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jeudi 3 janvier 2019

Castaner a encore fait arrêter le 'gilet jaune' Eric Drouet

Certains parlent d' "acharnement" sur cette figure du mouvement social

Le "gilet jaune" Eric Drouet était toujours en garde à vue jeudi 3 au matin

Arrestation d'Eric Drouet  : quel impact sur l'acte 8 des Gilets jaunes samedi ?
Eric Drouet escorté de son avocat
Il a une nouvelle fois été interpellé mercredi soir 2 janvier à Paris, au lendemain des voeux du président Macron, lors d'un hommage pacifique des Gilets jaunes aux victimes de la crise aux ronds-points, rue Royale, près des Champs-Elysées : une arrestation "totalement injustifiée et arbitraire", selon son avocat. 

Figure médiatique des "gilets jaunes" dans l'opinion mais contestée dans la majorité présidentielle, E. Drouet a été placé en garde à vue pour organisation d'une manifestation sans déclaration préalable.

Il "a une nouvelle fois été arrêté arbitrairement et placé en garde à vue à la demande de la Préfecture de police de Paris - donc du ministère de l'Intérieur - et sans que le Parquet de Paris, décidément bien docile et accommodant, n'émette aucune objection ou joue son rôle de contrôle des gardes à vue", a écrit Me Kheops Lara - avocat inscrit au Barreau de Melun et à la Cour d'appel de Paris - dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux dans la nuit de mercredi à jeudi. Cet avocat sympathisant, qui se trouvait sur place pour parer à toute éventualité, est spécialisé à la fois en droit commercial, des affaires et de la concurrence et en droit de la sécurité sociale et de la protection sociale, mais aussi en droit des étrangers et de la nationalité.
En fait, Khéops Lara dirige 2 entreprises (2 mandats), son mandat principal est associé-gérant dans l'entreprise SCI Lara, déjà citée, mais aussi dans le secteur d'activité de l'immobilier, avec un avocat parisien du 9e arrondissement et à Melun, Missoum Mebarek, comme liquidateur dans l'entreprise LM Associés.
Le 22 décembre, Eric Drouet avait déjà été arrêté lors de l'Acte VI des manifestations à Paris pour "port d'arme prohibé" - un bâton - et sera jugé le 5 juin en correctionnelle. 

Il avait également suscité une controverse en appelant sur BFMTV à "entrer" dans l'Elysée. 
S'il s'en est ensuite défendu, sa déclaration a sur le coup semblé appeler au renversement des institutions, ce qui lui a valu une audition par la police. 

Selon Me Lara, le "crime" de M. Drouet mercredi soir a été de déposer "des bougies (...) sur la place de la Concorde à Paris en hommage aux victimes Gilets jaunes décédées pour des motifs variés à l'occasion des manifestations et de l'occupation des ronds-points". 

"Puis d'avoir voulu se réunir avec quelques proches et amis dans un endroit privé, un restaurant notamment, pour discuter et échanger", a-t-il poursuivi, ajoutant que le tout s'était fait "sans violence, sans haine".

Après s'en être pris aux media, jugeant que la plupart des organes de presse ont "leur part de responsabilité dans le harcèlement policier" dont est l'objet Eric Drouet, son avocat a affirmé avoir demandé au procureur de Paris la levée de sa garde à vue et de celles des personnes qui l'accompagnaient.
Légalement, la garde à vue de M. Drouet peut durer 24 heures.


Jeudi, gouvernement et majorité ont justifié cette arrestation

Ils l'ont expliquée par la nécessité de "respecter l'Etat de droit" et l'obligation de déclarer toute manifestation.

Le président des Centristes Hervé Morin a en revanche dénoncé jeudi "l'amateurisme" du gouvernement face aux "gilets jaunes", jugeant qu'il devait "sortir de l'arrogance et du mépris".

