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lundi 29 février 2016

Nucléaire: affront de Royal aux nouveaux ministres écologistes

Présidente de la COP21, les jours pairs, et soutien du nucléaire, les jours impairs

La ministre de l'Environnement dissocie le climat et le nucléaire
 
En annonçant la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires pour 10 ans, Ségolène Royal est accusée de trahir l'esprit de la Loi de transition énergétique (LTE) qu'elle a elle-même portée en 2014.
La LTE vise à encourager une "croissance verte" en réduisant la facture énergétique de la France et en favorisant des énergies dites "nouvelles", propres et sûres. Elle comporte aussi des dispositions favorisant l'économie circulaire et une meilleure gestion des... déchets. Y compris nucléaires?
Ségolène Royal, la ministre de l'Écologie et de l'Énergie, s'est déclarée prête à donner son "feu vert" au prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires françaises pour dix ansLes réacteurs verraient ainsi leur durée d'exploitation passer de 40 à 50 ans. Invitée ce dimanche du 12/13 de France 3 ce dimanche, la ministre a précisé que cette décision s'inscrit "dans le contexte de la baisse de la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d'électricité pour monter en puissance sur le renouvelable", une disposition prévue par la loi de transition énergétique (LTE) adoptée en août 2015.

Une provocation pour les écologistes, mais qui pourrait favoriser des énergies nouvelles à Europe Ecologie-les Verts et recoller ses morceaux. 

L'argumentaire de baisse de la part du nucléaire de 75 à 50% en faveur de 10 années supplémentaires ne convainc pas  les écologistes

Les effets de cette erreur politique sera elle aussi durable sur des écologistes jusqu'ici  partagés depuis le dernier remaniement entre le soutien au gouvernement et une "opposition de gauche" à la ligne de l'exécutif. 

Madame Royal finit de dresser les derniers écologistes socialo-compatibles contre Hollande. 
"J'apprends que Royal Ségolène met à mort la Loi de Transition énergétique en prolongeant les centrales nucléaires de 10 ans. L'écologie, c'est fini", s'est écrié le patron en CDD d'Europe-Écologie les Verts (EELV), David Cormand, ci-contre, sur Twitter

Selon le petit Julien Bayou, ancien conseiller d'Eva Joly, candidate d'EELV en 2012, et porte-parole du parti, Ségolène Royal est "irresponsable". "Prolonger les centrales nucléaires et retarder le développement des énergies renouvelables, c'est faire courir des risques aux Français. Le réalisme économique, c'est tourner la page du nucléaire cher et dangereux pour engager le développer des énergies renouvelables", a-t-il estimé sur le réseau social.

Royal sème la zizanie parmi les schizophrènes politiques

"Cette annonce est évidemment un mauvais coup pour l'écologie, mais aussi pour la population française. C'est surtout une humiliation pour les écologistes entrés au gouvernement, et cette annonce remise leur promotion à un débauchage individuel lié à leurs carrières", assène pour sa part le député-maire de Bègles Noël Mamère. 

EDF téléguide Royal 
"C'était un secret de polichinelle, car le patron d'EDF Jean-Bernard Lévy l'avait laissé entendre il y a quelques jours. Cela montre comment les politiques énergétiques échappent au politique pour être dictées par le lobby pronucléaire [EDF, en l'occurrence]. Nous sommes face à de la schizophrénie politique", poursuit-il, en irradiant Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et Emmanuel Cosse qui se sont reniés pour un maroquin. "Les engagements du président de la République ne seront pas tenables. Il faudrait en réalité fermer 25 réacteurs. La sécurité des Français est en jeu," a clamé le démagogue.

