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jeudi 13 septembre 2018

Macron provoque la colère des Harkis

Macron a le devoir de mémoire sélectif

"Une supercherie" : les Harkis du Lot-et-Garonne crient leur colère contre Macron

Des Harkis ont manifesté contre "le manque de reconnaissance" de l’Etat envers leur communauté, ce vendredi après-midi, à Villeneuve-sur-Lot, 

"Désabusés", "en colère", "c’est une supercherie", "on a été pris pour des c…". Les représentants de la communauté harkie, André Hazni et Mohammed Badi, sont passés à l’offensive pour fustiger "le manque de reconnaissance à notre égard dont fait preuve le président Macron".

Histoire des harkis dans le Lot-et-Garonne, en trois dates 

En 1975, c’est tout le camp de Bias qui se révolte.

En septembre 2016, lors d’une cérémonie d’hommage à Paris, le président Hollande  a reconnu les responsabilités des gouvernements français dans "l’abandon des Harkis". 

Alors qu'en 1962 la guerre civile en Algérie n'en finit pas de chercher son terme dans un contexte de révolution algérienne et malgré les accords d'Evian par lesquels le FLN s'engagea à ne pas exercer de représaillesune petite partie des Harkis et leurs familles, menacés en Algérie, ont été rapatriés en France à partir de l'été 1962. Chargée de leur transfert, de l'hébergement et de l'encadrement de l'ensemble des opérations, l'armée française a utilisé différentes structures (dont certaines ont fonctionné successivement, d'autres simultanément) appelées généralement camp de transit et de reclassement, au nombre de sept: Bias (Lot-et-Garonne), Bourg-Lastic (Puy-de-Dôme), La Rye-Le Vigeant (Vienne), Larzac-La Cavalerie (Aveyron), Saint-Maurice-l'Ardoise (Gard), Rivesaltes (Pyrénées-Orientales)

Le terme 'harkis', au sens strict, désigne les membres d’une harka, l’une des formes d’unités supplétives de l’armée française en Algérie. Mais, progressivement, le terme s’est étendu à l’ensemble des 'Français musulmans d’Algérie' engagés dans ou au côté de l’armée française. Au total, fin 1960, on comptait 60.000 'Français de souche nord-africaine' – selon la terminologie de l’époque – dans les forces régulières et supplétives, dont 20.000 Harkis.
Qu'on les ait appelés 'Français musulmans rapatriés' (à partir de juin 1962), puis 'Français rapatriés de confession islamique', et enfin 'Rapatriés d’origine nord-africaine' (dans les années 1980), ils ont toujours été étiquetés en fonction de leur origine, une survivance durable de discrimination coloniale, qui a doublement marginalisé les Harkis : ni rapatriés comme les autres, ni Français comme les autres,
les 'Pieds noirs', pareillement stigmatisés, singulièrement lorsqu'ils n'avaient pas de famille en métropole.
En date du 31 janvier 1964, une note du ministre des Rapatriés relative à "
l’attribution des logements HLM aux anciens harkis", rappelle certes que "les anciens harkis sont considérés comme rapatriés et bénéficiaires, à ce titre, de la loi du 26 décembre 1961", mais donne aux préfets la directive de ne "reloger les anciens harkis qu’après avoir relogé tous les rapatriés demandeurs de logement et particulièrement mal-logés." Dans le contexte d'un hébergement massif d'urgence, les harkis et leurs familles sont majoritairement logés en camps de transit, puis en "cités d’accueil", lesquels perdurent jusqu’au milieu des années 1970.
75 hameaux de forestage : Pertuis, Apt, Cucuron, Ongles, Manosque, La Roque d’Anthéron, Fuveau, Jouques, Saint-Maximin, Brignoles, Rians, Le Muy, Collobrières…

Voici comment ils ont été accueillis dans le département du Lot-et-Garonne

François Hollande a reconnu solennellement "les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France". Dans le département, cette déclaration tant attendue a un écho particulier, parce que ce territoire a été fortement marqué par cette histoire, celle d’une injustice de la décolonisation française.

1962, le rapatriement

Au lendemain des accords d’Evian du 18 mars 1962, qui marquent la fin de la guerre civile et l’indépendance de l’Algérie, des militaires français organisent le repli de leurs supplétifs algériens – les harkis – restés loyaux à la France, et celui de leurs familles. Tandis que le FLN rompt ses engagements et massacre 70.000 harkis dans les semaines qui suivent les accords, 90.000 autres débarquent sur le sol français. Ils seront pour l’essentiel dirigés vers des camps de transit, dans des baraquements qui, jadis, avaient accueilli les réfugiés espagnols, comme c’est le cas à Bias. Là, près du Cafi de Sainte-Livrade-sur-Lot, qui accueille les Indochinois, le Cara (le centre d’accueil des rapatriés d’Algérie) voit le jour. Il est question d’un hébergement temporaire. Le provisoire va durer plus de dix ans.

Le Cara et les 'incasables'

Ce sont jusqu’à 12.000 Harkis qui seront hébergés dans le camp de Bias. Selon la formule employée par l’administration, ce sont les 'incasables' qui y sont logés, autrement dit, ceux qu’on ne peut pas faire travailler : les infirmes, les invalides, les personnes âgées, les veuves et leurs enfants. Le préfet va instaurer un régime plus de camp militaire, avec barbelés et couvre-feu à 22 heures. 