Quant aux proches d'Eric Drouet, ils se revendiquent de la "révolution islandaise".
Aussi appelée "révolution des casseroles", ce fut un ensemble de mouvements de protestation survenus à partir d'octobre 2008, principalement à Reykjavik, capitale de l'Islande, alors qu'en moins d'un mois les trois banques principales du pays, dont Landsbanki, se déclarèrent en faillite. 
Très vite, un rendez-vous hebdomadaire est fixé, tous les samedis, devant le Parlement, et les manifestants se regroupèrent sous l'étiquette de la Voix du Peuple. Le 18 octobre 2008, les participants aux rassemblements sont plus de 2.000 "selon la police" (ce qui représente un centième de la population de l'agglomération de Reykjavik). Chaque semaine, des manifestants se regroupent, souvent équipés d'instruments de cuisine. Le 25 octobre, plus de 20.000 manifestants "selon les organisateurs" défilent dans les rues de Reykjavik, la capitale de ce pays qui ne compte que 334.000 habitants (rapporté à la population française, cela correspondrait à 4 millions de manifestants). 
Des actions symboliques sont menées pendant des mois jusqu'à la démission du gouvernement et la nationalisation des trois principales banques du pays.
Très vite aussi, le Mouvement des verts et de gauche, un parti politique de gauche radicale, prit fait et cause pour les mobilisations. En France, Mélenchon (LFI) s'est déclaré "fasciné" par Eric Drouet. Il paraît donc compliqué désormais de continuer à affirmer, au vu de cette fraction du mouvement, que les Gilets jaunes seraient animés par l'extrême droite. 

L'exécutif "met de l'huile sur le feu" avec sa "police politique," estime Benjamin Cauchy

"Malheureusement, j'ai l'impression que le gouvernement veut radicaliser le mouvement," a estimé Benjamin Cauchy, figure médiatique des "gilets jaunes".
L'exécutif ne fait que mettre de l'huile sur le feu. Ils viennent de remettre une pièce dans le jukebox et la chanson des "gilets jaunes" va continuer à chanter, ça c'est sûr !" a -t-il observémercredi 2 janvier sur franceinfo, après l'arrestation dans la soirée d'Eric Drouet, pour la deuxième fois, en 15 jours.

"Je suis absolument abasourdi par cet acharnement politique que le pouvoir tente de mettre en place", a-t-il grondé. "La fermeté érigée en porte-drapeau lors de l'intervention du 31 décembre d'Emmanuel Macron se traduit par une police politique," a déploré Benjamin Cauchy, membre pourtant des "gilets jaunes libres" et partisan d'une ligne modérée et d'un dialogue avec le gouvernement. "Je peux vous assurer que l'arrestation d'Eric Drouet est le premier acte des futures élections européennes" estime-t-il, alors que Jacline Mouraud reste silencieuse et en retrait, occupée à la tentative de formation d'un parti des Gilets jaunes aux Européennes.

"Une justice à deux vitesses"
"Il y a une justice à deux vitesses dans le pays : on arrête Eric Drouet qui vient déposer des bougies pour les 10 victimes de ce mouvement social, alors que le 31 décembre, il y a des centaines de délinquants qui ont brûlé des voitures. Il y a des centaines de vendeurs de drogue qui depuis des décennies gangrènent la jeunesse de notre pays et j'ai l'impression qu'on met plus d'énergie à arrêter Eric Drouet et ses amis que des personnes qui brûlent des voitures," regrette le "gilet jaune" de 38 ans.

"Les paroles d'Eric Drouet dépassent parfois largement sa pensée, mais il résume bien la colère qui s'exprime chez des centaines de milliers de Français qui ne se retrouvent pas dans la politique d'Emmanuel Macron," explique Benjamin Cauchy. "Il y a parfois des propos et des attitudes dommageables, mais l'arrêter quand il dépose des bougies, il y a deux poids, deux mesures à respecter !"
Sans compter que Benalla est en liberté, sur le territoire et à l'étranger, vaquant à ses affaires...

