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jeudi 9 novembre 2017

Colère des anti-nucléaires: la sécurité nucléaire française globalement satisfaisante, assure l'ASN

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) fera-t-elle taire les Cassandre anti-nucléaire ?

La sécurité des centrales nucléaires exploitées par EDF en France est globalement satisfaisante en dépit d'incidents mineurs

Pierre-Franck Chevet, président de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a fait cette déclaration lors d'une audition en commission à l'Assemblée nationale, mercredi.
Confirmé le 16 octobre par l'ASN, le risque de sûreté sur des tuyauteries de systèmes de pompage d'eau froide de 20 réacteurs nucléaires exploités par EDF en France  a été évalué à la suite de trois incidents mineurs depuis cet été, et classé niveau deux sur une échelle qui en compte sept, mais "le tout dans un contexte de moyen terme qui, lui, est préoccupant".
Un événement de niveau 2 concerne également 10 centrales françaises pour un risque portant sur la robustesse de certaines structures métalliques liées à des groupes électrogènes de secours au diesel en cas de séisme.

L'ASN a en outre imposé fin septembre l'arrêt provisoire de la centrale du Tricastin (Drôme et Vaucluse) en raison de risques d'inondation du site, en cas de séisme d'ampleur exceptionnelle.

L'ASN confirme le report de son avis sur la prolongation de réacteurs

Au lendemain de l’abandon de l'objectif de 2025 pour atteindre 50 % d’électricité nucléaire en France, et son report à 2030 ou 2035, par l'écologiste Nicolas Hulot que Macron a placé à la tête du ministère d'Etat à la Transition écologique et solidaire, l’Autorité de la sûreté nucléaire a également confirmé ce mercredi que son avis générique sur la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 900 mégawattS (MW) au-delà de quarante ans sera reporté.

Le contrôleur du nucléaire repousse désormais à "2020 l’avis, qui sera ensuite transformé en prescription juridiquement imposable en 2021", a déclaré son président, Pierre-Franck Chevet, devant des députés de la Commission du développement durable. Concernant 34 des 58 réacteurs répartis sur 19 sites exploités par EDF, cet avis devait être initialement rendu en 2019. Le Haut comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) avait récemment évoqué la date de 2021.

L’ASN devra aussi se prononcer sur la prolongation ou non de chaque réacteur. 
"La question de la prolongation n’est pas un dossier simple", a admis Pierre-Franck Chevet. "On attend des dossiers d’EDF et, à partir de là, on fera ce travail, ce qui explique une partie de la durée", s'est-il justifié, avouant sa dépendance aux documents d'EDF. "Même s’il y a des décalages, il y a des marges, donc il n’y a pas de sujet de sûreté", explique le président de l’ASN, un polytechnicien qui fut directeur général de l'énergie et du climat (ex-DGEMP) au Ministère de l'Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement d'Alain Juppé.

Le gouvernement voulait recueillir la caution générique de l’ASN avant de décider d’éventuelles fermetures de centrales pour assurer la transition énergétique. L'ASN est à la fois "indépendante" et "rattachée" au programme budgétaire 181 (Prévention des risques)du Ministère de l’Écologie...

Les associations écologistes dénoncent "un recul inacceptable"

Les acteurs du secteur (la multinationale Areva, le Commissariat à l’énergie atomique, EDF) font face à des difficultés économiques au moment où se profilent des enjeux inédits, souligne le président de l'ASN.  Ceux-ci portent sur la prolongation des centrales au-delà de 40 ans, mais aussi le vieillissement d’usines et des réacteurs de recherche, la prise en compte de nouvelles exigences, après l’accident de Fukushima au Japon en 2011, et enfin la construction d’installations nouvelles, comme l’EPR de Flamanville (Manche).


