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lundi 27 janvier 2020

Condamnés à mort en Irak, des islamistes français crient au scandale

Ils sont djihadistes étrangers, collabos de la rébellion islamiste locale, et dénoncent des "tortures" et des "humiliations"

Depuis leur condamnation à mort en Irak en mai et juin dernier,
 onze Français dénoncent les conditions de détention qu’ils disent subir.
Bagdad, 2018



Quand la radio publique franceinfo sort de plusieurs mois de grève en pointillé, c'est pour se faire l'écho d'une lettre que les combattants islamistes venus de France en Irak ont fait parvenir à leurs proches. Deux de ces collabos de Daesh, mouvement insurrectionnel et terroriste d'idéologie totalitaire, salafiste et djihadiste, se rappellent au bon souvenir de la France. Comme eux, ils seraient 1.700 Français qui ont choisi de combattre avec l'Etat islamique, classé organisation terroriste par de nombreux Etats et est accusé par les Nations unies, la Ligue arabe, les Etats-Unis et l'Union européenne d'être responsable de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, de nettoyage ethnique et de génocide.

Soutien des familles françaises d'enfants prisonniers dans les camps de Roj et Al-Hol, en Syrie aussi bien, le collectif Familles unies - Association loi 1901 laïque & républicaine pour la défense des droits fondamentaux - soutient ces allégations dans un communiqué le 23 janvier. "Dans un courrier parvenu à leurs familles, des prisonniers parlent de 'tortures et d'humiliations', de 'menaces incessantes', rendez-vous compte, de la part de certains gardiens", relaie le site à propos de combattants qui, pour sauver leur peau, brandissent le malheur d'enfants embarqués de force dans leur galère ou conçus pour servir les tortionnaires et tueurs de l'Etat islamique.

Les prisonniers anonymes évoquent leurs conditions de détention dans la prison d’Al-Rosafa à Bagdad, des accusations récurrentes, relayées par Le Monde et le JDD notamment, depuis dix ans : "Nous sommes confrontés aux menaces incessantes, verbales et physiques des miliciens qui travaillent dans cette prison ", déplorent ces djihadistes français pris au piège de leur idéologie. 
Et d’ajouter : "Certains d’entre nous [accusation floue] se sont fait torturer et humilier, la pression est tellement forte qu’il y en a parmi nous qui se sont isolés et se sont mis à parler tout seul"... Des allégations assorties de commentaires comme "la mort leur est préférable au calvaire actuel."

Et, pourquoi pas, ils interpellent la France !





Rappel des tueries commises par Daesh en France
Le 9 janvier 2015, la prise d'otages du magasin Hyper Cacher de la porte de Vincennes est menée par Amedy Coulibaly, qui annonce avoir prêté allégeance à l'État islamique. L'attaque est coordonnée avec l'attentat contre Charlie Hebdo mené par les frères Kouachi qui agissent, quant à eux, au nom d'al-Qaïda.
Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis sont les premiers en Occident directement planifiés, exécutés et revendiqués officiellement par l'État islamique.
D'autres attaques sont revendiquées : le double meurtre de fonctionnaires à Magnanville, le 13 juin 2016 ; l'attentat de Nice du 14 juillet 2016 ; l'attentat de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray le 26 juillet 2016,
l'attentat du 20 avril 2017
sur l'avenue des Champs-Elysées à Paris, l'attentat de la gare de Marseille-Saint-Charles 
et les
attaques du 23 mars 2018 à Carcassonne et Trèbes dans lequel le lieutenant-colonel de gendarmerie Beltrame a donné sa vie.
Le groupe revendique aussi l'
attentat du 12 mai 2018 à Paris et l'attentat du 11 décembre 2018 à Strasbourg.
Une tentative d'attentat sur les Champs-Eysées le 19 juin 2017 à l'aide d'une voiture-bélier piégée est également revendiquée, c'était la première fois en France qu'une attaque ratée était revendiquée par l'EI.
D'autres ne sont pas revendiquées, mais leurs auteurs sont soupçonnés d'avoir voulu agir au nom de l'EI : l'affaire Sid Ahmed Ghlam en avril 2015, l'attentat de Saint-Quentin-Fallavier, le 26 juin 2015, l'attentat du train Thalys le 21 août 2015 et l'attentat de la rue Victor-Hugo de Lyon, le 24 mai 2019.
Ils n'empêchent que les deux plaignants français n'hésitent pas à interpeller la France pour son... manque de considération. C'est l'effet français de la repentance coloniale entretenue à des fins politiques par les multiculturalistes.  "La France ne nous veut pas et l’Irak a reçu l’ordre de nous assassiner dès que l’occasion se présentera", gémissent ces guerriers, précisant que la France leur avait fait savoir qu’elle ne pouvait rien pour eux. Ils demandent dès lors à "être transférés d’urgence" dans un endroit "sécurisé par les Américains", dévoile Libération.

