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vendredi 14 septembre 2018

L'inflation d'août sanctionne la politique de Macron et affaiblit notre pouvoir d'achat

En août 2018, l'indice des prix à la consommation rebondit à + 0,5 % sur un mois

Le panier de la ménagère de plus en plus cher
L'échelle mobile des salaires (indexation des salaires sur les prix) : 
quand les prix augmentent, les salaires suivent.
Août 2018 : l'inflation est de 2.3% par rapport à août 2017Sur un mois, la variation de l'indice des prix est de 0.5%
Les prix des produits alimentaires accélèrent (+0,3, % après +0,1 %), dans le sillage de ceux des produits alimentaires hors produits frais, ce qui invalide partiellement l'explication tordue selon laquelle ce rebond proviendrait d'une hausse saisonnière des prix des produits manufacturés (+1,1% après -2,8 %), après les soldes d'été sur le territoire métropolitain.

Un autre amalgame des experts partisans associe les prix des services qui ralentissent nettement (+0,3 % après +1,1 %), en lien avec le repli saisonnier des prix des ...transports aériens, aussi ben qu'au recul des prix des services de communication.

La manip continue avec la correction magique tenant compte des variations saisonnières. Les prix à la consommation en août ralentissent  à +0,1 % sur un mois - en pleine saison touristique quand les prix flambent - après +0,3 % en juillet. A croire donc qu'au final, la hausse du taux d'inflation serait nulle, voire négative !
Sur un an, les prix à la consommation augmentent de 2,3 %, comme le mois précédent. Circulez, il n'y a rien à voir, selon les analystes.

Des analystes concluent ainsi à la stabilité de l'inflation.
Elle résulte d'un ralentissement sur un an des prix de l'énergie compensé par une accélération des prix de l'alimentation.
Les prix des services augmentent au même rythme que le mois précédent et ceux des produits manufacturés reculent de 0,1 %, comme en juillet.

Même que l'inflation sous-jacente sur un an serait ...stable à +0,9 %, comme le mois précédent. Si votre bourse se vide, c'est une illusion !
Pourtant, l'indice des prix à la consommation ..."harmonisé" (IPCH) se redresse (+0,5 % en août après -0,1% en juillet) ; sur un an, il croît même de 2,6 %, mais comme le mois précédent.
Ralentissement des prix de l'énergie sur un an. Il n'est donc pas question du prix des carburants à la pompe : ils se sont envolés, sans incidence pour les experts... 
A les en croire, l'inflation énergétique recule en août 2018, après quatre mois consécutifs de hausse (+13,0 % sur un an après +14,3 % en juillet).


L'automobiliste constate le contraire, mais ils nous assurent que les prix des produits pétroliers décélèrent (+20,1 % sur un an après +21,8 %) et ceux de l'électricité ralentissent nettement (+0,3 % après +2,1 %) du fait d'une baisse des tarifs sur le mois.
En revanche, les prix du gaz accélèrent de nouveau (+19,8 % sur un an après +18,8 %). Un détail...

Stabilité de l'inflation, malgré l'accélération des prix de l'alimentation sur un an ?

En août 2018, les prix de l'alimentation sont en hausse de +2,2 % sur un an
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Le panier moyen de la ménagère est-il toujours
à 136,07€ (2016)?
après +1,9 % le mois précédent.
Les prix des produits frais augmentent davantage (+6,9 % sur un an après +6,4%), du fait d'un net rebond des prix des pommes de terre, alors que ceux des légumes frais (+9,8 % après +10,1 %) et des fruits frais (+7,4% après +8,0 %) ralentissent sur un an.
Hors produits frais, les prix de l'alimentation accélèrent à +1,4 %, hausse la plus élevée depuis décembre 2012, du fait du dynamisme des prix des boissons (alcoolisées comme non alcoolisées).
Stabilité de l'inflation dans les services

Les prix des services augmentent de 1,3 %, sur un an, comme le mois précédent.
Les prix des transports se renchérissent de nouveau (+1,9 % sur un an après +1,4 %) en particulier ceux des transports aériens (+3,5 % sur un an après +1,0 %).
De même, pour le deuxième mois des vacances d'été, les prix des services d'hébergement accélèrent à +6,9 % sur un an, après +5,7 % en juillet.
Les prix des services de santé sont plus dynamiques qu'en juillet (+0,7% sur un an).
En revanche, les prix des services de communication se replient après trois mois de hausse (-0,9 % sur un an après +0,7 %) en lien avec des offres promotionnelles sur les forfaits mobiles et les services groupés de télécommunication.
Enfin, les prix des services liés au logement (loyers, eau et enlèvement des ordures ménagères) reculent de 0,3 %, comme en juillet.