Interrogé par BFM ce dimanche, le député François de Rugy - ex-EELV et désormais au mouvement écologiste de centre gauche 'Écologistes !' - ne s'est pas non plus montré satisfait par cette annonce: "Ce qui est sûr, c'est que ça ne va pas dans le sens de la LTE qui a été adoptée l'année dernière et qui vise à rééquilibrer la production d'électricité en France entre renouvelable et nucléaire à l'horizon 2025". 
Bien que proche des secrétaires d‘État Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili, Rugy est très critique sur Europe 1: "Royal dit que cette annonce doit être compatible avec la loi de transition énergétique. Alors, cela veut dire qu'il faudra en parallèle fermer encore plus de vieux réacteurs. Le mieux est donc de commencer dès maintenant à fermer les plus vieilles centrales comme Fessenheim, puis le Tricastin, Bugey, etc. Comme la consommation d'électricité stagne, voire régresse, pour faire baisser la part du nucléaire de 75 à 50%, il faut fermer un certain nombre de réacteurs plutôt que de les prolonger, ce qui par ailleurs coûte très cher. Sans doute que Ségolène Royal dit cela pour montrer à EDF que toutes les options sont sur la table. Mais économiquement et financièrement, il n'y aura pas de miracles", estime le coprésident du groupe écologiste de l'Assemblée.

"Proche de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse", le vice-président de l'Assemblée nationale Denis Baupin se montre moins critique sur Twitter, mais il est son mari (!) : "Le facteur le plus limitant pour la prolongation des réacteurs nucléaires, c'est qu'EDF n'en a pas les moyens"Pilier de la Bourse de Paris, le groupe détenu à 85% par l'Etat, a quitté l'indice CAC 40 le 21 décembre 2015. 
Il balaye les critiques visant la ministre de l'Écologie. "Les habituels protestataires protestent… Il ne faut pas s'en tenir au seul titre des dépêches de presse. Ségolène Royal n'a fait que préciser le cadre de la réduction de la part du nucléaire prévu dans la LTE. Pour accompagner une sortie progressive du nucléaire, il est nécessaire de prolonger la durée de vie de ceux qui existent, ce qui permet de ne pas en construire de nouveaux. Par ailleurs, la ministre a placé cette prolongation sous la supervision de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui doit déterminer le montant des investissements nécessaires. Confronté au manque de moyens, EDF ne devrait pas restaurer les centrales les plus anciennes", estime-t-il, avant de renvoyer ses collègues d'EELV "réviser leur dossier". 
Royal s'est trouvée un porte-parole inattendu parmi les écologistes radicaux. Les modérés vont-ils passer pour des extrémistes ?

vendredi 21 août 2015

Les alliances des Régionales poussent les écologistes roses à la fronde

Les écologistes roses, combien de divisions contre les Verts mélenchonnistes?

Des cadres du parti dénoncent l'alliance d'EELV "avec la gauche protestataire"
 Les échecs du PS ne font pas peur à J.-V. Placé, B. Pompili et F.de Rugy  
Les Placé, Pompili et de Rugy font un pas de plus vers la scission, criant au risque "de faire disparaître l'écologie du champ politique". Publiée ce mercredi par des cadres d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV), dont le sénateur Jean-Vincent Placé et le député Denis Baupin, une tribune dénonce les "négociations ou alliances" avec le Front de gauche pour les régionales, à la veille des journées d'été de leur parti"Une sorte de fièvre estivale a saisi une partie d’EELV: outre la région Rhône-Alpes-Auvergne qui l'avait décidé en juin, dans trois régions les têtes de listes annoncent ou négocient des alliances avec tout ou partie du Front de Gauche", écrivent les signataires dans cette tribune.

lundi 10 août 2015

Régionales: le PS cherche un autre drôle d'oiseau pour le perchoir, en remplacement de Bartolone

Bartolone remplacé au perchoir dès la rentrée parlementaire de septembre

Valls diffère: "Je ne veux qu'il y ait de mélange d'images au cœur de la campagne",
 
déclare le président de l'Assemblée..." (tronche en biais, ci-contre)
alors que le premier ministre a déjà assumé qu'il continuera à faire campagne.

Mais la posture est plus acrobatique, voire tordue, qu'il y paraît. Claude Bartolone, président (PS) fébrile de l'Assemblée nationale, sera remplacé au perchoir par un vice-président "dès la rentrée parlementaire de septembre" pour mener campagne comme tête de liste des socialistes pour les élections régionales en Ile-de-France. "C'est l'attitude que je prendrai pour ne pas être au perchoir au moment où il y aura la télévision, pour être clair."