Fodil Tahar Aouidate et Brahim Nejara, deux hommes de 33 ans, sont pourtant considérés comme des figures connues de l’Etat islamique et du djihad français. 
Dans plusieurs vidéos, ils sont apparus se félicitant notamment des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. L’un des deux est soupçonné d’avoir voulu organiser un attentat en France et l’autre d’avoir été à l’origine d’une filière de Français en Syrie et en Irak. 
Le collectif Familles unies presse pourtant le gouvernement "d'intervenir pour faire cesser toute forme de traitement inhumain et dégradant infligé aux prisonniers et pour que les peines de mort soient commuées."

En 1917, à la tribune de l'Assemblée, Georges Clémenceau répondit par avance à ces jérémiades : " Des demi-traîtres ? Donc six balles suffiront !"

 

dimanche 16 septembre 2018

Les Harkis réclament des actes à Macron

Les Harkis réclament à Macron un effort de mémoire et de justice

Les associations demandent entre 4 et 40 milliards d'euros de réparations pour les préjudices subis depuis la première génération 

Une stèle pour des harkis qui attendent davantageLa communauté harkie appelle le président Emmanuel Macron à lui accorder des réparations à la hauteur du préjudice subi à la fin de la guerre d'Algérie. Elle a rappelé le soutien qu'elle lui a apporté en 2017

Les Harkis dénoncent une reconnaissance incomplète. "M. Macron a reconnu que la colonisation était un crime contre l'humanité; c'est peut-être courageux de crever l'abcès, mais il ne peut dire cela et de l'autre côté ne pas regarder l'histoire de ces soldats et citoyens français" abandonnés en Algérie en 1962, souligne le président du Comité national de liaison des harkis (CNLH), Boaza Gasmi.

Le Comité national de liaison des harkis menace maintenant de porter plainte contre la France pour crimes contre l'humanité

Lancé à l'initiative du président Macron, le groupe de travail propose 40 millions d'euros... et Macron préconise de créer un "fonds de réparation et de solidarité" de 40 millions d'euros pour ces anciens supplétifs de l'armée française et leurs enfants, loin des attentes des associations qui ont chiffré le préjudice à 40 milliards. 

Les associations se concerteront le 15 septembre à Agen pour étudier quelle riposte opposer au gouvernement, si celui-ci ne prend pas en compte leurs demandes, anticipent-elles, alors qu'il pourrait faire des annonces le 25 septembre, à l'occasion de la Journée nationale d'hommage aux Harkis.

Entre 4 et 40 milliards d'euros de réparations pour les préjudices subis génération après générationainsi qu'une loi gravant dans le marbre la responsabilité de la France dans ce dossier, là où le groupe d'experts préconise une simple résolution parlementaire. "La France a fait que notre terre natale nous est devenue hostile, que nos frères de sang sont devenus nos propres ennemis. Aujourd'hui cette loi nous la voulons !", insiste Mohamed Badi, porte-parole du CNLH, également présent mercredi à Paris. 
"On sait qu'une résolution ce n'est pas exécutoire (..) C'est du papier qui ne sert absolument à rien", renchérit-il.

150.000 Algériens recrutés dans l'armée française. 
L'armée française a recruté jusqu'à 150.000 Algériens comme auxiliaires durant la guerre d'Algérie (1954-1962), rappelle le rapport du groupe de travail remis en juillet au gouvernement et intitulé "Aux harkis, la France reconnaissante". A la fin de la guerre, 90.000 personnes, Harkis et leurs familles, ont été mis en sécurité contre les représailles du FLN en France, dans des conditions soudaines et précaires (dans des camps, des hameaux de forestage et des cités urbaines) sans réelles perspectives d'intégration pour eux-mêmes, ni leurs enfants. 