La révolte en 1975

Ce régime disciplinaire, combiné aux conditions de logement souvent précaires et insalubres, conduit à une révolte des camps au printemps 1975. Elle part de Bias, où un responsable de l’amicale des Algériens, un ancien du FLN, est pris en otage pour empêcher les 500 CRS et les blindés qui cernent le camp de charger. L’été passé, l'administration du camp est transférée à la commune, c’est la fin du Cara. Mais les jeunes révoltés de l’époque sont ceux qui, encore aujourd’hui, portent les revendications des Harkis.

Le groupe de travail mis sur pied par Macron ces derniers mois, "c’est un écran de fumée", dénoncent-ils. 

"On a aidé le président lors de son élection [sic], idem au niveau local, avec le député Olivier Damaisin, reprend Mohammed Badi. Il n’était pas impliqué lors des réunions, quand il était là…"

Les descendants de Harkis avaient fait chiffrer le montant du préjudice pour "la souffrance" de leur communauté. Il s’élevait à près de 40 milliards d’euros. "Mais ils sont arrivés à un chiffre de 40 millions d’euros sur quatre ans, peste André Hazni contre les représentants de Macron. C’est encore moins que ce que le président Hollande avait fait pour nous [17 millions]"

Plusieurs banderoles ont été déposées devant la sous-préfecture pour marquer leur protestation.  André Hazni et Mohammed Badi ont donné rendez-vous à la communauté, dans la salle de la Rotonde à Agen à partir de 14 heures "pour voir quelle suite donner au mouvement."

mercredi 18 mai 2016

Hollande perd la face dans l'affaire du concert de Black M à Verdun

Le maire de Verdun confirme l'annulation du concert de Black M, contre l'avis de Hollande

Le concert de Black M prévu le 29 mai est bien annulé

Le maire PS de Verdun ne reviendra pas sur l'annulation du concert de Black M le soir des commémorations du centenaire de la terrible bataille de Verdunlors de la Première Guerre mondiale, qui a fait 300.000 morts du seul côté français, et à laquelle sont attendus François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel, et cela, en dépit de la promesse de François Hollande de sécuriser, le cas échéant (il n'est plus jamais sûr que de sa candidature de 2017), la manifestation dans un entretien au quotidien régional L'Est républicain "On ne revient pas sur l'annulation du concert de Black M"décidée vendredi dernier a déclaré le maire, Samuel Hazard, selon le site internet de l'Est Républicain, après plusieurs jours de polémique.
La France, un pays "kouffar". En cause une chanson de 2010 du groupe Sexion d'Assaut, Désolé, où Black M -chanteur français d'origine guinéenne - désigne la France comme "pays kouffar", un terme péjoratif désignant les mécréants, en arabe et repris par les islamistes de Daesh. "Kouffar" est le pluriel de "kâfir" (incroyant, ingrat, infidèle, en français  arabe), la plus grave insulte possible. Il est souvent utilisé dans le Coran pour stigmatiser ceux qui refusent de reconnaître le message de Mahomet et d’adhérer à sa religion. Le Coran prévoit d'ailleurs de combattre les mécréants jusqu’à la mort ou leur conversion à l’islam. Cette agression verbale était d'autant plus insupportable que ces mécréants sont les victimes de terroristes islamistes partout dans le monde et singulièrement en France. Voici les propos qui ne sont pas vécus par la gauche comme insultants... 
"J'ai fait le con j'ai commencé par la fin.
J'aurais pas dû me lancer dans la musique étant petit.
J'aurais dû t'écouter papa étant petit.
J'me sens coupable, quand j'vois ce que vous a fait c'pays de koufars "
Ces propos sont en soi "extrêmement injurieux à l'égard des Français", a souligné la présidente du Front national, mais spécialement un jour de recueillement et dans une période d' "état d'urgence" anti-terroriste. 

Les propos de Marine Le Pen font l'objet d'une polémique contre le FN et la personne de sa présidente pour évacuer le fond du problème et les désaccords entre le sommet de l'Etat-socialiste et le nouveau maire de Verdun (2014), professeur âgé de 36 ans, ancien UNEF et FSU, tandis que la députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-le-Pen et le sénateur frontiste des Bouches-du-Rhône, Stéphane Ravier, ont demandé à l'Elysée d'annuler le concert.

Le maire socialiste est-il respectueux de la liberté d'expression ?
La question se pose depuis que S. Hazard a fait coller les pages d'un livre sorti en 2005, édité par la ville de Verdun et où est mentionné son prédécesseur à la mairie. "Verdun, histoire, patrimoine, art de vivre" est un album de photos offert aujourd’hui encore par la municipalité aux visiteurs de la ville. Mais depuis qu’il a été élu, Samuel Hazard a décidé de priver les lecteurs d’une partie du livre, les pages 4 et 5 ont été radicalement collées entre elles. Or, il s’agit en fait de la préface du livre dont l'auteur est l’ancien maire de Verdun (DVD), pendant 18 ans.
La justification de Samuel Hazard est pour le moins simpliste : "comme il n’est plus maire, on a collé les pages". Le budget colle de la mairie devra être gonflé: la mairie a encore 8.000 exemplaires de cet ouvrage.
VOIR et ENTENDRE le citoyen-maire, un professeur d'histoire (!), se justifier:

Peu exploitable par les polémistes, l
a Grande Guerre est néanmoins traitée sans égards
 
Alors que la Seconde Guerre mondiale contre le nazisme reste du nanan pour la gauche qui en exploite les faits les moins glorieux pour mieux occulter ses propres turpitudes, pendant la Résistance, qu'elle s'est accaparée, ou l'Occupation, qu'elle romance pour les enfants des écoles, sans s'appesantir sur les camps de concentration que les militants communistes ont souvent co-gérés avec les Nazis, la présence de ce rappeur aurait été inappropriée aux commémorations officielles du centenaire de la bataille de Verdun qui honore les courageux Poilus, dont aucun n'est survivant.

