POUR

LA &nbsp LIBERTE &nbsp D' EXPRESSION

Free speech offers latitude but not necessarily license

Affichage des articles dont le libellé est Sangatte. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Sangatte. Afficher tous les articles

mercredi 10 août 2016

Cosse créera des milliers de logements, mais pour des migrants illégaux

Trois mille places de plus détournées des premiers demandeurs

Les sans-abri légaux ne sont pas prioritaires

L'équité, c'est sans passe-droits...
La ministre du Logement de Hollande annonce la création de 3.000 places supplémentaires pour accueillir des migrants dans des centres d'accueil et d'orientation (CAO). "Nous allons, avant la fin septembre, plus que doubler les capacités de ces centres de répit, en passant de 2.000 à 5.000 places", indique la ministre, Emmanuelle Cosse,  dans un entretien publié mercredi par Le Monde, en n'excluant pas d'aller plus loin si les besoins sont supérieurs.

"Toutes les grandes villes ont accepté cet accueil, l'un des objectifs étant de désengorger les territoires très sollicités", précise Emmanuelle Cosse, qui gère ce dossier avec le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve.

Depuis le lancement de ce plan fin octobre, 148 CAO ont été ouverts sur l'ensemble du territoire national et les près de 2.000 places correspondantes ont permis "de mettre l'abri plus de 4.700 personnes dans des délais très resserrés", selon des données diffusées par le ministère du Logement le 1er août.
"Nous devons accueillir dignement ces réfugiés. C'est une priorité et un engagement international", se justifie Emmanuelle Cosse. 

La ministre fait valoir que "les campements ne satisfont personne, ni les migrants, ni les riverains, ni les élus."
Plusieurs campements de fortune ont été démantelés ces derniers mois à Paris. La maire de la capitale, Anne Hidalgo, a annoncé fin mai son intention d'ouvrir un centre pour proposer une solution plus durable aux centaines de migrants qui ont occupé ces derniers mois des sites clandestins, le plus souvent dans des conditions insalubres.

"Si l'expérience parisienne est concluante, avec la fluidité nécessaire, nous en mènerons d'autres", promet Emmanuelle Cosse.

La ministre du Logement des clandestins fait même part de son intention de développer l'hébergement de migrants chez des particuliers et dit avoir lancé à cet effet un appel à projets auprès d'associations.

Et Emmanuelle Cosse évoque encore l'ouverture à Calais, fin septembre, d'un centre de 72 places pour mineurs isolés.

Le Brexit encourage l'établissement des clandestins en France


"Sans dent" néo-colonialiste trop blanc 
pour retenir l'attention d'E. Cosse,
la ministre du Logement de Valls
Suite au référendum en faveur du Brexit, les frontières du Royaume-Uni pourraient changer. L'une d'entre elles, fixée à Calais depuis 2003, pourrait repartir de l'autre côté de la Manche, à Douvres. Face aux 6.000 exilés qui se sont retrouvés bloqués à Calais, certains responsables politiques français et une partie des Calaisiens réclament la renégociation de ces accords.

Adnan s'est tourné vers un compatriote passé en Angleterre. "Il m'a dit que peut-être ils arrêteront d'accueillir des réfugiés." Et d’ajouter : "
Il n'y a aura plus aucune chance pour un réfugié de rester en Angleterre. Avant le référendum, c'était possible, maintenant ils vont complètement fermer la frontière."

Le président de la région des Hauts de France, Xavier Bertrand, attend du gouvernement qu’il dénonce les accords du Touquet.
Il a solennellement demandé au gouvernement français de dénoncer les accords du Touquet signés après la fermeture de Sangatte, avec pour objet principal de situer la frontière franco-britannique, et donc les contrôles, à Calais, afin de mieux maîtriser les flux migratoires. En vertu de ce traité bilatéral, la Grande-Bretagne a investi plusieurs dizaines de millions d'euros côté français pour sécuriser les infrastructures notamment portuaires, construire des kilomètres de grillage et renforcer les contrôles douaniers et tenir loin les clandestins qui, pour une bonne part, sont pourtant originaires de pays anciennement membres du Commonwealth.

Et Macron avait d'ailleurs prévenu les Anglais qu’en cas de sortie de l’Union européenne la France ne retiendrait plus les migrants à Calais. Dans un entretien accordé au Financial Times, le ministre de l'Economie avait fait monter la pression en menaçant d'inciter les banquiers à quitter le Royaume-Uni, mais aussi de cesser de retenir les migrants à Calais. Il soulignait que le Brexit saborderait les accords du Touquet qui permettent à Londres de mener des contrôles du côté français de la frontière.

jeudi 7 juillet 2016

Calais: la Commission nationale consultative des droits de l’homme fait la leçon à Hollande, donneur de leçons

La CNCDH demande de nouveau la dénonciation des accords du Touquet

Hollande n'a toujours plus levé le petit doigt depuis 2015

Droits de l'Homme
La Commission nationale consultative des droits de l’homme a rédigé un nouvel état des lieux après être retournée sur place, un an après avoir rendu public un rapport sans concession sur la jungle de Calais. Encore 48 recommandations… 
La situation a évolué depuis 2015, suite à des aménagements imposés aux services de l’Etat par Conseil d’Etat ou décidés par le ministère de l’intérieur. 

