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lundi 6 juillet 2020

Investigations autour de Samia Ghali sur des soupçons de fraude aux procurations


Printemps marseillais pourri: l'alliée de Rubirola assure être non polluante 

L'union des gauches, un poisson qui pourrit déjà par la tête


Des soupçons de fraudes aux procurations dans l’entourage de Samia Ghali occupent les inspecteurs de la police judiciaire de Marseille. 
Les élections municipales à Marseille qui ont porté le 'Printemps marseillais' samedi à la mairie, en la personne de l'écologiste Michèle Rubirola, les rebondissements continuent avec ces soupçons de fraude aux procurations. 

La sénatrice Samia Ghali qui a offert la victoire à Michèle Rubirola avec les votes de ses huit colistiers en échange du poste de deuxième adjointe à la mairie et au coeur d'une méchante affaire. Les nazis sont sans doute à la manoeuvre...
Perquisitions au commissariat de son secteur
 
Selon Le Media, indépendant - mais néanmoins bolivarien - et alternatif et La Provence, quotidien régional, les enquêteurs de la brigade financière ont perquisitionné le commissariat du 15e arrondissement samedi, et quatre policiers doivent être auditionnés ce lundi.
 
Un signalement d’une quinzaine de jours pointerait du doigt plusieurs dizaines de procurations faxées directement au commissariat par l’entourage de la candidate.*
La procureur de la République, Dominique Laurens, avait ouvert une enquête pour « faux et usage de faux » et « manœuvres frauduleuses", après des révélations de la presse sur des soupçons de fraude aux procurations chez Les Républicains.

lundi 29 juin 2020

Marseille a besoin d'un 3e tour pour se trouver un maire

Les urnes ont dégagé une majorité relative: la victoire de la gauche radicale devra être transformée 

Le "Printemps marseillais" mené par Michèle Rubirola n'a remporté que quatre secteurs sur huit
 
Gaudin a soutenu une alliance avec LREM, dont le candidat a déçu

"Rendez-vous le 3 juillet", a d’ailleurs sereinement réagi Martine Vassal, tête de liste d'une droite cohérente, prenant la parole vers minuit, une fois les derniers résultats tombés dans les secteurs en suspens jusqu’au dernier moment, à la différence de Lyon. 
La victoire de l'union des gauches n'est pas acquise: elle reste à confirmer lors de l'élection du maire par le Conseil municipal et nul DONC ne sait encore de quel sexe et si, au final, il/elle sera écolo.

"C’est une victoire relative pour nous," a reconnu la tête de liste EELV, Michèle Rubirola dont le parcours a été chaotique: militante verte de longue date, elle avait été reniée par son parti qui l'a finalement réintégrée au dernier moment. 
Si la liste de l'union des gauches arrive largement en tête en nombre de voix (38,3% contre 30,8% à son adversaire Martine Vassal, LR) au second tour des municipales marseillaises, ce dimanche,  selon la loi PLM du socialiste Deferre, en vigueur depuis 1982, elle n'a en fait acquis que quatre secteurs sur les huit que compte l'ensemble de la ville de Marseille. "Le scrutin ne nous livre pas un verdict clair, a admis l’écologiste. Et de commenter à sa façon: "Sans doute faut-il y voir les derniers signes de résistance d’un système que majoritairement les Marseillais ont rejeté. La victoire a été difficile, elle n’en est que plus belle, même si elle ne nous offre qu’une majorité relative en sièges, fruit d’un système électoral par secteur qui est un contresens démocratique." Le PS, composante de la coalition marseillaise, appréciera...
L'union locale des gauches veut changer la loi.

"En attendant de changer un jour la loi, c’est donc devant un hémicycle très fracturé que la tête de liste du Printemps présentera, ce vendredi, sa candidature au poste de maire. 

La "Vague soi-disant verte" est un conglomérat de forces ingérables. 
"Ce soir, je n’ai pas perdu, a souligné la tête de liste LR, une gestionnaire expérimentée, présidente du conseil départemental des Bouches-du-Rhône depuis 2015 et présidente de la métropole d'Aix-Marseille-Provence depuis 2018. 
Ce soir, il n’y a pas de majorité à Marseille. Ce soir, il n’y a pas de maire à Marseille !" 

LR n'a pas conservé le 4e secteur, où elle se présentait personnellement. C’est la prise de la soirée pour le 'Printemps arabe marseillais': Olivia Fortin, la tête de liste de secteur, a remporté 41,78% des suffrages, ravissant ce fief que Jean-Claude Gaudin avait toujours remporté au premier tour depuis 1995. "Il y a une courte défaite dans mon secteur dans un contexte national particulier, avec une vague soi-disant verte qui a tout emporté, a commenté Martine Vassal. Ce qui fait basculer le scrutin, c’est l’entêtement d’un candidat sans envergure qui a souhaité se maintenir."  Visé, Yvon Berland, le candidat LREM, qui ne passera pas ses vacances avec Martine.

Secteur particulièrement scruté depuis les rumeurs de l'entre-deux tours, les accusations de fraudes aux procurations dans le 11-12 n'ont pas produit l'effet escompté: les électeurs n'ont pas approuvé la méthode et l’union des gauches finit derrière LR Julien Ravier-Valérie Boyer.
 