Les réseaux anti-nucléaires ne décolèrent pas depuis que Nicolas Hulot a annoncé mardi que l’objectif de réduire la part du nucléaire de 75% à 50 % de la production d’électricité en 2025 ne sera pas tenu.
Les associations écologistes multiplient les critiques contre le ministre pour la Transition écologique, ce mercredi. "Il fait une erreur extrêmement grave en repoussant cette échéance de cinq à dix ans parce qu’il détricote le moteur de la loi sur la transition énergétique, estime sur France Info Alix Mazounie de Greenpeace.
Simple diplômée de Science Po, cette militante a d'abord travaillé auprès de Pierre Radanne, responsable de la commission énergie des Verts (l'ancien nom du parti politique écologiste français Europe Écologie-Les Verts, EELV, et membre du Parti vert européen, radical), avant d'être en charge des politiques internationales (Afrique) pour le Réseau Action Climat France, (RAC-F), une fédération d'associations impliquées dans la lutte contre les changements climatiques et sous-produit de Climate Action Network International (CAN-I), réseau mondial de plus de 1.100 ONG (supranationales et illégitimes) dans 120 pays, dont le but est de faire pression sur les gouvernements et les citoyens à prendre des mesures pour limiter l’impact des activités humaines sur le climat.
"On n’a jamais dit que c’était facile. En revanche, c’est faisable de réduire la part du nucléaire et les gaz à effet de serre en fermant des centrales à gaz et à charbon," s'obstine la lobbyiste internationale, face au réalisme du ministre Nicolas Hulot.


Pour ajuster une promesse électorale de Macron, dans le contexte des mensonges généralisés colportés lors des surenchères démagogiques de la campagne présidentielle, Nicolas Hulot a expliqué que cette diminution du nucléaire aurait été au prix d'une augmentation des émissions de CO2 avec l’utilisation de centrales à gaz et à charbon.

L'énoncé de réalités met les associations en crise. 'Sortir du nucléaire' voit dans sa décision "un recul inacceptable". Le Réseau action climat n'accepte pas davantage la contradiction, estimant que cela revient à "mettre en péril le développement des filières d’avenir et créatrices d’emplois que sont les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique". La vérité est en fait que les solutions alternatives ne sont pas en mesure de faire face à la demande énergétique. Sur France Info, l'une des porte-parole de l'écologie punitive culpabilise les Français en leur rappelant l'engagement de l'Etat qui leur enjoint de réduire leur consommation.
Or, l'abandon de l’écotaxe poids lourds (et le milliard d’euros par an qu'elle devait rapporter) a été compensé par huit autres formes de prélèvements obligatoires en plein essor :
  • Taxe carbone ou Contribution climat énergie ;
  • Subventions à la production renouvelable d’électricité (CSPE) ;
  • Surcoût des agro-carburants ;
  • Certificats d’économie d’énergie (CEE);
  • Surcoût des véhicules classiques ;
  • Surcoût construction et rénovation ; 
  • Taxes, subventions et surcoûts divers ;
  • Aide aux pays en voie de développement (PEVD) centrée sur la transition énergétique.
Le ministre a même été critiqué par sa propre fondation Hulot, rebaptisée 'Fondation pour la nature et l’homme' et présidée par Audrey Pulvar, après son entrée au gouvernement. Dans un communiqué, elle explique que l’annonce la "stupéfie autant qu’elle l’inquiète". Ce qui fait la Une des journaux, mais n'apporte pas la preuve de la faisabilité des exigences des lobbies anti-nucléaires.

L'idéologie des réseaux anti-nucléaires est irresponsable
Les doctrinaires de l'écologie doivent admettre, y compris la mairesse de Paris avec son projet de ville sans véhicules à essence ou diesel, c’est que l'achat de voitures électriques (alors que la prime de l'Etat -jusqu'à 200 euros, non cumulables- à l'achat de vélos à assistance électrique, VAE, femmes enceintes, malades et seniors exclus, sera supprimée le 31 janvier 2018), que les panneaux solaires ou les éoliennes (même offshores, rejetées par les Bretons !) ne peut réduire à 50% la consommation d'électricité nucléaire dès 2035. A cette date, la production à suffisance d'énergie renouvelable et décarbonée sera encore un mythe. Si chacun voulait son véhicule électrique, la production d’électricité nucléaire devrait grimper de 50 % et plus, faute d’électricité renouvelable. Même si un décret Vert stalinien imposait le vélo électrique aux masses populaires. L'alternative entre centrales au gaz ou au charbon et nucléaires conduirait à plus de centrales nucléaires... Reste la voiture hybride ou à l’eau salée... 