Pourtant, les droits de l’homme ne sont toujours pas respectés dans cet immense bidonville où stationnent des milliers de migrants illégaux afghans, soudanais, érythréens, syriens ou koweïtiens. La situation s’y est même tendue depuis mars, après l’évacuation forcée de la moitié sud de la zone, sur ordre préfectoral. Depuis, la surpopulation dans la moitié nord de la jungle fait à tout moment craindre des bagarres, mais aussi des incendies, redoutés par la CNCDH.

C’est sur cette toile de fond qu'a été dressé le bilan qui fait l'objet d'un rapport de l’instance consultative, chargée de rappeler à l’Etat les obligations qu’il a prises en matière de droits de l’homme. 

Ce travail se félicite d'avancées effectuées sous sa pression, mais fait aussi le compte de ses demandes de l’an dernier laissées de côté et s’attaque aux manquements actuels… Or, selon l’instance, il faudrait que l’Etat entende encore une liste de 48 recommandations pour que la vie dans la jungle de Calais ne soit plus attentatoire aux droits fondamentaux. Autant dire que l'exécutif doit mettre les bouchées doubles.

Le Brexit renforce la nécessité de débattre urgemment des accords bilatéraux

Comme en 2015, la première recommandation de la CNCDH a peu de chance d’être entendue. Créée en 1947 pour éclairer l'action du gouvernement et du Parlement, l’autorité administrative française réitère avec force sa demande de "dénonciation des traités et accords dits du Touquet et de Sangatte, ainsi que la dénonciation du protocole additionnel de Sangatte". Christine Lazerges, présidente de la CNCDH:
"Signés il y a dix ans, les accords du Touquet ont permis au Royaume-Uni, ni plus ni moins, de déplacer leur frontière sur le sol français. Des milliers de migrants se retrouvent bloqués; le littoral français est devenu une zone d’attente et la contribution financière britannique est complètement dérisoire au regard des besoins pour proposer des conditions de vie dignes aux migrants. Le contexte actuel, depuis le vote des Anglais en faveur du Brexit, ne saurait être pris comme excuse pour reculer ou éviter tout débat sur ces accords bilatéraux." 
D’autant que, pour la CNCDH, "du fait de l’externalisation des contrôles frontaliers britanniques sur le sol français, le Royaume-Uni ne sera quasiment jamais compétent pour traiter des demandes d’asile"… Par voie de conséquence, les accords et arrangements administratifs bilatéraux empêchent le dépôt des demandes d’asile au Royaume-Uni, ce qui est "une atteinte à la substance même du droit d’asile", déplore le rapport.

En matière de respect du droit à s’installer en Grande-Bretagne, la Commission "recommande aux pouvoirs publics de poursuivre leurs efforts dans le sens d’une application systématique de la clause humanitaire de l’article 17.2 du règlement Dublin III". En vertu de laquelle la France peut demander au Royaume-Uni "de prendre un demandeur en charge pour rapprocher tout parent pour des raisons humanitaires fondées, notamment sur des motifs familiaux ou culturels". La France se targue de le faire, certes, mais l’avancée des dossiers tend à montrer que c’est seulement du bout des lèvres. Pour les adultes comme pour les mineurs qui ont un parent en Grande-Bretagne.

Détérioration des relations autorités-associations

La CNCDH rend hommage au "travail exceptionnel réalisé par les associations présentes jour après jour sur le terrain". L'Etat s'en remet aux associations subventionnées et aux bénévoles qui assurent en effet toujours des missions qui devraient revenir à l’Etat. Qu’il s’agisse de l’accès aux soins de prévention, de la distribution de nourriture, de celle de vêtements ou de matériel de camping, si les associations n’étaient pas là, des pans entiers de ces besoins de base ne seraient pas couverts. D’ailleurs, une des recommandations porte sur la nécessaire distribution par l’Etat d’un deuxième repas quotidien. Aujourd’hui, un seul est servi par la solidarité nationale aux illégaux.

L'organisation déplore en outre que les relations entre les associations humanitaires et les autorités se sont tendues au fil de l’année. "Contrairement à ce qu’était la situation en 2015, la délégation de la Commission a eu l’impression très négative d’une détérioration des relations", ce qui provoque " une dispersion des initiatives", rappelle-t-elle.

Si elle apprécie la création du centre d’accueil provisoire (CAP) sur place et aussi la mise en place de centres d’accueil et d’orientation (CAO) ailleurs en France, la CNCDH préconise une montée en gamme de ces deux types d’hébergement. Dans le premier, le CAP, il juge nécessaire que "la gestion des espaces de convivialité et de vie" soit concédée à des associations, puisqu'aujourd’hui les conteneurs qui accueillent quelque 1.500 personnes ne sont que des lieux dortoirs.

"La CNCDH a eu connaissance, à plusieurs reprises, du manque d’information des personnes partant en CAO, sur leurs droits et sur les modalités de leur prise en charge", dénonce le rapport. C’est pourquoi elle préconise aussi à Calais "la création d’une maison de l’asile, c’est-à-dire un lieu dédié à l’accompagnement individuel des migrants qui souhaitent rester en France, afin de leur délivrer les informations utiles et de les aider à accomplir les premières démarches relatives à la demande d’asile ou encore à préparer un départ vers un CAO".

