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mardi 23 juin 2020

Municipales à Marseille: de multiples soupçons de fraude, mais combien de preuves ?

Les états-majors des candidats sont débordés à chaque scrutin: de mémoire de Marseillais, la fraude électorale est un sport local bien entretenu

Pas d'élection sans fraude ou soupçons de fraude


La rumeur et la désinformation sont un sport phocéen bien ancré: toutes les municipales à Marseille sont régulièrement agitées par les rumeurs de soupçons de fraude électorale et la gauche essaie encore d'en accuser son adversaire. 

Dernier scandale en date : le 11 juin. 
Cette fois, la rumeur prend sa source à Paris :  l'arrivée du Parisien Denis Olivennes à la tête de l'hebdomadaire Marianne correspond à des rumeurs, à la diffusion desquelles s'associe France 2, concernant des procurations dites simplifiées
Des candidats les Républicains auraient proposé à des électeurs de remplir eux-mêmes des procurations, sans passer par un officier de police judiciaire. C’est formellement interdit. Une enquête préliminaire a été ouverte pour faux et usage de faux. Dans un Ehpad, des personnes âgées auraient signé des procurations à l’insu de leur famille.

La tête de liste, Martine Vassal, n'est pas directement impliquée, mais seul son nom circule: taire les noms des fraudeurs présumés, c'est accréditer l'idée d'un complot et faire porter la casquette à l'héritière de Gaudin.

La rumeur se répand à partir d'initiales transparentes, comme dans un jeu de rôle entre collégiens. Un message est signé "JR VB", des initiales qui ne laissent de place au doute de personne: il s’agit des têtes de liste LR du 11e secteur, le maire Julien Ravier et la députée Valérie Boyer. Depuis, Julien Ravier a écarté son directeur de campagne. Ces (photocopies de) procurations ne peuvent pas formellement être attribuées à un candidat plutôt qu'à un autre mais, parmi les mandataires de ces pensionnaires, les listes d’émargement consultées feraient apparaître les noms de plusieurs proches du successeur annoncé de Valérie Boyer, Julien Ravier, 41 ans, sportif de haut niveau (il court le Marseille-Cassis en 1h30), dont son directeur de cabinet, un élu ou encore la directrice générale des services de sa mairie.
 
Rien de ces rumeurs n'est prouvé et la presse prend toutes les précautions d'usage pour les colporter, avec force conditionnels et des identités non divulguées ou non vérifiées, telle celle du détenteur des 28 procurations. André Sarkissian, assesseur pour La République en marche (LREM) dans le 11e arrondissement décrit des photocopies de procurations, sans récépissé, mises de côté par les assesseurs, dont il est,… jusqu’à la réception d’un SMS leur intimant de les accepter. Or, l'identité de l'auteur de ce SMS n'est pas communiqué...

Plusieurs rumeurs suffisent-elles à faire une preuve et à entacher le scrutin? Une fois installée la candidate écologiste soutenue par toutes les gauches, il sera toujours temps d'admettre que les preuves ne sont pas établies...  Mais c'est ne pas connaître, à Paris, ce qu'est le bon sens marseillais et la capacité de ses électeurs à faire la part des faits et de la galéjade. 

Toujours le même folklore : vol d’urne et électeurs intimidés... 

La droite sortante ne pouvait s'attendre à mieux de la gauche vindicative.
Voila cinq mandats que la mairie reste incarnée par Jean-Claude Gaudin. Il est acteur de la vie politique marseillaise depuis 1965, Gaston Defferre mène une liste socialo-centriste où figure le jeune Marseillais pur jus. A 80 ans, cet ancien député, sénateur, chef de groupe et de parti, ainsi qu'ancien ministre juppéiste cède son siège que convoite la gauche depuis 1995... Pour le reprendre, elle est prête à tout: à des alliances multiples et si diverses qu'elles seraient la promesse d'une gouvernance chaotique, et aussi les inévitables rumeurs.

La fin justifie les moyens de la gauche et ils sont peu vertueux. 
Des fraudes avaient déjà été dénoncées au premier tour des municipales: c'est systématique ! Le 15 mars, trois hommes cagoulés et armés ont surgi dans un bureau de vote, ont tenté de s’emparer d'une urne, mais ont réussi à prendre la fuite: les voleurs appartiennent-ils au camp de la tête de liste écologiste ? 
Dans un autre bureau de vote, un jeune homme - qui n'a pas décliné son identité et on ne la lui a pas demandée - , a débarqué avec 28 procurations.