Et le biocarburant à base de maïs est plus polluant que l'essence.
Certains évoquent encore le biocarburant, un substitut au combustible fossile, produit à partir de matériaux organiques (l'huile végétale carburant, le biodiesel, ou biogazole, mais aussi les graisses animales ou des acides gras divers, tels que les algues) ou produit à partir d'alcool comme le bioéthanol (du sucre, de l'amidon, de cellulose ou de lignine hydrolysées)... Tous comprennent que ce n'est pas pour demain, sauf les écolos...
Or, tout catalogué écologique qu'il puisse être, un carburant produit à partir des feuilles de maïs, émettrait en réalité plus de gaz à effet de serre que l'essence traditionnelle. Des études effectuées dans la Corn Belt, ou 'ceinture de maïs' du Middle West des États-Uni, montrent que l'éthanol cellulosique obtenu à partir de résidus de feuilles de maïs libère dans l'air une grande quantité de dioxyde de carbone (CO2). Les émissions liées à la production de biocarburant dépasseraient de 7 % les émissions générées par l'essence classique et se situeraient 62 grammes au-delà du seuil établi par la réduction de 60 % des émissions de GES qu'exige l'Energy Independence and Security Act, une loi de 2007. Le département de l'Énergie des États-Unis a investi plus d'un milliard de dollars (750 millions d'euros) pour soutenir la recherche sur les biocarburants cellulosiques, y compris l'éthanol fabriqué à partir de tiges, feuilles et épis de maïs après récolte.

La presse sous emprise écolo fait l'impasse sur un carburant tabou : 
le gaz de schiste.
L'exploitation à grande échelle du gaz de schiste a démarré au cours des années 2000 lorsque le prix des hydrocarbures s'est établi à un niveau élevé durable. C'est un gaz naturel contenu dans des roches rendues imperméables par l'argile qu'elles contiennent à la différence du gaz naturel conventionnel. Son extraction pose donc problème, actuellement. L'accès à ces roches-réservoir nécessite en effet le recours aux techniques combinées du forage dirigé et de la fracturation hydraulique à grands volumes particulièrement coûteuses et polluantes.
Les Etats-Unis ont joué un rôle de pionnier dans la mise en exploitation de cette nouvelle ressource : le gaz de schiste y représentait en 2012 une proportion importante du bouquet énergétique. Grâce au gaz de schiste les États-Unis étaient passés du 4e au 6e rang au classement des importateurs nets de gaz naturel. 
Les réserves dans le monde sont estimées en 2013 à 207 billions de mètres cubes de gaz de schiste (32 % des réserves totales de gaz naturel) et 345 milliards de barils d'huile de schiste (10 % des réserves totales de pétrole). Réparties sur tous les continents, la Chine, l'Argentine, l'Algérie et les États-Unis en sont les plus gros détenteurs. 
De 2010 à 2012, l'augmentation de la production de gaz de schiste aux États-Unis et au Canada a entraîné une pression à la baisse du prix du gaz qui a réduit la capacité de la Russie à dicter des prix élevés pour le gaz naturel qu'elle exporte vers l'Europe ; les effets du boom du gaz de schiste sur les marchés internationaux de l'énergie ont été très importants, en particulier en Europe : hausse de la production d'électricité à base de charbon aux dépens du gaz, diminution de l'attractivité économique des énergies renouvelables, etc.

Les Allemands ont trouvé la solution.
Ils ont fermé leurs centrales nucléaires et exploitent à nouveau le charbon, en dépit de la pollution émise, important, au prix fort, de l'électricité nucléaireen partie de ...France.

Six centrales nucléaires sont actuellement en cours de démantèlement : Brennilis (Monts d'Arrée), Chooz A (Ardennes), Chinon A (Indre-et-Loire), Bugey A (Ain), Saint-Laurent-des-Eaux A (Loir-et-Cher) et Creys-Malville (Isère) ).
Pour une plus grande indépendance énergétique...

