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lundi 29 février 2016

Nucléaire: affront de Royal aux nouveaux ministres écologistes

Présidente de la COP21, les jours pairs, et soutien du nucléaire, les jours impairs

La ministre de l'Environnement dissocie le climat et le nucléaire
 
En annonçant la prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires pour 10 ans, Ségolène Royal est accusée de trahir l'esprit de la Loi de transition énergétique (LTE) qu'elle a elle-même portée en 2014.
La LTE vise à encourager une "croissance verte" en réduisant la facture énergétique de la France et en favorisant des énergies dites "nouvelles", propres et sûres. Elle comporte aussi des dispositions favorisant l'économie circulaire et une meilleure gestion des... déchets. Y compris nucléaires?
Ségolène Royal, la ministre de l'Écologie et de l'Énergie, s'est déclarée prête à donner son "feu vert" au prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires françaises pour dix ans. Les réacteurs verraient ainsi leur durée d'exploitation passer de 40 à 50 ans. Invitée ce dimanche du 12/13 de France 3 ce dimanche, la ministre a précisé que cette décision s'inscrit "dans le contexte de la baisse de la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d'électricité pour monter en puissance sur le renouvelable", une disposition prévue par la loi de transition énergétique (LTE) adoptée en août 2015.

Une provocation pour les écologistes, mais qui pourrait favoriser des énergies nouvelles à Europe Ecologie-les Verts et recoller ses morceaux. 

L'argumentaire de baisse de la part du nucléaire de 75 à 50% en faveur de 10 années supplémentaires ne convainc pas  les écologistes

Les effets de cette erreur politique sera elle aussi durable sur des écologistes jusqu'ici  partagés depuis le dernier remaniement entre le soutien au gouvernement et une "opposition de gauche" à la ligne de l'exécutif. 

Madame Royal finit de dresser les derniers écologistes socialo-compatibles contre Hollande. 
"J'apprends que Royal Ségolène met à mort la Loi de Transition énergétique en prolongeant les centrales nucléaires de 10 ans. L'écologie, c'est fini", s'est écrié le patron en CDD d'Europe-Écologie les Verts (EELV), David Cormand, ci-contre, sur Twitter. 

Selon le petit Julien Bayou, ancien conseiller d'Eva Joly, candidate d'EELV en 2012, et porte-parole du parti, Ségolène Royal est "irresponsable". "Prolonger les centrales nucléaires et retarder le développement des énergies renouvelables, c'est faire courir des risques aux Français. Le réalisme économique, c'est tourner la page du nucléaire cher et dangereux pour engager le développer des énergies renouvelables", a-t-il estimé sur le réseau social.

Royal sème la zizanie parmi les schizophrènes politiques

"Cette annonce est évidemment un mauvais coup pour l'écologie, mais aussi pour la population française. C'est surtout une humiliation pour les écologistes entrés au gouvernement, et cette annonce remise leur promotion à un débauchage individuel lié à leurs carrières", assène pour sa part le député-maire de Bègles Noël Mamère. 

EDF téléguide Royal 
"C'était un secret de polichinelle, car le patron d'EDF Jean-Bernard Lévy l'avait laissé entendre il y a quelques jours. Cela montre comment les politiques énergétiques échappent au politique pour être dictées par le lobby pronucléaire [EDF, en l'occurrence]. Nous sommes face à de la schizophrénie politique", poursuit-il, en irradiant Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et Emmanuel Cosse qui se sont reniés pour un maroquin. "Les engagements du président de la République ne seront pas tenables. Il faudrait en réalité fermer 25 réacteurs. La sécurité des Français est en jeu," a clamé le démagogue.

Interrogé par BFM ce dimanche, le député François de Rugy - ex-EELV et désormais au mouvement écologiste de centre gauche 'Écologistes !' - ne s'est pas non plus montré satisfait par cette annonce: "Ce qui est sûr, c'est que ça ne va pas dans le sens de la LTE qui a été adoptée l'année dernière et qui vise à rééquilibrer la production d'électricité en France entre renouvelable et nucléaire à l'horizon 2025". 
Bien que proche des secrétaires d‘État Jean-Vincent Placé et Barbara Pompili, Rugy est très critique sur Europe 1: "Royal dit que cette annonce doit être compatible avec la loi de transition énergétique. Alors, cela veut dire qu'il faudra en parallèle fermer encore plus de vieux réacteurs. Le mieux est donc de commencer dès maintenant à fermer les plus vieilles centrales comme Fessenheim, puis le Tricastin, Bugey, etc. Comme la consommation d'électricité stagne, voire régresse, pour faire baisser la part du nucléaire de 75 à 50%, il faut fermer un certain nombre de réacteurs plutôt que de les prolonger, ce qui par ailleurs coûte très cher. Sans doute que Ségolène Royal dit cela pour montrer à EDF que toutes les options sont sur la table. Mais économiquement et financièrement, il n'y aura pas de miracles", estime le coprésident du groupe écologiste de l'Assemblée.