Le cas sensible des mineurs isolés

Elle demande aussi, même si ce droit ne figure nulle part dans la loi sur l’asile du 29 juillet 2015, que, une fois dans ces structures, ils bénéficient d’un enseignement précoce de la langue française. Les textes de loi ne prévoient cet enseignement qu’une fois que les illégaux sont déclarés réfugiés.

Toute une partie du rapport porte sur le cas des mineurs isolés. Un des problèmes majeurs de Calais aujourd’hui, et un sujet dont le gouvernement n’a pas encore pris la mesure. La CNCDH recommande, comme tous ceux qui ont travaillé le sujet avec elle, la mise à l’abri, la délivrance d’une information sur leurs droits, afin que ces jeunes soient en mesure de renoncer de façon éclairée à passer en Grande-Bretagne…

Par ailleurs, la CNCDH écrit avoir "été informée à plusieurs reprises de
soupçons de commission de faits de traite et d’exploitation (prostitution, mendicité forcée…), notamment à l’encontre de femmes et d’enfants vivant dans la jungle de Calais. S’agissant plus spécifiquement des mineurs isolés étrangers, la récente étude d’Olivier Peyroux pour l’Unicef conclut aussi à l’existence "d’un risque potentiel de traite" après avoir constaté des cas d’exploitation sexuelle (masculine et féminine), d’incitation de mineurs à commettre des délits et d’exploitation économique", insiste le rapport. 

En dénonçant l'insouciance de l'Etat-PS, la CNCDH joue là encore un rôle d’alerte sur ce sujet de l’esclavage moderne qu’elle fait doucement émerger depuis quelques années en France.

samedi 2 juillet 2016

Jungle de Calais: Toubon pointe le gouvernement

Le Défenseur des droits recadre le gouvernement

Dans le silence des associations "humanitaires", une voix s'est élevée

Le Défenseur des droits s’est rendu jeudi 2 juin dans le camp de migrants. Très peu de politiques ont jusqu’ici osé s'aventurer dans les allées boueuses et sableuses de la 'jungle' de Calais. L’ancien très chiraquien garde des Sceaux, désormais Défenseur des droits depuis juin 2014, n'a pas craint, quant à lui, de passer tout son après-midi. 

Le courageux Jacques Toubon a surpris en s’élevant contre la politique menée par l’Intérieur et les récents traités internationaux.  

Constat fait, en fin de journée, il a profité de sa conférence de presse pour prononcer des mots qui ont sonné comme un réquisitoire sans concessions contre la politique de Bernard Cazeneuve. 

"La maîtrise des flux migratoires n’est pas la solution du problème, mais c’est le problème, a-t-il déclaré. […] A l’exception de l’Allemagne, on n’a pas mis en place de politiques d’accueil conformes à l’histoire de l’Europe." Voilà pour les grands principes. Mais Toubon n’en reste pas là. 


Et se fait plus accusateur sur les conséquences de l’évacuation de la partie Sud de la jungle, décidée par Beauvau en février. "Les conditions sur le Camp de la Lande sont absolument indignes et non respectueuses des droits humains.
A ne pas confondre avec le Camp de la Lande à Monts, lieu d'internement de Juifs d'origine étrangère, réfugiés à Bordeaux, puis regroupés à Monts à partir de décembre 1940, au lieu-dit La Lande, un camp d'une capacité de 600 personnes, en Indre-et-Loire.


Un camp en dur inauguré dans les limites de la "Jungle" de Calais, en janvier 2016

Les conteneurs en dur et chauffés du camp de la lande à Calais (Pas-de-Calais) ont accueilli leurs tout premiers occupants à la mi-janvier dernier, mais l'Etat cherche avant tout à convaincre les migrants de s'éloigner de la côte et de renoncer à passer en Grande-Bretagne.
Promesse de Manuel Valls, fin août, ce camp humanitaire géré par l'association La vie active (association loi de 1901 qui œuvre depuis 1964 à la prise en charge et l'accompagnement des personnes ...handicapées dans le Pas-de-Calais) agréée par l'État, devait - avant fin janvier 2016 - mettre à l'abri 1.500 des quelque 4.000 migrants illégaux actuellement présents dans la 'Jungle', s'ajoutant aux 400 places offertes aux femmes et enfants du centre de jour Jules-Ferry.
Situé près de ce dernier, ce centre d'accueil provisoire (CAP) composé de 125 conteneurs de 12 places offre un confort "spartiate", mais "fonctionnel" (14m2), selon Stéphane Duval, directeur de La vie active, deuxième plus gros employeur du département. La surface minimale d'une chambre d'étudiant est de 9 m².