Le choix malencontreux de l'Etat-PS ouvre la porte à des risques de débordements

Dans un communiqué, la mairie invoque des "risques forts de troubles à l'ordre public", en raison d'une "polémique d'ampleur sans précédent" lancée par les lanceurs d'alerte de l'extrême droite, et d'un "déferlement de haine et de racisme", mais provoquée par le pouvoir et la mairie socialistes, à l'origine solidaires . En conséquence, "la majorité municipale et le maire de Verdun, en concertation avec la région et le département, sont contraints d'annuler le concert", précise le maire (PS) Samuel Hazard. Plus que jamais depuis quatre ans, le 'devoir de mémoire' est à géométrie variable.

Seulement critiquée par l'opposition, de l'extrême droite à une partie de la droite, la venue du chanteur était en outre contestée en justice par un petit-fils de poilu. Le maire de Verdun Samuel Hazard (PS), avait affirmé sur Europe 1 que le choix de Black M avait été non pas "collégial" comme on peut le lire ici ou là, mais décidé par l'Etat, tandis que Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants, avait battu en retraite, précisant que l'Etat n'y est pour rien. Ce ministre est un ...ex-instituteur (hussard de la République ?) et directeur d'école qui a été fait inspecteur de l'Éducation nationale sur sa seule compétence, sans considération de son militantisme socialiste... 
Selon un de ses proches, le sénateur Todeschini aurait par ailleurs convaincu Édouard Martin, l'ex-dirigeant de la CFDT à ArcelorMittal, de se présenter sur la liste PS du Grand Est aux élections européennes du 25 mai 2014, à la place de Catherine Trautmann, frondeuse. "C'est une bonne chose pour les travailleurs de la Lorraine, c'est une bonne chose pour le pays", avait estimé cet autre politicien de haut vol, Claude Bartolone, battu par Valérie Pécresse à la présidence de l'Ile-de-France, bien que président de l'Assemblée nationale. Tant de perspicacité de la part de ces deux évaluateurs d'hommes ne pouvait que conduire Martin au sommet. Or, ce syndicaliste (reconverti dans le cinéma) qui avait qualifié le premier ministre Jean-Marc Ayrault de "traître" après l'extinction des hauts-fourneaux de Florange (Moselle), s'est fait laminer par le FN arrivé largement en tête, avec 24,6% des voix, très loin derrière l’UMP, tandis que le PS grappillait 14,2%...

Le recueillement auprès des victimes de la Grande Guerre sera protégé
Certaines paroles du rappeur ont indigné la plupart des français qui en ont eu connaissance et Samuel Hazard avait décidé vendredi d'annuler le concert, en invoquant des "risques forts de troubles à l'ordre public" et dramatisant un contexte de "déferlement de haine et de racisme".

Les présidents de région ne s'en laissent pas compter par le président Hollande 
Mardi matin, le "super poilu" du Chemin des Dames de fiction cinématographique  s'est dit prêt, "si le maire le voulait", à mettre "les moyens pour sécuriser le concert". Les moyens de l'Etat, c'est-à-dire des contribuables. "Les subventions qui avaient été promises pour ce spectacle ou pour d'autres seraient de toute façon maintenues", a ajouté le magnanime François-le-Bon sur Europe 1. 
Mais le maire de Verdun a décidé de ne pas faire la girouette hollandienne en revenant sur sa décision, comme il l'a confié peu après à un journaliste de l'Est Républicain, à l'issue d'une réunion avec les présidents de la Région Grand Est, Philippe Richert, UMP, et du Conseil départemental de la Meuse, Claude Léonard, apparenté UMP. "Les présidents de région et du département m'ont réaffirmé leur soutien face à cette épreuve que je subis", a-t-il ajouté.

La décision d'annuler le concert a été vivement critiquée par les ministres de Valls
La ministre de la Culture, Audrey Azoulay, déplore notamment "un ordre moral nauséabond"

A l'inverse, Nicolas Sarkozy (LR) a jugé mardi qu'"à l'évidence, ce n'était pas une bonne idée" d'inviter
Black M, "un chanteur qui a insulté la France" et "tenu des propos homophobes et antisémites".

Valérie Pécresse : "On aurait dû appeler Black M à chanter la Marseillaise à Verdun" 

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse (Les Républicains), a estimé sur RTL qu'"on aurait dû appeler Black M à chanter la Marseillaise à Verdun".