Dans le duel RN-LR du 13-14 (7e secteur), où se jouait, après le désistement du 'Printemps marseillais' pour cause de barrage républicain, c’est le général Galtier qui l’a finalement emporté avec 50,98%, sous les couleurs de Les Républicains. 
Un coup de massue pour Stéphane Ravier, ancien maire RN du 7e secteur de Marseille (2014-2017) et sénateur RN depuis 2014, qui perd ainsi sa seule mairie de secteur, remportée en 2014. "Je souhaite beaucoup de courage à Madame Rubirola: elle passe d’une quarantaine d’adhérents à une ville de 870.000 habitants. Il va falloir faire plus que du vélo et planter quatre géraniums", a-t-il ironisé. 

A l'issue d'un suspense qui aura duré tard dans la soirée dans le 15-16, la sénatrice Samia Ghali (ex-PS) a conservé son jobdevançant le candidat de la gauche radicale, le Printemps marseillais: "Ce soir, Marseille ne pourra plus se faire sans les quartiers Nord, a habilement tweeté celle qui habite dans le 8e arrondissement bourgeois et n’a pas encore dit de quel côté pencherait son intérêt. 

Tout comme Bruno Gilles, le dissident LR à qui l'entêtement a valu de perdre dans les trois secteurs où ses listes étaient encore en lice. Beau joueur, il a adressé ses "félicitations à Michèle Rubirola".
 
Les calculettes chauffent
 
Au total, dans la salle du  Conseil, les gauches encore unies ne totalisent que 42 sièges sur 101LR en obtiendrait 39, le RN 9, Samia Ghali 8 et Bruno Gilles 3. Les petites listes tiennent ces dames par les tétons. Les gauches extrêmes, diverses et hétérogènes n'avaient déjà pas besoin d'une si faible avance pour envisager l'avenir dans la souffrance et les Marseillais dans la douleur. 

Tandis que Renaud Muselier, président LR de Région, a apporté son soutien à Martine Vassal, "beaucoup dépendra du choix que feront les onze élus des listes minoritaires d’hier entre la poursuite du développement de la ville et le repliement vers les errements du passé et le déclin", a analysé, dès dimanche soir, Jean-Claude Gaudin, le maire LR sortant, 80 ans, qui en a vu d'autres: élu dès 1965, il a été élu départemental, régional, député, ministre, président de groupe à l'Assemblée, maire de Marseille pendant 25 ans (depuis 1995) et président de la Métropole depuis 2016.
Le maire sortant a reçu Michèle Rubirola dans son bureau de l’Hôtel de ville, alors que, sous ses fenêtres donnant sur le Vieux-Port, les militants de gauche s’étaient rassemblés, se croyant déjà maîtres de la ville.
Ont-ils vendu la peau du vieil ours avant de l'avoir tué ?

mardi 23 juin 2020

Municipales à Marseille: de multiples soupçons de fraude, mais combien de preuves ?

Les états-majors des candidats sont débordés à chaque scrutin: de mémoire de Marseillais, la fraude électorale est un sport local bien entretenu

Pas d'élection sans fraude ou soupçons de fraude


La rumeur et la désinformation sont un sport phocéen bien ancré: toutes les municipales à Marseille sont régulièrement agitées par les rumeurs de soupçons de fraude électorale et la gauche essaie encore d'en accuser son adversaire. 

Dernier scandale en date : le 11 juin. 
Cette fois, la rumeur prend sa source à Paris :  l'arrivée du Parisien Denis Olivennes à la tête de l'hebdomadaire Marianne correspond à des rumeurs, à la diffusion desquelles s'associe France 2, concernant des procurations dites simplifiées
Des candidats les Républicains auraient proposé à des électeurs de remplir eux-mêmes des procurations, sans passer par un officier de police judiciaire. C’est formellement interdit. Une enquête préliminaire a été ouverte pour faux et usage de faux. Dans un Ehpad, des personnes âgées auraient signé des procurations à l’insu de leur famille.

La tête de liste, Martine Vassal, n'est pas directement impliquée, mais seul son nom circule: taire les noms des fraudeurs présumés, c'est accréditer l'idée d'un complot et faire porter la casquette à l'héritière de Gaudin.

La rumeur se répand à partir d'initiales transparentes, comme dans un jeu de rôle entre collégiens. Un message est signé "JR VB", des initiales qui ne laissent de place au doute de personne: il s’agit des têtes de liste LR du 11e secteur, le maire Julien Ravier et la députée Valérie Boyer. Depuis, Julien Ravier a écarté son directeur de campagne. Ces (photocopies de) procurations ne peuvent pas formellement être attribuées à un candidat plutôt qu'à un autre mais, parmi les mandataires de ces pensionnaires, les listes d’émargement consultées feraient apparaître les noms de plusieurs proches du successeur annoncé de Valérie Boyer, Julien Ravier, 41 ans, sportif de haut niveau (il court le Marseille-Cassis en 1h30), dont son directeur de cabinet, un élu ou encore la directrice générale des services de sa mairie.
 
Rien de ces rumeurs n'est prouvé et la presse prend toutes les précautions d'usage pour les colporter, avec force conditionnels et des identités non divulguées ou non vérifiées, telle celle du détenteur des 28 procurations. André Sarkissian, assesseur pour La République en marche (LREM) dans le 11e arrondissement décrit des photocopies de procurations, sans récépissé, mises de côté par les assesseurs, dont il est,… jusqu’à la réception d’un SMS leur intimant de les accepter. Or, l'identité de l'auteur de ce SMS n'est pas communiqué...