Alignés en bordure du camp, ces préfabriqués sont équipés chacun de radiateurs et sèche-serviettes, de prises électriques, et même de berceaux pour ceux devant abriter des nouveaux-nés. S'y ajoutent trois "conteneurs de convivialité" où les migrants pourront se retrouver.
Dans ce CAP clos par un grillage, les migrants pourront entrer librement, jour et nuit. Pour s'identifier, ils auront chacun un code d'accès et devront se prêter à une analyse morphologique 3D de la main, "sans qu'aucune empreinte ne soit gardée". De quoi faire rêver Salah Abdeslam. Un dispositif en tout cas validé par la CNIL.
Les familles - qui  ne sont manifestement pas des réfugiés économiques - ne se sont pourtant pas bousculées pour prendre possession des lieux. Seule une poignée s'était installée dans l'après-midi. "Je comprends qu'il y ait une certaine appréhension au début. Il faut savoir tout ce qu'ils ont vécu avant d'arriver ici, ils n'ont donc pas une confiance immédiate", avait relativisé la préfète, Fabienne Buccio.
La préfète a signalé à la presse un père de famille afghan de 44 ans hébergé dans la 'Jungle' depuis quatre mois, avec sa femme et ses 6 enfants. "Ici, il fait chaud; on est protégé du froid et de l'humidité", a-t-il souligné sous l'oeil sévère de la représentante du gouvernement, nuançant aussitôt: "comment imaginer vivre dans un conteneur de 12 personnes, où il n'y a pas de douche, pas de cuisine?".
Bien que jugeant "techniquement possible" d'augmenter à terme la capacité de ce nouveau camp, F. Buccio a dit qu'un agrandissement n'était pas "raisonnable". Les autorités ne cachaient déjà plus leur volonté de limiter le nombre de migrants à Calais. Des maraudes sociales vont continuer de leur proposer de rejoindre l'un des 78 centres d'accueil et d'orientation (CAO) du territoire et les inciter à déposer une demande d'asile.

Elles tentent de poursuivre le même objectif à Grande-Synthe (Nord), à une quarantaine de kilomètres, où vivent 2.500 migrants dans des conditions plus précaires encore et où le maire a annoncé le déménagement dans un camp de tentes aux normes internationales, malgré les fortes réticences de l'Etat. "Il faut un équilibre entre humanité et fermeté. (...) Actuellement, la France a un dispositif qui permet à chaque personne du camp d'avoir une solution digne", a assuré la préfète, rappelant que depuis la mise en place de ce "plan Cazeneuve" fin octobre, "près de 2.000 migrants" ont quitté Calais pour un CAO.

Selon elle, le camp de conteneurs ne crée pas d'appel d'air, car, hérissée de grillages et barbelés, la frontière avec la Grande-Bretagne est devenue "complètement étanche: on ne passe plus à Calais", ce qui explique "les tensions beaucoup plus fortes" entre migrants et forces de l'ordre, affirme F. Buccio. Sur place, les associations battaient des mains, estimant que ce camp en dur "va dans le bon sens", mais certaines émettent des réserves. 
"Contrairement à Sangatte, ici il n'y aura pas de véritable lieu de vie. C'est juste un dortoir. Or on ne passe pas sa journée à dormir mais au moins les familles pourront s'abriter", observe le président de l'Auberge des migrants, Christian Salomé.

Formé de quelques centaines d'abris de fortune début 2015, le bidonville de la "Jungle" a rapidement grossi avec la crise migratoire européenne, jusqu'à atteindre 6.000 personnes en octobre. Y survivent dans des conditions très précaires majoritairement des réfugiés de Syrie, Libye, Irak, Soudan, Erythrée ou encore Afghanistan.


"Tout est devenu plus difficile, car il n’y a pas dans la zone Nord la possibilité d’organiser des lieux de vie qui existaient dans la zone Sud."
Et Toubon ne cache pas son inquiétude "s’il était question pour l’avenir de démanteler aussi la zone Nord [comme Cazeneuve l’avait annoncé]. Je ne fais de procès à personne, ni à la préfète, ni au ministère de l’Intérieur, mais je dis que s’il y avait un tel projet, il doit être longuement anticipé et qu’on mette en place des solutions alternatives respectueuses des droits fondamentaux." 


Les ONG se disent plutôt ravies ce jeudi de la démarche de l’ancien ministre. 
"Il fait un travail très intéressant. Il a par exemple dépassé la seule question des mineurs. Il y a un désir de comprendre et d’appréhender les situations. Ça progresse", admet Vincent De Coninck, chargé de mission du Secours catholique du Pas-de-Calais. Une bénévole trouve "intéressant" qu’au-delà des points de droit, il a  posé "les questions politiques", dès son rapport d’octobre 2015 sur les atteintes aux droits. Un rapport accablant sur les mineurs, les conditions de vie et les violences policières, qui avait plus qu’agacé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le Défenseur des droits y réclamait aussi la remise en cause "des accords de Dublin", qui obligent les candidats à l’asile à le solliciter dans leur pays d’arrivée. 

Il réclame désormais "la remise en cause des accords du Touquet", qui obligent la France à surveiller la frontière vers l’Angleterre. Mais la même bénévole ne tarde pas à polémiquer, déplorant que la visite manque, selon elle,  de discrétion : "Il pourrait venir deux jours, incognito, et là, il verrait ce que vivent vraiment les migrants, les conditions de vie qui régressent, les gaz lacrymogènes parfois pour rien, maintenant les tirs tendus de flash-ball avec viseur qui touchent les gens à la poitrine et au visage." Reste que Jacques Toubon, a fait le déplacement.  
Et il se fait tout expliquer par Nathanaël Caillaux, coordinateur de la Plateforme de services aux migrants, une fédération d’associations, et Solenne Lecomte, coordinatrice "lutte contre les violences" à la cabane juridique de la jungle. Il pose des questions parfois basiques : "Pourquoi il y a une barrière devant ces cabanes ?" "Ils sont regroupés sur une base ethnique ?" "C’est un resto tenu par qui ?" Nathanaël Caillaux explique que s’abriter pour les migrants est désormais un casse-tête. 