Le possible  successeur pourrait être une femme
David Habib serait un possible joker mais le charisme de cet ex-adjoint au maire communiste de Mourenx reste à découvrir et ce serait une occasion manquée de pousser une femme. Laurence Dumont et Sandrine Mazetier pourraient donc faire de parfaites doublures, mais les féministes devraient logiquement grincer des dents. 
Alors faut-il envisager Denis Baupin (député EELV parisien, ci-contre) qui consacrerait le retour en grâce des écologistes radicaux, mais, outre qu'il présente franchement mal, leur patronne, Emmanuelle Cosse, a décidé de se présenter face à... Bartolone et se trouve être sa concubine ! Quand ça ne veut pas, ça ne va vraiment pas. 
Restent Marc Le Fur ou Catherine Vautrin et, en termes d'ouverture, ce serait une audace inouïe  de Pépère: au bureau, sur les huit,  ils sont les deux seuls  Les Républicains !
Nous ne sommes pas à l'abri d'une crise de Mme Royal, prétendante refoulée au trône  perchoir en 2012, quand le cumulard masqué l'avait coiffée sur le poteau.

Bartolone n'est guère confiant en ses chances de réussite

Le socialiste se garde une solution de repli ! 
L'hôtel de Lassay, résidence du président de l'Assemblée,
fut celle de Madame de Montespan, 
maîtresse du roi Louis XIV 
"Je ne veux pas qu'il puisse y avoir un mélange d'images au moment où nous serons dans le coeur de la campagne", a déclaré sur Europe 1 l'altier Claude Bartolone, selon le cliché  en contre-plongée à sa gloire. 

Voyons de plus près combien est "éthique" la "conception" de l'individu
Le président de l'Assemblée a eu vite fait en effet de nuancer ses beaux sentiments, mais la ficelle est grosse: "mais je continuerai mon travail et toutes mes autres tâches de président de l'Assemblée. La loi ne le demande pas, mais c'est une conception éthique qui est la mienne, assure le 4e personnage de l'Etat socialiste.
Hôtel de Lassay: salon des Saisons

Bartolone estime d'ailleurs avoir répondu dans le détail aux "préoccupations justement mises en avant par le président du groupe UMP Christian Jacob" sur la non-utilisation des moyens de l'Etat à des fins de campagne électorale.

Une allusion aux déplacements du frénétique Valls à travers la France depuis plusieurs mois ? Claude aurait en effet préféré pantoufler encore 20 mois sous les ors du Palais Bourbon. Il aurait pu être le perdant du jeu de chaises musicales voulu par Valls pour remplacer Huchon qui a mis la région en grande précarité politique, mais c'était sans compter avec le pouvoir de nuisance de Bartolone. 
Bonjour l'ambiance ! 

mercredi 27 mai 2015

SNCF: l'Etat-PS veut ré-enclaver les ruraux

Décentralisation ou comment se décharger sur les régions en frappant les Français de plus bel au portefeuille

Suppression 
de certaines lignes ou tronçons et de quatre trains de nuit Intercités
Ces lignes touristiques
dont Paris veut l'extinction
Commandé par le ministère des Transports, ce rapport d'un élu PS va sans le sens  de la gestion comptable souhaitée par le gouvernement Valls  
Ces recommandations cherchent à atténuer le déficit annuel d'exploitation des Intercités qui atteindrait entre 300 et 400 millions d'euros, selon les estimations, soit 30 à 40% du chiffre d'affaires total, a publié  Le Parisien/Aujourd'hui-en-France.

Si les préconisations du rapport étaient appliquées, seuls seraient conservés les trains de nuit entre entre Paris et Briançon, Rodez, Toulouse et Latour-de-Carol, le rapport estimant que les autres sont coûteuses et peuvent être remplacées par des liaisons existantes, plus rapides par train ou avion, ou de nuit par... autocar. En journée, la commission préconise de supprimer les Intercités sur cinq tronçons de lignes, sur lesquelles il existe également des dessertes TGV ou TER : Toulouse-Cerbère, Quimper-Nantes, Bordeaux-Toulouse, Marseille-Nice et Saint-Quentin-Cambrai. 