"Proche de la ministre du Logement Emmanuelle Cosse", le vice-président de l'Assemblée nationale Denis Baupin se montre moins critique sur Twitter, mais il est son mari (!) : "Le facteur le plus limitant pour la prolongation des réacteurs nucléaires, c'est qu'EDF n'en a pas les moyens". Pilier de la Bourse de Paris, le groupe détenu à 85% par l'Etat, a quitté l'indice CAC 40 le 21 décembre 2015. 
Il balaye les critiques visant la ministre de l'Écologie. "Les habituels protestataires protestent… Il ne faut pas s'en tenir au seul titre des dépêches de presse. Ségolène Royal n'a fait que préciser le cadre de la réduction de la part du nucléaire prévu dans la LTE. Pour accompagner une sortie progressive du nucléaire, il est nécessaire de prolonger la durée de vie de ceux qui existent, ce qui permet de ne pas en construire de nouveaux. Par ailleurs, la ministre a placé cette prolongation sous la supervision de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui doit déterminer le montant des investissements nécessaires. Confronté au manque de moyens, EDF ne devrait pas restaurer les centrales les plus anciennes", estime-t-il, avant de renvoyer ses collègues d'EELV "réviser leur dossier". 
Royal s'est trouvée un porte-parole inattendu parmi les écologistes radicaux. Les modérés vont-ils passer pour des extrémistes ?

samedi 1 novembre 2014

Nouvelle provocation: survol de 5 autres centrales nucléaires par des drones

Motus du ministère de l'Intérieur et de la gendarmerie nationale...

Valls est au bord de la crise de nerfs
Espionnage industriel ou
activisme des anti-nucléaires ?

Greenpeace, bien informée, nie toute implication, mais annonçait de nouveaux survols  sur plusieurs sites stratégiques français


D
es drones ont survolé l'espace interdit de cinq nouvelles centrales nucléaires vendredi soir, entre 19 heures et minuit.
EDF n'a pas souhaité confirmer l'information que les centrales de Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche), Saint-Laurent-des-eaux (Loir-et-Cher), Dampierre-en-Burly (Loiret) et Fessenheim (Haut-Rhin) ont chacune vu leur espace aérien violé dans la soirée. EDF avait pourtant annoncé dans la semaine sa détermination à porter plainte pour chacun de ces survols.

Jeudi soir déjà, Penly ainsi que celle de
 Golfech en Tarn-et-Garonne, proche de Sivens (100 km) où un activiste altermondialiste est mort, avaient été survolées vers 21 heures par des drones qui n'avaient pas été neutralisés "car ils ne représentaient pas de menace directe" pour la sécurité des installations, avait assuré un porte-parole de la gendarmerie.

La première a été la centrale de
Creys-Malville (Isère) en cours de déconstruction, le 5 octobre. Les six autres sites ont été survolés dans la semaine du 13 au 20 octobre, certains à plusieurs reprises : Blayais (Gironde) le 13, Nogent-sur-Seine (Aube) le 13 et le 19, Cattenom (Moselle) le 14, Chooz (Ardennes) et Gravelines (Nord) le 19, Le Bugey (Ain) le 19 et le 20. Areva avait alors assuré, sans plus de précision, qu' "il n'y a[vait] pas eu de survol significatif des installations", et qu' "il n'y a[vait] pas eu de menace sur [leur] sûreté".

Et de douze !

Sept centrales nucléaires françaises avaient déjà été survolées par des drones au cours du mois d'octobre, des incidents "sans conséquences" selon EDF, mais qui ont soulevé à nouveau la question de la sécurité des sites liés à l'atome.
Le ministère de l'Intérieur s'est félicité jeudi que ces survols aient été "tous détectés" et a assuré que tous ne ne représentaient "aucun danger pour la sécurité des installations survolées, qui sont censées résister à des secousses sismiques de forte magnitude ou à des crashs d'avions de ligne".

Greenpeace souligne que cela témoigne "d'une opération de grande envergure". Le colonel Jean-Pascal Breton, porte-parole de l'armée de l'Air, a au contraire relativisé la menace, argumentant sur la toute petite taille des engins et que les autorités ne disposaient que de témoignages :
"Les drones qui ont été évoqués par les témoignages sont des mini-drones de toute petite taille en vente dans le commerce."
Le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve a rappelé que des "dispositifs de neutralisation des drones" existent [mais qu'ils sont en révision ?] et qu'une " enquête judiciaire [était] en cours"... Le petit homme ne s'est d'ailleurs pas attardé sur ces modalités de neutralisation.

Le survol des centrales nucléaires est interdit dans un périmètre de cinq kilomètres et de 1.000 mètres d'altitude autour des sites
. Il est passible d'une peine d'un an d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.
900.000 euros, une rentrée d'argent inespérée par les temps qui courent.
Mais encore faudrait-il que le pt'it Cazeneuve coure vite et attrape ceux qui le narguent...

jeudi 30 octobre 2014

De mystérieux drones survolent nos centrales nucléaires: le pouvoir est en alerte

Provocation médiatique ou avertissement menaçant sur notre nucléaire ?

Qui alarme le pouvoir en les dirigeant sur des sites sensibles ?