En réaction aux soupçons, Martine Vassal demande l’annulation de toutes les procurations du second tour. Il suffi de lui donner satisfaction... Mais la liste de toutes les gauches ne semble pas pressée d'appuyer cette requête qui assainirait pourtant le climat sur le Vieux-Port. 

En 1983, Gaston Deferre l’avait emporté face à Jean-Claude Gaudin, malgré des accusations de fraude. Gaudin n'avait pas obtenu gain de cause: Deferre était maire depuis 1953 et ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, donc grand maître de la carte électorale comme des élections

En 2014, à la tête d'un collectif de dissidents écologistes, de membres d'associations et de personnalités de la société civile, feu Pape Diouf avait dénoncé des électeurs intimidés et une liste d’émargement signée avant l’ouverture d’un bureau de vote. Le scrutin n'avait pas été annulé...

vendredi 22 mai 2020

Comme un internaute, l'Elysée fait circuler la rumeur du départ de Philippe

Un proche de Macron évente sa date de sortie "avec les honneurs" ...

Les réseaux sociaux, instrumentalisés par ses détracteurs macroniens

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Le fuitage orchestré par l'Elysée augure mal
d'une sortie "avec les honneurs" annoncés
Les démentis et les pirouettes ne suffisent pas à étouffer la rumeur du départ de l'Edouard: ils l'entretiennent. Les proches du gouvernement n'hésitent pas à dévoiler l'existence de tensions et d'appels pour préparer l'opinion à la sortie du locataire de Matignon, en sorte qu'il apparaisse comme le responsable de tous nos malheurs et, surtout, des couacs et autres bavures que l'exécutif a enfilé à un rythme soutenu. 'Challenges' - détenu par Claude Perdriel, ex-propriétaire du Nouvel Observateur [L'Obs] et patron des sanibroyeurs SFA - évoque à son tour le propos d'UN "baron de la Macronie" sur l'annonce d'une date.

Un départ "avec les honneurs". 
Ce qui ne garantit pas un traitement digne de l'exfiltration. Et du bilan de l'Edouard. Les réseaux sociaux qui servent de support à la rumeur distillée par les sournois de l'Elysée (qui ne se contentent pas de mentir) assurent que Philippe va plus faire long feu. La décision est prise de renvoyer Philippe au Havre, mais le "baron masqué" est chargé de présager un changement de premier ministre. S'il s'agit, avant les municipales, de redonner aux Français l'illusion d'un "post-coronavirus" harmonieux, Macron ne s'y prendrait pas autrement.
Alors que la rumeur du départ de l’Edouard n’en finit plus d’enfler, dans les rangs macroniens, on ne craint plus d'acter l'éjection du Juppéiste, chacun donnant sa date, signe que le respect de l'honneur des gens n'est pas naturel en macronie: certains affirment que ce qui fuite avant les municipales sera officialisé avant le 14 juillet, pour que la Fête nationale se fasse en présence du nouveau occupant de Matignon. Challenges relaie les propos d’un "baron de la Macronie" sur une démission après le second tour des municipales : "Maintenant qu'il a amélioré son image à l'épreuve de l'épidémie, Edouard Philippe devrait l'emporter. Et il pourra présenter sa démission avec les honneurs."
Les entreprises commerciales de sondages participent à l'opération

Tensions, pressions... Rien ne va plus entre Édouard Philippe et Emmanuel MacronElles dorent son image, comme elles le feront de celle de son successeur.
Le 31 janvier 2020, il annonça sa nouvelle candidature comme tête de liste aux élections municipales 2020 au Havre, mais sans toutefois manifester aucun empressement à retrouver son siège.
Au premier tour des municipales, Edouard Philippe avait déjà remporté 43,6% des suffrages à la mairie du Havre. La victoire lui semble acquise, mais un départ prématuré pourrait l’affaiblir dangereusement si le second tour a bien lieu le 28 juin, une date qui a les faveurs du... Conseil scientifique [?].Ce que ne disent ni la rumeur, ni les sondeurs, c'est qu'au premier tour de 2014, l'Edouard avait atteint 52,04... Une perte de près de 8 gros points...
Philippe peine de plus en plus à étouffer les rumeurs de sa fin de règne. 
http://www.leparisien.fr/resizer/ZLEINgu_VbgKVZ94_6YU8WLaVJ4=/932x582/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/LSL5URMD45JYBCEJDP6TOWHDGY.jpg
Le 7 mai dernier, il concluait son allocution par une pique contre ceux qui se passionnent pour les rumeurs de tensions : "Permettez-moi de vous dire, que dans les moments que nous vivons, en plein dans une crise sanitaire d'une ampleur considérable, alors que des Françaises et des Français font un travail incroyable pour sauver leurs concitoyens, passer plus de deux secondes à écrire, à parler, à s'interroger sur ce genre de sujets, me laisse très très circonspect. Et je pense que nos concitoyens s'en contrefichent dans des proportions qu'à mon avis les journalistes politiques ne mesurent pas." Mais les Français pensent et votent comme leurs disent les media...