Les 320 trains qui circulent sur les 35 lignes Intercités (35 lignes : 23 de jour et 12 de nuit) transportent quotidiennement quelque 100.000 voyageurs
ce qui correspond à un taux de remplissage moyen estimé à 35%, contre 70% pour le TGV par exemple L'autocar peut prendre le relais du train pour effectuer certaines liaisons rapides entre grandes villes et le gouvernement mobilise ses relais médiatiques pour assurer que "le bon vieux 'corail' a du plomb dans les catenaires", du fait de doublons avec le TER, de la concurrence du bus ou du co-voiturage.
Un aller-retour en InterCités, Quimper-Nantes par exemple, c'est 77€20 plein tarif, 38€ euros pour les jeunes de moins de 26 ans. Il y en 2 par jour : 6h20 et 10h11 au départ de Quimper et retour de Nantes à 15h20 et 19h05. En voiture, le trajet se fait en 2h46 pour 234 km et 29.64€ de carburant. En co-voiturage, il peut revenir à moins de 15€ par passager. Mais les personnes plus âgées? Si on prend toutes les tranches d'âge en compte, les trains Intercités ont leur utilité et leurs adeptes. Les services à la personne, c'est aussi ça. 



Vers un démembrement du réseau Intercités ?


Quand les élus régionaux socialistes sacrifient leurs électeurs à la logique comptable du pouvoir. Le rapporteur Philippe Duron ne tourne pas rond. Le Quimper-Nantes figure parmi les lignes pointées du doigt par le rapport de Philippe Duron, député PS et ex-professeur d'histoire-gographie...
Il est ex-président PS du Conseil régional de Basse-Normandie (2004-2008).
Mieux, il est toujours député du Calvados, en Bretagne, région péninsulaire qui se plaint de façon récurrente de son éloignement des centres décisionnaires parisiens. Mais ils élisent des parlementaires qui les desservent mieux qu'un train SNCF.

Le gouvernement commande mais n'assume pas
Dans un communiqué publié ce mardi, le secrétaire d'Etat foireux aux Transports, Alain Vidalies, se défausse, déclarant que "ce rapport, qui n'engage en l'état pas le gouvernement, va désormais être présenté aux commissions compétentes du Parlement": le désengagement moral et politique du gouvernement socialiste.

L'annonce inquiète certes les usagers mais aussi les écologistes. Il semble même que ce soit cette seule opposition d'EELV qui embarrasse le pouvoir. 
Les Verts estiment qu'une fermeture de ligne serait "un très mauvais signal, au moment où on va faire la Conférence climatique en France, où l'on dit qu'il faut passer des déplacements automobiles vers les transports collectifs", déplore ainsi le député écologiste Denis Baupin, interrogé sur France Info ce matin.

C
ollectif de défense du service public du rail, Convergence Nationale Rail appelle à des manifestations  depuis deux ans pour défendre le réseau des trains Intercités. Après avoir appelé au "sursaut" des élus pour défendre ces liaisons SNCF, le collectif organise des rassemblements sur les lignes menacées de disparition, notamment l'Intercités Aubrac qui relie Clermont-Ferrand à Béziers. Ce matin, France Info interrogeait le vice-président  de ce collectif, sans le nommer:

Didier Le Reste a été patron de la fédération CGT des cheminots jusqu'en 2010, lorsqu'il a pris sa retraite à 55 ans. Pour ce cheminot, "le bus, c’est le début de la fin".


Les trains corails ne seraient "pas assez rentables et surtout vieillots". 
Train Inter-cités 'Le Cévenol'
entre Clermont-Ferrand et Nîmes
A moins qu'ils soient jugés vieillots parce que peu rentables... Quel valeur ce critère de désuétude a-t-il en fait en termes de services publics et de traitement égalitaire des zones les moins peuplées -et en voie d'extinction économique- et d'engagement de l'Etat envers toutes les couches de la population -qui ne se déplacent pas toutes en voiture individuelle? Que signifient en régions les notions d'empreinte carbone laissée par les autobus dont Macron préconise la multiplication ou de développement durable brandies par les acteurs politiques?