Plusieurs rumeurs suffisent-elles à faire une preuve et à entacher le scrutin? Une fois installée la candidate écologiste soutenue par toutes les gauches, il sera toujours temps d'admettre que les preuves ne sont pas établies...  Mais c'est ne pas connaître, à Paris, ce qu'est le bon sens marseillais et la capacité de ses électeurs à faire la part des faits et de la galéjade. 

Toujours le même folklore : vol d’urne et électeurs intimidés... 

La droite sortante ne pouvait s'attendre à mieux de la gauche vindicative.
Voila cinq mandats que la mairie reste incarnée par Jean-Claude Gaudin. Il est acteur de la vie politique marseillaise depuis 1965, Gaston Defferre mène une liste socialo-centriste où figure le jeune Marseillais pur jus. A 80 ans, cet ancien député, sénateur, chef de groupe et de parti, ainsi qu'ancien ministre juppéiste cède son siège que convoite la gauche depuis 1995... Pour le reprendre, elle est prête à tout: à des alliances multiples et si diverses qu'elles seraient la promesse d'une gouvernance chaotique, et aussi les inévitables rumeurs.

La fin justifie les moyens de la gauche et ils sont peu vertueux. 
Des fraudes avaient déjà été dénoncées au premier tour des municipales: c'est systématique ! Le 15 mars, trois hommes cagoulés et armés ont surgi dans un bureau de vote, ont tenté de s’emparer d'une urne, mais ont réussi à prendre la fuite: les voleurs appartiennent-ils au camp de la tête de liste écologiste ? 
Dans un autre bureau de vote, un jeune homme - qui n'a pas décliné son identité et on ne la lui a pas demandée - , a débarqué avec 28 procurations.

En réaction aux soupçons, Martine Vassal demande l’annulation de toutes les procurations du second tour. Il suffi de lui donner satisfaction... Mais la liste de toutes les gauches ne semble pas pressée d'appuyer cette requête qui assainirait pourtant le climat sur le Vieux-Port. 

En 1983, Gaston Deferre l’avait emporté face à Jean-Claude Gaudin, malgré des accusations de fraude. Gaudin n'avait pas obtenu gain de cause: Deferre était maire depuis 1953 et ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, donc grand maître de la carte électorale comme des élections

En 2014, à la tête d'un collectif de dissidents écologistes, de membres d'associations et de personnalités de la société civile, feu Pape Diouf avait dénoncé des électeurs intimidés et une liste d’émargement signée avant l’ouverture d’un bureau de vote. Le scrutin n'avait pas été annulé...

samedi 13 juin 2020

Municipales: Marianne et France 2 font circuler de méchantes rumeurs

Info ou infox diffamatoire à Marseille? 
Vassal fait visiblement peur à la gauche

Tous les moyens (in)avouables sont déployés à Marseille

France 2 et Marianne sont affirmatifs...

L'hebdomadaire Marianne et le journal télévisé de France 2 ont diffusé la rumeur marseillaise jeudi : à quinze jours du scrutin, le 'timing' est cousu-main... 
Deux candidates présentes sur des listes de Martine Vassal (LR) proposaient - c'est affirmatif, selon l'AFP - des "procurations simplifiées". Le préfet a donc rappelé vendredi les règles du vote par procuration après l'accusation portée par la presse.
 
Le lendemain, vendredi, le quotidien Libération, désormais dirigé par Denis Olivennes, ancien patron de Marianne, n'a pas manqué de relancer la rumeur.

Selon ces organes de presse proches du pouvoir présidentiel il ne ferait pas de doute que deux candidates des listes de Martine Vassal (LR) proposaient des "procurations simplifiées".
Sur la base de SMS reçus par des habitants de deux secteurs, les journalistes disent pouvoir établir que les électeurs s'étaient vus proposer des procurations. "Sans vous déplacer, juste par téléphone", indique le texto envoyé par une colistière de LR dans le secteur de Mme Vassal.

La préfecture des Bouches-du-Rhône indique pourtant n'avoir pas d'éléments

Pour le journal de Denis Olivennes, venu de L'Obs, l'affaire est jugée !

Vendredi soir, "après la diffusion" de ces "reportages", le préfet des Bouches-du-Rhône s'est contenté, dans un simple communiqué, de "rappeler les règles du vote par procuration" qui imposent que l'électeur soit présent en personne "auprès d'une autorité habilitée", par exemple au commissariat ou au tribunal, avec un justificatif d'identité pour établir la procuration.
Le représentant de l'Etat "adressera prochainement une circulaire aux élus" du département, les maires devant "s'assurer de la régularité des procurations", ajoute-il.

Martine Vassal a fustigé "des Parisiens (qui) essayent de créer une polémique qui n'existe pas ici"
La candidate en a profité pour rappeler son respect de la réglementation et affirmer que "si ces faits sont avérés, ils sont inacceptables".


La bataille pour la mairie de Marseille est toujours très serrée. 