"Pas un concert festif mais..." Interrogée sur cette annulation, Valérie Pécresse a dit avoir un "regret" : "pas qu'on ait annulé un concert festif, car un concert festif sur le lieu qui a vu la mort de 300.000 soldats français et allemands ça paraissait déplacé", a-t-elle souligné. "En revanche j'ai un vrai regret : on aurait dû appeler Black M à chanter la Marseillaise à Verdun en hommage aux soldats morts, et aussi peut-être en mémoire de son grand-père tirailleur sénégalais", a-t-elle ajouté, estimant que "cela aurait été un très beau geste d'union nationale". En choeur, avec Karim Benzema ?

vendredi 18 mars 2016

Conflit algérien: Hollande commémore le cessez-le-feu du 19 mars 1962, outrageant les morts français

Hollande indigne les familles des soldats harkis et métropolitains avec l'opposition

Le 19 mars 1962, à midi, prenait officiellement effet un cessez-le-feu qui mettait fin à huit ans de guérilla armée en Algérie.

La veille du cessez-le-feu, le gouvernement français avait renoncé à ses pouvoirs sur l'Algérie et le Sahara au profit des insurgés et du gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA), bras politique du Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d’indépendance de l’Algérie. Le GPRA a négocié les accords de paix (accords d'Évian) avec la France en 1962.

Un double référendum vint après coup conforter cette décision. Le 8 avril 1962, les Français de métropole approuvèrent à plus de 90% le revirement du général de Gaulle, parfois qualifiée de trahison de ses engagements d'une "Algérie française" et des Pieds Noirs. Le 1er juillet 1962, les Algériens se prononcèrent pour l'indépendance de leur pays qui devint effective le 3 juillet 1962. Le 4 juillet, Ahmed Ben Bella s'installa à Alger en qualité de président de la nouvelle république. Le 5 juillet, l'indépendance était officiellement proclamée.

L' "utopie juridique" (historien Guy Pervillé) des accords d'Evian n'apporta pas la paix promise, mais inaugura une période de violences redoublées et de massacres des harkis. La France dénombra 28.500 militaires morts, 30.000 à 90.000 harkis (selon que sont ou non décomptés les victimes des assassinats du FLN en représailles contre les soldats musulmans restés loyaux à la France), 4.000 à 6.000 chez les civils européens et environ 65.000 blessés.
Ces "réfugiés"-là ne sont ni des clandestins,
ni des victimes de Bachar al-Assad,
mais des Français d'Algérie, depuis 1830
Hollande commémore le cessez-le-feu pour la première fois, samedi  

Le "président de tous les Français" a choisi de mépriser la douleur des harkis et des Français d'Algérie, les "Pieds-noirs". L'initiative présidentielle est contestée par de nombreuses associations d'anciens combattants et de pieds-noirs qui demandent que le 19 mars marque  le début de l'exil et du massacre de civils et des harkis et que le président sado-masochiste cesse son auto-flagellation de la République à propos de la fin du conflit algérien.

Hollande s'applique à diviser
 également la classe politique

L'ex-président Nicolas Sarkozy tonne contre la décision de son successeur.
"Pour qu'une commémoration soit commune, il faut que la date célébrée soit acceptée par tous. Or, chacun sait qu'il n'en est rien, le 19 mars reste au cour d'un débat douloureux", fait-il valoir, dans une tribune publiée vendredi dans le Figaro,  contre cette première médiatisée.
N. Sarkozy note qu'en son temps l'ex-président socialiste François Mitterrand, acteur de ce conflit, "refusa catégoriquement de reconnaître cette date pour commémorer la fin de la guerre d'Algérie" sachant, quant à lui, qu'après les accords d'Evian, "la tragédie s'était poursuivie pendant des mois".

"Une provocation à l'encontre de l'ensemble de la communauté rapatriée et des harkis", d
énonce le maire de Nice et président de la région PACA, Christian Estrosi, qui a prévenu qu'"aucune cérémonie" ne viendra raviver cette verte plaie ouverte de l'Histoire dans sa ville, samedi.

Le chef de l'Etat a "violé la mémoire" des anciens combattants et harkis, a accusé Marine Le Pen, présidente du FN.

Afin de ne pas relancer les passions, Jacques Chirac avait choisi une date neutre, le 5 décembre 2002, pour inaugurer un monument célébrant la mémoire des victimes de la guerre d'Algérie, mais aussi celles des combats en Tunisie et au Maroc.

François Hollande prononcera 
une allocution, samedi à 16h30


C'est devant ce mémorial érigé quai Branly, au pied de la Tour Eiffel, que avec pour idée : tenter "le compromis" pour instaurer "la paix des mémoires" sur ce conflit algérien qui exacerbe toujours les passions.

C'est à son initiative, qu'une loi avait été votée au Parlement le 6 décembre 2012 faisant du 19 mars la "journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie" mais aussi "des combats en Tunisie et au Maroc".

Manifestation politicienne, sans repentance: une hypocrisie de plus ?


Mémorial de la guerre d'Algérie et de l'après 19 mars 1962
inauguré quai Branly, le 5 Décembre 2002 
par le Président de la République Jacques Chirac
Le 19 mars, "c'est une date qui renvoie à des mémoires qui ont été longtemps opposées dans la population française", reconnaît-on dans l'entourage du chef de l'Etat. Mais "l'ambition du président de la République, c'est d'embrasser toutes les mémoires et de les faire entrer dans le récit de l'Histoire de France (...)", racontent-ils pour s'accaparer l'initiative consensuelle du président Jacques Chirac.Et de tenter de se justifier: "Ca n'est pas de faire disparaître les douleurs; ça n'est pas de nier les morts et les drames; c'est de les rappeler et de leur rendre hommage". Ce qui méritait en effet d'être précisé !