Entre 55.000 et 75.000 harkis, selon les historiens, sont restés dans leur département d'Algérie, soit qu'ils en ont fait le choix, soit qu'ils y ont été abandonnés et victimes de sanglantes représailles de la part des 
L'armée française égorgeait-elle 
les femmes et les enfants?
révolutionnaires nationalistes qui les considéraient comme des traîtres, en dépit des Accords d'Evian passés avec le FLN qui s'était engagé sur l'honneur et par écrit à ne pas exercer de représailles. 
C'est ainsi que des images de mutilations et d'exécutions sont parfois attribuées à l'armée française, mais sont en vérité au nombre des crimes contre l'humanité perpétrés par les Algériens du FLN.

"La seconde génération ne sera pas aussi docile que la première, elle se battra jusqu'au bout tant que le dossier harki n'aura pas été réglé de manière juste et digne, même s'il fallait porter nos problèmes auprès de la Cour européenne de justice, des tribunaux internationaux et des organes de l'ONU", a prévenu le porte-parole du CNLH, Mohamed Badi, samedi à Agen, lors d'une réunion publique réunissant quelque 150 personnes.
"Nous allons attendre ce qu'ils nous proposent mais il n'y aura pas plus que les propos qu'ils nous ont tenus", a estimé M. Badi, qualifiant leurs propositions de "mesurettes". Le CNLH entend organiser plusieurs conférences de presse et exprimer ses revendications sur les réseaux sociaux.

dimanche 19 février 2017

En Macron, la gauche radicale ne reconnaît pas l'un des siens

L'électorat de Hamon rencontré à Lille et Toulouse éprouve de la méfiance envers Macron

Hamon stagne au quatrième rang

L'AFP va interroger des électeurs sur ...Lille et ...Toulouse
Hiatus entre Paris et Lille
A Lille, où Martine Aubry soutient Hamon, Hélène X., DRH anonyme (et cougar ?) de 53 ans, tranche d'âge peu tournée vers l'ancien ministre de Hollande, est irritée par Macron, mais pourrait tout de même voter pour lui. "Macron ne peut pas dire qu'il est antisystème, ce serait nous prendre pour des idiots", lâche celle qui pourrait être néanmoins assez idiote pour voter pour lui. L'agence de presse admet ainsi que ses appels à témoignage n'ont aucun intérêt. 

Mais l'AFP va pourtant interroger d'autres électeurs de gauche rencontrés cette fois à Toulouse, ville traumatisée, notamment par l'explosion de l'usine AZF le 21 septembre 2001, faisant 30 morts et 2 500 blessés, ville de la saucisse et des départs pour le djihad, où 40% de la population étrangère est maghrébine disposant de quatre mosquées, et qui conserve aussi les séquelles de six années de gestion socialiste (2008-2014). 

Quand Paris Match fait parler le Toulousain Samir, 30 ans,
sans travail, sans ambition, mais avec une foi robuste, l'homme déclare : " Pour moi, l’islam est incompatible avec la République française d’aujourd’hui, bien trop athée. Dans ce pays, je ne vis pas, je survis. Je suis né ici, mais je ne me sens pas chez moi. Nous devrions vivre seulement entre musulmans dans un califat, ailleurs. Ou ici. Car l’islam est la seule vraie religion." Samir est convaincu des bienfaits de la charia et… de la lapidation. "C’est un moyen efficace et juste de dissuasion et de justice, lâche-t-il, nerveux. On devrait appliquer les deux en France. C’est à la laïcité, à vous, de vous adapter à notre culte, pas l’inverse." Sinon ? "Sinon, à force de ne pas être entendue, la communauté musulmane pourrait se rebeller. Vous êtes loin de la réalité. Pour moi, la guerre civile est inévitable. "
La colonisation française, "crime contre l'humanité", selon Macron
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Macron fracture la France à Toulon 
L'AFP fournit de la copie à la presse: info ou info-réalité ?
Aucune des deux agglomérations ne parvient à se libérer d'une certaine méfiance. "Emmanuel Macron, j'aime bien sa personnalité parce que c'est quelqu'un de direct", selon Lisa, fonctionnaire (important) de 49 ans, sur un marché du quartier populaire Lille-Sud. "Quand il dit par exemple "La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler", il a raison. On n'a rien sans rien", affirme cette anonyme que la proposition de Sarkozy de travailler plus pour gagner plus a probablement rebutée, en son temps... 

Lisa est cependant, comme beaucoup, dans l'expectative et l'AFP perd notre temps à promouvoir Hamon (le gnome rigolo, ici, derrière Montebourg) contre Macron, puisque quiconque est intrigué par le banquier attend néanmoins le programme du candidat : "Je pense qu'il faut gratter un peu, voir ce que Macron propose réellement". 