La candidate du Printemps marseillais (union de la gauche) Michèle Rubirola, est arrivée en tête sur la ville au premier tour. Mais il faut le dire vite car si elle devance Mme Vassal (22,32%), l'héritière de Jean-Claude Gaudin qui ne se représente pas après 25 ans à la tête de la deuxième ville de France, c'est avec 23,44%. La liste de gauche a bénéficié du maintien de  Bruno Gilles, lequel a perdu le soutien de Renaud Muselier, président LR de région. 
Rubirola, EELV de 64 ans, est fille d'immigré communiste et militante de mouvements altermondialistes et écologistes, ainsi que antimilitariste et féministe. <br>Elle est tête de liste d'un groupe hétéroclite ingérable : des membres réunis par l'ambition de s'accaparer la ville (Europe Ecologie-Les Verts, Parti socialiste, Génération.s et la Gauche républicaine et socialiste, issus du PS, Parti communiste français, La France insoumise et Le Parti de Gauche, Ensemble ! (lui aussi membre du FDG) Nouvelle Donne (fondé par Pierre Larrouturou et feu Stéphane Hessel, avec l'humoriste qui se prend au sérieux Bruno Gaccio, l'urgentiste proche de Charlie hebdo Patrick Pelloux, la présidente d'honneur d'ATTAC Susan George, la sociologue et ex-conseillère de Ségolène Royal Dominique Méda et  Edgar Morin, autre sociologue comme les dénonce Macron), le Parti de gauche, Place publique (aux Européennes, Raphaël Glucksmann fit 6% et Claire Nouvian donna l'image d'un groupe d'hystériques), le Parti radical de gauche et... le Parti pirate (présent dans cinq villes : Meudon, Besançon, Toulouse, Lyon 8e  et Marseille 1er et 4e ). <br>A Marseille, la liste Rubirola est dénoncée comme télécommandée par  Jean-Luc Mélenchon, élu parachuté sur la zone.
Le Printemps marseillais s'est indigné vendredi soir: "Marseille n'est pas une zone de non-droit. Encore une fois, notre ville ne peut pas être abîmée par ce type de pratiques". Sans preuves, c'est de la diffamation. 

L'enquête de Marianne mouille aussi la police.
Le magazine aurait en sa possession des écoutes d'une élue LR des 11-12e arrondissements qui assure à un électeur: "Le commissariat nous poinçonne toutes les procurations qu'on leur amène".
Le candidat du Rassemblement national (19,45% au premier tour), sénateur et ex-maire du 7e secteur, Stéphane Ravier, a demandé "au Préfet de Police de procéder en urgence à une enquête interne pour identifier et sanctionner l'officier de police judiciaire qui se serait rendu coupable de ces actes".

La procureure de la République de Marseille a indiqué "ne pas avoir d'éléments" sur cette affaire, mais une perquisition a eu lieu au QG de Vassal dans l'après-midi de samedi 13.
<br>La liste de gauche bénéficiera-t-elle encore des ambitions individuelles à droite au second tour ?
A 24 heures du dépôt des listes pour le second tour des municipales, la possibilité s'est éloignée d'un rapprochement des listes Vassal (LR) et Gilles (DVD, LR dissident). Robert Assante, qui emmène la liste de Bruno Gilles dans le 6e secteur (11e et 12e arrondissements de Marseille), a annoncé le maintien de sa liste au second tour. "Pour toutes celles et ceux qui partagent ou partageront notre vision, j’ai pris la décision de déposer ma candidature à l’identique du premier tour parce qu’il existe une nouvelle voie, sans extrêmes et sans système," assure Robert Assante dans un communiqué en date du dimanche 31 mai.
Si la gauche prenait la mairie de Marseille, elle la devrait à Bruno Gilles:  trouble-fête "jusqu’au bout" ?

mercredi 13 mai 2020

Covid-19: le professeur Didier Raoult dédramatise la sortie du confinement

Le célèbre infectiologue popularisé par la crise sanitaire du coronavirus s'exprime sur "les leçons à tirer" de l'épidémie de Covid-19

"L'épidémie est en train de se terminer," 
annonce-t-il

 
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L'épidémiologiste européen le plus cité dans les études internationales a mis les pendules à l'heure dans une vidéo de 8 minutes diffusée mardi sur sa chaîne YouTube, au grand dam des savants de luxe à Paris
"Un peu partout (dans le monde), les choses sont en train de s'arrêter, qu'il s'agisse des cas détectés, des cas hospitalisés, des cas hospitalisés en réanimation - les morts, ce sera plus long", explique le professeur Didier Raoult, qui règne sur l'IHU (Institut hospitalo-universitaire) qu'il a fondé de Marseille. 

"Il n'y a nulle part de deuxième vague", observe le professeur en infectiologie, même si "il y aura quelques cas sporadiques qui apparaîtront ici ou là".


Puisque l'épidémie est bientôt derrière nous, le Pr Raoult en dresse son bilan. 
Il défend une nouvelle fois son traitement à base d'hydroxychloroquine, associée à un antibiotique - protocole que les essais foireux de Discovery ne respectent pas -, outre que les savants du "conseil scientifique" se refusent à traiter dès l'apparition des symptômes, et regrette le choix des autorités de ne pas en avoir fait autant : "on ne peut pas, dans une épidémie, dire : on ne soigne pas les gens", estime-t-il. 

'Discovery' n'a pas décollé, du fait que la plupart des 3.000 volontaires annoncés ont refusé d'être sacrifiés d'office par des essais "en double aveugle" qui les condamnaient, dès lors qu'il leur était administré un... placebo !