La situation, qui s’était améliorée depuis le dernier rapport du Défenseur des droits, s’est à nouveau dégradée. 
La zone Sud a été démantelée de force fin février, et les exilés vivent les uns sur les autres dans la partie Nord. Dans la zone Sud, ne subsistent plus que les écoles, une église et une mosquée. Les cabanes détruites ont laissé la place à une lande où pousse le colza. Quelque 500 personnes ont perdu leur abri après une bagarre générale le 26 mai, dans laquelle des cabanes ont brûlé. 
Or, des dizaines de nouveaux réfugiés arrivent chaque jour. Depuis un mois, il y a 1.000 personnes de plus, selon les associations, c’est-à-dire plus de 6.000 personnes. Comme la police - qui filtre les entrées - empêche toute arrivée de matériaux dans la jungle, il est impossible de construire de nouvelles cabanes, et 1.300 personnes dorment sous des tentes. 

Le sort des mineurs est toujours aussi inquiétant. 
Ils sont 700 dans la jungle, dont 600 "non accompagnés", explique à Toubon un représentant de Médecins sans frontières, qui prépare un lieu d’accueil sécurisé pour ces jeunes. Il devrait ouvrir dans une dizaine de jours. Chaleureux et très tactile, Toubon bavarde avec un Ethiopien. Avec un accent anglais chiraquien, ce qui est toujours préférable à un accent hollandien : "You are alone or wiz your family ?" rapporte l'AFP. Le jeune homme en sweat orange lui explique qu’il est seul, qu’il veut passer en Angleterre, mais que les Italiens lui ont pris ses empreintes digitales de force et qu’il craint d’être renvoyé vers l’Italie quand il sera passé. Puis il s’éloigne. Toubon : " Il est dans l’errance. Et dans l’impasse. On entend le chant du muezzin. 
On montre au Défenseur des droits un point d’eau, installé après la décision du Conseil d’Etat qui a suivi son rapport de l’automne. Depuis, les robinets sont pris d’assaut par les exilés. La bénévole reconnaîtra-t-elle une utilité à la visite de Toubon ?

mercredi 24 février 2016

Jungle de Calais: Sarkozy avait raison trop tôt contre Hollande...

Ce que la presse partisane occulte mais qu'Internet n'oublie pas

Chacun de nos écrits passés peut à tout moment repasser au filtre de Google. 
Prenons l’exemple de Calais et, avant ce camp sauvage, de Sangatte

Ce fut une commune au centre d'une importante exposition médiatique pour avoir hébergé de 1999 à 2002 un centre d'accueil pour les immigrés sans-papiers cherchant à passer au Royaume-Uni.
Les commentaires de l'opposition étaient d'autant plus libres que la gauche ne croyait pas elle-même à son retour aux affaires. Les ténors s'époumonaient tranquillement sur la situation "insupportable" des migrants qui "se pressent dans le Calaisis pour franchir la Manche et atteindre l’Angleterre, sans d’ailleurs toujours y parvenir". Nous citons ce texte écrit en 2009, à un moment où, déjà, on annonçait la destruction des baraquements dans la 'jungle' de Calais et où on accusait à tour de bras : "Ce qu’on appelle la jungle est en fait la traduction sauvage de l’échec des politiques migratoires à l’échelle européenne.Rien ne s’est amélioré depuis six ans, puisqu’on traverse aujourd’hui la plus grave crise humanitaire depuis 1945 dans notre région du monde.

L’auteur de ce texte accusait Nicolas Sarkozy de vendre de l’illusion comme il avait vendu de la communication au moment de la fermeture de Sangatte : "Dans un premier temps, ils seront moins nombreux. Mais ensuite les mêmes causes produiront les mêmes effets et nous verrons surgir d’autres campements."
Pour sortir de cette crise, le conseilleur proposait une solution politique européenne, "une coopération entre la France et l’Angleterre, qui tarisse à la source les migrations des populations les plus en danger dans leur pays d’origine" et des "structures d’accueil permettant dans des conditions humaines de préparer des solutions pour chacun de ces exilés. Sinon, c’est l’hypocrisie générale. Cacher ces camps que je ne saurais voir, ces visages que je ne saurais regarder, ces ombres qui nous rappellent les guerres d’ailleurs, ces déchets et ces abris de fortune qui révèlent un malheur s’ajoutant à la crise que nous traversons. Au-delà de la jungle, le choix est entre la civilisation et la sauvagerie."   

L’auteur de ces lignes, publiées dans Slate, s’appelle François Hollande. 

