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lundi 28 décembre 2015

Ce que la chute des cours du pétrole doit à l'exploitation du gaz de schiste

Pour Hollande, la baisse du prix du pétrole, c'est gagner de l'argent en dormant

Le prix du pétrole a continué de s’effondrer en 2014


Les prix de l’or noir ont crevé les planchers,
Il est trop fort, Hollande !
atteignant leurs plus bas niveaux depuis 11 ans, alors qu'explosaient les plafonds de la crise financière et que le show médiatique de la conférence sur le climat COP21 polarisait dernièrement l'attention.
Le pétrole s’est enfoncé dans un spirale baissière et le WTI, référence américaine, a franchi la barre symbolique des 35 dollars. Sur l'année, il a perdu près de 39 %. Le baril est passé de 60 dollars en début d’année à environ 36,70 dollars fin décembre 2015.
La chute est encore plus prononcée pour le Brent de mer du Nord, référence européenne, qui accuse une baisse de plus de 44 %. Fin décembre, le baril de Brent s’échangeait contre 36,65 dollars alors qu'au début de l'année, il fallait 65 dollars pour le même baril. Ce dernier s'est même retrouvé au plus bas depuis juillet 2004 ! Il est passé, mardi 8 décembre, sous la barre des 40 dollars à la Bourse de Londres, pour la première fois depuis plus de six ans.

Le WTI a continué de s'effondrer en 2015 après le début de la chute des cours en 2014

3040506070809010002/01/201301/03/201329/04/201325/06/201321/08/201317/10/201313/12/201312/02/201410/04/201409/06/201405/08/201401/10/201426/11/201427/01/201525/03/201521/05/201520/07/201515/09/201510/11/2015en dollars
Les explications sont les mêmes qu’au moment où le pétrole a amorcé sa chute mi 2014. Une offre surabondante et une demande en baisse (liée entre autres au ralentissement de la croissance mondiale), créant un déséquilibre de nature à provoquer un effondrement des prix.

Il faut le dire, la production américaine s’est envolée grâce aux hydrocarbures non conventionnels. 

Bien qu'attaquée, cette dernière a mieux résisté que prévu à la baisse des cours. Le point mort (c’est-à-dire le prix d’équilibre entre le coût de production et le prix de vente d’un baril) s’est affaissé. Par ailleurs, les pétroliers américains se sont concentrés sur les zones les plus rentables.
Pour ne rien arranger, l’Opep, menée par l’Arabie saoudite, a poursuivi sa stratégie de défense de ses parts de marché en ne réduisant pas sa production. L’Arabie saoudite serait aussi motivée par la nécessité de gagner des parts de marché pour compenser la baisse de ses revenus. Lors de la dernière réunion de l’Opep, le 4 décembre, la mention d’un niveau de production a même disparu. Mais ce qui a vraiment plombé les cours en fin d’année, c’est la perspective d’un retour de l’Iran sur les marché après la levée des sanctions occidentales.

Est-ce que les cours vont remonter? Selon les prévisions de l’Agence internationale de l’énergie, le marché devrait rester saturé au moins jusqu’à fin 2016. De fait, les acteurs du marché sont résolument pessimistes. A titre d’exemple, Goldman Sachs prévoit un baril à 20 dollars, certains investisseurs parient même sur un baril à 15 dollars. Hollande ne renonce pas pour autant à taxer les propriétaires de véhicules au diesel. 

Cette analyse dissimule un tabou 

Le terme global et flou d' "
hydrocarbures non conventionnels" est utilisé par les tenants de la 'pensée unique', dominante et hypocrite.

Sur BFMTV, Mathieu Jolivet souligne que "la baisse des prix du pétrole est une véritable aubaine pour les entreprises et les ménages". Cette année, le "contexte" a été favorable à la reprise économique, non pas grâce à la politique menée par Emmanuel Macron, si brillant ministre de l'Economie soit-il désormais dans la presse en quête d'espoir(s), mais du fait des comportements des trois indicateurs clés internationaux que sont l'euro, les taux d'intérêt et le pétrole qui mettent du beurre dans les épinards de Hollande. Même l'Allemagne d'Angela Merkel, par où devait venir la reprise, n'y est pour grand chose. Mathieu Jolivet souligne d'ailleurs que l'euro a été très bas tout au long de l'année et que l'achat dans la devise européenne devient alors très intéressant pour les investisseurs étrangers.