L'ex-opposition ne dénonçait-elle pas la désertification des campagnes? En se désengageant, l'Etat laisse aux communes la lutte contre le désert administratif et le sauvetage des services à la population. L'Etat décentralisateur s'éloigne résolument de la France profonde. Hollande a-t-il besoin d'ajouter à son bilan cette nouvelle fracture territoriale ? 

mardi 4 novembre 2014

EELV à l'Assemblée nationale: Duflot instrumentalise la mort d'un activiste

Demande des Verts d'une minute de silence, en se défendent de tous pathos et récupération... 

Cécile Duflot a demandé qu'une minute de sa question soit consacrée
 à une minute de silence en hommage à Rémi Fraisse 
Demande EELV de minute de silence: 
de Rugy incertain, Mamère théatral, 
Baupin compagnon mou d'E. Cosse,
Pompili droite, etc... Assemblée Nationale 
Le coup de force contre le réglement de l'Assemblée nationale a été tenté par les Verts,  à l'occasion du drame de Sivens, lors de la séance de questions au gouvernement de ce 4 novembre. 
Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, y a fait obstacle, faisant valoir que la minute de silence n'est autorisée qu'en cas de "décès parmi les forces armées et les otages": "je vous demande donc de poursuivre votre question."

VOIR et ENTENDRE 
un extrait de la manifestation du groupe Europe Ecologie-les Verts: Cécile Duflot, voix chevrotante, joue l'émotion avant de mettre en cause Ségolène Royal:

Cécile Duflot a bafoué le règlement pendant une poignée de secondes malgré les demandes répétées du président de l'Assemblée de poursuivre sa question.

Le député Rassemblement bleu marine, Gilbert Collard, a exprimé sa désapprobation face à cette demande en secouant vivement la tête. 

Cécile Duflot a, sans surprise, obtenu le soutien sur Twitter de députés EELV godillots, Danielle Auroi ou Sergio Coronado. Seuls les écologistes se sont d'ailleurs levés pour tenter une minute de silence :


Coronado ajoute un jugement





samedi 23 août 2014

EELV: recomposition du paysage Verts à l'université d'été

Chaos coutumier aggravé

A Bordeaux, Emmanuelle, les médiatiques brillent par leur absence
La page s'est-elle tournée pour les sexagénaires ?

Les écologistes sont les premiers à organiser leur université d'été qui a débuté ce jeudi à Bordeaux avec l'absence de grands vivants: Daniel Cohn-Bendit qui ne reconnaît pas ses petits, Noël Mamère qui s'aigrit et José Bové qui perd la foi politique. Pas de membres écologistes du gouvernement non plus, puisqu'ils en ont claqué la porte. L'an dernier Christiane Taubira (Justice) et Philippe Martin (Ecologie) avaient encore fait le déplacement à Marseille. Mais "il y aura d'anciens ministres", sourit un responsable du mouvement, en référence notamment à Cécile Duflot. De ce départ, il sera évidemment question jusqu'à samedi avec la sortie annoncée pour lundi 25 août du livre de la députée de Paris dans lequel elle raconte son expérience au ministère du Logement.

Les héritiers écartent l'intérimaire Emmanuelle Cosse 

Elle aurait dû être au premier plan mais n'a pas pu s'imposer. Pour ses premières journées d'été à la tête d'Europe Ecologie-Les Verts, qui se terminent samedi à Pessac (Gironde), Emmanuelle Cosse s'est faite zapper à la faveur du livre polémique de l'ex-patronne des Verts, Cécile Duflot, et par les rivalités internes de son parti.
E. Cosse a entamé son Voyage au pays des désillusions.  "Ce que raconte Duflot, c'est l'explication de ce qui cloche actuellement dans cette gauche, juge Mme Cosse. C'était important qu'elle le dise, mais on ne doit pas être simplement là pour discuter de personnes ou de stratégies."

"Tenir les deux bouts" 
Il aura été beaucoup question de personnes et de stratégies pendant ces trois jours sur le campus de Bordeaux-Montaigne. Mais après avoir fait fonction de secrétaire nationale d'EELV pendant un an, l'ex d'Act Up se retrouve repoussée dans l'ombre par la décision des deux ex-ministres, Cécile Duflot et Pascal Canfin, de quitter le gouvernement début avril, faisant ainsi voler en éclats sa majorité issue du congrès de Caen. "Depuis, elle passe son temps à signer des accords de non-agression", ricane le député des Français de l'étranger, Sergio Coronado.