Le pouvoir se perd en hypothèses
Amazon et DHL livrent par drones
Menace terroriste, espionnage ou simple provocation de la part de passionnés d’objets connectés ? Nul ne sait encore qui se cache aux commandes des drones qui ont survolé sept centrales nucléaires françaises dans le courant du mois d’octobre. Ces petits aéronefs aux allures de gadget inquiètent qu'autant plus qu'aucun système de surveillance ne semble les avoir détectés à temps et filmés...
"Les drones permettent d’embarquer une intelligence électronique personnalisable", raconte, comme chacun sait, Elodie Bongrain, directrice de projet et spécialiste des objets connectées chez Fabernovel. Dotés de capteurs, ils peuvent apporter de précieuses informations indétectables à l’œil nu, sur la qualité de l’air, par exemple. 
S’ils sont équipés de caméras, ils capturent des images, qui peuvent être destinés aux media (Mediapart !) comme à l’espionnage (Poutine). Ils peuvent aussi aller détruire un essaim de guêpes, mais alors pourquoi ne pourraient-ils pas "tout à fait transporter des charges explosives" et les larguer ?" 
"Un drone n'est pas un danger en soi :
tout dépend de l’intention de celui qui le dirige", confirme Elodie Bongrain.
La présence de mystérieux pilotes aux commandes des drones qui ont survolé les centrales françaises inquiètent mais les responsables n'en sont qu'à émettre  des hypothèses.

Un contrôle de sûreté ?
"Un drone peut être utilisé dans un but sécuritaire, pour mettre en évidence des failles indétectables à l’œil nu",
explique la spécialiste en objets connectés.
EDF utilise régulièrement des drones, via sa filiale ERDF, à la surveillance de réseaux électriques dans des zones difficiles d’accès.
"Mais pas pour surveiller nos centrales nucléaires",
précise EDF à "L’Obs".
L’éventualité la plus rassurante tombe? D'autant que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) affirme, quant à elle, ne pas disposer de drones. Jusqu'à preuve du contraire, tout survol d’une centrale faisait d’ailleurs l’objet d’une procédure connue par l’ASN. "Si elle avait pris l'initiative d'envoyer des drones, nous en aurions été informés", ajoute un représentant d’EDF. L’hypothèse de l'usage de drones dans le cadre d'un contrôle de sûreté est donc à exclure.

Un acte militant ?

Depuis 2007, des membres de l'ONG altermondialiste Greenpeace sont plusieurs fois intervenus dans des centrales nucléaires, franchissant les périmètres de sécurité et grimpant aux installations. Les dernières en dates sont les intrusions menées en mars dernier à Gravelines et à Fessenheim. 

Les activistes de Greenpeace  ont d'ailleurs déjà utilisé des drones lors de leurs revendications
, comme en mai 2012, quand le petit objet volant suivait l'un des militants survolant la centrale du Bugey à l'aide d'un parapente à moteur. L'ONG, supra-nationale, voulait prouver au gouvernement l'accessibilité déconcertante de ces sites nucléaires.

Cette fois, pourtant, "il n’en est rien", assure Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire chez Greenpeace.
"Dès qu’on a su que des drones avaient survolé des centrales,
la première chose qu’on a faite a été de lancer une enquête,
pour que la thèse militante soit immédiatement écartée."
Il précise en outre que Greenpeace "revendique systématiquement ses actions", ce qui n'est pas le cas des personnes qui ont dirigé ces drones. Si on les croit, le mystère s'épaissit donc

Une menace terroriste ?

"L'hypothèse terroriste est notre principale préoccupation", avoue l’ASN, contactée par "L'Obs".
"Si des personnes mal intentionnées embarquaient une charge explosive sur un drone, cela serait une véritable catastrophe."
Or, "survoler une centrale n'apporte aucune information intéressante", affirme l'Autorité de sûreté nucléaire pour exclure la piste de l'espionnage et mettre la Corée du Nord (et Jean-Vincent Placé ou Fleur Pellerin) ou l'Iran (et Pouria Amirshahi) hors de cause.  

Par ailleurs, Elodie Bongrain précise : "Embarquer une bombe sur un drone est tout à fait réalisable."
"Mais cela, on pouvait facilement le faire avant la création des drones, avec un simple appareil télécommandé."

Des passionnés inconscients ? 

Pour Yannick Rousselet, cette hypothèse n'est pas à exclure. Mais, rappelle-t-il, "le 19 octobre, des drones de tailles différentes ont été repérés sur quatre sites différents, nécessitant au moins l’intervention de deux ou trois équipes."
"Nous avons donc affaire à une organisation très coordonnée", souligne-t-il.
C'est comme si on disait due les "clowns dangereux" qui terrorisent ici et là, partout sur le territoire, sont organisés.