En cette première semaine de 2019, déjà trois événements sont organisés sur les réseaux sociaux, et rassemblent des milliers de participants

Un "acte 8" samedi 5 janvier 2019 pour relancer le mouvement
"Très déçu de l’organisation de la manifestation à Paris" samedi dernier, l’organisateur de "L'’ACTE 8" des Gilets jaunes sur Facebook est déterminé à "reprendre la méthode des premières semaines du mouvement". Celui-ci rassemble déjà plus de 9.500 participants et plus de 63.000 intéressés. 

En marge de cette invitation, d’autres événements existent, comme celui intitulé "ACTE 8 – Le nouveau départ", qui donne rendez-vous Place du Trocadéro à Paris dès 9 heures. Il rassemble 2.700 participants, et plus de 19.000 intéressés. Dans d’autres villes, comme Toulouse ou Bordeaux, des événements réunissent eux-aussi plus de 1000 participants.

La 'révolution des casseroles" est-elle en marche en France ? 
Des femmes gilets jaunes sont appelées à se faire entendre à Paris dimanche.

dimanche 12 juin 2016

Une majorité de Français pour la démission d'Emmanuel Macron, selon Odoxa

Les mauvais sondages de commande s'accumulent sur le ministre de l'Economie 

Emmanuel Macron fait tanguer l
e gouvernement Valls   

Les entreprises de sondages ont de quoi rassurer Alain Juppé. 
Après avoir perdu des points le 2 juin dans un sondage Elabe, c'est au tour d'Odoxa de refléter une image négative des Français sur le ministre de l'Economie. Selon ce sondage pour CQFD et i-télé, publié vendredi 3 juin, les Français sont 52% à souhaiter qu'Emmanuel Macron démissionne du gouvernement. 

D'après cette enquête réalisée cette semaine, les sympathisants de gauche sont plus nombreux que ceux de droite à souhaiter le départ du ministre de l'Economie de Manuel Valls (55% contre 44%). 

La marche d'Emmanuel Macron à la croisée des chemins

Sa vision de l'avenir se brouille
Ces derniers jours ont été marqués par une altercation entre Emmanuel Macron et un militant de la CGT en tee-shirt ...noir à propos de son "costard" de ministre.

Puis ont surgi des révélations sur l'ISF (Impôt de solidarité sur la fortune) que le ministre de l'Economie de Hollande ne paie pas

Ces épisodes ajoutent à la singularité dérangeante du ministre de l'Economie, qui a lancé en avril un mouvement politique "ni de droite, ni de gauche" baptisé 'En marche !'. 
A la question de savoir s'ils sont choqués par les propos et les prises de position d'Emmanuel Macron, 61% des sondés ont répondu qu'ils ne le sont pas, de même que 72% des sympathisants de droite. 
A l'inverse, 51% des sympathisants de gauche le sont.

Macron fait-il si peur ?

Il y a un mois, le candidat Macron progressait dans les sondages. En mai, jour pour jour, le ministre de l'Économie confirmait sa bonne forme dans l'opinion. S'il représentait le PS face à Sarkozy, il pourrait affronter Marine Le Pen au second tour...

Selon une étude Ifop-Fiducial réalisée pour Sud Radio par questionnaire auto-administré en ligne du 25 au 28 avril, Macron enregistrait une forte progression de son potentiel électoral, et gagnait 6 points de plus face à Alain Juppé et 5 points de plus face à Nicolas Sarkozy par rapport à une enquête précédente réalisée du 11 au 14 mars, seulement un mois et demi plus tôt. Selon ce sondage, il aurait 22 % d'intentions de vote au premier tour, derrière Marine Le Pen qui obtiendrait 26 % (créditée de 28 % lors du précédent sondage dans cette même configuration), ce qui permettrait à la gauche, "pour la première fois depuis des mois", d'être au second tour dans cette configuration, note le sondage.
Mais c'était fin avril et, six semaines plus tard,  on constate un renversement de situation aussi imprévu que suspect. La "ségolénisation" du "meilleur espoir de la gauche" est-elle en marche ?