Et c'est l'ancien rédacteur en chef et cofondateur des versions française et africaine du magazine en ligne Slate, qui le dit. "Reconnaissons qu’il avait raison, commente-t-il. D'ailleurs, après quatre années de pleins pouvoirs, qu'a-t-il fait ? Les causes ont produit les mêmes effets et on ne saurait que trop lui conseiller, avant d’envoyer les bulldozers détruire une nouvelle fois la jungle, de relire ses propres mots et de choisir entre la civilisation et la sauvagerie."
Dans cette attente et alors que Hollande a de nouveau reporté de quelques jours l'évacuation promise d'une partie du camp, relisons ses mots avec lui, dans son avion de retour de cinq jours en Polynésie et en Amérique du Sud, tandis qu'il laisse pendantes les affaires de l'Etat avec l'annulation du Conseil des ministres d'hier mercredi.  
En 2009, quand Eric Besson avait envisagé la fermeture du centre illégal de migrants clandestins, la gauche avait enfourché son cheval de la compassion. Le site Slate avait servi de support au populisme politique de François Hollande, député de la Lozère.
"La situation humaine des migrants qui se pressent dans le Calaisis pour franchir la Manche et atteindre l'Angleterre, sans d'ailleurs toujours y parvenir, est insupportable.
Elle l'est pour les exilés qui viennent butter dans le Calaisis, sur cette frontière naturelle du bout de l'Europe. Elle l'est aussi pour les habitants du Pas-de-Calais qui ont le sentiment de voir leur quotidien transformé en zone de transit et parfois de non-droit.
Ce qu'on appelle la 'jungle' est en fait la traduction sauvage de l'échec des politiques migratoires à l'échelle européenne.
Le ministre de l'identité nationale vient d'annoncer que les baraquements et les campements où s'entassent Afghans, Irakiens, Soudanais, Iraniens, seraient la semaine prochaine détruits à coups de bulldozers et que les migrants se verraient proposer une solution, autrement dit un retour groupé.
Je ne me plaindrai pas du démantèlement des trafics et des filières dans lesquelles les passeurs et d'autres profiteurs trouvent l'occasion d'un enrichissement écœurant. Mais il y a derrière cette soudaine décision la même part de communication et d'illusion que lors de l'annonce par Nicolas Sarkozy, en 2002, de la fermeture de Sangatte. Le Ministre de l'Intérieur de l'époque prétendait avoir réglé le problème en en terminant avec un camp qui avait vu transiter près de 70.000 migrants de 1999 à 2002. Ce fut un lâche soulagement. Aussitôt Sangatte fermé, des 'jungles' ont proliféré sur tout le littoral. Les migrants étaient toujours là, les exilés toujours partant pour l'aventure, mais sans accompagnement, sans encadrement, sans surveillance. Et aujourd'hui qu'y aura-t-il après la jungle de Calais?
Certes, la dissuasion va produire son effet. Dans un premier temps, "ils" seront moins nombreux. Mais ensuite les mêmes causes produiront les mêmes effets et nous verrons surgir d'autres squats, d'autres campements dans des forêts, dans des zones industrielles, dans des immeubles désertés. Bref dans un monde parallèle, souterrain, comme dans ces films de science fiction où sous la terre se cachent dans l'ombre des figures dont on ne sait plus si elles sont humaines.[sic]
Nous sortirons de ce monde dual avec, non pas simplement des principes -ce qui est quand même toujours préférable- et des bulldozers, mais avec une politique qui doit être d'abord européenne, qui suppose une coopération entre la France et l'Angleterre, et qui tarisse à la source les migrations des populations les plus en danger dans leur pays d'origine.
Enfin, il faut qu'il y ait des structures d'accueil permettant dans des conditions humaines de préparer des solutions individuelles pour chacun de ces exilés. Sinon, c'est l'hypocrisie générale. Cacher ces camps que je ne saurais voir, ces visages que je ne saurais regarder, ces ombres qui nous rappellent les guerres d'ailleurs, ces déchets et ces abris de fortunes qui révèlent un malheur s'ajoutant à la crise que nous traversons. Au-delà de la jungle, le choix est entre la civilisation et la sauvagerie."
François Hollande
Depuis juillet 2014, Johan Hufnagel est 'numéro un bis' à la tête de la rédaction de... Libération, en compagnie de Laurent Mouchard-Joffrin.

Le 11 janvier 2016, La Voix du Nord annonçait qu' "
à partir de ce lundi soir, pour la première fois depuis treize ans, une partie des migrants de Calais pourra légalement dormir sous un toit. 
Le toit plat d’un conteneur, dans un camp humanitaire aux accès contrôlés. Ce dispositif rappelle le fameux camp de la Croix-Rouge à Sangatte, fermé en novembre 2002."

La partie sud de la 'jungle' n'a pas été évacuée mardi 23 février. C'était pourtant l'ultimatum fixé par l'Etat français, la justice en a décidé autrement. Et malgré ce "camp humanitaire", c’est "un sursis" pour quelque 4.000 migrants de Calais, estime RFI. Le tribunal administratif de Lille devait statuer hier mercredi sur un référé introduit par plusieurs associations, mais la juge n'a pas encore rendu sa décision ce jeudi.