Dans son discours, comme il l'avait fait devant le parlement algérien le 20 décembre 2012, le président français récidiviste devrait se valoriser sur le thème de "l'injustice du système colonial"quand son procès est facile, 55 ans après et que la cause est désormais entendue, mais sans verser dans "le registre de la repentance", précise un conseiller qui renonce à twitter, préférant ainsi garder l'anonymat.
 

L'historien Benjamin Stora, récemment convoqué à l'Elysée pour mettre en musique la démarche présidentielle devant la presse
Le chantre du socialisme hollandien voit "un certain courage" dans la volonté de François Hollande "d'essayer de trouver une sorte de compromis, de consensus par rapport à cette guerre d'Algérie qui a bien du mal encore à passer dans l'histoire française".


A l'inverse, un collectif d'historiens proteste contre le choix du 19 mars.


Dans un texte transmis par le Centre de documentation historique sur l'Algérie (CDHA),  ces spécialistes condamne ce choix de date qui "ne peut être considérée ni comme la date d'un cessez-le-feu, ni comme la fin de la guerre d'Algérie", puisqu'elle déclencha "une période de massacres et de violences sans précédent".

"Je trouve ça scandaleux", s'insurge le délégué régional PACA du comité de liaison national des harkis, Mohamed Otsmanie, qui pointe pour sa part les visées "électoralistes" du chef de l'Etat en direction notamment "des binationaux franco-algériens" dans la circonstance d'inquiétude suscitée par le débat sur sa réforme constitutionnelle portant sur la déchéance nationale.


jeudi 29 mai 2014

Assassinat de René Bousquet: le président Mitterrand refuse la repentance

Considérations sur la réouverture des vieux dossiers

Devoir de mémoire vs. oubli volontaire, réconciliation nationale et refus de la repentance
Le journaliste Jean-Pierre Elkabbach n'a jamais cessé de côtoyer François Mitterrand au long de sa carrière. Les conversations réalisée de 1993 et 1994 témoignent de cette relation privilégiée avec le président socialiste au passé vichyssois. A l’occasion des trente ans de l’accession au pouvoir de François Mitterrand, Jean-Pierre Elkabbach se souvient. 
Entretien d'Elkabach pour Public Sénat
François Mitterrand, vous l’avez côtoyé tout au long de votre carrière. Vous avez eu le temps de voir son évolution. Globalement, comment le définiriez-vous ? Et qu’est-ce qui vous a marqué le plus chez lui ?

D’abord, je n’ai jamais été un collaborateur de François Mitterrand. J’étais un journaliste souvent critique, à différents moments sanctionné : c’est grâce à Mitterrand que j’ai été inscrit à l’ANPE pendant un an et demi, et j’ai été écarté du métier, mais que je suis revenu peut-être grâce à Mitterrand, et que j’ ai fini par exercer mon métier sur Europe 1, puis ai présidé France Télévisions pendant 3 ans.

Je l’ai vu très souvent dans les moments qui ont précédé son élection, et même après à une époque où nul ne s’imaginait que je le voyais régulièrement et en secret. François Mitterrand c’était l’obstination et l’impatient, et en même temps c’était la distance à l’égard des faits, de la réalité, et des critiques : il me répondait quelques fois que le pouvoir c’était l’indifférence aux critiques, aux attaques, avec la certitude qu’il resterait peu de choses de toutes les grenouilles qui attaqueraient. Et il disait aussi que de toute façon, au bout du compte, toutes les symphonies sont inachevées, c'est-à-dire que rien n’est parfait, mais qu’en même temps, il faut agir, il faut oser, il faut tenter même le diable et le destin : c’est comme ça qu’on construit son destin.

Je n’en fais pas un saint, même pas un saint laïc, j’en fais pas forcément un modèle. J’ai suivi tout jeune journaliste le Général de Gaulle 5 ans, mais avec De Gaulle, on ne parlait pas. François Mitterrand, je l’ai accompagné dans les voyages, j’ai beaucoup discuté avec lui, j’ai enregistré des conversations personnelles.

L’attrait, sa complexité, l’homme proche de René Bousquet …
Non, on ne peut pas dire l’homme proche de René Bousquet, c’est une fadaise. Il faudrait expliquer beaucoup de choses à propos de René Bousquet, de ce qui s’est fait lorsqu’on lui a reproché d’avoir connu Bousquet. René Bousquet, à un moment donné, était fréquenté après la guerre par tout le monde. [Mais il est aujourd'hui interdit d'en dire de même de Philippe Buisson] Deux procès l’avaient blanchi et il était dans le conseil d’administration de la banque Suez, dans les dîners : c’était presque un mondain, et en même temps un des responsables de la Dépêche du Midi, du financement des partis politiques de gauche. Lui aussi c’est un personnage très compliqué. Clairement il n’était pas l’ami mais une connaissance parmi d’autres de François Mitterrand qu’il a cessé de fréquenter dès qu’on lui a rappelé, dans les années 78, le rôle qu’il avait eu avec la question juive, notamment la Rafle du Vel’ d’Hiv’.