De renommée internationale, le professeur peut se permettre de critiquer aussi la politique de tests du gouvernement.
"On a été incapable, dans ce pays, de développer les stratégies de tests systématiques qui ont été mis en place dans la plupart des pays". Pour cette sommité, attaquée par la majorité et ses media, "il y a eu une tentative de monopoliser la capacité à diagnostiquer les gens qui est très profondément anti-médicale"

"On ne peut pas dire, on ne soigne pas les gens, on ne peut pas empêcher les médecins de soigner, on ne peut pas empêcher les gens de faire du diagnostic quand ils ont les moyens de le faire", conclut Didier Raoult.

Les mandarins parisiens qui n'ont pas hésité à le fouler aux pieds vont-ils le couvrir de bave ? 

dimanche 19 avril 2020

Coronavirus: un navire de croisière interdit d’accostage à Marseille

Des passagers français en "colère"...

Le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé le débarquement du 'Costa Deliziosa': il devait terminer son tour du monde le 26 avril à Venise

Le "Costa Deliziosa" en Méditerranée.

Plusieurs passagers français du Costa Deliziosa (ci-dessus) ont osé exprimer leur "colère" face au refus du préfet des Bouches-du-Rhône que ce paquebot de croisière fasse escale à Marseille : ils craignent d’être débarqués en Italie, pays durement touché par le Covid-19.

Parti pour un tour du monde le 5 janvier, ce navire italien, qui transporte plus de 2.000 personnes, dont plus de 400 Français, devait revenir à Venise le 26 avril, mais son itinéraire a déjà été chamboulé par la pandémie : annulation des escales prévues en Asie et route directe vers l’Australie et la Nouvelle-Zélande, puis l’océan Indien, pour des escales techniques, une question de vie ou de mort.

Alors que les autorités espagnoles ont autorisé une escale du navire à Barcelone, les autorités françaises ont confirmé, vendredi soir, l’interdiction faite au Costa Deliziosa d’accoster dans la cité phocéenne, où il n’avait pas d’escale prévue. Pierre Dartout, préfet de la région, a justifié ce refus samedi sur Franceinfo :
"On ne peut pas accueillir tous les bateaux de croisière à Marseille par les temps qui courent. Donc on en a accueilli certains, et c’est vrai qu’on a donné la priorité à ceux dont la destination finale pouvait être Marseille, ou les bateaux battant pavillon français. Alors, en ce qui concerne ce bateau-là, sa destination finale n’était pas Marseille et par ailleurs, il bat pavillon italien."

Un autre navire, le Magnifica, de la compagnie française MSC, dont la destination était Marseille, devrait ainsi débarquer plus de 1.700 personnes à partir de lundi dans le port phocéen. 
Depuis le 15 mars, la préfecture a déjà autorisé des dérogations pour l’accostage à Marseille de six navires de croisière, afin de rapatrier plus de 2.200 passagers français et européens.

Le navire accostera à "Gênes ou Savone"

Costa Croisières a fait valoir qu’aucun cas de Covid-19 n’est encore signalé à bord du navire. Dans un communiqué publié samedi, la compagnie italienne ajoute par communiqué que elle n’a pas embarqué ni débarqué de passagers depuis le 14 mars
Filiale du groupe américain Carnival Corporation & plc (Cunard Line, etc), la compagnie s'est rendue tristement célèbre avec le naufrage du Costa Concordiaun paquebot de croisière construit par les chantiers Fincantieri qui appartiennent appartient (71,64%) à la société Fintecna, contrôlée par le ministère italien de l'économie, héritière du groupe industriel public tentaculaire IRI, et affrété par la société italienne Costa Croisières. Le Costa Concordia s'est échoué le 13 janvier 2012, au large de la Toscane, causant la mort de 32 personnes.
La compagnie Costa a confirmé que 168 ressortissants espagnols seraient débarqués à Barcelone lundi. Les 1.814 passagers et 898 membres d’équipage encore présents devraient débarquer à partir de mercredi dans un port italien, à "Gênes ou Savone".

Costa Croisières a enfin assuré qu’elle « organisera le transport de ses passagers restants vers leur destination finale, au départ de Gênes », et ce « malgré les complexités actuelles dues aux restrictions de voyage imposées par différents gouvernements visant à contrer la propagation » de la pandémie.




Dans un courrier au ministre des affaires étrangères envoyé vendredi, le maire de Cannes, David Lisnard, avait proposé de débarquer un couple de retraités cannois présent à bord du Costa Deliziosa, ainsi que les parents d’une Cannoise.

jeudi 9 avril 2020

Canossa à Marseille : Macron va à la rencontre du professeur Raoult

Les mandarins parisiens sont aux cent coups...

Emmanuel Macron est à Marseille ce jeudi après-midi pour y rencontrer le chercheur Didier Raoult

28 janvier 1077 - L'empereur d'Allemagne à Canossa - Herodote.net
Quand l'empereur d'Allemagne se soumit aux volontés du pape,
 à Canossa, le 28 janvier 1077
Que sait-on de la rencontre du président Macron avec le génial rebelle ?
Après son déplacement à la mi-journée au centre hospitalier du Kremlin-Bicêtre pour y rencontrer le personnel soignant et faire un point sur les traitements contre le coronavirus, Macron se rend à Marseille pour y rencontrer le professeur Didier Raoult, que ses confrères parisiens méprisent, le qualifiant de Gilet Jaune, mais que le monde nous envie. 
BreakingNewsTV's tweet - "🔴#COVID19 : Hallucinant,écœurant ...Il s'agit du virologue et directeur de l'IHU Infection de Marseille, dont la notoriété n'a fait que croître et embellir récemment pour avoir réalisé des essais à base d'hydroxychloroquine - associée à un antibiotique - pour soigner le Covid-19. Il l'a d'ailleurs prescrite à plusieurs milliers de Marseillais qui forment des files d'attente interminables pour recevoir son traitement. Chercheur de renommée mondiale pour les uns, charlatan pour d'autres, à BFMTV notamment, la personnalité de Didier Raoult divise, mais ses travaux convainquent.