En juin 2015, Cécile Duflot, l'ancienne ministre expulsée du gouvernement et patronne d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) tança le Président sur la politique migratoire qui laisse de côté l'humanité au nom du pragmatisme... 
Dans une lettre ouverte à l'auteur des propos édifiants publiés par Slate, l’ancienne ministre du Logement supplie le président Hollande de reconsidérer la politique d’accueil des migrants: "Pourquoi un tel acharnement contre de pauvres gens ?"
Après des évacuations musclées et contestée à Paris et face à un afflux sans précédents de demandeurs d’asile la chef des Verts prend la plume pour dire sa colère. "Les gaz lacrymogènes alors utilisés blessent la conception que nous avons de notre pays. Les images de migrants embarqués de force dans des rames de métro sont sinistres. Les cris de révolte et d’incompréhension n’ont pas pu ne pas parvenir jusqu’à vous, Monsieur le président. Les questions se bousculent dans nos esprits incrédules. Pourquoi un tel acharnement contre de pauvres gens ?"
Et l’ancienne ministre de Jean-Marc Ayrault de clamer alors: "Avons-nous donc perdu et la tête et le cœur pour ne pas voir que nous faisons fausse route ? A force de professer un pseudo-pragmatisme, nous ne réglons pas les problèmes concrets et nous perdons la bataille des valeurs. Notre politique des migrations est un Waterloo moral."
La politique du gouvernement "en matière de migrations est ferme, juste et humaine", a répliqué le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, à l'ex-ministre du Logement de Ayrault.

dimanche 2 août 2015

Calais: X. Bertrand (LR) menace d'ouvrir les vannes de migration sur l'Angleterre

Bertrand (LR) met en garde l'Angleterre

David Cameron n'a pas "pris la mesure de l'ampleur et de la gravité du problème" des migrants à Calais, 
accuse l'ancien ministre du Travail, Xavier Bertrand (Les Républicains).  

Le député de l'Aisne, candidat à la présidence de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie menace le Premier ministre britannique de "laisser partir les migrants" en Angleterre. "Les dernières mesures qu'il a annoncées sont décalées et dérisoires. S'il continue à ne rien proposer d'autre, laissons partir les migrants et que Monsieur Cameron gère sa politique à sa façon, mais sur son île", estime-t-il dans un entretien avec le Journal du dimanche (JDD).
"Ce n'est pas une question d'argent. Ce ne sont pas quelques millions de plus qui vont régler le problème", ajoute-t-il.
"Nous ne demandons pas l'aumône. Nous demandons le règlement du problème. Il faut bien comprendre que les solutions gentillettes, les demi-mesures ne régleront plus rien. Il faut prendre ce dossier à bras-le-corps", s'agace le député.

Le député de l'Aisne rappelle que "géographiquement, la frontière anglaise se situe à Douvres"

Disant "faire (s)ien" "le ras-le-bol de la population et de Natacha Bouchart, la maire (LR) de Calais, que ceux qui ne vivent pas dans la Région ont peut-être du mal à mesurer", X. Bertrand estime que "nous avons été bien bons, lors de la signature des accords franco-britanniques du Touquet en 2003 (4 février), d'accepter que la frontière soit à Calais, avec seulement une micro-aide britannique".

"Si les Anglais ne veulent rien entendre, rien comprendre, s'ils ne veulent pas prendre leur part au règlement de ce dossier, les accords du Touquet doivent être revus", affirme-t-il.

"Les Anglais doivent changer leurs règles sur le travail des migrants parce qu'en Angleterre, même si, en théorie, il faut certains papiers, la réalité est qu'il est possible d'y travailler sans papiers, et que beaucoup de patrons en profitent pour payer ces travailleurs-là moins cher", lâche le député LR.

"Messieurs les Anglais, cessez votre dumping social et mettez de l'ordre dans votre réglementation du travail illégal ! (...) Il faut absolument que les Anglais bougent. Ou alors il faudra bouger la frontière", dit-il.

Quid du 
fonds commun annoncé par le ministère de l'Intérieur de Hollande et Valls ?

En septembre 2014B. Cazeneuve l'avait promis 
dans le cadre de l'accord sur la lutte contre l'immigration clandestine au port de Calais entre la France et la Grande-Bretagne. Le ministre Bernard Cazeneuve avait donné son accord pour l'ouverture d'un centre d'accueil de jour réclamé par la maire UMP de Calais, où un millier de migrants sont toujours prêts à tout pour rejoindre le Royaume-Uni.
Il avait en outre ouvert des discussions avec son homologue britannique Theresa May afin de coordonner les efforts de lutte contre l'afflux de candidats à l'entrée à Grande-Bretagne et de travailler sur leurs conditions d'accueil en France.
Les deux ministres avaient conclu un accord "qui permettra de dénouer la crise que connaît la question migratoire à Calais depuis plusieurs années", affirmait un communiqué du ministère.
"Le Royaume-Uni reconnaît en effet qu'il est responsable avec la France des mesures urgentes et de long terme qui doivent être mises en place face à cette situation. Cette reconnaissance permet d'appliquer l'accord du Touquet", signé en 2003 après la fermeture du centre de Sangatte, disait le texte.

L'accord prévoyait des "mesures concrètes" !
La création d'un fonds serait abondé de 15 millions d'euros par la Grande-Bretagne, afin de "sécuriser le port de Calais et protéger les personnes vulnérables", précise le ministère. Il s'agit notamment d'installer à terme des barrières solides le long de la rocade menant à la zone portuaire et de renforcer la sécurité du parking situé à l'est du port.
VOIR et ENTENDRE ce reportage sur les fortes rafales de vent qui ont eu raison en décembre 2014 de la nouvelle barrière anti-migrants installée autour du port de Calais:


S'agissant des personnes "vulnérables, telles que
les victimes de la traite des êtres humains", disent les deux ministres, le fonds permettra de "s'assurer que ces victimes reçoivent l'aide et le soutien appropriés".