Certains drones faisaient plus de 2 mètres d’envergure, apprend-on. 
"En cas d’accident, en percutant une piscine de refroidissement par exemple, cela pourrait avoir des conséquences désastreuses",
ajoute-t-il, faisant monter la tension d'un cran..
L'ASN tempère toutefois ces propos. "Les centrales sont dimensionnées pour résister à des dommages environnementaux extérieurs", explique l'Autorité.
"Même à la chute d’un avion. Ce n'est donc pas un drone qui va provoquer le moindre risque d’accident nucléaire," assure-t-il.
Les identités des pilotes de ces drones restent à ce jour inconnues. Alors, pour l'heure, les regards se tournent vers EDF : le groupe est-il en mesure de faire face à une agression aérienne potentielle sur ses centrales ? 

"Nous réclamons plus de transparence de la part d'EDF", scande Yannick Rousselet.
"Or aujourd’hui, la situation est exactement inverse : l'information est perméable", déplore-t-il.

"Là où il y a un flou, il y a un loup", a prévenu notre experte de la théorie du complot. 
A Fessenheim, les soupçons portent sur les cigognes.

dimanche 19 octobre 2014

Fessenheim: Cosse et Royal entrent en guerre sur la centrale nucléaire

Nouvelle passe d'armes Cosse-Royal 

La secrétaire nationale d'EELV dit avoir reçu de Hollande des promesses de fermeture avant 2017. La ministre, elle, ne veut jurer de rien.
Hollande aurait réaffirmé sa détermination à fermer la centrale nucléaire de Fessenheim (Bas-Rhin) "avant 2017", clamait la secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) Emmanuelle Cosse vendredi, après avoir rencontré lundi à l'Elysée le président qui en avait fait un engagement de campagne. 
La ministre de l'Écologie Ségolène Royal s'est empressée de modérer l'enthousiasme de la chef de parti, affirmant que les options restent ouvertes et que Fessenheim n'est qu'une "hypothèse". 
"Fessenheim fermera; nous en avons aussi parlé avec le président de la République", a maintenu E. Cosse sur France Info. "C'est ce qu'il a dit. Je suis peut-être la seule en France à le croire, mais Fessenheim fermera, c'est un engagement du président de la République. J'entends bien les pressions d'EDF, des syndicats, les sorties de Ségolène Royal et de Stéphane Le Foll. Sauf que je vous dis que Fessenheim fermera", a-t-elle insisté. "Si Fessenheim ne ferme pas, ça veut dire que la France n'est pas capable de répondre à la question de la sûreté nucléaire. Cette centrale est sur la nappe phréatique la plus importante d'Europe. En plus, Fessenheim est en panne toutes les semaines", a polémiqué l'élue d'Ile-de-France pour qui cette fermeture ne serait "pas une lubie des écolos ou de François Hollande mais la nécessité d'avoir une politique énergétique à la hauteur des enjeux".

Ségolène Royal a répondu que "ce qui est sûr, c'est que deux réacteurs fermeront" avec l'ouverture de Flamanville.
 

Une évidence balancée dans la foulée sur i>télé. La fermeture de Fessenheim "c'est l'hypothèse aujourd'hui qui a été avancée dans le cadre de la campagne présidentielle (....) Pour l'instant, il n'y a pas d'autre d'hypothèse sur la table". 
Se félicitant d'être, selon elle, "très pragmatique", elle s'est engagée à ce que "les choses se fassent, pas parce qu'on a promis les choses". 

Elle insiste même désormais pour "tenir compte de l'évolution de ce qui s'est passé entre la promesse et le moment où on la réalise", faisant allusion aux investissements de mise aux nouvelles normes et de sécurisation réalisés depuis dans la doyenne des centrales françaises.
La ministre s'est retranchée derrière "l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) [qui] nous dira, au moment où il faut fermer, quels sont les réacteurs les plus dangereux ou ceux qui nécessitent le plus lourd investissement public. Est-ce que c'est Fessenheim ? Est ce que c'est d'autres réacteurs ?" Royal en est encore à "regarder" la question...
"À ce moment-là, en fonction de la proposition de l'entreprise (EDF), on examinera la situation et EELV, comme nous, examinera aussi la situation en fonction de la réalité de ce qui est dit par l'Autorité de sûreté nucléaire", a-t-elle conclu.

Jeudi,  Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement Valls n'avait pas exclu non plus le maintien en activité de la centrale nucléaire de Fessenheim, se contentant d'observer que celle-ci ne figure "pas dans la loi" sur la transition énergétique. La fermeture de Fessenheim a toutefois été promise par François Hollande et confirmée après son élection en 2012. 

dimanche 21 juillet 2013

Ayrault, Touraine et Martin, ministres mono-maniaques

Le gouvernement traque les Français  


Ayrault organise la hausse du prix des carburants


Le premier ministre prévoit d’augmenter les taxes sur le diesel tout en baissant parallèlement celles sur l’essence pour arriver à un équilibre - provisoire- en 2023. Actuellement, l’écart est de 18 centimes par litre mais la majorité veut le résorber. Jean-Marc Ayrault envisage donc une hausse de 0,40 centimes par litre de gazole dès 2014, et une baisse identique du sans plomb. A partir de 2015, le diesel augmenterait encore de 1 centime et l’essence diminuerait d’autant, jusqu’à ce que les deux carburants soient au même tarif, soit dans dix ans, estime-t-il actuellement.