Les prix des produits manufacturés baissent de 0,1 %, sur un an, comme le mois précédent.
Les prix de l'habillement et des chaussures augmentent de 0,8 % sur un an, comme en juillet 2018.
Les prix des "autres produits manufacturés" accélèrent légèrement (+0,2 % sur un an après +0,1 %) : la hausse accentuée des prix des voitures neuves (+2,6 % sur un an après +2,3 %) est en partie compensée par un recul plus marqué des prix des appareils ménagers (-1,4 % sur un an après -0,7 %) et des téléphones (-9,0 % après -7,7 %).
Par ailleurs, les prix des produits de santé baissent de 2,2 % sur un an pour le troisième mois consécutif.

Les évolutions sur un mois et sur un an de l'IPC sont confirmées, par rapport aux estimations provisoires publiées le 31 août 2018,.
L'évolution sur un mois de l'IPCH est toutefois révisée à la baisse de 0,1 point et celle sur un an est inchangée.
Source: INSEE

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L'échelle mobile des salaires a été introduite en France en juillet 1952 sous la présidence de Vincent Auriol (SFIO) par le gouvernement Antoine Pinay.

Elle a été supprimée par Mitterrand (PS) en 1982, quand il a entamé le tournant de la rigueur. Jacques Delors (PS et père de Martine Aubry) était ministre des Finances, dans le deuxième gouvernement de Pierre Mauroy (PS).Plutôt que de rétablir l'indexation des salaires sur les prix, Macron promet un "plan pauvreté" qui règlera les inégalités sociales. Or,  au micro de RTL ce 27 août 2018, le ministre de l'Economie défendait son projet de désindexation des pensions de retraite...

mercredi 5 août 2009

Epargne - Le livret A est en sursis à 1,25%

Au lieu de 0,25%, le livret A passe à 1,25%, Le gouvernement est intervenu pour limiter la baisse du taux du Livret A et ménager les épargnants.

Suivant la procédure, le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, devait transmettre une proposition de taux au ministre de l'Economie, dans les quatre jours ouvrés à compter du 15 juillet. Si les critères qui déterminent ce taux — et notamment l’indice des prix — avaient été mécaniquement appliqués, la rémunération du livret A aurait théoriquement dû être ramenée à 0,25%, au vu des derniers chiffres de l'inflation, mais le Livret passe le 1er août de 1,75% à 1,25%.

Ce taux, que suivent de près 54 des 64 millions de français, résulte d'une moyenne entre l'inflation et les taux d'intérêt interbancaires. Or, ces deux indicateurs (Eonia et Euribor, taux auxquels les banques se prêtent de l'argent)sont fortement orientés à la baisse.
Les prix à la consommation en France ont ainsi reculé de 0,5% sur un an pour le deuxième mois consécutif en juin, selon les données publiées jeudi par l'INSEE.

"L'aspect psychologique" pris en compte pour la décision

La formule d'ajustement automatique du taux du Livret A, instaurée en 2003 pour dépolitiser ce sujet très sensible, n'a donc pas été suivie. Le gouvernement a déjà dérogé trois fois à la formule depuis janvier 2008 pour ne pas pénaliser les épargnants (si le taux est trop bas) ou le financement du logement social (si le taux est trop haut).
"L'aspect psychologique, qui peut jouer dans des niveaux de taux nominaux extrêmement bas", a expliqué le gouverneur, Christian Noyer. De 4% en août 2008, le taux du Livret A est tombé à 2,5% en février 2009, puis 1,75% en avril, ce qui a conduit à un net ralentissement de la collecte et même à une collecte négative en mai (retraits supérieurs aux dépôts).

Décollecte sur le Livret A et le LDD, en juin

Les baisses successives du taux du livret A ont conduit à un net ralentissement des dépôts, et même à des retraits supérieurs aux dépôts.
Le livret A et le livret de développement durable (LDD), l'ancien Codevi, ont enregistré une décollecte de 1,9 milliard d'euros en juin, signant un deuxième mois consécutif de sortie d'épargne.

Ce mouvement récent de désaffection doit toutefois s'apprécier au regard de la popularité du Livret A qui a atteint des sommets en janvier
quand toutes les banques ont pu commercialiser ce produit sur lequel les Caisses d'Épargne et la Banque Postale jouissaient d'un monopole de distribution. Près de 8 millions de livrets A ont été ouverts depuis le début de l'année, alors qu'environ 46 millions de livrets étaient déjà en circulation fin 2008.