La baisse des prix du baril, quant à elle, a favorisé une hausse de 250 à 500 euros du pouvoir d'achat des ménages - lesquels ont profité d'environ 8 milliards inespérés - et des entreprises, mieux que le CICE et la baisse des impôts pour un petit nombre. Inutile donc que Michou Sapin enfile ses chaussettes de cardinal et Pruneau Le Roux débite ses contre-vérités coutumières, Hollande n'a rien eu à faire. Mais Valls ne va pourtant pas tarder à lui en attribuer les mérites. Va-t-il respecter un délai minimal de décence ? 


Pourquoi cette chute du pétrole ?

Le retour du pétrole iranien sur le marché explique-t-il à lui seul cette aubaine pour les ménages et les entreprises
, à la faveur du début de la levée des sanctions occidentales en juillet 2015, par six grandes puissances (dont la France et les Etats-Unis)? Il a certes permis à l'Iran - où les coûts de production sont moindres, notamment par rapport à ceux de l’Arctique - de vendre à nouveau son brut sur le marché international, mais les effets ne seront pas sensibles avant janvier 2016. Alors?
Le développement des énergies renouvelables (éolien, solaire...) est-il tel que leur impact serait décisif ? En fait, on a compris dès décembre 2014 que cette dégringolade du prix de l'or noir risque aussi de ralentir la progression de ces énergies propres, malgré les engagements pris à la COP21.

L'exploitation du gaz de schiste n'apporte-t-il donc aucun bénéfice?
Ni Les Echos, ni Le Point ne brise le tabou des retombées de la production du gaz de schiste aux USA. Et pourtant l'hebdomadaire note "une forte hausse des stocks de brut aux États-Unis", sans en rechercher les causes, si ce n'est "une augmentation des puits de pétrole en activité dans le pays, avec 17 puits de plus que la semaine précédente"... Difficile (mais non impossible à Hollande) d'imposer un relèvement du prix du gazole, carburant de très loin le plus vendu en France, alors qu'il y a une semaine il valait en moyenne 1,0018 euro le litre, soit 4,59 centimes de moins par rapport à la semaine précédente, d'après les relevés hebdomadaires du ministère.

C'est le site Mediapart qui, 
dans la fièvre des derniers achats du 24 décembre, fait allusion à
cette production qui "avait fortement contribué à la baisse des cours du baril ces derniers mois," mais pour suggérer que la production des gaz et pétrole de schistes américains baissera nécessairement à partir de la mi-2016." Pour des raisons de techniques d'extraction jugées encore agressives, ce gaz naturel n'a pas l'heur de plaire aux écologistes et il est convenu qu'on ne doit pas lui reconnaître le moindre avantage.

Le gaz de schiste fait trembler le cartel du brut
L'Opep n'a pas annoncé de réductions de production de brut : la production réelle des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole se situerait autour de 32 millions de barils par jour (mbj), soit nettement plus que l'objectif officiel de 30 mbj. Le cartel n'a même pas pris la peine d'établir un nouvel objectif chiffré et cette démarche est volontaire : "Le cartel veut faire baisser les cours pour contrer le gaz de schiste américain, décourager les Etats-Unis de produire de l'or noir et tuer cette concurrence. A moins de 50 dollars le baril, certains forages ne sont plus rentables aux Etats-Unis, en Sibérie ou encore en mer du Nord."
Le gaz de schiste est tabou, mais il occupe tous les esprits.

mardi 16 décembre 2008

Inflation : recul favorable au pouvoir d’achat indispose une certaine presse

Du mauvais esprit à l’intox d’agences de presse
Quand le débat avance, l’opposition et sa presse militante parlent de recul du gouvernement.
Ainsi, plutôt que de louer l’écoute du pouvoir exécutif, ses compromis et ses délais supplémentaires de réflexion et de discussions, en interne aussi bien qu’avec les partenaires sociaux, la gauche critique et parasite le dialogue et l’opinion.
Prenons l’exemple de l’inflation en France.