Maintenant que le mot se répand dans le landerneau politicien, la lutte contre les rumeurs semble bien vaine. 
Et puis, côté "honneurs", il peut compter sur Macron pour tenir une promesse !...

jeudi 5 décembre 2019

Macron critique ses alliés africains au Mali; Le Monde lui emboite le pas

Le quotidien fait état de "folles rumeurs qui courent sur l’armée française au Sahel"

L’opération 'Barkhane' est l’objet de nombreuses infox en Afrique de l’Ouest, où elles rencontrent un fort écho sur les réseaux sociaux
 

Française, selon le quotidien des hommes d'affaires macroniens Xavier Niel et Matthieu Pigasse - ce qui traite comme quantité négligeable la participation des armées estonienne et britannique -, l’opération 'Barkhane', qui mobilise 4.500 hommes dans la bande sahélo-saharienne, d'une part, s'enlise, mais, d'autre part, constitue un terreau fertile à de nombreuses rumeurs en Afrique de l’Ouest, lesquelles rencontrent un fort écho sur les réseaux sociaux et entraînent des milliers de commentaires nourris d’un fort sentiment anti-français.
Or, il se trouve que Macron conditionne la suite de l’opération militaire 'Barkhane' à une "clarification" de la part des pays du Sahel.

Des photos de l’accident d’hélicoptères au Mali circulent : 
sont-elles fausses? 

La collision de deux hélicoptères, le 25 novembre au Mali, a entraîné la mort de treize soldats français et de nombreuses images montrant la collision et les débris des appareils sont apparues sur des pages Facebook maliennes. 
Elles ont été partagées des milliers de fois, du Burkina Faso à la Côte d’Ivoire, en passant par le Sénégal. Or, plusieurs d'entre elles auraient été prises en Argentine lors du tournage d’un jeu télévisé, et les autres, en Irak et en Azerbaïdjan ou seraient extraites d’un jeu vidéo, assure-t-on du côté français. Mais toutes étaient étrangères à cet accident, survenu par une nuit noire dans une zone inaccessible à la presse, soutiennent les complotistes. 

Non, l’armée française n’a pas frappé une base militaire au Niger.
Résultat de recherche d'images pour "forces armées maliennes livraison motos aux djihadistes"Une autre série de publications extrêmement virales  est partagée sur Facebook au Mali, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, depuis le 23 novembre. Elles tendent à démontrer que l’armée française a frappé une base militaire située à Diffa, dans le sud-est du Niger. Cette information est prise  au sérieux par des centaines d’internautes qui, dans les commentaires, accusent l’armée française d’entretenir les conflits djihadistes au Sahel.
Ces publications ont pris de telles proportions que l’ambassade de France au Niger a dû les démentir sur ses comptes Facebook et Twitter dès le 24 novembre. Le président du Conseil régional de Diffa - ville frontalière du Nigeria, au sud-est du Niger, et en proie à de très nombreuses attaques du groupe islamiste nigérian Boko Haram - et le secrétaire général du gouvernorat de la région ont tous deux officiellement parlé de "mensonge".  
 
Image"L’armée malienne risque des attaques terroristes dans les jours avenirs [sic]," et ne souhaite pas communiquer sur le message alarmiste, extrêmement viral sur les réseaux sociaux au Mali, accompagné de quatre photographies sur lesquelles on voit un avion militaire français déchargeant des dizaines de motos, lesquelles seraient destinées à des djihadistes. Il a recueilli plus de 1.200 partages depuis sa mise en ligne sur une page Facebook malienne, le 2 décembre.
Ce message a été pris au sérieux par les forces armées malienne et française, qui, toutes deux, l'ont démenti, indiquant que ces photographies documentaient la réception par la force 'Barkhane' de 60 motos destinées à être livrées prochainement à l’armée malienne. 
L’état-major de l’armée française a transmis une photographie montrant les 60 deux-roues et l’avion ayant servi à les transporter. Or, sur ce cliché, on distingue sur la carlingue de l’avion la même immatriculation que sur la photographie prouvant la fourniture de motos à des djihadistes par l’armée française.
C'est parole contre parole.

mercredi 27 mars 2019

Violences contre les Roms : la communauté musulmane est-elle lavée de tout soupçon ?