VOIR et ENTENDRE la conversation de J.-P. Elkabach avec le président François Mitterrand (2ème extrait de la partie 2):
François Mitterrand était extrêmement complexe, d’une très grande sensibilité maîtrisée, et en même temps un européen convaincu, vraiment soucieux de l’indépendance de la France, dans le respect de ses alliés. On disait « il est anti ou pro-américain ». Chaque fois qu’on avait besoin de la France, on a répondu présent : la première guerre du Golfe, même si François Mitterrand avait essayé de convaincre Gorbatchev de ne pas la faire, mais comme le Général de Gaulle, à chaque fois qu’on a fait appel à lui, il a répondu présent.

En 1981, on voit les images de Mitterrand à la télé. Vous annoncez sa victoire. Quel souvenir avez-vous de cette soirée électorale ?

C’est le contraire de ce qu’on raconte. Je vais prendre deux faits.
Les photos qui s’animent et qui arrivent : le public ne sait pas distinguer au niveau du visage ou du front lequel des deux est Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. C’est une image voulue par Etienne Mougeotte et moi. On montrait pour la première fois des images animées et nous avions voulu avec insistance qu’il y ait ce suspense jusqu’au dernier moment. [Rien à voir encore donc avec les images subliminales diffusées pendant sa campagne de 1988 par le service public pour influer sur l'inconscient des électeurs]

On ne faisait pas d’ironie, mais par sens d’une dramatisation d’une soirée à la télévision. On a appris la victoire de François Mitterrand à 18h25 : Etienne Mougeotte et moi avions décidé d’être ni rigolards pour que l’on ne nous prenne pour des convertis de la dernière heure, ni sinistres pour que l’on ne nous dise pas que nous pleurions la défaite de Valéry Giscard d’Estaing. Selon qu’on était de droite ou de gauche, on m’a trouvé indifférent, ou pleurnicheur de la défaite.

Ensuite, il y a eu à la Bastille des manifs de joie – on comprenait – mais elles ont été assez vite dispersées par la forte pluie. Quelques heures plus tard, on a raconté un mensonge comme quoi j’avais été conspué à la Bastille avec les frères Duhamel, avec Jean-Marie Cavada, et Etienne Mougeotte, mais surtout moi. Cela a été une légende qu’on a racontée, entretenue, qui m’a valu pendant longtemps l’opprobre et la dérision des animateurs et des comiques. Et maintenant les mêmes écrivent ou commentent en disant que ce n’est pas vrai : comme si j’avais inventé moi même cette scène alors qu’ils ont été les premiers à entretenir cette idée parce qu’ils ne me voulaient pas nécessairement du bien.

Voilà les deux moments clés de cette soirée, mais en même temps, je l’ai vécue comme un moment historique. C’est la première fois depuis 23 ans que la France allait vivre une alternance de cette importance. J’ai fait avec Etienne Mougeotte l’animation de la nuit électorale jusqu’à 2 heures du matin et j’ai animé toujours avec lui les deux soirées des législatives le mois suivant. Il y avait déjà le nouveau gouvernement de gauche avec à l’antenne des tensions parfois avec des interlocuteurs.

Il y a un autre moment pendant la campagne : c’est quand lors d’un débat, vous demandez à François Mitterrand ce qu’il pense de l’abolition de la peine de mort. Cela a été un moment important ?

Oui, c’est un moment clé, peut-être une des décisions qui a fait élire Mitterrand parce qu’il allait à contre-courant de ce que disait l’opinion. Le matin même, les Français aux trois quarts s’exprimaient pour le maintien de la peine de mort, ils refusaient son abolition. Et c’est une des dernières questions qu’on lui a posé à la fin de l’émission. François Mitterrand avait déjà été très dur contre Valéry Giscard d’Estaing ce jour-là, très dur contre le pouvoir, et ça a été un choc dans l’opinion. Il a eu le courage de la rupture, de la dimension d’un homme d’Etat qui ne céderait pas forcément à la rumeur ou à l’opinion. Quand nous avons terminé cette émission, il y avait sur le plateau tout ce qui allait devenir la mitterrandie. La plupart de ces mitterrandôlatres se sont précipités sur Alain Duhamel et moi en nous disant « Vous le paierez ! Vous n’auriez pas dû poser cette question. Vous l’avez mis en difficulté. Vous l’avez fait battre. Vous le paierez d’une manière ou d’une autre. »

Badinter n’était pas là, mais il avait compris le sens que cela allait avoir, il savait que cela allait être un électrochoc. Cinq ans après, date pour date, le 16 mars, François Mitterrand m’invite à déjeuner. A un moment, il m’a pris par les épaules et me demande « Quel jour nous sommes ? » « A quoi ça vous fait penser ? » Il voulait marquer par cette invitation à déjeuner le moment peut-être décisif, déterminant de la campagne présidentielle. Ce n’est pas nous qui lui avons fait gagner l’élection présidentielle. Nous avions posé la même question à Valéry Giscard d’Estaing et cela n’avait pas eu le même effet.

Vous avez parlé des représailles avec votre éviction de la télévision en 1981

Oui, non seulement l’éviction, mais aussi l’inscription à l’ANPE pendant un an et demi, la queue pour remplir les papiers, pour avoir les mêmes droits que tout le monde. Je sais ce que c’est un chômeur qui va pointer. Mon épouse Nicole Avril m’a aidé à faire un livre de questions-réponses et ce livre a eu un succès tel qu’il a été remarqué et il est tombé avec les premières critiques sur les quelques mois de mitterrandisme.