La Caisse des dépôts précise que la collecte reste néanmoins positive sur les deux livrets d'épargne, à 20,3 milliards d'euros, sur les six premiers mois de l'année.
Le livret A, ouvert à la commercialisation dans toutes les banques françaises depuis le 1er janvier 2009, et le LDD, ont déjà vu leur encours reculer de 1,6 milliard d'euros en mai dernier lorsque le taux d'intérêt du livret A est tombé à 1,75% contre 2,5% en février et 4% en août 2008.

Pour ne pas pénaliser davantage l'épargne et l'économie, le ministère français de l'Economie et la Banque de France ont d'ailleurs décidé le 16 juillet de limiter la baisse du taux de rémunération du livret A applicable à compter du 1er août.
Certains économistes ont estimé qu'une rémunération sous la barre symbolique de 1% aurait incité les épargnants à s'écarter du livret A, placement qui sert notamment à financer l'habitat social. Le taux sest donc ramené à 1,25%, son plus bas niveau depuis la création de ce produit d'épargne en 1818.


Christine Lagarde, la ministre de l'Économie, a suivi les recommandations du gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui avait invoqué des "circonstances exceptionnelles" à l'appui de cette nouvelle dérogation au mode de calcul théorique, la 4e depuis un an et demi. "Descendre à 0,25 % n'aurait pas été raisonnable (...) compte tenu de la nécessité de bien rémunérer l'épargne des Français par le biais du Livret A", a expliqué Mme Lagarde.

Le livret A garde son attrait
M
ême si le PEL et l’assurance-vie le concurrencent, et grâce à la baisse de l’inflation.

  • Une rémunération supérieure à l’inflation

    Malgré cette baisse, le livret A demeure attractif. « Le taux du livret A est beaucoup plus rémunérateur en termes réels [c’est-à-dire si l’on tient compte de l’inflation] à 1,25 % qu’à 4 % il y a un an. A l’époque, la variation des prix à la consommation s’élevait à 3,6 % et la rémunération nette du livret était donc de 0,4 %. Avec une inflation nulle aujourd’hui, le gain des détenteurs du livret sera donc de 1,25 % à partir du 1er août », explique Cyril Blesson, directeur de la recherche économique et institutionnelle au cabinet Seeds Finance.
  • Des financements moins onéreux pour le logement social et les PME

    Cette baisse va également contribuer à « réduire de nouveau le coût des ressources finançant le logement social et les PME »
    , a fait valoir Christian Noyer, le gouverneur de la Banque de France. Une partie des fonds du livret A est en effet transformée en prêts aux HLM, tandis que les fonds du livret de développement durable (LDD, ex-Codevi), dont le taux suit celui du livret A, servent au financement des PME.
  • L’assurance vie, le PEL et le futur emprunt d’Etat plus attractifs

    Cette nouvelle réduction va provoquer une réaffectation de l’épargne des Français. Si la baisse de sa rémunération au printemps dernier a cependant entraîné une décollecte de 1,6 milliard d’euros, depuis le 1er janvier, date à laquelle toutes les banques ont eu le droit de le distribuer, 8 millions de livrets ont été ouverts.
    A partir du 1er août, des produits comme le PEL, dont la rémunération ne change pas, retrouveront tous leurs attraits. Tout comme l’assurance-vie en euros ou l’emprunt d’Etat que se prépare à lancer le gouvernement. Aussi sûrs que le livret A, mais plus rémunérateurs.

    Le taux du Livret A est susceptible de révision les 1er février, mai, août et novembre.
  • mardi 16 décembre 2008

    Inflation : recul favorable au pouvoir d’achat indispose une certaine presse

    Du mauvais esprit à l’intox d’agences de presse
    Quand le débat avance, l’opposition et sa presse militante parlent de recul du gouvernement.
    Ainsi, plutôt que de louer l’écoute du pouvoir exécutif, ses compromis et ses délais supplémentaires de réflexion et de discussions, en interne aussi bien qu’avec les partenaires sociaux, la gauche critique et parasite le dialogue et l’opinion.
    Prenons l’exemple de l’inflation en France.