La presse brouille les faits

La rhétorique perfidie des titres rend-elle justice à la vérité ?
> Reuters : « L'inflation à un plus bas de 14 mois en novembre »
Ne va-t-on pas penser que si l’inflation est « au plus bas », le pouvoir d’achat est au plus mal ?
> A*P : « France: l'inflation recule de 0,5% en novembre grâce à la chute du pétrole »
Cette agence admet que ses clients sont des professionnels et sont familier de la terminologie économique. Elle ne rechigne donc pas autant que R**ters à révéler les faits, mais nie l’action de la politique gouvernementale et suggère que la chute du pétrole y serait seule pour quelque chose. N’est-ce pas du mauvais esprit, puisque R**ters précise que cette baisse favorable au pouvoir d’achat des Français dure depuis14 mois.
Et comment R**ters nous réveille-t-elle aux aurores ? « La décélération de l'inflation en France s'est accélérée en novembre… » Ne pas lire les dépêches de cette agence avant le petit noir du matin !
> L’A* : « Les prix à la consommation en baisse de 0,5% en novembre »
Et tout à coup, la vérité des faits n’est plus brouillée ni par une terminologie absconse ni par une interprétation tendancieuse et malveillante.
Il faut rappeler que, selon que les journalistes paresseux reprendront de préférence l’une ou l’autre de ces présentations des faits, l’opinion sera informée ou manipulée.
Dès lors, les informations qui suivent seront, seront, pour les lecteurs, irritantes et allergisantes ou positives et dynamisantes.

Malgré la récession
La baisse des prix à la consommation en France est encore de 0,5% en novembre par rapport à octobre et les prix sur un an n’ont pas progressé de plus de 1,6%, contre 2,7% le mois précédent, a annoncé mardi l'Insee.
"La forte baisse de l'indice des prix à la consommation en novembre reflète essentiellement celle des prix de l'énergie. Sur un an, le ralentissement des prix est d'autant plus important que ceux de l'énergie étaient en forte hausse en novembre 2007", commente l'Institut national de la statistique.
> En novembre, les prix de l'énergie ont ainsi reculé de 5,5% par rapport à octobre et la baisse atteint 8,8% pour les seuls produits pétroliers. Par rapport à novembre 2007, les prix des produits pétroliers sont en baisse de 5,4%.
L'inflation "sous-jacente", c'est-à-dire hors tarifs publics et produits dont les prix sont très volatiles, comme le pétrole ou les matières premières, s'accroît de seulement 0,1% en novembre, soit une progression de 1,9% sur un an, indique l'Insee.

Les agences réunies ne vont pas tarder à titrer sur la baisse du prix du gazole et de l’essence à la pompe ?

>
Le prix du gazole, carburant le plus consommé en France, est tombé sous la barre de 1 euro le litre la semaine dernière en France, pour la première fois depuis le 19 janvier 2007, a indiqué lundi l'Union française des industries pétrolières (Ufip).
Baisse des prix du carburant, mais pour dire que ce n’est pas assez et les Français seront d’accord.

>
Mais il est sûr que les mêmes ne feront pas grand tapage de l’information l'agence de presse Isna selon laquelle l’Iran, deuxième producteur de l'OPEP, a déclaré dimanche qu'il demanderait une réduction de 1,5 à 2 millions de barils par jour de la production du cartel lors de sa réunion extraordinaire prévue à Oran (Algérie) le 17 décembre.
Début décembre, le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah el-Badri, avait déclaré que le cartel (Algérie, Angola, Equateur, Iran, Indonésie (membre sortant), Irak, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis et Venezuela) allait décider d'une réduction "majeure" de son offre à la réunion d'Oran. Combien, parmi eux, de pays amis, solidaires et socialistes?

lundi 16 juin 2008

Journée d’action : les routiers ne roulent plus pour nous ?

Opération ‘escargots’ : sont-ils vraiment sympas ?

Que, pour changer, ils ne déboîtent pas quand ça leur chante, au mépris des petites berlines, on appréciera ! Qu’ils manifestent plutôt que de faire leur cuisine tout en roulant, et çà nous sécurise ! Qu’ils n’imposent pas leur masse aux Fiat Panda et c’est tant mieux ! Qu’ils ne nous serrent plus et nous demandons pourquoi pas demain encore ! Mais aujourd’hui comme hier, s’ils roulent à deux ou trois de front pour se tenir compagnie ou sans parvenir à se doubler, çà nous connaissons !

L'action nationale menée par les routiers, taxis et ambulanciers pour demander des aides accrues face à la hausse des prix du carburant a perturbé la circulation dans les grandes villes françaises et sur des dizaines d'axes routiers.
Cette journée de mobilisation est reconductible et les actions organisée par les trois principales organisations patronales FNTR, TLF et Unostra, pourraient se poursuivre mardi.

Les routiers ont du tact !