Après des rumeurs de rapts d'enfants et de traffic d'organes, les media mettent en cause les réseaux sociaux !

"Chasse aux Rom" en Seine-Saint-Denis : 
19 personnes en garde à vue


Des inconnus ont mené des expéditions punitives contre la communauté Rom, après une rumeur selon laquelle des Tziganes auraient tenté d’enlever des enfants et des adolescents dans les rues de leurs villes. 

Dans la nuit du lundi 25 au mardi 26 mars, plusieurs individus ont alors tenté de mener des expéditions punitives contre la communauté Rom en Seine-Saint-Denis. 

Un dispositif de sécurisation a été mise en place sur le département par les effectifs locaux de la Bac en Seine St Denis et à Paris.Le fait démographique marquant est que la moitié de cette population se trouve concentrée dans cinq départements de la région parisienne. Si l'on y ajoute une dizaine de départements de province, comprenant notamment les agglomérations de Lille, Marseille, Lyon, Nantes, Toulouse, Nice, Strasbourg, Montpellier et Grenoble, on parvient à 85 % des implantations", expliquent les rapporteurs. Enfin, ceux-ci ont estimé la population rom à plus de 20.000 personnes, "fourchette basse" de l'estimation faite par les associations qui oscille entre 15.000 et 20.000. "Cette incertitude sur 20 % à 25 % de la population ne peut pas être réduite en raison de l'imprécision et de l'hétérogénéité des types de décomptes actuels." 
La vérité se situerait de fait à 350.000 Rom en France. Valls, le ministre socialiste de l'Intérieur avait provoqué des cris d'orfraie, en niant la volonté d'intégration d'une majorité de Rom. Tout en donnant "raison au ministre de s'inquiéter de l'exaspération de nombreux citoyens", le député Razzi Hammadi a précisé qu'il n'aurait "pas employé les mêmes mots".

Entre 20 heures et 3 heures du matin, au moins 3 expéditions ont eu lieu dans le département. 
A Clichy sous Bois (38,33 % d'immigrés), une vingtaine d’individus armés de bâtons se sont introduits dans un pavillon squatté par 23 membres de la communauté Rom qui ont dû prendre la fuite. Poursuivis par les malfaiteurs, ils se sont réfugiés dans une grande surface située à proximité. Cette agression a conduit à l'interpellation de 5 hommes, dont rien n'a filtré sur l' identité. Deux policiers ont été légèrement blessés.

A Bobigny (38,55 %), une cinquantaine d’individus armés de couteaux et de bâtons ont incendié 2 camionnettes de Rom et un véhicule particulier, en bordure de la nationale RN3. Les forces de l'ordre ont interpellé 7 "personnes" qui ne semblent pas avoir quelle que caractéristique ethnique que ce soit. 
Dans cette même ville, une rixe a éclaté entre des Rom et une quinzaine d’"individus" armés qui avaient suivi une camionnette. Cela a donné lieu à 5 interpellations. Des incidents ont également été signalés à Aubervilliers (42,83 %), Noisy-le-Sec et Bondy (30,90 %). Etrangement, les victimes sont interpellées et identifiées, mais les agresseurs ne le sont pas...


Ces faits font suite à une rumeur qui circule dans le département de Seine-Saint-Denis depuis quelques jours, selon laquelle des personnes de la communauté Rom tenteraient d’enlever des enfants et des adolescents dans les rues de leurs villes. La préfecture a déjà communiqué en indiquant qu’il s’agissait d’une 'fake news'.
La police a eu besoin de nombreux renforts tout au long de la soirée. Les forces de l'ordre ont procédé à l'interpellation de 20 individus. Mardi soir, 19 suspects étaient placés en garde à vue.

Les chiffres ne sont pas une information sur les auteurs des "infox". 
Alors que les députés de la majorité présidentielle se répand sur les media accueillant pour certifier que tout va mieux qu'avant, quel que soit le domaine considéré, les statistiques ne servent qu'à masquer l'embarras du pouvoir qui veut, par peur, éviter l'affrontement avec la population à dominante musulmane de Seine-Saint-Denis. Elle se dit chez elle dans le 9.3, à l'exclusion de tout autre.

Le gouvernement dénonce des "dérives inacceptables". Et puis voilà !

Benjamin Griveaux a rappelé "la nécessité absolue de lutter contre les 'fake news'". De son côté, le chef de file des députés LREM Gilles Le Gendre s'est déclaré "très favorable" à des sanctions financières à l'encontre des réseaux sociaux. 

Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a qualifié mercredi 27 mars de "dérives inacceptables" les violences qui ont visé des Rom. Face à la rumeur sur les réseaux sociaux et aux expéditions punitives consécutives aux rumeurs d'enlèvements d'enfants et d'adolescents pour des prélèvements d'organes ou pour la prostitution, "il faut qu'on puisse adapter nos réponses, à la fois judiciaires, pénales, à la violence qu'on peut aujourd'hui constater et aux dérives absolument inacceptables qui visent en particulier la communauté rom depuis quelques jours", a déclaré - aussi finement qu'utilement - Griveaux, le représentant du gouvernement à l'issue du Conseil des ministres.


C'est "la démonstration de la nécessité absolue de lutter contre les 'fake news'", a encore commenté Benjamin Griveaux, en soulignant "l'importance de l'information, de la qualité des sources, (...) et du travail journalistique" et le besoin "de faire la différence entre des sites d'information et des sites de propagande, entre des sites d'information qui ont pignon sur rue et des sites complotistes, conspirationnistes". Une analyse conventionnelle et superficielle  faisant une large place, précisément, aux rumeurs de complot partout d'un gouvernement paranoïaque, mais notamment sur Facebook et WhatsApp ou Twitter qui épargneraient les media globalement dignes de fois, comme peuvent l'être les sondages...   

"Il faudra que les réseaux sociaux se donnent les moyens d'être transparents"

Alors que près d'une demi-douzaine de proches collaborateurs de l'Elysée ont des comptes à rendre à la justice pour leur manque de transparence et, rappelons-le, pour dissimulation de conflit d'intérêts ou pour faux témoignages, "c'est aussi le travail (...) des responsables politiques, membres du gouvernement, parlementaires, élus locaux de, en permanence, rappeler la rationalité du débat politique", a ajouté Griveaux. Débat qu'Edouard Philippe et Richard Ferrand reprochent au Sénat de mener sur les affaires Benalla qui impliquent des hommes de confiance de Macron puisque, depuis deux semaines, ces républicains vertueux boycottent les rencontres avec le président du Sénat. 

Le porte-parole souligne en outre que cette séquence trouble tombe à pic pour justifier la volonté du pouvoir macronien de museler les internautes. 
"Quand on voit que ce type de rumeurs, propagées de manière extrêmement virale et extrêmement organisée sur les réseaux sociaux, ont pour conséquence de la violence, la stigmatisation d'une communauté (...), c'est évidemment détestable", a ajouté le porte-parole du gouvernement. 


Le parti du président élude la question de l'identité présumée des auteurs de la rumeur

Se retranchant dans l'amalgame fourre-tout et systématique des "fake-news"sur internet, le chef de peloton des députés En Marche !, Gilles Le Gendre, s'est dit "très favorable" à des sanctions financières à l'encontre des réseaux sociaux"le cas échéant (...)même si "techniquement, c'est très compliqué de déterminer qui est derrière tout cela," admet, en même temps, le député finaud de Paris. "Il faudra que les réseaux sociaux, les plateformes se donnent les moyens d'être très transparents sur ces sujets-là", a-t-il ajouté, mercredi matin sur Franceinfo. LREM délègue à d'autres à chaque fois que le sujet est sensible : la piste de la rumeur pourrait ainsi passer par les quartiers en guerre permanente avec les Rom.

L'élu LREM a rappelé que les députés avait "un énorme chantier concernant les 'fake news', le complotisme, la manipulation. Nous l'attaquons par petits bouts. Nous allons voter bientôt une proposition de loi sur les propos haineux sur internet. C'est une première étape." 
Les attaques de Rom sont-elles utiles à la justification du projet gouvernemental de mise au pas des internautes ? Alors, leurs auteurs seraient de mèche !...

 

mercredi 25 juillet 2018

Emmanuel Macron : "Alexandre Benalla, lui non plus, n'a jamais été mon amant !"

Macron assume les dérives et ambiguïtés de Jupiter

Le président Macron réserve sa déclaration à ses invités de LREM

Les Français n'ont pas droit à la primeur de ses propos...