    La presse brouille les faits

    La rhétorique perfidie des titres rend-elle justice à la vérité ?
    > Reuters : « L'inflation à un plus bas de 14 mois en novembre »
    Ne va-t-on pas penser que si l’inflation est « au plus bas », le pouvoir d’achat est au plus mal ?
    > A*P : « France: l'inflation recule de 0,5% en novembre grâce à la chute du pétrole »
    Cette agence admet que ses clients sont des professionnels et sont familier de la terminologie économique. Elle ne rechigne donc pas autant que R**ters à révéler les faits, mais nie l’action de la politique gouvernementale et suggère que la chute du pétrole y serait seule pour quelque chose. N’est-ce pas du mauvais esprit, puisque R**ters précise que cette baisse favorable au pouvoir d’achat des Français dure depuis14 mois.
    Et comment R**ters nous réveille-t-elle aux aurores ? « La décélération de l'inflation en France s'est accélérée en novembre… » Ne pas lire les dépêches de cette agence avant le petit noir du matin !
    > L’A* : « Les prix à la consommation en baisse de 0,5% en novembre »
    Et tout à coup, la vérité des faits n’est plus brouillée ni par une terminologie absconse ni par une interprétation tendancieuse et malveillante.
    Il faut rappeler que, selon que les journalistes paresseux reprendront de préférence l’une ou l’autre de ces présentations des faits, l’opinion sera informée ou manipulée.
    Dès lors, les informations qui suivent seront, seront, pour les lecteurs, irritantes et allergisantes ou positives et dynamisantes.

    Malgré la récession
    La baisse des prix à la consommation en France est encore de 0,5% en novembre par rapport à octobre et les prix sur un an n’ont pas progressé de plus de 1,6%, contre 2,7% le mois précédent, a annoncé mardi l'Insee.
    "La forte baisse de l'indice des prix à la consommation en novembre reflète essentiellement celle des prix de l'énergie. Sur un an, le ralentissement des prix est d'autant plus important que ceux de l'énergie étaient en forte hausse en novembre 2007", commente l'Institut national de la statistique.
    > En novembre, les prix de l'énergie ont ainsi reculé de 5,5% par rapport à octobre et la baisse atteint 8,8% pour les seuls produits pétroliers. Par rapport à novembre 2007, les prix des produits pétroliers sont en baisse de 5,4%.
    L'inflation "sous-jacente", c'est-à-dire hors tarifs publics et produits dont les prix sont très volatiles, comme le pétrole ou les matières premières, s'accroît de seulement 0,1% en novembre, soit une progression de 1,9% sur un an, indique l'Insee.

    Les agences réunies ne vont pas tarder à titrer sur la baisse du prix du gazole et de l’essence à la pompe ?

    >
    Le prix du gazole, carburant le plus consommé en France, est tombé sous la barre de 1 euro le litre la semaine dernière en France, pour la première fois depuis le 19 janvier 2007, a indiqué lundi l'Union française des industries pétrolières (Ufip).
    Baisse des prix du carburant, mais pour dire que ce n’est pas assez et les Français seront d’accord.

    >
    Mais il est sûr que les mêmes ne feront pas grand tapage de l’information l'agence de presse Isna selon laquelle l’Iran, deuxième producteur de l'OPEP, a déclaré dimanche qu'il demanderait une réduction de 1,5 à 2 millions de barils par jour de la production du cartel lors de sa réunion extraordinaire prévue à Oran (Algérie) le 17 décembre.
    Début décembre, le secrétaire général de l'OPEP, Abdallah el-Badri, avait déclaré que le cartel (Algérie, Angola, Equateur, Iran, Indonésie (membre sortant), Irak, Koweït, Libye, Nigeria, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis et Venezuela) allait décider d'une réduction "majeure" de son offre à la réunion d'Oran. Combien, parmi eux, de pays amis, solidaires et socialistes?