Macron pense pouvoir s'entendre avec un "déséquilibré"...

Que retenir de l'audition de Christophe Castaner ?

Lors de son audition en visioconférence, ce mercredi devant la mission parlementaire de l'Assemblée sur l'épidémie de Covid-19, Christophe Castaner a reconnu des "erreurs d'interprétation" lors des contrôles et des verbalisations prononcées par les forces de l'ordre depuis la mise en place du confinement, jugeant que "le fait de fouiller un sac de courses par exemple ne correspond pas à la bonne application de la doctrine fixée". Le ministre de l'Intérieur a toutefois relevé "très peu de retours d'anomalies graves". 
Selon les chiffres de la place Beauvau, plus de 568.000 PV ont été dressés lors de 9,5 millions de contrôles à travers la France. 

Par ailleurs, Castaner a déclaré vouloir que le Covid-19 soit considéré comme maladie professionnelle pour les policiers. 
Concernant les masques, le ministre a fait savoir que 40 millions de pièces avaient été commandés par l'Intérieur et que "d'ici le 26 avril, 14 millions de masques devraient être livrés". A ce jour, a-t-il précisé, "3,6 millions de masques" ont été livrés place Beauvau.


jeudi 26 mars 2020

Coronavirus : patients pris en otages par les rivalités entre le milieu médical parisien et Didier Raoult, le Marseillais

Histoire d'une détestation réciproque

"Il n’était pas bon soldat, cela ne plaisait pas"

Les photos choisies par Marianne conditionnent le lecteur:
le Bien, le pouvoir central, à droite,
confronté, au Mal, la Région, à gauche 
"Un jour un médecin m’a demandé comment je pouvais nommer quelqu’un avec un tel tempérament." 

Didier Raoult et le milieu médical, 
Publié le 26/03/2020 à 08:01
Il est l'homme dont tout le monde parle. Celui qui suscite toutes les théories, même les plus complotistes. Ce mardi 24 mars, il a encore créé l’événement. Alors que le gouvernement a donné son accord pour étendre les essais cliniques sur la chloroquine, dont il dit qu'elle soignerait le coronavirus, le professeur Didier Raoult s'est mis en retrait du Conseil scientifique, et s'en explique à Marianne : "Je parle toujours au président de la République et respecte les institutions, mais nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes avec le Conseil scientifique, qui souhaite attendre six semaines pour avoir les résultat des études cliniques sur la chloroquine..."
La polémique sur les possibles bâtons dans les roues reçus par le professeur marseillais des plus hautes sphères de l’État va enfler. Forcément. Et si cela avait pu ralentir l’émergence d’un potentiel traitement du Covid-19 ? Sur les réseaux sociaux, dans des chaînes d'e-mails qu'on se transmet d'un rapide copier-coller, la relation entre l'iconoclaste infectiologue et le couple Agnès Buzyn-Yves Lévy, longtemps aux commandes du ministère de la Santé et de l’Inserm, agite les fantasmes. Non, la chloroquine n'a pas été classée comme vénéneuse parce qu'il fallait faire taire le médecin franc-tireur. En revanche, il ressort de l'enquête de Marianne que les rapports entre le scientifique et le milieu médical parisien confinent effectivement à la détestation. Ce qui ne facilite pas les rapports de travail.

DES CRITIQUES ANCIENNES CONTRE L'INSERM

Chez Didier Raoult, il n'y a pas que le style - à mi-chemin entre Panoramix et Gandalf - qui est iconoclaste, il y a aussi la pensée. Toutes les sources interrogées l'affirment : l'homme de 68 ans méprise les "médecins parisiens donneurs de leçon" autant que le "système" de recherche médicale qu'ils incarnent. Le Marseillais, qui ne cultive pas la modestie et se targue d'être le numéro un mondial dans sa catégorie selon un classement du site "Expert scape", a un "goût prononcé pour l'irrévérence et l'affrontement", souffle l'un de ses proches. Le cocktail adéquat pour ne pas s'entendre avec Yves Lévy, PDG de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale de 2014 à 2018, époux de l'ex-ministre Agnès Buzyn et sommité si représentative du milieu de la recherche médicale parisienne. Car l'Inserm, pour Raoult, c'est l'establishment médical par excellence. Qu'il exècre.
Depuis de nombreuses années, le chercheur attribue à l'institution la perte d’influence de la recherche médicale française dans le monde. A partir de l'arrivée à sa tête d'Yves Levy, Raoult a même redoublé de violence à l'égard de l'Inserm. Ses tribunes dans la presse en sont pleines : "De Gaulle créa l'Inserm. Hélas ! Les structures dérivent et les CHU ont fini par oublier que la recherche était un élément essentiel de leur existence." (Le Point, septembre 2016) ; "L'Inserm recrute essentiellement des fondamentalistes qui ne sont pas des praticiens du soin. Il faudrait donc, soit réformer l'Inserm, soit créer un nouvel institut afin de recruter des 'infirmières scientifiques'" (Le Point, janvier 2017) ; "Tant que le même candidat à un poste de chercheur se présentera à la fois au CNRS et à l'Inserm, le paysage ne sera pas clarifié. Et la recherche médicale continuera à décliner, comme les chiffres." (Les Echos, avril 2017).
Dans un livre paru ce lundi 23 mars, Épidémies : vrais dangers et fausses alertes (Michel Lafon), il juge que lorsque des données importantes lui sont adressées, "l’Inserm fait un rapport un an et demi plus tard". Sa conclusion ? Cruelle, forcément : "Il est d’ailleurs passé à côté de toutes les surcauses de mortalité pendant trente ans." Aujourd'hui, il nous précise sa pensée : "L’Inserm ne finance pas la recherche médicale, mais la recherche à propos de la médecine. Il y a un problème de fond derrière cela, que j'ai mis en lumière."
Cette façon de penser n'a guère plu à Yves Levy. Mais en réalité, les divergences entre le Gandalf de la médecine marseillaise et l'immunologue parisien de 62 ans remontent à plus loin. A leurs domaines de recherche. Voilà des années que Didier Raoult critique l'engagement de fonds colossaux dans la recherche d'un vaccin contre le Sida. "C'est un fantasme qui a coûté des milliards et qui n'arrivera pas : Yves Lévy a été scandalisé que je le dise", explique aujourd'hui à Marianne l'infectiologue, pour qui les propriétés spécifiques du virus VIH rendent cette recherche illusoire. Or, le traitement contre le VIH, c'est justement le domaine d'expertise d'Yves Lévy depuis le début de sa carrière. Ce dernier n'a, pour l'heure, pas répondu à nos sollicitations.