Le président Macron a mis six jours pour sortir de son silence et évoquer publiquement l'affaire Benalla, du nom de ce chargé de mission de l'Elysée filmé en train de tabasser deux manifestants le 1er mai 2018 à Paris. Ce mardi 24 juillet en début de soirée, le président de la République s'est adressé aux députés LREM, qui l'avait convié à leur "pot de fin de session" à deux pas de l'Assemblée nationale, à la Maison de l'Amérique latine, espace culturel, restaurant et salle de réunion, occupant deux hôtels particuliers (Hôtel de Varengeville et Hôtel Amelot de Gournay )situé 217 Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris. 10.000 euros, c'est ce qu'il en coûte (hors taxes) pour louer l'ensemble des salons de la Maison de l'Amérique latine (photo) durant une journée (janvier 2012), sans ristourne...
Le jardin de la maison de l'Amérique latine.jpg
Vue de la Maison de l'Amérique latine, côté jardins

L'état d'agitation et les propos d'Emmanuel Macron ont été largement relayés sur les réseaux sociaux par les députés présents

Le chef de l'Etat a dit "assumer" (?) entièrement sa part (antithétique!) de responsabilité dans cette affaire Benalla: "S'ils cherchent un responsable, le seul responsable, c'est moi et moi seul," a-t-il lancé fièrement, dans sa zone de confort, au milieu de ses courtisans, 

Il s'est ensuite livré sur Alexandre Benalla, qui s'est occupé de sa sécurité lors de la campagne présidentielle l'année dernière. La vidéo a été mise en ligne par de nombreux media, depuis l'AFP jusqu'à Twitter, en passant par BFM TV.

Voici l'intégralité de ce que le président Macron consent à dire sur Alexandre Benalla:
"Alexandre Benalla n'a jamais occupé un 300 m2 à l'Alma [il n'a pas eu le temps d'emménager: des travaux ne sont-ils pas en cours pour accueillir le couple?]. Alexandre Benalla n'a jamais gagné 10.000 euros [combien ?]. Alexandre Benalla, lui non plus, n'a jamais été mon amant. Alexandre Benalla, quoique bagagiste d'un jour [comme également prétendu par Castaner], n'a jamais eu ces fonctions dans la durée. Toutes ces choses qu'on a entendues ces derniers jours, les mêmes vous disant tout et n'importe quoi. Sans que ça les fasse rougir ou s'interroger sur eux-mêmes. Qu'ils soient parfois parlementaires, commentateurs ou journalistes. Les mêmes ont dit des sornettes.
De quoi s'agit-il ? Alexandre Benalla, c'est quelqu'un qui nous a accompagnés pendant la campagne avec beaucoup de courage et d'engagement. C'est quelqu'un qui a permis à un moment, sortant de nulle part [gens de rien],
n'étant pas protégé et aidé, c'est normal, ni par l'état et les services publics. Il était légitime d'avoir des gens qui organisent des déplacements et des réunions. Il a été engagé par le mouvement. Il m'a accompagné avec beaucoup d'engagement et quoiqu'il advienne et ce qu'il se passe dans cette affaire, je n'ai pas à oublier cet engagement ou à ne pas m'en souvenir."
Cette sortie d'Emmanuel Macron renvoie à l'épisode Mathieu Gallet pendant la campagne présidentielle. Lors d'un discours devant ses soutiens au théâtre Bobino à Paris en février 2017, le futur chef de l'Etat avait tenté de ridiculiser des rumeurs sur sa double vie et sa supposée liaison avec Matthieu Gallet, l'ex-président de Radio France. Mauvais signal pour Benalla, cette fois...  Là encore, Emmanuel Macron avait choisi un démenti frontal pour désamorcer ces on-dit, qui commençait à parasiter sa campagne : "Je ne peux pas me dédoubler. Si dans les dîners en ville on vous dit que j'ai une double vie avec Matthieu Gallet, c'est mon hologramme qui m'a échappé, ça ne peut pas être moi !" L'idée de l'hologramme était-elle suggérée par son secrétaire d'Etat chargé du Numérique, Mounir Mahjoubi ?

N'empêche qu'au détour d'un long portrait consacré au ministre de l'Economie,
The Times s'intéressa de près à sa vie personnelle et en particulier à son épouse Brigitte. "C'est en ancien banquier reconverti en ministre des Finances et il est connu pour emmener sa femme, âgée de près de vingt ans de plus que lui, au travail". La retraitée semblait missionnée pour contredire la rumeur de sa présence."Je ne cache pas ma vie privée parce que je considère que cela serait ridicule et que, quand vous vous engagez en politique, vous le faites complètement, commenta ainsi le ministre. Je pense que le fait que je suis marié à quelqu'un qui, il est vrai, est plus âgée que moi, suscite la curiosité. C'est singulier. Mais au moins, les gens savent qu'ils ont affaire à quelqu'un qui veut s'engager, ils savent dans quoi vous vous projetez sur une certaine période, comment vous vivez votre vie privée, et cela a du sens." expliqua même Macron pourtant peu bavard quand il s'agit d'évoquer son épouse. Sur le plateau du Supplément, le locataire de Bercy avait pourtant évoqué le rôle prépondérant de Brigitte à ses côtés, expliquant qu'elle assistait (bénévolement) à certaines réunions...