La dépêche de l'AFP n'apporte rien. En octobre 2014, Closer citait en revanche un camarade de classe qui assurait que "à 16 ans, notre actuel ministre de l'Economie aurait eu l'air d'en avoir seulement 13." Et d'ajouter : "C'était la dernière personne de la classe que je pensais voir arriver à l'inspection générale des finances."

L'ancien collaborateur de Hollande semblerait en mesure d'atteindre le second tour

Les électeurs n'ont-ils donc pas conscience de la responsabilité de Macron dans le fiasco du quinquennat Hollande ?

Contrairement à Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon, "il n'a toujours pas sorti son programme. Qu'est-ce qu'il attend? La dernière minute?", s'exclame Philippe X., autre quinquagénaire, 53 ans, vendeur de fruits et légumes, si on en croit l'AFP. "En tout cas, il est malin: les gens ne veulent plus de la droite, ni de la gauche et lui, il se dit ni de droite ni de gauche".

"Son passé de banquier" chez Rothschild "gêne une bonne partie des gens", estime Candice X., 19 ans, étudiante en Sciences politiques à Lille 2 et en lutte des classes. "Sinon, ce serait lui qui serait élu, car le clivage gauche-droite est en voie d'extinction".
"Il sort d'une grande famille, d'un milieu aisé [Jean-Michel, son père, est  professeur de neurologie au CHU et chargé d'enseignement à la faculté de médecine à Amiens, et sa mère, médecin-conseil de la Sécurité sociale]. Il ne sait pas ce que c'est, quand c'est dur", caricature Antonio X., employé franco-portugais de 43 ans.
"C'est un faux gauche", renchérit Blandine X., 56 ans, assistante sociale, sur le marché Sébastopol, dans le centre de Lille, qui votera probablement pour Benoît Hamon. Selon cette électrice interrogée sous couvert d'anonymat, "se revendiquant" du centre gauche [c'est beaucoup dire, en en dissimulant son identité, qu'elle se revendique de quoi que ce soit], Emmanuel Macron "a la jeunesse et le culot pour lui, il sait accrocher un auditoire. Mais est-ce qu'il a les capacités de mener le pays, j'ai des doutes !"
Entre ces deux grandes villes, l'AFP n'a encore déniché aucun sympathisant clairement déterminé à voter Macron...


Une accumulation de témoignages floutés dégage-t-elle une tendance ?
L'AFP n'admet pas que son échantillon de témoins anonymes a été sélectionné. "Macron, je ne dirais pas qu'il est de gauche", appuie Hélène X. Voyons l'incohérence des propos de l'inconnue. "Mais peut-être que je voterai pour lui, parce qu'il est jeune, pragmatique, équilibré. Par contre son positionnement est mensonger, il ne peut pas dire qu'il est anti-système, ce serait nous prendre pour des idiots."

Nouveau témoin incohérente, Najet, 48 ans, fonctionnaire territoriale à Toulouse, dit avoir été "déçue" par cinq ans de pouvoir socialiste mais assure toujours croire dans les "valeurs de solidarité, de partage, d'humanisme" de la gauche. L'ex-ministre de l'Economie ? "Un petit trublion", balaye-t-elle, non sans mépris. "J'y crois pas, ça va se dégonfler. La com', c'est bien, mais il n'a pas de programme (...) Il n'a pas de ligne politique, c'est un aspirateur de désespoir, c'est tout"La dépêche de l'AFP se dégonfle d'autant. Qui va copier-coller ce soufflet retombé ?

"Il a déjà été au gouvernement, il a une histoire, il est pas nouveau comme il veut le faire croire", prolonge Christian X., 55 ans, artisan-charpentier (comme il s'en trouve tant sur les marchés régionaux !) qui hésite entre Mélenchon et Hamon (ci-contre). Tu m'étonnes... "C'est un mélange entre Juppé, Fillon, et Valls," décide-t-il, à la satisfaction de l'AFP, dont le journaliste est ...anonymé !

Chez "certains", cette défiance s'applique aux trois principaux candidats classés à gauche.
Mohamed X., entrepreneur immobilier [pourquoi pas], s'est trouvé au quartier populaire de Fives [cet entrepreneur reste attaché à l'une des zones de Lille les plus durement frappées par le chômage et le mal-logement: c'est mieux pour les affaires ? Cette circonscription a en outre élu députée une cadre administrative socialiste: meilleur choix possible pour favoriser la création d'emplois ?]. 
Il les vilipende tous, au risque de mettre en relief l'amalgame de l'AFP : "Il y a un manque de candidats crédibles, assure ce Français venu d'ailleurs. Mélenchon sur le plan économique, il va faire quoi, mettre les riches sur la place publique?Hamon avec son revenu universel, quel message il envoie aux jeunes, 'Votez pour moi je m'occupe de tout et restez bête'? 
Quant à Macron, il est bien mais trop jeune, et manque d'expérience pour affronter les tempêtes qui vont venir. Il était conseiller de François Hollande et a été l'architecte de l'augmentation des impôts."