mardi 11 juillet 2017

Macron a voulu Trump pour le 14 juillet

Macron a tanné Trump pour qu'il assiste au défilé du 14 juillet 2017 

Macron-la-grenouille veut se faire aussi gros que le boeuf
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Service d'ordre de Trump à Bruxelles
Donald Trump et son épouse Melania assisteront au défilé du 14 juillet à Paris. L'hyper-président l'a invité par un coup de fil du mardi 27 juin et, après avoir dit "examiner la faisabilité" de ce déplacement, le président américain lui a répondu "Yes, we can" ! 
Donald Trump a en effet déjà effectué sa deuxième tournée européenne après son premier voyage en Europe lors du sommet de l'OTAN à Bruxelles et du G7 en Sicile, en mai. Entamée cette fois en Pologne, avant le G20, il n'a pas commencé par le gamin qui en est, dit-on, fort marri... Le président américain a préféré son allié polonais dans l'OTAN et a atterri mercredi soir à Varsovie pour participer ensuite au sommet du G20 vendredi et samedi dernier à Hambourg, soit 4 jours consacrés à l'Europe.
Espérant se défaire progressivement de l'emprise de la Russie pour l'approvisionnement du pays en gaz,
la Pologne a reçu en juin sa première livraison de gaz de schiste américain. Les autorités polonaises insistent beaucoup sur le fait que c'est la première fois que le président Donald Trump a prononcé un discours en public en Europe.Depuis 2016, la Pologne a lancé "l'Initiative des Trois Mers". Une alliance entre douze pays européens qui vont de la Baltique à la mer Noire et à l'Adriatique (Pologne, Lituanie, Estonie, Lettonie, Hongrie, Autriche, Slovénie, Croatie, République Tchèque, Slovénie, Roumanie et Bulgarie) et qui doit permettre à ces pays de peser plus fortement au sein de l'Union européenne.  
Le chef de l'État français "a renouvelé son invitation au président Trump et à son épouse", à l'occasion des "100 ans de l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés des troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale".

"Make our planet great again" 
La présence du président américain place de la Concorde pour le traditionnel défilé militaire du 14 juillet sera un nouveau coup d'éclat diplomatique pour Emmanuel Macron après le sommet qu'il a organisé avec le président russe Vladimir Poutine, le 29 mai à Versailles. Les relations entre les dirigeants français et américain ont été jusqu'à présent rugueuses, Emmanuel Macron défiant son homologue américain qui a décidé de sortir de l'accord de Paris sur le climat en parodiant son slogan de campagne par cet appel: "Make our planet great again" (rendez sa grandeur à notre planète). Le président français avait aussi encaissé la poignée de main virile de Donald Trump lors d'une rencontre en marge d'un sommet de l'Otan, le 25 mai, à Bruxelles.

Pas d'économies: près de 11.000 policiers et gendarmes seront mobilisés

Présence du président américain au défilé sur les Champs-Elysées "dans un contexte de menace terroriste élevée", selon le préfet de police.
"Toute la maison est mobilisée", a résumé mardi le préfet de police Michel Delpuech, y compris la brigade de recherche et d'intervention (BRI) "en réserve, prête à intervenir en tout point de la capitale".

Obama et ses gardes du corps
Le préfet s'est abstenu de dévoiler les mesures spécifiques liées à la venue du chef de l'Etat américain attendu dès jeudi, admettant qu'elle représente "un enjeu fort" et fait l'objet d'"un travail de sécurité partagé entre les équipes américaines et nationales".

Il a simplement reconnu lors d'un point de presse qu'il y aura "un peu plus (de forces de l'ordre) que l'année dernière, notamment 200 à 300 de plus sur les Champs-Elysées".
Au total, 3.500 policiers et gendarmes seront chargés de la sécurité du défilé, appuyés par 2.500 sapeurs pompiers. Sur l'ensemble de l'agglomération parisienne, entre 2.600 et 2.900 fonctionnaires de police et gendarmes mobiles seront par ailleurs mobilisés. Mais leur point d'indice reste gelé...

Chaque accès à la zone de sécurité autour des Champs-Elysées sera protégé par des "plots ou des véhicules anti-véhicules béliers", a toutefois confirmé Michel Delpuech, rappelant les dernières attaques en date qui ont visé la capitale: "l'assassinat" du policier Xavier Jugelé sur les Champs-Elysées le 20 avril, l'attaque d'une patrouille de police sur le parvis de Notre-Dame le 6 juin et celle d'un fourgon de gendarmerie le 19 juin également sur les Champs-Elysées.

Comme chaque année, les stations de métro alentour seront fermées, les véhicules garés dans le périmètre retirés et la circulation interdite à partir de 06h30. Les policiers pourront procéder à des fouilles et des contrôles d'identité.

Un dispositif anti-drone, déjà utilisé ces deux dernières années, a été mis en place, avec détection et brouillage des aéronefs afin de "neutraliser" les engins. Par ailleurs, un drone, mis à disposition par l'Armée de l'air, permettra d'avoir "une vision globale, et de suivre en plan large les mouvements de foule".

L'espace où se déroulera un spectacle vendredi soir, sur le thème des jeux Olympiques, avec un concert classique suivi du feu d'artifice tiré depuis la Tour Eiffel, s'étendra sur le Champ-de-Mars dans "un espace barriéré, entièrement clos", où l'alcool sera interdit.