"Ce projet est nul ", critiquent des députés EELV La fiscalité écologique est pourtant l’une des principales demandes des écologistes. Le sénateur Jean-Vincent Placé (écologiste altermondialiste, EELV) voudrait être mieux pris en compte et donc aller plus vite.
Invité sur RMC ce lundi matin, le député EELV Yannick Jadot est très critique du texte. "Ce projet est nul, ce rattrapage c'est nul", affirme cet ancien responsable de Greenpeace en France. Selon la propagande des Verts radicaux, "le diesel, c'est 16.000 morts par an", sans préciser la période considérée, sachant  que  la propreté du gazole nous avait été vantée, et que PSA est sur le point de lancer le diesel propre, le Blue HDi, fruit de la recherche française. " Il y a nécessité d'aller beaucoup plus vite et de sortir du diesel. C'est un piège pour l'industrie automobile française", affirme-t-il. Selon lui, seule une réforme ambitieuse permettra de limiter les risques pour la santé tout en dégageant des fonds suffisants afin d’aider au changement de voiture. "La fiscalité écologique est mal partie. Si on n'a pas un rattrapage de la fiscalité nous n'aurons pas les moyens pour aider les personnes qui veulent changer de véhicule. Il faut envoyer un signal et dégager des moyens pour aider à acheter des véhicules plus sobres. Et donc c'est gagnant-gagnant. La seule façon d'éviter de se noyer, ce n'est pas de rester immobile ".


Philippe Martin assume la mise à pied des salariés de Fessenheim

Le ministre de l'Ecologie promet la fermeture de la centrale nucléaire du Haut-Rhin "d'ici au 31 décembre 2016"
dans un entretien avec le Journal du Dimanche paru ce dimanche.
"Les engagements pris par François Hollande sur le nucléaire seront tenus dans le quinquennat. J'ai un mandat : je fermerai Fessenheim d'ici au 31 décembre 2016", lance le successeur de Delphine Batho qui a dû quitter le gouvernement le 2 juillet pour avoir critiqué le budget de son ministère. 
Au nom de la "transition énergétique", le site de Fessenheim (2 réacteurs de 900 MW) est le seul des 19 centrales nucléaires françaises (et 58 réacteurs) dont la fermeture a été annoncée par le président François Hollande qui s'est engagé à réduire la part du nucléaire de 75% à 50% de la production électrique d'ici 2025.

Fessenheim
 doit-elle redouter un tsunami avec deux centrales électriques (une nucléaire et une hydraulique sur le Grand canal d'Alsace), fait unique en France ? En 2012, la centrale a en outre produit plus de 88% de la consommation alsacienne.

Touraine fait la chasse aux fumeurs

La ministre de la Santé et des Affaires sociales demande
à ce que le tabac soit exclu de la vie publique: elle part en chasse contre la cigarette dans les parcs, sur la plage, devant les écoles.

Après avoir frappé au porte-monnaie avec une augmentation des prix du tabac et des cigarettes lundi dernier, la Ministre de Hollande s'est déclarée favorable à un élargissement des zones d'interdiction du tabac. Au-delà d'une politique tarifaire nettement dissuasive, Marisol Touraine souhaite maintenant bannir le tabac de nouveaux lieux publics, mais plaide pour que les collectivités territoriales locales et non gouvernementales en prennent  l'"initiative"
 la responsablilité !

Le tabac fait 73.000 morts par an...
Lors d'un entretien accordé au Journal du Dimanche, la ministre s'interroge : "Est-il 'normal' que des mères, des pères ou des nounous fument dans un parc public où jouent les enfants ? Je ne le crois pas. Le tabac tue, il n'y a pas de résignation à avoir par rapport à cela". La Ministre rappelle aussi les dégâts causés par le tabagisme : "Le tabac tue 73.000 personnes par an. Un jeune sur deux qui fume en mourra. Les données de santé publique sont dramatiques et incontestables. Simplement, on ne meurt pas du jour au lendemain, les maladies liées au tabac frappent progressivement. Il est difficile d'apprécier un risque lorsqu'il n'est pas immédiat".  Désormais, les femmes développent des cancers de la gorge ou du poumon ...à égalité avec les hommes !
Mobilisation générale !
Bienfaits de la vaporette
sur A. Dombasle...
De gré ou de force, Marisol Touraine propose donc de mettre en place des contraintes permettant de "transformer le rapport au tabac" de manière à ce que rétrospectivement, "dans 10 ou 15 ans, lorsqu'on regardera en arrière, on se demandera comment on pouvait vivre ainsi". Dans sa lutte contre le tabagisme Marisol Touraine souhaite "une mobilisation générale". Elle propose ainsi pour moyens "un logo rappelant la dangerosité du tabac pour les femmes enceintes", "une aide au sevrage" notamment pour les jeunes, mais également "davantage de lieux sans tabac".