 

mercredi 24 février 2016

Jungle de Calais: Sarkozy avait raison trop tôt contre Hollande...

Ce que la presse partisane occulte mais qu'Internet n'oublie pas

Chacun de nos écrits passés peut à tout moment repasser au filtre de Google. 
Prenons l’exemple de Calais et, avant ce camp sauvage, de Sangatte

Ce fut une commune au centre d'une importante exposition médiatique pour avoir hébergé de 1999 à 2002 un centre d'accueil pour les immigrés sans-papiers cherchant à passer au Royaume-Uni.
Les commentaires de l'opposition étaient d'autant plus libres que la gauche ne croyait pas elle-même à son retour aux affaires. Les ténors s'époumonaient tranquillement sur la situation "insupportable" des migrants qui "se pressent dans le Calaisis pour franchir la Manche et atteindre l’Angleterre, sans d’ailleurs toujours y parvenir". Nous citons ce texte écrit en 2009, à un moment où, déjà, on annonçait la destruction des baraquements dans la 'jungle' de Calais et où on accusait à tour de bras : "Ce qu’on appelle la jungle est en fait la traduction sauvage de l’échec des politiques migratoires à l’échelle européenne.Rien ne s’est amélioré depuis six ans, puisqu’on traverse aujourd’hui la plus grave crise humanitaire depuis 1945 dans notre région du monde.

L’auteur de ce texte accusait Nicolas Sarkozy de vendre de l’illusion comme il avait vendu de la communication au moment de la fermeture de Sangatte : "Dans un premier temps, ils seront moins nombreux. Mais ensuite les mêmes causes produiront les mêmes effets et nous verrons surgir d’autres campements."
Pour sortir de cette crise, le conseilleur proposait une solution politique européenne, "une coopération entre la France et l’Angleterre, qui tarisse à la source les migrations des populations les plus en danger dans leur pays d’origine" et des "structures d’accueil permettant dans des conditions humaines de préparer des solutions pour chacun de ces exilés. Sinon, c’est l’hypocrisie générale. Cacher ces camps que je ne saurais voir, ces visages que je ne saurais regarder, ces ombres qui nous rappellent les guerres d’ailleurs, ces déchets et ces abris de fortune qui révèlent un malheur s’ajoutant à la crise que nous traversons. Au-delà de la jungle, le choix est entre la civilisation et la sauvagerie."   

L’auteur de ces lignes, publiées dans Slate, s’appelle François Hollande. 