Inspiré des "fanzones" installées pendant l'Euro de football l'été dernier en France, cet espace mobilisera 1.900 effectifs des forces de l'ordre, à lui seul.
Résultat de recherche d'images pour "restaurant Jules Verne de la Tour Eiffel"
Le président Trump pourrait profiter de la première partie de la journée pour "visiter le cimetière militaire américain de Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, ou déposer une gerbe devant le mémorial de l'escadrille La Fayette érigé à Marnes-la-Coquette toujours dans les Hauts-de-Seine, en mémoire des pilotes américains engagés dans les opérations aériennes en France entre 1917 et 1918". Le président américain sera ensuite reçu à l'Élysée à 15h45 pour un "entretien bilatéral" qui débouchera sur "un point presse commun". 
Résultat de recherche d'images pour "restaurant Jules Verne de la Tour Eiffel"Le JDD et Paris Match révèlent que les couples Macron et Trump pourraient se retrouver au restaurant Jules Verne de la Tour Eiffel, le prestigieux établissement du chef Alain Ducasse. Contacté, le Palais confirme la "recherche d'un lieu extérieur", mais l'Élysée ne confirme ni n'infirme la privatisation de la Tour Eiffel.


lundi 28 décembre 2015

Ce que la chute des cours du pétrole doit à l'exploitation du gaz de schiste

Pour Hollande, la baisse du prix du pétrole, c'est gagner de l'argent en dormant

Le prix du pétrole a continué de s’effondrer en 2014


Les prix de l’or noir ont crevé les planchers,
Il est trop fort, Hollande !
atteignant leurs plus bas niveaux depuis 11 ans, alors qu'explosaient les plafonds de la crise financière et que le show médiatique de la conférence sur le climat COP21 polarisait dernièrement l'attention.
Le pétrole s’est enfoncé dans un spirale baissière et le WTI, référence américaine, a franchi la barre symbolique des 35 dollars. Sur l'année, il a perdu près de 39 %. Le baril est passé de 60 dollars en début d’année à environ 36,70 dollars fin décembre 2015.
La chute est encore plus prononcée pour le Brent de mer du Nord, référence européenne, qui accuse une baisse de plus de 44 %. Fin décembre, le baril de Brent s’échangeait contre 36,65 dollars alors qu'au début de l'année, il fallait 65 dollars pour le même baril. Ce dernier s'est même retrouvé au plus bas depuis juillet 2004 ! Il est passé, mardi 8 décembre, sous la barre des 40 dollars à la Bourse de Londres, pour la première fois depuis plus de six ans.

Le WTI a continué de s'effondrer en 2015 après le début de la chute des cours en 2014

3040506070809010002/01/201301/03/201329/04/201325/06/201321/08/201317/10/201313/12/201312/02/201410/04/201409/06/201405/08/201401/10/201426/11/201427/01/201525/03/201521/05/201520/07/201515/09/201510/11/2015en dollars
Les explications sont les mêmes qu’au moment où le pétrole a amorcé sa chute mi 2014. Une offre surabondante et une demande en baisse (liée entre autres au ralentissement de la croissance mondiale), créant un déséquilibre de nature à provoquer un effondrement des prix.

Il faut le dire, la production américaine s’est envolée grâce aux hydrocarbures non conventionnels. 

Bien qu'attaquée, cette dernière a mieux résisté que prévu à la baisse des cours. Le point mort (c’est-à-dire le prix d’équilibre entre le coût de production et le prix de vente d’un baril) s’est affaissé. Par ailleurs, les pétroliers américains se sont concentrés sur les zones les plus rentables.
Pour ne rien arranger, l’Opep, menée par l’Arabie saoudite, a poursuivi sa stratégie de défense de ses parts de marché en ne réduisant pas sa production. L’Arabie saoudite serait aussi motivée par la nécessité de gagner des parts de marché pour compenser la baisse de ses revenus. Lors de la dernière réunion de l’Opep, le 4 décembre, la mention d’un niveau de production a même disparu. Mais ce qui a vraiment plombé les cours en fin d’année, c’est la perspective d’un retour de l’Iran sur les marché après la levée des sanctions occidentales.

Est-ce que les cours vont remonter? Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, le marché devrait rester saturé au moins jusqu’à fin 2016. De fait, les acteurs du marché sont résolument pessimistes. A titre d’exemple, Goldman Sachs prévoit un baril à 20 dollars, certains investisseurs parient même sur un baril à 15 dollars. Hollande ne renonce pas pour autant à taxer les propriétaires de véhicules au diesel. 