Pour l'expérience, Hamon, bac +3 et apparatchik du PS, il n'a jamais travaillé: juste ministre de l'Education, pendant 3 mois, 147 jours... Pour autoriser des aménagements à la réforme des rythmes scolaires et en annoncer la non-application généralisée de l'ABCD de l'égalité. Quelle autorité !

samedi 18 février 2017

Macron tente d'exploiter les terres de la gauche extrême mais se plante

Le coup d'éclat sécuritaire de Macron en Algérie lui revient  en pleine face dans le Vaucluse

"Macron, retourne à l'école ! Apprends l'histoire !" "On n'est pas des criminels; on est des Français et on veut des excuses" 

Suite à ses propos de circonstances tenus en Algérie sur la colonisation, des pieds-noirs en colère l'ont accueilli sèchement lors d'un déplacement de campagne à Carpentras, dans le Vaucluse, vendredi 17 février. Emmanuel Macron a été  copieusement sifflé, à la chapelle des Pénitents-Blancs, une salle municipale de Carpentras où il a déroulé des propositions en matière de sécurité.

La tête de gondole du mouvement En marche ! - qui a qualifié la colonisation française de 'crime contre l'humanité', mardi lors d'une visite en Algérie, a choqué les rapatriés du Vaucluse, qui ont organisé une manifestation à quelques mètres, derrière un cordon de policiers en civil. "C'est honteux ! Quand on pense à tout ce que des générations de Français ont fait en Algérie, il parle de la conquête, mais c'était un autre siècle", dénonce un couple qui a quitté Oran à l'âge de 25 ans et qui se sent "bafoué". "Il n'était même pas né ! Tous nos morts sont là-bas", s'insurge un autre.  "On veut des excuses pour les insultes qu'il a eues envers les pieds-noirs, les harkis, la France entière et les 30 000 morts tués en Algérie, c'est une honte", "s'étrangle" Jean-Paul, "accroché à un drapeau français" avec deux pieds-noirs brodés au milieu, écrit la correspondante locale du journal Le Parisien.
 
Avant son allocution devant la presse, le candidat à la présidentielle s'est "longuement" [sic] entretenu avec deux membres de la Maison des rapatriés de Carpentras autorisés à l'approcher. "Vous nous avez tués une deuxième fois, vous nous accusez de choses qu'on n'a pas faites", lui a lancé Caroline Lopez, une adhérente [dont l'identité n'est ni anonymée, ni modifiée]. 

"Vous n'avez pas respecté la France", dénonce le président d'honneur de l'amicale, Jean Serrette. 
"Très posément", selon Le Parisien, Emmanuel Macron, entouré d'une nuée de caméras, leur a assuré "respecter éminemment" ce qu'ils ont vécu. 
"Ne mélangez pas l'histoire [Histoire ?] et l'émotion", leur reproche le candidat. "On peut réconcilier les mémoires", leur assure l'ex-banquier parisien de passage, s'engageant à poursuivre ..."ultérieurement" (!) le dialogue. 

Pour Le Parisien, méprisant de "la quarantaine de pieds-noirs, qui avaient déployé deux banderoles", les insultés sont les insulteurs... 
Dérisoires depuis Paris, ces banderoles faisaient pourtant référence au "sang versé", aux deuils et aux "oubliés de l'Algérie sacrifiée"
Les Français d'Algérie, plus maltraités que des Français de Bretagne, du Pays basque ou de Corse ont entonné à plusieurs reprises 'le Chant des Africains' et 'la Marseillaise', et pour eux, plus question désormais de donner leurs voix au candidat de l'Elysée. 
"Certains voulaient voter pour lui mais, maintenant, il n'y en a plus aucun, "croit savoir" [Le Parisien] Christian, 77 ans. Il a fait une faute politique. Mais, au fond, il s'en fout de nous." Josette, qui l'écoutait jusqu'à présent "avec plaisir", mais ne veut plus entendre parler de lui, regrette que "de rassembleur il [soit] devenu diviseur"

A sa sortie de la chapelle, lorsqu'il s'est engouffré dans une voiture, l'ancien ministre de l'Economie s'est fait à nouveau copieusement siffler. "Des excuses, on viendra en réclamer encore à son meeting de Toulon (Var)", samedi, a promis un rapatrié.