Et après, ironie de l’histoire, vous faites une série d’entretiens secrets

Je ne sais pas si c’est l’ironie ou la justice de l’histoire. Je reviens par mon travail. J’ai imposé un style, une présence et 10 ans après je suis devenu Président de France Télévisions.
François Mitterrand était très malade. J’ai été jusqu’au bout un des rares non seulement à le rencontrer régulièrement pour parler. Ces conversations secrètes pour moi sont magnifiques, enrichissantes.

Rétrospectivement, comment les voyez-vous ces entretiens ?
En janvier 1996, Paris Match ose publier
une photo volée de François Mitterrand
sur son lit de mort.
 
A un moment, on les filmait, il était trop malade pour qu’on les continue. Avec Alain Duhamel, on a été les deux seuls journalistes à être autorisés à nous recueillir devant la dépouille mortelle de François Mitterrand. Je l’ai vu sur son lit de mort. Cela fait partie des souvenirs marquant de ma vie.

Intellectuellement, il était brillant, il n’avait aucune absence, il suffit de le regarder. Je vous conseille de regarder quelques extraits pour voir à tel point c’était brillant. Tous ses propos qui étaient ciselés, cruels, ou parfois tendres, toutes ses formules étaient improvisées.

N’y a-t-il pas de similitudes par rapport à Nicolas Sarkozy ? Un pragmatisme ?

On peut trouver des similitudes à travers tous les présidents de la République, car quand on entre à l’Elysée, on change déjà. Il y a le poids de la charge, le poids des événements, des faits qui reviennent chaque jour. On est obligés de prendre de la distance à l’égard de ceux qui vous prennent pour un punching-ball, et en ce sens-là, il y a parfois des rencontres. Et je sais que Nicolas Sarkozy a regardé des entretiens entre Mitterrand et moi. Tous deux répondent aux critiques par l’indifférence. Par exemple, François Mitterrand il a dit : « Ce sont mes pauvres, ils font fortune grâce à moi. En tout cas, ils mangent dans mon assiette ». Pour Nicolas Sarkozy c’est à peu près la même chose, il y en a qui s’enrichissent. A la fin de son quinquennat, il leurs manquera.

Vous regrettez François Mitterrand aujourd’hui ?
Non, on ne peut pas dire ça. Je ne le connaissais pas assez, mais quelquefois, il me manque les conversations avec quelqu’un de ce niveau. Chaque fois que j’allais le voir, j’avais une sorte de trac, pour ne pas dire de trouille, je me concentrais bien, parce que c’étaient des face-à-face où il sublimait ceux en face de lui. Il exigeait beaucoup. Il lisait beaucoup et demandait « Est-ce que vous l’avez lu ? C’est tout ? Vous connaissez tel livre d’histoire ? » C’était « un homme livre », comme dit Jack Lang. Il fallait bosser. C’étaient des exercices enrichissants, c’est sûr, des leçons de vie, comme si vous aviez parlé avec Sénèque ou avec Machiavel et qui apprenaient à prendre de la distance à l’égard de la banalité des jours.

Aujourd’hui, il n’y a plus d’homme politique de cette trempe ?

Il y en a, oui. Pas forcément des gens de pouvoir, mais des philosophes, des patrons, des économistes et même Nicolas Sarkozy contrairement à ce qu’on croit. En plus, il travaille, il lit, et il est lui-même exigeant à l’égard de ses interlocuteurs : « Qu’est ce que tu lis ? Qu’est ce que tu fais ? Qu’est ce que tu me conseilles de faire ? » Ce sont des gens qui attrapent tout, des curiosités vivantes, fébriles, en effervescence constante. Ce sont parfois des éponges avec une mémoire phénoménale. Aussi bien, François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, Valéry Giscard d’Estaing, et de Charles de Gaulle. Regardez le général de Gaulle, il apprenait ses discours par cœur. »

mercredi 28 mai 2014

Valls chasse les immigrants des camps de Calais

Les vertueux invoquent l'alibi ...sanitaire

Cette évacuation "n'est pas une opération d'ordre public"
,
se défend le pouvoir socialiste, mais une opération "sanitaire" menée "dans un cadre humain", clame Beauvau. 
C'est néanmoins la police qui s'est chargée de la besogne d'expulsion des clandestins de trois camps de Calais, qui concentrent quelque 650 personnes depuis plusieurs mois. L'opération a commencé ce mercredi peu avant 8 heures et s'est terminée en fin de matinée. 

Ces centaines d'illégaux occupaient
des camps mis en cause pour leur taille critique et leur manque d'hygiène. C'est toutefois le ministère de l'Intérieur - et non celui de la santé -  qui a lancé cette évacuation au prétexte notamment d'éradication d'une épidémie de gale qui touche les migrants depuis plusieurs semaines, assurent les autorités. 
VOIR et ENTENDRE un reportage de France 2 sur l'expulsion des clandestins :

Une expulsion lancée au lendemain de la victoire du FN aux Européennes

L'opération a été huée par les militants associatifs. "Les gens stressent", dénoncent les associations en colère, mais de nombreux migrants ont quitté d'eux-mêmes leurs abris lorsqu'ils ont vu arriver les forces de l'ordre. Dans le calme, selon les autorités, et sous les objectifs des nombreuses caméras des media convoqués par le ministère, les policiers, parfois assistés d'un interprète, inspectaient les tentes une à une, évacuant "les rares personnes restantes", rapportent les journalistes en service commandé. 