Des recompositions sont en cours au sein du parti autour de deux lignes portées par l'ex-patronne des Verts et son ancien complice à la tête du parti, Jean-Vincent Placé. Très critique, la première cherche à construire une alternative à la politique menée par François Hollande, un oeil tourné vers les "frondeurs" du PS et l'autre posé sur une Eva Joly encline à un rapprochement avec Mélenchon, nouveau célibataire politique. Le second défend une majorité rassemblée autour du chef de l'Etat qui pourrait aller jusqu'au centre, avec l'UDI. E. Cosse, elle, se retrouve prise entre deux feux. "Je ne choisirai pas entre les deux, assure-t-elle. Ma responsabilité est de faire en sorte que les écolos obtiennent des résultats et soient en capacité de gouverner." A condition de garder sa place et d'acquérir de l'influence.

"La porte de sortie, c'est elle"
Le parti s'est figé et incapable d'un débat public sur les questions qui auront pourtant beaucoup animé le "off" des journées d'été. Si dans le parti, nombreux sont ceux portés à l'indulgence, jugeant qu'elle "fait de son mieux" et réussit "à tenir les deux bouts", la situation est devenue intenable pour celle que l'on disait placée là par Duflot.

Or, pour lui simplifier les choses, son compagnon, le député de Paris Denis Baupin, a décidé de se placer en première ligne au côté de Jean-Vincent. "Elle est plutôt d'accord avec ces derniers, mais elle ne peut pas l'assumer publiquement, car ça voudrait dire mener une confrontation avec Duflot et avoir un discours de vérité avec la base du mouvement", commente Coronado

A l'instar du député du Gard Christophe Cavard, certains estiment que la quadragénaire doit absolument réussir à devenir "la troisième personnalité", seule solution pour sortir d'un duel stérilisant pour le parti. "La porte de sortie, c'est elle", s'aventure Cavard. Cela sera d'autant plus nécessaire à Mme Cosse, vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, a bien l'intention de rempiler en 2015 et pas à n'importe quelle place.

Des dents longues à rayer le plancher
"Il est très possible que je me représente et la tête de liste en Ile-de-France m'intéresserait", a confié E. Cosse vendredi soir, se préparant une solution de repli. "Je la soutiens et Cécile aussi a priori", assure Placé
Interrogée par Le Monde sur ses ambitions pour cette élection, l'ancienne ministre pestiférée est restée beaucoup plus floue. "Je ne suis candidate à rien, mais je veux prendre toute ma place dans le débat politique : ça peut passer ou non par des candidatures", a-t-elle répondu, endormant les adversaires.

Si sa stratégie d'incarnation d'une alternative verte à François Hollande venait à échouer, la députée de Paris pourrait être tentée de se lancer dans la course aux régionales à l'heure où la réforme territoriale vise à donner aux futures régions plus de pouvoir. D'autant que le calendrier des élections, qui doit être repoussé à décembre 2015, lui est favorable. En attendant, comme elle l'avait fait pour les municipales à Paris, avec la complicité de la Ch'tite Martine Aubry, Duflot a choisi de ne se fermer aucune porte. Au risque de piétiner son ex-protégée.



jeudi 7 août 2014

Pacte de responsabilité: Hollande prend un coup de règle du Conseil constitutionnel sur les doigts

Les amateurs de l'exécutif devront revoir leur copie, une fois de plus 

Valls avait précisé le "pacte de solidarité" promis par François Hollande
 

qui devait "redonner confiance aux Français" et stimuler la croissance. Argumentaire dans le désordre... 