Macron : "Alexandre Benalla, lui non plus, n'a jamais été mon amant !"
Pour se sortir de ce mauvais pas, le chef de l'Etat tente de ridiculiser les observateurs sains :
idéo en cours

dimanche 19 février 2017

En Macron, la gauche radicale ne reconnaît pas l'un des siens

L'électorat de Hamon rencontré à Lille et Toulouse éprouve de la méfiance envers Macron

Hamon stagne au quatrième rang

L'AFP va interroger des électeurs sur ...Lille et ...Toulouse
Hiatus entre Paris et Lille
A Lille, où Martine Aubry soutient Hamon, Hélène X., DRH anonyme (et cougar ?) de 53 ans, tranche d'âge peu tournée vers l'ancien ministre de Hollande, est irritée par Macron, mais pourrait tout de même voter pour lui. "Macron ne peut pas dire qu'il est antisystème, ce serait nous prendre pour des idiots", lâche celle qui pourrait être néanmoins assez idiote pour voter pour lui. L'agence de presse admet ainsi que ses appels à témoignage n'ont aucun intérêt. 

Mais l'AFP va pourtant interroger d'autres électeurs de gauche rencontrés cette fois à Toulouse, ville traumatisée, notamment par l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001, faisant 30 morts et 2 500 blessés, ville de la saucisse et des départs pour le djihad, où 40% de la population étrangère est maghrébine disposant de quatre mosquées, et qui conserve aussi les séquelles de six années de gestion socialiste (2008-2014). 

Quand Paris Match fait parler le Toulousain Samir, 30 ans,
sans travail, sans ambition, mais avec une foi robuste, l'homme déclare : " Pour moi, l’islam est incompatible avec la République française d’aujourd’hui, bien trop athée. Dans ce pays, je ne vis pas, je survis. Je suis né ici, mais je ne me sens pas chez moi. Nous devrions vivre seulement entre musulmans dans un califat, ailleurs. Ou ici. Car l’islam est la seule vraie religion." Samir est convaincu des bienfaits de la charia et… de la lapidation. "C’est un moyen efficace et juste de dissuasion et de justice, lâche-t-il, nerveux. On devrait appliquer les deux en France. C’est à la laïcité, à vous, de vous adapter à notre culte, pas l’inverse." Sinon ? "Sinon, à force de ne pas être entendue, la communauté musulmane pourrait se rebeller. Vous êtes loin de la réalité. Pour moi, la guerre civile est inévitable. "
La colonisation française, "crime contre l'humanité", selon Macron
Résultat de recherche d'images pour "macron a toulon"
Macron fracture la France à Toulon 
L'AFP fournit de la copie à la presse: info ou info-réalité ?
Aucune des deux agglomérations ne parvient à se libérer d'une certaine méfiance. "Emmanuel Macron, j'aime bien sa personnalité parce que c'est quelqu'un de direct", selon Lisa, fonctionnaire (important) de 49 ans, sur un marché du quartier populaire Lille-Sud. "Quand il dit par exemple "La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", il a raison. On n'a rien sans rien", affirme cette anonyme que la proposition de Sarkozy de travailler plus pour gagner plus a probablement rebutée, en son temps... 

Lisa est cependant, comme beaucoup, dans l'expectative et l'AFP perd notre temps à promouvoir Hamon (le gnome rigolo, ici, derrière Montebourg) contre Macron, puisque quiconque est intrigué par le banquier attend néanmoins le programme du candidat : "Je pense qu'il faut gratter un peu, voir ce que Macron propose réellement". 

La dépêche de l'AFP n'apporte rien. En octobre 2014, Closer citait en revanche un camarade de classe qui assurait que "à 16 ans, notre actuel ministre de l'Economie aurait eu l'air d'en avoir seulement 13." Et d'ajouter : "C'était la dernière personne de la classe que je pensais voir arriver à l'inspection générale des finances."

L'ancien collaborateur de Hollande semblerait en mesure d'atteindre le second tour

Les électeurs n'ont-ils donc pas conscience de la responsabilité de Macron dans le fiasco du quinquennat Hollande ?

Contrairement à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, "il n'a toujours pas sorti son programme. Qu'est-ce qu'il attend? La dernière minute?", s'exclame Philippe X., autre quinquagénaire, 53 ans, vendeur de fruits et légumes, si on en croit l'AFP. "En tout cas, il est malin: les gens ne veulent plus de la droite, ni de la gauche et lui, il se dit ni de droite ni de gauche".