En tentant d'attirer à lui des électeurs de Hamon et Mélenchon, Macron s'est aliéné les Pieds-Noirs: sur le million de Français nés en Algérie, 800.000 ont dû se réfugier en Métropole à compter de 1962. 

jeudi 29 mai 2014

Assassinat de René Bousquet: le président Mitterrand refuse la repentance

Considérations sur la réouverture des vieux dossiers

Devoir de mémoire vs. oubli volontaire, réconciliation nationale et refus de la repentance
Le journaliste Jean-Pierre Elkabbach n'a jamais cessé de côtoyer François Mitterrand au long de sa carrière. Les conversations réalisée de 1993 et 1994 témoignent de cette relation privilégiée avec le président socialiste au passé vichyssois. A l’occasion des trente ans de l’accession au pouvoir de François Mitterrand, Jean-Pierre Elkabbach se souvient. 
Entretien d'Elkabach pour Public Sénat
François Mitterrand, vous l’avez côtoyé tout au long de votre carrière. Vous avez eu le temps de voir son évolution. Globalement, comment le définiriez-vous ? Et qu’est-ce qui vous a marqué le plus chez lui ?

D’abord, je n’ai jamais été un collaborateur de François Mitterrand. J’étais un journaliste souvent critique, à différents moments sanctionné : c’est grâce à Mitterrand que j’ai été inscrit à l’ANPE pendant un an et demi, et j’ai été écarté du métier, mais que je suis revenu peut-être grâce à Mitterrand, et que j’ ai fini par exercer mon métier sur Europe 1, puis ai présidé France Télévisions pendant 3 ans.

Je l’ai vu très souvent dans les moments qui ont précédé son élection, et même après à une époque où nul ne s’imaginait que je le voyais régulièrement et en secret. François Mitterrand c’était l’obstination et l’impatient, et en même temps c’était la distance à l’égard des faits, de la réalité, et des critiques : il me répondait quelques fois que le pouvoir c’était l’indifférence aux critiques, aux attaques, avec la certitude qu’il resterait peu de choses de toutes les grenouilles qui attaqueraient. Et il disait aussi que de toute façon, au bout du compte, toutes les symphonies sont inachevées, c'est-à-dire que rien n’est parfait, mais qu’en même temps, il faut agir, il faut oser, il faut tenter même le diable et le destin : c’est comme ça qu’on construit son destin.

Je n’en fais pas un saint, même pas un saint laïc, j’en fais pas forcément un modèle. J’ai suivi tout jeune journaliste le Général de Gaulle 5 ans, mais avec De Gaulle, on ne parlait pas. François Mitterrand, je l’ai accompagné dans les voyages, j’ai beaucoup discuté avec lui, j’ai enregistré des conversations personnelles.

L’attrait, sa complexité, l’homme proche de René Bousquet …
Non, on ne peut pas dire l’homme proche de René Bousquet, c’est une fadaise. Il faudrait expliquer beaucoup de choses à propos de René Bousquet, de ce qui s’est fait lorsqu’on lui a reproché d’avoir connu Bousquet. René Bousquet, à un moment donné, était fréquenté après la guerre par tout le monde. [Mais il est aujourd'hui interdit d'en dire de même de Philippe Buisson] Deux procès l’avaient blanchi et il était dans le conseil d’administration de la banque Suez, dans les dîners : c’était presque un mondain, et en même temps un des responsables de la Dépêche du Midi, du financement des partis politiques de gauche. Lui aussi c’est un personnage très compliqué. Clairement il n’était pas l’ami mais une connaissance parmi d’autres de François Mitterrand qu’il a cessé de fréquenter dès qu’on lui a rappelé, dans les années 78, le rôle qu’il avait eu avec la question juive, notamment la Rafle du Vel’ d’Hiv’.

VOIR et ENTENDRE la conversation de J.-P. Elkabach avec le président François Mitterrand (2ème extrait de la partie 2):
François Mitterrand était extrêmement complexe, d’une très grande sensibilité maîtrisée, et en même temps un européen convaincu, vraiment soucieux de l’indépendance de la France, dans le respect de ses alliés. On disait « il est anti ou pro-américain ». Chaque fois qu’on avait besoin de la France, on a répondu présent : la première guerre du Golfe, même si François Mitterrand avait essayé de convaincre Gorbatchev de ne pas la faire, mais comme le Général de Gaulle, à chaque fois qu’on a fait appel à lui, il a répondu présent.