Lancées après 09h00 pour ne pas gêner les épreuves du baccalauréat, les opérations "escargot" ont touché notamment Lille, Nice, Bordeaux, Strasbourg, Marseille, Lyon, Toulouse, Montpellier, Nancy, Metz, Mulhouse où ont été signalés d'importants embouteillages. Le nombre fait la force et donne du courage à ceux qui n’en ont pas.
A Paris, un cortège d'une centaine d'ambulanciers a perturbé dans la matinée la circulation sur le périphérique et s'est rendu devant le ministère de la Santé.
En milieu de journée partout en France, sur les autoroutes et routes nationales, le Centre national d'informations routières (CNIR) aurait compté plus d'une vingtaine d'opérations "escargot" de routiers menées avec plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de camions. C’est un comptage Marseillais à l’échelle nationale : on en a vus qui ont vu quelqu’un qui en a vus mille !

Ils sont courageux, les routiers !

De nombreuses localités moyennes comme Epinal, Sarreguemines, Auch, Tarbes, Cahors, Niort, Poitiers sont également touchées. Un barrage filtrant pour les camions a été mis en place au poste-frontière franco-espagnol du Perthus.

Ils pensent à nous, les routiers !

Ils invitent la population à se soulever et cela sans la moindre arrière pensée politique, car leur pouvoir d’achat et l'intérêt général seuls les motivent : rien de politique dans cette ‘colère saine’ "Tous otages du carburant", pouvait-on lire pourtant sur une banderole à l'avant d'un camion. La protestation s'est élargie aux thèmes des tarifs autoroutiers et à celui des charges sociales. C'est le ‘vent de révolte’ annoncé par la météorologiste picto-charentaise.

Pour les routiers, ‘on rase gratis’

"Allégez les charges salariales des entreprises", "Non au racket des autoroutes", pouvait on lire sur les pare-brises des camions engagés dans les opérations sur le périphérique de Lyon.

"On ne veut pas mourir" quand on est routier

"On ne veut pas mourir, on veut rester compétitif par rapport à nos concurrents européens (...). Nous demandons au gouvernement de mettre en place des mesures à court terme qui nous aident à passer les six prochains mois", a déclaré Pierre Sibut, président du syndicat FNTR en Rhône-Alpes.


Leur parabole n’est pas orientée sur l’Arabie Saoudite ?
"Pour nous, c'est l'opération de la dernière chance. Les mesures du gouvernement sont insuffisantes. Il faut des mesures urgentes sans quoi beaucoup d'entreprises vont mourir", a dit Marie Héraud, également responsable FNTR en …Poitou-Charentes. Aurait-elle justement orienté par hasard sa soucoupe sur l’émetteur de Sa Cynique Majesté Royal ? L’Arabie Saoudite s’est pourtant désolidarisée des pays producteurs de l’OPEP et annonce qu’elle augmente sa production au 1er juillet, et ça ne suffit pas aux routiers et routières de Melle ?

La Fédération nationale des artisans taxis (FNAT) a annoncé avoir organisé ses propres manifestations. Elle déclare dans un communiqué "ne pas exclure un mot d'ordre national et interprofessionnel à brève échéance". Va-t-elle aussi conseiller à ses adhérents d’alléger leur parc automobile : s’ils vendaient leurs grosses berlines allemandes pour acheter des petites 7CV, tout le monde s’en porterait mieux.

Des routiers essaient d’obtenir un maximum du gouvernement.

Pour cela, la FNTR est en pointe. Les avantages acquis sont obtenus en période de crise : il ne faut pas manquer une occasion comme celle-ci! Le plan gouvernemental annoncé au début du mois prévoit essentiellement des reports d'échéances.

Le secrétaire d'Etat aux Transports, Dominique Bussereau, a annoncé le 5 juin

1- l'étalement des délais de paiement des charges fiscales et sociales des entreprises de transport,

2- un remboursement anticipé par l'Etat de la TIPP (Taxe intérieure sur les produits pétroliers).
Essentiellement’ ne signifie pas ‘seulement
Le gouvernement a en outre favorisé l'adoption par l'Assemblée de

3- une disposition réclamée par la profession ( !) favorisant la répercussion de la hausse du coût du gazole sur …les clients des transporteurs. Sur nous ! Alors, ils sont sympas les routiers, ou non ?
4- Il prévoit enfin une discussion sur le temps de travail en juillet avec les syndicats et organisations professionnelles . Dominique Bussereau doit recevoir à nouveau les organisations de transporteurs jeudi.