"Son passé de banquier" chez Rothschild "gêne une bonne partie des gens", estime Candice X., 19 ans, étudiante en Sciences politiques à Lille 2 et en lutte des classes. "Sinon, ce serait lui qui serait élu, car le clivage gauche-droite est en voie d'extinction".
"Il sort d'une grande famille, d'un milieu aisé [Jean-Michel, son père, est  professeur de neurologie au CHU et chargé d'enseignement à la faculté de médecine à Amiens, et sa mère, médecin-conseil de la Sécurité sociale]. Il ne sait pas ce que c'est, quand c'est dur", caricature Antonio X., employé franco-portugais de 43 ans.
"C'est un faux gauche", renchérit Blandine X., 56 ans, assistante sociale, sur le marché Sébastopol, dans le centre de Lille, qui votera probablement pour Benoît Hamon. Selon cette électrice interrogée sous couvert d'anonymat, "se revendiquant" du centre gauche [c'est beaucoup dire, en en dissimulant son identité, qu'elle se revendique de quoi que ce soit], Emmanuel Macron "a la jeunesse et le culot pour lui, il sait accrocher un auditoire. Mais est-ce qu'il a les capacités de mener le pays, j'ai des doutes !"
Entre ces deux grandes villes, l'AFP n'a encore déniché aucun sympathisant clairement déterminé à voter Macron...


Une accumulation de témoignages floutés dégage-t-elle une tendance ?
L'AFP n'admet pas que son échantillon de témoins anonymes a été sélectionné. "Macron, je ne dirais pas qu'il est de gauche", appuie Hélène X. Voyons l'incohérence des propos de l'inconnue. "Mais peut-être que je voterai pour lui, parce qu'il est jeune, pragmatique, équilibré. Par contre son positionnement est mensonger, il ne peut pas dire qu'il est anti-système, ce serait nous prendre pour des idiots."

Nouveau témoin incohérente, Najet, 48 ans, fonctionnaire territoriale à Toulouse, dit avoir été "déçue" par cinq ans de pouvoir socialiste mais assure toujours croire dans les "valeurs de solidarité, de partage, d'humanisme" de la gauche. L'ex-ministre de l'Economie ? "Un petit trublion", balaye-t-elle, non sans mépris. "J'y crois pas, ça va se dégonfler. La com', c'est bien, mais il n'a pas de programme (...) Il n'a pas de ligne politique, c'est un aspirateur de désespoir, c'est tout"La dépêche de l'AFP se dégonfle d'autant. Qui va copier-coller ce soufflet retombé ?

"Il a déjà été au gouvernement, il a une histoire, il est pas nouveau comme il veut le faire croire", prolonge Christian X., 55 ans, artisan-charpentier (comme il s'en trouve tant sur les marchés régionaux !) qui hésite entre Mélenchon et Hamon (ci-contre). Tu m'étonnes... "C'est un mélange entre Juppé, Fillon, et Valls," décide-t-il, à la satisfaction de l'AFP, dont le journaliste est ...anonymé !

Chez "certains", cette défiance s'applique aux trois principaux candidats classés à gauche.
Mohamed X., entrepreneur immobilier [pourquoi pas], s'est trouvé au quartier populaire de Fives [cet entrepreneur reste attaché à l'une des zones de Lille les plus durement frappées par le chômage et le mal-logement: c'est mieux pour les affaires ? Cette circonscription a en outre élu députée une cadre administrative socialiste: meilleur choix possible pour favoriser la création d'emplois ?]. 
Il les vilipende tous, au risque de mettre en relief l'amalgame de l'AFP : "Il y a un manque de candidats crédibles, assure ce Français venu d'ailleurs. Mélenchon sur le plan économique, il va faire quoi, mettre les riches sur la place publique?Hamon avec son revenu universel, quel message il envoie aux jeunes, 'Votez pour moi je m'occupe de tout et restez bête'? 
Quant à Macron, il est bien mais trop jeune, et manque d'expérience pour affronter les tempêtes qui vont venir. Il était conseiller de François Hollande et a été l'architecte de l'augmentation des impôts."

Pour l'expérience, Hamon, bac +3 et apparatchik du PS, il n'a jamais travaillé: juste ministre de l'Education, pendant 3 mois, 147 jours... Pour autoriser des aménagements à la réforme des rythmes scolaires et en annoncer la non-application généralisée de l'ABCD de l'égalité. Quelle autorité !