Et c'est l'ancien rédacteur en chef et cofondateur des versions française et africaine du magazine en ligne Slate, qui le dit. "Reconnaissons qu’il avait raison, commente-t-il. D'ailleurs, après quatre années de pleins pouvoirs, qu'a-t-il fait ? Les causes ont produit les mêmes effets et on ne saurait que trop lui conseiller, avant d’envoyer les bulldozers détruire une nouvelle fois la jungle, de relire ses propres mots et de choisir entre la civilisation et la sauvagerie."
Dans cette attente et alors que Hollande a de nouveau reporté de quelques jours l'évacuation promise d'une partie du camp, relisons ses mots avec lui, dans son avion de retour de cinq jours en Polynésie et en Amérique du Sud, tandis qu'il laisse pendantes les affaires de l'Etat avec l'annulation du Conseil des ministres d'hier mercredi.  
En 2009, quand Eric Besson avait envisagé la fermeture du centre illégal de migrants clandestins, la gauche avait enfourché son cheval de la compassion. Le site Slate avait servi de support au populisme politique de François Hollande, député de la Lozère.
"La situation humaine des migrants qui se pressent dans le Calaisis pour franchir la Manche et atteindre l'Angleterre, sans d'ailleurs toujours y parvenir, est insupportable.
Elle l'est pour les exilés qui viennent butter dans le Calaisis, sur cette frontière naturelle du bout de l'Europe. Elle l'est aussi pour les habitants du Pas-de-Calais qui ont le sentiment de voir leur quotidien transformé en zone de transit et parfois de non-droit.
Ce qu'on appelle la 'jungle' est en fait la traduction sauvage de l'échec des politiques migratoires à l'échelle européenne.
Le ministre de l'identité nationale vient d'annoncer que les baraquements et les campements où s'entassent Afghans, Irakiens, Soudanais, Iraniens, seraient la semaine prochaine détruits à coups de bulldozers et que les migrants se verraient proposer une solution, autrement dit un retour groupé.
Je ne me plaindrai pas du démantèlement des trafics et des filières dans lesquelles les passeurs et d'autres profiteurs trouvent l'occasion d'un enrichissement écœurant. Mais il y a derrière cette soudaine décision la même part de communication et d'illusion que lors de l'annonce par Nicolas Sarkozy, en 2002, de la fermeture de Sangatte. Le Ministre de l'Intérieur de l'époque prétendait avoir réglé le problème en en terminant avec un camp qui avait vu transiter près de 70.000 migrants de 1999 à 2002. Ce fut un lâche soulagement. Aussitôt Sangatte fermé, des 'jungles' ont proliféré sur tout le littoral. Les migrants étaient toujours là, les exilés toujours partant pour l'aventure, mais sans accompagnement, sans encadrement, sans surveillance. Et aujourd'hui qu'y aura-t-il après la jungle de Calais?
Certes, la dissuasion va produire son effet. Dans un premier temps, "ils" seront moins nombreux. Mais ensuite les mêmes causes produiront les mêmes effets et nous verrons surgir d'autres squats, d'autres campements dans des forêts, dans des zones industrielles, dans des immeubles désertés. Bref dans un monde parallèle, souterrain, comme dans ces films de science fiction où sous la terre se cachent dans l'ombre des figures dont on ne sait plus si elles sont humaines.[sic]
Nous sortirons de ce monde dual avec, non pas simplement des principes -ce qui est quand même toujours préférable- et des bulldozers, mais avec une politique qui doit être d'abord européenne, qui suppose une coopération entre la France et l'Angleterre, et qui tarisse à la source les migrations des populations les plus en danger dans leur pays d'origine.
Enfin, il faut qu'il y ait des structures d'accueil permettant dans des conditions humaines de préparer des solutions individuelles pour chacun de ces exilés. Sinon, c'est l'hypocrisie générale. Cacher ces camps que je ne saurais voir, ces visages que je ne saurais regarder, ces ombres qui nous rappellent les guerres d'ailleurs, ces déchets et ces abris de fortunes qui révèlent un malheur s'ajoutant à la crise que nous traversons. Au-delà de la jungle, le choix est entre la civilisation et la sauvagerie."
François Hollande
Depuis juillet 2014, Johan Hufnagel est 'numéro un bis' à la tête de la rédaction de... Libération, en compagnie de Laurent Mouchard-Joffrin.

Le 11 janvier 2016, La Voix du Nord annonçait qu' "
à partir de ce lundi soir, pour la première fois depuis treize ans, une partie des migrants de Calais pourra légalement dormir sous un toit. 
Le toit plat d’un conteneur, dans un camp humanitaire aux accès contrôlés. Ce dispositif rappelle le fameux camp de la Croix-Rouge à Sangatte, fermé en novembre 2002."

La partie sud de la 'jungle' n'a pas été évacuée mardi 23 février. C'était pourtant l'ultimatum fixé par l'Etat français, la justice en a décidé autrement. Et malgré ce "camp humanitaire", c’est "un sursis" pour quelque 4.000 migrants de Calais, estime RFI. Le tribunal administratif de Lille devait statuer hier mercredi sur un référé introduit par plusieurs associations, mais la juge n'a pas encore rendu sa décision ce jeudi.