L'objectif visé en avril dernier était en effet de redonner du pouvoir d’achat aux ménages modestes en diminuant la pression fiscale sur les salaires, grâce à une enveloppe de cinq milliards d’euros, dont Manuel Valls n’avait toutefois pas précisé la ventilation. Or, si faible que s'annonce pourtant la croissance aujourd'hui, l'allègement des cotisations salariales, promis par le gouvernement pour faire augmenter les salaires modestes et relancer la consommation, vient d'être retoqué ce mercredi 6 août par le Conseil constitutionnel
Les Sages avaient en revanche validé l'allègement des cotisations patronales, provoquant la colère de certains élus, notamment à gauche. Les salariés n'avaient pas encore eu gain de cause, à la différence des patrons avec le pacte de responsabilité. Pourquoi les Sages ont-ils retoqué l'allègement des cotisations salariales… mais pas celui des cotisations patronales ? 

L'injustice apparente se situe-t-elle là où la gauche du PS la dénonce ? 

L'allègement des cotisations était censé faire mécaniquement augmenter les salaires modestes. L'article 1er du projet de loi prévoyait une baisse dégressive des cotisations des salariés touchant entre un SMIC et 1,3 SMIC. Le revenu net du smicard devait ainsi bondir de 520 euros par ...an. Sur le papier, la mesure, qui devait s'appliquer au 1er janvier 2015, aurait concerné 5,2 millions de salariés et 2,2 millions de fonctionnaires, pour un coût de 2,5 milliards d'euros supporté par les contribuables. 

Le ministre Christian Eckert dit trouver cette invalidation "un peu surprenante". C'est une décision "qui laisse perplexe", a renchérit le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux. Dans le même temps, les Sages, juges en droit, ont en effet validé toutes les exonérations patronales, lesquelles, soulignons-le, contribuent elles aussi à la relance de la croissance. Le Conseil a ainsi validé les allègements de cotisations patronales sur les salaires inférieurs à 1,6 SMIC, les exonérations de charges pour les indépendants, ainsi que la suppression de la contribution sociale de solidarité des sociétés et contribution additionnelle (C3S), pour les petites entreprises.

Selon  le député Christian Paul, meneur des "frondeurs" de la gauche du PS, "l'allègement des cotisations salariales était la seule partie de ce texte qui avait un effet positif sur le pouvoir d'achat des salariés". D'autres réactions de même sensibilité se sont multipliées sur Twitter : "la Constitution de la Vème permettrait donc d'alléger les cotisations patronales et pas les cotisations salariales ??? Vivement la VIème !" a ainsi ironisé écologiste radical Denis Baupin, député EELV.

Les Sages ont des raisons de droit que l'idéologie ignore

Contrôleurs de la constitutionnalité de textes législatifs, ils ont jugé que l'allègement des cotisations salariales est "contraire à la Constitution", notamment parce qu'il "méconnaît le principe d'égalité".
Dans sa décision, le Conseil constitutionnel souligne ainsi que la mesure institue "une différence de traitement, qui ne repose pas sur une différence de situation entre les assurés d'un même régime de sécurité sociale". En clair, cet allègement aurait fait bénéficier tous les salariés des même droits, ceux de l'assurance maladie, par exemple, mais tous ces salariés n'auraient pas cotisé équitablement pour y avoir accès.

"Près d’un tiers" des salariés bénéficiaires n'auraient plus rien cotisé, dénoncent les Sages. En clair toujours, exécutif et parlementaires de la "gauche sociale" se préparaient à sanctionné certains Français au profit d'autres.

À l'inverse, les cotisations patronales ne bénéficient pas directement aux patrons. La C3S, par exemple, sert à financer le Fonds vieillesse. Ce n'est donc pas contraire au "principes d'égalité" si tous les patrons ne cotisent pas de la même manière.

Jean-Claude Mailly rappelle ses basiques à la gauche

"Il aurait été beaucoup plus simple d'augmenter le Smic plutôt que ce tour de passe-passe", estime le patron de FO. 

Chassé par la porte, le gouvernement compte passer par la fenêtre. 
Alors qu'en démagogue il se dit "déterminé à améliorer le pouvoir d'achat des Français, en vérité, le pouvoir socialiste est pressé par le risque confirmé de déflation et l'obligation d'une reprise de la croissance. Il proposera à l'automne des mesures alternatives encore non précisées, mais pourtant "de même ampleur", a assuré Michel Sapin, le très lunaire ministre des Finances.