A bannir des parcs, des cités U, des plages et devant les écoles ?
La Ministre de la Santé "souhaite que des villes s'engagent dans cette voie par le dialogue et créent des espaces sans tabac": une nouvelle réduction du champ des libertés. Marisol Touraine pense bouter le tabac hors "des parcs, des cités universitaires, des plages, et de devant les écoles". Alors qu'avec la dernière hausse des prix le gouvernement vient de mettre la pression sur les fumeurs et aussi l'arrêt de mort des buralistes, notamnent frontaliers, par un politique "ouverte" de prix dissuasifs cette fois, Hollande est à nouveau bien résolu à restreindre le champ des libertés individuelles. 
Marisol Touraine surfe sur une tendance et ne devrait pas avoir de mal à se faire entendre.
Dès 2011, certaines mairies comme Cannes disait "réfléchir sérieusement" à la question. À Disneyland Paris, les fumeurs ne peuvent déjà pas s'en griller une en attendant leur tour de manège. L'été dernier, La Ciotat (UMP), Saint-Malo (DvD) ou Nice (UMP) n'ont pas non plus attendu la ministre pour créer des plages non-fumeurs. Après Ouistreham (PS), la franco-chilienne peut maintenant compter sur d'autres municipalités qui "accepteraient" d'être incitées par des avantages gouvernementaux en retour.



samedi 29 juin 2013

Electricité: la "gauche sociale" laisse la hausse des prix s'abattre sur les foyers

Une hausse de plus pour les individuels,
malgré les prix négatifs de l’électricité

Le consommateur doit avoir un peu de mal à comprendre pourquoi les prix de l’électricité vont monter en France, alors que l’électricité se vend parfois à un prix négatif (entre -40 et -200 euros le MWh ce dimanche 16 juin 2013 soit -4 à -20 centimes le kWh) sur le marché spot à Paris.

Qui sait que, dans le prix TTC de l’électricité payé par le consommateur domestique, le coût de production du kWh ne représente que 40% du prix, le reste étant constitué par le coût d’accès aux réseaux de transport et de distribution (35%) et par des taxes (25%). De plus, l’électricité est un bien particulier qui ne se stocke pas : la quantité injectée sur le réseau doit donc en permanence être égale à la quantité consommée ce qui signifie que la demande doit être maintenue égale à l’offre. Ce sont les célèbres lois physiques de Kirschhof.
Or, l’essentiel de l’électricité produite par EDF en France est vendu sans passer par le marché de gros (spot) et environ 15% de l’électricité produite donne lieu à des échanges soumis à des négociations de prix horaires très volatiles selon que l’on est en situation de sous-production ou de surproduction. Et l’émergence des énergies renouvelables intermittentes (éolien et solaire) vient compliquer la donne: elles sont rémunérées hors marché par le système des "prix d’achat garantis" (feed-in tariffs), bien supérieurs aux prix constatés sur le marché.

Les choses se compliquent en Europe du fait de l’apparition du gaz de schiste américain. Ce gaz très bon marché chasse le charbon de la production d’électricité aux Etats-Unis et les excédents de charbon américains se vendent à bas prix en Europe. Le charbon américain chasse le gaz européen de la production d’électricité, le prix du gaz importé demeurant largement indexé sur le prix du pétrole en Europe. Du coup nos centrales à gaz ne sont plus rentables puisque les centrales à charbon sont appelées avant les centrales à gaz sur le réseau, et que ces centrales à gaz ne fonctionnent souvent que comme réserve des renouvelables.


Mais les énergies renouvelables ne sont pas les seules responsables des prix négatifs : la crise explique largement la faiblesse de la demande d’électricité,  étant toutefois entendu que l'hiver a été long cette année. Dans l'attente que la vérité des coûts, donc celle des prix, soit établie, les gouvernements jonglent avec les prix à la consommation.


“Une hausse du prix de l’électricité de 5% ne suffira pas”? estime Philippe de Ladoucette (CRE)

Le président de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE) suggère une évolution de 9,6% du "tarif bleu" d'EDF.
"Nous constatons l’évolution des coûts commerciaux et de production d'EDF. Les tarifs doivent couvrir les coûts" détaille-t-il.



Mais pourquoi la hausse des prix ciblerait les foyers ?

Les particuliers plutôt que les entreprises. Dans ses recommandations de hausse des prix de l'électricité, pour prendre en compte
celle des coûts de production, la CRE prôna dès le 5 juin une augmentation de 9,6 % pour le tarif Bleu, celui des particuliers, contre seulement 3,8 % pour le Vert, celui des industriels. Ce choix provoqua aussitôt des cris d'orfraie du gouvernement face aux media, mais se rendit aux raisons de la CRE, un effet rattrapage : les industriels avaient subi des hausses plus importantes au cours des dernières années. Les particuliers devraient par ailleurs être sanctionnés pour leur utilisation de plus en plus importante de chauffage aux heures de pointe les mois les plus froids, au moment où elle coûte le plus cher.


Enfin, la variable d'ajustement retenue par la CRE est l'allongement de la durée de vie des centrales nucléaires de seulement dix ans (le parc des 58 réacteurs assure 75 % de la production d'électricité), de quarante à cinquante ans, alors qu'EDF estime possible un prolongement jusqu'à soixante ans.