    jeudi 24 janvier 2008

    Le travail du dimanche, un marché de dupes

    Tous comptes faits…
    Dans la vaste zone commerciale de Plan-de-Campagne (400 commerces), située à mi-chemin de Marseille et d’Aix-en-Provence, l’exception est devenue la règle. Après trente-cinq ans de cache-cache avec la loi et d’arrangements à coups d’accords préfectoraux, la zone devait réintégrer le champ légal en 2002. Mais une dérogation supplémentaire de cinq années avait alors été accordée, à la condition, vite oubliée par les grandes enseignes, de préparer le retour à la normale: cinq années n'auront donc pas suffit, probablement avec la meilleure volonté du monde.
    Début 2007, c’est en effet le retour au point de non-droit. Car, de nouveau, le préfet Frémont (maintenant directeur de cabinet de Jean-Louis Borloo) lâche un délai supplémentaire de six mois à vingt-six enseignes -But et Darty (filiales du britannique KESA), Castorama (du non moins britannique Kingfisher plc, comme Brico Dépôt), H&M (Suédois), Leroy-Merlin et Decathlon (groupe français Auchan de la famille Mulliez), Fly et Atlas (Groupe Rapp, premier franchiseur de l'ameublement et troisième distributeur de meubles français), etc… « La fermeture brutale serait extrêmement dommageable pour les entreprises et donc pour l’emploi », assure Christian Frémont. Le préfet prend, en toute conscience, un arrêté illégal. Il le sait puisqu’il ajoute : « Il ne fera effet que si personne ne demande son annulation. » Les syndicats portent alors l’affaire devant la justice.
    En avril 2007, le tribunal administratif de Marseille annule les autorisations d’ouverture dominicale. Trois mois plus tard, le nouveau préfet, Michel Sappin, ressort la baguette magique des dérogations (au nombre de 45). « Toute autre décision serait catastrophique pour la zone », justifie-t-il, reprenant l’argumentaire du patronat local et du député UMP de la circonscription, Richard Mallié. Selon ces derniers, les commerces de Plan-de-Campagne réaliseraient le dimanche le tiers de leurs chiffres d’affaires et 70 % des achats sont exclusifs à cette journée. Il suffirait donc d’ouvrir tous les magasins de France et de Navarre le dimanche pour que les consommateurs retrouvent du pouvoir d’achat ! Et comme ce sont des biens de première nécessité qui sont les premiers concernés-les secteurs de l'ameublement et de l'électroménager!-, le surendettement est promis à un bel avenir, son envol est assuré…
    Qu’en pensent les salariés ? Dans un grand magasin d’ameublement de la zone, les avis sont partagés. Un jeune caissier : « Moi, je n’ai pas de famille. Travailler le dimanche ne me dérange pas. Et comme ça nous fait du salaire supplémentaire… Il faut nous laisser cette possibilité. C’est un choix. » Un vendeur : « J’en ai plein le dos du dimanche. Je n’ai plus de vie de famille. Je ne travaille pas le lundi et le mardi matin, mais mes enfants sont à l’école. » Faudra-t-il fermer les écoles le mardi matin pour que les enfants rencontrent leurs parents? « Le volontariat, c’est du pipeau, bondit le vendeur. Quand on est embauché, le dimanche fait partie du contrat. Si on ne veut pas travailler ce jour-là, on n’est pas embauché. » Un peu plus loin, un magasin de chaussures. « Nous, on a le choix de travailler le dimanche. Notre priorité, c’est d’être payés plus », assure la responsable, tandis que les vendeuses regardent… le bout de leurs chaussures. Un magasin d’électroménager, maintenant. Un vendeur : « On n’a pas le choix mais, moi, je veux travailler le dimanche. Ça nous fait des primes. » Un collègue : « Ben oui, s’il n’y avait pas les primes, je ne vois pas pourquoi on viendrait le dimanche. Vous croyez que ça nous fait plaisir ? » Leur salaire : le SMIC.
    Rappelons d'une part que les trois demi-journées du lundi et du mardi matin, la zone de Plan-de-Campagne est 'ville' morte. Les travailleurs en profitent pour compter les sous qu'ils vont pouvoir ré-insuffler dans le marché et dans l'achat de biens superflus. Leur vision d'un bonheur frelaté s'en trouve renforcée, avec les déceptions qu'il fait naître. Les vies de couples et de famille ne s'en trouvent pas consolidée et l'endettement des ménages risque fort de s'aggraver.
    Si deux demi-journées le dimanche rapportent plus que trois la semaine, d'une part la logique du "travailler plus pour gagner plus" est contredite, et d'autre part, le problème des charges sociales mais aussi des salaires bas justifiés par des primes est soulevé. Admettre ainsi que le travail du dimanche contribue à l'augmentation des coûts supportés par les consommateurs par le biais des prix à la consommation, c'est aussi reconnaître que le pouvoir d'achat des consommateurs (le plus grand nombre) est sciemment sacrifié au pouvoir d'achat d'un petit nombre de travailleurs -par ailleurs consommateurs- et des marges bénéficiaires de quelques grandes enseignes.
    Au total, qui gagnera en pouvoir d'achat et qui en perdra? C'est un marché de dupes qui est proposé, aux uns et aux autres.