Cette analyse dissimule un tabou 

Le terme global et flou d' "
hydrocarbures non conventionnels" est utilisé par les tenants de la 'pensée unique', dominante et hypocrite.

Sur BFMTV, Mathieu Jolivet souligne que "la baisse des prix du pétrole est une véritable aubaine pour les entreprises et les ménages". Cette année, le "contexte" a été favorable à la reprise économique, non pas grâce à la politique menée par Emmanuel Macron, si brillant ministre de l'Economie soit-il désormais dans la presse en quête d'espoir(s), mais du fait des comportements des trois indicateurs clés internationaux que sont l'euro, les taux d'intérêt et le pétrole qui mettent du beurre dans les épinards de Hollande. Même l'Allemagne d'Angela Merkel, par où devait venir la reprise, n'y est pour grand chose. Mathieu Jolivet souligne d'ailleurs que l'euro a été très bas tout au long de l'année et que l'achat dans la devise européenne devient alors très intéressant pour les investisseurs étrangers.


La baisse des prix du baril, quant à elle, a favorisé une hausse de 250 à 500 euros du pouvoir d'achat des ménages - lesquels ont profité d'environ 8 milliards inespérés - et des entreprises, mieux que le CICE et la baisse des impôts pour un petit nombre. Inutile donc que Michou Sapin enfile ses chaussettes de cardinal et Pruneau Le Roux débite ses contre-vérités coutumières, Hollande n'a rien eu à faire. Mais Valls ne va pourtant pas tarder à lui en attribuer les mérites. Va-t-il respecter un délai minimal de décence ? 


Pourquoi cette chute du pétrole ?

Le retour du pétrole iranien sur le marché explique-t-il à lui seul cette aubaine pour les ménages et les entreprises
, à la faveur du début de la levée des sanctions occidentales en juillet 2015, par six grandes puissances (dont la France et les Etats-Unis)? Il a certes permis à l'Iran - où les coûts de production sont moindres, notamment par rapport à ceux de l’Arctique - de vendre à nouveau son brut sur le marché international, mais les effets ne seront pas sensibles avant janvier 2016. Alors?
Le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire...) est-il tel que leur impact serait décisif ? En fait, on a compris dès décembre 2014 que cette dégringolade du prix de l'or noir risque aussi de ralentir la progression de ces énergies propres, malgré les engagements pris à la COP21.

L'exploitation du gaz de schiste n'apporte-t-il donc aucun bénéfice?
Ni Les Echos, ni Le Point ne brise le tabou des retombées de la production du gaz de schiste aux USA. Et pourtant l'hebdomadaire note "une forte hausse des stocks de brut aux États-Unis", sans en rechercher les causes, si ce n'est "une augmentation des puits de pétrole en activité dans le pays, avec 17 puits de plus que la semaine précédente"... Difficile (mais non impossible à Hollande) d'imposer un relèvement du prix du gazole, carburant de très loin le plus vendu en France, alors qu'il y a une semaine il valait en moyenne 1,0018 euro le litre, soit 4,59 centimes de moins par rapport à la semaine précédente, d'après les relevés hebdomadaires du ministère.

C'est le site Mediapart qui, 
dans la fièvre des derniers achats du 24 décembre, fait allusion à
cette production qui "avait fortement contribué à la baisse des cours du baril ces derniers mois," mais pour suggérer que la production des gaz et pétrole de schistes américains baissera nécessairement à partir de la mi-2016." Pour des raisons de techniques d'extraction jugées encore agressives, ce gaz naturel n'a pas l'heur de plaire aux écologistes et il est convenu qu'on ne doit pas lui reconnaître le moindre avantage.

Le gaz de schiste fait trembler le cartel du brut
L'Opep n'a pas annoncé de réductions de production de brut : la production réelle des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole se situerait autour de 32 millions de barils par jour (mbj), soit nettement plus que l'objectif officiel de 30 mbj. Le cartel n'a même pas pris la peine d'établir un nouvel objectif chiffré et cette démarche est volontaire : "Le cartel veut faire baisser les cours pour contrer le gaz de schiste américain, décourager les Etats-Unis de produire de l'or noir et tuer cette concurrence. A moins de 50 dollars le baril, certains forages ne sont plus rentables aux Etats-Unis, en Sibérie ou encore en mer du Nord."
Le gaz de schiste est tabou, mais il occupe tous les esprits.