Une fois ces dix années supplémentaires intégrées, la hausse prônée par la CRE ne serait plus que 6,8 % pour les particuliers et nulle pour les industriels.
Les gains réalisés sur l'amortissement des centrales compenseraient en effet largement, selon la CRE, les investissements nécessaires pour assurer cet allongement de la durée des installations sans qu'elle soient moins sûres. Les remplacements des équipements les plus onéreux, tels que ceux des générateurs de vapeur, interviennent en effet au terme des trente années d'exploitation.

Les Verts refusent la recherche et l'exploitaion de nos abondantes ressources en gaz de schiste.
L'écologie a un coût et le consommateur en réalisera la poids au 1er juillet et la charge  l'hiver prochain.


samedi 4 mai 2013

Les bienfaits du nucléaire pour les comptes publics de Hollande

Areva remporte un "méga-contrat" en Turquie

Hollande fait commerce du nucléaire
L'information a été révélée par le ministère turc de l'Energie 
La Turquie a attribué au groupe nucléaire français Areva, en association avec le japonais Mistubishi Heavy Industries (MHI), le marché de la construction de sa deuxième centrale nucléaire. En jeu, un premier contrat, chiffré à plus de 15 milliards d'euros, pour quatre réacteurs Atmea-1, d'une puissance légèrement inférieure aux EPR. 


Première vente de réacteurs pour Areva depuis 2007

Ce contrat, qui a été validé définitivement vendredi, est une belle victoire pour Areva, qui essuyait les échecs à répétition depuis cinq ans. Il représente la première vente de réacteurs depuis 2007 et un accord avec la Chine. Par la suite, "le contrat du siècle" (20 milliards pour 4 réacteurs) avec Abu Dhabi avait échappé à Areva en 2009. Une déconvenue suivie par la catastrophe de Fukushima, qui a freiné les programmes nucléaires dans beaucoup de pays, sans oublier les multiples dérapages de coût et de délais dans la construction d'EPR en Finlande et en France. 

Outre Areva, le contrat concerne aussi GDF Suez, en tant que futur exploitant de la centrale. Le groupe, qui gère déjà via sa filiale Electrabel un parc de 7 réacteurs en Belgique, va ainsi conserver ses compétences dans le nucléaire sur le long terme, puisque ses réacteurs belges sont appelés à fermer d'ici 2025 dans le cadre d'une sortie du royaume de l'atome. En attendant l'officialisation, les deux entreprises françaises ont vu leurs actions grimper à la bourse de Paris (+ 2,44% pour Areva, + 0,83% pour GDF Suez). L'état français est actionnaire à hauteur de 14,33 % dans Areva et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), un organisme public, à 68,88 %. 
Et GDF-Suez est actionnaire d'Areva.

L'un des rares contrats entre la Turquie et une entreprise française

Hollande participe au développement du nucléaire industriel dans le monde
Dans un but de réduction de sa dépendance à l'énergie russe et iranienne, la Turquie a annoncé son intention de lancer la construction de trois centrales d'ici à cinq ans. Ankara a déjà conclu un accord avec la Russie pour une première centrale à Akkuyu, dans le sud du pays. Cette autre centrale fournie par Areva et MHI se situera sur le site de Sinop, tout au nord de la Turquie. Relancée fin janvier 2013, les relations économiques entre la France et la Turquie restent difficiles en raison des crises diplomatiques entre les deux pays (désaccord sur le génocide arménien et sur l'entrée dans l'UE). Ce serait l'un des rares grands contrats d'Etat attribués récemment par Ankara à une entreprise française

Selon le calendrier défini par les deux parties,
le coup d'envoi des travaux de construction sur le site de Sinop devrait intervenir en 2017, pour une mise en service des quatre tranches étalée entre 2023/2024 et 2028.
Rendez-vous pour la reprise des manifestations socialo-écolo après 2017 ! 
Ni Cécile Duflot (EELV), ni Sortir du Nucléaire n'a encore pas bougé une seule oreille...

mardi 2 octobre 2012

Le fiasco total de Hollande, selon Tesson

La France est  victime des contradictions, des maladresses et des reniements du président


Philippe Tesson décrypte l'individu

"Rien n'y fait. Ces dernières semaines où François Hollande a tenté de contrarier le courant d'opinion qui lui était [est toujours] défavorable depuis juillet n'ont servi à rien. La dernière enquête en date, celle de l'IFOP publiée dimanche 23 par le JDD, confirme, et même amplifie une tendance négative. Le président de la République, à 43 % de satisfaits, perd 11 % d'opinions favorables. Son Premier ministre, à 51 %, en perd 7 %.
On reprochait à Hollande son immobilisme, son silence, sa transparence. Il a parlé, et on met en question ses atermoiements, ses imprécisions, sa transgression de la parole donnée. Il a pris conscience de la gravité de la crise. On ne lui en sait pas gré. Tout se retourne contre lui. Les quelques gages qu'il a récemment donnés à l'évidence et à la raison ne lui profitent pas à droite : c'est un peu tard, et cela vient après une stratégie maladroite de division et de mépris.
Quant à la gauche qu'il a portée au pouvoir au vu de sa promesse de "ré-enchanter le rêve", comment s'accommoderait-elle du prix dont elle va payer ce retour à la réalité ? Elle se sent dupée. Était-il dupe lui-même, ou feignait-il ? Dans la première hypothèse il serait nul, dans la seconde il aurait trompé son monde. Dans les deux cas, le voici piégé. De tous côtés, le voici assailli.
Car les difficultés qu'il a à vaincre aujourd'hui se sont accumulées [dans son sommeil]. Sur tous les dossiers, il a perdu la main, sur tous les terrains, il est condamné à jouer la défensive. Le pire est sans doute dans le désordre qui règne au sein de sa majorité parlementaire, et qui va le forcer à une navigation hasardeuse, alors que, arithmétiquement, il est souverain. On le prévoyait : rarement dans le passé, les IVe et Ve Républiques nous en offrent le témoignage, une majorité de gauche resta longtemps unie. Il n'a fallu que deux mois pour que la culture des courants, propre au PS, et celle des alliances, propre à la gauche, prennent le dessus sur la sagesse.

