repousser l'âge légal de départ à la retraite fixé au départ à 62 ans par la réforme Sarkozy ?
Certes le décret de 2012, promis par le candidat Hollande, permet de continuer à partir à 60 ans avec une retraite pleine pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans et qui ont suffisamment cotisé. Mais cela ne représente que quelques dizaines de milliers de personnes. Tous les autres resteront concernés par la réforme Sarkozy. Le départ à 62 ans s'appliquera pleinement en 2017 à ceux nés en 1955, et qui ont, bien sûr, toutes leurs annuités.

Avoir 62 ans ne suffit donc pas pour prétendre à la retraite à taux plein?
Il faut "avoir tous ses trimestres" comme on dit familièrement. C'est là qu'intervient le paramètre de la durée de cotisation, sur laquelle veut jouer le gouvernement.

Actuellement, quelle est la situation ?
Depuis dix ans et la réforme Fillon de 2003, la durée de cotisation est liée aux gains d'espérance de vie des Français. Pour chaque génération est fixée régulièrement la durée de cotisation. Pour ceux nés en 1955 et 1956, elle est de 41,5 ans, soit 166 trimestres. En gros chaque génération cotise cinq mois de plus que la précédente.

Quels sont les principaux cas de figure pour un salarié du privé ou de la Fonction publique ayant 60 ans en 2013 ?
S'il a travaillé avant 20 ans et cotisé 165 trimestres, il peut faire valoir ses droits. S'il a commencé à travailler à 24 ans, il devra attendre 2018, c'est-à-dire l'âge de 65 ans. S' il a commencé à 30 ans il devrait cotiser jusqu'à l'âge de 71 ans mais la loi Sarkozy lui permet d'avoir le taux plein à 67 ans (contre 65 ans auparavant).

On voit bien d'après cet exemple que la durée de cotisation n'est pas extensible à l'infini ?
Une étude récente du Conseil d'orientation des retraites (COR) a montré qu'en appliquant après 2020 les règles d'allongement actuelles, la durée de cotisation serait de 42 ans pour les natifs de 1962, de 44 ans pour ceux de 1989. Mais le déficit des régimes (20 milliards en 2020 si rien n'est fait) ne serait réduit que de quelques milliards en 2030.

Réforme Hollande
Par conséquent, outre le fait qu'il faudra cotiser plus longtemps et donc rester plus longtemps au travail d'autres mesures de court terme devront être prises ?
La Commission pour l'avenir des retraites doit formuler des propositions en juin, avant une concertation du gouvernement avec les syndicats après l'été.

Quand Ayrault dit "nous ne toucherons pas à l'âge légal", qu'est-ce que cela signifie ?
Qu'il prend la piste de la durée de cotisation, mais pour atteindre le même but: garder les Français plus longtemps en activité pour préserver notre système de retraite.

vendredi 8 juin 2012

Raphaëlle Duchemin débat avec Christian Jacob: législatives et premières mesures coûteuses de Ayrault-Zéro

Jean-Marc Ayrault, "entre  mépris et  peur", selon Christian Jacob

Christian Jacob dénonce le refus du  Premier ministre de s'exprimer devant le Parlement sur ses premières mesures.


J.-M. Ayrault,
sympathique, blond, regard métallique:

froideur hautaine



Jean-Marc Ayrault navigue "entre le mépris et la peur", a estimé le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale: "Un exécutif qui refuse de s'expliquer devant la représentation nationale, je pense que c'est du jamais vu", a-t-il souligné sur France Info.

Christian Jacob explique que Jean-Marc Ayrault se situe entre "le mépris de la représentation nationale, le mépris du Parlement et la peur de la vérité des chiffres" sur le financement des mesures annoncées ces derniers jours.

Christian Jacob s'inquiète du coût d'un retour partiel à la retraite à 60 ans qui, bien que le nombre des bénéficiaires soit à la marge,  sera très coûteux.


Le responsable UMP pointe également l'"augmentation du coût du travail puisqu'on augmente les cotisations patronales et une baisse du pouvoir d'achat", en raison de l'augmentation des cotisations salariales


Et de conclure que cette mesure gouvernementale, "c'est 7% d'augmentation de cotisations sociales patronales [...] et salariales".


VOIR et ENTENDRE Christian Jacob "débattre" avec Raphaëlle Duchemin, une journaliste sectaire et cassante, aigre et sifflante, aux limites de l'agressivité :




Christian Jacob a assuré d'autre part que les élections législatives sont "gagnables" pour son camp.
Il explique que "Nicolas Sarkozy a fait une formidable campagne" en partant de très loin pour terminer la course à l'Elysée très proche de François Hollande. Selon lui, il a manqué "un point et demi pour franchir l'obstacle". Et Christian Jacob de conclure : "Sur ces cinq semaines de campagne législative, je pense qu'on peut franchir cet obstacle".


Interrogé sur les
possibilités de triangulaires PS-UMP-FN au second tour, le responsable s'est déclaré assuré qu'il n'y en aura pas une centaine.

Il a clairement écarté tout accord de l'UMP "avec l'équipe de direction (du Front national). 
Ca n'a jamais été le cas et ça ne le sera pas demain".
"Nous n'avons jamais cherché la complicité avec l'équipe dirigeante du FN, comme l'a cherchée la gauche", a-t-il dénoncé.

"Ce qui est inacceptable, c'est de recevoir en permanence des leçons de morale de cette gauche qui s'allie sans vergogne avec l'extrême gauche", a-t-il conclu , non sans villipender Jean-Luc Mélenchon  (noter son doigté délicat, ci-contre) et Philippe Poutou qui tiennent des "propos dangereux"Quand on entend les propos d'un Monsieur Mélenchon qui dit 'Quand vous croisez un riche, vous lui faites les poches', ça veut dire quoi ? ", s'indigne Christian Jacob. Entre autres gracieusetés citoyennes, le "it Boy" de Michou Drücker et des media bien-pensants avaient aussi traité un journaliste-stagiaire de " petite cervelle " et qualifié David Pujadas de " laquais".

Le député UMP évoque ensuite les élections législatives gagnées par le PS mené par Lionel Jospin pour rappeler que "si la gauche a été majoritaire en 1997, c'est avec la complicité de l'extrême droite"

Il ajoute enfin que François Hollande a reçu au second tour de la présidentielle des voix venant d'électeurs qui avaient choisi Marine Le Pen au 1er tour.
Le candidat Hollande a d'ailleurs revendiqué une part du vote d'extrême droite 
"Il y a l'électorat de Le Pen, dont une part vient de la gauche et devrait se retrouver du côté du progrès, de l'égalité, du changement, de l'effort partagé, de la justice, parce qu'il est contre les privilèges, contre la mondialisation financière, contre une Europe défaillante." 
(Entretien avec "Libération", le 24 avril 2012)
"Nous avons la tête haute", a pu conclure Christian Jacob.