En 1981, on voit les images de Mitterrand à la télé. Vous annoncez sa victoire. Quel souvenir avez-vous de cette soirée électorale ?

C’est le contraire de ce qu’on raconte. Je vais prendre deux faits.
Les photos qui s’animent et qui arrivent : le public ne sait pas distinguer au niveau du visage ou du front lequel des deux est Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. C’est une image voulue par Etienne Mougeotte et moi. On montrait pour la première fois des images animées et nous avions voulu avec insistance qu’il y ait ce suspense jusqu’au dernier moment. [Rien à voir encore donc avec les images subliminales diffusées pendant sa campagne de 1988 par le service public pour influer sur l'inconscient des électeurs]

On ne faisait pas d’ironie, mais par sens d’une dramatisation d’une soirée à la télévision. On a appris la victoire de François Mitterrand à 18h25 : Etienne Mougeotte et moi avions décidé d’être ni rigolards pour que l’on ne nous prenne pour des convertis de la dernière heure, ni sinistres pour que l’on ne nous dise pas que nous pleurions la défaite de Valéry Giscard d’Estaing. Selon qu’on était de droite ou de gauche, on m’a trouvé indifférent, ou pleurnicheur de la défaite.

Ensuite, il y a eu à la Bastille des manifs de joie – on comprenait – mais elles ont été assez vite dispersées par la forte pluie. Quelques heures plus tard, on a raconté un mensonge comme quoi j’avais été conspué à la Bastille avec les frères Duhamel, avec Jean-Marie Cavada, et Etienne Mougeotte, mais surtout moi. Cela a été une légende qu’on a racontée, entretenue, qui m’a valu pendant longtemps l’opprobre et la dérision des animateurs et des comiques. Et maintenant les mêmes écrivent ou commentent en disant que ce n’est pas vrai : comme si j’avais inventé moi même cette scène alors qu’ils ont été les premiers à entretenir cette idée parce qu’ils ne me voulaient pas nécessairement du bien.

Voilà les deux moments clés de cette soirée, mais en même temps, je l’ai vécue comme un moment historique. C’est la première fois depuis 23 ans que la France allait vivre une alternance de cette importance. J’ai fait avec Etienne Mougeotte l’animation de la nuit électorale jusqu’à 2 heures du matin et j’ai animé toujours avec lui les deux soirées des législatives le mois suivant. Il y avait déjà le nouveau gouvernement de gauche avec à l’antenne des tensions parfois avec des interlocuteurs.

Il y a un autre moment pendant la campagne : c’est quand lors d’un débat, vous demandez à François Mitterrand ce qu’il pense de l’abolition de la peine de mort. Cela a été un moment important ?

Oui, c’est un moment clé, peut-être une des décisions qui a fait élire Mitterrand parce qu’il allait à contre-courant de ce que disait l’opinion. Le matin même, les Français aux trois quarts s’exprimaient pour le maintien de la peine de mort, ils refusaient son abolition. Et c’est une des dernières questions qu’on lui a posé à la fin de l’émission. François Mitterrand avait déjà été très dur contre Valéry Giscard d’Estaing ce jour-là, très dur contre le pouvoir, et ça a été un choc dans l’opinion. Il a eu le courage de la rupture, de la dimension d’un homme d’Etat qui ne céderait pas forcément à la rumeur ou à l’opinion. Quand nous avons terminé cette émission, il y avait sur le plateau tout ce qui allait devenir la mitterrandie. La plupart de ces mitterrandôlatres se sont précipités sur Alain Duhamel et moi en nous disant « Vous le paierez ! Vous n’auriez pas dû poser cette question. Vous l’avez mis en difficulté. Vous l’avez fait battre. Vous le paierez d’une manière ou d’une autre. »

Badinter n’était pas là, mais il avait compris le sens que cela allait avoir, il savait que cela allait être un électrochoc. Cinq ans après, date pour date, le 16 mars, François Mitterrand m’invite à déjeuner. A un moment, il m’a pris par les épaules et me demande « Quel jour nous sommes ? » « A quoi ça vous fait penser ? » Il voulait marquer par cette invitation à déjeuner le moment peut-être décisif, déterminant de la campagne présidentielle. Ce n’est pas nous qui lui avons fait gagner l’élection présidentielle. Nous avions posé la même question à Valéry Giscard d’Estaing et cela n’avait pas eu le même effet.