Plusieurs dizaines de  clandestins encadrés de militants s'étaient déjà regroupées sur le bord de la route, à l'écart du plus gros camp, dit camp des Syriens, qui regroupe également beaucoup d'Afghans et environ 400 personnes, toutes nationalités confondues.

VOIR et ENTENDRE ce récit hyper minimaliste du quotidien socialiste Le Monde:

L'hypocrisie de la com' gouvernementale ne trompe personne

"salam" signifie "bonjour" en Dari (Afghan)
en Ouzbeck, en Farsi (Iranien)   
"Un objectif de santé publique", sans Marisol Touraine. L'objectif de l'opération était double, a expliqué le préfet du Pas-de-Calais Denis Robin. "Premièrement un objectif de santé publique. Tous les rapports sont convergents, il y a une épidémie de gale. Ces camps sont très importants, et ils se situent en plein centre de Calais", a-t-il souligné. 
br>L'opération visait également à "mettre fin à un rassemblement devenu beaucoup trop important, lâche-t-il finalement. A Calais on sait, depuis la 'jungle' de 2009, que (cela) présente des risques : pour eux, qui sont sous la loi des passeurs, admet le préfet, pour leur sécurité, les rixes augmentent, les risques sanitaires, la gale en est un témoignage", selon le préfet qui dresse un tableau de cour des miracles.

VOIR et ENTENDRE un reportage plus complet d'Euronews, tronqué par Le Monde (ci-dessus)

Un traitement contre la gale improvisé, selon les organisations humanitaires. Le traitement contre la gale a débuté mardi soir à la faveur de la  distribution des repas par l'association Salam. Bien que l'aspect sanitaire soit mis en exergue, l'organisation des soins, prétexte à la rafle, étaient "tout sauf professionnelle". "C'était le carnaval", a affirmé Cécile Bossy, qui a notamment dénoncé l'absence de décontamination de vêtements. "Ils n'ont pas proposé les douches qui étaient supposées être mises en place lors de l'évacuation", a-t-elle ajouté.

"Un simulacre de prise en charge médicale". "On assiste à un simulacre de prise en charge médicale, sous-tendu par une volonté délibérée d'expulser et de dissuader ces jeunes migrants précaires, dont la plupart veut passer en Angleterre, de rester sur le territoire."

Taubira mise en cause.
 "L’objectif est essentiellement de répondre à des décisions de justice en matière de destruction de campements. Cela ne va pas favoriser le soin des migrants", abonde Jean-François Corty, directeur des Opérations France de Médecins du monde , interrogé par Europe 1.

Migrants: démantèlement annoncé de trois camps... par BFMTV

Près de 1.000 sans-papiers à Calais. Entre 800 et 850 clandestins sont actuellement présents dans le Calaisis, dont 600 à 650 pour la seule zone portuaire de Calais, qui souhaitent pour la plupart passer en Angleterre. Leur nombre a doublé ces derniers mois.
VOIR et ENTENDRE une présentation  de BFMTV plus critique, mais insistant sur l'absence de violences policières au cours de cette opération sanitaire:
Les sans-papiers de l'Erythrée (britannique de 1941 à 1952 dans l'Ethiopie) et de Syrie (les Syriens réclamèrent le départ des Français, avec l’appui des Britanniques) veulent pénétrer au Royaume Uni pour des raisons historiques liées à la colonisation, mais ils s'arrêtent à Calais parce que les Anglais leur refuse la "terre promise".

Devoir de mémoire: Sangatte et la "Jungle de Calais"


En septembre 2009, le campement des sans-papiers de Calais avait été évacué par les forces de l'ordre et que proposait le PS ?

Martine Aubry, alors première secrétaire du PS, avait estimé que le démantèlement de la "jungle" de Calais (Pas-de-Calais) était un "acte totalement inhumain"jugeant que cette décision du ministre de l'Immigration Eric Besson revenait à "faire semblant, comme quand on a détruit Sangatte".

"La situation à Sangatte était tellement catastrophique que, lorsque j'étais ministre [de Jospin], avec le ministre de l'Intérieur [Jean-Pierre Chevènement], nous avons décidé pour des raisons humanitaires d'implanter Sangatte [1999] qui a été ensuite détruit dans les conditions que vous savez", a déclaré Mme Aubry lors d'une conférence de presse à la Cité de la bande dessinée à Angoulême

"Il faut un centre géré par les associations", affirme Jean-Louis Bianco, estimant que la fermeture du centre de Sangatte par Nicolas Sarkozy en 2002 était "une erreur". Si la gauche revient au pouvoir, "elle rouvrira le centre", promettait le député.
Le septuagénaire Bianco est aujourd'hui conseiller spécial de Ségolène Royal, ministre de l'Écologie.

Hollande en 2009 et l'effet boomerang de 2014

Le 19 septembre 2009, Hollande rédigea pour Slate une tribune édifiante sur l'évacuation de Sangatte 

(...)


Marine Le Pen (FN) a fait plus de 33% aux Européennes 2014
Ce score a visiblement sorti le gouvernement de sa léthargie. Valls et Cazeneuve ont soudainement lancé cette alerte -"sanitaire"- trois jours après le scrutin laquelle se révèle être une opération médiatique menée dans la plus grande improvisation