LA QUERELLE DES IHU

Le conflit entre Yves Levy et Didier Raoult prend un tour plus personnel à l'occasion d'une tentative de réforme des statuts des instituts hospitalo-universitaires (IHU). L'infectiologue dirige celui de Marseille. Créés en 2010, les IHU incarnent un modèle de recherche médicale pour lequel le Marseillais a longtemps manifesté son attachement : dans un rapport au ministre de la Santé d’avril 2003 qu'il conclut en affirmant que nous sommes "un des pays les moins bien préparés à un problème d’épidémie massive", le médecin en appelle à la création de telles structures, extraites des carcans de la recherche médicale en vigueur. Le fonctionnement des IHU ? Ils profitent du statut de "fondation" pour obtenir des financements privés et une plus grande liberté de recherche par rapport à l’État.
Mais l’arrivée d’Agnès Buzyn au ministère de la Santé en 2017 bouleverse les choses : si, déjà, le soupçon du conflit d’intérêts plane sur elle parce que son époux Yves Lévy dirige l’Inserm, une décision interministérielle du 2 octobre 2017 enfonce le clou. La ministre décide de torpiller les IHU en les transformant en groupements d’intérêt public (GIP). Concrètement, il s'agit de mettre fin au modèle "fondation" des IHU, et d'abaisser leurs crédits de 400 à 200 millions d’euros. Le tout selon les critères souhaités par son mari Yves Lévy, qui voulait la peau des IHU et comptait les ramener dans le giron de l’Inserm, comme le Canard enchaîné et Marianne le révélaient à l'époque dans de longues enquêtes.
C’est là que Didier Raoult se rebiffe publiquement. L'infectiologue n’hésite pas, alors que le couple Buzyn-Levy est au faîte de sa puissance, à dire ce qu'il pense dans les médias. "Les IHU sont un enjeu d’autorité et de territoire pour Yves Lévy. Il voudrait les diriger depuis Paris", déclarait-t-il sans détour auprès de Marianne. Si la décision a suscité la colère de nombreux chercheurs, c’est bien Raoult qui est monté en première ligne, déclarant la guerre. Il persiste et signe aujourd'hui : "Yves Lévy donnait des ordres à tout le monde, il croit qu’il peut nous faire obéir. Les grands scientifiques n’obéissent à personne."
Sur la question du conflit d'intérêts impliquant le couple Buzyn-Lévy, la ministre aura alors la réponse toute trouvée : ce n’est pas son ministère mais Matignon qui a opéré cette décision. La même pirouette qui lui avait permis, à son arrivée à la Santé, de balayer d'un revers de la main les critiques en annonçant qu’elle se déporterait de tout dossier concernant l’Inserm.

"TENSION ENTRE PARIS ET LA PÉRIPHÉRIE"

Raoult aura finalement gain de cause. Le 6 octobre 2017, le neurologue suisse Richard Frackowiak, président du jury international des IHU, censé sélectionner les projets et attribuer les subsides, démissionne avec fracas pour dénoncer ce changement du mode de gouvernance des IHU : l’indépendance du jury est remise en cause à ses yeux. Il explique aujourd’hui à Marianne : "J’avais vu les liens entre le ministère et l’Inserm. J’ai alors présenté ma démission en défendant le modèle des IHU et les 200 millions qu’on nous prenait. Finalement j’ai obtenu gain de cause car leur position était intenable."
"Un jour un médecin m’a demandé comment je pouvais nommer quelqu’un avec un tel tempérament."
Le professeur se souvient du conflit en gestation avec Yves Lévy : "Ce que Didier Raoult défendait à l’époque face à Yves Lévy, c’était l’idée de centres d’excellence en dehors de Paris." Richard Frackowiak insiste sur la "tension entre Paris et la périphérie" qu’il dit voir alors : "On discerne le même genre de choses aujourd’hui dans les attaques que reçoit l’IHU de Marseille des médecins parisiens, alors qu’ils ont raison d’agir ainsi." Il tient à nous livrer une anecdote : "Je me souviens des propos véhéments contre la personnalité iconoclaste de Raoult. Un jour un médecin m’a demandé comment je pouvais nommer quelqu’un avec un tel tempérament. Il n’était pas bon soldat, cela ne plaisait pas." Didier Raoult peste en effet contre l'hyper-centralisation de la recherche médicale qui contribue, selon lui, au retard du pays dans le domaine. Interrogé, il ne peut s'empêcher une punchline égo-centrée : "Ce pays a un problème depuis quelques années, pas avec moi, mais avec les stars en général. Il fait chier les bons. C’est un vrai problème. Moi je m'en fiche, ma cour de jeu n'est pas la France mais le monde."