Paris et Londres étaient en outre convenus de renforcer la coopération pour démanteler les filières d'immigration, de modifier l'agencement du port pour améliorer les contrôles et de mener des "campagnes d'information" à destination des clandestins.
C'était voilà douze ans.

mercredi 3 juin 2015

Paris: les expulsions de clandestins élevées au rang d' "opérations humanitaires"

Rafles avant 2012, évacuations "sanitaires" depuis...

La maire PS de Paris a réclamé la chasse aux migrants avant l'été

Des associations ont prêté main forte aux forces de l'ordre pour évacuer le camp de clandestins qui grossissait depuis des mois sous le métro aérien, porte de La Chapelle à Paris. Dès 6 heures, la police accompagnée de travailleurs sociaux de la ville de Paris et de représentants associatifs a démantelé ce campement installé au milieu du boulevard (Xe-XVIIIe), sous le métro aérien (ligne 2), entre les stations Barbès et La Chapelle, sur le site d'une ancienne déchetterie et d'un "skate park".

Le préfet de police a ordonné l'évacuation en invoquant un " péril imminent" qui pesait sur le camp où des cas de gale sont déjà apparus -ce que démentait France Terre d'asile- et où un risque d’épidémie de dysenterie aurait été signalé, ce que dément aussi FTA. 

VOIR et ENTENDRE Pierre Henry (FTA) vendre les expulsions en opérations sanitaires:

"
Les campements, en terme d'épidémie, en terme sanitaire, sont des risques, d'abord pour ceux qui y habitent", a justifié la ministre de la Santé, Marisol Touraine, soumise à l'ISF, invitée ce mardi matin sur France Info. "Il faut veiller à ce que chacun qui était là soit relogé." Yapuka, mais ce n'est pas le cas: les associations qui se sont rangées aux côtés des forces de police ont fait confiance au gouvernement qui avait garanti que les conditions du relogement des clandestins étaient réunies.  

Installé depuis dix mois,
le mini-Sangatte a beaucoup grossi sous l'afflux de réfugiés, en majorité Erythréens et Soudanais, mais aussi Guinéens et Egyptiens, des hommes, qui sont pour beaucoup des demandeurs d'asile, et une vingtaine de femmes et d'enfants. D'une vingtaine de tentes fin mars, il est passé en deux mois à environ 380 personnes vivant dans de médiocres conditions sanitaires, sans eau, dormant pour certains à même le sol, dans les mêmes conditions que l'autre groupe de migrants qui s'est installé sur une butée du boulevard périphérique porte de La Chapelle, à l'abri d'un terre-plein.

France Terre d'Asile cautionne les ramassages

REVOIR et REENTENDRE
 
Pierre Henry (FTA) marteler des justifications aux expulsions, avec le soutien d'Emmaüs Solidarité:

Un deuxième campement bientôt évacué à Paris

La "douceur" bien connue de Royal
Un deuxième campement de migrants est menacé à Paris après l'évacuation mardi de celui du métro La Chapelle (XVIIIe) . Cette fois, la préfecture voudrait pouvoir reloger les habitants de la centaine de tentes qui s'agglutinent aux abords de la gare d'Austerlitz.
Après les abords de la gare du Nord, ceux de la gare d'Austerlitz. La préfecture de Paris compte s'attaquer prochainement à un camp de migrants du XIIIe arrondissement après l'évacuation mardi à l'aube de celui qui s'étalait depuis des mois sous le métro aérien de La Chapelle, dans le XVIIIe.
Comme les 380 personnes qui dormaient au dessus des rails de l'Eurostar, que la plupart rêve d'emprunter jusqu'au Royaume-Uni, tous devront être relogés en attendant d'examiner leurs dossiers de demande d'asile.

Motif officiel avancé: "risque d'épidémies"

Depuis un an, les tentes s’alignent sur les quais du sud-est de la capitale. Elles sont à présent une centaine et risque encore de croître si les autorités ne prennent pas les choses en main. Dans ces camps, la propagation des maladies est légion. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, dit d'abord craindre pour la santé de ces migrants qui, pour la plupart Soudanais ou Érythréens, fuient la misère et les guerres de leur pays.
Mardi, le préfet de police a ordonné l'évacuation de La Chapelle en raison du "péril imminent " qui pesait sur le camp, où des cas de gale sont déjà apparus et où un risque d’épidémie de dysenterie a été signalé.

A Calais encore, Pas-de-Calais



Près du tunnel de la Manche qui mène au Royaume-Uni, 
le squat Vandamme (du nom de l’ancienne entreprise de recyclage qui l’abrite) et le camp dit de "Leader Price" ont été évacués par la police. Les opérations se sont déroulées dans le calme, avec la complicité des associations autrefois opposées aux rafles de migrants. 66 interpellations ont été enregistrées. 
Il y avait près de 300 migrants dans le squat. Beaucoup de militants associatifs étaient sur place. Des membres de l’association Salam ont dénoncé le fait de ne pas avoir été prévenus de l’imminence des opérations, qui "rappellent les évacuations de début juillet (rue de Moscou)".

La préfète, Fabienne Buccio, a par ailleurs précisé que, dans le Calaisis, le nombre de migrants est aujourd’hui passé à près de 3.000, contre 400 l’année dernière à la même époque.