Sur les marchés lundi, l'annonce de l'augmentation de la production saoudienne de 200 000 barils par jour en juillet n'est pas parvenue à freiner les cours mondiaux du pétrole qui franchissent encore une fois de nouveaux records, approchant les 140 dollars le baril.

jeudi 22 mai 2008

La hausse du pétrole frappe tout le monde

Le prix du pétrole atteint un nouveau record à 133 dollars le baril
Comme partout en Europe, l’économie de la France est plombée par l’ascension vertigineuse du prix du baril de pétrole. Il a atteint un nouveau record aujourd'hui jeudi, repassant au-delà de la barre des 135 dollars sur fond d'inquiétudes sur les stocks, de hausse de la demande et de baisse du dollar.
Le prix du brut pour les livraisons de juillet est monté jusqu'à 135,09 dollars jeudi, avant de se replier à 133,35 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le marché des matières premières, 18 cents de plus qu'à la fermeture mercredi.
A Londres également un nouveau record a été battu, avec 135,14 cents pour le brut sur le marché ICE Futures. Le prix s'est replié à 132,68 dollars dans l'après-midi, en baisse de deux cents par rapport à la fermeture mercredi.

Qu’est-ce qui explique cette hausse et que les investisseurs s'affolent des disponibilités à court et à long terme, de la passivité de l'Opep et de la fonte des stocks US.
La récente hausse des prix se nourrit du sentiment que l'écart entre offre et demande ne cesse de se resserrer au fil des mois: alors que la demande connaît un essor ? semble-t-il irrésistible dans les pays émergents, la croissance de l'offre patine.
"La Chine consomme aujourd'hui moins de pétrole par personne que les Etats-Unis en 1905 (...). Si la Chine et l'Inde devaient porter leur consommation par tête au niveau actuel des Etats-Unis, ces deux pays à eux seuls auraient besoin de 160 millions de barils par jour, deux fois plus que l'offre disponible aujourd'hui", soulignait ainsi Robin Batchelor, gérant d'un fond spécialisé du groupe BlackRock.
"Les chiffres des douanes chinoises publiés ce matin (jeudi) ne montraient pas de signe que l'appétit vorace du pays pour les produits pétroliers diminue", ajoutaient les analystes de la banque Barclays Capital.

L'annonce mercredi d'une fonte inattendue des stocks de brut (de 5,4 millions de barils) aux Etats-Unis la semaine dernière n'a fait que renforcer ces craintes.
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) soutient pourtant que le marché est correctement approvisionné et persiste à ne pas vouloir augmenter son offre, ignorant les appels ou les menaces des Etats-Unis.
Le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah el-Badri, a affirmé mercredi à Quito que le marché pétrolier était devenu "complètement fou", jetant le blâme sur les spéculateurs - un thème cher au cartel pétrolier - et sur la dépréciation du dollar. "L'économie américaine est en récession, le dollar se déprécie, ce qui affecte le prix du pétrole en le faisant monter", a-t-il déclaré.

Hors-Opep, de nombreux producteurs, comme la Norvège, le Mexique, les Etats-Unis, font face à un épuisement des gisements. Et la production de la Russie, deuxième producteur mondial derrière l'Arabie saoudite, plafonne depuis janvier, bien que le Premier ministre, Vladimir Poutine, ait promis de la stimuler en allégeant un régime fiscal "punitif" pour les majors.

Les perspectives sont encore plus sombres pour l'avenir. D'après le Wall Street Journal, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) prépare un rapport pour le mois de novembre estimant que la production devrait à peine dépasser les 100 millions de baril par jour (mbj) en 2030, loin des 116 mbj sur lesquels l'AIE misait jusqu'à présent pour cet horizon.
Ces craintes sur l'avenir se traduisent par une explosion des prix à long terme. Le pétrole vendu en décembre 2016 - le contrat le plus éloigné disponible à New York - a atteint mercredi le prix jamais vu de 142,09 dollars.
Les experts soulignaient par ailleurs le rôle joué par les analystes des grandes banques de la City londonienne ou de Wall Street: les révisions à la hausse des prix publiées récemment par les banques d'investissement semblent fonctionner comme autant de prophéties auto-réalisatrices.
Les analystes de la banque Goldman Sachs - qui avaient dès 2005 prédit un baril à 100 dollars - avaient annoncé le 5 mai que le baril pourrait toucher 150 dollars d'ici à deux ans.

Le gouvernement doit donc faire face et compter sur le civisme de tous les Français. Les corporations les premières touchées doivent considérer que le tour des autres va venir et que les plus défavorisés ne sont pas nécessairement ceux qui bloquent déjà les accès au pétrole et affament leurs concitoyens.
Il ne faudra pas compter sur la gauche pour apporter son soutien au gouvernement. Est-ce trop demander à une opposition qui se gargarise de solidarité ?