LA QUERELLE DES LABELS

Tensions entre Paris et la périphérie. C’est dans ce contexte que débute l’année 2018, et le transfert des laboratoires de recherche du professeur Raoult dans le nouvel IHU de Marseille. Il réorganise ses pôles de recherche et doit alors obtenir leur labellisation venant des grands établissements publics scientifiques, un gage d’excellence. Sauf que, en plus de l'affaire du statut des IHU, l’année 2017 a été émaillée d’accusations de harcèlement à l’IHU de Marseille, avec des remous médiatiques et le passage des comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de l'Inserm et du CNRS, notamment.
Sur la base de ces événements, Yves Lévy dit vouloir analyser méticuleusement la labellisation des unités de recherche de Didier Raoult. Ce dernier ne reçoit pas le label de l'Inserm, huit ans après avoir remporté le grand prix de l'institut en 2010. Une vengeance après l’échec de la réforme des IHU ? "Yves Lévy a toujours détesté Raoult et n’a pas supporté cet échec, il s’est servi de ces accusations de harcèlement contre des membres de l’équipe de Raoult pour le décrédibiliser auprès du monde scientifique", estime le journaliste Hervé Vaudoit auteur du livre-enquête L’IHU méditerranée infection - Le défi de la recherche et de la médecine intégrées (Michel Lafon).
Par ailleurs, l’inauguration du nouvel IHU de Marseille en mars 2018 se fera sans la présence ministérielle d’Agnès Buzyn. Lorsqu'elle était en poste, la candidate à la mairie de Paris a toujours ignoré l'infectiologue. "J'ai demandé des rendez-vous, on m'a répondu que la ministre n'avait pas le temps", raconte-t-il.
"A cause des critiques qu'il lui a portées, Yves Lévy a toujours détesté Raoult."
Ces querelles auraient-elles un lien avec le classement de l’hydroxychloroquine sur la liste II des substances vénéneuses en janvier 2020 ? Didier Raoult assure que ce médicament est efficace contre le Covid-19. Dans l'esprit de certains internautes un brin paranos, cela ne fait donc aucun doute. Mais les faits montrent qu’il s’agit surtout d’un curieux hasard : cette décision a été motivée par une demande de l’ANSM de 2018 pour faire classer l’hydroxychloroquine au même standard que la chloroquine, molécule dont elle est dérivée. Pour Didier Raoult, il est "sidérant, estomaquant" de classer ainsi l'hydroxychloroquine au niveau d'une drogue. Pour autant, "le savant ne se risquerait pas à établir un lien de causalité" entre cette décision et ses recherches sur la molécule, nous fait-il savoir.
En réalité, c'est surtout l’absence de labellisation de l'IHU marseillais par l'Inserm et le mépris affiché par Didier Raoult à l'encontre du monde de la recherche médicale qui peuvent en partie expliquer l'indifférence avec laquelle l'annonce réalisée par l'infectiologue le 25 février dernier a été accueillie. Ce jour-là, il affirme que des résultats sur la chloroquine sont "prometteurs". Telle est du moins l'analyse d'Hervé Vaudoit : "Cette absence de labellisation et le profil atypique de Didier Raoult ont créé les conditions du tir de barrage reçu par ce dernier de la part de ceux qu'il appelle les 'médecins parisiens' et les journalistes établis au moment où il évoque la chloroquine."

ICONOCLASTE

Les "décideurs parisiens", justement, attendront presque un mois pour intégrer l'hydrohychloroquine à un test clinique européen, le 22 mars. Ironie du sort : c'est l'Inserm (dont Yves Lévy, qui a obtenu le Conseil d'Etat entre-temps, n'est plus le PDG depuis octobre 2018) qui conduira le test pour la France. Égal à lui-même, Didier Raoult réagit au quart de tour : "L'Inserm, aujourd'hui, je m'en fous." Avant de déblatérer sur le Conseil scientifique : "Je suis trop occupé pour passer deux heures à écouter des couillonnades. Il faut faire des choses efficaces si c'est une guerre. Faire une étude dont on aura les résultats dans six semaines, nous sommes avec des fous."
La conclusion de cet étrange feuilleton en milieu médical est suspendue à la révélation finale de l'efficacité de la chloroquine. "Si la molécule fonctionne, pourquoi les familles des victimes ne pourraient-elles pas questionner juridiquement les raisons du retard à l'allumage du gouvernement ?", conclut un proche de Didier Raoult. Sûr de la force de son champion. A croire que l'orgueil est un virus contagieux.