Vous avez parlé des représailles avec votre éviction de la télévision en 1981

Oui, non seulement l’éviction, mais aussi l’inscription à l’ANPE pendant un an et demi, la queue pour remplir les papiers, pour avoir les mêmes droits que tout le monde. Je sais ce que c’est un chômeur qui va pointer. Mon épouse Nicole Avril m’a aidé à faire un livre de questions-réponses et ce livre a eu un succès tel qu’il a été remarqué et il est tombé avec les premières critiques sur les quelques mois de mitterrandisme.

Et après, ironie de l’histoire, vous faites une série d’entretiens secrets

Je ne sais pas si c’est l’ironie ou la justice de l’histoire. Je reviens par mon travail. J’ai imposé un style, une présence et 10 ans après je suis devenu Président de France Télévisions.
François Mitterrand était très malade. J’ai été jusqu’au bout un des rares non seulement à le rencontrer régulièrement pour parler. Ces conversations secrètes pour moi sont magnifiques, enrichissantes.

Rétrospectivement, comment les voyez-vous ces entretiens ?
En janvier 1996, Paris Match ose publier
une photo volée de François Mitterrand
sur son lit de mort.
 
A un moment, on les filmait, il était trop malade pour qu’on les continue. Avec Alain Duhamel, on a été les deux seuls journalistes à être autorisés à nous recueillir devant la dépouille mortelle de François Mitterrand. Je l’ai vu sur son lit de mort. Cela fait partie des souvenirs marquant de ma vie.

Intellectuellement, il était brillant, il n’avait aucune absence, il suffit de le regarder. Je vous conseille de regarder quelques extraits pour voir à tel point c’était brillant. Tous ses propos qui étaient ciselés, cruels, ou parfois tendres, toutes ses formules étaient improvisées.

N’y a-t-il pas de similitudes par rapport à Nicolas Sarkozy ? Un pragmatisme ?

On peut trouver des similitudes à travers tous les présidents de la République, car quand on entre à l’Elysée, on change déjà. Il y a le poids de la charge, le poids des événements, des faits qui reviennent chaque jour. On est obligés de prendre de la distance à l’égard de ceux qui vous prennent pour un punching-ball, et en ce sens-là, il y a parfois des rencontres. Et je sais que Nicolas Sarkozy a regardé des entretiens entre Mitterrand et moi. Tous deux répondent aux critiques par l’indifférence. Par exemple, François Mitterrand il a dit : « Ce sont mes pauvres, ils font fortune grâce à moi. En tout cas, ils mangent dans mon assiette ». Pour Nicolas Sarkozy c’est à peu près la même chose, il y en a qui s’enrichissent. A la fin de son quinquennat, il leurs manquera.

Vous regrettez François Mitterrand aujourd’hui ?
Non, on ne peut pas dire ça. Je ne le connaissais pas assez, mais quelquefois, il me manque les conversations avec quelqu’un de ce niveau. Chaque fois que j’allais le voir, j’avais une sorte de trac, pour ne pas dire de trouille, je me concentrais bien, parce que c’étaient des face-à-face où il sublimait ceux en face de lui. Il exigeait beaucoup. Il lisait beaucoup et demandait « Est-ce que vous l’avez lu ? C’est tout ? Vous connaissez tel livre d’histoire ? » C’était « un homme livre », comme dit Jack Lang. Il fallait bosser. C’étaient des exercices enrichissants, c’est sûr, des leçons de vie, comme si vous aviez parlé avec Sénèque ou avec Machiavel et qui apprenaient à prendre de la distance à l’égard de la banalité des jours.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’homme politique de cette trempe ?

Il y en a, oui. Pas forcément des gens de pouvoir, mais des philosophes, des patrons, des économistes et même Nicolas Sarkozy contrairement à ce qu’on croit. En plus, il travaille, il lit, et il est lui-même exigeant à l’égard de ses interlocuteurs : « Qu’est ce que tu lis ? Qu’est ce que tu fais ? Qu’est ce que tu me conseilles de faire ? » Ce sont des gens qui attrapent tout, des curiosités vivantes, fébriles, en effervescence constante. Ce sont parfois des éponges avec une mémoire phénoménale. Aussi bien, François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, Valéry Giscard d’Estaing, et de Charles de Gaulle. Regardez le général de Gaulle, il apprenait ses discours par cœur. »