En juin 2015, Cécile Duflot, l'ancienne ministre expulsée du gouvernement et patronne d'Europe Ecologie-les Verts (EELV) tança le Président sur la politique migratoire qui laisse de côté l'humanité au nom du pragmatisme... 
Dans une lettre ouverte à l'auteur des propos édifiants publiés par Slate, l’ancienne ministre du Logement supplie le président Hollande de reconsidérer la politique d’accueil des migrants: "Pourquoi un tel acharnement contre de pauvres gens ?"
Après des évacuations musclées et contestée à Paris et face à un afflux sans précédents de demandeurs d’asile la chef des Verts prend la plume pour dire sa colère. "Les gaz lacrymogènes alors utilisés blessent la conception que nous avons de notre pays. Les images de migrants embarqués de force dans des rames de métro sont sinistres. Les cris de révolte et d’incompréhension n’ont pas pu ne pas parvenir jusqu’à vous, Monsieur le président. Les questions se bousculent dans nos esprits incrédules. Pourquoi un tel acharnement contre de pauvres gens ?"
Et l’ancienne ministre de Jean-Marc Ayrault de clamer alors: "Avons-nous donc perdu et la tête et le cœur pour ne pas voir que nous faisons fausse route ? A force de professer un pseudo-pragmatisme, nous ne réglons pas les problèmes concrets et nous perdons la bataille des valeurs. Notre politique des migrations est un Waterloo moral."
La politique du gouvernement "en matière de migrations est ferme, juste et humaine", a répliqué le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, à l'ex-ministre du Logement de Ayrault.

jeudi 3 juillet 2014

Affaire des écoutes illégales sur Sarkozy: le pouvoir judiciaire retombe dans les errements de l'affaire Bettencourt

La mise en examen de Sarkozy "peut devenir une affaire d'Etat", assure Le Maire
Bruno Le Maire réagit à la mise en examen de Nicolas Sarkozy
Il contre-attaque, mercredi 2 juillet au micro de RTL, après la mise en examen de l'ex-chef de l'Etat, rival du président Hollande, en plus de ses adversaires de poids que sont la dette publique et le chômage.


Le champion de la droite face au PS et au FN a en effet été humilié par des juges désignés - malgré, ou du fait de, leur engagement syndical-  par le Parquet, donc le ministère de la Justice, pour la deuxième fois en quatre ans, avec la révélation, déjà par Mediapart (défendu par le SM) de l'existence d'enregistrements clandestins supposés accablants dans l'affaire Bettencourt. Le juge de Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Gentil, avait révélé son acrimonie à son encontre, le qualifiant de "monarque"... Celui-ci est de surcroît mis en examen pour ...abus de faiblesse ! Mais le procès qui visait déjà le financement de la campagne 2007 de Nicolas Sarkozy se termine par un non-lieu, le 7 octobre 2013

Sept mois plus tard, le 1er juillet 2014, alors que se précise la possibilité de son retour en politique, la justice indépendante repart à la charge et fait subir à Nicolas Sarkozy une nouvelle garde à vue qui conduit à sa mis en examen sur des soupçons fondés sur des écoutes téléphoniques illégales dont a eu connaissance la garde des Sceaux, Ch. Taubira. Un rythme qui accrédite aussitôt l'idée d'un acharnement judiciaire dans l'opinion.

Le Maire pointe "les zones d'ombre" de la nouvelle affaire de justice

Il cible la mise sur écoutes par la justice de l'ancien chef de l'Etat et de communications privées avec ses proches. "C'est le cœur de l'affaire", assure l'ex-ministre de l'Agriculture.

Le député UMP de l'Eure suspecte un téléguidage
Le candidat à la présidence de l'UMP revient sur la révélation de la connaissance par le gouvernement -Christiane Taubira, notamment- de la mise sur écoutes de Nicolas Sarkozy.

"Tant que nous ne savons pas quand le président de la République et son gouvernement ont été informés, tant que le président de la République et son gouvernement ne nous disent pas quel était le contenu de ces écoutes et ce qu'ils savaient, cette affaire de justice peut devenir une affaire d'Etat", fait-il valoir.