Division

Droit de vote aux étrangers ?
Et si on attendait la parité en Iran ou en Tunisie ?

 
Un dossier sensible nous en fournit un exemple éloquent : le vote des étrangers [plus justement appelé droit de vote aux étrangers, sans omettre un droit à être élus] [mais on pourrait aussi bien citer celui du traité budgétaire européen contre lequel vont voter les élus Europe Ecologie-les Verts]. 
Sur ce sujet, François Hollande s'était avancé imprudemment. Il était pourtant instruit par le passé : il y a trente ans que les socialistes annoncent cette réforme, trente ans qu'ils y renoncent lorsqu'ils sont au pouvoir [dont François Mitterrand, dont ils se sont tous dit les héritiers] . Qu'importe, il faut prendre les voix là où elles sont, au risque de se trahir. C'est ce qui arrive aujourd'hui. Ce qui est nouveau, c'est que la pression en faveur de la réforme vient du propre camp du président, deux mois seulement après l'installation de la majorité parlementaire, alors que nul n'ignore que l'adoption du projet serait pour le moins aléatoire, aussi bien par voie parlementaire que par voie référendaire. Le fiasco est total.

[Montebourg et Mélenchon sont-ils pour la démondialisation de l'immigration et du droit de vote aux étrangers ?]
Autre exemple : le mariage homosexuel. 
Les voies du mariage gay sont pénétrables

La promesse était formelle. Elle était étourdie. Les socialistes semblent avoir totalement minimisé la portée de cette réforme, dont les effets vont largement au-delà d'un simple contrat passé devant le maire. Certains d'entre eux s'en inquiètent aujourd'hui. Les Verts, à l'inverse, en demandent davantage. Était-ce si urgent ? Était-il opportun d'approfondir la division que provoque la question dans l'opinion et qui gagne même la majorité de gauche ? Était-il politiquement habile de donner, sur les deux sujets dont nous parlons, du grain à moudre au Front national ? [Suffit-il qu'elle ne coûte rien pour qu'elle passe avant les urgentes mesures de rigueur contre les déficits publics ?] 

Reculades

En matière de confusion et de maladresse, il y a mieux encore. [En petite politique politicienne,] pour obtenir l'adhésion des Verts dans le vote prochain concernant le traité (budgétaire] européen, François Hollande vient d'offrir à ceux-ci des gages importants à propos de la politique énergétique : fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, fermeture du dossier du gaz de schiste. La ministre Cécile Duflot trouve le geste très "émouvant". C'est se foutre du monde. Quelques jours après, les Verts annoncent qu'ils ne voteront pas en faveur du traité. 

Ainsi Hollande est-il cocu sur les deux fronts. Il est vrai qu'il l'était déjà du fait d'Angela Merkel, à la volonté de laquelle il se soumet, en dépit de ses rodomontades passées, en signant un texte dont il dénonçait et l'esprit et la lettre. Il recule sur tous les plans : d'une part les intérêts stratégiques et industriels de la France et d'autre part l'ambition de corriger le traité... que de surcroît une partie de sa majorité ne votera pas ! Le fiasco là encore est total.
Bien d'autres sujets sont là qui dénoncent la pusillanimité, les contradictions, les maladresses, les reculades, les reniements même du nouveau président. 
Si la prétention, la morgue affichées pendant la campagne n'avaient été, on serait peut-être plus indulgent. Mais quoi ! On met des mois à aller à l'essentiel. On ajourne. On revient sur ses promesses. On ne relève pas les défis de sa majorité. On se plie à ses caprices. On s'occupe de tout, après avoir annoncé qu'on ne ferait pas comme l'autre. On valide la fermeture d'Aulnay, après avoir joué les fier-à-bras. [Et les syndicats ne luttent plus que pour de meilleures indemnités ] On fait risette au patronat, après l'avoir traîné dans la boue. On évacue les Roms comme naguère, mais, suprême hypocrisie, on le fait "avec dignité". On remet en selle le FN. [Comme Tonton !] On prend l'avion, quand on a promis qu'on ne prendrait que le train. Etc., etc. 
Bref, qui parle d'indulgence ?